MACRON, SAISON 2 : COMMENT IL VEUT NOUS FAIRE CRACHER DU SANG
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- 3:00Emmanuel MacronFait
« Ce qui est la vraie façon de contourner le problème du SMIC jeune, 35h, c'est de la pipe. C'est 40 ou 45h parce que t'apprends ton job en même temps. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Si tu as une dégression des heures de travail avec l'âge, tu peux très bien travailler jusqu'à 65 ans. C'est une très bonne idée. »
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À moins de quatre mois de la prochaine élection présidentielle, Emmanuel Macron n'est pas encore sorti du bois. Il maintient toujours une sorte de faux mystère sur sa volonté de se succéder à lui-même, ce qui lui permet de faire en réalité campagne avec les moyens de l'Etat et aussi de sortir son programme que quelques semaines avant le scrutin, comme cela avait été le cas en 2017. Ce qui n'empêche pas certaines infos de fuiter à ce sujet.
C'est ainsi que l'hebdomadaire souverainiste Marianne a eu quelques informations sur une éventuelle saison 2 de la série Macron l'anti-social. Emmanuel Macron entend par exemple remettre en cause la norme universelle du 35h par semaine pour un contrat de travail à temps plein. Écoutons ce qu’en dit, Marianne.
Emmanuel Macron n'a jamais été fan des 35 h. À la place, ses troupes imaginent une durée du travail modulable selon les périodes de la vie. On peut accepter de travailler 45h par semaine quand on a 25 ans, puis réduire son temps de travail quand on a des enfants et quand on est senior, explique un dirigeant de LREM.
Le parti pousse l'idée d'une banque du temps qui permettrait de répartir les heures travaillées tout au long de sa carrière. Une mesure qui, en plus de s'attaquer à un lourd symbole, s'annonce redoutablement complexe à mettre en place. En réalité, on peut déjà travailler 45h par semaine.
Des heures sup, ça existe. Mais un temps de travail modulable épargnerait aux employeurs l'obligation de majorer le salaire sur les heures supplémentaires qui, en réalité, n'existeraient plus. Et bien entendu, une telle disposition ferait sauter le plafond des heures supplémentaires maximum qui existe aujourd'hui.
Et surtout, un tel dispositif ferait disparaître le SMIC universel vu qu'une personne de 25 ans et une personne de 40 ans, par exemple, toutes les deux au SMIC, n'auraient absolument pas le même salaire sur une base de 40 ou de 45h. On rappelle que le SMIC différencié est un vieux fantasme de la droite et du patronat. En 1993, le premier ministre Edouard Balladur tente d'imposer un SMIC jeune qui correspondrait à 80% du SMIC classique.
On parle alors de contrat d'insertion professionnelle. La rue se soulève, le projet est abandonné. Rebelote en 2006, quand le premier ministre Dominique de Villepin prône le CPE, le contrat première embauche.
Une fois de plus, la rue fait capoter le projet. Ce qui n'empêche pas Pierre Gattaz, alors président du Medef, de revenir à la charge en 2014. L'idée serait de créer en effet un SMIC intermédiaire qui permettrait sur une période déterminée, transitoire, temporaire, de pouvoir franchir cette marche d'escalier par un échelon intermédiaire temporaire et qui permettrait à des personnes en difficulté ou à des jeunes de monter d'un cran et surtout d'arrêter d'être au chômage et de rentrer dans l'entreprise, En réalité, Emmanuel Macron avait déjà en tête cette idée du temps de travail modulable qui revient à créer une décote sur la rémunération des jeunes et aussi, quelque part, une sorte de pression supplémentaire sur les séniors, rendus encore moins désirables pour les patrons.
Déjà, il parlait de ça lors de sa campagne en vue de la présidentielle de 2017, il expliquait dans des échanges enregistrés dans le cadre du documentaire « Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire », diffusé par TF1 à l'époque et dont des extraits sont aujourd'hui exhumés sur les réseaux sociaux. Et quand t'es jeune d'ailleurs, ce qui est la vraie façon de contourner le problème du SMIC jeune, 35h, c'est de la pipe. C'est 40 ou 45h parce que t'apprends ton job en même temps, Parce que si tu as une dégression des heures de travail avec l'âge, tu peux très bien travailler jusqu'à 65 ans.
C'est une très bonne idée. Donc toi, tu dis qu'on module pas seulement selon le secteur et l'entreprise, mais aussi l'âge. Sans doute empêché de parachever son programme de casse sociale lors d'un premier mandat marqué par la crise des gilets jaunes, la contestation de la réforme des retraites et la crise sanitaire, Emmanuel Macron veut visiblement profiter d'un second mandat où il sera libéré de tout projet de réélection pour frapper fort.
Il entend ainsi, toujours selon Marianne étatiser l'assurance chômage pour mieux la soumettre et jouer sur les droits des demandeurs d'emploi afin de les fragiliser face aux employeurs. Macron veut renforcer l'autonomie des établissements scolaires, ce qui reviendra à parachever l'idée de concurrence, par exemple entre les lycées, une idée déjà contenue dans la philosophie de Parcoursup. Comment faire aboutir un tel paquet de réformes en un temps record ?
Emmanuel Macron envisagerait, selon Marianne, de limiter le nombre d'amendements parlementaires lors des débats en vue de l'adoption des lois. Et si sa majorité parle d'une dose de proportionnelle aux législatives, elle évoque aussi une baisse du nombre des députés, ce qui reviendrait à limiter la capacité de travail des groupes d'opposition. Ce qui est frappant tout de même dans ce teasing du programme à venir de Macron, c'est la logique d'individualisation.
Il n'y a plus de normes applicables à tous en matière de temps de travail. Chacun accumule des points de droits à la retraite, voire de droit à un temps de travail plus faible de manière totalement individualisée, c'est la concurrence de tous contre tous sur le lieu de travail, à l'école, à l'université, partout.
Emmanuel Macron