Réfugiés ukrainiens, ralliement de Marion Maréchal à Eric Zemmour... Le 8h30 franceinfo de Jordan Bardella
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Bonjour Jordan Bardella, des dizaines de milliers de français ont manifesté ce week-end en soutien à l'Ukraine, est-ce que vous aussi vous étiez dans la rue ?
Non je n'étais pas dans la rue mais nous sommes comme tous les français d'ailleurs et tous les européens solidaires de ce que vivent les ukrainiens aujourd'hui qui résistent et qui tiennent à la défense de leur patrie, donc nous sommes évidemment à leur côté, je pense que le rôle de la France est d'accompagner le peuple ukrainien et vous le savez nous avons pris position dès le départ en faveur de l'application du droit d'asile pour que soit pris en charge temporairement le temps du conflit des familles ukrainiennes dont les maris seraient évidemment restés combattants aujourd'hui à la frontière.
On va parler évidemment de l'accueil des réfugiés Jordan Bardella mais on a vu ce week-end plusieurs candidats à l'élection présidentielle où certains de leurs soutiens venir les représenter dans ces cortèges, est-ce que Marine Le Pen prendra part à ces manifestations dans les semaines qui viennent ou pas ?
Non mais Marine Le Pen est candidate à l'élection présidentielle. Les autres aussi ? Oui enfin Marine Le Pen est en capacité d'être présidentiable, je ne veux pas, je n'ai rien contre M. Jadot ou Mme Taubira mais elle ne l'est plus en l'occurrence.
Elle ne l'est plus donc vous voyez le problème est réglé mais ce qui compte aujourd'hui je crois c'est d'abord de ne pas saboter le travail du président de la république, on va avoir évidemment des débats avec le candidat Emmanuel Macron mais je pense que le rôle en tout cas de l'opposition est d'être assez prudent dans les déclarations qui sont faites pour ne pas venir entraver le travail de la diplomatie française et puis derrière d'essayer de comprendre comment est-ce qu'on a pu arriver dans cette situation-là et dans un territoire où manifestement la guerre va perdurer et je pense que l'urgence aujourd'hui que n'a pas pris en compte le président de la république est de protéger les français de cette inflation qui va arriver et qui va venir toucher très sévèrement le pouvoir d'achat des français.
Être prudent, est-ce que c'est surtout pour vous éviter de fâcher Vladimir Poutine en évitant de le qualifier de dictateur ?
Je pense que Vladimir Poutine est déjà fâché, je pense que ça n'aura échappé à personne mais nous on a été extrêmement prudents dans le fait de ne pas se livrer à une escalade verbale qui viserait à ajouter de l'huile sur le feu. Je pense que nous avons en tout cas en tant que dirigeants politiques un enjeu de responsabilité et la première des responsabilités est de ne pas envenimer la situation comme l'a fait M. Le Maire par exemple qui a été ministre de l'économie, je crois que c'est sur votre plateau d'ailleurs, qui a émis le souhait d'effondrer l'économie ruse, enfin une sorte de guerre quasi dialectique à l'égard de Vladimir Poutine qui ne sert strictement à rien.
Les uns s'assulent de nazis, les autres de dictateurs, je pense que ça ne sert à rien. Vous avez noté que le président de la république a été extrêmement prudent. Vladimir Poutine commet depuis maintenant plusieurs jours des violations de plus en plus importantes du droit international.
Jo-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, n'hésite pas à dire que Vladimir Poutine est un dictateur. Joe Biden, l'américain, n'hésite pas à dire que Vladimir Poutine est un dictateur. Boris Johnson aussi.
Oui mais je peux le dire, effectivement quand la presse est mise sous tutelle, quand la Douma vote un projet de loi qui verrouille pour simplifier la liberté d'expression et la liberté des médias, effectivement on ressemble plus à un régime autoritaire ou totalitaire qu'à une démocratie mature comme l'est aujourd'hui la France ou comme le sont les nations européennes. Mais si vous voulez, on peut s'insulter et on peut se jeter des qualificatifs, c'est pas le sujet. Le sujet c'est de faire preuve, c'est de maintenir une pression diplomatique sur la Russie pour faire en sorte que ces agressions contre l'Ukraine s'arrêtent, même si personne ne sait où va aller Vladimir Poutine.
