Réouverture des terrasses, relance économique, nouvelle tribune de militaires... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour. Dans 9 jours précisément, nous tenons les comptes, les commerces, les terrasses surtout, des bars et restaurants vont rouvrir, les lieux de culture également. Cette date d'abord, elle est confirmée ?
Oui, la date est confirmée. D'ailleurs, les chiffres sanitaires vont dans la bonne direction. Donc ça permet effectivement de confirmer la date du 19 que nous attendons tous, je crois, avec beaucoup d'impatience. Pour tout le territoire. Pour tout le territoire.
Est-ce que ça veut dire que c'est aussi la fin programmée du quoi qu'il en coûte ? Est-ce que ça veut dire qu'il va falloir retirer les perfusions qui aident l'économie française à survivre ?
Ça veut dire qu'il faut faire évoluer, comme nous le faisons depuis maintenant plus d'un an, depuis mars 2020, les dispositifs. Et faire évoluer à chaque fois notre stratégie de réponse à la crise. Nous avons protégé, ensuite nous avons relancé. Maintenant, il faut accompagner et puis peut-être investir aussi sur le long terme. Mais le maître mot aujourd'hui, c'est l'accompagnement. Il y a trois dispositifs que nous allons maintenir pour l'accompagnement de tous les secteurs qui restent en difficulté. C'est le fonds de solidarité. C'est l'activité partielle.
Et si on en parle peu, mais c'est très important pour notamment les commerçants, les restaurateurs, les bars, c'est les exonérations de charges. Donc sur le fonds de solidarité, on va le rendre ouvert à partir de début juin à tous les restaurateurs, tous les bars, tous les hôteliers, tout ce fameux secteur S1 et S1 bis qui est lié au tourisme. C'est aussi la culture, c'est aussi le sport, quel que soit leur niveau de perte de chiffre d'affaires. Donc ça, c'est un point très important. Avant, pour avoir accès à ce fonds, il fallait perdre 50% de son chiffre d'affaires.
Aujourd'hui, si un restaurateur ouvre, il ouvre sa terrasse, il ne va perdre peut-être que 20, 25, 30% de son activité, il sera éligible au fonds de solidarité. Donc on va l'accompagner au mois de juin, au mois de juillet, au mois d'août, en pourcentage de perte de son chiffre d'affaires par rapport à 2019. Et puis il y aura une clause de rendez-vous à la fin du mois d'août pour voir exactement où il en est et s'il y a besoin de soutien complémentaire ou si on peut arrêter le soutien.
Parce que vous devez l'entendre, plusieurs restaurateurs disent aujourd'hui que ce ne serait pas rentable pour eux de rouvrir uniquement les terrasses. Vous, ce matin, vous leur dites, si, il faut impérativement rouvrir.
Exactement, vous avez parfaitement raison, c'est le point clé. Incitation au travail, incitation à l'activité. On leur dit, mais rouvrez, rouvrez dès le 19 mai, puisque de toute façon, le fonds de solidarité, sur l'intégralité du mois de mai, il sera préservé. Rouvrez en juin et poursuivez votre activité en juin, parce que, quelle que soit votre perte de chiffre d'affaires, il y aura une indemnisation et il y aura une prise en compte. Tout le dispositif a été pensé. Ce sera au prorata de la perte du chiffre d'affaires entre juin 2021 et juin 2019, juillet 2021, juillet 2019, août 2021, août 2019. Avec un maître mot, vous l'avez parfaitement compris, inciter à la reprise d'activité.
Rien ne serait pire que de maintenir des dispositifs qui, dans le fond, seraient plus rentables si on ne reprend pas l'activité, plutôt que de reprendre l'activité. C'est la même philosophie sur la prise en charge des cotisations salariales. Aujourd'hui, nous prenons ces cotisations salariales en charge à hauteur de 20%. Nous maintiendrons une prise en charge, le taux n'est pas encore décidé, sur les mois de juin, juillet, août. Pourquoi ? Pour inciter les restaurateurs, les hôteliers, le monde de la culture, le monde sportif à embaucher, à prendre des jeunes, à faire une place à tous ceux qui sont aujourd'hui sur le marché du travail et qui cherchent une activité.
