Interview "Découverte" : Comment les eaux usées peuvent aider à suivre l'évolution de l'épidémie de coronavirus ? - 19/05
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Comment les eaux usées peuvent aider à suivre l'évolution de l'épidémie de coronavirus ?
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Vous vouliez savoir quoi ?
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Sur l'état de l'épidémie ?
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C'est un virus respiratoire, mais les gens...
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Alors, l'analyse se fait par PCR, comme pour les tests de dépistage virologique.
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Et vous avez constaté quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On a commencé à suivre assez rapidement au tout début de l'épidémie, début mars, le SARS-CoV-2 dans les eaux usées d'Île-de-France. »
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« Ce qui nous a amené à monter un réseau de différents laboratoires de recherche pour continuer à suivre cette concentration en virus dans les eaux usées. »
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« On a vu une augmentation, pendant tout le début de l'épidémie, on a vu une augmentation de la quantité de virus, en tout cas de génome de virus, dans les eaux usées, pendant jusqu'à à peu près une semaine après la fin du pic des entrées à l'hôpital. »
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« Et actuellement, on a des niveaux extrêmement faibles dans les eaux usées, ce qui montre bien l'efficacité du confinement sur la dynamique de l'épidémie. »
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« On essaie de suivre un peu d'autres villes en France, et on est actuellement sur une trentaine de stations d'épuration qui sont suivies à peu près plus d'une fois, à peu près deux fois par semaine, en analyse. »
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« Notre idée, c'est qu'on pourrait construire un réseau épidémiologique basé sur le suivi des eaux usées, ce qui permettrait, en cas de nouvelle épidémie ou de redémarrage d'épidémie, d'avoir un indicateur un peu précoce et des éléments supplémentaires pour prendre des décisions sanitaires sur cette épidémie. »
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« Les traitements qui sont déjà utilisés dans les stations de traitement d'eau potable sont tout à fait suffisants. »
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« On a un appui du ministère de la Recherche assez important et qu'il y a le CAIR, le groupe de recherche auprès d'Emmanuel Macron, qui essaie de coordonner la réponse au coronavirus, a écouté notre projet et a trouvé que c'était très intéressant. »
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« D'où cette coordination et ce soutien du ministère de la Recherche à ce projet et qui demande une montée en puissance au niveau français de ce type d'analyse. »
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Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Votre indirecte. Comment les eaux usées peuvent aider à suivre l'évolution de l'épidémie de coronavirus ? Laurent Moulin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes responsable de recherche et développement au laboratoire d'eau de Paris. Vous avez effectué des prélèvements, des analyses. Vous vouliez savoir quoi ? Si le virus était encore actif dans les eaux usées, s'il était présent dans les eaux usées, il a été présent, notamment la première semaine qui a suivi le confinement.
C'est cela ? Exactement. On a commencé à suivre assez rapidement au tout début de l'épidémie, début mars, le SARS-CoV-2 dans les eaux usées d'Île-de-France. À ce moment-là, on s'est rendu compte qu'on avait déjà des traces de coronavirus, alors même qu'on était tout au début de l'épidémie. Ce qui nous a amené à monter un réseau de différents laboratoires de recherche pour continuer à suivre cette concentration en virus dans les eaux usées. Ce qui nous donnait une indication sur, finalement assez rapidement, on avait une indication sur l'état de l'épidémie. Sur l'état de l'épidémie ? Exactement, la dynamique de l'épidémie.
Donc, en analysant les eaux usées, évidemment, on peut suivre la dynamique de l'épidémie.
Eh bien, tout à fait. En fait, comme les gens... C'est un virus respiratoire, mais les gens... Ce qui est maintenant bien connu, c'est que c'est aussi un virus qu'on retrouve dans les selles. Bien sûr. Et donc, les gens l'excrètent dans leurs eaux usées. Et en suivant les eaux usées, on a un peu une image globale de tous les gens qui sont accordés au réseau d'eaux usées, de la quantité de ces personnes qui sont infectées par cette maladie et par le SARS-CoV-2.
Alors, l'analyse se fait par PCR, comme pour les tests de dépistage virologique.
Tout à fait. Exactement. C'est exactement le même test. Sur la partie finale du test, sur la mesure de la quantité de génome de virus, parce qu'on mesure la quantité de génome, c'est fait par RTQ-PCR exactement, mais c'est tout à fait fait par PCR.
Bon. Et vous avez constaté quoi ? Alors, au début, une forte poussée de la quantité de virus, et aujourd'hui, beaucoup moins ?
Exactement. On a vu une augmentation, pendant tout le début de l'épidémie, on a vu une augmentation de la quantité de virus, en tout cas de génome de virus, dans les eaux usées, pendant jusqu'à à peu près une semaine après la fin du pic des entrées à l'hôpital. Et à partir de là, on a vu une diminution assez rapide de la quantité de génome. Et actuellement, on a des niveaux extrêmement faibles dans les eaux usées, ce qui montre bien l'efficacité du confinement sur la dynamique de l'épidémie.
Efficacité du confinement, et puis vous voyez que le virus, il circule beaucoup moins.