Donc je pense qu'Emmanuel Macron a eu raison de maintenir un lien diplomatique avec la Russie et surtout il faut éviter qu'on retire notre personnel diplomatique de la Russie ou de tout autre pays d'ailleurs parce que si ce n'est pas la diplomatie, alors c'est la guerre. Or la France n'est pas en guerre contre la Russie et n'a pas vocation à y entrer.
Jordan Bardella, il y a exactement 5 ans, aujourd'hui, un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen était reçue en grande pompe au Kremlin par Vladimir Poutine. Est-ce que c'était une erreur ?
Non mais, enfin, monsieur, Marine Le Pen aspirait comme elle aspire aujourd'hui à être présidente de la République. On choisit ses déplacements quand on est candidat. Oui, vous vous souvenez, vous vous rappelez qui est le premier chef d'État qu'Emmanuel Macron a reçu lorsqu'il a été élu président de la République en 2017. C'était Vladimir Poutine. Oui, c'était Vladimir Poutine. Mais dans un cas, on choisit, dans l'autre... Non, il n'y a pas, on choisit, on ne choisit pas. La Russie, je veux dire, la Russie... Mais elle s'est rendue sur place. Non mais la Russie n'est pas une province, la Russie n'est pas une petite île, la Russie est une grande puissance.
Donc vous le referez avec le même enthousiasme aujourd'hui. Non mais il ne s'agit pas de le faire avec enthousiasme. Évidemment que si Marine Le Pen est présidente de la République dans quelques semaines, ce qui je pense sera le cas, elle maintiendra un lien diplomatique avec la Russie. Enfin, je veux dire, nous on a toujours milité... Il y a le lien diplomatique, il y a la poignée de main et la photo. Oui. Ce ne sont pas forcément les mêmes choses. Enfin, pardon monsieur, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont serrés la main. Oui. Bon. Et là, il est chef de l'État et en charge de la diplomatie l'autre. Oui, mais Marine Le Pen, elle aspire à être chef de l'État.
Et je vous rappelle qu'on était en 2017, deux ans après les attentats du Bataclan, où, pardonnez-moi, mais la Russie avait quand même vocation à être un partenaire dans la lutte contre le terrorisme. Oui, je vous posais la question. Je pense qu'il l'avait déclaré, c'était même M. Le Drian et M. Macron qui parlaient d'amitié entre la France et la Russie.
Jordan Bardella, puis-je vous poser la question autrement ? Cette photo de la poignée de main entre Vladimir Poutine et Marine Le Pen, on l'a retrouvée récemment sur un tract du RN qui a été tiré à plus d'un million d'exemplaires. Vous allez continuer à le distribuer pendant la suite de cette campagne, ou vous l'avez déchiré ? Bien sûr qu'on continue de le distribuer. Donc on continuera à voir la photo de Vladimir Poutine et de Marine Le Pen sur les tracts de campagne de Marine Le Pen.
C'est un tract, monsieur, où il y avait tous les représentants, tous les chefs d'État, que Marine Le Pen a rencontrés au cours de ces dix dernières années. Et il y avait juste à côté de la photo avec Vladimir Poutine, une rencontre avec le Premier ministre polonais, dont le moins qu'on puisse dire, et qui n'ont pas les meilleures relations du monde, et qui a un petit contentieux historique entre la Pologne et la Russie. Mais notre volonté n'est pas de faire la guerre à la Russie.
Notre volonté est de porter d'abord immédiatement la voie de la paix, de la désescalade, mais surtout d'être à la tête d'un pays qui soit, d'une France qui soit respectée à l'extérieur, et qui soit surtout un pays libre, indépendant, autonome, à une petite distance à la fois des États-Unis, et on reverra ce tract pendant la campagne.
Mais vous voulez faire quoi ? Vous voulez faire la guerre à la Russie ? Non, non, je pose ma question tout simplement. On reverra ce tract jusqu'au premier tour. Mais je ne suis absolument pas gêné. Il n'a pas été déchiré comme l'a écrit Libération.
