Marine Le Pen : "Je suis la seule candidate à la présidentielle" au RN
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8h25 France Inter Léa Salamé, Nicolas Demorand Le 7-10 Et avec Léa Salamé nous recevons ce matin la députée du Pas-de-Calais et présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France Marine Le Pen bonjour et bienvenue sur Inter beaucoup de questions à aborder avec vous ce matin, ce discours très virulent contre l'Union Européenne que vous avez prononcé lundi dans le Loiret en présence de Victor Orban et de Matteo Salvini notamment on parlera de la situation budgétaire de la France, de votre candidature en suspens à la présidentielle mais on commence avec les conséquences du drame de nos gens, l'agression mortelle d'une assistante d'éducation tuée à coup de couteau par un élève de 14 ans, lors d'un contrôle inopiné des sacs menés par les gendarmes à l'entrée du collège.
Emmanuel Macron François Bayrou ont tout de suite annoncé des mesures pour lutter contre ce fléau des armes blanches chez les jeunes quelles sont vos propositions à vous pour l'endiguer ce fléau ?
Alors d'abord permettez-moi de pointer du doigt tout de même la contradiction qui existe dans ce gouvernement parce que en quelques mots aujourd'hui j'entends le premier ministre, le président de la république vouloir interdire l'achat de couteaux sur internet. Il y a quelques semaines ils annonçaient une expérimentation pour condamner les porteurs d'armes blanches, ce qui est interdit sans raison valable dans l'espace public à une amende forfaitaire. Donc il y a un moment, vous voyez, il y a une contradiction totale.
Est-ce que on considère comme moi que le port d'armes blanches est un fait de société qui doit être évidemment combattu avec un très grand sérieux ou est-ce qu'on considère que c'est anodin et qu'une simple amende forfaitaire suffit en réalité quand vous êtes face à des gens qui sont porteurs de cela ? Donc la première des choses c'est d'appliquer la législation sur le port d'armes illégale parce que c'est devenu commun et d'ailleurs quand vous interviewez des jeunes ils disent mais tout le monde en fait a une arme blanche dans la poche dans le cas de c'est tout à fait légitime et c'est tout à fait normal.
Donc non c'est interdit, c'est terriblement dangereux et c'est évidemment absolument interdit dans les établissements.
D'accord mais comment vous faites
objectivement ? Après il n'y a pas
de solution miracle parce qu'effectivement des couteaux il y en a dans la cuisine donc comment on fait ?
Non mais ça c'est au gouvernement qu'il faut dire ça. C'est eux qui veulent interdire la vente d'armes blanches alors que effectivement c'était un couteau de cuisine d'ailleurs en l'occurrence. ça veut dire que on ne peut pas considérer comme un dodin le fait de porter une arme blanche dans l'espace public. Ça veut dire qu'il faut donner des consignes au procureur, à la police et au procureur pour qu'à chaque fois que quelqu'un est pris avec une arme blanche et bien il aille devant le tribunal correctionnel parce que encore une fois ce sont des choses qui sont graves et qui n'existaient pas avant.
Deuxièmement je pense qu'il y a un problème fondamental de vouloir à tout prix et ça a été une philosophie depuis de nombreuses années maintenir les élèves violents et gravement perturbateurs dans l'enseignement classique. C'est-à-dire que quand des élèves sont violents ou gravement perturbateurs et bien il faut qu'ils puissent être dirigés vers des établissements qui sont adaptés aux problèmes de discipline qui sont les leurs. Troisièmement je pense parce que pardon parce que je pense que c'est une situation globale comme je l'ai fait lors de la dernière présidentielle je suis très attaché à ce qu'il y ait un grand processus de resacralisation de l'intégrité physique.
