Incarcération de Nicolas Sarkozy, retraites, Ukraine... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Yves Le Drian
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur la situation internationale ?
- 0:22OuverteRéponse directe
La prison est-elle la place d'un ancien président ?
- 1:25RelanceRéponse partielle
L'exécution provisoire est-elle applicable sans risque pour la société ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Comprenez-vous le geste du président Macron de recevoir Sarkozy à l'Élysée ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Le garde des Sceaux en prison ne donne-t-il pas une image d'entraide entre puissants ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Le sommet Trump-Poutine en Hongrie pour l'Ukraine verra-t-il le jour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« C'est un choc. Voir un ancien président de la République incarcéré, ça ébranle les convictions et l'image qu'on se fait aussi de la République »
- 0:49Invité politiqueFait
« mais c'est l'application de la loi. Et moi je n'ai jamais, au cours de ma vie politique, qui commence à être longue, je n'ai jamais contesté une décision de justice »
- 0:54Invité politiqueFait
« elle n'est peut-être pas définitive, puisqu'il l'intéressé a fait appel et que le jugement peut être différent »
- 1:06Invité politiqueFait
« donc on verra. Pour l'instant, donc du coup, il est présumé innocent. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Moi j'avais dans l'idée que c'était applicable s'il y avait un risque pour la société, ou un risque pour des personnes, mais peut-être que me suis-je trompé. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Il ne faut pas se leurrer sur les volte-face réguliers du président Trump à l'égard de la question ukrainienne. »
- 3:01Invité politiqueFait
« En réalité, le président Trump est une espèce de culbuto. »
- 4:15Invité politiqueFait
« C'est annexion, c'est démilitarisation de l'Ukraine, c'est dénazification, comme disent les Russes, c'est-à-dire changement de gouvernement. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Et puis c'est le renoncement à l'OTAN. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Parce que ça sera sur la durée et parce qu'il faut alors impérativement, nous les Européens, soutenir fortement l'Ukraine parce qu'il faut envisager de soutenir l'Ukraine sans le soutien des Etats-Unis. »
- 5:53Invité politiqueFait
« Mais pourquoi est-ce qu'il faut soutenir l'Ukraine ? Parce que c'est notre sécurité qui est en jeu. »
- 9:29Invité politiqueFait
« c'est de reprendre progressivement la place qu'elle avait au moment de l'impérialisme soviétique. »
- 10:30InvitéChiffre
« Il sera notamment question d'utiliser les avoirs russes gelés, détenus dans les banques européennes depuis l'invasion russe, pour prêter 140 milliards d'euros à l'Ukraine pour s'armer. »
- 11:43Invité politiqueFait
« L'Europe. L'Europe. »
- 14:24Invité politiqueFait
« On l'a vu tout à l'heure. Mais le point de départ, c'est quand même un plan qu'il faut reconnaître de qualité, même s'il y a des incertitudes dans son déroulement, que seuls les Etats-Unis pouvaient imposer à Israël. »
- 14:46Invité politiqueFait
« lorsqu'on se réfère à l'Assemblée générale des Nations Unies, on a vu le président Trump faire un discours tonitruant au vitriol, quasiment à l'égard de la perspective d'un Etat palestinien, à l'égard des Nations Unies d'une manière générale »
- 15:01Invité politiqueFait
« ce plan discuté aussi avec les Arabes est sur la table, et qu'il présente quand même beaucoup d'avantages, en particulier ce grand soulagement qui est le retour des otages, et qui est l'arrêt des bombardements. »
- 19:07Invité politiqueFait
« Je pense que le Premier ministre Sébastien Lecornu a raison dans cette période de crise qui inquiète les Français de privilégier la stabilité des institutions »
- 19:25Invité politiqueFait
« de suspendre la réforme des retraites, c'était une bonne chose. »
- 19:27Invité politiqueFait
« Et le 49-3, et l'abandon du 49-3. Il a trouvé les voies permettant une forme de stabilisation. »
- 20:05Invité politiqueFait
« c'est quand même une grande défiance de la population à l'égard des responsables politiques, quasiment même des institutions, avec même parfois des doutes sur la démocratie. »
- 23:14Invité politiqueFait
« Moi, je ne partage pas ce pessimisme sur l'image de la France. »
- 23:26Invité politiqueFait
« on a eu des Jeux Olympiques somptueux qui restent dans la mémoire de beaucoup d'acteurs au niveau international. »
- 23:38Invité politiqueFait
« Figurez-vous que le pavillon qui était sans doute le plus fréquenté, c'était le pavillon de la France. »
Temps de parole
- Invité politique68 %
- Présentateur19 %
- Invité7 %
- Présentateur 24 %
≈ 4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Jean-Yves Le Drian, vous allez nous dire quel regard vous portez sur la situation internationale, vous l'ancien ministre des affaires étrangères, ancien ministre de la défense, envoyé personnel du président pour le Liban, on va parler de l'Ukraine, de Gaza, Trump, Poutine, qui mène la danse, mais d'abord Jean-Yves Le Drian, vous avez certainement vu ces images de Nicolas Sarkozy quittant son domicile hier, sous les applaudissements de ses soutiens pour se rendre à la prison de la santé. Il a passé sa première nuit dans sa cellule après sa condamnation dans l'affaire dite libyenne. La prison, est-ce la place d'un ancien président ?
