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InterviewC à vous (sur YouTube)· 2 octobre 2020 13 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSolidarités & famille

Emmanuel Macron cible l’islamisme radical - C à Vous - 02/10/2020

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Vos réactions à ces annonces, à ce discours très attendu ?

  • 3:55OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous vous êtes retrouvé dans les mots et les actes du président ?

  • 5:19OuverteRéponse directe

    De quoi aviez-vous peur concrètement ?

  • 7:42RelanceRéponse directe

    Si vous, vous faites confiance au Conseil français du culte musulman pour accomplir cette tâche ?

  • 9:15OuverteRéponse directe

    Dites-nous comment vous allez saisir cette balle au bon ?

  • 11:08RelanceRéponse directe

    Vous êtes d'accord avec ça, sans passer par la case justice ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Il y a, dans cet islamisme radical, puisque c'est le cœur du sujet, abordons-le et nommons-le, que cette réalité nous touche, nous frappe, elle a grandi ces dernières années, il faut la nommer. »
  • 2:07Invité politiquePromesse
    « Dès la rentrée 2021, l'instruction à l'école sera rendue obligatoire pour tous, dès 3 ans. »
  • 2:16Invité politiquePromesse
    « L'instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé. »
  • 2:34InvitéFait
    « Autre révision, Emmanuel Macron veut élargir la sphère de la loi de 1905 qui impose la neutralité aux agents de l'État. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme. C'est celui de nos quartiers. »
  • 7:02Invité politiqueFait
    « L'ambition de former et promouvoir en France une génération d'imams, mais aussi d'intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République est une nécessité. »
  • 12:13InvitéFait
    « Emmanuel Macron a dit qu'on va trouver un mécanisme pour empêcher les putschs. »

Temps de parole

  • Invité30 %
  • Invité 229 %
  • Invité 319 %
  • Emmanuel Macron13 %
  • Présentateur8 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le discours était très attendu. Derrière un pupitre annonçant la République en acte, le chef de l'État a fait plusieurs annonces inscrites dans une loi contre le séparatisme dont le projet de texte sera présenté le 9 décembre prochain en Conseil des ministres. Le séparatisme islamiste au singulier, le président ne citant aucune autre religion dans son préambule.

0:20
Emmanuel Macron

Il y a, dans cet islamisme radical, puisque c'est le cœur du sujet, abordons-le et nommons-le, que cette réalité nous touche, nous frappe, elle a grandi ces dernières années, il faut la nommer. Force est de constater qu'il y a un islamisme radical. Très sincèrement, vous seriez malhonnête à dire que je n'ai pas nommé les choses très clairement.

0:40
Présentateur

Bonsoir messieurs, François Pipponny, député d'Hivergauche du Val d'Oise, Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman. Merci à tous les deux de votre présence ce soir. Vos réactions à ces annonces, à ce discours très attendu, mais d'abord, les grandes lignes des annonces faites ce matin par Emmanuel Macron.

0:57
Invité

Oui, on vient de l'entendre, c'est l'une des premières fois qu'Emmanuel Macron est aussi clair, qu'il nomme les choses, non pas le communautarisme ou les séparatismes, mais l'islam radical, a-t-il dit, idéologique, il affirme que ces lois sont supérieures à la loi républicaine. Il l'a fait d'abord en préambule de son discours avec mille précautions, en appelant à rejeter les amalgames et la stigmatisation de tous les musulmans, d'où l'abandon du mot communautarisme, qui s'attache à une communauté. Donc, un ennemi désigné, une priorité, l'école. Là où sont formés les futurs citoyens, en stoppant, a-t-il dit, le mouvement de déscolarisation.

50 000 enfants aujourd'hui sont censés suivre un enseignement à domicile, à distance, mais quelques centaines ou quelques milliers sont éduqués ou endoctrinés dans des écoles clandestines. On annonce régulièrement le démantèlement de ces écoles qui échappent parfois au radar de l'éducation nationale, d'où la mesure la plus spectaculaire annoncée ce matin par le président.

