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interviewC à vous (sur YouTube)· 26 février 2026 10 min

Suède : un drone neutralisé près du Charles de Gaulle - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

- B.Chameroy: Votre famille vous regarde. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.

Voici l'édito de Patrick. - A.-E.Lemoine: Un drone neutralisé hier près du porte-avions Charles-de-Gaulle. - P.Cohen: Le bâtiment majeur de la Marine nationale, le seul navire de guerre à propulsion nucléaire d'Europe occidentale, le Charles-de-Gaulle mouille actuellement en Suisse.

En Suède. Il est amarré dans le port de Malmo en vue d'un exercice stratégique. Hier, un drone à été vu s'approchant du porte-avions, à environ 10 km, d'après l'état-major de l'armée, qui a communiqué tout à l'heure, c'est un drone d'origine inconnue.

D'après la télévision suédoise, ce drone a décollé d'un navire russe. Il a été repéré par les forces armées suédoises, qui ont déclenché une opération de brouillage. Le drone a disparu.

On ne sait pas s'il est retourné au navire russe ou s'il s'est abîmé en mer. Pour l'état-major des armées, qui a confirmé l'information, ça montre que le dispositif de sécurité suédois a parfaitement fonctionné. - A.-E.Lemoine: Les drones, toujours au coeur du conflit ukrainien. - P.Cohen: Des engins omniprésents et déterminants sur le champ de bataille, comme dans aucun autre conflit armé jusqu'ici.

La guerre en Ukraine a imposé le drone comme une pièce maîtresse. La Russie les utilise massivement et quasi quotidiennement contre l'Ukraine, pour détruire des installations civiles et semer la terreur de la population. Les images que vous allez découvrir datent de la nuit dernière.

Elles nous viennent de Kharkiv et de Zaporijia, avec de lourdes destructions et des dizaines de blessés au moyen, d'après Zelensky de 39 missiles et de 420 drones. La Russie alimente la guerre par des armées bon marché et produits en quantité industrielle. - A.-E.Lemoine: Ils sont bon marché? - P.Cohen: On ne sait pas à quel coût la Russie les fabrique.

Ils sont responsables de 80 % des dommages sur le terrain. La France est capable d'en fabriquer à moins de 1000 euros pièce. Il y a quelques jours, le ministère des Armées a expliqué que les industriels avaient réussi le défi lancé par les pouvoirs publics, produire en un an 1000 drones à moins de 1000 euros. - On a eu l'idée de l'exercice Orion 26, en se disant que c'était l'occasion d'utiliser l'usage des drones à grande ampleur.

Quand on achète un drone à 1000 euros, c'est pas cher. En multipliant les commandes par mille, on change de référentiel. Pour cet exercice, nous avions un enjeu de coûts.

Les drones d'exercice qu'on voit en Ukraine, ils sont très souvent sacrifiés. - P.Cohen: Dans la foulée, la France et 4 autres pays européens, Royaume-Uni...

Je l'inclue sur le continent...

Allemagne, Italie et Pologne présentaient un programme de développement pour la fabrication de drones à bas coûts. Il faut surtout les produire vite et en masse. Un millier de drones, c'est à peu près ce que l'armée ukrainienne consomme en 1 ou 2 jours, notamment pour abattre des drones adverses. - A.-E.Lemoine: C'est aussi une guerre de l'innovation. - P.Cohen: Les moyens déployés ne sont plus les mêmes.

La connexion entre le drone et son opérateur est au centre de la guerre. Comment déjouer les brouillages des liaisons radio? On utilise des liaisons par satellite.

Le réseau Starlink d'E.Musk joue un rôle crucial. Il a récemment accepté de désactiver les terminaux utilisés illégalement par les Russes.

On peut aussi utiliser la fibre optique pour déjouer les brouillages par radio. Les drones russes sont reliés à leurs opérateurs par des câbles longs de plusieurs kilomètres sur le champ de bataille. Il y a de vastes zones du front recouvertes, paraît-il, d'un épais réseau de fils, parce que les drones sont reliés directement par la fibre optique.

