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interviewEurope 1 — La Grande interview· 26 mars 2026 20 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Serge Papin

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1. Grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. On va être invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Serge Papa. Bonjour à vous. Bonjour à vous. Ministre des PME, du commerce, du tourisme et du pouvoir d'achat. C'est ce qui nous intéresse évidemment aujourd'hui, puisque la guerre au Moyen-Orient provoque une flambée des prix des carburants. C'est un pas que les automobilistes, mais également les entreprises, on va le voir avec vous. Le gouvernement dit avoir demandé aux raffineries d'augmenter leur production. Jusqu'où et en quoi ça peut nous aider en réalité, parce qu'elles sont quasiment à leur capacité maximum aujourd'hui, les raffineries ?

0:34
Serge Papin

Oui, alors notamment je pense à la raffinerie de Gravenchon qui fournit toute l'Île-de-France et qui va augmenter ses capacités de 10%. Donc on a besoin de sécuriser les approvisionnements.

0:48
Présentateur

Il y a un reste sur l'approvisionnement ?

0:49
Serge Papin

Non, parce que je ne suis pas en train de dire ça. Non, justement, on n'a pas de problème d'approvisionnement. Mais voilà, c'est raffiner le gasoil, notamment, et le kérosène aussi, pour les avions. Donc on a demandé à cette raffinerie de prendre des dispositions de quantité supplémentaire. Non, alors on n'a pas de problème d'approvisionnement. Ça c'est un point important. Pas de risque dans cette tension géopolitique qui a des conséquences économiques, bien sûr. Moi, écoutez, ça fait six mois que je suis ministre et j'ai été chef d'entreprise pendant 40 ans.

1:30
Présentateur

Vous y aurez peut-être des jeux de système U et on va parler de la distribution dans un instant.

1:33
Serge Papin

Voilà, et donc, des tensions géopolitiques qui avaient des conséquences sur l'économie, j'en ai vécu beaucoup. Et ce qu'il faut à chaque fois, c'est avoir à la fois du discernement et de la méthode.

1:45
Présentateur

Le monde nous dit ça, M. Papin. Là, les automobilistes, ils se disent, on ne s'en sort plus, les professions libérales, ceux qui font des centaines de kilomètres tous les jours. Ils se disent, l'État nous dit, les caisses sont vides, débrouillez-vous. C'est ça, le message du gouvernement ?

1:57
Serge Papin

Non, pas du tout. Pas du tout. Non, alors, la méthode, il y a des aides ciblées, des accompagnements qui sont faits.

2:04
Présentateur

Ciblées sur qui ?

2:05
Serge Papin

Alors, ciblées sur ceux qui ont des besoins parce que le prix du carburant, en effet, est une part importante dans leur prix de revient de produits. Je pense notamment aux pêcheurs. Vous savez qu'un pêcheur, c'est entre 30 et 50% dans le poisson, le prix du carburant. Les transporteurs, les agriculteurs. Donc là, il y a un accompagnement qui va être fait. D'abord, le plus important, c'est la trésorerie. Parce que la BPI va proposer des prêts bonifiés, garantis par l'État, pour aider à la trésorerie. Deuxièmement, sur le plan fiscal, sur le plan social, les services de l'État vont différer les paiements. Donc là, il y a un accompagnement ciblé pour ces catégories de produits.

2:52
Présentateur

C'est le problème pour eux, on est d'accord. On le décale dans le temps, mais ils devront régler la facture.

2:56
Serge Papin

Non, mais ce qu'il faut d'abord, c'est le discernement, c'est de savoir combien de temps ça va durer. Donc on ne va pas griller les cartouches. Oui, évidemment, personne ne le sait. On ne va pas griller les cartouches comme ça. Et puis, en effet, il faut être prudent. Les aides, on les a connues.

3:14
Présentateur

Le chèque énergie.

3:15
Serge Papin

Le chèque énergie, ça a coûté plusieurs dizaines de milliards. 70 milliards d'euros.

3:22
Présentateur

Pour un impact négligeable, vous pensez ?