C'est un choc. Voir un ancien président de la République incarcéré, ça ébranle les convictions et l'image qu'on se fait aussi de la République, mais c'est l'application de la loi. Et moi je n'ai jamais, au cours de ma vie politique, qui commence à être longue, je n'ai jamais contesté une décision de justice, d'autant plus que là, elle n'est peut-être pas définitive, puisqu'il l'intéressé a fait appel et que le jugement peut être différent, donc on verra. Pour l'instant, donc du coup, il est présumé innocent. Non, le seul point qui m'interroge, c'est l'exécution provisoire.
Moi j'avais dans l'idée que c'était applicable s'il y avait un risque pour la société, ou un risque pour des personnes, mais peut-être que me suis-je trompé. Non, je m'interroge, je n'ai pas de jugement à avoir là-dessus.
L'exécution provisoire, c'est ce qui fait que Nicolas Sarkozy est incarcéré,
même s'il a fait appel, l'appel n'est pas suspensif. L'appel n'est pas suspensif. Il faut revoir cette loi ? Je constate qu'il y a un débat, non, je ne dis pas qu'il faut revoir cette loi, je dis que j'ai une interrogation, parce que je ne pensais pas que l'exécution provisoire s'appliquait, même s'il n'y avait pas de risque pour la société ou de risque pour les personnes.
Emmanuel Macron juge que ce débat est légitime, vous aussi donc ?
Oui, absolument, je constate qu'il a lieu.
Est-ce que vous comprenez le geste du président qui a reçu Nicolas Sarkozy à l'Elysée vendredi, à quelques jours de son incarcération, ou cela vous dérange ?
Non, je constate qu'il a voulu faire part au président Sarkozy de son attention, de son empathie à ce moment-là difficile pour la vie du président Sarkozy, je n'ai pas d'observation particulière à faire.
Et quand le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, dit qu'il ira voir Nicolas Sarkozy en prison, est-ce que ça ne risque pas de donner l'image d'une entraide entrepuissante, entraide à laquelle le français lambda n'aurait pas droit ?
C'est de sa responsabilité, je crois comprendre qu'il visite beaucoup de prisons, donc il n'y a pas de raison qu'il ne visite pas celle-là.
Joël-Yves Le Drian a annoncé la semaine dernière le sommet Trump-Poutine en Hongrie pour faire avancer la paix en Ukraine, ne verra sans doute jamais le jour. Écoutez le président américain Donald Trump hier soir.
Non, non, je ne veux pas d'une rencontre pour rien. Je ne veux pas de perte de temps, donc on verra ce qu'il va se passer. Nous n'avons pas encore pris de décision.
Alors est-ce que c'est un éclair de lucidité soudain chez Donald Trump, il se rend à l'évidence ?
