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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 11 avril 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleÉducation & recherche

Régionales, union de la gauche, dysfonctionnements de l'école à la maison... le "8h30 franceinfo" de Benoît Hamon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Le gouvernement consulte les maires ce week-end sur le calendrier des élections régionales.

  • 1:03RelanceRéponse partielle

    Ça vous fait sourire Benoît Hamon ? Je ne comprends pas bien en fait.

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Donc c'est quoi cette façon de faire là ?

  • 2:04FerméeRéponse directe

    Donc vous ne vous prononcez pas ce matin pour le maintien ou le report des élections régionales ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Alors pourquoi ne pas reporter ? Si on ne peut pas faire campagne.

  • 3:23OuverteRéponse directe

    On peut se demander si le maintien des élections régionales en juin ne donne pas une prime au président sortant.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:12Invité politiqueFait
    « Soit ces élections peuvent se dérouler parce que le contexte sanitaire le permet, soit pas. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Certains stratèges autour d'Emmanuel Macron pensent que c'est mieux de reporter les élections parce que ça peut placer dans l'embarras leurs adversaires politiques. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Le maintien coûte que coûte, ou quoi qu'il en coûte, ça n'aura aucun sens. »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « Qui sait par exemple que la région Île-de-France a tourné totalement le dos aux investissements écologiques ? »
  • 4:03Invité politiqueFait
    « Qui sait qu'aujourd'hui, elle a mis des centaines de millions d'euros dans un plan anti-bouchons ? »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « On ne conditionne aucune subvention à des engagements sociaux ou écologiques. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Il y a indiscutablement une prime au sortant dans un contexte où il est très difficile qu'une campagne électorale éclaire les bilans. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « C'est le bilan de qui, l'insécurité ? Sinon d'abord les conséquences de l'insécurité sociale d'une société qui se désagrège ? »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Il y aurait presque deux listes de trop en Île-de-France. Que ce serait bien plus souhaitable qu'il n'y en ait qu'une seule. »
  • 19:17Invité politiqueFait
    « C'est un fiasco. »
  • 20:07Invité politiqueFait
    « Le ministre nous explique que c'est une attaque informatique étrangère. »

Temps de parole

  • Benoît Hamon65 %
  • Locuteur non identifié15 %
  • Invité10 %
  • Présentateur8 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour Hercine, bonjour Benoît Hamon, bonjour à tous.

0:11
Benoît Hamon

Bonjour.

0:11
Présentateur

Notre invité Benoît Hamon, conseiller régional d'Île-de-France, fondateur du mouvement Génération, ancien candidat socialiste à la présidentielle en 2017. Benoît Hamon, le gouvernement consulte les maires ce week-end sur le calendrier des élections régionales. Un débat la semaine prochaine à l'Assemblée et au Sénat. Christian Jacob, le patron des Républicains, parle d'une manœuvre. Je voudrais qu'on écoute ensemble la réaction d'Aurore Berger, vice-présidente République En Marche à l'Assemblée. Elle était à votre place hier matin sur France Info. On l'écoute.

0:42
Auditeur

À partir du moment où celles et ceux qui sont là pour organiser les élections dans nos territoires, c'est-à-dire les élus locaux, recommanderaient que cette élection puisse être décalée, alors je pense qu'il faudra suivre leur avis. Si on voit qu'il y a une majorité d'élus qui considèrent que cette élection peut se tenir, qu'ils savent pouvoir l'organiser, qu'ils savent trouver des assesseurs, alors maintenons-le.

1:03
Présentateur

Ça vous fait sourire Benoît Hamon ? Je ne comprends pas bien en fait.

1:07
Benoît Hamon

Soit ces élections peuvent se dérouler parce que le contexte sanitaire le permet, soit pas. Et l'avis des maires, de ce point de vue-là, ils peuvent vous dire s'ils sont capables d'organiser un scrutin, mais est-ce qu'ils peuvent vous dire est-ce que ce sera dangereux ou pas ? Non, moi je ne vais pas me retourner vers mon maire pour savoir si c'est dangereux ou pas, mais plutôt vers ceux qui ont la compétence de le faire. Donc ce que je veux dire, c'est que le gouvernement n'a pas besoin d'aller fondamentalement consulter les uns et les autres si son projet est déjà de reporter les élections.

1:33
Présentateur

Donc c'est quoi cette façon de faire là ?

