Éric Zemmour : vœux à la presse
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs les journalistes, pour mes premiers et derniers voeux à la presse de candidats à l'élection présidentielle, j'aimerais vous dire quelques mots. Et d'abord, je suis heureux de vous présenter ce qu'on ne vous présente plus, Philippe de Villiers, Laurence Trochu et Guillaume Pelletier, dont je suis très fier, et Jacqueline Moureau, dont je suis très fier, que je suis très fier d'avoir à mes côtés. Dans un an, jour pour jour, je vous inviterai à l'Élysée et nos relations ne seront plus les mêmes. Vous vous adresserez à moi avec respect, admiration, sollicitude et même un brin d'hypocrisie, comme vous le faites toujours avec les présidents de la République.
Et malgré le sens aigu que j'aurai de la gravité de mes très hautes fonctions, je vous répondrai avec une sympathie qui rompra de manière éclatante avec le style de mon prédécesseur. Cet illustre emmerdeur, selon l'autoportrait qu'il dresse de lui-même et qui, reconnaissons-le, est d'une saisissante ressemblance. Toutefois, hélas, la nature solitaire du pouvoir étant ce qu'elle est, je serai président, vous pas, et il me faudra instaurer entre nous la distance nécessaire à ce que vous disiez de moi, il habite la fonction. Nous verrons bien. J'ai beau être gaulliste, je vous promets d'être le moins jupitérien possible.
C'en sera fini du président qui répond de la manière la plus vide à vos questions les plus creuses. Nous dialoguerons, nous débattrons et ce ne sera plus l'idéologie qui aura le dernier mot, mais la France. Et puis, comment pourrais-je vous prendre de haut ? Il y a six mois à peine, j'étais encore l'un d'entre vous. Vous aviez beau me présenter comme le polémiste d'extrême droite, j'étais votre collègue. Vous aviez beau clamer que mon intention de me présenter à la magistrature suprême était un coup de bluff destiné à vendre mon dernier livre, un feu de paille médiatique sans lendemain.
Vous aviez beau tenter de faire croire que je n'étais qu'un provocateur, j'étais quand même votre semblable. Oui, c'était hier et j'étais l'un d'entre vous. Ah, bien sûr, j'étais différent aussi. Et pour trois raisons. D'abord, j'étais de droite, alors que, souvenez-vous, 99% d'entre vous avaient soutenu bec et ongles François Hollande avant d'être 99% à défendre Emmanuel Macron. Ensuite, je parlais, j'écrivais le français, alors que votre langue maternelle est le politiquement correct. Enfin, j'étais populaire. J'étais le plus controversé d'entre nous et d'entre vous. Oui, mais également le plus applaudi, alors que vous n'êtes ni controversé ni applaudi.
Vous qui m'avez souvent présenté comme l'homme le plus détesté de France, vous étiez en réalité et vous êtes toujours les hommes et les femmes les plus mal aimés de France. Mais qui ne vous aime pas ? Le peuple, c'est que, voyez-vous, le peuple a de la mémoire, de la jugeote et de la lucidité. Le peuple vous en veut et, malheureusement, il a raison de vous en vouloir. Le peuple est en colère. Il dit énormément de mal de vous dans votre dos. Depuis six mois, je fais le tour de la France, en long, en large, en travers. Je discute de tout avec tous ceux que je rencontrais.
Je peux vous dire que, pas une fois, mais pas une seule, même pas en rêve, le moindre Français ne m'a dit « Oh, arrêtez de dire du mal des journalistes, moi j'aime les journalistes ». Non, vous n'êtes pas aimé, mes bons amis, la population vous taille des costards à la chaîne, de quoi vous rhabillez pour cent ans. Mais la question est alors le mérité. Êtes-vous responsable de cette affreuse réputation qui vous est faite par nos concitoyens ? Êtes-vous coupable des faits qui vous sont reprochés par le tribunal de la rue ? Si je veux rester objectif, je me dois de répondre non.
Parce que, parce que je sais ce que vous vivez, parce que je comprends votre situation et que, de tous les candidats, je suis incontestablement celui qui vous connaît le mieux. Je n'ignore pas que certains d'entre vous subissent au sein des rédactions, lorsqu'ils osent couvrir ma candidature impartialement, au pire, dire du bien de moi. Je devine, pour l'avoir vécu, les regards mauvais, les poignées de main froides, pour celui, par exemple, qui oserait ne pas me qualifier, selon la ritournelle formule, de polémiste, extrême, extrême droite, radicale et extrême. Je sais la pression qui est exercée sur vous.
