OPÉRATIONS SECRÈTES : comment ISRAËL infiltre l’IRAN
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'incroyable devient le croyable et même ce qui relève de l'actualité des révélations dans le Wall Street Journal, le New York Times, on dévoile les deux affaires qui illustrent les coulisses de la confrontation israélienne avec l'Iran, l'existence de base secrètes en Irak, pourtant pays officiellement hostile à Israël et les discussions autour d'un possible retour de Mahmoud Ahmad et Jjad. Vous avez bien entendu Mahmoud Ahmad Needjad dans le cadre d'un changement de régime atérent. Bonjour Yvonique de Noël.
Bonjour, vous êtes historien, éditeur, spécialiste du renseignement. On vous doit notamment les guerres secrètes du Mossade aux éditions Nouveau Monde. Alors, on va d'abord commencer par ces deux bases secrètes installées [raclement de gorge] par Israël, j'ai bien dit par Israël en Irak.
Oui. Alors, euh ces deux bases ont été installées fin 2024. Euh c'est une opération des des des forces spéciales.
Alors, on n' pas toutes les infos mais probablement l'unité d'élite Saïette Medcal qui a été créée en 57 un peu sur le modèle des SAS. À quoi ça sert ? Et bien ces bases installées dans le désert permettent des opérations d'infiltration euh en Iran, permettent d'envoyer des drones, permettre aussi des opérations d'exfiltration, permettre de guider euh les tirs de missile.
Bref, elle présente tout un tas d'avantages. La question qu'on peut se poser mais fin 24, aujourd'hui, on est en mai 26. Comment ça se fait que les iraquiens n'ont rien vu ?
Alors, il y a plusieurs hypothèses. La première, c'est que j'ai lu qu'il y avait un berger qui avait vu alors en fait cette base qui avait vu un hélicoptère israélien dans le désert, ces bases auraient pu rester encore secrète un certain temps. Et il se trouve qu'effectivement, elles ont été découvertes par hasard par un berger dans son dans son pickup qui s'est ensuite fait poursuivre par un hélicoptère qui essayait de le réduire au silence.
Bon, alors première hypothèse, les Iraquiens n'ont rien vu, les Israéliens sont très forts. Bon, j'y crois moyennement. 2e hypothèse, euh on a euh acheté le silence d'un certain nombre de responsables sécuritaires qui ont vu remonter des signalements mais qui n'ont rien dit.
C'est possible. Ou tremè hypothèse, on a fait croire aux Irakiens que c'était une base américaine. Et donc là, il faut la complicité des Américains pour dire "Bon, on a mis des bases là, vous en occupez pas, c'est à nous, c'est rien, c'est dans le désert, c'est quelques quelques hommes." Voilà.
Bon, mais euh attendez, Yvonique de Noël. Certes, euh Israël, ce ne sont pas les États-Unis. Jusque-là, je pense qu'on va être d'accord tous les deux.
Mais le le fait que l'Irak euh laisse s'installer une base américaine ou israélienne, je veux dire dans le registre de la détestation pour euh la partie des Irakiens qui détestent cette partie-là du monde, c'est à peu près équivalent. Non, non, c'est pas tout à fait la même chose. Pour les iraakiens, l'important, enfin, pour les responsables iraakiens, l'important, c'est le déniusible.
Euh dans le monde arabe, on peut difficilement assumer des collaborations avec Israël, même si en réalité un certain nombre de pays en ont. Notamment les Émirats Arabes unis ont une collaboration sécuritaire et militaire très étroite. Égypte l'Égypte aussi.
Donc là dire c'est les Américains quelque part, ça revient à dire "Bon oui, c'est pas très glorieux mais enfin on est un peu obligé. Bon ça passe dire c'est les Israéliens, ça passe pas du tout auprès de la population. Comment la découverte aujourd'hui de cette base est-elle perçue en Irak ?
Qu'est-ce qui va se passer maintenant pour ces deux bases d'ailleurs ? Ah bah elles vont être elles vont être fermées. Ça suscite l'indignation, ça suscite un certain nombre de jeux de communication.