1:35
Benoît Hamon

Ça s'appelle de la communication politique.

1:38
Locuteur non identifié

Voire de la manipulation ?

1:39
Benoît Hamon

Non, je ne veux pas dire, vous n'avez pas besoin de grands mots, mais manifestement, certains stratèges autour d'Emmanuel Macron pensent que c'est mieux de reporter les élections parce que ça peut placer dans l'embarras leurs adversaires politiques. Je ne crois pas fondamentalement aujourd'hui que, je vais vous dire les choses simplement, si le contexte sanitaire l'exige, il faut le faire. Je ne suis pas à la bonne place pour vous dire s'il l'exigera ou pas. Et à partir de là...

2:04
Locuteur non identifié

Donc vous ne vous prononcez pas ce matin pour le maintien ou le report, le maintien des élections régionales les 13 et 20 juin prochains ou le report ?

2:13
Benoît Hamon

Le maintien coûte que coûte, ou quoi qu'il en coûte, ça n'aura aucun sens. Si on estime que le virus circule à tel point que l'organisation d'un scrutin pourrait mettre en danger des vies, à l'évidence, le reporter, si c'est dans quelques mois, moi ne me posera pas de difficultés majeures. Par ailleurs, je note que, qui sait qu'il y a des élections régionales ? Moi je suis candidat sur une liste qui est celle de l'écologie politique et de la gauche en Ile-de-France. Julien Bayou. Oui, Julien Bayou. Peu de gens le savent. Pourquoi ? Parce que c'est une campagne finalement à bas bruit. Qui n'a pas commencé d'ailleurs. Pas vraiment. Non, qui se fait sur les réseaux sociaux et sur Internet.

Autant vous dire déjà que faire campagne c'est compliqué. Faire campagne en contexte de crise c'est encore plus compliqué. Mais aujourd'hui...

2:57
Locuteur non identifié

Alors pourquoi ne pas reporter ? Si on ne peut pas faire campagne.

3:02
Benoît Hamon

Non, mais attendez. La question c'est, faut-il reporter ? On reportera si les conditions sanitaires l'exigent. Moi je ne vais pas demander un report pour convenance personnelle. Oui, je préférerais que le mauvais bilan de Valérie Pécresse ne soit pas dissimulé par ce contexte où elle est la seule à pouvoir faire campagne parce qu'elle est les moyens de la région. Ça, dans l'absolu, je préférerais que ce serait plus clair démocratiquement.

3:23
Locuteur non identifié

Effectivement, on peut se demander si le maintien des élections régionales en juin prochain, enfin aux dates des 13 et 20 juin prochains, ne donne pas une prime au président sortant. Dans notre sondage, Ipsos, pour Soprasteria, France Info et le Parisien, effectivement, 63% des franciliens interrogés estiment que Valérie Pécresse a un très bon, voire un excellent bilan.

3:51
Benoît Hamon

Oui, mais parce que beaucoup ne le connaissent pas bien ou parce qu'on s'en tient de la communication. C'est vrai qu'aujourd'hui, qui sait par exemple que la région Île-de-France a tourné totalement le dos aux investissements écologiques ? Qui sait qu'aujourd'hui, elle a mis des centaines de millions d'euros dans un plan anti-bouchons ? Ça marche les plans anti-bouchons ? Heureusement qu'il y a eu la crise sanitaire pour permettre de circuler, mais certainement pas le plan anti-bouchons. Qui sait qu'aujourd'hui, en Île-de-France, la région Île-de-France n'a absolument fait aucun choix en matière d'interdiction de molécules dangereuses ou de pesticides ?

Qui sait qu'on ne conditionne aucune subvention à des engagements sociaux ou écologiques ? Mais pour ce qui est des associations à la signature de chartes sur la laïcité, quand par ailleurs on subventionne la manif pour tous ?

4:31
Présentateur

Pourtant, Benoît Hamon, dans notre sondage, Valérie Pécresse fait donc la course en tête, y compris d'ailleurs auprès des militants de certains de ses adversaires.

4:40
Benoît Hamon

Oui, mais je pense qu'il y a indiscutablement une prime au sortant dans un contexte où il est très difficile qu'une campagne électorale éclaire les bilans, les enjeux et les programmes. Déjà en période habituelle, on va dire sans crise sanitaire, on est confronté à une vraie défiance vis-à-vis du jeu politique. Mais à un moment où tout le monde se préoccupe de son emploi, de sa santé, de la santé de ses proches...