Depuis l'école de journalisme jusqu'au plateau de télévision, la pression d'une idéologie qui est prête à tout pour imposer ses dogmes. Je sais comment cela se passe. J'ai mis des années à m'en libérer, moi aussi. Je connais la facilité d'utiliser les angles des confrères par peur de l'originalité, par peur de penser par soi-même, par peur d'être marginalisé. D'où cette tendance si moutonnière à se copier les uns les autres. Comme disait Régis Debray, qu'est-ce qu'un journaliste ? C'est celui qui lit les autres journalistes. Or, le journalisme n'est pas un métier comme les autres. En tout cas, pas en France.
Je le dis pour les plus jeunes d'entre vous, car cela pourra s'avérer très utile dans la suite de leur carrière. Le journalisme français est lié intimement à la littérature, à la politique et à l'histoire. Le journalisme français est depuis ses débuts le moteur de toutes les révolutions. En 1830, le peuple de Paris a même renversé un roi pour défendre la liberté de la presse. Le journalisme français est une branche de la littérature française. Tant de nos grands écrivains furent aussi des journalistes. Lamartine, Hugo, Chateaubriand, Zola, Daudet, Bainville, Camus, Sartre, Aragon, Moriac, tant d'autres. Tous ont écrit des articles, tous ont rédigé des éditos, tous ont publié des enquêtes.
Nos plus grands écrivains et nos plus grands journalistes se sont également jetés avec fièvre dans la vie politique. Hugo à Lamartine, de Thiers à Zola, d'Aragon à Malraux. Le journalisme, la littérature, la politique. Un trio magique, un trio français pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, le style, les grandes idées, les grands idéaux. Le pire, la mauvaise foi, l'invective, le sectarisme. Avec Illusion perdue, Balzac a écrit la critique la plus acerbe de votre métier. Elle n'a pas pris une ride seule à changer la technologie. La presse, qu'elle soit écrite ou audiovisuelle, est restée le temple du progressisme qu'elle était déjà.
Au temps de Balzac, on était patriote, libéral, socialiste. Aujourd'hui, on est antiraciste, féministe, écologiste. La culture woke a pris la place du marxisme, qui avait pris la place du socialisme, qui avait pris la place du libéralisme. Peu importe le réel, pourvu qu'on ait l'idéologie. Peu importe la vérité, pourvu qu'on ait la tête de l'adversaire au bout d'une pique. Je sais que les plus anciens d'entre vous vivent mal l'arrivée des réseaux sociaux dans la vie médiatique. Ils y voient une concurrence intolérable. Et l'antre des bobards, le berceau des fake news. Bien sûr, il y a à boire et manger dans ces réseaux sociaux. Mais la presse, selon moi, devrait plutôt s'interroger.
Internet est au journalisme ce que l'imprimerie fut aux prêtres. Les prêtres ont perdu le monopole de l'interprétation de la Bible avec l'imprimerie. Chacun pouvait lire la Bible et non plus écouter la parole du prêtre. Cela a donné le protestantisme. Les nouveaux prêtres, que sont les journalistes, ont avec Internet perdu le monopole de l'interprétation de l'actualité et du monde. Cela donne ce que vous appelez avec mépris le populisme. Moi, j'y vois une formidable victoire de la démocratie et de la liberté contre l'idéologie.
Car l'idéologie, tenant d'une main de fer les universités et les écoles de journalisme, tenait le journalisme et à travers lui dictait l'agenda politique de tout le pays. A travers vous, elle imposait sa grille de lecture à la volonté des peuples. Elle a perdu ce monopole et c'est une immense conquête pour le pluralisme qu'ont la possibilité de dire la vérité quand le pouvoir la dissimule. Je le dis aux plus jeunes, ne vous opposez pas aux réseaux sociaux où le peuple s'opposera à vous. Et sans le peuple, vous n'êtes rien à moins de vivre exclusivement de subventions. Mais alors, vous seriez moins que rien. Vous le comprenez de tous les candidats.
Je suis celui qui éprouve un amour immodéré pour le métier de journaliste, pour son irrésistible capacité à s'opposer à la fatalité du mensonge et à le vaincre comme l'ange terrasse le démon. Le journalisme est mon ancien métier, mais il est resté pour moi une passion et elle n'a rien de passé. C'est elle qui me fait vous parler. Je vous regarde et je me dis, ils sont les otages de l'idéologie et c'est injuste. On pourrait dire que le peuple mérite mieux que vous, mais c'est d'abord vous qui méritez mieux que l'esclavage intellectuel qui vous est imposé. C'est de cette situation qu'est lui président, je vous libérerai. Vous découvrirez la joie de ne plus vous soumettre.
