L'interview : Nicolas Bay - 17/02
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Nicolas Bay. Bonjour. Merci de répondre à mes questions. Ce matin, vous êtes député européen. La campagne qui prend des allures de mercato. Chaque jour, une prise de guerre, un transfuge. Et vous en êtes aujourd'hui l'un des symboles. Il y a deux jours encore, vous étiez porte-parole de la campagne de Marine Le Pen. Vous aviez d'ailleurs été vice-président du parti, le FN puis le Rassemblement National. Marine Le Pen vous accuse de haute trahison. Vous passez donc à l'ennemi. Vous rejoignez Éric Zemmour.
D'abord, je n'ai jamais considéré Éric Zemmour comme un ennemi. C'est peut-être ce que Marine Le Pen m'a reproché. J'ai vu ces accusations extrêmement graves, totalement mensongères. Des mensonges qui sont en l'occurrence diffamatoires. J'ai porté plainte hier à la constitution de parti civil contre ces mensonges. Parce qu'on peut avoir des différences politiques. On peut avoir des différences. Et moi, je suis mu par des convictions. Et on s'en expliquera dans quelques instants. Mais il y a des raisons bien précises au choix que je fais aujourd'hui. Mais ce n'est pas parce qu'on a des désaccords qu'on est obligé de salir.
Et or là, c'est ce qui a été fait par Marine Le Pen, par quelques-uns autour d'elle. Je le déplore.
Mais qui s'allie ? Quand on vous attend le 29 janvier dernier, alors que les premiers noms fuitaient sur les départs pour Éric Zemmour, vous dites « je serai aux côtés de Marine Le Pen jusqu'au bout ».
Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit justement quelque chose d'assez différent. J'ai dit « je la soutiens pour l'instant, mais ça ne préjuge pas de ce que je ferai dans un mois ou dans six mois ». Et pourquoi ? Parce qu'on voit bien aujourd'hui qu'il y a une situation de compétition dans le camp national. C'est une réalité. Et moi, je ne considère pas Éric Zemmour comme un ennemi. C'est ce que j'ai dit. Vous savez, je pense que j'ai péché par excès de sincérité. Moi, il y a trois semaines, j'ai dit simplement qu'il ne fallait pas rentrer dans une sorte de guerre civile au sein du camp national. Ça m'a été approché.
Ça a été considéré par certains, et notamment par Marine Le Pen, comme de la duplicité. Ce n'est pas le cas. En réalité, j'ai dit exactement ce que je pensais à ce moment-là. Ensuite, je me suis abstenu de parler. J'ai fermé les écoutilles, comme on dit. Et je n'ai pas cherché à parasiter le moins du monde sa campagne. J'ai pris le temps de réfléchir. Et aujourd'hui, j'ai fait un choix. J'ai fait un choix qui est dicté à la fois par mes convictions et parce que je vois que la campagne d'Éric Zemmour connaît une véritable dynamique parce qu'il a une capacité à rassembler. Et je crois qu'il y a dans sa démarche à la fois de la clarté sur le fond, sur les idées et sur la vision pour la France.
Il y a de la sincérité. Il y a de la combativité. Et il y a une capacité à rassembler. Voilà. Et c'est ça qui m'a déterminé. Moi, ce que je regrette simplement, c'est que j'ai voulu avoir une explication au sein du Rassemblement national. J'ai proposé à Jordan Bardella, qui est une réunion du bureau exécutif. La réponse que j'ai obtenue, c'est qu'il est immédiatement exclu avec ses accusations différatoires.
Mais pardon, quand même, quand je vous entends, Nicolas Bay, votre décision, elle est extrêmement claire. Elle est visiblement mûrie. Vous y avez réfléchi. Les choses sont... Votre main, ce matin, ne tremble pas. Et pour autant, c'est parce que vous avez attendu qu'il vous chasse. Vous faisiez quoi ? Vous jouiez la comédie ? Vous attendiez un lever de rideau quelconque ?
Mais pas du tout. La comédie, ça aurait consisté à aller sur les plateaux de télévision, à défendre une candidature à laquelle je ne crois pas ou je ne crois plus. Non, mais la vérité, c'est que vous aviez votre timing. Vous attendiez ce week-end. Et du jour au lendemain, soudainement, à basculer vers un autre candidat. Ce n'est pas ce que j'ai fait. Vous en faisiez un spectacle, quand même. Non, pas du tout. Non, justement. Je n'ai pas dit un mot pendant trois semaines. J'ai pris le temps de la réflexion. Et aujourd'hui, j'ai pris une décision. Alors, voilà, aujourd'hui, ça pose... On voit bien le problème. Quel est le problème ?