5:05
Locuteur non identifié

Et de la délinquance, c'est aussi l'un des enseignements du sondage. La première préoccupation des Franciliens, ce n'est pas l'écologie qui arrive en seulement deuxième position, c'est la délinquance. Loin devant, 35% des Franciliens estiment que c'est une préoccupation pour eux, très largement, encore une fois, devant l'environnement.

5:23
Benoît Hamon

Mais c'est le bilan de qui ? C'est le bilan d'Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse ? Là, aujourd'hui, c'est le bilan de qui, la délinquance ? C'est le bilan de qui, l'insécurité ? Sinon d'abord les conséquences de l'insécurité sociale d'une société qui se désagrège ? C'est le bilan de qui, de ceux qui aujourd'hui n'ont pas mis les moyens sur l'éducation nationale pour faire en sorte qu'on grandisse tous ensemble ? C'est le bilan de qui, de ceux qui refusent qu'on réponde d'autrui, qu'il faudrait d'abord penser à soi ? Ce discours-là qui domine dans les paroles de Mme Pécresse comme dans les paroles de M. Macron ? C'est le bilan de qui ?

C'est pas le bilan de ceux qui sont écologistes ou de gauche et qui aspirent à la cohésion sociale, à davantage d'égalité, à davantage de solidarité. Vous savez, en venant ici, je relisais une tribune d'un écrivain israélien, David Grossman, qui écrivait à propos d'Israël, une tribune qui s'appelait « La droite n'a pas vaincu la gauche en parlant d'Israël, elle a vaincu Israël ». Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Parce que j'ai le sentiment aujourd'hui, dans le discours politique, dans le climat politique, que le mot espoir, c'est devenu un mot grossier, que le mot espoir, c'est devenu un mot criminel, presque aussi dangereux, comme disait Grossman, que le mot paix.

Et qu'en fait, tout ce qui pousse à parler de justice et de solidarité, c'est devenu grossier et criminel. Et qu'il faudrait plutôt, en vouloir aux autres, chercher un bouc émissaire là, désirer le malheur des autres, pour espérer se sortir de son propre malheur. Moi, je ne ferais jamais commerce électoral et politique de ce genre de discours. Valérie Pécresse comme Emmanuel Macron ont décidé de jouer ce jeu-là. Et après, on va constater quoi ? Que la société se désagrège, qu'il y a plus de délinquance et d'insécurité. Mais c'est le bilan de qui ?

6:56
Présentateur

Benoît Hamon, invité du 830 France Info, on reprend cette discussion après le Fil Info, 9h moins 20, viens de faire chit.

7:02
Invité

A partir de demain, la vaccination sera ouverte à toutes les personnes âgées de plus de 55 ans, annonce du ministre de la Santé, Olivier Véran, dans le journal du dimanche. Une ouverture plus large possible grâce, selon lui, à deux vaccins, l'AstraZeneca et le Janssen. Il sera livré en France dès demain. 200 000 doses doivent arriver avec une semaine d'avance, félicite le ministre. Et pour ce qui est du délai entre deux doses des vaccins à ARN messager, il va pouvoir être allongé à 42 jours au lieu de 28. Le déjeuner a eu lieu dans un appartement privé, reconverti en restaurant. Briceur de feu reconnaît y avoir participé fin mars, un déjeuner de travail.

Selon lui, l'ex-ministre de l'Intérieur se défend de tout acte illégal. Un repas organisé par le chef Christophe Leroy, celui-ci, est mis en cause dans l'affaire des dîners haut de gamme clandestins dans la capitale. Sur France Info, le vice-président de la FNSEA demande des mesures sur la table dès la semaine prochaine, après l'épisode de gel qui a détruit de nombreuses cultures. Un événement climatique qui a touché dix des treize régions françaises. Le premier ministre en déplacement en Ardèche hier a assuré que des enveloppes exceptionnelles seraient débloquées. Le régime d'indemnisation des calamités agricoles sera déplafonné.

Le Paris Saint-Germain reste au contact de l'île après sa victoire 4 à 1 sur Strasbourg. Sept rencontres à suivre ce dimanche. La 32e journée de Ligue 1 de football reprend dès 13h avec Rennes qui reçoit Nantes.

