Immersion dans une “salle de shoot”
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] et dans la grande table des idées aujourd'hui préparé par marceau vaciller l'aura du teich perez nous sommes en compagnie de la réalisatrice alexandra candy longuet pour son film chasser les dragons gros plan sur le matériel nécessaire la seringue la vitamine c la coupe stérile chasser les dragons est un documentaire en immersion dans ce que nous appelons vulgairement salles de shoot qui sont en réalité des salles de consommation à moindre risque elles ont progressivement ouvert leurs portes depuis les années 80 en suisse au danemark au portugal en belgique et ont évité bien des scènes ouvertes d'injection et bien des morts dans la rue elle reste pourtant peu nombreuses tant ces lieux d'accueil des usagers de drogue continue de faire débat voire de soulever les foudres des habitants des environs principalement par méconnaissance de ce qui s'y passe et de la mission sociale qu'elle assure dans son documentaire alexandra candy longue et nous ouvre les portes de celle de liège bonjour bonjour elle que mot d'abord sur ce titre bien mystérieux poétique mais finalement très liés ce matériau est ce sujet qui est ici de la drogue principalement l'héroïne passer un titre polysémique qui renvoie d'abord à une une expression liégeoise qui décrit une façon de consommer l'héroïne qui peut être soit fumée à la tâche soit on peut chasser le dragon vous dire quoi fumer à la tâche il ya deux façons de d'inhaler l'héroïne donc soit en faisant une sorte de petit de petites tares et que vous chauffer par en dessous et vous inhalez soit vous faites une traînée plus longue et vous passez votre briquet à plusieurs reprises par en dessous et la montée est plus progressif et c'est ça ce qui ce qui s'appelle chasse et chasser le dragon et dans le même temps c'est une expression qui a une dimension immédiatement poétique puisque ça évoque l'idée de chasser ses démons donc il est quand même beaucoup question de ça dans cette salle de consommation d'où ce titre cette salle qui s'appelle ch ti zef tish va commencer vers en 2018 on accueille des consommateurs des usagers c'est comme ça qu'on les appelle en situation de dépendance qui viennent consommer de manière sécurisée avec un personnel qualifié qui gère les accueillir les écouter les aider les soigner les orienter alexandra gandhi longue et vous êtes arrivés un peu plus d'un an après l'ouverture de cette salle d'abord pourquoi est-ce que vous avez choisi de rester dans cet endroit là alors c'est un concours de circonstances intéressant c'est à dire que mes précédents films dont vacancy traitait déjà indirectement de la question de la suivent études puisque ma protagonistes beverly était une consommatrice de crack donc moi je voulais poursuivre sur cette thématique là celle de la consommation maintenant je trouve que c'est un sujet qui est très complexe à aborder avec nuancer avec justesse et sans tomber dans des raccourcis ou des évidences donc j'étais moi même en train de chercher la bonne porte d'entrée pour pour traiter de cette question là quand la productrice julie frère de dérive a posté un appel à projets en fait pour faire un film mais il s'agissait d'un court métrage à l'époque dans cette salle de consommation voilà les le cadre qui était proposé et donc j'ai immédiatement postuler en fête de la le projet a complètement débordé puisque il s'agit plus d'un court métrage mais bien d'un long métrage en immersion dans cette salle c'est impossible en réalité de de faire un court métrage sur ce genre de sujets et de faire les situations sont diverses un tant du point de vue du personnage des personnages que vous avez croisé alors à la fois les consommateurs les usagers mais aussi le personnel ailleurs vous naviguez entre les deux qu'est ce que vous aviez comme idée de ces endroits avec sandra candy longuet avant d'y passer du temps et qu'est ce que vous y avez découvert qu'elle a été la surprise y en a beaucoup pour le spectateur ça reste des endroits auxquels on n'a pas accès à moins d'être soi-même consommateurs donc il ya beaucoup de il ya beaucoup de clichés il ya beaucoup d'inquiétudes liées à ce genre d'endroit donc