Marine Le Pen écarte ou pousse vers la sortie, successivement, toutes les personnalités et tous ceux qui incarnent des sensibilités. Marion Maréchal...
Quand je vous écoute, c'est vous qui partez.
Non, mais Marion Maréchal, il y a quelques années. Mais Florian Philippot, il avait une sensibilité politique qui n'était pas la mienne. Nous avions différentes de lignes, disant les choses simplement. Mais le poussé à la sortie, à mon avis, était une erreur. Plus récemment, Gilbert Collat. Stéphane Ravier, qui était le seul sénateur du Rassemblement National, qui avait sa carte depuis 30 ans. Il y a un problème, Marine Le Pen. Non, mais il y a évidemment un problème. Ça relève plus du fonctionnement d'une secte que du fonctionnement de la partie politique mature. Et je le dis avec une certaine gravité. Vous savez, ce n'est pas une décision facile.
Moi, je me suis engagé quand j'avais 14 ans. À 14 ans, je me suis engagé dans les rangs du Rassemblement National. Et encore une fois, avec un cap qui était les convictions. Ce en quoi je crois. Et donc, ce n'est pas une décision facile de quitter une formation politique dans laquelle on s'est autant investi. Mais je regrette, ce n'est pas une secte, mais en tout cas, c'est un fonctionnement qui a des dérives un peu sectaires. Avec une forme d'emprise ? Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir dû vous libérer ? Je n'ai pas géré en rien. C'est pas moi qui exagère. Le mot, c'est vous qui l'avez donné. Il faut qu'il y ait des sensibilités, des personnalités, un fonctionnement, un débat.
Voilà, ça n'est pas le cas. Et donc, ça pose un vrai problème. On ne peut pas prétendre rassembler les Français quand on n'est pas capable de rassembler sa propre famille politique. Et puis, disons les choses, il y a une question de fond. Il y a une question de fond. C'est-à-dire qu'il y a une question de ligne politique.
Je vais revenir à la question de ligne politique, mais pardon, vous avez simplement écarté d'une main le fait qu'il y ait des accusations contre lesquelles d'ailleurs vous portez plainte. Ces accusations de haute trahison. Mais elle est rentrée dans les détails quand même, Marine Le Pen. Elle vous accuse d'espionnage, de trahison, de sabotage. Nicolas Bay, profitant de sa présence dans les plus hautes instances de la campagne, transmet depuis des mois des éléments stratégiques et confidentiels à notre concurrent direct, Éric Zemmour. C'est un véritable sabotage. C'est un comportement parfaitement immoral. Une duplicité indigne de la confiance placée en lui.
Vous avez passé des informations, Nicolas Bay ?
Mais je vous le dis, Apolline de Malia, tout est faux. C'est un mensonge grossier. Et d'ailleurs, hier soir, sur LCI, vos confrères lui ont demandé si elle avait des preuves. Elle a été incapable d'en fournir trois fois. Ils lui ont demandé pas la moindre explication, pas la moindre preuve. Pourquoi ? Parce qu'elle n'en a pas. Et elle le sait très bien. Simplement, elle veut essayer de salir Moi, quand je fais le choix de rejoindre Éric Zemmour, en réalité, je fais le choix que de nombreux cadres, militants, élus du Rassemblement National ont déjà fait, que d'autres vont faire dans les prochains jours. Parce que c'est ça la réalité.
Et surtout, que des millions d'électrices et d'électeurs du Rassemblement National s'apprêtent à faire. Lorsque Éric Zemmour annonce sa candidature, il y a quelques mois, je vais vous dire très franchement, moi, j'ai de la sympathie pour l'homme, je le connaissais, on avait déjà eu l'occasion d'échanger. C'était, voilà, je saluais son érudition, c'était un écrivain à succès, avec des convictions, mais je ne croyais pas à sa démarche. En quelques semaines seulement, il a réussi à engranger des intentions de vote qui permettent aujourd'hui de se qualifier pour le second tour.