Maintenir la prise en charge des cotisations salariales à un taux qui reste à définir, c'est là aussi inciter au travail, inciter à la reprise d'activité et favoriser l'emploi de tous ceux qui, aujourd'hui, cherchent un travail.
Alors, malgré le maintien de ces aides jusqu'au mois de juillet, nombreux sont les commerçants qui demandent à pouvoir travailler aussi le dimanche, rouvrir tous les dimanches pour rattraper le retard perdu. Vous leur dites quoi ?
Que je suis favorable à ce qu'on fasse preuve de souplesse sur les ouvertures du dimanche, que nous allons regarder ça avec Elisabeth Borne, mais c'est une demande qui me paraît parfaitement légitime. Enfin, moi, je me mets à la place de tous ces commerçants dans l'habillement, dans la chaussure, qui ont perdu énormément de chiffre d'affaires pendant ces mois de fermeture. Ils veulent redémarrer, ils veulent redémarrer vite, ils veulent redémarrer fort. Et surtout, tous ceux qui veulent travailler doivent pouvoir travailler. Et tous ceux qui reprennent le travail doivent avoir une incitation à reprendre le travail.
C'est vraiment la philosophie qui nous a guidés dans la définition de cet accompagnement avec le Premier ministre Jean Castex et avec le président de la République.
M. Paul de Le Maire, pour qu'on soit clair, les aides que vous venez de nous annoncer, cet accès au fonds de solidarité, au prorata des pertes entre juin 2021 et juin 2019, c'est bien ça ? Tout à fait. Ce sont uniquement pour les restaurateurs ou est-ce que ce sont des aides qui sont ouvertes à tous les commerces, voire au musée ou au cinéma ?
Je vais être très précis, c'est ce fameux secteur S1 et S1 bis, je ne vais pas faire la liste, c'est tous les secteurs qui sont liés au tourisme. Pour faire de manière très générale, le secteur de la culture, le secteur du sport, ça pourrait être un cinéma, ça pourrait être un théâtre, ça pourrait être un restaurant, un bar, un hôtel, une salle de sport. Donc tous ces secteurs-là seront accompagnés dans la reprise d'activité avec une incitation à reprendre leur activité. Il y aura également, et on en a parfaitement conscience, parce que nous faisons du sur-mesure, des activités qui ne vont pas pouvoir reprendre tout de suite.
Je pense en particulier au secteur de l'événementiel, et je veux le citer parce que c'est des milliers de PME, de très petites entreprises, de gens qui font du son, de l'installation, des foires, des salons. Tout ça ne va pas reprendre avant le mois de septembre. Donc il faudra un dispositif spécifique, en particulier pour l'événementiel. Nous y travaillons, je les ai déjà reçus la semaine dernière, je les recevrai sans doute à nouveau dans la semaine pour qu'on ait un dispositif spécifique. pour ces secteurs qui, de toute façon, au mois d'été, tournent à vide.
Donc ils ont besoin d'un accompagnement pour les projeter jusqu'au mois de septembre, au moment où ils vont reprendre réellement leur activité.
Et quelles sont les pistes qui sont envisagées, puisque vous avez déjà entamé les discussions avec eux ?
Pour l'instant, rien n'est encore définitivement calé. C'est très compliqué, je ne le cache pas. Mais je veux dire à tous les acteurs de l'événementiel qui nous écoutent, nous vous trouverons une solution. Nous faisons du sur-mesure, et nous avons parfaitement conscience que pour eux, il faut pouvoir enjamber ces mois d'été, où de toute façon, il y a très peu de foires, très peu de salons, très peu d'événementiel.
On va parler dans un instant aussi des difficultés d'embauche pour les restaurateurs qui ont parfois du mal à trouver des bras pour venir travailler dans leur restaurant. Juste un mot sur le chômage partiel. Le dispositif de compensation, il va aussi être levé petit à petit.