3:24
Serge Papin

Non, mais le problème, c'est que si vous... Qui paye ? Qui va payer ? Parce qu'à un moment, il faut bien que quelqu'un paye.

3:32
Présentateur

Le contribuable.

3:34
Serge Papin

Exactement. En France, c'est toujours comme ça, oui. C'est le contribuable qui va payer. Donc, voilà, c'est là où je dis, il faut du discernement. Donc on va voir combien de temps cette crise va durer. Et puis... Il faudra passer aux mesures sérieuses. Mais vous savez quelle est la... Vous voulez que je vous dise quelle est la vraie mesure qu'il faut qu'on fasse ?

3:52
Présentateur

Allez-y.

3:52
Serge Papin

Eh bien, il faut qu'on aille très vite à l'électrification des usages. On a la chance dans ce pays d'avoir une production électrique de qualité, de quantité, grâce au nucléaire, grâce à l'éolien, grâce aux photovoltaïques.

4:09
Présentateur

Quitte ça aux routiers. Non, mais je suis d'accord.

4:11
Serge Papin

Non, mais je ne dis pas que c'est la réponse immédiate. La réponse immédiate, c'est l'accompagnement...

4:14
Présentateur

La réponse à long terme, c'est ça, sans doute.

4:16
Serge Papin

Mais... Le Premier ministre vient de décider quand même d'accélérer l'usage d'électrification. Il va y avoir une proposition qui va être faite, très concrète, dans quelques jours. Donc, évidemment, je suis conscient que ce n'est pas une réponse immédiate. À court terme, oui. À court terme. Mais en attendant, il faut bien qu'on se libère de ces dépendances. Lorsque Ferrari, vous savez ce qui nous arrive... C'est pour 30 ans, non. Non, mais non, non, c'est pour 30 ans. Non, bien plus rapide que ça. Mais bien plus rapide que ça. C'est 3 à 5 ans, même pas. Et on peut aller plus vite. Vous savez qu'il y a le leasing social pour aider l'achat de véhicules électriques.

Mais comment voulez-vous que l'on fasse ? Parce que ces crises... Vous savez, on rentre dans un monde qui est celui de la permacrise. Donc, les crises, elles deviennent structurelles. Il faut qu'on se libère de nos dépendances énergétiques. J'ai compris sur ça. C'est très important.

5:06
Présentateur

Mais là, il y a des problèmes qui sont extrêmement immédiats. Donc là, par exemple, les organisations patronales du transport et de la pêche disent que ce sont des mesurettes. Ils réclament davantage. Vous dites pour l'instant, on ne bouge pas. On attend de voir si la crise dure.

5:18
Serge Papin

Alors, exactement. Il faut voir combien de temps ça va durer. Les mesurettes, c'est de l'aide à la trésorerie. Ce n'est quand même pas rien. Juste du repas de charge. Non, mais ça permet quand même d'éviter les problèmes d'état à sec en termes de trésorerie. Donc, c'est de l'accompagnement. Et puis, on va voir au fur et à mesure de la durée de cette crise, ce qu'il faudra mettre sur la table.

5:44
Présentateur

Serge Papin, est-ce qu'il y a des profiteurs de crise ? Marine Le Pen estime que c'est l'État qui se gave. Parce que quand les prix des carburants haussent, les prix des taxes haussent. Donc, ça se rend dans les caisses de l'État. S'il y a des profiteurs, est-ce qu'ils sont en France ? Est-ce que c'est l'État ? Et sinon, où sont-ils ?

5:58
Serge Papin

Qui sont-ils ? Comment on peut dire ça ? Non, mais comment on peut dire ça ? Que l'État se gave alors même qu'à chaque fois qu'il y a des tensions géopolitiques, ça joue justement sur la croissance, ces moindres rentrées fiscales. À chaque fois qu'il y a eu des problèmes pétroliers, à chaque fois, ça a coûté à l'État. Donc, on ne peut pas dire ça. C'est un mensonge de dire ça.

6:25
Présentateur

Alors, qui sont les profiteurs de crise ?