Et près de la moitié des électeurs de Marine Le Pen se sont tournés vers lui, avec, semble-t-il, un certain enthousiasme. Elle devrait s'interroger sur ça. Au lieu de développer une rhétorique du complot consistant à dire ils organisent leur départ, etc. Alors que simplement, chacun réfléchit, chacun prend ses décisions.
Vous dites que ça va entraîner presque, et que vous, vous suivez un mouvement naturel d'un certain nombre d'électeurs de Marine Le Pen. Elle dit à l'inverse, des comportements comme cela poussent les gens à arrêter de voter. Nicolas Bay, je lui ai fait sa carrière.
Mais on peut faire la comptabilité de qui doit quoi à qui. Moi, j'étais secrétaire général du Rassemblement National. Il y avait trois fois plus d'adhérents qu'aujourd'hui et deux fois plus d'élus. J'ai dirigé les campagnes des municipales, des départementales et des régionales en 2014 et en 2015 qui ont été les plus grands succès électoraux de notre mouvement. Au Parlement européen, j'ai débloqué la relation avec tous ceux qui ne voulaient pas parler à Marine Le Pen, Victor Orban, les Espagnols de Vox, le gouvernement polonais, qui considéraient qu'ils sont des conservateurs et qui considéraient qu'il y avait une ligne politique qui n'était pas la leur.
Moi, je me suis occupé de faire tout ce travail-là avec d'autres. Je ne m'en attribue pas un mérite personnel, bien sûr, ou exclusif, mais elle doit respecter ça. Elle doit respecter le travail des autres. On ne peut pas dire comme ça, les militants, les cadres, les élus, me doivent tout et moi, je ne leur dois rien. Et elle devrait s'interroger, encore une fois, sur le fond, la raison pour laquelle la moitié de ses électeurs sont en train de partir vers Exemmour,
ou sont déjà partis. Vous lui avez parlé depuis 24 heures ?
Vous savez, tout ça, je le lui ai dit. Et quand elle renonce à la sortie du carcan qui est devenu la Cour européenne des droits de l'homme, quand elle renonce à la sortie de Schengen, quand elle renonce à mettre un terme à la binationalité, quand, hier soir encore, elle est extrêmement floue et ambiguë sur la question pourtant centrale du regroupement familial, quand elle renonce à remettre en cause la PMA sans père, eh bien, tout ça, je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs que ça déstabilise. Et moi, je vais vous dire, il y a une ligne rouge. Il y a une ligne rouge.
Laquelle ?
Eh bien, quand, il y a 15 jours, elle explique qu'elle renvoie dos à dos, en quelque sorte, un prétendu communautarisme chrétien, catholique-conservateur, dit-elle, avec le communautarisme islamiste, alors que l'islamisme a provoqué le terrorisme qui a ensanglanté et endeuillé la France. Pour moi, c'est absolument inacceptable d'avoir fait ce parallèle. Elle l'a fait dans deux journaux, dans Causeur et dans le Figaro. Je vais vous dire, c'est un peu ce qu'a achevé de me convaincre.
Quand vous faites référence là à cette phrase, quand elle a dit « Des catholiques traditionnalistes, des païens et quelques nazis sont autour d'Éric Zemmour. »
Oui, d'abord, l'accusation est honnêtement assez grotesque. Surtout, elle utilise...
Elle est grotesque, l'accusation ?
Oui, d'abord, parce qu'elle est fausse. Ensuite, parce qu'elle utilise les arguments de la gauche qu'elle a subis, que notre camp n'a cessé de subir, des caricatures, des attaques, des outrances, dont elle a toujours, elle-même, été victime, et dont elle est encore, d'ailleurs, il faut bien le dire, régulièrement victime. À tort, évidemment. Donc, elle est un peu frappée d'un syndrome de Stockholm idéologique.
Mais Nicolas Bé, vous connaissez le Parti de la France ?
Oui, c'est un groupuscule. C'est un groupuscule
qui, aujourd'hui, soutient très officiellement Éric Zemmour. À sa tête, il y a Bruno Hirou, qui a fait notamment un selfie avec une bouteille de gaz Ziklombé.
Mais vous trouverez toujours des gens qui ont fait des selfies avec tout le monde, avec tous les responsables politiques. Et encore une fois... Enfin, là, c'est pas avec tout le monde, c'est avec une bouteille de gaz
qui est le gaz qui a exterminé les justes.