moi la première fois que je me suis rendu c'était donc en dehors des heures d'ouverture et ce qui m'a frappé c'est la dimension clinique du lieu ce que j'ai fait remarquer au personnel soignant avec qui j'avais discuté déjà deux de ce qui s'y passait et de ce qu'on décrivait il y avait voilà une en accueil une écoute une générosité mais qui ne s'observe est pas dans les lieux mêmes est bon ils ont fait remarquer que la chaleur l'accueil se trouvait ailleurs que dans que dans les lieux physiques qu'on dans les lieux qu'il tisse alors c'est vrai que les lieux physiques à cette dimension extrêmement ranger ces lieux très clean avec des boîtes tout est organisé le matériel est bien sûr presti réalisé il ya un système de petits boxes et vous avez d'ailleurs décidé de poster votre caméra dans ces lieux à la fois vide est occupé on va peut-être commencer par écouter l'une des accueillantes de ce lieu donc ici c'est la ouverture de la salle on au versement sur seb donc même le 1er janvier les gens prennent le temps donc la seule condition pour laquelle on pourrait vous refuser l'accès aux salles c'est si par exemple on voyait que vous étiez trop imprégné bon peux vous dire de patienter ouhlala l'inhalation de mounir culture donc par rapport à ça donc là on demande à ce que la personne reste dix minutes après la consommation baisse pour voir si tout se passe bien avec toi mais bon la stepway pas qu'il ya un malaise oui tout à fait donc le temps où vous faites votre gaz et les huiles souris de passer après donc ici c'est tout ce qui est interdit au niveau de la salle et maintenant pour à ça on a fait une échelle de 5 soit parfait est ce que vous prenez un traitement tous les jours mes tableaux on en prend là les premières est de donner aux usagers lorsqu'ils se présentent et des informations vous en tant que réalisatrice avec sandra tandis longue et de vous donner c'est celle unique salles de consommation à moindre risque de belgique et elle a ouvert donc en 2018 et aucune drogue n'est fournie dans les lieux alors c'est pour commencer par chasser les préjugés ce que ça fait partie des inquiétudes autour de ces sables se dire que c'est des lieux qui vous encourager la consommation alors en réalité ils sont là pour une prise en charge sécurisé et même on le voit petit à petit pour raccompagner en tout cas ce qu'il souhaite faire des cures et un retour au logement et au travail oui il ya beaucoup d'idées reçues qui circulent sur ce genre de lieu est d'ailleurs en france le débat reste vif autour de l'implantation de deux jours deux salles ce qui devait arrivé à lille en fin d'année a été finalement refusée sous la demande de gérald darmanin donc c'est pas c'est pas juste en belgique que les préjugés sont vifs mais en effet l'un d'entre eux étant que ce genre d'endroit va banalisée encourager encourager la consommation et attirer des toxicomanes dans des quartiers définis il faut savoir que les salles de consommation lll se crée pas aléatoirement dans des quartiers au contraire elle simplement dans des endroits où il ya déjà de la de la consommation donc à paris c'est du côté de la gare du nord où déjà des usagers donc dire que ça va les attirer non en revanche sa valeur leur proposer un endroit où venir consommer en toute sécurité et donc éviter la consommation en pleine rue mais ça c'est un choix que de vouloir communiquer ou pas autour des salles de communes de consommation et il voit là et plus on communique plus on dédramatise aussi quoi alors on voit que ces dangers sont multiples d'un point de vue de la santé alors il ya à la fois des accidents liés à la consommation le risque d'overdose de mourir dans la rue mais il ya aussi tout ce qui est lié aux abcès aux petites infections que chacun peut se faire au partage du matériel des seringue et là on voit que le personnel intervient à plusieurs niveaux à la fois dans sa manière de proposer des produits stériliser etc mais aussi de prendre en charge les blessures et de garder les usagers après qu'ils aient consommé pendant un certain temps et si nécessaire appeler les secours avec salah quand ils anglais ce c'est un lieu qui est bien au delà d'une salle de consommation en fait c'est ce que le film