Vous serez enfin réellement écouté, enfin profondément respecté, enfin peut-être, qui sait, aimé même. Le service public ne crachera plus sur le contribuable tous les jours au petit déjeuner. Il ne giflera plus le réel tous les soirs à 20h. 2022 sera l'année qui changera bien des choses. Elle sera également l'année de la renaissance du journalisme français, le vrai, le grand, celui qui est mort étouffé sous la chape de plomb du politiquement correct, celui qui va retrouver l'inspiration, l'esprit critique, le courage, la gloire, celui qui va reprendre goût au combat contre le mensonge. La lutte pour la vérité est une bataille sans armes, mais c'est une bataille rude, prenante.
C'est la bataille de toutes vos existences et elle restera mienne. Alors, chers anciens confrères, c'est avec sincérité et, je vous l'avoue, un brin de confraternité nostalgique que je vous souhaite une belle et bonne année 2022. Je vous souhaite de chercher la vérité, de la trouver, de la dire. Je vous souhaite de vous libérer de vos œillères idéologiques, de penser enfin entièrement par vous-même, sans céder à la pression lancinante du conformisme. Je vous souhaite d'exercer le métier le plus excitant du monde. Je vous souhaite d'être journaliste. Et maintenant, vive la République et surtout, vive la France.
Merci beaucoup. Première série de questions ouvertes. Un micro ici. Que tout le monde m'entend là ? Oui, c'est bon pour les micros ? Vous entendez ? Allo, allo ? Oui, c'est bon. Bonjour, monsieur Zemmour. Vous écrivez dans votre communiqué hier que le ralliement de Guillaume Pelletier est un tournant, pourtant le 27 septembre, donc il y a plus de trois mois. Vous disiez déjà sur LCI à Rôtel-Crieff, il y a chez LR une partie des hauts dignitaires, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Éric Ciotti, Nadine Morano, qui n'ont rien à voir avec Valérie Pécresse. Ces gens-là, s'ils sont cohérents avec leurs idées, ils sont plus près de moi, je les espère.
Pour le moment, seul Guillaume Pelletier, qui n'était pas dans votre liste, vous a rejoint. Où en sont vos échanges avec Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Nadine Morano et Éric Ciotti ? Est-ce que vous les espérez toujours ?
Je continue de penser que tous ces gens-là que j'ai cités n'ont rien à voir et rien à faire avec Mme Pécresse. Mais dans la vie politique, il y a ceux qui préfèrent leur parti à la France et il y a ceux qui préfèrent la France à leur parti. Guillaume Pelletier est de la seconde catégorie. Je souhaiterais jusqu'au dernier moment que tous ceux que j'ai cités le soient également.
Bonjour.
Bonjour, madame.
Est-ce que votre ralliement, M. Pelletier, signifie que vous vous êtes accordé sur des points programmatiques ? J'imagine que vous avez lu son livre « Premier de cordée » et notamment des propositions assez audacieuses qu'il avait formulées à l'époque. Est-ce que vous êtes engagé à reprendre certaines des idées de Guillaume Pelletier ?
Ça ne se passe pas comme ça, madame. La présidentielle, c'est un candidat, un candidat, qui s'exprime devant le peuple avec ses idées, son projet, son programme. Et les gens le rejoignent pour ce qu'il est, pour ce qu'il incarne. Après, évidemment, les gens qui le rejoignent apportent leur sensibilité, leurs idées, leur créativité, leur réflexion, leur expérience, et heureusement, car ainsi, ils enrichissent le candidat et le programme du candidat.
Merci. Une autre question ? Ici ou là, il y a un micro derrière. Ici. Bonjour, madame. Très concrètement, est-ce que le ralliement de M. Pelletier pourrait aussi vous permettre d'obtenir plus de parrainages ?
Évidemment, Guillaume Pelletier nous aidera à trouver de nouveaux parrainages et je suis sûr que son expérience, son habileté, ses relations et son entre-gen nous seront très utiles, bien sûr. Mais il n'y a pas que ça, vous savez, dans l'avenue de Guillaume Pelletier. Tout Guillaume Pelletier nous sera très utile.
C'est-à-dire ? Bonjour, monsieur Zemmour. Justement, sur la question des parrainages, où est-ce que vous en êtes précisément ? Et Jean-Luc Mélenchon demande que le gouvernement revienne sur l'anonymat des parrainages cet après-midi. Est-ce que vous faites la même demande ?
C'est une très bonne idée. J'ai dit depuis des semaines que cette suppression de l'anonymat était une perversité et un reniement de la loi et de l'élection du président de la République au suffrage universel voulue par le général de Gaulle. Le général de Gaulle a voulu mettre l'élection du président de la République au suffrage universel dans les mains du peuple. Il n'a pas voulu le mettre dans les mains des élus. Parce que ça, c'est justement ce qui existait avant, en 1958, où le président était élu par les grands élus. Donc, si le général de Gaulle avait voulu que ça reste comme ça, il n'aurait pas fait cette réforme de l'élection du président de la République au suffrage universel.