8:19
Auditeur

France Info.

8:20
Présentateur

Benoît Hamon est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.

8:24
Locuteur non identifié

Benoît Hamon, dans notre sondage, les principales têtes de liste de gauche en Ile-de-France plafonnent. Julien Bayou, celui que vous soutenez à 11%, Clémotin à 11%, Audrey Pulvar à 12%. Vous parliez d'espoir tout à l'heure. Pour un électeur de gauche, il n'y a pas d'espoir que la gauche se réunisse en Ile-de-France, voire dans le reste du pays ? Vous partez vraiment divisé ? Ça va continuer comme ça jusqu'en 2022 ?

8:50
Benoît Hamon

Ben j'espère que non. J'ai même envie de vous dire qu'il y aurait presque deux listes de trop en Ile-de-France. Que ce serait bien plus souhaitable qu'il n'y en ait qu'une seule. Que sur les enjeux écologiques ou éducatifs, sur les enjeux d'aménagement du territoire, il y a largement la place pour faire cause commune. Et pour se retrouver autour d'une seule et unique liste qui rassemblerait la gauche et les écologistes. Et je ne crois pas que ce soit encore impossible. Et ce qui a été permis par exemple dans la région Hauts-de-France, où toute la gauche et les écologistes s'est retrouvée autour de Karim Adéli, je pense qu'il faudrait le reproduire partout.

Ça reste l'exception que confirme l'arrêt.

9:24
Locuteur non identifié

Attendez, Benoît Hamon, vous allez vous retrouver, vous serez à la table. Vous avez accepté l'invitation de Yannick Jadot pour un sommet de la gauche. Mardi, ce sera mardi d'ailleurs ? Je crois que c'est un peu plus tard. Je crois que c'est samedi prochain. Samedi prochain, donc effectivement dans une semaine, tous les leaders de la gauche vont se réunir pour tenter d'avoir une vision commune. A quel prix ce ne sera pas une réunion sans lendemain ?

9:49
Benoît Hamon

D'abord, il ne le faut pas que ce soit sans lendemain. Je vais vous dire les choses comme je les vois avec la plus grande sincérité qui soit. On ne peut pas parler, les uns et les autres, d'urgence climatique et d'urgence sociale. Chaque fois qu'on vient sur les plateaux, on dit le compte à rebours, égrène ces secondes de plus en plus vite, en quelque sorte, en matière de réchauffement climatique, d'effondrement de la biodiversité, d'inégalité sociale. On ne peut pas dire ça. Et ensuite, chacun dans son couloir de nage, concourir pour faire un score dont on sait qu'il sera perdant.

Si nous sommes convaincus qu'il y a urgence climatique et urgence sociale, il faut nous réunir parce que c'est la seule condition pour qu'en 2022, il y ait un gouvernement de transition écologique et un gouvernement de justice sociale.

10:27
Présentateur

Où sont les blocages, Benoît Hamon ? Où sont les blocages ou qui bloque ?

10:30
Benoît Hamon

La Ve République et le désir d'être président de la République, aujourd'hui, ce désir...

10:37
Présentateur

Les ambitions personnelles, alors ?

10:39
Benoît Hamon

Oui, il emporte sur, à l'évidence, l'intelligence collective. Et l'intelligence collective, c'est même plus que ça. Je pense qu'il serait criminel pour la gauche de ne pas se rassembler. On ne peut pas dire, nous voulons le bien du plus grand nombre, et finalement, au moment d'être candidat, tout faire pour perdre.

10:58
Locuteur non identifié

D'ores et déjà, Jean-Luc Mélenchon a dit, moi, je ne viendrai peut-être pas, je vais envoyer Adrien Quatennin. Qu'est-ce que vous dites, ce matin, à Jean-Luc Mélenchon ? Qu'est-ce que vous dites aux autres leaders de gauche ?

11:07
Benoît Hamon

Je leur dis, venez, venez, je leur dis, rassemblons-nous d'abord, parce qu'au moins, pour poser les accords et les désaccords. Il n'y a rien de mal à être en désaccord. Et quand la gauche s'est réunie dans le passé, elle a su construire des convergences, et puis ensuite dire, bon, voilà, sur la question européenne, il y a des désaccords. Sur cette question économique, il peut y avoir des désaccords. Mais ces désaccords sont-ils insurmontables, au point qu'on se prive de la possibilité d'une majorité de progrès et une majorité écologiste dans ce pays ? S'il y a urgence climatique et urgence sociale, il faut se réunir.