Aujourd'hui et d'ailleurs c'est venu confirmer en réalité ce sentiment la déclaration du procureur. Aujourd'hui la vie n'est plus sacrée. L'intégrité physique de l'autre n'est plus sacrée et donc il faut resacraliser ça par un durcissement de non pas des peines d'ailleurs mais en réalité de l'aménagement des peines en cas d'atteinte grave à l'intégrité physique ayant entraîné une peine égale ou supérieure. Marie Le Pen pour que
vous comprenne bien ce que vous dites vous estimez que si un couteau est retrouvé sur un élève ça doit pas être le conseil de discipline ça doit être le tribunal c'est ce que vous avez
déclaré hier. Donc madame Borne pardon mais que madame Borne considère que le fait d'avoir une arme blanche sur soi à l'école qui est je le rappelle une infraction qui est condamnée jusqu'à 45 000 euros d'amende et trois ans de prison et bien ne doivent entraîner qu'un passage devant le conseil de discipline oui ça pose un problème en effet. Donc vous c'est au
tribunal donc pour être très clair un môme de 12 13 14 ans on le voit avec un couteau il va directement au tribunal ce que je veux dire c'est que vous savez vous connaissez la situation de la justice vous savez que la justice y sont débordés ils croulent sous les dossiers on va envoyer un gamin de 13 14 ans quand on trouve un opinel dans son sac devant les tribunaux est-ce que c'est est-ce que c'est réaliste ? Oui parce que je vais vous
dire je plaide là encore et je vois que j'ai réussi à convaincre certains dans la classe politique pour le système néerlandais c'est-à-dire la mise en oeuvre de peines courtes mais fermes dès le premier délit grave pour les mineurs parce que la réalité c'est que le parcours de délinquance est un parcours d'impunité qui fait que arriver à la majorité et bien ça tombe dessus ça leur tombe dessus avec des peines de prison ferme avec des faits qui sont extrêmement graves et qui auraient pu être évité donc un gamin de
13 ans mais vraiment parce que on entend ce que vous dites mais un gamin de 14 ans qu'on trouve avec un couteau dans ce sac il va en prison vous êtes en train de mais non mais des peines
courtes mais non un gamin de 13 ans jusqu'à 13 ans il ne va pas en prison parce que je n'ai pas évoqué devant vous la modification du droit pénal dans le domaine de la minorité ce que je veux dire c'est qu'il faut qu'il y ait une réponse qui soit extrêmement ferme et extrêmement rapide or ça n'est pas le cas il n'y a même pas de réponse et même pas qu'elle n'est pas ferme ou pas rapide elle n'existe pas en fait il y a zéro réponse et madame Borne elle nous dit il faut un conseil de discipline et madame Pécresse qui en rajoute dans l'absurdité il faut que le conseil de discipline soit dirigé par le maire de la ville j'ai dit Louis Alliou il va être content oui il a 100 000 habitants s'il passe sa vie à faire des conseils de discipline il n'est pas sorti et je pense que les habitants ne vont pas être très contents non mais il faut arrêter avec le concours l'épine des propositions les plus stupides qui soient et puis il y a évidemment le sujet de la responsabilisation des parents voilà ça c'est un sujet majeur parce que quoi qu'on en dise quand on est parent et bien on a une obligation de surveillance et il y a un article dans le code pénal l'article 227 17 qui dit que s'il y a un défaut de surveillance qui compromet la santé la sécurité ou la moralité de l'enfant et bien les parents sont responsables cet article là n'est quasiment jamais utilisé donc on a un arsenal juridique utilisons le et arrêtons de vouloir inventer des nouvelles choses qui sont de surcroît
inefficace par ailleurs Emmanuel Macron annonçait hier qu'il voulait aller vite et interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans êtes-vous là d'accord avec lui
mais moi c'est la c'est la fiabilité si vous voulez on est en train de travailler sur ce sujet parce que la réalité c'est que ça n'est qu'à l'achat en passant un accord avec les différentes plateformes que l'on pourrait limiter en réalité l'accès des mineurs encore faut-il que les parents jouent le jeu parce que si les parents achètent le portable à leur nom et le donnent à leur enfant et bien en réalité on ne pourra rien faire voilà c'est ça donc les parents ont un rôle absolument essentiel et peut-être c'est bon de le redire d'ailleurs parce que pendant des années on a en quelque sorte écarté les parents de l'éducation de leurs enfants et je pense qu'il est vraiment temps de les responsabiliser à nouveau en disant qu'ils sont responsables c'est pas seulement un comment dire une responsabilité virtuelle ils ont une