1:54
Emmanuel Macron

J'ai pris une décision, sans doute, et je la mesure, et nous en avons beaucoup débattu avec les ministres. Sans doute l'une des plus radicales depuis les lois de 1882 est celle assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. Dès la rentrée 2021, l'instruction à l'école sera rendue obligatoire pour tous, dès 3 ans. L'instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé.

2:23
Invité

Mesure radicale, car elle porte atteinte au principe de liberté scolaire en France depuis Jules Ferry. L'instruction est obligatoire, mais pas la scolarisation. Ça promet de grands débats juridiques et constitutionnels. Autre révision, Emmanuel Macron veut élargir la sphère de la loi de 1905 qui impose la neutralité aux agents de l'État. Il veut l'élargir aux salariés des entreprises délégataires de services publics. En clair, par exemple, la RATP, les transports parisiens, ou toute autre société de transports publics. D'autres annonces encore sur l'encadrement du financement des associations. La faculté pour les préfets d'annuler des décisions municipales contraires à la laïcité.

Emmanuel Macron a cité deux exemples des horaires distincts dans les piscines ou des menus confessionnels dans les cantines. En revanche, il a dit en réponse à une question, pas d'interdiction du voile pour les mamans lors des sorties scolaires. Ce serait injuste et dans le même souci d'équilibre. Deux ans après avoir rejeté le plan Borloo pour les banlieues, on s'en souvient, il a promis d'investir dans les quartiers et de dé-ghettoiser. On l'écoute.

3:26
Emmanuel Macron

Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme. C'est celui de nos quartiers. C'est la ghettoisation que notre République, avec initialement les meilleures intentions du monde, mais a laissé faire. C'est-à-dire que nous avons eu une politique, on a parfois appelé ça une politique de peuplement, mais nous avons construit une concentration de la misère et des difficultés. Et nous le savons très bien.

3:55
Invité

Alors, question à l'un et à l'autre, à nos invités. Est-ce que vous vous êtes retrouvé dans les mots et les actes du président ? Le chemin est étroit, a-t-il souligné, entre le reproche de ne pas en faire assez et celui de stigmatiser les personnes de confession musulmane. Est-ce que le chemin était bon ? Est-ce que l'équilibre a été trouvé ? Moi, je trouve. Il a dit les mots qu'il fallait. Il y a un ennemi. C'est l'islam radical. Il ne faut pas stigmatiser la communauté musulmane, mais il faut aider les musulmans de France. Il faut que les Français aussi comprennent ce qu'est l'islam en France. Et il a été capable de dire les choses en proposant des mesures fortes.

Sur l'école en particulier, sincèrement, à l'Assemblée nationale, ça va être un débat homérique, parce qu'on remet en cause la liberté d'éducation, qui était un principe fondateur de notre République. Ce n'est pas simple, mais il l'a fait. Il a raison de l'avoir fait. Il a dit les choses. Il a montré la voie. Il faudra qu'on trouve les moyens de mettre en œuvre ce qu'il propose. Mais je pense qu'il a trouvé l'équilibre parfait entre désigner un ennemi, ne pas stigmatiser une communauté, et en particulier une religion, mais permettre à cette religion d'avoir toute sa place dans la République. Mohamed Moussaoui ? Oui, je partage parfaitement.

Je pense que d'avoir désigné l'ennemi d'une façon claire et parfaite nous a permis, au moins aux musulmans de France, de se sentir rassurés quant aux intentions des pouvoirs publics. Parce que vous étiez inquiets ? Nous étions inquiets. Nous resterons inquiets jusqu'à ce que nous voyions le texte et sa mise en œuvre.

5:19
Présentateur

De quoi aviez-vous peur concrètement ?

5:21
Invité

Je pense que l'amalgame faite entre l'islam radical et l'islam de court n'est pas sous-estimé. Les expériences passées nous ont montré combien certains profiteront de cette occasion pour mettre à l'index l'islam et les musulmans de façon générale. Le fait que le président de la République ait axé son discours, son plan sur deux jambes, celle de l'ordre public et de l'affirmation de la laïcité. En même temps, les promesses de la République sur des territoires entiers et cette promesse donnée à tous les citoyens indépendamment de leur appartenance religieuse. Et après, les axes qu'il a présentés vont dans le bon sens.

