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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 17 mars 2026 24 min

La percée de LFI aux municipales valide la stratégie "nouvelle France" du parti, selon Jérôme Fourquet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

À quoi va ressembler la France des villes après le premier tour des élections municipales et 24 heures de tractation ? Le paysage du second tour commence à s'éclaircir. La France insoumise a engrangé des succès et des alliances avec le reste de la gauche. Le Rassemblement national a confirmé son ancrage local. La polarisation à l'œuvre à l'échelle nationale s'est-elle diffusée au niveau des villes ? Et que nous dit ce paysage politique en vue de l'élection présidentielle ? Deux invités pour en parler ce matin à la table du grand entretien.

0:32
Michel Maurice Jerôme

Bonjour Anne Muxel.

0:33
Invité

Bonjour.

0:33
Michel Maurice Jerôme

Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Vous êtes directrice de Recherche et Mérito au CNRS et co-auteur d'un inventaire des peurs françaises aux éditions Odile Jacob. Face à vous Jérôme Fourquet, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, politologue et directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise Alifop.

0:49
Invité

Et chers auditeurs, appelez-nous, n'hésitez pas au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Alors on va détailler bien sûr les enjeux de ce second tour des municipales à venir. On va parler de quelques villes symboliques. Mais d'abord la même question à tous les deux. S'il y avait un enseignement à tirer de ce premier tour, lequel ? Qu'est-ce qui vous a particulièrement marqué ? Jérôme Fourquet.

1:16
Présentateur

Peut-être commencer par le commencement, c'est le taux de participation qui est relativement faible et qui s'inscrit quand on regarde les scrutins précédents municipaux dans une baisse tendancielle. Alors à peu près 6 Français sur 10, un peu moins, sont quand même allés aux urnes pour les municipales dont on dit que c'était un des scrutins préférés des Français avec la présidentielle. Mais c'est encore une fois une nouvelle baisse avec une prise de distance, y compris à l'échelle communale, d'une part croissante de nos concitoyens qui ne voient plus la nécessité d'aller voter. Alors peut-être que la campagne a été en partie escamotée par l'actualité internationale très chargée.

Mais le fait que ce soit un mouvement tendanciel au long cours doit nous interroger.

1:59
Michel Maurice Jerôme

Et avec par ailleurs, Jérôme Fourquet, des différences entre les petites villes, avec d'ailleurs sans doute un impact de la réforme du mode de scrutin, ce qu'on appelle la fin du panachage, le fait de pouvoir... Dans les communes rurales. Dans les petites communes et dans les grandes villes où quand il y avait de l'enjeu, là il y avait une surmobilisation.

2:13
Présentateur

Alors il y a une participation mais qui n'est quand même pas exceptionnelle. Et donc ça doit interroger la façon de faire de la politique, la façon de faire campagne, la façon aussi de raconter les campagnes municipales ou politiques dans les médias. Essayer de faire renouer les Français avec ce scrutin.

2:30
Invité

Alors qu'on connaît son maire et que s'il y a un échelon politique qui est proche de nous, c'est bien celui de la municipalité. Anne Muxel, au-delà de la participation, qu'est-ce que vous retenez vous ? Alors je pense qu'il faut retenir d'abord effectivement ces écarts qu'il peut y avoir entre les territoires en France. On a beaucoup parlé et les analyses se sont beaucoup focalisées sur ce qui s'est passé dans les grandes villes. Mais on oublie que la grande majorité, 96% des maires ont été élus au premier tour. Qu'il y a eu une prime aux maires sortants bien connue.

Et qu'au fond, les grands gagnants, c'est quand même les partis de gouvernement, les grands partis de gouvernement, le PS des côtés et les Républicains. Et donc effectivement, n'oublions pas qu'il y a plusieurs Frances de multiples élections dans les élections municipales. Et que donc, voilà, il faut garder à l'esprit cette grande diversité. Alors il y a l'invariant effectivement des partis traditionnels dans la majorité des cas. Mais l'une des conclusions, l'une des surprises même de ce premier tour, c'est la stratégie gagnante de la France insoumise.