Oui, c'est scandaleux mais enfin dans le meilleur des cas, on passe pour compétent dans ce genre de situation. Bah, disons que c'est quand même assez étonnant puisque une base a priori ça passe pas inaperçu. Alors, c'est quand même là le le justement les forces spécial israélienne ont un certain savoir-faire.
C'est-à-dire que on est d'abord au milieu du désert où il passe pas grand monde, on est largement enterré. On a pas des moyens de détection, des satellites, des choses comme ça. Alors, même pour les satellites, il y a de bons camouflages possibles.
Euh c'est presque rassurant. La technologie ne peut pas ne peut pas tout et on parle pas d'une énorme base à l'américaine justement, on parle d'une toute petite base. On parle au maximum de d'une vingtaine de personnes.
Donc c'est plus facile à dissimuler. Est-ce qu'il y avait déjà des précédents ? Oui.
Alors le le la seule chose c'est je peux pas vous en dire beaucoup puisque jusqu'à présent ils ne se sont pas fait prendre. Mais dans la plupart euh des conflits de ce type euh les forces israéliennes se sont fait justement une spécialité d'infiltrer euh le territoire ennemi. Et même euh en IR, qu'est-ce que l'on peut imaginer ?
Je pense qu'en Iran, il y a des tout petits postes avancés euh de 3 c euh hommes. Euh simplement tout ça est fait avec beaucoup de discrétion et forcément on ne on ne le rend pas public même longtemps après parce que les modes opératoires restent les mêmes sur plusieurs décennies. les États-Unis était-il au courant ?
Probablement oui. Ah euh nécessairement euh nécessairement. D'abord dans l'hypothèse, on les utilise comme alibi.
Euh mais même si on les utilise pas comme alibye, il y a une coopération euh militaire extrêmement étroite entre les Israéliens et les Américains. Euh c'est pas un scoop que de dire que euh c'est Netaniaou, son état major et le et le patron du Mossade, David Barnia, qui ont convaincu Trump de lancer le conflit actuel. avec l'Iran et pour ça, ils ont dû mettre sur la table toutes les cartes dont ils disposaient pour l'impressionner justement.
Bon et d'après vous, ça ne témoigne pas tout simplement d'une duplicité d'un certain nombre de pays. Alors l'Égypte, c'est même plus une duplicité. La Jordanie, ça n'est pas une duplicité.
Je veux dire, tant leur relation avec Israël sont en réalité proches sur le plan sécuritaire. Oui, il y a 50 nuances de de proximité, mais c'est le jeu Moyen-Oriental. Je veux dire, on est on enfin, il y a rien de très nouveau là-dedans.
Bah, il y a quand même quelque chose de nouveau, c'est que l'ennemi de mon ennemi et cetera mon ami. Exactement. Là, on est dans le de toute façon, on est en train dans le le le conflit avec l'Iran de franchir quelques paliers.
Et alors l'autre nouvelle qui moi m'a absolument stupéfié, ça c'est dans le New York Times. Israël et les États-Unis ont envisager à un moment que Mahmoud Amadinjad, il faut rappeler ses faits d'armes, pourrait être le nouveau dirigeant iranien. Oui.
Alors effectivement, c'est à première vue stupéfiant et même à deuxème vue, Ahad Nedjad a été président de 2005 à 2013 et c'est un monsieur qui parlait de rayer Israël de la carte. Bon, il avait d'autres propos tout aussi. modéré sur tout un tas de sujets.
Il exp on avait vraiment un apocalyptique à la tête de il expliquait que il y avait pas d'homosexualité en Iran. Enfin bref, il tenait tout un tas de propos euh d'une d'une modération stupéfiante et euh il se retrouve là comme une carte possible des Israéliens. Alors, il faut expliquer un petit peu en fait, on a toujours l'impression qu'un régime comme le régime iranien est homogène.
Or, pas du tout. Ce sont des régimes qui sont traversés par des affrontements internes et des rivalités extrêmement violentes. Amadjad est quelqu'un qui a essayé de revenir dans le jeu politique iranien, de se présenter aux élections présidentielles plusieurs fois et qui à chaque fois a été barré euh qui est considéré par la qui était considéré par la Yatola Ramene comme à la limite de la traîrise qui lui-même accusait l'entourage de Rameney d'être profondément corrompu.