Nous-mêmes, musulmans de France, nous sentons que cet extrémisme, ce réclamant de l'islam, nous fait souffrir. Nous fait souffrir parce que de quoi de plus grave que des personnes au nom de notre propre religion assassinent nos propres concitoyens et s'attaquent à notre propre pays. Je pense que cette clarification fait que les musulmans de France vont adhérer massivement à ce plan et à agir en responsables, en citoyens à part entière. Donc, ils prendront leur part pour défendre les valeurs de la République et aussi défendre l'honneur de leur religion. Il y a un volet qui vous concerne, vous, directement.

C'était la fin du discours du président de la République sur la constitution d'un islam de France. On en parle depuis des années. Un islam des lumières, a dit à nouveau le président. Et notamment la question de la formation des imams. On va écouter le président.

7:02
Emmanuel Macron

L'ambition de former et promouvoir en France une génération d'imams, mais aussi d'intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République est une nécessité. Ce que je vous décris là, ce n'est pas l'État qui le fera. En vertu même du principe de séparation. Ce sera au Conseil français du culte musulman. Mais je lui fais confiance. Et c'est une responsabilité immense que nous lui fais confiance. Mais en même temps, je l'aurais dit avec le ministre il y a deux jours, c'est une pression immense que nous allons exercer sur eux. Alors c'est vous.

7:42
Invité

Avant de vous entendre, je voudrais demander à François Puponi si vous, vous faites confiance au Conseil français du culte musulman pour accomplir une tâche dont on parle, encore une fois, depuis des années, depuis l'installation du CFCM. Donc ça remonte à quelques années au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy et qui n'a pas été encore réalisé, François Puponi. Bien sûr que je leur fais confiance. Parce que c'est aux musulmans de France de montrer aussi la voix, de dire ce qu'ils veulent. Après, ça sera à la République de l'entendre.

Mais dans les intonations du président de la République, il y a un peu de Napoléon qui a dit aux Juifs en 1804 « Vous les Juifs en France, mettez-vous d'accord et puis dites-moi ce que vous voulez. » Et puis au bout d'un certain temps, il est arrivé, il a dit aux Juifs « Vous n'avez pas réussi à vous mettre d'accord, donc moi je vais vous dire ce qu'il faut faire. » Parce que ce qu'il dit le président, c'est « Je vous fais confiance, mais on vous mette la pression, soyez au rendez-vous. » Donc en fait, il a raison de demander aux musulmans de France de dire « Quelles sont vos revendications ? » Et ensuite, il faut qu'on arrive à un résultat, parce qu'on en a trop parlé.

Ça n'a pas été fait déjà dans le passé ? Non. Le seul qui avait un peu initié, mais je pars sur votre contrôle, c'est Nicolas Sarkozy, qui l'avait écrit avant les élections, mais n'avait pas été jusqu'au bout. François Hollande n'en a pas du tout parlé dans son quinquennat. On n'a pas du tout parlé du sujet. Et là, Emmanuel Macron reprend le sujet en disant « Il faut le faire. » D'ailleurs, il parle au-delà de la France. La France n'est pas n'importe quel pays dans le monde sur ces sujets-là.

Il veut montrer aussi au monde comment on peut être musulman dans un pays comme la France, être dans l'islam des Lumières et être capable d'imaginer une nouvelle forme de pratique de la région musulmane dans un pays comme la France. Ce n'est pas n'importe quoi. Ça va être observé partout dans le monde. Alors, M. Moussaoui, dites-nous comment vous allez saisir cette balle au bon ? Je pense effectivement, dans son discours, il y avait deux volets. La formation proprement d'une histoire de culte des imams est une chose, mais aussi la formation générale sur la civilisation musulmane que nous avons perdue dans notre pays.

De mettre des disciplines, des études islamiques de haut niveau dans nos universités, je pense que ça, c'est une ouverture très importante pour nous. Parce qu'il faudrait effectivement relever le niveau de la compréhension de nos concitoyens de cette religion, de cette religion, effectivement, au sein de nos concitoyens.