Non, Libération a écrit une bêtise. Comme on en lit beaucoup dans la presse, Libération nous avait téléphoné pour nous poser la question. On a dit qu'il n'y avait aucune difficulté, que ce tract était distribué. Donc si on va sur un marché dimanche prochain, on le verra encore ? Oui, vous le verrez. Alors on a lancé de nouveaux tracts aussi qui font suite à l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron, mais probablement vous le verrez aussi. Bien sûr qu'il continue à distribuer. Parce que, encore une fois, Marine Le Pen aspire à être présidente de la République française. Le président de la République, il a vocation à parler avec tous les dirigeants du monde.
Qu'on le veuille ou non, la Russie est une grande puissance, c'est la douzième puissance mondiale. Donc la Russie, qui en ce moment peut être un adversaire, peut aussi être un concurrent, un partenaire, dépendamment des secteurs économiques, diplomatiques, industriels, environnementaux, géostratégiques. Mais je veux dire, notre volonté n'est pas de faire la guerre. Donc la France est une puissance nucléaire, la Russie est une puissance nucléaire. Ces deux États n'ont aucun intérêt à faire la guerre. Et je pense que tout le monde gagnerait aujourd'hui à la désescalade, à un apaisement de la situation.
Et je veux dire, malgré les désaccords et les réserves que j'ai sur le bilan d'Emmanuel Macron, je pense qu'il a raison de maintenir ce lien diplomatique avec la Russie. Mais peut-être, je ne sais pas, il l'a encore appelé hier, donc vous allez peut-être lui faire le reproche d'avoir appelé Vladimir Poutine pendant une heure et demie.
Quand il viendra sur ce plateau, ce qu'on souhaite comme tous les candidats, on lui posera la question sur le lien diplomatique, elle l'est déjà, je vous rassure, le lien diplomatique entre la France et la Russie. Vous restez avec nous, Jordan Bardella, le temps du Filinfo à 8h40 avec Maureen Suignard. Après un échec à Mariupol ce week-end, Moscou annonce l'ouverture de couloirs humanitaires ce matin dans quatre villes d'Ukraine, notamment la capitale Kiev, Mariupol et Kharkiv. Les civils autorisés à rejoindre uniquement la Russie ou la Biélorussie. 2022 risque d'être une année très compliquée en termes de pouvoir d'achat, selon Michel-Edouard Leclerc.
Le président du groupe, du même nom invité de France Info, ce matin prévoit une hausse des carburants, 8 à 10 centimes de plus au litre partout en France dans les prochains jours. Alors que le Conseil constitutionnel publiera aujourd'hui la liste officielle de tous les candidats à la présidentielle, un premier déplacement pour le président de la République, Emmanuel Macron, à Poissy dans les Yvelines, en fin de journée à 34 jours du premier tour. À une semaine de la levée du pass vaccinal, plus de baisse du nombre de contaminations en France, 52 000 nouveaux cas de Covid détectés en moyenne sur 7 jours. Un peu plus de 2 000 patients se trouvent toujours en réanimation.
Et puis une nouvelle médaille d'or pour la France aux Jeux paralympiques de Pékin, Cécile Hernandez en Snowboard Cross. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Jordan Bardella, le président du Rassemblement National. Vladimir Poutine considère les sanctions infligées par l'Union Européenne à la Russie. Il dit que ces sanctions s'apparentent à une déclaration de guerre. Le président russe qui a expliqué donc hier à Emmanuel Macron qu'il atteindra ses objectifs soit par la négociation, soit par la guerre. Qu'est-ce qu'on doit faire ?
Écoutez, les sanctions qui ont été prises par l'Union Européenne étaient la moindre des choses. C'est-à-dire qu'on n'avait pas d'autre choix à partir du moment où on n'entre pas en guerre militairement avec Vladimir Poutine, ce qui évidemment n'est ni souhaitable ni un objectif. Nous n'avons pas d'autre choix que de prendre des sanctions. D'abord, je pense que la France doit continuer d'envoyer des troupes en Roumanie.
Parce que je pense que le maintien de la pression diplomatique, sauf aussi par les contacts qu'ont les deux chefs d'État, mais aussi par une pression qui peut être une pression un peu plus ferme avec des militaires à la frontière, sans entrer pour l'instant évidemment en Ukraine. Ça a été fait, c'est une bonne chose.