Il ne faut pas se leurrer sur les volte-face réguliers du président Trump à l'égard de la question ukrainienne. En réalité, le président Trump est une espèce de culbuto. Une espèce de culbuto ? Il vient sur la question ukrainienne et il revient toujours à sa position initiale qui est une espèce de fascination à l'égard de la force que représente Poutine et une espèce de fixation sur la nécessité d'avoir avec Poutine un accord de paix qu'il n'aura pas parce qu'ils sont tous les deux dans une logique différente. Le président Poutine, il a le temps devant lui.
C'est lui qui mène la danse, clairement.
C'est lui qui mène la danse et c'est Trump qui court après. On l'a vu là encore, après ce coup de téléphone entre le ministre russe et le ministre américain, tout ça est repoussé. Pourquoi ? Parce qu'il faut, dit le ministre russe Lavrov, parce qu'il faut au préalable que les raisons essentielles, les causes principales, c'est toujours les mêmes mots, soient réglés, soient clarifiés. Et c'est le discours qui est tenu depuis trois ans. Quand j'étais encore ministre des Affaires étrangères, le président Poutine parlait des causes essentielles. Et quelles sont les causes essentielles ? Elles sont toujours les mêmes.
C'est annexion, c'est démilitarisation de l'Ukraine, c'est dénazification, comme disent les Russes, c'est-à-dire changement de gouvernement. Et puis c'est le renoncement à l'OTAN. C'est toujours les mêmes quatre points. Et ça, ça n'a pas changé.
Ça n'a pas changé. Il y a quelques jours, Donald Trump, après son coup de pile avec Vladimir Poutine, a adopté cette rhétorique du Kremlin. Vous disiez, Donald Trump est fasciné par la force de Vladimir Poutine. Vous pensez que c'est ça, le ressort de cette relation difficile à saisir de l'extérieur entre les deux présidents ?
Oui, c'est des allers et retours permanents qui fait que le président Trump se rend compte qu'en Corrège, il a été abusé d'une certaine manière par le président Poutine lors de cette rencontre du mois d'août. Ensuite, il fait un virage de l'autre côté en déclarant que la Russie était un tigre de papier. Il renoue des discussions avec Zelensky. Puis il change de nouveau de point de vue, peut-être emballé par ce qui s'est passé au Moyen-Orient et le fait qu'il y ait eu un cessez-le-feu au Moyen-Orient. Il dit, on va faire le cessez-le-feu aussi en Ukraine.
Ah non, dit le président Poutine, on ne fera cela que lorsqu'il y aura un accord de paix avant le cessez-le-feu, accord de paix avant le cessez-le-feu, qui réglera les causes fondamentales. Regardez dans la déclaration de Lavrov, c'est toujours les mêmes mots, les causes essentielles, les raisons fondamentales.
Quand on vous écoute, Jean-Yves Le Drian, on a l'impression qu'on tourne en rond et qu'on n'en sortira jamais.
Parce que ça sera sur la durée et parce qu'il faut alors impérativement, nous les Européens, soutenir fortement l'Ukraine parce qu'il faut envisager de soutenir l'Ukraine sans le soutien des Etats-Unis. Mais pourquoi est-ce qu'il faut soutenir l'Ukraine ? Parce que c'est notre sécurité qui est en jeu. Moi, l'image la plus forte que j'ai dans l'esprit là maintenant, à propos du sommet d'Ankorej, en Alaska, au mois d'août, c'est l'image de mon ancien camarade de jeu, si j'ose dire, Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe. J'avais l'habitude de le voir en costume cravate, bien mis, bien saillant.
Et là, on le voit apparaître avec un tee-shirt, comme un adolescent, avec Union soviétique. Tout est dit, tout est là. Et cette image-là montre les objectifs qu'a le président Poutine, qu'a l'administration russe aujourd'hui. C'est de faire en sorte que la Russie retrouve son espace impérial, qui était là au moment de l'Union soviétique, qui était là aussi en partie au moment de la période tsariste, et que ce chemin-là ne s'arrêtera pas. Alors, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
Vous disiez, il faut que les Européens aussi se saisissent du sujet, se fassent entendre. Pour l'instant, on n'a pas l'impression que ce soit le cas. Écoutez, écoutez le président de la République. Il réclamait une place à la table des négociations. Écoutez.