cherche à montrer c'est qu'il s'agit d'un cocon d'un refuge dans lequel enfin un lit un peu secret et la spécificité de la salle de consommation de liège c'est que la majeure partie des usagers sont des hommes sans abri donc c'est déjà des personnes qui sont très désocialisées et qui ont un accès difficile aux soins donc là l'infirmerie propose ça donc en effet il ya soigner les plaies directement liée à la commande consommation comme comme les ac mais il ya aussi les plaies liées au fait de marcher des kilomètres et des kilomètres quotidiennement dans l'humidité sous la pluie et donc ça c'est des blessures typique qui sont celles des pieds et des bains de pieds et à partir du moment où en faites vous venez dans cet endroit et que vous y rester il y a quelque chose de l'ordre de [Musique] du lien qui peut se créer entre l'équipe et des usagers et donc qui portèrent vers l'intimé vers la confidence et vers la discussion quoi alors cette prise en charge qui pour parer sociale on a l'impression que la question sociale elle fait une boucle alexandra quand des langues et qui est presque qui est extrêmement triste à travers les bornes pied notamment l'un des bains de pieds en particulier auquel on assiste ressurgissent des traumatismes d'enfance terrible dont on voit bien que les consommateurs ont aussi un vécu extrêmement lourd et difficile et c'est la même question que celle des sans abri pour partie 1 c'est pas n'importe quel enfant confié abandonnés confié à des structures qui se retrouve être des adultes aussi aux consommateurs de cette salle et des adultes dans la rue et plus ils sont dans la rue plus il consomme pour supporter la rue et plus cette salle en fait intervient pour essayer de casser cette ce cercle la salle est là pour recréer du lien re socialiser et éventuellement proposer les outils à partir du moment où les où les usagers sont deux mains sont demandeurs moi je voulais pas en tout cas tomber dans l'explication est la justification donc jamais jeunes demandent aux usagers quand et comment et pourquoi ils ont consommé a commencé à consommer parce que c'est j'ai pas envie de tomber dans l'explication il y en a pas en fait donc même si on retrouve quand même certain vécu difficile c'est sûr que tous les milieux sociaux sont là voilà c'est à dire qu on a on a des protagonistes qui nous font part d'un passé douloureux mais on a à linverse quelqu'un comme françois qui nous ressemble et c'est là où le il ya un pouvoir d'identification qui est qui est très fort et une empathie aussi qui est potentiellement forte c'est qu'on peut se reconnaître soit et c'est d'ailleurs un peu dans les dents les préjugés dont on parlait tout à l'heure mais des salles de consommation il ya toujours celui de se dire mais le l'usager le consommateur de toxicomanes c'est pas moi c'est quelqu'un qui est à dix mille kilomètres de deux mois or françois est vraiment l'incarnation que non alors françois reeves ce personnage propre sur lui qui s'exprime extrêmement bien et dont on comprend qu'il a eu un parcours extrêmement chaotique c'est aussi le cas de tom que l'on va entendre tom qui va justement raconter pour partie son parcours cesare et ses reprises d'usagé la drogue le problème c'est quand tu retournes dans dans la jungle quand j'appelle aussi bien l'extérieur je voulais quitter oui parce que ah oui je suis connu les tox viennent vers moi j'arrive ici à liège je suis directement dans le bain gmail faire c'est incroyable c'est incroyable je sais pas comment m'en sortir c'est le problème et c'est ce que disent certains quand ils reviennent ici sur l'île et le problème c'est que ya un piège j'ai eu un usager moi qui l' onu du cameroun quatre heures au cameroun sans rien consommé dans la région il y avait des sueurs froides et douleurs au dos peu importe où tu iras et en en retirant vie tu en trouveras passé mais oui mais rien que le fait d'entendre quelqu'un qui va consommer ça va me donner envie et ça fait combien tentures toute console on se met même pas moi je n'ai pas d'autres mondes donc nous sommes je trouvais j'avais déjà vu mais ça va j'ai l'avantagé quand même d'être propre mais je m'étais juré de faire que dans mes bras et je sais très bien