"Si ça continue comme ça, c'est le SMIC qui va me rattraper" - Reportage C dans l'air 28.10.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On a beau lui dire que les prix ont cessé de flamber, dans son quotidien, rien n'a vraiment changé, à part peut-être le fait qu'elle redoute des hausses d'impôts. - Lorsqu'Angélique et ses enfants se font plaisir, c'est toujours en gardant les yeux rivés sur les étiquettes. - Attends!
Qu'est-ce qu'on regarde en premier? Regarde en bas. C'est combien, le prix au kilo? - Il a des yeux. - Là aussi.
Là, tu as des têtes de mort. - Là, il y a des yeux. - Pour alléger le montant de ses courses, cette adjointe administrative hospitalière multiplie les trucs et astuces. - Prend ceux à côté.
C'est la même chose, le même bac. Et c'est 1 euro moins cher. Pour moi, faire des économies, c'est être attentif tout le temps, regarder les petits points qui peuvent permettre de gagner un peu par-ci et un peu par-là. - Après 3 ans d'inflation, elle constate que les prix reculent doucement sur certains produits. - Pour la mâche, c'est le cas.
L'année dernière, elle était autour de 2,20 euros. Là, c'est en dessous de 2 euros. Il y a des baisses, mais l'équilibre n'est pas là entre la hausse des prix des dernières années et le peu d'augmentation de salaire...
Ce n'est pas à l'équilibre. Le budget courses, avant le covid...
Il y a 4 ou 5 ans, on était à 400-450 euros pour 4 personnes. Aujourd'hui, on est plus près des 500-600 euros. - Autre poste de dépense particulièrement important pour la famille: l'essence. - J'ai 2 heures de trajet par jour.
Ce n'est pas de la grosse distance...
Je fais environ 50 et 60 kilomètres par jour, mais malgré tout, ça reste un budget. - Après des mois à plus de 2 euros le litre, le prix du gazole a chuté. De quoi faire 20 euros d'économies par plein.
Une bonne nouvelle qu'Angélique espère pérenne. Selon elle, le gouvernement Devrait donner un coup de pouce en allégeant les taxes sur le carburant, qui représentent 60 % du prix. - C'est une des dépenses les plus nécessaires quand on est une famille classique.
C'est un poste de dépense qui peut être revu pour nous, et pas par le biais de chèques, de réduction de je ne sais pas quoi. C'est la pompe. - En cette semaine de vacances scolaires, la famille n'a pas les moyens de partir.
Pour occuper les enfants, il faut ruser. Ce jour-là, elle les emmène cueillir des pommes dans un verger. - Ca fait une sortie utile.
Ma fille aime vraiment ça. On a des produits frais, de qualité, pas chers. - Faire attention à tout, tout le temps... - On prend encore ces trois-là et on se sauve. - A 45 ans, Angélique est fatiguée de voir son pouvoir d'achat s'éroder.
Sa colère monte face à une classe politique qu'elle juge déconnectée. - Ils veulent faire 60 milliards d'économies. Messieurs les ministres, messieurs les sénateurs, messieurs les parlementaires, regardez le salaire que vous touchez.
J'ai 13 ans de boîte. Je travaille dans un hôpital. Je suis agente administrative.
Clairement, si ça continue comme ça, je vais rattraper le Smic. C'est plutôt le Smic qui va me rattraper. - La peur du déclassement malgré la baisse de l'inflation...
Selon un récent sondage, deux tiers des Français continuent de se serrer la ceinture chaque mois. - C.Roux: Il y a tout, dans ce reportage. - J.Fourquet: On voit bien le décalage entre les annonces un peu triomphalistes sur la jugulation de l'inflation.
L'inflation, c'est la hausse des prix. Ce n'est pas parce que les prix ont été cassés ou qu'ils sont revenus à des proportions raisonnables qu'ils...
Certains produits exceptionnels redescendent au niveau où ils étaient avant l'inflation. Tous les Français qui se serraient la ceinture se la serrent toujours aujourd'hui. Le gazole était monté jusqu'à 1,90 euro.
Il est un peu redescendu. On a des habitudes qui ont été prises durablement par des millions et des millions de familles. Connaître au centime près le prix de tel ou tel produit alimentaire, chercher les cordes de l'économie, aller récupérer ses fruits et légumes chez un producteur, aller dans un certain type d'enseigne...
Certains téléspectateurs ont reconnu, à la façon dont sont agencés les produits, dans quelle enseigne cette famille fait ses courses. - C.Roux: Elle envoie un message au gouvernement. 60 milliards d'économies, elle rigole.
Elle n'y croit pas. - J.Fourquet: Elle dit que c'est à eux qu'on va le demander, à la fois en tant que consommatrice et en tant que salariée avec cette formule: "Je vais finir par être rattrapée par le Smic." Le Smic indexé sur l'inflation...
Il y a des salaires qui sont aujourd'hui très voisins du nouveau niveau du Smic, avec cette double idée de déclassement. "Je ne peux plus m'acheter de la marque. Je suis quasiment au niveau du Smic.
Je suis devenu smicarde." - C.Roux: Avec ce chiffre, du rapport du Conseil économique et social, publié le 23 octobre. ...
Le Cese estime que c'est considérable et très préoccupant. Ce reportage doit trouver un écho dans de nombreux foyers. Tout ça se déroule sur fond de débats budgétaires. - F.Guinochet: Le petit message: "Ce n'est pas avec les chèques." "Vous nous envoyez des chèques pour colmater, mais le problème, c'est que mon travail ne me permet pas de vivre correctement." C'est le vrai sujet des travailleurs pauvres en France.
Le gouvernement essaie de s'y attaquer avec un système d'exonérations, de cotisations assez complexe, pour inciter les employeurs à augmenter les salariés pour qu'ils ne restent pas tout le temps au Smic. Ce reportage...
C'est vraiment l'inflation. L'inflation ralentit. Elle ne s'arrête pas.
La hausse des prix...
C'est difficile...
Le prix de l'énergie s'améliore, mais sur les mois à venir, c'est difficile de dire que ça va encore descendre. Vous prenez les marges des distributeurs...
En ce moment, on va rentrer dans la négociation habituelle, traditionnelle, annuelle, entre les producteurs et les grandes enseignes. Les grandes enseignes voient arriver à l'Assemblée la surtaxe. Elles sont toutes concernées par le 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires à faire.
Elles vont négocier au plus près. Je ne pense pas qu'elles baissent les prix. Elles vont se dire: "Soit on garde les mêmes tarifs, soit on les augmente." Cette taxe sur les grandes entreprises, ça se traduit...
Toutes les grandes enseignes ont fait des centaines de millions d'euros. "Dans mon budget de l'année prochaine, je vais avoir 500 millions d'euros à sortir pour payer cette surtaxe, même si elle est temporaire. J'ai intérêt à serrer au plus dur." - C.Roux: On ne sait pas si elle sera temporaire. - F.Guinochet: Vous voyez l'état d'esprit.
Les mutuelles font la même chose. Elles se disent qu'il y a un transfert de charges
Jean-Pierre Bataille