À partir du moment où il discuterait de sorte de l'Ukraine, les Ukrainiens devraient être autour de la table. À partir du moment où il devrait discuter de ce qui impacte la sécurité des Européens, les Européens devraient être autour de la table.
Ce n'est pas vraiment dans l'ordre des choses que le président français doivent tenter de forcer la porte pour pouvoir être à la table des négociations entre Trump et Poutine ? Il n'y a pas de table. À ce moment-là ? Non, mais il n'y a pas de table. Excusez-moi, il n'y a pas de table.
Oui, mais la table n'existe pas.
Il espérait la table à Budapest.
Alors, en plus Budapest, c'est dommage pour Victor Arban qui ne verra pas ses deux complices. Je le dis, les deux complices de Victor Arban. Président, on croit qu'il y ait pro-Poutine. Le fait de tenir la réunion potentiellement à Budapest, elle n'aura pas lieu. C'était d'une vraie provocation. Pour deux raisons. D'abord parce que la Hongrie de M. Orban est le seul pays européen
qui ne soutient pas l'Ukraine.
A voté aux Nations Unies avec la Corée du Nord, avec la Russie, avec la Biélorussie, avec d'autres pays aussi démocratiques que ceux-là, contre la protestation face à l'agression de la Russie en Ukraine. Et il a été rejoint à ce moment-là par Trump. C'était au début de l'année, au mois de février 2025. C'était un moment grave où finalement il y avait eu un schisme de l'Occident qui se manifestait. Il s'avait provoqué en Europe beaucoup d'inquiétudes. Et Victor Arban était au milieu de tout cela. Donc provocation et haute provocation.
Il s'est camouflé pour les autres Européens qui ont l'air complètement hors-jeu. Pardon Jean-Yves Le Drian.
Je vais revenir sur le hors-jeu, ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas le cas ?
Ce n'est pas le cas. Mais d'autre part sur Budapest, il y a une forme de symbolisme, puisque c'est à Budapest en 1994 que la Russie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont garanti à l'Ukraine l'intangibilité de ses frontières. On a vu ce que ça a donné. Et on refait ça à Budapest. Donc c'était une vraie provocation, ça n'a pas lieu. La table de négociation n'est pas ouverte.
Où est-ce qu'il faudrait l'installer cette table de négociation ?
Normalement aux Nations Unies, ou alors dans une ville européenne, ou à Genève. Bref, il y a des tas d'endroits où on peut le faire.
Et vous dites que les Européens ne sont pas hors-jeu aujourd'hui ?
Les Européens ont pris au mot le Président Trump pour dire qu'il faut un cesser le feu. Et la réalité, c'est qu'il faut un cesser le feu. Et après, il y a des discussions qui s'ouvrent. Les discussions concernant le territoire ukrainien, évidemment, doivent concerner au premier chef les autorités ukrainiennes. Et par ailleurs les Européens, puisque la logique même de la Russie, je vous le disais par la symbolique du t-shirt de Lavrov, c'est de reprendre progressivement la place qu'elle avait au moment de l'impérialisme soviétique.
Et ça c'est inacceptable pour les Européens, parce qu'on n'arrive pas à savoir précisément ce que pensent les Européens. Officiellement, il n'est pas question que l'Ukraine cède ses territoires. Mais en coulisses, est-ce qu'on s'y résout déjà ? Est-ce qu'on sait qu'il va falloir renoncer ?
Les Européens disent, un, cessez le feu. C'est ce qu'ils ont dit de leur déclaration d'hier. Vous dites que les Européens ne sont pas présents. Si, ils se sont exprimés, y compris avec les Britanniques.
Mais sur la ligne de front actuelle.
Sur la ligne de front actuelle. Qui devrait servir de base. C'est aussi ce que dit Zelensky. Et à ce moment-là, on discute. Mais les Russes n'en veulent pas. Puisque les Russes veulent aller jusqu'au bout de leur logique. Donc il faut prendre en considération cette réalité qui est rude, mais qui menace aussi notre propre sécurité.
Mais est-ce que l'Ukraine devra céder ces territoires ? Parce que si on arrête le conflit sur cette ligne d'autre...