que c'est tellement fort que je vais peut-être passer aux jambes ou aux pieds j'essaie vint le jour où tu as une envie de cure ou quoi que ce soit ici nous on peut on peut chercher avec toi or on peut te permettre de téléphoner problème des deux rendez-vous de préadmission ce genre de choses sans cette fois qu'ils voient en fonction de buddh trouve au niveau de la réflexion par rapport à la consommation le problème c'est que le produit il est plus fort que tous ces alexandra qu'on est longue et on parlait de parcours chaotique alors voilà le parcours de tom est ce qu'on comprend c'est justement ces allers retours vers la consommation césar et ses reprises et il est presque on avance capable de décrire ce qui va lui arriver en disant dans un mois je suis en prison et en même temps il ya cette possibilité d'arrêter le cycle est super et le personnel attentif qui propose qui n'intervient jamais et qui est d'une neutralité de psychanalystes presque c'est à dire que ça peut être ça peut causer plus de dommages que de faire du bien que de d'imposer les cures ça on a vu que les cures forcé avait des traits d fort taux de rechutes derrière donc faut arriver à se glisser au bon moment mais de toute façon le personnel de cette salle ne souhaite rien imposer en fait vraiment leur leur choix c'est d'être là toujours disponible à tout moment d'être dans l' écoute et surtout de se départir de tout jugement et ça c'est extrêmement difficile à faire surtout pour un soignant parce que en général le soignant à une certaine forme de pouvoir sur le patient donc ça n'est pas donné à tout le monde de travailler comme soignants dans cette danse est pas être interventionniste justement exactement parce que vous pouvez éloigner le l'usager plutôt que de l'inciter à se rapprocher et il faut bien se rappeler que la vocation initiale de la salle c'est de proposer un endroit où il est possible de venir consommer et non pas de venir encourager à les cures sermonner les le personnel est vraiment là à là à la demande et c'est ça aussi qui fait qu' il y à il ya une rencontre en fait entre les consommateurs et les soignants alors ce qui est décrit par l'un des personnages c'est justement le fait que le consommateur a toujours tout sur lui 1 il a tout sur lui il a toutes ces affaires sur lui c'est d'ailleurs aussi à la fois le le milieu et la fin du film se fait d'avoir simplement ses affaires sa couverture sur ses épaules et tout le reste est potentiellement vendu pour consommer de la drogue c'est le cas de cette femme qui parle de son téléphone portable elle a un téléphone qui n'a pas de valeur pour ne pas être dans l'obligation de vendre ou tenter de le vendre ce rapport à l'extérieur à l'économie aussi qu'ils ont qui entoure cette consommation on voit que c'est très différent chez les hommes et les femmes d'ailleurs les femmes n'apparaissent pas tellement sous votre caméra autrement que dans le personnel alexandra candy langue est ce que vous avez des difficultés à pouvoir filmer des femmes dans cette salle alors ça renvoie à une réalité qui est celle de la fréquentation de la salle de consommation à liège c'est une salle qui est fréquenté à 90 95 % par des hommes donc de fait les femmes sont beaucoup moins présente moi à l'époque où j'ai tourné le film elle venait plutôt pourront faire des échanges de seringue que vraiment consommé sur place ça veut pas dire qu'il y en a pas il y en a elles sont minoritaires après c'est alors pourquoi on seul explique cette situation bah beaucoup d'entre elles en fait sont des travailleuses du sexe et l on sait que c'est compliqué pour elle de fréquenter un lieu dans lequel elles se sentent pas forcément c'est pas en sécurité mais disons qu'elles n'ont pas envie de recroiser des hommes ou des gens qu'elles connaissent dans la dans la salle donc bon moment que j'ai commencé le tournage il était justement question de prévoir des plages horaires réservées aux femmes ou une façon de leur rendre le lieu plus attractif mais elles ont de fait dans la rue comme dans la salle une consommation qui est beaucoup plus qui est beaucoup plus cacher et donc voilà elles sont moins enclines à fréquenter ce genre de nu donc un travail à faire pour les