Deuxièmement, sur les sanctions, nous nous disons attention à ce que certaines sanctions économiques, alors on peut sanctionner les oligarques, on peut sanctionner individuellement les dirigeants russes, mais attention à ce que des sanctions économiques prises n'importe comment, comme c'est le cas depuis 2014 à l'égard de la Russie, n'entraînent pas des rétorsions importantes, notamment sur le gaz, qui viendraient accroître de manière considérable la facture. Il n'y a pas de sanctions sur le gaz, sur le pétrole. Pour l'instant, on ne sait pas si la Russie va appliquer des rétorsions ou non.
On vous dit qu'il faut des sanctions, mais il ne faut pas qu'elles fassent trop mal,
pour ne pas qu'il y ait de contre-sanctions. Je dis attention à ce que les sanctions ne fassent pas mal aux Français, parce que quand je vois que le prix des carburants va augmenter de 8 à 10 centimes, d'après M. Leclerc, toutes les semaines, durant les prochaines semaines, qu'on est déjà à 2 euros, 2,10 euros, voire parfois 2,20 euros, dans certains quartiers de la capitale ici à Paris, je me dis que c'est une folie.
Et donc oui, nous pensons au pouvoir d'achat des Français, oui, il faut protéger le pouvoir d'achat des Français, et je pense que le gouvernement doit, dès maintenant, puisque vous savez que l'essence est une aberration, il y a plus de taxes sur ce produit que de produits lui-même, il y a 60% de taxes sur les carburants, organiser la baisse des taxes, c'est en tout cas ce que demande Marine Le Pen, la baisse des taxes sur l'essence, en baissant notamment la TVA de 20% à 5,5, ce qui fait que sur un plein de 40 litres, les Français pourraient gagner 8 euros.
On essaie toujours, Jordan Bardella, de comprendre si le Rassemblement National et si Marine Le Pen ont changé d'avis, ou pas ces dernières années au sujet de Vladimir Poutine. Votre parti a été le seul en France à se féliciter du rattachement de la Crimée à la Russie après son invasion en 2014 par l'armée russe. A l'époque, Marine Le Pen, qui était déjà à la tête du Rassemblement National, avait dit que le référendum organisé par les Russes était sans contestation possible. Est-ce que vous regrettez ces propos ? Non, mais la Crimée... Enfin, comprenez... Référendum organisé sans contestation possible.
Je rappelle que ce même référendum que vous qualifiez de sans contestation possible a été déclaré invalide par l'ONU.
Non, mais monsieur, comprenez bien que la situation dans cette région du monde ne peut pas être regardée sur les 7 derniers jours que nous venons de vivre. Le vote avait eu lieu, il était déjà déclaré... Ça fait 20 ans, 30 ans qu'il y a des tensions dans cette région. Et probablement même que, d'après d'ailleurs le général Desportes, qui est l'ancien haut responsable du ministère de la Défense, a indiqué que l'OTAN avait accru considérablement les tensions dans cette région. La Crimée est culturellement, civilisationnellement russe. La Crimée a été la Crimée, appartenant à l'Ukraine, durant 27 ans. Tout le reste de son histoire, elle a fait partie intégrale du peuple russe.
Là, on parle du vote qui a eu lieu pour valider l'invasion russe, ce que vous avez qualifié de 100 contestations possibles. Il y a eu un référendum, il y a eu un vote. Maintenant, juste comprenez bien que cette région est une poudrière. Et qu'au-delà de tout ça, il y a des enjeux culturels qui nous dépassent. Et qui dépassent d'ailleurs les 7 derniers jours. Je veux dire, avec l'Ukraine, l'Ukraine ne se regarde pas au regard des 7 derniers jours. Il y a des accords qui avaient été passés, l'Ukraine les avait signés, ils n'ont pas été respectés.
C'était les accords de Minsk II, qui là encore avaient été négociés par François Hollande, avec qui on avait beaucoup de désaccords, mais qui au moins avaient le mérite d'aller dans le bon sens. L'Ukraine n'avait pas respecté ces accords. Sur quel point ? Voyez bien, il y avait 13 points essentiels, dont certains points exigeaient, organisaient que les territoires de l'Est de l'Ukraine, qu'on appelle les territoires du Donbass, gagneraient en autonomie. Ça n'a pas été fait, ça n'a pas été le cas. Donc, vous voyez bien que les tensions dans cette région, elles ne remontent pas, il y a une semaine, elles ne remontent pas à l'agression de Vladimir Poutine contre l'Ukraine.