Qui a misé pour la première fois sur ces élections municipales qu'elle avait l'habitude d'enjamber et qui réalise des percées dans plusieurs villes. Lille, Toulouse, Limoges, Brest, Roubaix. Une victoire à Saint-Denis. Comment analyser ces résultats ? Oui, c'est vrai qu'on peut parler d'une percée ou en tout cas d'une réussite de la stratégie de socle lancée par la France insoumise. qui, lors des dernières municipales, n'était pas particulièrement présente et qui, oui, aujourd'hui, a obtenu une présence significative dans certaines villes. Là encore, elle est très absente de beaucoup de territoires.

Mais dans les grandes villes, dans des villes étudiantes, dans des villes où, effectivement, la France insoumise a pu aussi miser sur des quartiers populaires. Elle a, effectivement, fait de très bons scores. Ça veut dire qu'elle a atteint sa cible. Les publics, les électeurs visés se sont déplacés ?

4:35
Présentateur

Alors oui, et puis se sont déplacés pour elle. Et donc, c'est la validation de la stratégie qui a été théorisée par la France insoumise de s'adresser à ce qu'on appelle à LFI la Nouvelle France. Alors, qu'est-ce que c'est que la Nouvelle France ? Quand on écoute les leaders insoumises, c'est une France qui est composée d'une population jeune. Donc Anne Muxel a parlé des villes étudiantes. On voit dans les enquêtes que toute une partie de la jeunesse étudiante se retrouve dans le discours de LFI.

Et puis, c'est aussi cette Nouvelle France, une France qui, démographiquement, elle produit de 50 ou 60 ans d'immigration continue, avec des mutations démographiques importantes, et la volonté de représenter cette Nouvelle France. Et donc, on s'est arrêté, à juste titre, sur les scores emblématiques obtenus par LFI à Roubaix, dans la région lilloise, qui est marquée par une très forte histoire d'immigration maghrébine. Et puis, bien évidemment, la victoire au premier tour à Saint-Denis, deuxième commune d'Île-de-France, dans le cœur de la Seine-Saint-Denis. Donc, c'est cette stratégie-là qui a payé.

Avec, j'allais dire, un sous-texte pour LFI, la volonté à la fois de s'implanter, mais également de se préparer, ou de préparer le terrain pour la présidentielle, c'est-à-dire en maintenant la mobilisation dans son électorat, et également, en essayant autant que faire se peut, d'affaiblir le Parti Socialiste pour apparaître comme Jean-Luc Mélenchon étant le principal, ou le candidat naturel de la gauche.

6:03
Michel Maurice Jerôme

D'un mot, Jérôme Fourquet, sur les polémiques de cette campagne de premier tour, avec des prises de position de Jean-Luc Mélenchon, un soupçon d'antisémitisme, on en a beaucoup parlé. La question qui peut se poser, est-ce que ce succès apparent au premier tour est le résultat ? Au fond, est-ce que c'est un succès de la France Insoumise, en dépit de ses prises de position de Jean-Luc Mélenchon, ou d'une certaine manière, grâce à ce que certains ont appelé, ce que lui-même avait appelé le bruit et la fureur ? Peut-être une sorte de clivage peuple-élite qui a fini par inciter les électeurs de la France Insoumise à malgré tout se porter sur des candidats à LFI ?

6:34
Présentateur

Alors, je dirais que c'est sans doute un peu des deux. Et si on peut faire un parallèle, on pourrait choisir la comparaison avec Jean-Marie Le Pen, dans les années 80, qui avait lui aussi l'habitude de dérapage de propos très controversés, d'une attitude très clivante, qui rendait difficile, alors c'est la différence avec la France Insoumise, qui rendait difficile les alliances avec ce parti-là, mais qui n'entamait pas le socle des électeurs qui étaient fidélisés sur un discours très anti-système. Et on s'est interrogé, au lendemain de la mort du jeune Quentin Deranque, sur l'impact éventuel sur les scores de LFI.