pour les amener à y venir à ce que c'est le même problème que celui qui est décrit par le personnage de tom c'est à dire que finalement c'est se retrouver dans la jungle c'est à dire se retrouver avec d'autres consommateurs qui vont donner aussi envie de re consommer et cette difficulté parfois de se retrouver dans dans un univers dans lequel finalement il faudrait changer toutes ses fréquentations ou s'éloigner ou partir très très loin alors il y avait 6 à 0 lille après la drogue n'échappe à une logique commerciale non plus c'est à dire que ce qui explique un autre personnage qui j p au moment où justement il est passé en coup de téléphone pour avoir une classe en cure et il dit moi j'ai essayé plein de fois mais même en cure je me faisais livrer de la drogue et puis après quand tu ressors oui il ya les autres consommateurs qui essayent de fréquenter le sont sans cercle s'est tout de suite être de nouveau exposé à une possible consommation en sachant qu'à alliage une bille ça coûte 8 euros donc c'est très accessible et puis il ya les dealers en compte des comme on dit des produits d'appel quoi donc donc en fait on va vous faire cadeau de doses gratuite pour vous remettre dans le circuit et ça s'observe aussi beaucoup auprès du public de migrants d'avoir des dealers qui viennent fréquenté les camps de migrants pour distribuer des doses gratuite rendre créé de nouveaux usagers et puis et puis voilà qui deviennent à leur tour privés de leur pouvoir de dire non quand on voit justement que dans la particularité de filmer ce sujet là il ya aussi la manière de l'incarner physiquement votre caméra est très loin lorsqu'il s'agit des consommations on voit très peu de scènes de consommation où on les voit de loin on voit justin bras se dénuder on comprend ce qui va se passer en revanche dans les termes choisis on entend le vocabulaire et le matériel utilisé la longue aiguille la petite aiguille la coupe c'était un choix de votre part avec sapins sandra qu'on dit l'anglais ou c'était la volonté de faire des élites sous les usagers préféré justement ne pas être filmés dans ces situations là alors il y à une réalité qui est cru donc ça on ne va pas en faire l'économie sinon on fait un sujet sur un autre on fait un film sur un autre sujet parce que là c'est inhérent au lieu maintenant et il voit là il faut pas en avoir peur quoi je veux dire faut regarder les choses en face donc faut accepter de le filmer c'est à dire faut on en parle et on et on dit les choses ouvertement maintenant de là à filmer on filme des consommateurs en train de préparer leur leurs cracks ont filmé des consommateurs en train d'inhaler maintenant le geste de s'injecter c'est un geste qui est qui est très violent à regarder donc faut être sûr de soi quand on décide de le montrer moi j'ai pas envie de créer un choc pour par principe ou pour le pour le geste donc je trouve que c'est plus fort de le suggérer et de couper au montage juste avant plutôt que plutôt que de le filmer et voilà de créer de la violence bon à mon avis gratuitement quoi en revanche il y as eu cette étrange minutie dans la préparation qui est filmé en détail je pense à ce personnage est justement chauffe sa cuillère prépare avec minutie avec ses ciseaux etc qui pourtant a l'air très affaibli très fatigué et qui met une énergie folle dans la préparation de cette consommation qui ne cèdent un peu étrange et qui nous dit après j'avais tellement froid donc là en le voyant faire aussi c'est un plan qui dure assez longtemps et qui s'intéresse à autant à la préparation de du crack en train de se faire que le visage de ce personnage qui s'appelle arnaud et qui est un personnage extrêmement marqué par la vie donc là c'est une séquence qui se joue dans le dans le silence et dans le monde et poitou se raconte sans être verbalisée le moment où il nous dit j'avais tellement froid en fait en sang et la minutie de cette préparation on sent la difficulté que ça a été de prévenir la somme pour pour aller acheter des éventuellement attendre que le dealer se présenter puis de venir jusqu'à la salle de préparer etc il ya les symptômes qui sont longuement décrit le froid les tremblements d'être sans cesse enrhumé à ce personnage