Elles remontent à, il y a plusieurs années, la Crimée...
Il n'y a pas le début du commencement d'un mea culpa. Vous dites, on a peut-être été trop tendre ou trop tolérant avec Vladimir Poutine, rétrospectivement, au vu de ce qui se passe aujourd'hui.
On n'a pas été tendre, on n'a pas été tolérant. Je veux dire, sur l'exemple des sanctions, nous, nous avions eu des réserves sur les sanctions qui avaient été votées en 2014 au Parlement européen. Pourquoi ? Parce que ces sanctions-là ont un effet contre-productif. Ces sanctions-là ont effondré les capacités d'exportation des entreprises françaises et notamment de nos agriculteurs. On a baissé de 14% les exportations agricoles vers la Russie, ce qui a pénalisé nos agriculteurs, nos entrepreneurs et nos entreprises, mais ont aussi permis à la Russie de renforcer son autonomie stratégique.
Parce que, de fait du blocus européen, du fait des blocages européens, la Russie a appris à se débrouiller par elle-même et elle est devenue aujourd'hui, en disant, le premier exportateur de blé. Et à partir du moment où l'Europe refuse de travailler avec la Russie, eh bien, c'est la Chine qui investit et c'est un empire qui se développe entre... un empire sino-russe entre la Chine et la Russie. Donc, on dit juste que c'est beaucoup plus compliqué qu'une lecture manichéenne de l'histoire et que derrière cela, il y a aussi des enjeux, évidemment, économiques, industriels, mais aussi, évidemment, culturels.
Jordan Bardella, jusqu'à 10 millions d'Ukrainiens pourraient fuir leur pays. 2 500 d'entre eux sont déjà arrivés en France pour le moment. Est-ce qu'il faut en accueillir un maximum et sans condition ?
Ce conflit, il est à nos portes. Depuis maintenant des années en France, le droit d'asile a été totalement dévoyé. C'est-à-dire qu'on accueille des centaines de milliers de personnes chaque année dans notre pays. On sait qu'il y a eu en moyenne 100 000, 130 000 demandes d'asile sur le quinquennat par an. Sauf que 2 tiers sont déboutés. Les gens viennent, utilisent le droit d'asile, mais qui respectent le droit d'asile ou non, ils restent sur le territoire national puisque le taux d'exécution de renvoi dans le pays, les OQTF, c'est à peine 10%. Et ça, c'est un échec d'Emmanuel Macron.
Mais moi, je me sens beaucoup plus proche de ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine à nos portes, aux portes de l'Union Européenne que ce qui a pu se passer en Syrie ou en Libye où l'accueil des populations pouvait se faire dans des pays arabes, c'est-à-dire dans des pays qui étaient beaucoup plus proches. Parce que là, en l'occurrence, le conflit, il est à nos portes. Et donc, pour répondre à votre question... C'est une question géographique ? C'est une question géographique ? C'est une question géographique, c'est une question civilisationnelle. Je veux dire, on est aux portes de l'Europe.
Je veux dire, si la solidarité européenne a un sens, alors elle s'exprime d'abord à l'égard du continent européen. Et donc, pour répondre à votre question...
L'Ukraine, jusqu'à présent, pardon, ne fait pas partie de l'Europe.
Je vais répondre...
L'Union Européenne ?
Ah, de l'Union Européenne, qui n'est pas l'Europe. L'Europe, c'est une civilisation, l'Europe, c'est un continent.
De l'Union Européenne.
Et l'Union Européenne est l'une des expressions politiques de l'Europe. Ce n'est pas la même chose.
Non, mais parce que, si vous prenez le critère géographique, je veux dire Paris-Tripoli, c'est beaucoup plus proche que Paris-Kef.
C'est à Tripoli aujourd'hui qu'à Kiev, ça je vous l'accorde. Non, c'est pas ce que je disais à Tripoli, la capitale libérale. Mais, juste pour répondre à votre question, je pense que des familles, aujourd'hui, ukrainiennes, qui sont sous les bombardements, qui fuient les combats, et dont les maris sont restés combattre, peuvent, dans le strict respect du droit d'asile et de la Convention de Genève, être accueillies en France, le temps du conflit, de manière à pouvoir les protéger.