Et force est de constater que ça n'a pas empêché LFI de faire des scores importants, donc il y a une partie de l'électorat qui aujourd'hui est fidélisée et qui passe outre. Et donc c'est le fameux endépi que vous avez employé.

7:26
Invité

Anne Muxel, est-ce que ces voix qu'a recueillies la France Insoumise, ce sont les voix qui manquaient à Jean-Luc Mélenchon pour atteindre le second tour de la dernière présidentielle ? Il est difficile de répondre à cela, mais effectivement ce sont des voix qui risquent en tout cas de se reporter et de consolider un électorat dans certains segments, encore une fois, de la population, et qui compteront pour la prochaine présidentielle, ça sûrement. Ce qui me semble aussi important d'avoir à l'esprit, c'est que malgré tout, n'oublions pas que LFI fait des scores dans des segments bien particuliers de la population.

La plupart des Français, et même une grande majorité des Français, rejettent la France Insoumise, voire même rejettent en tout cas dans nos enquêtes, davantage la France Insoumise que le Rassemblement National. La dégradation de l'image de Jean-Luc Mélenchon, la dégradation de l'image de la France Insoumise, le rejet de la France Insoumise, est vraiment très majoritaire dans l'ensemble du pays. Mais sauf, effectivement, dans les jeunes générations.

8:32
Michel Maurice Jerôme

Je crois que c'est très important. Donc il faut faire attention avec cette leçon générale, d'une forme de dynamique uniforme. Et j'ajoute par ailleurs à Anne Muxell, que quand on regarde certains au lieu de proches de Jean-Luc Mélenchon, notamment en Ile-de-France, il y a certains endroits, je pense par exemple au 18e arrondissement de Paris, où il y a eu même une sous-mobilisation des électeurs insoumis par rapport à de précédents scrutins. Si on parle du Parti Socialiste, c'est vrai que la réussite de la France Insoumise, c'est de s'être rendue incontournable pour le reste de la gauche en vue du second tour.

Malgré les consignes à l'échelle nationale, il y aura des alliances à Toulouse, à Limoges, à Avignon, à Brest, à Nantes, à Clermont-Ferrand. Ça veut dire, Jérôme Fourquet, que les socialistes seuls, ils étaient perdants dans ces seconds tours ? C'est ce qui les a contraints à nouer des alliances ?

9:14
Présentateur

Bien sûr, quand vous regardez les scores dans un certain nombre de ces villes, la France Insoumise atteint des niveaux tout à fait conséquents, et c'est le cas encore de manière plus spectaculaire à Toulouse, où la liste LFI est devant celle du Parti Socialiste.

Et donc, le PS, s'il veut conquérir, par exemple, comme à Toulouse, cette ville, ou s'il veut conserver ses positions, se voit contraint de passer à un accord, alors fusion à accord technique, accord programmatique, les options varient selon les villes, on a eu une position très acrobatique de la Direction Nationale du Parti Socialiste, qui avait dit, aucun accord programmatique national, et tout ça sera réglé dans une poignée de villes, au cas par cas. On voit que la poignée s'est un peu étoffée, mais tout ça était inscrit dans les chiffres. C'est-à-dire que, est-ce qu'on accepte la perspective de perdre, ou de ne pas gagner la ville, ou est-ce qu'on passe un accord ?

Et vous voyez que tout ça aussi prépare le scrutin de la présidentielle, parce que c'est des débats, on entend M. Glucksmann s'offusquer de ses accords, ce sont des débats qui vont traverser la gauche dans les prochains mois, dans la perspective de la présidentielle.

10:26
Invité

Mais Anne Muxel, qu'est-ce que ça donne, comme image de la politique, quand on dit quelque chose, pas d'alliance avec la France insoumise, et qu'on fait précisément l'inverse ? En tout cas, c'est très risqué.

Étant donné, dans un contexte où il y a une très forte défiance vis-à-vis du personnel politique, dans une situation vraiment maintenant d'installation très forte d'une crise, de la représentation politique, dont on sent bien les traces d'ailleurs, dans cette abstention dont on a parlé tout à l'heure, évidemment que ces petits combats au niveau des appareils, de ces arrangements de politique politicienne, le fait de ne pas respecter les promesses tenues de revenir sur sa parole, c'est évidemment très délétère par rapport à cette restauration qu'il faut plus que jamais dans ce pays du lien des Français à la politique.