C'est aux yeux ukrainiens de dire comment ensuite ils vont procéder. Mais il faut d'abord commencer par cesser le feu. Ce que ne veut pas Poutine. Et ce que Zelensky répète régulièrement.
Demain se tient un sommet européen à Bruxelles. Jean-Yves Le Drian. Il sera notamment question d'utiliser les avoirs russes gelés, détenus dans les banques européennes depuis l'invasion russe, pour prêter 140 milliards d'euros à l'Ukraine pour s'armer. La France a longtemps été contre ce fait d'utiliser les avoirs russes gelés, car ça pose des questions juridiques. Est-ce que vous dites à Emmanuel Macron, bon là ça y est, il faut assumer de prêter cet argent russe à l'Ukraine ?
On verra ce qui se passera demain, mais le sommet demain va porter sur ce point-là, mais aussi sur des sanctions supplémentaires à l'égard de la Russie, et aussi sur une feuille de route pour le renforcement de la défense en Europe, y compris sur la question des drones, y compris sur le bouclier spatial, le bouclier aérien, bref, il y a de gros sujets de solidarité et de sécurité des Européens par rapport à eux-mêmes, qui vont être discutés demain, et sur les avoirs, je crois que, d'après ce que je crois comprendre, mais je ne suis pas dans les instances qui vont le décider demain, on s'approche d'un compromis qui permettra à l'Ukraine d'avoir des prêts qui seront engagés sur les avoirs russes déposés en Europe.
Exactement, mais quel est le message envoyé derrière ? Est-ce que ce n'est pas, nous, Européens, on n'est plus capables de soutenir l'Ukraine financièrement ? Donc on va chercher la fin ailleurs, parce qu'on en a déjà trop dépensé, c'est pas ça ?
Excusez-moi, aujourd'hui, qui finance le plus l'Ukraine ? L'Europe. L'Europe.
Et justement, est-ce qu'on peut se permettre de continuer ?
Il faut, parce que c'est notre sécurité, et quand on est devant les enjeux de sécurité et de protection de nos propres populations, on ne lésine pas.
Et vous considérez que débloquer les avoirs russes gelées, ce n'est pas envoyer le message contraire ?
Ça contribue à renforcer notre soutien à l'Ukraine. Je pense qu'il ne faut pas négliger cela, et c'est un choix essentiel, j'espère qu'il sera fait demain.
Dans un instant, l'autre front de Donald Trump, Gaza, avec vous. Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de la Défense. Mais tout de suite, c'est l'info en une minute. Il est 8h46, et c'est Julien Raymond. 88 millions d'euros, c'est l'estimation du montant des bijoux volés. Au musée du Louvre dimanche dernier, quatre cambrioleurs sont toujours recherchés par les enquêteurs. Les empreintes retrouvées sur les lieux du cambriolage sont en cours d'analyse. Le Louvre qui rouvre ses portes. Aujourd'hui, après trois jours de fermeture, à l'exception de la galerie Apollon, là où a eu lieu le cambriolage.
Jean Castex auditionnait ce matin à l'Assemblée nationale devant la Commission du développement durable. Cette audition doit permettre la nomination de l'ancien Premier ministre à la tête de la SNCF. La Corée du Nord a tiré son premier missile balistique depuis plus de cinq mois. Ce tir est aussi le premier depuis l'investiture en juin dernier du nouveau président sud-coréen qui cherche à réchauffer les relations entre les deux pays. Un PSG hégémonique en Ligue des champions de football. Victoire 7-2 hier soir en Allemagne face au Bayer Leverkusen. Les Parisiens sont leaders de la phase de Ligue.
Ce soir, c'est la suite de cette troisième journée de Ligue des champions avec notamment le déplacement de l'Olympique de Marseille sur la pelouse du Sporting Portugal. Et Monaco qui reçoit les Londoniens de Tottenham. Avec Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, ancien ministre des Affaires étrangères, envoyé personnel du président pour le Liban. Aurélie, qu'en est-il de l'accord qualifié d'historique par Donald Trump au Proche-Orient ?