Sinon, ça veut dire, si on ne se réunit pas, qu'on se désintéresse complètement de la question climatique et de la question sociale, puisqu'on ne veut pas d'un gouvernement de transition écologique en 2022.

11:48
Locuteur non identifié

Mais est-ce que ce n'est pas la bérésinade, alors c'est déjà annoncé pour la gauche, que ce soit d'ailleurs en régionale ou que ce soit à la présidentielle, ce matin, un sondage dans le JDD, celui-là, effectivement, un sondage IFOP, montre que tous les leaders de gauche, alors Anne Hidalgo, effectivement, fait jeu égal, mais tous les leaders de gauche à Parel, eh bien, trébuchent face à Marine Le Pen au second tour. Bon, ça appelle deux commentaires de ma part.

12:12
Benoît Hamon

C'est d'abord un sondage terrifiant. Parce que cela veut dire qu'une majorité de Français préfère l'extrême droite à la gauche républicaine. Première chose. Ça veut dire aussi que la gauche n'a plus de récit émancipateur en capacité de submerger ou de vaincre le projet qui est le projet le plus porteur de malheur qui soit. Et c'est pour ça que, dans le passé et encore maintenant, j'ai beaucoup insisté sur cette question du récit émancipateur. Quel est le grand projet éducatif de la gauche ? En quoi, aujourd'hui, veut-elle renouer avec l'émancipation des plus jeunes dans ce qu'elle a raconté sur l'école ?

12:51
Locuteur non identifié

Et en matière sociale, ce matin, il y a une tribune, par exemple, de Martine Aubry, d'Anne Hidalgo, signée par des maires de gauche, qui disent, finalement, pour lutter contre la précarité, il faut des emplois verts. C'est ça, l'avenir de la gauche ?

13:01
Benoît Hamon

Je pense que ce n'est pas assez. C'est bien de dire qu'il faut des emplois verts pour des chômeurs de longue durée, mais c'est bien d'avoir un sirop pour l'atout quand on tousse. Mais je pense que, c'est pour ça que j'avais posé la question du rapport au travail du revenu universel, on a besoin de grands récits émancipateurs. Moi, je préconise, par exemple, une sixième semaine de congé pour tous les Français, sous condition qu'ils soient inscrits dans un cycle éducatif, qu'on ait la possibilité d'apprendre et qu'on ait le droit à une sixième semaine de congé payée. Donc on a besoin, aujourd'hui, de justice sociale et de solidarité.

Mais ça appelle à un autre commentaire de ma part, le fait qu'aujourd'hui, une majorité de Français préfère l'extrême droite à la gauche. Ce qui me... presque m'étreint ce matin, à la lecture de ce sondage, c'est que j'ai l'impression que ça fait plusieurs années que la nation française, la France, s'apprête à revêtir son costume sombre. Le costume dont elle s'habille quand elle a le regard fuyant et le rectus qui lui barre la face. C'est-à-dire le costume qu'elle a déjà revêtu dans le passé. Un costume noir et qui est un costume de malheur. Et je le perçois dans le désir de bon coup de nos compatriotes.

De préférer le malheur des autres à l'idée qu'on puisse se retrouver ensemble sur un projet commun.

14:17
Locuteur non identifié

Donc vous êtes d'accord avec Arnaud Montebourg, qui dans votre ex-amie, qui dans Financial Times, cette semaine disait, oui, Marine Le Pen va gagner. Non, moi je ne dis pas qu'elle va gagner. Je vois qu'elle peut gagner,

14:28
Benoît Hamon

mais je ne dis surtout pas qu'elle va gagner. Je ne pense que ça n'a aucun intérêt à écouter ceux qui annoncent le malheur. Et si Arnaud pouvait rectifier, il devrait dire, il ne faut pas qu'elle gagne. Et je vais tout faire avec le reste de la gauche pour ne pas qu'elle gagne. Et la dernière chose que je voudrais dire, le dernier commentaire, c'est pourquoi en arrive-t-on là ? Oui, la gauche manque d'un récit émancipateur. Oui, elle a failli quand elle était au pouvoir. Mais vous vous rendez-vous compte qu'aujourd'hui, aux yeux notamment de ce gouvernement, qui est diabolisé ? La gauche et les islamo-gauchistes.