9:55
Présentateur

On a remarqué qu'Emmanuel Macron parlait des cinq piliers de la réforme.

9:58
Invité

Oui.

9:59
Présentateur

Et il y a bien cinq piliers de l'islam.

10:01
Invité

Oui, c'est un hasard.

10:02
Présentateur

Vous amène-nous ça, oui.

10:02
Invité

C'est peut-être un hasard, je ne sais pas, mais en tout cas...

10:07
Présentateur

Un hasard heureux. Un hasard heureux, un signe en tout cas.

10:11
Invité

C'est peut-être un signe positif. Mais je pense qu'il faut rappeler, la confiance qu'il fait au Conseil français de culte musulmane nous met bien sûr une responsabilité accrue sur nos épaules. J'ai dû dire au président de la République, à deux reprises, je l'ai rencontré les derniers jours, que la structure du CFCM, telle qu'elle a été conçue dès le départ, était une structure légère. C'est plus, on va dire, un espace de dialogue entre composantes et entre fédérations. Ce qui fait qu'il n'y a pas de mutualisation de moyens. Et donc, je pense que la question, elle va se poser. Mais je pense que la pression, elle est faite sur toutes les composantes de l'islam de France.

Et nous devrions être au rendez-vous de ce défi important. Sur les décisions municipales, sur la façon dont les préfets peuvent prendre la main sur les municipalités quand des décisions apparaissent contraires à la laïcité. Vous êtes d'accord avec ça, François Buponi, sans passer par la case justice ? Parce qu'on pourrait simplement déférer... Oui, globalement, c'est ce que déjà, il faut un peu les préfets avec le contrôle de l'égalité. Là, le président va plus loin. Alors, c'est une manière aussi de dire, on sait qu'il y a des élus... Alors, il l'a dit avec ses mots, avec l'État de politesse. Il y a des élus qui subissent des pressions. D'autres qui dealent.

On sait très bien qu'il y a des accords qui sont passés avec des réseaux, y compris de l'islam radical. Donc, c'est une manière de dire aux élus, soit vous avez des pressions, on vous aidera. Soit vous dealez, on vous sanctionnera. Mais l'État, à un moment, reprendra la main. Et je pense que sur ce sujet-là, l'État doit être présent. Parce que l'État a trop laissé faire pendant des années, n'a pas été suffisamment présente pour remettre de la République au cœur de ses quartiers. Donc, le fait que l'État revienne, c'est très bien. Après, il faut le faire en partenariat avec les élus.

Mais c'est vrai qu'il y en a certains qui doivent être aidés, d'autres qui doivent être empêchés de faire ce qu'ils font, parce qu'ils sont en train de se fourvoyer. Monsieur Boussaoui, sur la prise de contrôle des mosquées, Emmanuel Macron, on a eu des exemples récents de groupes extrémistes qui prenaient possession du jour au lendemain de mosquées importantes qui installaient leurs imams et leurs prédicateurs. Emmanuel Macron a dit qu'on va trouver un mécanisme pour empêcher les putschs. C'est comme ça qu'il l'a dit. Vous savez comment ça peut se passer ou comment ça peut fonctionner ? C'est l'une des incitations qu'il avait mises sur la table pour immigrer de régime 1901 vers 1905.

On sait que le régime 1901 est très fragile. Les associations, 1905 ? 1901, avec une assemblée générale faite dans un coin et deux bureaux déclaraient à la préfecture. C'est une simple déclaration. Alors que 1905, il y a quand même derrière le contrat de la préfecture, il y a d'autres incitations fiscales, etc. Mais je pense que cette incitation de dire vous allez être protégé contre des putschs est essentielle pour les musulmans de France. De nombreuses mosquées se trouvent dans la tempête de conflits entre deux groupes qui pénalisent énormément les fidèles. Je pense que c'est important d'avoir cette garantie de ce côté-là.

13:08
Présentateur

Merci beaucoup, messieurs, d'être venus dialoguer avec nous sur ce plateau. François Piponi, député du Val d'Oise, et Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman. Merci à tous les deux. Merci. Merci. Merci. Merci.

13:21
Locuteur

Merci. Merci.