vraie responsabilité mais ça veut dire dire aux parents ou interdire aux parents les portables d'acheter des portables non non mais il faut arrêter qu'interdire tout non mais parce que vous dites il faut responsabiliser non non mais parce que c'est un vrai fléau vous le savez que c'est un vrai fléau mais c'est ça je veux dire il y a aujourd'hui beaucoup de jeunes de 13 14 ans qui passent deux heures sur
mais madame c'est un fléau c'est un fléau parce que ça a une influence sur la manière dont le cerveau de nos enfants se construit bon il y a aujourd'hui beaucoup de jeunes parents je vous le dis qui ont pris conscience de cela et qui interdisent les écrans à leurs enfants voilà donc c'est cela en fait on ne pourra pas faire une société où en réalité c'est par l'interdiction la contrainte et sans les parents qu'on arrivera à obtenir des résultats donc c'est cela à mon avis la chose à faire et c'est le couteau n'est pas responsable en lui même voyez ce que je veux dire c'est celui qui le porte qui est responsable de la même manière que quand des gens avec une voiture fonce dans une foule c'est pas la voiture qui est responsable c'est le conducteur de la
voiture venons-en à votre actualité marine le pen lundi vous rassembliez dans le loiret un an après les européennes vos alliés européens étaient notamment présents le premier ministre hongrois victor orban ou encore le vice-président du conseil italien matteo salvini orban a prononcé un discours particulièrement virulent parlant des migrants il a déclaré je le cite nous ne les laisserons pas détruire nos villes violer nos filles et nos femmes tuer des citoyens pacifiques il a comparé la politique migratoire européenne à je cite un échange organisé de population pour remplacer le socle culturel de l'europe en clair c'est la tétèse du grand remplacement qu'il défendait chez vous devant vos troupes dans le loiret vous pensez désormais marine le pen qu'il y a un grand remplacement à l'oeuvre en europe vous êtes d'accord avec victor orban quand il dit ça chez vous devant
vous non mais que monsieur orban soit tout à fait opposé à l'immigration c'est un fait il a raison et d'ailleurs il n'y a pas d'immigration en hongrie c'est ce qui fait d'ailleurs que il paye des sommes absolument considérables de sanctions puisque vous le savez avec le pacte migratoire l'union européenne maintenant en réalité condamne les états qui refusent de prendre les migrants à 20 000 euros par migrant ce que je considère comme étant une démarche autoritaire de la part de l'union européenne et profondément anti-démocratique parce que chaque peuple a le droit de décider qui vient chez lui et qui s'y maintient et ça n'est pas à l'union européenne d'imposer mais vous pensez
qu'il y a un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l'europe comme lui ou pas
moi je vous ai toujours dit que je ne pense pas qu'il y a un complot je pense qu'il y a une politique d'immigration qui est idéologique qui est comment dire irresponsable de la part de nos dirigeants qui est la conséquence de leur aveuglement qui est la conséquence de leur laxisme de leur manque total de courage parce qu'il faut pour s'attaquer au problème migratoire et ne pas laisser les choses se dérouler comme elles se déroulent il faut du courage voilà et qui risque de mener à un grand emplacement culturel chacun pense ce qu'il veut mais si vous voulez nous sommes des souverainistes la souveraineté en fait c'est être d'accord sur le fait qu'on a le droit de ne pas être d'accord entre soi vous voyez c'est ça en fait le principe vous n'êtes pas
vous n'êtes pas totalement d'accord sur
la ligne de victor orban non mais moi je suis d'accord sur le refus de victor orban de laisser entrer dans son pays une immigration dérégulée une immigration massive parce que je vois très bien ce que cette immigration dérégulée et massive a fait à notre pays voilà sur nos comptes sociaux sur la sécurité ça on entend mais vous marquez une différence les problèmes sur les problèmes culturels qui peuvent être le fait de cette immigration massive donc alors que d'autres pays regardent la France et se dit j'ai pas envie d'être la France je peux comprendre oui pourquoi parce que je vous dis que la France est un des pays qui a subi une immigration absolument massive et qu'il y a des tas de pays en Europe qui regardant la France se dit je n'ai pas envie que mon pays subisse ce que subit la France