Il sera aussi, Elisabeth Borne y a travaillé, nous irons travailler ensemble, il sera aussi maintenu au mois de juin, juillet, août, avec une prise en charge, là encore je ne vais pas donner les taux, qui sera dégressive pour inciter à la pleine reprise d'activité, mais nous maintiendrons une prise en charge partielle de l'activité partielle, de façon à accompagner les restaurateurs et tous ces secteurs S1 et S1 bis dans la reprise d'activité.
On va continuer avec vous de parler du déconfinement, Bruno Le Maire, de l'accompagnement de la reprise économique, juste après un coup d'œil sur le fil info à 9h20 avec Mélanie Delonnet.
Ils ont été arrêtés à un péage de l'autoroute A9 à 20 km d'Avignon. Trois suspects interpellés hier soir dans l'enquête sur la mort du policier tué par balle dans le Vaucluse. Les syndicats de policiers ont rendez-vous aujourd'hui à Matignon. Les terrasses rouvriront bien le 19 mai partout en France. Olivier Véran le confirme ce matin, les conditions le permettent, indique le ministre de la Santé, la pression sur nos hôpitaux diminue. D'ici là, l'objectif, c'est 20 millions de personnes vaccinées contre le Covid à la fin de la semaine. Les plus de 50 ans peuvent désormais recevoir une injection sans condition.
Et puis à partir de mercredi, pour ne pas gâcher de dose, tous les plus de 18 ans seront éligibles, mais seulement pour les créneaux vacants la veille pour le lendemain. Au lendemain de marche pour le climat, les sénateurs s'emparent du texte pour inscrire la lutte contre le réchauffement dans la Constitution. Il faut que le Sénat et l'Assemblée se mettent d'accord sur un même texte pour pouvoir organiser un référendum.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie, il manque 100 000 personnes dans les restaurants, les bars. C'est ce que nous disent les restaurateurs. Ils n'arrivent pas à embaucher parce qu'ils ne trouvent pas les bras. Tout simplement, les serveurs n'ont pas évaporé, mais sont partis dans d'autres secteurs bien souvent. Comment faire pour recruter ?
Déjà, c'est la preuve que les problèmes en sortie de crise ne sont pas exactement là où on les attendait. La réalité, c'est que la croissance repart bien en France, 0,4 au premier trimestre. Donc nous avons retrouvé le chemin de la croissance. Et je pense que nous aurons une croissance forte en 2021. L'emploi salarié redémarre. Pour la première fois, il redémarre dans l'industrie. Il y a eu près de 5 000 emplois industriels qui ont été créés en France, dans un pays qui a massivement délocalisé. Nous sommes en train de réussir la relocalisation industrielle dans notre pays. Mais en revanche, il y a deux problèmes essentiels. Le premier, c'est celui du recrutement.
Beaucoup d'entreprises, c'est vrai dans la restauration, c'est vrai dans l'industrie agroalimentaire, c'est vrai dans le bâtiment. Peine à recruter. Donc nous allons faire des propositions qu'il y a à Elisabeth Borne pour qu'on puisse accélérer formation, qualification, accès au travail dans ces métiers qui sont absolument essentiels.
Mais là, c'est tout de suite qu'ils cherchent, les restaurateurs.
Mais c'est tout de suite que nous travaillons. Et tout de suite, nous allons apporter des réponses, je vous rassure. Et puis, il y a un deuxième problème qui devient important pour beaucoup de PME en France, notamment dans le bâtiment et les travaux publics, c'est le prix des matières premières. Parce que comme ça redémarre fort en Chine, aux Etats-Unis, et que ça commence à redémarrer fort et bien en Europe, bien sûr des matériaux comme l'aluminium, l'acier, le bois, le zinc, vous avez aujourd'hui une flambée du cours des matières premières, voire des problèmes d'approvisionnement.
Parce que l'économie est en train de basculer vers des produits différents, avec des demandes de matières premières différentes. Là aussi, c'est la preuve qu'il faut réussir des relocalisations industrielles, garantir notre autonomie et notre indépendance.