Les Etats-Unis maintiennent la pression pour consolider le fragile cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Donald Trump a mis en garde le Hamas s'il ne le respectait pas. Dans ce cas, la fin du Hamas sera rapide, terrible et brutale. C'est ce que Donald Trump écrit en lettres capitales évidemment sur son réseau de trousse social. Il affirme aussi que des alliés au Moyen-Orient seraient prêts à rentrer dans Gaza pour, je cite, redresser le Hamas. Alors on a l'habitude des excès de langage du président américain. Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux, là, Jean-Yves Le Drian ?
Oui, souvent Trump varie, d'une manière générale. On l'a vu tout à l'heure. Mais le point de départ, c'est quand même un plan qu'il faut reconnaître de qualité, même s'il y a des incertitudes dans son déroulement, que seuls les Etats-Unis pouvaient imposer à Israël.
C'est un plan qui est arrivé de manière presque miraculeuse, puisque lorsqu'on se réfère à l'Assemblée générale des Nations Unies, on a vu le président Trump faire un discours tonitruant au vitriol, quasiment à l'égard de la perspective d'un Etat palestinien, à l'égard des Nations Unies d'une manière générale, et que quelques jours après, trois jours après ou quatre jours après, ce plan discuté aussi avec les Arabes est sur la table, et qu'il présente quand même beaucoup d'avantages, en particulier ce grand soulagement qui est le retour des otages, et qui est l'arrêt des bombardements.
Mais ça veut dire que la méthode Trump, si iconoclaste soit-elle, si brutale, elle fonctionne ?
Et là, au moins pour cette partie-là, ça a marché, reconnaissons-le. J'ai été très dur tout à l'heure sur l'Ukraine, reconnaissons que ça a fonctionné, même si aujourd'hui, on est loin du compte, parce que le plus dur reste à faire. Qu'est-ce qu'il reste à faire ? Il reste essentiellement à mettre en œuvre une force de stabilisation sur l'enclave de Gaza, de préférence validée par le Conseil des Sécurités des Nations Unies. Il faut trouver les candidats, et il faut que ça vienne vite, parce qu'il faudra bien éviter que, s'il y a une action offensive du Hamas, voire d'Israël, sur la rupture du cessez-le-feu, il faudra bien qu'il y ait une force qui s'interpose.
Cette force-là, il faut la créer.
Est-ce que vous êtes optimiste, Jean-Yves Legrion ? Parce qu'hier, le vice-président américain disait,
lui, qu'il était optimiste. Oui, je pense que ça doit pouvoir avancer. Je remarque en particulier que ce plan, et la méthodologie du plan, et les étapes du plan, sont très cohérentes avec le plan franco-saoudien, qui avait été exposé quelques jours avant aux Nations Unies par le président Macron. On retrouve des éléments, la force de stabilisation, il faut la faire vite, et puis l'autorité provisoire, qu'il faut mettre en place pour assurer à la fois l'acheminement de l'aide humanitaire, pour assurer le redressement, le début de reconstruction, bref, c'est des chantiers énormes.
Et à quelle échéance c'est crédible d'avoir ces avancées qui sont nécessaires, essentielles ?
Il faut le faire le plus vite possible. Je crois que tout le monde y travaille, à commencer par les Européens et les Arabes, qui ont préparé aussi ensemble toute une série d'initiatives. Ils se sont vus en particulier à Charmelscher, lorsque le président Trump s'y est rendu, vous savez, il y avait beaucoup de retard, et pendant ce retard-là, les Européens ont travaillé avec les Arabes et les pays musulmans pour définir comment la force pourra se mettre en place et comment on va pouvoir mettre en place.
Ça veut dire qu'ils auront un rôle à jouer, les Européens ? Essentiel, à mon avis.
Parce que ce plan a permis un déblocage, mais son application reste extrêmement difficile. Il faut donc de la volonté, de la détermination. Et puis je rajoute, dans ce plan-là, il y a aussi la démilitarisation du Hamas. L'avancée considérable de l'initiative franco-saoudienne a été d'obtenir des Arabes et des pays musulmans le fait qu'ils fassent pression sur le Hamas pour dire « c'est fini ». Je pense en particulier à la Turquie, au Qatar, à d'autres Indonésies, à d'autres pays de ce type.