Mais pourquoi vous n'avez pas eu cette position avec les Afghans, les Irakiens, les Libyens ?
Madame, est-ce que l'Afghanistan était en guerre ?
L'Afghanistan, il y avait les talibans.
Contre quel État ? Pas forcément contre un État. Une guerre, ça peut être une guerre civile. D'accord. C'est des gens en danger, en fait.
Le droit d'asile, c'est des gens qui sont menacés.
Non, mais là, on parle d'une guerre. La Syrie ? Parce que je pense que les Syriens et les Libyens, d'abord, permettez-moi de vous rappeler que, pardon de penser à la sécurité des Français, mais que les filières migratoires, les couloirs migratoires qui ont été constitués entre l'Europe, la Syrie, l'Europe et l'Irak, l'Europe et la Libye, ont été infiltrés par des terroristes de Daesh. Donc, ce n'est pas une question de civilisation,
c'est une question de risque, de danger terroriste.
C'est une question de tout. Et c'est aussi une question de sécurité. Et pardon d'avoir... Est-ce que c'est aussi une question ? De ne pas avoir souhaité accueillir des réfugiés syriens, libyens ou d'autres pays quand ces filières-là étaient utilisées par Daesh pour infiltrer des terroristes. Parce que ceux qui ont eu cet angélisme, ça s'est terminé au Bataclan. Voilà, ça s'est terminé. Jordan Bardella, concrètement,
si vous voulez être clair sur le sujet, c'est quoi ? C'est plus une question de religion, en fait ?
Non, c'est une question européenne.
Vous ne voulez pas le dire, mais c'est ça ou pas ?
C'est une question civilisationnelle. Je pense que l'accueil des Syriens ou des Libyens qui fuiraient des conflits là-bas peut se faire dans des pays arabes, peut se faire dans des pays arabo-musulmans, peut se faire dans des pays qui, culturellement, géographiquement, sont beaucoup plus proches.
Donc les musulmans sont accueillis par des pays arabos-musulmans, les ukrainiens par des européens ?
Exactement. Vous avez parfaitement l'une dans les pensées.
Donc votre cœur choisit quelle religion accueillir ?
Ah, mon cœur s'oriente d'abord vers les gens que je considère être plus proches, en l'occurrence plus proches. Pardon, mais ce conflit, il est aux portes de l'Union européenne. Il est aux portes de la Roumanie, il est aux portes de l'Europe de l'Est. Donc oui, je pense que l'accueil de familles ukrainiennes qui sont aujourd'hui sous les bombardements, et encore une fois, dont les maris sont aujourd'hui en train de combattre, Vous serez prêt, vous, à accueillir des réfugiés ukrainiens, vous ? Au sein des nations européennes, le temps du conflit. Vous seriez prêt, vous, à le faire ? La France, oui. Vous, Jordan Bardella, à accueillir des réfugiés, vous, chez vous ?
Non, d'abord mon appartement est assez petit, mais je pense que ça peut se faire évidemment dans les structures d'accès, bien sûr.
8h51, le fil infomorine Suenière en poursuit dans un instant avec le président du Rassemblement National, Jordan Bardella. Si nous devions nous passer du gaz russe, il y aurait un vrai problème l'hiver prochain. C'est la directrice générale d'ENGIE qui l'affirme ce matin. Les stocks seraient alors insuffisants. 20% des stocks d'ENGIE proviennent du gaz russe. En cas d'arrêt des importations, les pouvoirs publics devraient intervenir, selon elle, pour plafonner les prix et limiter la demande. La guerre qui se poursuit en Ukraine, Moscou annonce cependant une possibilité d'évacuation des civils, de la capitale, de Kharkiv, aussi de Mariupol ce matin.
Les habitants ne pourront pas aller vers l'ouest, mais uniquement en Russie ou en Biélorussie. Au 12e jour de guerre, les Etats-Unis estiment en tout cas que la Russie peut être responsable de crimes de guerre. Le chef de la diplomatie américaine affirme que les informations accusant la Russie sont très crédibles. Il évoque notamment des attaques délibérées de civils. Il rencontrera Emmanuel Macron à Paris demain. Et de son côté, la Chine ce matin, dit être disposé à participer à une médiation internationale. La fureur du Vélodrome hier, l'OM battue en clôture de la 27e journée de Ligue 1. C'est Monaco qui s'impose. 1-0 avec un but de Martine Salah, 58ème minute.