Et donc il était en résidence surveillé. À partir de là, dès 2019, il fait des appels du pied. En 2019, une interview assez stupéfiante où l'explique que le président Trump, donc premier mandat, finalement, c'est un homme d'affaires extrêmement rationnel avec qui on peut avoir des discussions, trouver des deals, des rapports coût bénéfices et cetera.
Euh il est il apparaît aujourd'hui que il a effectivement accepté d'avoir des contacts avec le Mossad juste avant l'attaque, juste avant le début de la guerre actuelle. Il était en Hongrie, donc époque Victor Orban, lui-même proche de Netaniaahu et pendant quelques jours, il a eu visiblement des contacts avancés avec les Israéliens. Donc effectivement, c'est quelqu'un qui après avoir voulu effacer Israël de la carte, discutait tranquillement avec les Israéliens la possibilité de l'aider à se remettre au en selle à la tête de l'Iran où il aurait certainement tenu à nouveau des propos extrêmement agressifs tout en faisant ce qui était dans l'intérêt des Israéliens.
Bon, mais alors ça n'est pas du tout euh une hypothèse qui est allée jusqu'au bout Yvonique de Noël. Alors non, d'abord parce que il y a eu un un un léger problème qui est que le jour où on a fait ce fameux bombardement contre Alieney et la et la réunion de leader iranien qui a qui les a éliminé, euh une une bombe a été lancée sur son domicile, non pas pour le l'atteindre lui, mais pour éliminer les gardiens qui le qui le tenaient en résidence surveillée lui permettre de se libérer. Sauf que le calcul a été mal fait, il a été lui-même blessé.
Donc il en aurait il en aurait conçu une certaine amertume dit-on. Et si aujourd'hui on le balance, puisque c'est exactement ce qui est en train de se passer, on le balance à la presse, c'est qu'on considère que l'option n'était pas n'était pas viable. Je pense que ce contact Nettoniao était simplement une carte dans un très vaste jeu de de possible.
C'était pas sans doute pas l'option numéro 1, c'était une carte possible parmi d'autres. Le Mossade traverse une crise ivonique de Noël. Oui.
Alors une crise assez assez sérieuse puisque le le patron du Mossade doit changer dans quelques mois. Le choix de Benjamin Netaniaou s'est porté sur un très proche, le général Goffman qui est son secrétaire particulier pour les affaires militaires. Ce général n'a aucune expérience du renseignement.
La tradition veut que à la tête du Mossade, on mette quelqu'un qui est issu du serrail. Ça provoque pas mal de romour en interne. David Barnea lui-même s'est opposé à cette à ce choix.
Il aurait préféré que l'on nomme son adjoint. Et des recours sont en cours auprès de la Cour suprême pour essayer de barrer cette nomination. On tout laisse à penser qu'elle est très politique et les les responsables du Mossade pensent que ça risque de euh et bien de handicaper l'agence et et de et de nuire à son efficacité.
Bon, est-ce que ça témoigne aussi des ratés du Mossade ? Alors, il y a des ratés du Mossade et puis des ratés plus que cela sur le plan stratégique puisque cette opération iranienne pour l'instant, je vais utiliser un terme neutre, n'a pas abouti. Oui.
C'est-à-dire qu'on Netaniau a réussi à vendre à Trump ce qui était le rêve de sa vie, c'est-à-dire en finir enfin avec la menace iranienne. Le problème est que c'était pas si simple qu'annoncer. Alors, rater du Mossade.
Moi, je pense que le Mossade est un outil qui fait ce qu'on lui demande et qui aligne un certain nombre de de succès tactique. Le problème, c'est de penser à un déboucher stratégique cohérent. Merci Yvonique de Noël.
Je rappelle que vous êtes historien et on vous doit les guerres secrètes du Mossade aux éditions Nouveau Monde. Dans quelques instants, on va parler des faillites d'un autre système, le périscolaire avec des violences sexuelles notamment. On en parle avec Victoire Afring Moulard qui est journaliste au parisien et l'avocate Marie Grimau.