Les parrainages de maires sont là uniquement pour éviter les candidatures farfelues, de fous, etc. Ce n'est pas pour permettre aux partis installés avec des élus de monopoliser l'élection et d'empêcher les candidatures concurrentes. Parce que ça, dans ce cas-là, ça s'appelle le régime des partis. Et c'est justement contre cela que le général de Gaulle a fait cette réforme institutionnelle majeure. Donc, il y avait dans la volonté de François Hollande d'obliger la publication de ces parrainages la volonté d'aller à l'encontre de l'esprit de la réforme du général de Gaulle. Donc, je suis tout à fait d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. Entre, je dirais, entre 300 et 350 parrainages.
Mais pour l'instant, ce ne sont que des promesses, comme vous le savez. Voilà.
Une question là-bas. Bonjour pour Guillaume Pelletier. Dans le livre « Milieu de Cordée » que c'était ma conseil du point tout à l'heure, vous définissez comme travailliste. Est-ce que c'est toujours le cas et est-ce que cette définition, ça a toujours lieu d'être ciée à M. Zemmour ? Merci. Dans cette définition, je reprenais celle dont Éric parle d'ailleurs assez régulièrement. C'est le fameux et magnifique discours de Jacques Chirac en 1976. Année de ma naissance sur le travaillisme à la française, c'est-à-dire comment refaire de la valeur travail l'une des valeurs cardinales de notre pays.
Au fond, aujourd'hui, le goût des Français pour le travail a été brisé, bridé et brimé par une classe politique qui, depuis 40 ans, a inventé des taxes, des normes, des impôts et, au fond, un système d'assistanat qu'il nous faut combattre. Donc, je crois qu'on se retrouve sur la valeur travail de manière très facile, cher Éric.
Absolument.
Oui, bonjour. Adrien Decalan, l'urgence France Presse. Vous dites que le peuple a raison d'en vouloir aux journalistes. La semaine dernière, vous avez cité Libération et Mediapart, nommément. Est-ce que c'est le rôle d'un responsable politique comme ça d'alimenter une forme de tension avec la presse ? Est-ce que ça présente pas un risque ?
Je vous assure que vous n'avez pas besoin de moi pour susciter ce genre de tension. Vous vous débrouillez très bien tout seul.
Alors, autre question de ce côté-là ? Non ? On clôt la séquence. Général, assis une autre là-bas. Allez-y, monsieur. Bonjour. On vous entend. Au début de la campagne, vous aviez dit que vous rechercheriez chez les LR celui qui pourrait être ce qu'a été Jacques Chirac à Valéry Giscard d'Estaing. en 1974. Le ralliement qui permettait à Valéry Giscard d'Estaing d'être définitivement élu. Est-ce que c'est le cas aujourd'hui de Guillaume Pelletier ? Est-ce que c'est le Jacques Chirac d'Éric Zemmour ?
Et est-ce qu'il vient avec, je ne sais plus combien ils étaient, une cinquantaine de RPR de l'époque, de gaullistes de l'époque qui vont pouvoir ensuite vous rallier et vous permettre d'accéder aux entours ?
Vous savez, quand je disais cela, c'était une analyse politique. J'étais dans l'idéal. Aujourd'hui, je suis dans le réel. Et donc, l'arrivée de Guillaume Pelletier est le début de cette vague que j'espère et que j'escompte.
Merci. Dernière question peut-être avant de passer à la séquence thématique. Je vous redemandais à nouveau pour la retirer si est-ce que vous espérez d'autres ralliements LR imminents ?
Mais quand on aura d'autres ralliements, qu'il se soit de LR ou d'ailleurs, on vous le dira.
C'est bon ? Bien, merci. On passe à la séquence thématique. Aujourd'hui, nous parlons de l'école. Donc, vous allez avoir des dossiers là qui vont être distribués. Merci, Diane, Baptiste, Sarah de faire distribuer l'ensemble des dossiers qui ont été prévus. Eric, quand vous voulez.
Écoutez, je vous propose, si vous le voulez, qu'on fasse une série de questions-réponses sur l'école plutôt que je vous impose un long pensum de mon programme. Ce que je voudrais vous dire, d'abord, en préambule, c'est je ne parle pas de l'école par hasard. Et je pense que l'école est essentielle, a été essentielle pour moi dans mon existence. Sans l'école, je ne serais pas l'homme que je suis devenu. Et je ne suis pas le seul. Tous les Français doivent quelque chose à cette école qui nous a tant donné. Tous les Français savent qu'il n'y a pas de nation prospère sans une école qui transmet les savoirs et sans une école qui permet à chaque élève de viser l'excellence.