Avec le président du Rassemblement National, Jordan Bardella,
Marion Maréchal-Le Pen a décidé de rejoindre Éric Zemmour. Est-ce que c'est une trahison ?
Je pense que c'est une tentative un peu désespérée de sauver la campagne d'Éric Zemmour. Parce que dans la période actuelle, les Français s'aperçoivent que... En tout cas, la période leur rappelle que être président de la République, ça nécessite d'être solide. Ça nécessite d'être sérieux. Ça nécessite d'être crédible, d'être rassembleur. D'être capable de maintenir une forme d'unité nationale. C'est-à-dire tout le contraire d'Éric Zemmour en réalité. Donc la campagne d'Éric Zemmour patauge.
Je dis que Marion Maréchal vole au secours d'Éric Zemmour, quitte à se contredire elle-même, puisqu'elle avait dit il y a quelques semaines qu'elle soutiendrait le mieux placé entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Mais justement, ça ne vous interroge pas. Marine Le Pen qui est donnée au second tour, qui est donnée dans un dernier rolling IFOP hors crise ukrainienne, est montée à 46-47%. Mais pourquoi le mieux placé ?
C'est la perspective politique, ce n'est pas une histoire de sondage.
Merci de me confirmer. C'est-à-dire qu'en fait, c'est le mieux placé pour nuire à Marine Le Pen et nuire au Rassemblement National. Donc vous voyez qu'en fait, tous ces gens sont dans l'après. C'est-à-dire que ces gens considèrent qu'ils ne gagneront pas l'élection présidentielle. Je veux dire, il n'y a pas de débat. Tout le monde sait, Éric Zemmour, en premier chef, qu'en son sein, ils ne gagneront pas l'élection présidentielle. Donc si vous voulez, leur objectif, c'est de se placer, c'est les manœuvres de boutique, c'est de recomposer la droite à l'issue de l'élection présidentielle. On n'est pas là-dedans, je suis désolé.
Nous, notre envie, c'est de gagner l'élection présidentielle et de redonner le pouvoir aux Français.
Comment vous pouvez expliquer aux Français que Marine Le Pen reste la meilleure candidate quand sa nièce elle-même a décidé de choisir un autre candidat ? Nièce qui était membre de votre parti ?
Écoutez, vous demanderez à Marion Maréchal puisqu'elle a dit elle-même qu'elle soutiendrait le mieux placé. Moi, je veux bien, mais Marine Le Pen est donnée au second tour. Dans tous les sondages aujourd'hui, Marine Le Pen est donnée qualifiée au second tour de l'élection présidentielle. Premièrement. Deuxièmement, elle est donnée aujourd'hui à quasi égalité avec les marges d'erreur avec Emmanuel Macron dans des sondages où elle est à 46 ou 47%. Rolling IFOP quand elle monte à 46, 47%. La moyenne des sondages de ce qu'on tour...
Alors, d'abord, vous savez comme nous, Jordan Mardelac, les sondages second tour avant le premier, on les prend avec 18 pincettes. Oui, oui.
Vous les prenez avec des pincettes quand ça vous arrange.
Non, toujours. Toujours, si vous connaissez cette antenne, cette radio et cette télé. Non, reste pas moi. Toujours, Jordan Mardelac. Mais je ne mets pas en cause aux propriétés personnelles.
Vous ne pouvez pas me dire aujourd'hui qu'Éric Zemmour est mieux placé que Marine Le Pen pour battre Emmanuel Macron. Dans la moyenne des sondages, non. Macron-Zemmour, Macron est réélu à 70%. Donc, si vous voulez, je ne comprends pas aujourd'hui. Moi, d'abord, ce choix de Marion Maréchal qui me laisse plutôt perplexe. Je trouve qu'utiliser, si vous voulez, Éric Zemmour à 35 jours de l'élection présidentielle pour nuire à Marine Le Pen et nuire au Rassemblement National, je trouve ça, pardon, mais peu honorable, premièrement. Et deuxièmement, c'est un non-sens politique. Quelle est la plus-value aujourd'hui de la candidature d'Éric Zemmour ?