Alors qu'est-ce qu'on va faire face à ça, face à cette inflation ?
Tout ce que nous faisons, par exemple, sur les batteries électriques, vise à garantir notre indépendance sur l'ensemble des matériaux. Ce que nous faisons sur les conducteurs, sur les semi-conducteurs, vise à réduire notre dépendance vis-à-vis de Taïwan et vis-à-vis de l'Asie sur les semi-conducteurs. Parce que si vous voyez bien, ça redémarre, les industries automobiles peuvent redémarrer vite dans les mois qui viennent. Mais si vous n'avez pas de semi-conducteurs, c'est les usines de Sochaux et d'ailleurs qui vont tourner moins bien et moins vite parce que nous manquons de matières premières.
Et ça, c'est du moyen à long terme, comme on fait à court terme.
Mais nous sommes là aussi, si je peux me permettre, pour préparer le moyen à long terme. Je pense même que la responsabilité politique aujourd'hui, c'est justement de projeter le pays dans le long terme. Et de lui expliquer, oui, c'est difficile, oui, il y a une crise. Mais regardez, on est en train d'en sortir, la croissance est de retour. Et surtout, nous vous préparons sur le long terme à un pays dont l'économie va être plus forte, plus compétitive et plus verte. Donc les motifs d'espoir en sortie de crise, pour moi, ils sont considérables.
5% de croissance cette année et vous espérez un retour au niveau économique d'avant-crise en 2022.
J'étais très transparent sur les objectifs que nous fixons en matière économique. Et c'est sur ces objectifs que je veux être jugé. 5% de croissance en 2021. Et le retour à l'activité de 2019, c'est-à-dire avant-crise, dans le premier semestre de 2022. C'est ça, nos objectifs avec le Premier ministre et le Président de la République. Ça permet de fixer un objectif économique pour l'ensemble de la nation française.
Bruno Le Maire a un mot sur le plan de relance européen qui a été voté en juillet dernier, il y a 10 mois. On attend toujours les 40 milliards qui doivent nous être attribués. Quand allons-nous voir la couleur de l'argent ?
Alors on va avoir les premiers 5 milliards, un peu plus, entre maintenant et au plus tard, le début du mois de septembre. Et pour moi, c'est vraiment la date limite.
Pourquoi ça met autant de temps ?
Parce que les procédures sont trop longues. Il ne faut pas jeter la pierre à l'un ou à l'autre. La réalité, c'est que les procédures européennes sont beaucoup trop complexes et beaucoup trop longues. Il faudra en tirer les leçons. On ne peut pas avoir un plan de relance qui est adopté en juin ou juillet 2020, avec une vraie révolution historique qui est la levée de dettes en commun obtenue par le Président de la République et la chancelière, et avoir les premiers dégassements 14 ou 15 mois plus tard. Voilà, il faut simplement faire le bilan de tout cela.
Je pense que l'Europe nous a bien protégés économiquement, que grâce à la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne, on a pu lever l'argent nécessaire pour faire face à la crise. Ça, c'est l'aspect très positif. Mais dans le négatif, il y a la lenteur, la complexité européenne, qui suscitent une irritation profonde et qui, en plus, ne sont pas efficaces économiquement. Il faudra y remédier.
Dans son interview à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron avait dit vouloir inventer un deuxième temps de la relance. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va y avoir un deuxième plan de relance ?
Non. Je vais être très clair là-dessus. La relance, c'est maintenant. Enfin, pardon, mais ça n'a pas de sens. C'est un plan d'investissement, alors. La relance, c'est au moment où on sort de la crise. Et quand vous regardez ce que nous avons fait, nous avons été un des premiers pays européens à déposer notre plan de relance, un des premiers pays européens à décaisser ce plan de relance. À l'heure où je vous parle, il y a plus de 30 milliards d'euros de notre plan de relance qui ont déjà été engagés, c'est-à-dire un tiers. C'est un vrai exploit que je tiens à saluer, qui tient au travail des communes, des élus locaux, de l'administration. Mais la relance, c'est maintenant.