Ca rend impossible tout brouillage de l'armée adverse. Autre innovation, l'IA. Des entreprises ukrainiennes ont mis au point un système permettant à l'IA de guider les drones au moment de la frappe. - A.-E.Lemoine: Les discussions de paix continuent. - P.Cohen: Des discussions tout court.

C'est à Genève. Emissaires ukrainiens et américains ont entamé de nouveaux préparatifs en vue de nouvelles rencontres bilatérales avec la Russie. Au même moment, à Moscou, S.Lavrov a affirmé que la Russie n'avait aucune chance pour mettre fin à la guerre.

On ne saurait être plus clair sur l'envie de Moscou d'arrêter cette guerre. - A.-E.Lemoine: L'idée, c'est que V.Poutine va prolonger cette guerre autant qu'il le pourra? - B.Guetta: Autant que son économie le lui permettra.

Il y a un phénomène de décroissance en Russie. Autant que son opinion publique lui permettra. Il va avoir besoin assez rapidement de lancer un nouvel ordre de conscription.

Ca va pas du tout marcher. S'il ne le fait pas, il va se retrouver dans une situation embêtante. Il a beau proposer des contrats pour entrer dans l'armée absolument mirobolants...

Un an de salaire, indemnités incroyables...

Les gens ne veulent plus y aller. - A.-E.Lemoine: Il a besoin de 35 000 soldats supplémentaires par mois. - B.Guetta: Aujourd'hui, il recrute moins qu'il ne perd d'hommes sur le champ de bataille.

Il est dans une situation...

Ce n'est pas que son régime va s'écrouler demain matin...

On aimerait bien...

La situation n'est pas bonne pour lui. La Russie, en termes de population, c'est 3 fois l'Ukraine. En termes de réserves pétrolières, gazières, d'une immense fortune dans le sous-sol, c'est 1000 fois l'Ukraine.

Ce pays, au bout de 4 ans, n'est toujours pas arrivé à gagner cette guerre. Quand on regarde la carte et qu'on voit le territoire contrôlé par la Russie avant que les troupes n'entrent en Ukraine et que l'on voie la progression des troupes russes, c'est l'épaisseur du trait rouge...

C'est à peu près rien. - A.-E.Lemoine: C'est ce qui fait dire au secrétaire général de l'Otan que la Russie avance à l'allure d'un escargot de jardin. - B.Guetta: Souvent, il ne s'exprime pas très intelligemment. - P.Cohen: Vous parlez de M.Rutte? - B.Guetta: Oui.

Il a tout à fait raison. Ce qui me frappe, c'est que, quand un pays comme l'Ukraine ne perd pas la guerre, il la gagne. Quand un pays comme la Russie, tellement plus puissant, ne gagne pas la guerre, il la perd.

C'est une situation...

Ca va durer. - A.-E.Lemoine: Il est hors de question que Poutine accepte l'idée de la défaite? - B.Guetta: Le porte-parole de Poutine a déclaré hier: "Nos objectifs de guerre ne sont pas atteints." C'est clair: "On continue." Ils arrivent si peu, ces soldats russes, à conquérir du terrain qu'ils font quoi, ils essaient de casser le moral de la population.

Ils font sauter les centrales électriques pour qu'il n'y ait plus de chauffage. Il fait moins 15. Vivre par moins 15-moins 20...

J'ai connu, mais avec du chauffage. Sans chauffage, c'est une monstruosité. La population ne craque pas.

Sa détermination, la haine, le désir de vengeance, de ne pas céder, de ne pas avoir vu mourir tellement d'Ukrainiens pour rien...

Ils résistent. - A.-E.Lemoine: A quoi servent les discussions qui ont repris aujourd'hui?

Qui peut les faire avancer? - B.Guetta: Ca sert à essayer de sauver la face de Trump.

Et pour Poutine, de ménager cet allié. Trump est son allié. Il faut le ménager afin que Trump ne soit pas obligé de recommencer à aider l'Ukraine.

Aujourd'hui, les Etats-Unis ne donnent pas un dollar, une balle, un revolver, une paix, rien, à l'Ukraine. Que le renseignement. Si, demain, Trump...

Il avait fait après la fameuse scène du bureau Ovale...

Pendant quelques jours, il avait arrêté. Il avait senti que c'était pas possible, là.