Qui fait l'objet d'une satanisation dans le débat politique ou d'une diabolisation ? La gauche, vous vous rendez-vous compte que, moi aujourd'hui, aux yeux d'un Jean-Michel Blanquer ou d'un Gérald Darmanin, on fait l'objet des pires dénonciations. Et par contre, on explique, sur le service public, Gérald Darmanin, que Marine Le Pen est trop molle sur le séparatisme. Mais qui a dédiabolisé ? Qui est en train de dire, aujourd'hui, l'extrême droite, finalement, ne serait plus l'extrême droite ? Et le danger pour la République, ce serait la gauche. Mais quelle inversion des valeurs ! La responsabilité d'Emmanuel Macron est très grande.

Et je vous ramène à ce que j'évoquais tout à l'heure, la tribune de David Grossman, qui disait, la droite n'a pas vaincu la gauche, la droite a vaincu Israël quand il parlait d'Israël. Macron n'a pas vaincu la gauche, il est en train de vaincre la France, s'il prépare, à travers ses politiques, la diabolisation de la gauche et la normalisation du Front National, s'il prépare la victoire de Marine Le Pen.

15:57
Présentateur

Benoît Hamon, vous rêvez d'union de la gauche. Ces derniers jours, la gauche s'est plutôt déchirée sur le thème des réunions non mixtes autour de l'UNEF. Est-ce que vous regrettez que l'UNEF n'ait pas été davantage soutenue ?

16:11
Benoît Hamon

Mais écoutez, de quoi on parle ? On parle de gens, il y a toujours eu ça à gauche dans les mouvements féministes, de gens qui sont victimes de discrimination, qui préfèrent se retrouver entre eux pour en parler. Et c'est là l'inversion des choses. Je veux dire, les victimes de racisme sont devenues le problème dans ce pays. Quand même, c'est incroyable. On dénonce les mouvements néo-féministes, on est chez les fous. Vraiment, on est chez les fous. Et je prie la gauche d'arrêter de se diviser sur ces questions-là. Parce qu'on donne du carburant à qui ? À CNews, à Zemmour, à Bolloré, à Blanquer, à Darmanin, qui disent la même chose au passage. Notez-le.

16:48
Présentateur

Donc pour vous, c'est le gouvernement qui entretient sciemment ces débats et ce climat.

16:53
Benoît Hamon

Et les idiots utiles de ce débat, c'est-à-dire nous autres, à gauche, quand on considère que l'intersectionnalité, qui veut dire quoi ? On peut reprendre le mot ? Intersectionnalité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire être à l'intersection de différentes injustices et discriminations. Si je suis une femme noire, je peux être deux fois discriminé. C'est ça ? Est-ce que c'est faux ? Non, c'est vrai en plus. De quoi on parle ? Est-ce qu'on peut revenir sur Terre et se dire comment est-ce qu'on va vaincre les injustices sociales ?

Est-ce qu'on peut se dire qu'on fait une fiscalité sur les plus riches qui continuent à être de plus en plus riches au moment où on manque d'écoles pour les hôpitaux et les écoles ? On manque d'argent pour les hôpitaux et les écoles ? Des choses simples. Voilà, je vous propose qu'on revienne aux choses simples.

17:34
Présentateur

On va essayer de le faire juste après le fil info, puisqu'il est 9h moins 10. Voici Diane Ferschit.

17:39
Invité

Tenez bon, nous sommes à vos côtés. Les encouragements sur Twitter d'Emmanuel Macron à l'attention des agriculteurs fortement touchés par le gel Dans certaines régions, 100% des cultures sont détruites. Le Premier ministre Jean Castex promet des enveloppes exceptionnelles face à cette crise. Il assure également que le fonds de calamité agricole sera déplafonné. Les annonces d'Olivier Véran dans le journal du dimanche. Élargissement de la campagne de vaccination. Le ministre de la Santé indique que dès demain, toutes les personnes âgées de 55 ans et plus pourront se faire vacciner avec l'AstraZeneca et le Janssen.