Alors ça veut dire quoi, un deuxième temps de la relance ?
En revanche, la question qui peut se poser, c'est de savoir s'il faut un plan d'investissement sur le long terme. En se disant, nous allons retrouver en 2022, comme je vous le disais au premier semestre, le niveau d'activité de 2019, est-ce qu'on ne peut pas essayer de faire mieux ? Est-ce qu'on ne peut pas essayer d'avoir un niveau d'activité encore supérieur à celui de 2019 ? C'est-à-dire avoir une économie plus productive, plus compétitive, qui crée plus de croissance et surtout plus de respect de l'environnement, plus de décarbonation.
Est-ce qu'il ne faut pas remettre de l'argent, pour être très concret, sur l'hydrogène, sur l'intelligence artificielle pour gérer les flux d'électricité, sur le calcul quantique, sur tout ce qui permettra à la France de rester dans la course technologique ?
Mais ça, c'est discuté en ce moment ? Pour moi, ça a deux sens.
D'abord, que si on fait un bilan précis, approfondi de ces politiques qui pourraient être utiles, à la demande du président de la République, nous le ferons cet été. C'est la première condition. La deuxième condition, c'est qu'on soit capable de faire des choix. On ne peut pas disperser l'argent partout, sinon on arrose le sable. On a fait le choix de l'hydrogène, c'est très bien. Peut-être qu'il faut aller plus loin sur les piles à combustible, sur les valves, sur un certain nombre de composants de ce choix industriel que nous avons fait. C'est la deuxième condition. Sélectionner pour être efficace. Et la troisième condition, c'est que ce soit décidé aussi au niveau européen.
Parce que vous voyez bien que ce qui fait le succès des batteries électriques, c'est qu'il y a plusieurs pays européens qui sont dedans. Ce qui fait le succès de notre stratégie hydrogène, c'est qu'il y a plusieurs pays européens qui sont dedans. Ce qui fait notre succès dans le spatial et dans les lanceurs, c'est qu'il y a plusieurs États européens.
Donc le plan d'investissement peut être en partie européen ?
Mais il doit forcément entraîner d'autres pays européens. Sinon, soyons très clairs, pour réussir une stratégie hydrogène, une stratégie sur les lanceurs spatiaux ou sur l'intelligence artificielle, il faut qu'on rassemble nos forces. Donc c'est les trois conditions pour moi d'un succès, d'un plan d'investissement en septembre. Une analyse approfondie des besoins cet été. En deuxième lieu, une sélection, pour ne pas disperser l'argent. Et en troisième lieu, des partenaires européens qui participent à ce plan d'investissement.
Alors vous saluyez, il y a quelques instants, les collectivités locales qui trouvent pourtant la crise très chère à leurs yeux. Écoutez ce qu'en disait le président du Sénat, Gérard Larcher, qui était l'invité du 830 France Info il y a quelques jours.
Je vais prendre l'exemple de ma propre commune. Le cours pour 20 journées, c'est 80 000 euros. Pour la vaccination, s'il n'y avait pas les collectivités territoriales, on ne s'en sortirait pas comme aujourd'hui, je crois, nous sommes en train de nous en sortir. C'est un sujet dont on débattra au Sénat, je le dis, puisque nous aurons un projet de loi de finances rectificative. On ne pourra pas laisser à l'abandon financier les collectivités territoriales qui, elles, n'ont pas abandonné les citoyens.
Est-ce que vous êtes en train de laisser à l'abandon financier les collectivités ?
Je suis en train de permettre, Gérard Larcher, le président du Sénat, fait de la politique, c'est son droit. Je partage son constat sur le rôle des collectivités locales. Elles ont joué un rôle essentiel dans cette crise. Je le vois dans la commune d'Evreux, dans les communes de ma circonscription. En revanche, dire qu'on a laissé à l'abandon les collectivités locales, c'est tout simplement inexact.