Mais on attend encore la concrétisation de ce point-là.
Oui, mais réjouissons-nous quand même que nous sommes dans une phase où les massacres sont terminés et donc il faut préserver cet acquis de toutes nos forces.
Et pas un mot, en revanche, sur la colonisation en Cisjordanie. C'est la grande oubliée de cet accord ?
Ça fait partie des sujets à venir, mais je vous fais remarquer que dans l'accord de Trump, article 19, vers un État palestinien. Contrairement à ce qui avait été dit auparavant par le même Donald Trump.
Au moment où la France et d'autres pays avaient annoncé leur reconnaissance d'un État palestinien.
Et je vous rappelle aussi que lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait été interdit de séjour et que c'est le même Mahmoud Abbas que le président Trump a salué à qui il a fait la collade, à Charmelle Cheikh. Bref, tout ça, c'est plutôt positif, mais maintenant, il faut être d'une très grande vigilance, y compris d'ailleurs faire en sorte que le Premier ministre Netanyahou fasse le respect complet des engagements qui ont été pris. C'est fragile, mais il faut que la communauté internationale soit très, très vigilante pour que le résultat continue et que le plan se poursuive.
Jean-Yves Le Drian, en France, le pays n'est pas encore sorti de la crise politique. Cette semaine, les députés ont commencé l'examen du budget. Vous qui avez pris de la distance, que dites-vous aux responsables politiques ? Parlez-vous ? Trouvez des compromis ?
Je pense que le Premier ministre Sébastien Lecornu a raison dans cette période de crise qui inquiète les Français de privilégier la stabilité des institutions et donc de faire en sorte qu'il y ait des concessions pour permettre cette stabilité. Donc c'était bien
de suspendre la réforme des retraites, c'était une bonne chose.
Et le 49-3, et l'abandon du 49-3. Il a trouvé les voies permettant une forme de stabilisation.
Il a su parler aux socialistes ?
Et les socialistes ont eu, je pense, le bon choix de se comporter en parti de gouvernement et de ne pas en rajouter dans l'approfondissement de la crise. Je pense qu'ils ont fait le choix qu'il fallait faire. Donc tout cela, j'espère, va permettre à notre pays d'avoir un budget et de retrouver un peu de stabilité en attendant l'échéance présidentielle. Mais au-delà de ça, ce que je constate, vous avez dit que j'ai pris un peu de recul, ce qui est vrai, ce que je constate, c'est quand même une grande défiance de la population à l'égard des responsables politiques, quasiment même des institutions, avec même parfois des doutes sur la démocratie. Et c'est ce qui me rend inquiet.
Peut-être parce que le spectacle envoyé par la classe politique ces dernières semaines était affligeant. C'est ce que vous avez pensé ?
Il y a ça et puis il y a plus profondément le fait qu'il y a, je crois, une forme de recherche de nouvelle légitimité démocratique. Il faut s'interroger sur la relégitimation démocratique de notre pays. J'observe que les maires sont très bien vus. Quand vous faites des sondages... C'est l'élu le plus populaire. Les maires ont des codes de popularité, quelle que soit leur tendance, de respectabilité, de reconnaissance par nos concitoyens qui sont tout à fait importantes. importantes. C'est très encourageant par rapport aux municipales qui vont avoir lieu. Peut-être qu'ils sont moins
dans des logiques partisanes que les députés.
Oui, non, parce que je vois bien dans les villes, il y a des débats dans les grandes villes, néanmoins, des débats parfois rudes, mais néanmoins, les maires sont respectés. Je pense qu'il faut sortir d'une forme de verticalité de l'action publique, de l'action politique, du pouvoir.
La verticalité, c'est ce qui caractérise Emmanuel Macron.
Oui, mais la verticalité, elle est en route depuis très longtemps. C'est une forme d'aboutissement, mais elle ne permet plus de légitimiter à nouveau les responsables politiques et d'une manière plus générale, elle met en cause un peu la démocratie. Donc moi, je pense qu'il faut essayer la décentralisation. C'est un mot comme ça. La décentralisation, ce n'est pas uniquement une réforme organisationnelle, une réforme technique. C'est vraiment un choix de société. On n'a jamais vécu ça.