Non, mais bien sûr. Moi, je condamne totalement ce genre de propos ou de comportement. Est-ce qu'il faut refuser
que le Parti de la France soutienne Éric Zemmour ?
Écoutez, Éric Zemmour, il définit son projet. Et ensuite, évidemment, ceux qui le soutiennent doivent être en adéquation avec son projet. Tout le monde comprendra bien. Et je pense que c'est même pas utile de le rappeler, qu'il est évidemment en désaccord profond, total, complet. C'est utile. Avec ce genre de...
C'est jamais inutile de dire qu'on n'est pas d'accord avec ces gens-là.
Oui, bien sûr. Mais moi, je le dis avec beaucoup de clarté.
Damien Rieux, qui est aussi membre maintenant de l'équipe d'Éric Zemmour, fondateur de Génération Identitaire, qui a dit à un moment qu'il aidait les pauvres, qui a fait de la soupe pour les pauvres et qui a mis du cochon exprès dedans. Ça, ça vous paraît sympathique ?
Mais moi, ça ne me pose pas de problème. On n'a pas le droit de manger du cochon en France. C'était par hasard. On en est là. Non, c'était par hasard pour vous. Le niveau de... Comment on dit ? L'islamisme qui touche des quartiers entiers. C'est-à-dire qu'il y aurait les gentils pauvres et les méchants pauvres ? Non, je ne dis pas ça. Je dis simplement que faire de la soupe aux cochons, puisque c'est de ça dont il s'agit, et l'offrir à des sans-abris, c'est une démarche qui est tout à fait respectable et qui permet d'envoyer... C'est vrai, mais ça, je pense que c'est ça, la démarche, de dire simplement... Donc, ça n'est pas exclure
certains pauvres ?
Écoutez, chacun est libre de manger et de boire ce qu'il veut. Et après, s'il y en a qui ont des interdits religieux, ils habitent leurs interdits religieux, mais ça n'a pas interféré. Je pense, des enjeux actuels, ce qui fait, je crois, le succès d'Éric Zemmour et l'enthousiasme que sa candidature suscite, c'est d'être capable de définir les grands enjeux et les grands défis. Il parle, à juste raison, du grand remplacement. 70% des Français reconnaissent que c'est une réalité ou à tout le moins une menace.
La moitié des Français disent aujourd'hui qu'ils ne le voient pas comme une menace,
qu'ils ne s'en inquiètent pas. Et ils proposent, ils portent un projet pour redresser la France, pour arrêter l'immigration, pour combattre avec la plus grande fermeté l'islamisme, pour restaurer la prospérité économique, pour restaurer les libertés fondamentales. Je pense qu'il le fait avec beaucoup de sincérité et de clarté et c'est ça qui fait la différence.
La fracture sur le fond entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, on a bien compris que sur la forme et la dynamique et l'état d'esprit, ça vous avait convaincu, sa sincérité comme vous dites, mais sur le fond, qu'est-ce qui les distingue ? Est-ce que vous diriez, du côté de Marine Le Pen, on dit « Nous, nous sommes pour la paix et non pas pour la division » alors que le camp d'Éric Zemmour serait pour une exacerbation de la guerre civile ?
Moi, je ne crois pas. Je ne vais pas aujourd'hui vous dire que je suis en désaccord sur tous les sujets avec la Rassemblement nationale. Ça n'a aucun sens. Moi, je n'oublie pas les dix années de combat que j'ai menées avec Marine Le Pen. Je regarde encore une fois les accusations mensongères ou diffamatoires, mais je fais la part des choses. En revanche, je pense que cette accusation de brutalité, là encore, c'est un peu la propagande de la gauche contre Éric Zemmour. C'est totalement infondé et je pense qu'il y a une confusion. Il y a une confusion entre la brutalité ou l'outrance et la radicalité. Aujourd'hui, il y a des situations qui nécessitent des mesures de grande fermeté.
Si on veut éradiquer...
Vous revendiquez une forme de radicalité chez Éric Zemmour.