6:26
Serge Papin

Aujourd'hui, ceux qui profitent de la crise, c'est les pays producteurs de pétrole. C'est sûr. Eux, ils en profitent parce que le prix du baril a doublé. Sans doute aussi un peu les raffineurs. Mais en tous les cas, ce n'est pas les distributeurs. Ça, je peux en témoigner. Moi, j'en ai été. Et ils viennent... Ça ne se passe pas. Les profiteurs ne sont pas en France.

6:50
Présentateur

D'accord. Parce que vous venez de la grande distribution, je l'ai dit. Est-ce que Auchan, Carrefour, Intermarché, Leclerc et Systému jouent le jeu ?

6:57
Serge Papin

Est-ce qu'ils jouent le jeu ? Alors, ils ont passé un communiqué pour dire qu'ils n'augmentaient surtout pas les marges. Au contraire, ils bouchaient d'abord un...

7:08
Présentateur

Vous avez vérifié qu'ils tiennent leur promesse ?

7:09
Serge Papin

Absolument. Les services de la DGCCRF ont vérifié. Les marges prises par la distribution, moi, je connais bien ce métier-là, c'est entre 2 et 5 centimes du litre. Voilà. Donc, il n'y a aucun effet d'aubaine de ce point de vue-là. Et ils s'engagent même à baisser les marges pour servir, si on peut dire, le pouvoir d'achat. Donc, de ce côté-là, je tiens même à saluer l'engagement qu'ils ont pris en lien avec moi et en lien avec l'État. C'est ce qu'on appelle un accord de place. Le Premier ministre l'avait demandé. Voilà. Et donc, ils ont acquiescé. Et je veux saluer cet effort qu'ils font.

7:55
Présentateur

Est-ce qu'il faut bloquer les prix, comme le demande la France soumise ? Baisser les taxes ? Comme le nom de la Rassemblement Nationale, il y a des pays qui le font. Nos voisins européens le font. Je pense à l'Italie qui a réduit le prix du carburant. L'Espagne qui baisse la TVA, la Grèce qui plafonne. Pourquoi est-ce que nous, on est les seuls à ne rien faire ? Parce qu'encore une fois, les caisses sont vides.

8:11
Serge Papin

Non, mais bloquer les prix, vous savez, soit vous les bloquez par le haut, ça peut les augmenter. Si vous les bloquez par le bas, qui paye ? On pourrait même ne plus être livré. Si vous bloquez les prix, on pourrait même avoir une pénurie de carburant. C'est toujours pareil. C'est, comment dirais-je, le guichet. Mais c'est des amortisseurs de la crise, Serge Papin. Non, mais regardons combien de temps cette crise va durer. Et encore une fois, tous ceux qui demandent à ce qu'il y ait des aides et qu'on tape dans la caisse, ça va faire quoi ? Ça va augmenter notre dette. Si on augmente notre dette, on sera encore moins bien noté. Donc, le service de la tête va coûter plus cher.

C'est ce qui est en train de se passer en Italie. Et in fine, c'est les mêmes personnes qui vont payer, c'est le contribuable. Alors là, je ne comprends pas qu'à chaque fois, cette idée du guichet, c'est la France du guichet.

9:12
Présentateur

Oui, mais la France, elle est droguée à ça.

9:14
Serge Papin

Non, mais justement, il faut réfléchir avant. C'est tellement populiste de dire ça. Mais l'État, c'est qui l'État ? C'est nous. Ce n'est pas une multinationale. Ce n'est pas les autres. L'État français, c'est nous. Et il faudra bien que quelqu'un paye, c'est les Français qui vont payer. Et donc, ça serait... En plus, ça serait dirigé vers tout le monde, alors que tout le monde n'a pas besoin, alors qu'il faut cibler. C'est ça, la réponse.

9:39
Présentateur

Serge Papel, on est sur CNews et sur Europe 1. Vous êtes aussi ministre des PME. Qu'est-ce que vous dites aux entreprises ? Est-ce que, par exemple, vous leur recommandez le télétravail ? Est-ce qu'il faut encourager le covoiturage ? Et voilà, toutes ces mesures.