Tous les Français s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants. Surtout quand ils ne peuvent plus faire confiance à l'école républicaine pour assurer ses missions les plus essentielles. Tous les Français savent aussi que la bataille culturelle et donc politique se jouent avant tout à l'école puisque l'école est le creuset où se façonnent les futurs Français quelle que soit leur origine. Autrement dit, la France ne peut rester elle-même sans une école digne de ce nom. Il n'a donc rien de plus noble et de plus important que de protéger l'école pour sauver la France.
Ce sera là une des grandes priorités de mon quinquennat car tous nos efforts pour le pays seraient vains si l'excellence et l'autorité disparaissaient complètement de nos écoles, de nos collèges, de nos lycées car le lien civilisationnel avec nos enfants aura été rompu. Vous savez, Hannah Arendt disait chaque nouvelle génération d'enfants est une génération de barbares que les adultes doivent civiliser. Le drame depuis 68 c'est que nous avons renoncé à civiliser les générations de barbares et nous ne pouvons pas nous résoudre à condamner les générations futures à cet exil culturel qui les menace si nous ne réformons pas si je dirais même si nous ne révolutionnons pas en profondeur l'école.
Notre langue et notre histoire si durement attaquée ces dernières années doivent être protégée par une école qui assume à nouveau de transmettre notre héritage. C'est pourquoi donc je veux aujourd'hui vous parler de l'école de ces très graves problèmes mais aussi et surtout des solutions qui figurent dans ce programme.
Je vous en prie posez vos questions je vous attends si vous voulez on peut faire un premier constat si vous vous posez toutes les questions que vous voulez mais je pense qu'il vaut mieux faire un premier constat sur l'état de l'école actuelle car si vous voulez c'est une vraie catastrophe on n'est plus aujourd'hui je me souviens des années 70 80 voire 90 où il était encore scandaleux de dire que le niveau baisse à l'époque tous les médias bien pensants le journal Le Monde en tête disait le niveau monte et il était très iconoclaste voire insultant de dire le contraire je pense aujourd'hui que nous avons des chiffres que je vous ai transmis qui sont édifiants aux primaires le niveau en français et en calcul s'est effondré vous regarderez les tableaux que l'on vous a donnés les résultats entre 1987 et 2017 sont édifiants en 1987 il y avait si je me souviens bien 37% d'enfants en CM2 à qui on faisait une dictée et qui ne faisait moins de 5 fautes aujourd'hui ils ne sont plus que 8% et encore il faut préciser que le repère 1987 le niveau avait déjà baissé par rapport aux années 50-60 même chose pour l'explosion des gens qui faisaient 25 fautes il y avait je crois vous vérifierez dans les chiffres il y avait 5% d'enfants en 1987 qui faisaient plus de 25 fautes dans une dictée là aujourd'hui ils sont 25% c'est colossal le même effondrement se constate dans les résultats de calcul on voit que par exemple en 1987 90% des enfants savaient encore faire une addition ils ne sont plus aujourd'hui que je crois 69% je ne vous parle pas de la division qui a toujours été plus difficile alors là le résultat s'effondre en 1987 ils étaient je crois dans mon souvenir 74% ils ne sont plus que 35 ou 36% à savoir maîtriser une division alors évidemment cet effondrement du niveau provoque ou se voit dans les fameuses enquêtes internationales dans les classements les fameux classements PISA nous avons depuis une dizaine d'années perdu 8 places je lis en écriture 12 places en sciences et 15 places pour les mathématiques nous étions à peu près autour de la 15ème place de ces classements nous sommes descendus maintenant parmi les pays de l'OCDE à la 25ème place c'est une catastrophe nationale cet effondrement de notre système scolaire n'est plus discutable alors en général la réponse habituelle des syndicats des spécialistes de l'éducation c'est il n'y a pas assez de moyens alloués à l'école pas de chance il y a eu entre 1980 et 2020 un quasi doublement des fonds alloués à l'école je crois le chiffre est de 84% donc ce n'est pas une question de moyens c'est en vérité les causes sont bien ailleurs puisque vous ne me posez pas de questions je vais y répondre ah très bien très bien très bien très bien parfait allez-y je vous en prie
bonjour j'en ai toute une liste qui me vient très rapidement mais il n'y a quand même que deux pages vous dites former de manière plus exigeante les enseignants comment vous rétablissez l'école centrale comment vous faites