Pour ce qui est du Moderna et du Pfizer, la campagne de vaccination sera étendue à tous les plus de 60 ans à partir de vendredi prochain, avec désormais 42 jours entre deux doses. Les autotests arriveront aussi bientôt dans les écoles. C'est un geste qui s'apprend, précise sur France Info l'union des syndicats de pharmaciens d'officine. Si on le fait mal, selon lui, le résultat ne sera pas correct. Deux erreurs de procédure à l'origine de la remise en liberté cette semaine de l'auteur présumé de l'incendie de Courchevel. En janvier 2019, deux personnes avaient été tuées. L'homme d'une vingtaine d'années mise en examen dans cette affaire est placé sous contrôle judiciaire strict.

Le projet de loi climat et l'Assemblée nationale votent en première lecture la suppression de certaines lignes aériennes intérieures. Des liaisons qui peuvent se faire en train en moins de deux heures et demie. C'est le cas par exemple des lignes entre Paris et Nantes, Lyon ou encore Bordeaux.

18:51
Auditeur

France Info.

18:55
Présentateur

Benoît Hamon est l'invité du 8.30 France Info. On va maintenant parler vaccination. Jean-Jérôme Bertolus.

19:01
Locuteur non identifié

Vaccination et crise sanitaire. Vous parliez de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale. Vous l'avez été ministre de l'éducation nationale, même si vous l'avez été peu de temps. Comment vous jugez les bugs qui ont affecté l'éducation à distance la semaine dernière ? C'est un fiasco.

19:20
Benoît Hamon

J'aurais aimé que ça ne le soit pas. Pour au moins assurer un enseignement à distance de qualité dans une période où c'est compliqué de transmettre des connaissances et des compétences à distance. Quand on sait que dans des familles il n'y a qu'un seul ordinateur, quand vous avez quatre enfants qui doivent avoir des cours, comment on fait ? Et on sait que le décrochage d'un certain nombre d'enfants, d'élèves, s'est accéléré avec ces périodes d'enseignement à distance. Donc la responsabilité de l'éducation nationale est à minima, à minima, dans un moment qu'elle ne préfère pas, celui de l'enseignement à distance, mais d'assurer des bonnes conditions. Et là on a quoi ?

Le CNED, le Centre National d'Education à Distance, Voilà, d'enseignement à distance qui fait face à un bug qui est un bug informatique dont le ministre nous explique que c'est une attaque informatique étrangère. Bon, on a failli avoir le coup de l'impulsion électromagnétique extraterrestre bientôt, peut-être pour la semaine prochaine ou dans 15 jours après les vacances scolaires. Mais je rappelle juste que le personnel du CNED s'est mis en grève pour dénoncer le manque de moyens, l'impréparation et honnêtement, moi j'ai pris soin depuis maintenant plusieurs années de ne pas critiquer tous les matins le ministre de l'éducation nationale parce que je trouve que c'est une tâche difficile.

20:33
Locuteur non identifié

Mais là ce matin vous juger que c'est sa responsabilité ?

20:35
Benoît Hamon

Ah oui, surtout ce que je ne supporte pas, je vais vous dire, c'est qu'à un moment, quand il y a quelque chose qui ne marche pas, il faut dire oui ça n'a pas marché et aller chercher des excuses. Quand on sait que la justification de l'attaque informatique étrangère a été prise le matin au cabinet, en réunion du cabinet, un peu vite manifestement, tout ça n'est pas sérieux. On assume quand ça ne marche pas et là c'est effectivement un fiasco.

Alors séance de rattrapage, si je puis dire, dans 15 jours, quand il y aura la rentrée des collégiens qui ont encore une semaine de cours à distance, j'espère que nous ne serons pas, comme parents, encore devant un écran dans lequel nos enfants attendent

21:16
Présentateur

que la connexion se fasse. dit que l'essentiel c'est que les élèves français aient été privés le moins possible de cours en présentiel.

21:24
Benoît Hamon

Moi je pense qu'effectivement, c'est très important les cours en présentiel, notamment pour assurer un minimum d'égalité des élèves vis-à-vis de l'instruction, de l'enseignement, parce que c'est très compliqué dans certaines familles, dans certains logements. Prenons simple, si vous n'avez qu'un seul ordinateur, que vous avez deux collégiens et un enfant en primaire, vous faites comment ? Vous faites cours sur le téléphone portable ? On voit bien que ça ne tient pas. Et effectivement, il vaut mieux le présentiel que le distanciel, même si aussi un certain nombre des arguments qui justifiaient qu'on maintienne les enfants à l'école étaient très très éloignés des préoccupations éducatives.