Elles disent qu'elles ont trop dépensé, que ça fait un trou dans la...
Mais ils ne les ont pas laissé à l'abandon. Nous les avons soutenus en compensant leurs pertes financières. Je pourrais vous faire la liste de collectivités locales. Nous avons pris en charge leurs pertes financières. Les communes touristiques ont perdu, par exemple, l'argent des parkings. Ça représente beaucoup d'argent. On a fait une compensation financière. Et sur le sanitaire, nous avons apporté 215 millions d'euros aux communes, sur les masques, pour prendre en partie les centres de vaccination, les coûts des centres de vaccination. Est-ce qu'il faut faire plus ? Est-ce qu'il y a des trous dans la raquette ? Est-ce qu'il manque quelque chose ici ou là ?
Peut-être, mais dans le débat public. Il ne faut pas vouloir forcer le trait à l'excès, parce que sinon, c'est tout le débat public qui est abîmé. Dire qu'on a laissé à l'abandon les collectivités locales, c'est tout simplement inexact.
Parce que le gouvernement prévoit 50 000 euros pour 6 mois. C'est ce qui est prévu pour aider les collectivités territoriales. Si on prend l'exemple de Colmar, 100 000 euros par mois, c'est ce qui a coûté à la ville pour assurer le fonctionnement d'un centre de vaccination. Vous voyez bien que les proportions ne sont pas les bonnes.
Bien sûr, mais nous sommes tout à fait prêts à regarder si les compensations, à chaque fois, ont été suffisantes. Je pense qu'elles l'ont été sur les pertes de recettes fiscales, sur les pertes de recettes liées au manque d'activité touristique. Nous l'avons fait aussi pour les accompagner sur les questions sanitaires, contrairement à ce que dit le président du Sénat. S'il y a ici ou là des besoins supplémentaires parce que le soutien n'aurait pas été suffisant, je crois que nous avons toujours répondu présent.
Toujours, toujours, toujours. Que dites-vous au tiers des communes qui a prévu d'augmenter les impôts ?
C'est leur choix, mais je pense vraiment que c'est un mauvais choix. C'est un mauvais choix pour leurs habitants, pour leurs citoyens, d'abord parce que nous compensons et en plus parce que chacun sait que la pression fiscale en France est la plus importante des pays développés. C'est une impasse, l'augmentation des impôts pour le pays.
La disparition de la taxe d'habitation, elle est compensée encore aujourd'hui par l'État ?
Bien sûr, mais c'est comme... Il n'y a pas de raison d'augmenter les impôts locaux. Mais regardez, nous avons fait des choix, et vraiment, j'en appelle à la responsabilité de chacun. Nous avons baissé de 10 milliards d'euros les impôts de production au 1er janvier. Nous créons des emplois industriels. Nous sommes en train de réussir des relocalisations industrielles, par exemple sur les véhicules électriques avec Stellantis et avec Renault. Il faut savoir ce qu'on veut. Est-ce que l'on veut, oui ou non, que la France reste une grande nation industrielle ? Ma réponse est oui. Et je suis persuadé que c'est possible.
Ça veut dire baisser les impôts de production et compenser à l'europrès ce que nous faisons, la perte de recettes fiscales pour les collectivités locales. Mais si les collectivités locales, alors que nous leur compensons cette perte de recettes, réaugmenter les impôts de l'autre côté, je pense que c'est un mauvais calcul.
Bruno Le Maire, vous restez avec nous. On jette juste un coup d'assurance de fil 1 fois 9h10 avec Mélanie Delonnet.
Avant le pont de l'ascension, une nouvelle étape s'ouvre dans la vaccination contre le Covid. Tous les plus de 50 ans désormais éligibles. Accélération des injections, décrue de l'épidémie. Les chiffres sanitaires vont dans le bon sens. Dans la bonne direction, les terrasses rouvriront bien le 19 mai partout en France, confirme le gouvernement ce matin. Quant aux commerçants qui veulent ouvrir le dimanche, sur France Info, le ministre de l'économie Bruno Le Maire s'est dit favorable à ce qu'on fasse preuve de souplesse. Ce sont 3 hommes qui ont été arrêtés dans l'enquête sur le policier tué à Avignon.