absolument je vais vous répondre si vous me permettez la formation des enseignants a depuis été 40 ans laissé aux mains des pédagogistes ce sont eux qui maîtrisent ce qu'on appelait jadis les IUFM et aujourd'hui on change les noms sans jamais changer le fond c'est à dire que les pédagogistes ont imposé leurs méthodes et exigent des enseignants qu'ils leur obéissent leurs méthodes sont simples c'est on ne transmet pas un savoir on ne fait pas de cours ex cathédra on renonce aux méthodes anciennes le par coeur la dictée la fréquentation des grands textes on renonce aussi à l'autorité le maître mot et la bienveillance on renonce aussi à l'exigence le maître mot et l'inclusion et ainsi pour les professeurs qui renaclent pour les enseignants qui disent non moi je voudrais faire des cours classiques je voudrais transmettre ma matière c'est la matière que j'aime on les tense on les punit on leur interdit d'appliquer ces méthodes dès les instituts de formation des maîtres quel que soit le nom qu'on donne à ces instituts parce que comme je vous l'ai dit les noms changent et la méthode et la domination pédagogiste reste donc moi je vais supprimer ces centres de formation et je établirai des écoles normales régionales pour le CAPES vous savez qu'aujourd'hui il n'y a plus qu'une seule matière sur quatre qui est liée à la transmission une seule épreuve pardon sur quatre qui est liée à la transmission de la matière on voit bien où sont les priorités je rétablirai cette priorité là fondamentalement c'est la transmission du savoir et la maîtrise de la matière par le professeur
oui bonjour oui je vais aller je vous laisse après mais je pensais à la formation des maîtres parce que la formation des maîtres académiques c'est à dire que quand 90% des maîtres viennent de filières littéraires qui ne savent pas enseigner les maths c'est pas donc est-ce que vous changez la formation académique le contenu de la formation des maîtres c'est ça
je vous ai dit je change je supprime les instituts de formation des maîtres je ne vais pas changer l'université c'est un autre sujet
non c'est pas l'université les professeurs des écoles
non mais attendez je vous dis ils sont formés bien dans les on ne se comprend pas là comment voilà les INSP les instituts nationaux supérieurs
le programme qui est enseigné dans ces instituts voilà c'est ça que je supprime
c'est ce que je vous ai dit depuis tout à l'heure il s'appelait IUFM avant donc
bon
bonjour Elisabeth Pinault de l'agence Reuters je continue à vous interroger sur votre programme vous dites qu'il faut interdire toute forme de propagande idéologique à l'école qu'est-ce que vous entendez par là et vous voulez rétablir le port de la blouse de quoi est-elle le symbole
alors il y a il y a deux questions dans votre question je vais répondre à la première l'idéologie à l'école c'est deux choses si vous voulez depuis là aussi une quarantaine d'années on a utilisé l'école pour endoctriner les enfants je ne dirais pas que l'école de la troisième république n'avait pas d'intention politique ça l'a toujours existé elle voulait évidemment forger un état d'esprit républicain de citoyen et mettre la république dans les pas de la monarchie et montrer qu'elle était le destin inéluctable de cette histoire de France mais là nous sommes passés à un autre stade c'est à dire que depuis 40 ans il y a deux processus fondamentaux le premier c'est qu'on a passé notre temps à déconstruire les les les les les les les les les les les les les les les fondamentales de l'enseignement à savoir le français et l'histoire on n'apprend plus les grands textes de la littérature française ou plutôt on les apprend dans un désordre savant qui empêche les enfants et les adolescents de se situer de les situer dans une chronologie historique et littéraire deuxièmement en histoire il y a une volonté à chaque fois de déconstruire l'histoire de France au collège on privilégie une vision de la colonisation de l'islam de de de de de l'esclavage qui est sans cesse privilégié il y a des périodes d'histoire qui sont quasiment pas enseignées on passe on saute les grandes invasions on passe directement de l'antiquité romaine à charlemagne comme si on voulait occulter cette période on passe directement de de de de de Louis XIV donc Louis XIII et Richelieu passent à la trappe Louis XIV lui-même est mis à la fin de l'année donc on sait qu'on l'étudiera jamais pour Napoléon c'est la même chose ses grandes victoires sont passées à la trappe il ne reste que sa défaite finale et l'organisation de l'Europe après sa chute voilà tout est comme ça on pourrait continuer longtemps le deuxième le deuxième ah oui mais je vais répondre à cette question je vais répondre à cette question parce qu'elle est très importante vous avez raison de la poser mais c'est pas la même question mais je vais répondre le deuxième chose c'est l'entrisme des minorités et des groupes à l'école vous savez que SOS racisme à table ouverte à l'école vous savez que SOS homophobie à table ouverte à l'école vous savez que madame Traoré se balade dans les établissements de banlieue comme monsieur Thuram aussi il y a là une propagande intolérable que moi je ne tolérerai plus l'école ne doit plus être le lieu où l'idéologie féministe LGBT et antiraciste et décoloniale endoctrine nos enfants vous savez que j'ai trouvé absolument scandaleuse en septembre dernier ou en novembre dernier vous me corrigerez la circulaire de monsieur Blanquer pour l'initiation