qui raconte ça il ya aussi ce rapport à l'image entre montrer ses photos sur son téléphone portable la photo de la vie d'avant quand on travaille et coupé ses cheveux la manière dont se présente ce rapport à l'image je reviens beaucoup alors peut-être à cause des clichés qui existent aussi ou peut-être dans la volonté de sortir de cette consommation est ce que les ces salles de consommation néanmoins ne sont pas des étapes pas forcément vers la cure mais dans une dynamique quand même de sortir d'une sorte de spirale avec 120 candidats anglais comme une sorte de première étape médico social tout à fait et puis c'est un lieu dans lequel la cure c'est une option de parmi d'autres mais déjà d'être en règle administrativement d'avoir voilà c'est papiers qui sont en ordre d'être en ordre de mutuelles de soins ça peut être aussi un relais pour trouver un hébergement de non pas d'urgence mais d'un peu de moyenne de moyenne durée que sont les maisons d'accueil d'ailleurs les logements d'urgence on le comprend ce sont des grands lieux de consommation de drogue c'est un vrai problème pour les pour les usagers c'est ce qu'il explique que même que dans les non justement en fait et beaucoup choisissent de dormir à la rue plutôt que d'aller en abris de nuit parce qu'ils ne peuvent pas consommer dans ces lieux là donc ils ont peur d'être en manque pendant la nuit et donc ils préfèrent dormir en rue plutôt que plutôt qu'à l'abri donc là du coup il ya plein de problématiques d'ordre médical quoi qui qui découlent de qui découlent de ça est-ce que les sujets ont été partout les mêmes dont les débats autour de ces salles de consommation alexandra candy langues et vous quand vous avez enquêté vous avez suivi cette salle en belgique il y avait beaucoup de débats en france il ya eu des tentatives et à chaque fois les mêmes débats alors même que les deux chiffres à l'appui on a vu que ça diminue et au moins de moitié les morts dans la rue et que vous le disions en introduction ça existe depuis la fin des années 80 et 86 je crois c'est ça la première en suisse donc c'est pas un c'est pas ce ne sont pas des lieux qui sont neufs il ya beaucoup de il ya beaucoup de données chiffrées qui permettent d'en évaluer le la nécessité quoi et les effets positifs la difficile la différence entre profond entre la salle de consommation de liège qui est encore à l'heure actuelle la sole de belgique et celle de paris par exemple c'est le la drogue qui est consommé c'est à dire que ans à liège c'est principalement l'héroïne qui est consommée en rue et la population extrêmement sensibilisé au problème la ville de liège et en étant à à la frontière avec l'allemagne et les pays bas donc c'est un dieu de trait un carrefour voilà et comme je le disais tout à l'heure le l'hérault est vraiment pas cher donc elle est très accessible du coup les riverains sont très très sensibilisée au problème et ils étaient eux-mêmes demandeurs de deux solutions et qui ne soit pas juste des mesures répressives ces solutions là ont plutôt porté leurs fruits du côté de la ville de liège voilà en tout cas c'est une décision politique qui va à l'encontre de la loi puisque la loi de 1921 en belgique n'autorise pas la création de tels gens de ce genre de lieu donc à vous expliquer pourquoi c'est parce que c'est une loi qui date de la période de l'opium voter une loi qui n'autorisait pas des lieux mais en fait en réalité elle n'a jamais été vraiment appliqué cette non et on est un siècle plus tard et la loi n'est toujours pas adapté donc voilà après il ya une particularité en politique quand même en belgique qui fait que c'est difficile de troncs de trouver un consensus entre entre les flamands et les francophones donc les flammes en étant très opposés l'introduction de ce genre de salle donc c'est une décision politique en fait et qui demande un certain courage qui décide qu'une salle sera sera créé à cet endroit dans les autres états il ya eu dans le portugal évidemment la suède la suisse qu'est ce qu'on peut dire justement de ses tentatives est ce que en france en écosse avec la politique en matière de drogues elles relèvent évidemment de londres qui est plutôt opposés aux salles de consommation ça pose aussi