Elles visaient surtout à ce que les parents puissent aller travailler à ce moment-là, parce que les enfants étaient à l'école. Donc, j'observe que l'argument de l'inégalité scolaire a été opportunément ressorti par ce gouvernement, quand en réalité, il souhaitait que les gens aillent travailler. Mais, pour ce qui est du ministre de l'Éducation nationale, je ne vais pas lui faire ce reproche a priori. Je dis simplement qu'il ne pouvait pas ne pas savoir qu'il y allait avoir des moments, des pics épidémiques qui justifieraient qu'on se prépare à l'enseignement à distance. Là, je trouve vraiment très très court d'aller nous sortir l'attaque informatique.

22:33
Locuteur non identifié

En matière vaccinale, est-ce que vous donnez quittus au gouvernement sur le fait que le gouvernement va sans doute réussir son pari d'avoir tous les Français volontaires, qui le souhaitent en tout cas, vacciner d'ici le début de l'été. 10 millions de personnes ont été vaccinées. C'était jeudi dernier. 500 000 personnes ont été vaccinées en une seule journée, vendredi. Olivier Véran annonce aujourd'hui que les plus de 55 ans vont pouvoir se faire vacciner dès demain. Est-ce que, sur ce point-là, vous saluez, en quelque sorte, l'action du gouvernement ?

23:07
Benoît Hamon

Écoutez, la solution, c'est la vaccination. Donc, on le sait. Et moi, je soutiens le fait qu'on accélère en matière de vaccination dès lors qu'on a les doses, dès lors qu'on peut les produire ici, et dès lors que les conditions dans lesquelles cette vaccination se font sont bonnes. Donc, j'aime pas ce mot pari vaccinal, parce qu'on a l'impression qu'on joue, derrière, il y a des vies, quand même. Et c'est, là encore, une formule du gouvernement qui enchaîne les paris alors qu'il a perdu, pour certains, et d'autres qu'il réussirait. On a 100 000 morts en France.

Il y a besoin, aujourd'hui, que la vaccination, en tout cas, se fasse et qu'elle soit massive, comme le moyen de pouvoir échapper à cette crise, nous en sortir progressivement, et surtout, éviter de nouveaux deuils.

23:52
Présentateur

Le vaccin Spoutnik, on en fait quoi ? Vous dites qu'il faut vacciner au maximum, le maximum de produits ?

23:57
Benoît Hamon

Non, mais dès qu'ils ont une autorisation des autorités sanitaires françaises, dès qu'on considère, aujourd'hui, que ces vaccins sont des vaccins efficaces, moi, je n'ai aucun problème à ce qu'on soit vacciné par les uns ou par les autres. Le juge de paix, c'est ce que dit l'Agence sanitaire et du médicament. Là-dessus...

24:16
Présentateur

Vous n'avez pas l'impression qu'on retarde un peu le moment où on serait amené à utiliser ce vaccin ?

24:20
Benoît Hamon

Écoutez, peut-être qu'il y a des stratégies commerciales derrière. Ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui, dès lors, il y a un juge de paix. C'est la même chose que pour les élections. Moi, on a découvert que... Alors, cela encore, compliment du ministre de l'Éducation nationale qui dit au président de la République, Jean-Michel Blanquer, à propos d'Emmanuel Macron, c'est le meilleur épidémiologiste de France. Peut-être qu'il est un bon informaticien qui pourra lui réparer CNED aussi, au passage. Mais c'est ridicule, tout ça ! Maintenant, on voit que le président de la République se méfie du conseil scientifique qu'il serait plus expert que les scientifiques eux-mêmes.

Donc, moi, je m'en tiens. Il y a un conseil scientifique. Il y a des autorités qui ont la compétence, sur le plan sanitaire, pour nous dire ce qui est bon pour la santé des Français, ce qui ne l'est pas. Dès lors qu'elles sont préservées des conflits d'intérêts, je leur fais confiance.

25:05
Présentateur

Merci, Benoît Hamon, invité du 8.30 ce matin, conseiller régional d'Ile-de-France et fondateur du mouvement Génération.

Régionales, union de la gauche, dysfonctionnements de l'école à la maison... le "8h30 franceinfo" de Benoît Hamon — Benoît Hamon · Pourquijevote