Le tireur présumé un complice et le chauffeur du véhicule interpellé au péage d'une autoroute qui mène vers l'Espagne, quelques heures hier soir après un rassemblement en hommage aux brigadiers à Avignon. A Jérusalem, après un week-end de tensions, des affrontements en cours ce matin sur l'esplanade des mosquées, il y a des centaines de blessés selon le croissant rouge palestinien. On va y croire jusqu'à la fin sur le capitaine du Paris Saint-Germain après un match nul. Arène, le PSG est maintenant à 3 points de Lille à 2 journées de la fin du championnat de Ligue 1. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Laurent Sénéchal.
Toujours avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire. Deux tribunes de militaires en moins d'un mois dans Valeurs Actuelles qui décrivent donc un état en délitement et qui menacent d'intervenir en cas d'insurrection civile. Ils ont raison de s'exprimer, ces militaires toujours actifs ?
Non, je pense qu'ils n'ont pas raison de s'exprimer et que d'ailleurs ils dénoncent la perte de sens civique, l'affaiblissement des institutions, mais ils y participent puisqu'ils publient des tribunes, ce qui ne me semble pas la vocation en première des armées. Par ailleurs, toutes ces tribunes, c'est des coups d'épée dans l'eau. Ils enfoncent un certain nombre de portes ouvertes. Oui, il y a un islam politique en France. Ça fait des années que nous le dénonçons. Oui, cet islam politique peut gangrener et affaiblir la société française. Nous le savons et nous le combattons avec le président de la République.
Mais oui, il dénonce le laisser-faire des autorités.
Donc faites partie. Mais il n'y a aucun laisser-faire. Il y a eu une prise de conscience de beaucoup de responsables politiques depuis des années. D'autres responsables politiques qui ne veulent pas voir la réalité en face. Mais nous le disons, nous le combattons et nous le condamnons. Il y a un islam politique qui effectivement fragilise et détruit notre société française. Il y a un besoin de rappeler notre histoire, notre mémoire, la langue française. Mais c'est ce que nous défendons avec le président de la République là aussi depuis près de 4 ans. Donc pour moi, c'est un coup d'épée dans l'eau. Ça n'apporte absolument aucune solution. C'est contraire à ce qu'on attend des militaires.
Et je vais vous dire, ce qui me choque le plus, parce que comme tout cela n'apporte aucune solution et dans le fond ne fait reprendre sur beaucoup de thèmes que la rhétorique de l'extrême droite, ce qui me blesse le plus, très profondément, c'est que ça abîme une partie de nos armées.
Et pour quelqu'un qui a, comme moi, un attachement si profond aux armées françaises, qui considère qu'elles ont fait la grandeur de notre pays, que le sang a été versé pour protéger notre territoire, nos valeurs, ce à quoi nous croyons depuis des siècles, qui aujourd'hui voit nos jeunes de 20, 22 ans sur le terrain, je les ai encore vus à Gao, en Côte d'Ivoire sur le terrain dans cette base militaire qui se trouve en Côte d'Ivoire et qui est la base arrière de nos opérations militaires au Mali. Ils risquent leur vie. Eux, ils se taisent. Eux, ils disent rien. Eux, ils ont les armes à la main, ils sont sur le terrain et ils vont combattre les islamistes.
C'est cette armée-là que j'aime, c'est cette armée-là que je respecte, c'est cette armée-là qui a fait la grandeur de notre histoire et certainement pas ces quelques poignées de militaires qui ont jugé, bon, sous le couvert de l'anonymat de reprendre la rhétorique de l'extrême-droite.
Vous dites qu'elles reprennent la rhétorique de l'extrême-droite. Ils ont d'ailleurs le soutien de Marine Le Pen. En tout cas, elle soutenait la première tribune, celle des généraux. Mais elle va soutenir
la seconde, je vous rassure.