Si on veut éradiquer l'islamisme de Roubaix ou de Trappes, vous pensez qu'on le fera avec des demi-mesures ? Moi, je ne crois pas. Et donc, bien sûr, je crois qu'il y a une attente des Français d'une grande fermeté, d'une grande radicalité pour combattre l'immigration de masse, pour régler le problème de l'islamisme. Bien sûr, on est face à des enjeux d'une telle ampleur et une situation qui est tellement dégradée en raison de la responsabilité des gouvernements successifs et pas seulement d'ailleurs celui d'Emmanuel Macron qu'aujourd'hui, bien sûr, il y a une nécessité aujourd'hui de très grande fermeté sur ces questions.
La fermeté, la relation à l'islam ou à l'islamisme, Marine Le Pen qui ne fait pas sienne l'idée que l'islam soit incompatible avec la République alors qu'Éric Zemmour l'a laissé entendre.
Non, il a dit une chose qui est très juste, il a dit que les musulmans bien sûr peuvent et beaucoup le font d'ailleurs respecter nos lois et le cadre républicain. En revanche, il a posé une question fondamentale qui est la nature, la dimension également politique de l'islam. C'est-à-dire que la charia, c'est un code civil, c'est un code pénal, ça fait partie intégrante de l'islam. Donc si les musulmans renoncent à cet aspect politique de la religion musulmane, à ce moment-là, bien sûr, il n'y a pas de difficulté.
En revanche, s'ils n'y renoncent pas, et on voit bien quand on fait des enquêtes d'opinion, on s'aperçoit qu'il y a une part très importante de ceux qui sont de confession musulmane en France et plus encore chez les jeunes, ce qui n'est pas rassurant du tout, qui considèrent que la charia est une valeur supérieure à la République. On ne peut pas ignorer ça. Et donc poser le problème de la nature politique de l'islam... Mais vous diriez que l'islam est compatible avec la République ? Non, je dis simplement que...
L'islam n'est pas compatible avec la République.
Je ne dis pas ça, je dis que les personnes de confession musulmane peuvent parfaitement respecter les lois de la République et encore une fois, c'est vrai, beaucoup le font, incontestablement. En revanche, l'islam a deux dimensions. Il a une dimension spirituelle, qui elle ne pose pas de difficultés, et il a une dimension politique. La charia, c'est un ensemble de codes et d'organisations de la société. Et dans cet aspect-là, incontestablement, écoutez, vous n'allez quand même pas me dire que la charia est compatible avec nos lois et la Constitution française. Mais est-ce que la charia,
c'est tout l'islam ?
Je ne dis pas ça, ça en fait partie, vous en conviendrez.
Est-ce que vous avez des nouvelles de Marion Maréchal ?
Écoutez, oui, bien sûr. Moi, ça fait partie des personnalités avec qui j'ai toujours eu de très bonnes relations. Elle a fait un choix, c'est de se mettre en retrait de la vie politique. Mais je serai très heureux qu'un jour, elle revienne mener le combat peut-être à nos côtés.
Peut-être à vos côtés ?
Oui, écoutez, ça, c'est son choix. Elle avait dit un jour qu'elle reviendrait peut-être dans le combat politique. Donc, si elle faisait ce choix-là, moi, je m'enrais jouer. Si vous vous parlez,
j'imagine que vous ne parlez pas uniquement de la météo.
Écoutez, moi, je n'ai pas à dire quelles sont les intentions de Marion Maréchal. Je dis simplement qu'elle fait partie de ces personnalités qui apportent beaucoup à la cause que nous défendons. Elle serait une bonne première ministre ? Écoutez, je pense qu'on n'en est pas là. Ce n'est pas à moi de répondre à ce genre de questions. Moi, je vous dis aujourd'hui, je fais un choix à la fois de clarté, de conviction et parce que je crois qu'il y a une capacité de rassemblement, je m'engage à ses côtés dans cette campagne et puis chacun est libre de faire ce qu'il souhaite.
Mais pour ceux qui nous écoutent à la radio, je voudrais signaler que vous avez un petit sourire en coin qui laisse entendre qu'en effet, quand vous parlez avec Marion Maréchal, vous vous sentez plutôt du même bord aujourd'hui.
Moi, j'ai toujours parlé avec Marion Maréchal, j'ai toujours entretenu avec elle d'excellentes relations parce que je crois qu'on a une convergence de vues et qu'on a la même ligne politique, la même sensibilité, bien sûr.
Nicolas Bey, il y a un député européen, nationaliste bulgare qui s'appelle Angel Zambaski qui est du groupe eurosceptique ECR qui a fait un salut nazi hier dans l'hémicycle du Parlement européen. Vous avez vu ça ?