aujourd'hui vous avez dans votre discours pour le coup vous vous aussi été assez virulente très virulente même contre l'union européenne ça faisait longtemps qu'on vous avait pas entendu aussi déchaîné contre l'union européenne l'union européenne coche toutes les cases c'est un empire marchand wokiste ultra libéral et parce que c'est sa nature sa volonté c'est un empire contre nos nations c'est un empire qui manipule menace des désordres impose et opprime ça fait longtemps qu'on vous a pas entendu dire ça à ce point un an à peu
quand on entend de telles phrases on se
dit que vous avez renié avec vos premières amours de 2017 c'est à dire le frexit mais pourquoi mais parce que mais
enfin c'est quand même étonnant il y a quand même une démarche étonnante de la part de la classe politique et journalistique qui consiste à considérer que l'alternance ne peut pas exister c'est intégré dans vos cerveaux qu'il n'y a pas d'alternance et there is no alternative comme disaient les britanniques et bien il y a une alternance possible il y a une alternative possible et elle peut intervenir par l'intermédiaire de la démocratie et d'ailleurs c'est sain parce que précisément c'est ça la démocratie c'est la possibilité qu'il existe une politique alternative or nous nous battons au parlement européen avec un certain nombre de succès contre toutes ces politiques que nous considérons comme toxiques là on a vu le parlement européen calé à plusieurs reprises la directive omnibus qui revient sur un certain nombre de normes imposées aux industries qui ont failli tuer nos industries les sanctions contre nos constructeurs automobiles qui ont été abandonnés ces 450 millions que n'auront pas à payer nos constructeurs automobiles mais c'est la question aujourd'hui on a réussi à créer un doute au parlement européen sur l'interdiction des voitures
thermiques on avance marine le pen la question c'est une question de ligne quand vous dites que c'est une machine bureaucratique froide un personnel autoritaire dans l'âme qui est profondément wokiste et ultra libéral la cohérence voudrait dire que et vous l'aviez dit
dans le passé mais on en sort non mais pardon mais je suis extrêmement sévère avec emmanuel macron j'entends pas sortir de la france je compte pas partir je compte rester je compte faire ce qu'on fait dans une démocratie c'est à dire lutter combattre avec des idées pour permettre à une majorité de français de choisir une politique alternative nous faisons la même chose en europe et nous avons enregistré parce que nos idées avancent parce que avec l'ensemble de nos alliés qui représentent des millions d'européens et bien nous faisons avancer nos idées en france nous les faisons avancer nous avons sauvé la loi du plomb nous qui allégeait les contraintes sur les agriculteurs nous avons supprimé les zones à faible émission qui interdisaient un certain nombre de français de pouvoir se rendre dans les centres-villes des grandes villes nous avons limité la loisanne qui interdisait la construction et notamment là en ce qui concerne la limitation les interdictions de construction d'entreprises donc nos idées avancent nous nous battons pour elles avec sur la ligne et on va continuer à le faire sur la victoire sur
la ligne politique sur la ligne politique là aussi non mais c'est vrai on essaye de comprendre où vous situez françois bairrou veut trouver 40 milliards d'économies face à un déficit public de près de 6% déclaration étonnante du député rn jean-philippe tanguy qui louait mardi la règle d'or des 3% de déficit outil particulièrement efficace 3% de déficit c'est la limite fixée par l'union européenne vous vous convertissez à l'orthodoxie budgétaire non à la rigueur
non mais vous savez moi j'ai toujours considéré que tout ce qui était une limitation aux droits des parlements devait être regardé avec beaucoup de précaution donc 3% ça a été décidé sur un coin de table ça peut être 4% le sujet et pas vraiment là le sujet c'est qu'aujourd'hui nous avons 3300 milliards d'euros de dettes 1000 milliards d'euros qui ont été créés par Emmanuel Macron en l'espace de 8 ans or on voit bien qu'il faut on est parti dans le grand n'importe quoi voilà et le grand n'importe quoi ça a des conséquences sur la vie quotidienne des français donc ce que nous disons c'est que nous devons réfléchir peut-être à une règle d'or qui permettrait d'équilibrer les dépenses de fonctionnement pour préserver les dépenses d'investissement c'est à dire préserver ce qui prépare l'avenir et essayer de résoudre ce qui aubert l'avenir voilà ce que nous disons hors du gras il y en a évidemment il y a des économies à faire et elles sont nombreuses et sans passer par une augmentation des impôts car nous le refusons mais par une baisse des mauvaises dépenses.