C'est-à-dire qu'Éric Zemmour est aujourd'hui à la quatrième place dans toutes les intentions de vote. Il tombe. Il tombe parce que les gens s'aperçoivent qu'être président de la République, c'est du sérieux, c'est du solide. Et c'est la raison pour laquelle Marine Le Pen est donnée, qualifiée au second tour. Et surtout, il affaiblit Marine Le Pen sans rien d'autre objectif derrière.
Elles se sont parlées toutes les deux ou pas ?
Non, je ne crois pas qu'elles se soient parlées. Mais après, sur la relation personnelle qu'elles ont entre les deux, ça les regarde. Mais je dis juste que ne nous divisons pas. Je veux dire, celle qui peut aujourd'hui, qui est donnée au second tour qui peut battre Emmanuel Macron, c'est Marine Le Pen. Donc si vous voulez, si la volonté d'Éric Zemmour et de tous les gens qui l'ont rejoint, c'est juste de nuire à Marine Le Pen, de l'empêcher de se qualifier, de l'empêcher de gagner par aigreur personnel, par vengeance personnelle, ça ne sert à rien. Et puis ces manœuvres de boutique, pardon, mais c'est très loin de ce que vivent les Français.
Les Français aujourd'hui n'arrivent plus à faire le plein de leur voiture. Il y a un temps pas si ancien
où le RN allait recruter chez les Républicains. Vous avez même présenté plusieurs ralliés des Républicains.
Mais ce n'est pas le sujet, monsieur. Vous pouvez construire un rassemblement. Nous, ça fait 5 ans, vous avez raison, ça fait 5 ans qu'on construit ce rassemblement. Ça fait 5 ans que des gens qui étaient aux Républicains ont fait le constat que les Républicains, ça ne fonctionnait pas parce que les Républicains gouvernaient systématiquement à l'encontre de leurs convictions à chaque fois. Et qu'on fait le choix comme Thierry Mariani, comme Jean-Paul Garraud qui sera ministre de la Justice si Marine Le Pen était élue présidente de la République de venir avec nous, de travailler et de construire ce rassemblement.
Jordan Bardella, si vous êtes au second tour, est-ce que tous ces mots, on les oubliera et vous vous appellerez avec Éric Zemmour pour gagner d'abord le second tour 15 jours plus tard ? Ou est-ce que vous ne ferez pas alliance quoi qu'il arrive avec lui ? Non, mais monsieur, Éric Zemmour n'est pas
la propriété de ses électeurs. Enfin, moi je dis juste aux électeurs d'Éric Zemmour, vous êtes des patriotes sincères. Je veux dire, si voter Éric Zemmour, c'est juste voter Éric Zemmour pour faire 4 ou 5ème place dans les sondages et affaiblir la seule candidate du camp national qui peut aujourd'hui l'emporter, alors quel est l'intérêt ? Quel est l'intérêt de voter Éric Zemmour si on se retrouve avec une division des droites qui entraîne la qualification de Jean-Luc Mélenchon par exemple ? Donc il faut voter utile, il faut voter pour le seul choix utile dès le premier tour qui puisse permettre de battre Emmanuel Macron. C'est quand même ça l'objectif.
Donc je veux dire, les électeurs d'Éric Zemmour sont des patriotes sincères. Évidemment que si certains votent pour lui au second tour, je pense que parce qu'ils sont des patriotes sincères, voteront contre Emmanuel Macron mais moi je veux juste leur dire ne gaspillez pas votre voix, ne perdez pas votre voix. Quelle est la plus-value de sa candidature ? C'est ça qu'il faut se poser comme question à part affaiblir Marine Le Pen et l'empêcher d'arriver devant Emmanuel Macron au premier tour parce que si Éric Zemmour n'est pas là dans cette élection, Marine Le Pen est en tête dès le premier tour et puis surtout caricaturer nos idées et ramener nos idées au Front National il y a 30 ans.
Donc moi je ne veux pas tout cela, je ne veux pas revenir au Front National il y a 30 ans, je veux qu'on puisse rassembler les Français pour l'emporter pour impulser le redressement dont le pays a besoin et éviter la réélection d'Emmanuel Macron ce qui je crois est possible et ce qui ne sera possible qu'avec Marine Le Pen. Merci Jordan Cardenas et bonne journée à vous.
Jordan Bardella