Vous y voyez la main de Marine Le Pen ?
Et sans doute la troisième et sans doute la quatrième et sans doute la cinquième. Mais tout cela n'est pas conforme à l'idée que je me fais des armées françaises. Tout cela n'est pas conforme à l'idée que je me fais de l'esprit public et je voudrais avoir un mot de soutien, d'amitié pour tous ces militaires qui doivent lire avec consternation ces tribunes et qui disent mais franchement, ce n'est pas le sujet. Nous, nous sommes la colonne vertébrale de ceux qui protègent la France et nous entendons bien le rester.
Salut à Barclay.
Bruno Le Maire, les Républicains sont en train de devenir un parti satellite du RN. C'est ce qu'a dit le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, hier. Est-ce que vous êtes du même avis, vous qui étiez membre des Républicains ?
Je crois surtout qu'il y a eu une clarification qui s'est faite au fil des années mais qui n'est que le produit de cette décision qui a été prise en mai 2017 de ne pas choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Quand on met un trait d'équivalence entre Emmanuel Macron et le Front National, c'est ça le péché originel des Républicains dont ils ne se remettront jamais. Je le dis là aussi depuis des années. Il y a deux droits
qui sont réconciliables aujourd'hui ?
Bien sûr, mais ils ne se remettront jamais de ce péché originel d'avoir mis un signe égal entre le Front National et Emmanuel Macron. Et tout ce qui se produit depuis n'est que la lente clarification de ce péché originel. Il y a ceux qui disent bah oui, dans le fond, le Front National ce n'est pas si grave que ça. Il n'y a qu'une différence de gouvernance entre nous mais il n'y a pas de différence de fond. C'est Eric Ciotti qui a dit ça d'écuter des États-Unis. Mais c'est lui et puis c'est d'autres. Certains qui s'allient avec M. Dupont-Aignan qui devait être Premier ministre de Marine Le Pen. Certains qui reprennent les discours et la rhétorique de Mme Le Pen.
Ça c'est en Bourgogne, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et puis il y a une autre partie, les Christian Estrosi, les Renaud Muselier et tant d'autres. Je vois beaucoup de maires qui...
Renaud Muselier est toujours membre du parti. Christian Estrosi l'a quitté. Hubert Falco aussi, maire de Toulon, l'a quitté.
Oui mais Valérie Pécresse l'a quitté aussi. Xavier Bertrand l'a quitté aussi. Donc vous avez toute une partie des Républicains qui dans le fond, eux, continuent à faire la différence entre un parti de gouvernement et le Front National. Le Front National et cette tribune des militaires leur appellent reste le Front National. C'est-à-dire fondamentalement pour moi, le parti de la capitulation et contrairement à ce qu'il dit, un parti qui n'aime pas la France.
Vous dites sa tribune des militaires. C'est celle du Front National.
Mais je reconnais dans cette tribune la rhétorique du Front National. Cette rhétorique complotiste, cette rhétorique qui dit qu'il y a la guerre civile, que nous sommes au bord de la guerre civile, ça n'est pas la réalité de la France aujourd'hui. Qu'il y a des difficultés, oui. Qu'il faille les affronter, oui. Que l'islam politique soit un péril pour notre pays, oui. Qu'il faille sans cesse rappeler la mémoire de notre nation, notre histoire, notre langue qui nous rassemble, certainement. Mais ce que je vois aussi dans mon pays, c'est une énergie absolument formidable.
La volonté de s'en sortir, une capacité à se redresser, une capacité d'innovation et de solidarité tout à fait exceptionnelle. Moi, je crois dans la France. Et c'est ce qui me sépare fondamentalement du Front National. Le Front National ne croit pas dans les capacités de la France. Moi, je crois fondamentalement que nous allons sortir plus forts de cette crise. Je l'espère plus solidaires et avec un modèle économique qui sera en tout cas plus efficace, plus juste et plus vert.
Merci beaucoup. Bruno Le Maire, ministre de l'économie. Bonne journée à vous.
Bruno Le Maire