J'en ai entendu parler brièvement. Écoutez, quelqu'un qui fait un salut nazi, qui que ce soit, c'est évidemment tout à fait condamnable. Je ne peux rien vous dire de plus parce que je n'ai pas vu la scène.
Il a également, outre son salut nazi, déclaré, je le cite, « Vive la Bulgarie, la Hongrie, Orban, le président hongrois, FIDEST, qui est donc le parti nationaliste hongrois et l'Europe des États-nations. » Là, pour le coup, sur cette phrase, « Vive la Bulgarie, la Hongrie, Orban, FIDEST et l'Europe des États-nations », vous pourriez signer ?
Oui, bien sûr. Moi, je suis attaché à une Europe des nations, des protections, une Europe des libertés. Il y a le contraire de cette Union européenne, technocratique dans son fonctionnement, de moins en moins démocratique. On l'a vu avec la décision de la Cour de justice de l'Union européenne hier qui met en œuvre de manière concrète le chantage financier contre la Hongrie et la Pologne en contournant les traités. Le traité de Lisbonne définit les compétences européennes et définit aussi les compétences qui relèvent des États membres.
Et aujourd'hui, il y a une petite manœuvre qui vise finalement à contraindre les pays comme la Hongrie ou la Pologne à accepter les quotas obligatoires de migrants, à accepter la revendication des activistes LGBT. Voilà, ils ont raison de résister.
Mais ça veut dire quand même, Nicolas Bey, que certes, vous condamnez le salut nazi, mais vous partagez un socle commun avec cet homme.
Mais non, je n'en sais rien. Je suis en train de vous dire que je condamne avec la plus grande fermeté un salut nazi quelle que soit la personne qui ait pu le faire. Ce que je vous dis simplement, c'est que l'Europe des nations, des protections et des libertés, aujourd'hui, ça représente des centaines de députés, 200 députés dans l'hémicycle du Parlement européen. Et c'est l'attente à la fois de beaucoup de gouvernements, de beaucoup d'alliés qui sont déjà au pouvoir et des peuples en général.
Et si on reste sur les questions internationales, on la prend à l'instant, c'est une toute dernière minute. La France qui annoncerait officiellement son retrait militaire coordonné du Mali tout en restant officiellement implanté dans le Sahel. Quelle est votre réaction ? A vous fallait-il partir ?
Oui, on se retrouve dans une situation dramatique en réalité. On s'est engagé pour assurer la protection de la France, bien sûr, mais aussi des pays européens engagés au Mali. On l'a payé très cher avec une centaine de nos soldats qui sont tombés morts au combat. Et on a une situation politique qui nous a totalement échappés au Mali avec une junte militaire qui aujourd'hui nous met dehors. Et évidemment, ça va faire sans doute la joie des factions et des groupes islamistes dans la région.
Donc ça nous oblige à nous repositionner sans doute dans les pays voisins pour essayer d'endiguer cet islamiste parce que si on n'est pas en mesure de le combattre sur place Vous ne sauriez pas resté coûte que coûte ? Au sud du Maghreb, l'effet subsaharienne, on risque d'avoir d'autant plus de menaces islamistes Vous au pouvoir, vous n'auriez pas
même plus coûte que coûte nos soldats là-bas ?
Non, on est obligé de s'adapter dans ce genre de circonstances bien sûr, mais je pense que la manière dont la France a été traitée par les autorités maliennes Mais vous auriez pris la même décision au fond là-dessus sur cette question imparationale Bien sûr, on est obligé de s'adapter
Il y aurait une continuité là-dessus sur cet aspect-là de la politique de lutte contre le terrorisme ?
Oui, sans doute, bien sûr, mais encore une fois, l'objectif c'est de combattre et d'éradiquer l'islamisme donc il faut à la fois être capable de mener les justes combats là-bas et d'avoir des partenariats solides avec des gouvernements stables sans chercher à faire des leçons de morale en permanence à tous les gouvernements de la Terre et puis surtout l'urgence
après que c'était pour cela qu'aujourd'hui vous l'annoncez donc vous rejoignez la campagne d'Éric Zemmour Nicolas Bay merci d'avoir répondu à mes questions ce matin Il est 8h53 et nous sommes à 52 jours du premier tour des élections
Nicolas Bay