9:51
Serge Papin

Il faut encourager la sobriété. Alors, d'ailleurs...

9:54
Présentateur

Les infirmières libérales qui font 100 km par jour, elles ne peuvent pas.

9:57
Serge Papin

Non, bien sûr, je suis d'accord. D'ailleurs, on voit que les volumes d'essence, vous savez, ils ont baissé de 24%. On va réouvrir le télétravail, le covoiturage. Il faut aussi, là aussi, que chacun se dise, mais comment on peut faire pour éviter... Ils le savent, les Français. Oui, voilà, ils ont du bon sens. Vous les connaissez.

10:18
Présentateur

Vous les avez croisés quand vous étiez dans la grande distribution.

10:20
Serge Papin

Ils ont du bon sens et déjà, il y a une attention qui est portée aux dépenses d'énergie. Mais le télétravail, par exemple, ça, c'est aussi... Ce n'est pas posé pour tous les métiers, mais c'est une piste. Mais en tous les cas, le ministre du Travail s'en préoccupe.

10:34
Présentateur

Serge Papin, est-ce qu'il y aura des conséquences sur les prix ? L'inflation augmente. On va être aux alentours de 2%. Est-ce que ça va monter ? Et qu'est-ce que ça va impliquer pour les prix à la consommation ?

10:44
Serge Papin

Pour l'instant, il n'y a pas de constat de hausse à la consommation. L'INSEE, qui a revu, en effet, sur ses prévisions d'inflation, dit au mois de juin à 1,90. Donc, il va y avoir un petit peu d'inflation. Est-ce que ça va se traduire dans les prix ? Il est trop tôt pour le dire. Pour l'instant, ça ne bouge pas.

11:07
Présentateur

Oui, mais vous êtes un spécialiste de l'inflation. À 2%, vous savez bien qu'il y aura un impact sur les prix.

11:12
Serge Papin

Oui, mais encore une fois, il faut vivre les choses au jour le jour. On va voir. Non, mais...

11:18
Présentateur

Mais oui, mais les Français, non, ils ne peuvent pas se dire ça. Et les entreprises non plus ?

11:22
Serge Papin

Je vous réponds, pour l'instant, les prix à la consommation dans l'alimentation, puisque c'est ça votre question, n'ont pas bougé de manière significative.

11:35
Présentateur

Monsieur Lescure annonce un G7 des finances et de l'énergie avec les banques centrales le lundi. Qu'est-ce que ça va changer ?

11:40
Serge Papin

Là, il va être question de la libération des stocks stratégiques, qui sont une façon de jouer, puisque si on remet les stocks stratégiques de pétrole sur le marché, évidemment, ça permet de baisser le prix du Brent. Parce que ce qu'on remarque, regardez, c'est la volatilité aussi. Moi, je n'ai jamais vu, dans ce qu'on a pu vivre par le passé, une telle volatilité. Ça peut passer le matin, on est à 100 dollars, on passe à 90, on remonte à 110. Donc, c'est pour ça qu'il faut voir un petit peu comment toutes les choses vont s'installer dans le temps.

12:17
Présentateur

Serge Papin, un petit mot sur les entreprises de l'armement, de la défense. Sébastien Lecornu a encore fait un discours hier là-dessus. Est-ce qu'il faut les aider spécifiquement ? Parce que là, on a besoin de se réarmer, de fabriquer des munitions et des armes.

12:29
Serge Papin

Oui, d'ailleurs, je signale au passage que la France est leader, si je puis dire, en Europe, au niveau de sa défense. Et ça, c'est rang 1, que ce soit au niveau du parapluie nucléaire ou que ce soit au niveau de son armée. Il faut le dire. Il faut le dire quand même.

12:47
Présentateur

Et comment on les aide ? Ils ont les mêmes contraintes.