11:23
Michel Maurice Jerôme

Mais un mot aussi sur l'efficacité de ces alliances, puisqu'il y a la question de l'image que ça renvoie de la politique, et aussi d'électeurs qui, peut-être, se sentent floués, et donc du fait qu'il n'y ait pas une addition parfaite, pure et parfaite, des scores des socialistes et des insoumis, même s'il s'agit de faire barrage, par exemple, au Rassemblement National.

11:41
Présentateur

Alors, ce sera tout l'enjeu du second tour, de voir quelle a été l'efficacité de ces alliances et de ces accords. Et toutefois, même s'il y a sans doute, il y aura sans doute, dans certains endroits, des pertes en ligne, parce que souvent, comme vous l'indiquiez, un plus un, ça ne fait pas deux, à l'arrivée, en arithmétique électorale, parfois, ça suffira. On verra, notamment, je réinsiste encore, sur le cas de Toulouse. Si vous prenez la liste insoumise et la liste socialiste, on est à peu près à 50% des voix pour le total. Ça devrait suffire pour le total. On verra où est-ce qu'il y aura des pertes en ligne. Toulouse, c'était intéressant.

En 2020, la gauche était aussi majoritaire, mais très divisée au premier tour, et les alliances se sont faites dans des conditions très chaotiques, ce qui a permis à Jean-Luc Moudinque, le sortant de droite, d'être réélu. Donc, il faudra regarder, effectivement, les additions du second tour.

12:34
Invité

Encore un petit mot à gauche. On attendait un reflux des écologistes par rapport à 2020. On s'aperçoit qu'ils résistent plutôt bien dans les grandes villes. Qu'est-ce que ça dit, encore une fois, de la sociologie des métropoles versus le reste de la France ?

12:50
Présentateur

Anne Muxel a parlé des différences très importantes qu'il y avait entre les différents territoires qui constituent notre pays, et notamment cet écosystème très particulier qui se situe aujourd'hui dans les grandes métropoles françaises, qui s'observe notamment par des comportements électoraux qui sont assez spécifiques, avec, par exemple, c'est une des illustrations, la capacité d'équipes écologistes à obtenir des bons scores à Strasbourg, à Besançon, à Lyon, bien évidemment.

Et à l'inverse, on parlera peut-être tout à l'heure du Rassemblement National, un Rassemblement National qui, dans ces grandes villes, hormis celles qui sont situées dans le sud du pays, ne parvient pas à s'implanter dans ces territoires. Il y a un cas tout à fait emblématique, c'est Paris, où la liste du Rassemblement National fait moins de 2% dans la capitale. C'est quand même un écart qui est tout à fait spectaculaire avec ce qu'on observe dans le reste du pays.

13:42
Michel Maurice Jerôme

Justement, sur le Rassemblement National, on a vu Anne Muxel, un certain nombre de maires, élus, réélus des Dimanchois. Comment est-ce que vous qualifieriez la dynamique locale du RN ? Certains ont dit enracinement, d'autres ont constaté que si on sortait des grandes zones de force du Rassemblement National, le Sud-Est, le Nord-Est, le RN ne progressait pas avec, par exemple, effectivement, Jérôme Pourquelles disait, l'exemple des grandes villes où là, on voit bien que le Rassemblement National continue de plafonner sévèrement.

14:10
Invité

À l'exception de Marseille.

14:11
Michel Maurice Jerôme

À l'exception de Marseille du Sud.

14:12
Invité

Oui, du Sud, de tout l'arc méditerranéen. Oui, bien sûr. Alors, le Rassemblement National, il avait déjà assez peu de listes à la base. Donc, encore une fois, par rapport à sa stratégie aussi de conquête de pouvoirs locaux, de pouvoirs municipaux, on peut dire que sa performance est tout à fait réussie d'une certaine façon.