Et donc du coup, tout se concentre sur l'État et après, évidemment, sur le Président de la République, responsable de tout, d'où une perte de responsabilité des acteurs et finalement, le sentiment pour nos concitoyens que tout leur échappe. Revenons à la décentralisation. Et j'observe que le Premier ministre, dans ses propos, a proposé, dans ses orientations, qu'il y ait un acte important de décentralisation. Je pense que c'est la solution. Donc, la légitimisation.
Ce n'est pas ce que fait le Président. Par ailleurs, vous disiez que c'était une bonne chose que Sébastien Lecornu ait décidé de suspendre la réforme des retraites. Emmanuel Macron, hier, depuis la Slovénie, a dit le contraire. Ce n'est ni une abrogation ni une suspension mais un décalage, a dit le Président. Est-ce qu'il complique l'avis de son Premier ministre et pourquoi ?
Le Premier ministre a bien rétabli la situation hier à l'Assemblée donc j'ai confiance dans Sébastien Lecornu pour mener à bien tout cela.
Un Président ne devrait pas se mêler de politique nationale depuis l'étranger ?
Les journalistes ne devraient pas poser des questions sur la situation nationale lorsqu'ils sont à l'étranger. C'est pareil.
Emmanuel Macron a visiblement envie d'en parler. J'arrive le Drian. Comme tous les jours, c'est le moment de la question qui est à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui abîme. Un pays ingouvernable, on en parlait, un président décrié et un ancien président en prison. Un braquage spectaculaire en plein jour au musée du Louvre. Vous qui passez beaucoup de temps à l'étranger, est-ce que l'image de la France s'est considérablement abîmée ces derniers mois ?
Moi, je ne partage pas ce pessimisme sur l'image de la France. Je pense que l'image de la France est nettement meilleure à l'étranger que les Français ont eux-mêmes l'image de leur propre pays. Écoutez, on a eu des Jeux Olympiques somptueux qui restent dans la mémoire de beaucoup d'acteurs au niveau international. Et puis là, vient de se terminer l'exposition universelle au Japon, à Osaka, qui a lieu tous les cinq ans. Figurez-vous que le pavillon qui était sans doute le plus fréquenté, c'était le pavillon de la France. Donc, je ne rentre pas dans ce pessimisme, même s'il faut que la France tienne ses institutions. Elle garde une aura, un prestige international réel.
Regardez comment le président Macron a été applaudi à l'Assemblée Générale des Nations Unies au mois de septembre après ses déclarations. Bref, ce n'est pas aussi caricatural que ça.
Vous côtoyez les dirigeants du monde entier. Est-ce qu'il y a une scène, une anecdote marquante avec Donald Trump que vous avez pu vivre ces derniers mois, ces dernières années et que vous pourriez nous raconter ?
Oui, il y en a plusieurs. Sur Trump, il y en a beaucoup, mais il y en a une dont je me souviens plus particulièrement. C'est un...
Ça devait être en 2018 où le président Macron m'avait demandé d'aller rencontrer de manière confidentielle le président Trump pour une question liée à l'Iran qui était une question majeure et qui nécessitait un échange direct et donc une question lourde et je rentre dans le bureau Oval donc on est en toute petite configuration et là je vois le président Trump avec qui je devais parler d'Iran et j'étais un peu anxieux sur le sujet me dire je viens de signer un contrat de plus d'un milliard et je suis très content moi aussi monsieur le président je suis content pour vous et je vais vous donner mon stylo parce que ça vous permettra à vous aussi d'en signer d'autres
Le stylo avec lequel il voulait signer le contrat
J'ai gardé le stylo mais je n'ai pas signé de contrat depuis mais j'ai gardé le stylo
Merci beaucoup Jean-Yves Le Drian d'avoir répondu aux questions de France Info Merci Aurélie On se retrouve demain A demain Et vous restez avec nous c'est tout de suite Les Informer avec Renaud Delis A tout de suite