Le discours de Valérie Pécresse à l'issue du premier tour en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Valérie Pécresse, de son QG. Mes chers compatriotes, Dans cette campagne, j'ai porté l'ambition d'une France unie, libre et fière. Je voulais vous convaincre que le courage de mener une vraie politique de droite autour des valeurs d'autorité, de liberté et de travail était la solution pour redonner à notre pays la force et la prospérité qu'il mérite et aux Françaises et aux Français une vie meilleure. J'ai dû batailler sur deux fronts, contre le camp du président sortant et contre celui des extrêmes, alliés en la circonstance pour diviser et battre la droite républicaine.
Malgré la passion qui m'anime, malgré la qualité de notre projet, je n'ai pas réussi, dans cette campagne atrophiée et en l'absence de vrais débats, à me délivrer de cet étau et à vous convaincre. Ce soir, le réflexe du vote utile a joué à plein et le peuple de France a voté et son verdict s'impose à nous. Ce résultat est évidemment une déception personnelle et collective. J'assume en responsabilité toute ma part dans cette défaite. A toutes celles et tous ceux qui m'ont fait l'honneur de leur vote, dans l'Hexagone, Outre-mer et à l'étranger, je veux leur dire ma reconnaissance et que leur soutien est à jamais gravé dans mon cœur.
Je veux également remercier l'équipe exceptionnelle de fidélité et d'engagement qui s'est démultipliée partout sur le territoire pour porter haut nos convictions et nos couleurs. Je reste persuadée que notre projet courageux et réformateur est le bon pour la France et pour nos compatriotes. Après un quinquennat de crise, d'immobilisme et de louvoiement, il faut remettre de l'ordre dans le pays. Et il y a tant à reconstruire. Voilà pourquoi la droite et le centre, solidement enracinés dans les territoires, ne doivent rien lâcher, ne pas se diviser, ne pas renoncer à leurs valeurs et mener avec détermination le combat des législatives qui s'annoncent.
Le second tour de l'élection présidentielle opposera donc à nouveau Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ce soir, je suis profondément inquiète pour l'avenir de notre pays, alors que l'extrême droite n'a jamais été aussi prête de l'emporter. En épargnant au premier tour les extrêmes et en esquivant le débat démocratique, Emmanuel Macron a joué avec le feu et fait prendre un énorme risque à la France. Nous pourrions tous en payer le prix. Vous le savez, j'ai construit mon engagement politique contre les extrêmes de droite comme de gauche. Je les ai toujours combattus avec force et constance. Car je crois, comme Jacques Chirac, que tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme.
Le projet de Marine Le Pen conduirait le pays à la discorde, à l'impuissance et à la faillite. Sa proximité historique avec Vladimir Poutine la discrédite pour défendre les intérêts de notre pays dans les temps tragiques que nous vivons. Son élection conduirait à l'effacement de la France sur les scènes européennes et internationales. Ainsi, et malgré les profondes divergences que j'ai martelées tout au long de la campagne, je voterai en conscience Emmanuel Macron pour empêcher l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait. Je l'ai dit, je ne suis pas propriétaire des suffrages qui se sont portés sur mon nom.
Mais je demande aux électrices et aux électeurs qui m'ont honoré de leur confiance de peser dans les jours qui viennent avec gravité les conséquences potentiellement désastreuses pour notre pays et pour les générations futures de tout choix différent du mien qu'ils envisageraient pour le second tour. À l'issue de ces mois si intenses de rencontres, de dialogues dans les villes et les villages qui font la beauté, la diversité et l'identité de notre pays, je veux enfin dire aux Françaises et aux Français que je les aime passionnément, que mon engagement politique est intact et que pour améliorer leur quotidien et leur destin, je mènerai d'autres combats.
Je continuerai à me battre de toutes mes forces pour vous servir et défendre une certaine idée de la France. Vive la République et vive la France. Voilà pour la première déclaration ce soir. Voilà pour la première déclaration.
Valérie Pécresse