Pour l'instant, effectivement, il circule beaucoup moins.
Vous faites beaucoup de tests régulièrement ?
Alors, on essaie de monter un réseau. Moi, nous, on travaille, donc, Hauts-de-Paris, c'est l'établissement public qui fait de l'eau potable, mais même si l'on travaille sur les eaux usées, nous, on ne fait que de l'eau potable, normalement. On a monté un réseau sur toute la France, avec d'autres de récollèques. On a des collègues de Nancy, on a plein de collègues de Paris, du Sorbonne Université, de l'Irba, et des gens des universités de Clermont-Ferrand, par exemple.
On essaie de suivre un peu d'autres villes en France, et on est actuellement sur une trentaine de stations d'épuration qui sont suivies à peu près plus d'une fois, à peu près deux fois par semaine, en analyse, pour voir bien toujours la dynamique de l'extraction.
C'est très intéressant, parce que vous pouvez suivre toutes les épidémies, tous les virus qui circulent, c'est très intéressant.
C'est ça notre idée, l'idée c'est de, là on est dans une période épidémique de coronavirus, mais à long terme, ce qu'on aimerait, ce qu'on promeut... Vous êtes des lanceurs d'alerte, quoi. Oui, on peut le dire comme ça, je ne sais pas, mais on peut le dire comme ça. Notre idée, c'est qu'on pourrait construire un réseau épidémiologique basé sur le suivi des eaux usées, ce qui permettrait, en cas de nouvelle épidémie ou de redémarrage d'épidémie, d'avoir un indicateur un peu précoce et des éléments supplémentaires pour prendre des décisions sanitaires sur cette épidémie.
Alors, l'eau potable, aucun risque, on est bien d'accord. Tout à fait. À un moment donné, on a augmenté la quantité de chlore.
Alors, il y a des endroits où il semblerait que certaines régies augmentaient la quantité de chlore, mais ce n'est pas du tout lié au virus, des informations qu'on peut avoir, ce n'est pas vraiment lié au virus, c'est plus lié à des temps de séjour un peu plus longs dans les réseaux, et pour éviter une dégradation de la qualité microbiologique, ils auraient mis un petit peu plus de chlore dans leur réseau. Mais il n'y avait pas de demande ou d'instruction au niveau de l'OMS ou des autorités sanitaires françaises de traiter plus fortement l'eau potable. Les traitements qui sont déjà utilisés dans les stations de traitement d'eau potable sont tout à fait suffisants.
Pourquoi est-ce qu'on met du chlore dans les eaux ?
C'est une bonne solution. Pourquoi on met du chlore ? Parce qu'on veut éviter un redéveloppement des bactéries dans le réseau.
Oui, bactéries, il n'y a pas virus.
Exactement, rien à voir, c'est bien. Rien à voir. Parce que quand on sort de l'usine, on a de l'eau extrêmement propre, extrêmement de bonne qualité, mais il faut un certain temps entre la sortie de l'usine, le stockage dans certains réservoirs, et l'arrivée au robinet des consommateurs. Donc en mettant un tout petit peu de chlore, ça permet d'éviter la multiplication.
Toute contamination. Exactement.
En route. Pendant la route, exactement.
Pendant la route, dans les tuyaux, dans le cheminement de l'eau. Oui, Mathieu. Très intéressant tout ça. Est-ce que c'est ce qui explique que l'eau soit plus calcaire dans certaines régions de France que ailleurs ?
Non, le taux de l'eau n'a pas d'influence sur le calcaire. Le calcaire, c'est lié à la minéralité de l'eau que vous avez, donc c'est plutôt lié à la ressource. Si vous avez des eaux dans des environnements où il y a beaucoup de pierres qui peuvent se dissoudre et qui vont provoquer du calcaire, on a une eau plus minérale et qui va donc plus précipiter quand on va la chauffer ou quand il y a différents types de conditions, et on va se retrouver avec du calcaire dans l'eau. Non, ça n'a rien à voir avec le clor.
Merci d'être venu nous voir pour nous parler de l'eau. Merci. Et puis de ce système d'alerte qui est formidable, que vous avez découvert, c'est la première fois.
Alors, il y avait d'autres études dans d'autres pays en même temps, mais en France, oui, c'était un peu la première fois. C'est pour ça qu'on est très vite monté un réseau avec nos autres collègues chercheurs pour promouvoir au niveau du gouvernement ce suivi. On a un appui du ministère de la Recherche assez important et qu'il y a le CAIR, le groupe de recherche auprès d'Emmanuel Macron, qui essaie de coordonner la réponse au coronavirus, a écouté notre projet et a trouvé que c'était très intéressant.
D'où cette coordination et ce soutien du ministère de la Recherche à ce projet et qui demande une montée en puissance au niveau français de ce type d'analyse qui nous, on pense, permettra de détecter une éventuelle seconde vague si tant est qu'il y en ait eu, en espérant qu'il n'y en ait pas.
C'est formidable. Laurent Moulin, qui est responsable recherche et développement au laboratoire d'eau de Paris, merci.