aux questions de genre qui était en fait une promotion de la transsexualité c'est tout cela l'école aujourd'hui c'est tout cela qu'il nous faut supprimer et écarter de nos enfants maintenant vous posez une très belle question tout à l'heure qui est la différence entre les programmes et les manuels vous avez raison monsieur Blanquer a en partie corrigé je dis bien en partie corriger ce que j'ai dit sur les programmes mais comme il le reconnaît lui-même il n'a absolument pas changé les manuels les manuels continuent à en faire à leur tête les manuels continuent à en faire à leur guise et être les vecteurs de la propagande politiquement correcte j'ai oublié dans ma série d'idéologie l'écologie je crois pour avoir eu des enfants que j'ai fait le développement durable à toutes les sauces dans tous les pays je crois que je suis un spécialiste mondial du développement durable uniquement pour avoir suivi l'école de mes enfants la géographie n'est plus enseignée elle est réduite au développement durable un jour c'est en Angleterre un jour c'est en Chine un jour c'est au Kazakhstan un jour c'est en Russie etc voilà les programmes d'aujourd'hui en tout cas dans les manuels scolaires et monsieur Blanquer nous dit ah bah c'est pas moi je ne maîtrise pas les manuels scolaires et il croit se défausser de cette responsabilité de cette manière là moi je dis qu'en voulant se défausser il s'accuse encore plus comment un ministre qui a vie ou de mort sur les manuels scolaires en vérité si les établissements publics n'achètent pas les manuels scolaires les éditeurs de livres scolaires peuvent fermer la porte comment ce ministre n'oblige-t-il pas les éditeurs de manuels scolaires à mettre ce qu'ils désirent dans les livres en tout cas moi je ne me cacherai pas derrière son petit doigt et mon ministre de l'instruction publique puisque vous avez vu que ce sera son nouveau nom ministre de l'instruction publique et de la culture imposera aux éditeurs de se conformer à ce qu'il y a dans les programmes sinon leurs livres ne seront pas achetés ils pourront les vendre au lobby LGBT ou au lobby de développement durable et la blouse la blouse c'est si vous voulez le symbole pour moi de deux choses d'abord l'égalité sociale il n'y a plus de différence entre les enfants les enfants ont tous une blouse c'est à dire qu'il n'y a plus de différence selon le revenu le niveau de vie le goût de la mode des uns et des autres et je pense que c'est bien deuxièmement c'est aussi le symbole de ce que l'école doit être un sanctuaire par rapport à l'extérieur je crois que nous avons beaucoup pêché depuis 40 ans avec ce concept d'école ouverte aux 80 ans d'école ouverte à l'extérieur d'école ouverte on a commencé avec les parents et puis je vous ai dit on a fini avec tous ces lobbies qui ont table ouverte à l'école moi je pense que l'école est un sanctuaire c'est le sanctuaire du savoir c'est le sanctuaire du mérite et c'est le sanctuaire de l'excellence
question ici et ensuite sur votre droite Louis Osalter Marianne vous dites c'est pas une question de moyens mais sur la dernière année scolaire le nombre d'enseignants qui ont démissionné a encore augmenté c'est un métier qui traverse une vraie crise d'attractivité des établissements galères pour trouver des titulaires et des remplaçants est-ce que dans votre programme vous n'accordez aucune considération matérielle ou par d'autres moyens aux enseignants et question subsidiaire que pensez-vous de l'appel à la grève lancé pour jeudi par des syndicats d'enseignants qui protestent contre le protocole Covid merci
je vous savez la question du salaire des enseignants est une question en France qui est aussi vieille que l'école publique sous la troisième république déjà on se plaignait de la faiblesse des salaires des enseignants ça ne veut pas dire évidemment qu'il ne faut pas les payer ou qu'il faut les sous-payer mais c'est pour vous dire qu'il y a dans les professeurs dans ce qu'on appelait les instituteurs jadis les professeurs il y a avant tout avant tout le goût de l'école le goût des enfants le goût de transmettre un savoir le goût de transmettre une matière je l'ai dit tout à l'heure ils aiment d'abord leur matière ils ont été très bons élèves en français en mathématiques en anglais en littérature en géographie que sais-je encore en histoire et ils veulent transmettre cela ils veulent continuer à vivre avec cette matière c'est ça la passion et ils veulent la transmettre et c'est cette passion qu'on les empêche d'exprimer en les soumettant aux théories fumeuses des pédagogistes et autres adeptes de l'enfant au coeur du système et l'enfant créera son propre savoir c'est la première chose maintenant évidemment les enseignants sont aussi des êtres d'os et de chair et ils ont des besoins matériels ils doivent être payés ils doivent être payés correctement c'est une évidence je moi je je suis pour comme le budget de l'éducation nationale est un budget énorme et donc il est très difficile de faire des augmentations globales ça serait