12:50
Serge Papin

Oui, il y a une programmation du budget militaire qui est en hausse de manière significative. C'est plus 6 milliards et demi d'euros. Donc, la défense permet à ces PME, en accélérant les commandes et en s'engageant sur les commandes et en facilitant la trésorerie, de pouvoir activer les besoins qui sont les nôtres en matière d'armement et surtout, vous l'avez dit, en matière de munitions.

13:19
Présentateur

Est-ce qu'il y a un reste de récession, Serge Papin, dans notre pays ?

13:22
Serge Papin

Non. Si cette crise dure sur des semaines, des mois ? Non. Pas de récession ? Non, pas de récession et je vais vous dire, la France est quand même un pays qui est assez résilient au niveau de son économie. On a fini quand même en 2025 à 1% de croissance. Là, on était parti pour de nouveau faire 1%. Bon, ça va peut-être jouer un petit peu, les tensions qui se passent, mais il n'y a pas du tout de récession de prévu.

13:46
Présentateur

Serge Papin, vous êtes aussi ministre du Commerce, vous avez beaucoup de casquettes ce matin. Un mot sur la taxe sur les petits colis. Oui. On avait mis en place ça, on pensait que c'était l'arme fatale pour lutter contre les plateformes chinoises. Banque de bol, ils nous contournent et ça se retourne contre nous. Qu'est-ce que vous proposez alors ? Ça ne marche pas.

14:02
Serge Papin

Alors, c'est une guerre de mouvement. C'était 2 euros par 2 colis. C'est une guerre de mouvement et dans la guerre de mouvement... Ils sont plus agiles que nous. Ah ben, on est agile aussi, je vais vous dire. Non mais, on est compte que ce n'est pas le problème des petits colis en tant que tel, ce n'est pas le problème de la taxe, mais ces plateformes sont venues, ont vendues, ont été prises la main dans le sac en vendant des produits illicites, voire abjects. Des armes, des poupées pédopornographiques, etc.

Bon, et ensuite, elles sont allées la main sur le cœur, voir la représentation nationale, en leur disant, mais c'est fini et vous allez voir, on va tenir compte de nos engagements logistiques, on va tenir compte du code de la consommation, etc. Première chose qu'ils font quand on met, parce que cette taxe, elle coûte, il faut contrôler tous ces petits colis qui viennent. Il y a un effort qui est fait par les douanes, par les services publics, par nos infrastructures. Donc, c'est logique qu'il y ait une taxe. Et première chose qu'ils font, parce que ça coûte même si vous... Est-ce que vous commandez sur Temu ou Chine ?

Eh ben, vous payez quand même indirectement, parce que c'est là aussi dans la fiscalité. Donc, il faut bien... C'est logique qu'il y ait cette taxe. Première chose qu'ils font, ils détournent. Donc, ça prouve bien qu'ils sont, comment dirais-je, malhonnêtes, ce côté-là. Alors, ce qui va, je vais vous dire, ce qui va se passer, d'abord, un, je vous en fais l'annonce, ça a été demain, hier, pardon, dit au banc par le ministre Agniel, le ministre des Comptes Publics, avec lequel nous avons co-signé un décret pour autoriser les douanes, puisqu'ils détournent, ils livrent à Liège ou à Amsterdam, les camions qui vont rentrer...

15:43
Présentateur

Et les camions arrivent ensuite, tranquillement ?

15:44
Serge Papin

Eh ben, on va les contrôler. Donc, c'est l'arrêté qui a été pris. Ensuite, ce n'est qu'éphémère, parce que l'Europe, les deux euros, là, de taxes, elle les applique, toute l'Europe va l'appliquer à partir du mois de novembre. Et puis, ensuite, on a une taxe dite douanière de 3 euros. Donc, toute l'Europe qui va s'appliquer au mois de juillet, donc toute l'Europe au mois de novembre, c'est 5 euros. Et je vais vous répondre. Quelle est la vraie solution ? Ce n'est pas... Parce que là, fait la meilleure des défenses, c'est l'attaque. Je vais vous dire, l'attaque, c'est de faire...