Marine Le Pen
question sur la ligne du rassemblement national deux stratégies différentes au sein de votre parti l'une que vous incarnez dans le Loiret avec Victor Orban et Matteo Salvini et l'autre incarné par Jordan Bardella qui s'affiche avec des chefs d'entreprise défend une ligne économique de plus en plus libérale il prend pour modèle Georgia Meloni il prône de plus en plus l'union des droites dites-nous éclairez-nous est-ce qu'il y a deux lignes au RN
maintenant ? C'est marrant parce qu'il me semble que Jordan Bardella était là dans le Loiret aussi. Ça n'empêche pas. Ça n'empêche pas d'avoir deux lignes il peut être là et bon c'est différent. Non mais écoutez il n'y a pas deux lignes franchement enfin je veux dire la dernière fois c'était drôle parce qu'il discutait avec des journalistes et les journalistes se disaient vous êtes quand même beaucoup plus libéral que Marine Le Pen et il venait exactement d'exposer le projet économique qui était celui que j'avais conçu pour la dernière présidentielle.
Donc j'entends qu'on ait envie de voir des différences il n'y a pas de différence et évidemment nous parlons à des chefs d'entreprise évidemment qu'ils se rendent compte d'ailleurs pour la plupart qu'ils ne connaissent pas non plus notre programme économique et que c'est bien qu'ils le connaissent parce que ils en avaient une vision caricaturale et je pense que l'on peut préserver les intérêts économiques de notre pays renouer avec la croissance sans obligatoirement considérer que les chefs d'entreprise comme le fait la gauche sont des adversaires ou des ennemis.
C'est vrai que vous avez eu cette petite phrase la dernière fois que vous avez pris la parole si vous étiez en Nouvelle-Calédonie. Je ne suis pas sûre que Jordan pour le coup connaisse très bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie. Alors nous évidemment on a tous sursauté. Vous connaissez les journalistes. On s'est dit vous pensez quoi s'il ne connaît pas bien les problèmes de la Nouvelle-Calédonie ? C'était quoi ? C'était une correction ?
Non mais c'était rien. Vous faites toujours un buzz parce que je ne sais pas il vous manque des choses à dire. Il y en a plein quoi. La situation du pays est telle que dans l'intégralité des domaines on a des choses à dire. Il se trouve que j'étais en Nouvelle-Calédonie. La situation de la Nouvelle-Calédonie elle évolue tous les jours. Je venais de faire quatre jours de consultation de l'ensemble de la classe politique pour proposer un sujet. Donc au moment où on se parlait je crois que j'étais celle qui connaissait le mieux la situation de la Nouvelle-Calédonie. Marine Le Pen. Est-ce que vous allez aller avec lui dans le tour de table Emmanuel Macron ?
La présidentielle arrive. On rappelle que vous avez été condamnée à cinq ans d'inéligibilité dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Le procès en appel se tiendra au premier semestre 2026. Décision attendue à l'été 2026. Vous restez à ce jour la seule candidate à la présidentielle de votre parti.
