S.Lecornu visé par 2 motions de censure du RN et de LFI qui «devraient pouvoir aboutir» selon Sébastien Chenu
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Et à 8h13, l'invité actue de ce dimanche 11 janvier, c'est Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. On va parler évidemment du procès en appel de Marine Le Pen mardi prochain, mais d'abord la France a échoué, vous le savez, sur le Mercosur, l'accord de libre-échange entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique du Sud. Il sera signé cet accord le 17 janvier malgré l'opposition de Paris. Un échec qui a entraîné, Monsieur le député, l'annonce de motions de censure de la part de la France Insoumise et du RN contre le gouvernement.
Ont-elles une chance, Sébastien Chenu, ces motions de censure d'aboutir ? Est-ce que le gouvernement peut tomber ces prochains jours ?
Ce sont des motions de censure à la fois de soutien aux agriculteurs et contre l'hypocrisie de ceux qui nous disent sur tous les plateaux qu'ils sont opposés au Mercosur et qu'ils le laissent se signer. Donc ces motions de censure, logiquement, devraient pouvoir aboutir. En effet, nous au RN, nous en déposons une et nous entendons bien voir tous ceux qui, toute l'année, nous disent qu'ils soutiennent les agriculteurs et bien venir la voter. Parce que s'ils ne la votent pas, ça veut dire que c'est totalement hypocrite.
Alors que vont faire les républicains, les socialistes et autres macronistes qui ont laissé Emmanuel Macron signer le Mercosur, qui l'ont laissé faire depuis des années, qui l'ont laissé négocier ? Eh bien nous allons les voir au pied du mur. Alors nous, nous avons toujours contesté le Mercosur, nous avons déposé des motions de censure au Parlement européen. Nous en déposons une également à l'Assemblée nationale cette semaine.
Alors en cas de censure du gouvernement, Sébastien Lecornu, le Premier ministre et le Président de la République ont convenu d'une nouvelle dissolution. C'est ce qu'on a compris. Et donc de nouvelles élections législatives auraient lieu. En même temps que les élections municipales, entre le 15 et le 22 mars prochain, est-ce que c'est ce que vous souhaitez ? Est-ce que c'est ce que vous espérez ? Est-ce que c'est judicieux d'organiser s'il y en a des élections législatives en même temps que les élections municipales ?
Bon d'abord cette menace de dissolution que brandit Sébastien Lecornu, je pense qu'elle dit plusieurs choses. Elle est un peu un coup de bluff de leur côté parce qu'en fait, ils sont terrorisés à l'idée que les motions de censure puissent passer, que ce soit sur le budget ou sur le Mercosur. Donc ils agitent cette menace de dissolution pour dire aux socialistes et aux républicains, attention, vous allez retourner aux urnes si vous ne votez pas, sagement, si vous ne baissez pas la tête. Et puis ça dit aussi leur fébrilité. Ils ont la trouille. Ils ont la trouille.
Ils ont compris qu'ils étaient entrés dans une zone de turbulence entre le Mercosur et le budget dont je vous rappelle en commission hier qu'il a été rejeté, que ce soit en volet recettes ou dépenses. Il a été rejeté en commission. Donc ce gouvernement est pris dans le piège à la fois de son hypocrisie et de son incapacité à redresser évidemment les finances publiques. Nous, nous souhaitons qu'il y ait une dissolution depuis toujours parce qu'on pense que c'est la seule façon de remettre les compteurs à zéro, de donner une majorité parce que les Français ont vu ce que c'était qu'une assemblée nationale.
sans majorité et pour rendre utile les 18 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle. Sinon, on est bloqué. C'est-à-dire que pendant 18 mois, il ne va encore rien se passer. Ce sera des textes ridicules ou secondaires qui vont être examinés à l'Assemblée nationale et notre pays va continuer à s'enfoncer dans la dette et dans l'immobilisme.
Eh bien, on a bien entendu votre point de vue, monsieur le député. Dans l'actualité également, Marine Le Pen sera jugée en appel à partir de mardi prochain dans l'affaire des assistants parlementaires. Une affaire dans laquelle la justice reproche au RN d'avoir utilisé de l'argent du Parlement européen pour rémunérer des collaborateurs du parti. Lors du premier jugement, je le rappelle, Marine Le Pen a été condamnée à 4 ans de prison dans 2 fermes aménagées sous bracelet, 100 000 euros d'amende. Et surtout, 5 ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, exécution provisoire, ce qui la prive à ce stade de la présidentielle.
Est-ce que vous abordez au Rassemblement national, pardon Sébastien Chenu, ce procès avec beaucoup de confiance ou avec de l'inquiétude ? Ça arrive très vite, ce sera mardi.