démagogique de proposer des augmentations globales alors qu'on a déjà un déficit énorme et une dette publique qui ne cesse de grandir mais je suis favorable à un système de primes au mérite de favoriser les primes au mérite et aussi d'accélérer la promotion des professeurs vous savez il y a plusieurs catégories on peut passer d'une catégorie à l'autre et il y a des catégories supérieures où on est mieux payé je pense qu'on peut les favoriser et la différence j'ai vu que monsieur Blanquer avait aussi parlé de cette méthode là de salaire au mérite mais je voudrais là aussi montrer une différence fondamentale quand j'écoute monsieur Blanquer et les membres du gouvernement il pour eux le mérite pour les professeurs c'est justement de s'investir dans l'extra scolaire dans tout ce qui est extra scolaire moi mon mérite à moi ma conception du mérite à moi c'est justement le scolaire c'est la transmission du savoir la transmission de l'histoire de la géographie de la littérature des grands textes voilà c'est ça le mérite pour un professeur et il doit être jugé là-dessus et effectivement pouvoir avoir des primes selon ses résultats la grève je pense que les professeurs ont raison de protester contre ces protocoles qui sont qui sont vraiment de plus en plus loufoques il faut arrêter vraiment puisque l'expression est à la mode d'emmerder les enfants ces enfants à qui on oblige de porter le masque alors qu'on sait qu'ils ne risquent rien eux il faut vraiment c'est complètement ils ont vraiment été traumatisés en 2020-2021 sans compter les ravages qu'a fait l'enseignement en visio qui est une véritable catastrophe et franchement je pense que déjà je vous ai dit au début l'abaissement l'effondrement du niveau scolaire des petits français mais là je pense qu'on en a encore pris un coup entre l'année 2020 et 2021
merci dernière question c'est juste une petite question sur les langues étrangères parce qu'au primaire vous dites en gros il faut se recentrer sur les fondamentaux lire, écrire, compter j'ai l'impression que ça sous-entend que par exemple d'apprendre l'anglais dès la primaire ce n'est pas une priorité au collège vous dites qu'il faut accentuer sur le latin et le grec mais vous ne parlez pas du tout des langues étrangères alors qu'on sait qu'on a souvent dit qu'on péchait justement notamment sur l'apprentissage de l'anglais dans notre système actuel voilà est-ce qu'il y a des choses prévues pour ça
vous avez tout à fait raison c'est un choix délibéré au primaire je supprimerai l'enseignement de la langue étrangère et je mettrai les heures sur le français et le calcul
bien merci beaucoup on s'arrête je vous invite à aller vous rafraîchir on vous invite à boire un peu de cidre et manger une boiguelette on viendra vers vous dans un instant dans la salle d'à côté merci à tous
merci à vous le point éducatif que je propose en dehors de ce que je vous ai dit et de ce nouveau nom de ministère de l'instruction publique j'insiste car comme dit Victor Hugo l'éducation c'est la famille qui la doit qui la donne et l'instruction c'est l'état qui la doit je pense qu'il nous faut une révolution copernicienne il faut le point essentiel c'est la suppression du collège unique le rétablissement des classes de niveau et l'établissement d'un certificat d'études à la fin du primaire qui sera si vous voulez pas un examen coup près c'est à dire qu'il y a des enfants qui pourront quand même passer en sixième même s'ils n'ont pas la moyenne si le professeur estime qu'il y a une classe de son niveau mais il y aura aussi des enfants qui redoubleront et surtout l'homogénéité des classes sera rétablie sera recherchée tout au contraire de la pédagogie moderne soi-disant moderne de ces 40 dernières années c'est bien l'homogénéité qui selon moi permettra aux faibles de progresser et aux plus forts de ne plus s'ennuyer et d'être encore meilleurs nous avons un problème nous perdons sur les deux tableaux nos forts ne sont plus assez forts ils ne sont plus ils sont de moins en moins nombreux à être forts voilà ils sont de moins en moins nombreux vous savez j'ai un chiffre très simple à vous donner encore une comparaison entre 1987 et 2017 en CM2 en calcul il y avait les meilleurs élèves faisaient une tas d'opérations ils étaient 10% à faire ces opérations en 2017 ils ne sont plus que 1% à réussir les mêmes épreuves donc ça les meilleurs sont de moins en moins forts de moins en moins nombreux et ça va nous poser de plus en plus un problème économique très grave nous n'avons plus les mathématiciens d'avant nous n'avons plus les chercheurs autant de chercheurs qu'avant et deuxièmement nos élèves faibles sont de plus en plus faibles et de plus en plus nombreux car ils sont souvent enseignés et éduqués par les élèves les plus forts donc nous perdons sur tous les tableaux mais c'est un dogme du pédagogisme il faut mélanger les niveaux moi je dis le contraire il faut revenir aux classes de niveau pour permettre à chacun de progresser à son rythme je vous remercie
merci à tous bien