Alors, on va se défendre un côté et on va attaquer de l'autre, parce qu'on a un Made in France, des produits fabriqués en France qui sont accessibles aujourd'hui. Il y a le Made in France du caddie. Bien sûr, on va le développer. On peut acheter aujourd'hui des jeans à 35 euros en France. On peut acheter des chaussettes. On peut acheter des t-shirts à 7,50 euros. On peut acheter des brosses à dents à 90 centimes d'euros.

16:49
Présentateur

Mais pas beaucoup d'électroménagers, vous vous reviendrez.

16:51
Serge Papin

Alors, on va pousser là, tous ensemble, sur le développement du Made in France, du caddie, du Made in France, du quotidien. Et on avait un peu oublié ça. Et là, vous savez, grâce à un programme de robotisation, on va pouvoir gagner en compétitivité. Et ça, ça va être la meilleure réponse aux plateformes chinoises. Parce qu'autrement, ils vont tuer notre commerce, ils vont tuer nos PME, il faut qu'on se protège.

17:19
Présentateur

Et vous parlez de produits abjects, mais il y a aussi des produits dangereux dans les contrôles que vous avez effectués. Dangereux pour la santé ? Expliquez-nous.

17:26
Serge Papin

Alors, la DGCCRF, qui travaille à mon ministère, avait décidé de tripler les contrôles et les prélèvements et les analyses. Elle vient de le faire. Donc, c'est 700 produits qui ont été prélevés, contrôlés, analysés. Sur 700 produits, je vous donne un scoop. Donc, 70% de ces 700 produits sont non conformes et 45% sont dangereux.

17:58
Présentateur

Dangereux pour la santé ?

17:59
Serge Papin

Dangereux pour la santé, dangereux pour l'environnement, dangereux pour la santé, avec de la toxicité dans les produits. Donc, ça va être communiqué. Et c'est les prélèvements qui ont été faits. Là, c'est très récent.

18:13
Présentateur

Ah, donc, une alerte, évidemment, envers ceux qui consomment, enfin, qui achètent ces produits-là. Attention, ce sont des produits dangereux pour la santé, notamment pour les enfants.

18:20
Serge Papin

Il faut éveiller la conscience parce que le non-respect des normes, c'est le modèle de ces plateformes. Donc, attention, bien sûr, quand vous commandez.

18:30
Présentateur

Serge Papin, un dernier mot sur ces élections municipales. Vous êtes au gouvernement. Vous avez vu plusieurs maires battus, sortants, de gauche comme de droite, qui ont été hués, qui ont pu, parfois menacés, harcelés, évacués par la police de leur mairie, dans des endroits où l'extrême-gauche, où les filles, l'avaient emporté. Qu'est-ce que vous leur dites, à ces maires et à ceux qui ont fait ça ?

18:51
Serge Papin

Alors, à ceux qui ont fait ça, c'est profondément indigne de s'attaquer aux maires, de ceux qui s'engagent pour le bien commun, qui s'engagent pour l'intérêt général. Et le ministre Nunez propose une loi qui s'appelle Riposte, dans laquelle il y a un certain nombre de sujets qui vont être beaucoup plus durcis au niveau des sanctions. Oui, mais là, on parle de militants, de militants d'extrême-gauche, qui menacent les maires, leur famille. Les militants qui menacent les maires, ils seront sanctionnés.

19:27
Présentateur

Il faut encore qu'il y ait des plaintes. Quand on a peur, on ne dépose pas plainte.

19:30
Serge Papin

Non, mais l'État peut aussi, s'il y a des constats, déposer plainte. S'il y a des témoignages, on peut déposer plainte. En tous les cas, on va durcir les sanctions pour tous les harcèlements comme ça, de la vindicte pour les violences. Donc ça, on va durcir les positions.

19:54
Présentateur

Merci beaucoup Serge Papin. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.

19:59
Serge Papin

Merci Serge Papin, merci Laurence Ferrari. Vos signatures Europe 1 du jeudi arrivent dans un instant. A commencer par Charlotte Dornelas.

La grande interview de Laurence Ferrari avec Serge Papin — Serge Papin · Pourquijevote