Oui, avec de la combativité, surtout. Marine Le Pen est décidée à faire valoir son innocence. Dans ce dossier, il n'y a aucun enrichissement personnel, aucun emploi fictif, vous l'avez rappelé. C'est un dossier dans lequel nous sommes en opposition au Parlement européen sur l'utilisation qu'ont fait des emplois de collaborateurs parlementaires. Marine Le Pen est innocente dans ce dossier. C'est un nouveau procès, un procès en appel. Elle va faire valoir non seulement ses droits, mais aussi, je le crois, un certain nombre d'éléments qui vont permettre d'étayer cette innocence.
Et enfin, pouvoir, je l'espère, nous le souhaitons tous, rencontrer les Français pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait quand même un phénomène tout à fait hors normes que de priver celle qui est en tête de tous les sondages présidentiels.
Beaucoup de Français n'hésitent pas à critiquer la justice. Beaucoup parlent d'une justice politisée. Est-ce que dans cette affaire, on se souvient du mur des cons, est-ce que vous y voyez, pardon Sébastien Chenu, un acharnement ? Est-ce que les juges essayent, par tous les moyens, d'empêcher Marine Le Pen de se présenter à cette élection présidentielle ?
Moi, globalement, j'ai confiance dans l'institution judiciaire. Je pense qu'elle est faite de nombreux magistrats parfaitement honnêtes et parfaitement intègres. Mais il y a à l'intérieur de cette justice également des magistrats qui sont des militants politiques, qui considèrent qu'ils doivent priver celle qui fait la course en tête de sa possible élection présidentielle. Il y a des magistrats qui colorent politiquement les décisions judiciaires. Alors ceux-là, effectivement, n'ont pas lieu d'être. Je pense qu'il y aura la nécessité demain de se pencher sur tout ça. Mais moi, globalement, j'ai confiance dans l'institution judiciaire.
Il y a là aussi des gens qui font très bien leur métier, qui savent rendre la justice. Je crois que c'est le cas et j'espère en tous les cas que ce sera le cas dans le cadre de ce procès.
Si on se projette et que cette peine est confirmée en appel, Sébastien Chenu, Marine Le Pen ira sûrement se pouvoir voir en cassation. Ça lui laissera le temps, si j'ai bien compris quand même, d'avoir une réponse judiciaire définitive. Elle saura si elle peut se présenter ou pas à l'élection. Il y aura pour voir en cassation ?
Oui, mais la décision, le rendu de la cassation sera tellement proche de l'élection présidentielle que si par malheur il était négatif et qu'il privait définitivement Marine Le Pen de pouvoir être candidate à la présidentielle, ça nous mettrait dans une situation difficile. Donc Marine Le Pen a déjà annoncé qu'effectivement c'est la décision de la Cour d'appel qui lui ferait prendre sa décision, en tous les cas, qui acterait le fait qu'elle soit candidate ou pas.
Donc potentiellement, si c'est confirmé, Jordan Bardala pourrait alors prendre sa succession dans cette course à la présidentielle ?
Mais nous on veut que nos idées gagnent, Marine Le Pen l'a déjà dit, on veut que nos idées arrivent au pouvoir parce que les idées qui sont actuellement au pouvoir sont néfastes pour les Français. Donc ces idées, elles sont aujourd'hui portées par Marine Le Pen, notre candidate à la présidentielle. Si elle était privée par une décision de justice de pouvoir être candidate, c'est Jordan Bardala qui évidemment prendrait le relais pour porter les mêmes idées.
Et j'ai le journal du dimanche, Sébastien Chenu, sous les yeux, à l'instant il y a un sujet ce matin, un sondage, pardon, c'est ça, Europe 1 CNews, qui disent que les Français veulent à 66% une union des droites. Et ils voient Jordan Bardala à 38% pour justement emmener cette union des droites. Et Marine Le Pen à 22%, Bruno Retailleau à 12%. Jordan Bardala à 38%, c'est très haut. Est-ce que finalement ce n'est pas lui le candidat naturel ?
Écoutez, je viens de vous le dire, notre candidate naturel c'est Marine Le Pen. Elle s'est préparée, elle est la candidate de nos idées et de notre mouvement depuis très longtemps. Jordan Bardala prendra la relève si Marine Le Pen est privée, si une décision de justice l'empêche. Et Jordan Bardala sera, je le crois, rassemblée comme Marine Le Pen d'ailleurs. Au-delà des droites, nous on n'est pas là pour sauver les droites. C'est ce que dit le sondage ce matin. On est là pour sauver la France. Oui, mais on est là pour sauver la France. Donc des patriotes, on en trouve évidemment à droite.
Je suis persuadé qu'il y en a beaucoup ailleurs, qu'il y a des Français qui aujourd'hui ne se définissent pas politiquement, des Français qui viennent de la gauche et qui sont d'honnêtes patriotes. Il va falloir rassembler les Français. Et croyez-moi, on est bien décidé à les rassembler après les avoir vus être autant divisés par les décisions du président de la République.
Merci beaucoup Sébastien Chenu d'avoir été avec nous en direct ce matin sur Europe. Je rappelle que vous êtes vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale également. Merci.
Merci. Merci. Merci.