d'autres questions qu'est ce qu'on peut dire de l'évolution de ces salles en europe de manière générale c'est quand même curieux parce que ça il ya l'air d'avoir deux tendances très opposés si vous prenez portugal ils sont déjà beaucoup plus avancé il la discussion porterait plutôt sur la fourniture de drogue par par l'état donc pour pour contrer le commerce illégal de drogue donc parce que c'est déjà dépénalisé au portugal voilà mes donc ça va ça va très loin versus en france où vous en êtes à l'étape de construire des murs quoi c'est d'interdire la création de salles de consommation donc je ne sais pas mais les murs ont pas l'air d'avoir porté leurs fruits un quelconque niveau et là ce qu'on voit c'est repoussé repoussé repousser les usagers hors de la capitale et ne proposer aucune solution sinon des mesures de plus en plus répressive mais c'est ça s'appelle du déni en fait sa une refuse de regarder le problème en face c'est pas là de créer des murs et d'empêcher les consommateurs de de faire ce qu'il doit faire ça ne ça ne permet pas de réduire le problème a introduit une dimension morale un peu de ce qui est puni style relève de la loi de la criminalisation et c'est ce que montre votre documentaire gc des dragons c'est en réalité la frontière avec la pathologie en tout cas la dimension pathologique elle intervient vite à partir du moment où l'addiction est en place on est dans un carrefour entre la prise en charge sociale la psychiatrie l'addictologie alexandra candy longues et donc on est vraiment dans la prise en charge car il ya la diction introduit plein de deux corollaires quoi donc après ici alliage vous avez la question du sans abrisme qui est inhérente mais si vous vous avez des salles de consommation qui sont dans d'autres villes où il ya beaucoup de gens qui réussissent à conserver une une vie sociale professionnelle et a continué à consommer en même temps je pense que dans un alizé qui a été vite diffusé sur l'antenne y avait des consommateurs qui en témoigne d'ailleurs c'est pas ce n'est pas le cas des protagonistes que moi j'ai filmé en tout cas alors ça serait à l'intérieur du justement d'une sorte de chaînon politique enfin la salle serait là pour finalement s'introduire dans un système plus vaste politique de prise en charge la question de la toxicomanie en tout cas c'est là c'est la volonté en belgique c'est la honte et au portugal est ce que vous avez pu interroger même en off les personnes usagères que vous avez croisé sur ce sujet avec son arc en dix langues et en fait des usagers ils sont eux mêmes victimes des clichés dans le sens où ils les ont tellement intériorisé qu' il s' les renvois en permanence donc le lien un stéréotype qui dit que le le toxicomane ne veut pas arrêter il n'a pas la volonté d'arrêter donc salée les toxicomanes l'on montrait fort intériorisée et c'est source de beaucoup de culpabilité chez eux ce qu on pourrait essayer de faire c'est de déplacer la problématique quoi et de plutôt que d'entrer dans dans un cadre répressif et policiers déplacer la question de l'addiction du côté de la santé mentale et je pense pas que on dirait un schizophrène il a pas assez essayé d'arrêter d'être schizo quoi et voilà si cette frontière avec la psychiatrie qui a prise en charge médicalisée effectivement si vous commencez à envisager la toxicomanie comme de l'ordre de la santé mentale alors les lignes bougent dans votre tête et dans la façon dont ben dont vous vous faites une idée de ce que c'est la toxicomanie les toxicomanes quoi alexandre est conviée longue et merci beaucoup d'avoir été parmi nous aujourd'hui je rappelle le nom de votre documentaire chasser des dragons qui a été sélectionné dans plusieurs festivals dont celui du film politique de carcassonne on peut d'ores et déjà le découvrir sur la plateforme ou viau de la rtbf puis à partir du printemps sur la plateforme documentaires tels que notamment les missions d'aujourd'hui a été préparé par chouchane géré gayant à la réalisation vivian le cuivre à la technique ryan berki je vous rappelle que cette émission est disponible en réécoute et en podcast sur le sud site france culture.fr et sur l'application de radio france [Musique]
Gérard Longuet