Bah oui. Évidemment. Je suis la seule candidate à la présidentielle car j'espère que la cour d'appel rectifiera cette erreur majeure qui a été commise par le tribunal qui a constaté ma culpabilité et que je conteste formellement et à décider précisément, c'est dans le jugement, de m'empêcher d'être élu à l'élection présidentielle. Je pense que c'est
une affaire démocratique absolument majeure. Vous avez confiance dans la justice ?
Je veux avoir confiance dans la justice.
Et si jamais ça n'était pas le cas et que la cour d'appel décidait ce qu'elle décidait, Jordan Bardella a-t-il les qualités pour être président de la République à 31 ans ?
Mais oui. Bah oui. Oui, oui, parce qu'il pense bien, parce qu'il a les bonnes idées, parce qu'il a la bonne vision. C'est celle que nous partageons d'ailleurs ensemble. Donc voilà, les choses sont très claires. Nous allons mener campagne présidentielle jusqu'à la décision de la cour d'appel. Et si jamais, par extraordinaire, la cour d'appel décide de m'empêcher d'être candidate, ce qui sera un scandale mondial, eh bien nous continuerons à faire campagne à la présidentielle. Avec lui ? Avec lui, bien sûr.
Un mot sur Gaza. Lundi, Emmanuel Macron estimait que le blocus humanitaire y était un scandale et une honte. Vous, vous diriez quoi à Benyamin Netanyahou si vous étiez au pouvoir aujourd'hui ? Continuez votre guerre à Gaza. On vous soutient. Quelle serait votre position ?
Ce qui est sûr, c'est que moi, je partage en tout cas l'objectif de Benyamin Netanyahou d'écarter définitivement et d'annihiler la puissance de destruction du Hamas. Mais je ne suis pas la seule, puisque je vois quand même qu'au moment où Emmanuel Macron tape à tour de bras sur Israël, Mahmoud Abbas lui-même, le président de l'autorité palestinienne, donne des leçons à Emmanuel Macron en disant des choses qui sont très claires et qu'on attendait dans la bouche d'Emmanuel Macron. Un, il faut libérer les otages. Deux, il faut que le Hamas sorte de Gaza et qu'il n'ait plus aucune influence politique demain.
Et c'est exactement les conditions que j'ai posées moi pour commencer à réfléchir potentiellement à la reconnaissance d'un État palestinien que je défends. Enfin, je défends l'existence de deux États depuis de nombreuses années. Mais j'ai dit, pas avec le Hamas, on ne peut pas forcer Israël à avoir comme voisin un État terroriste. Vous comprenez que la guerre continue aujourd'hui ? Moi, ce que je comprends, c'est que Mahmoud Abbas a une vision de cela qui est beaucoup plus ferme contre les terroristes du Hamas que la position d'Emmanuel Macron. Et j'en suis bien malheureuse.
Et dernière question, très rapidement. Comment vous trouvez les quatre premiers mois au pouvoir de Donald Trump ? Il fait le job ?
Si vous voulez, on a vraiment le sentiment que ça part un peu dans tous les sens. Moi, j'attends de voir quels sont les résultats. Parce que c'est vrai qu'il est toujours beaucoup critiqué. Il est de bon ton de critiquer Donald Trump. Il a une méthode qui est assez particulière, qui est peut-être américaine, mais qui est assez difficile à comprendre en France. Mais moi, je juge les dirigeants politiques à leurs résultats. Et lors de son premier mandat, il a été beaucoup critiqué. Mais dans le domaine économique, il a obtenu pour les Américains des bons résultats. Donc, attendons de voir ce qu'il en est.
Et puis, en revanche, arrêtons de trouver des justifications à ceux qui usent de la violence, qui pillent, qui cassent. Parce que ça n'est pas un processus démocratique de faire ça.
Merci Marine Le Pen d'avoir été à notre micro sur Inter ce matin.
Marine Le Pen