Parce que n'oublions pas, on n'a pas parlé jusqu'à présent que pour le Rassemblement National, notamment, mais aussi pour LFI, la perspective des sénatoriales, la perspective de gagner des conseillers municipaux, même si ce ne sont pas des têtes de liste, de se placer, donc, au niveau de ces pouvoirs communaux, c'est aussi avoir plus de grands électeurs pour gagner des sièges au Sénat. Et donc, dans la perspective de 2027, c'est aussi quelque chose qui compte. Et de ce point de vue-là, oui, d'une certaine façon, le Rassemblement National réussit.

Après, concernant sa sociologie électorale, on sait évidemment que dans les grandes villes, à part quelques exceptions, évidemment Marseille, oui, il n'est pas implanté, il n'a jamais été implanté. Juste sur les alliances, on a parlé effectivement tout à l'heure de la nécessité pour le Parti Socialiste de faire alliance pour l'emporter. Et quand même, Marseille et Paris, on l'a entendu tout à l'heure sur la matinale, ne sont pas dans ce cas-là et peuvent peut-être gagner sans alliance. Alors, on y vient. Justement, Paris, l'hélice de Rachid Haddati et celle de Pierre-Yves Bournazel vont donc fusionner. Ça veut dire qu'il y aura quatre candidats au second tour des municipales à Paris.

Emmanuel Grégoire, pour le PS, Rachid Haddati, Sophia Chikirou et Sarah Knafo, est-ce que la fusion qui a été conclue hier peut permettre à Rachid Haddati de rattraper ses 13 points de retard par rapport à Emmanuel Grégoire ?

16:08
Présentateur

Alors, on verra là encore une fois est-ce que l'arithmétique fonctionne et est respectée ou est-ce qu'il y a des pertes en ligne importantes ? Le simple fait que Pierre-Yves Bournazel lui-même indique qu'il ne figurera pas sur la liste et a laissé entendre qu'on lui avait quand même gentiment tordu le bras pour accepter cette alliance montre que les choses vont être compliquées. On verra si l'électorat de centre-droit qui a voté pour la liste Bournazel passe outre et met comme objectif principal le fait de sortir la gauche à Paris ou non.

Il faudra aussi regarder le comportement des deux fois 10% ou 10 et 11% qui ont voté pour la liste Sophia Chikirou ou la France Insoumise et la Sarah Knafo. Est-ce que ces électeurs restent fidèles à leur vote de premier tour ou est-ce qu'ils décident de voter utile en allant parce qu'on a déjà vu ça dans les triangulaires ou les quadrangulaires par le passé en allant se reporter sur les deux grandes listes qui feront la course en tête ?

17:02
Michel Maurice Jerôme

Si on s'arrête sur le sort du bloc central à Paris et les deux candidats du bloc central qui étaient Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati pour Rachida Dati c'est une assez nette contre-performance puisqu'elle arrive 13 points derrière Emmanuel Grégoire pour Pierre-Yves Bournazel il y a fusion mais lui se retire. Est-ce que c'est à l'image de la performance générale du bloc central qui, mis à part le succès d'Edouard Philippe au premier tour au Havre montre qu'il a sans doute été davantage spectateur qu'acteur à l'occasion de ce premier tour des municipales ?

17:32
Invité

Oui et puis ce bloc fronte central était assez peu présent aussi dans cette compétition électorale pour les municipales donc ça marque c'est un des signes supplémentaires qui marquent quand même l'échec du macronisme il n'y a pas vraiment de relève il n'y a pas eu de dynamique qui s'est créée et qui a pu effectivement s'emparer d'une certaine façon des territoires au travers de pouvoirs municipaux bien installés effectivement à part cette performance d'Edouard Philippe au Havre dont on craignait un petit peu la réussite on ne voit pas trop effectivement de signes qui dénotent en fait cet affaiblissement quand même du bloc central et du macronisme Alors il faut qu'on parle de cette élection passionnante à Marseille puisque là on a 4 candidats qualifiés pour le second tour qui se maintiennent pas d'alliance ni entre Benoît Payan le maire sortant et le candidat LFI Sébastien Delugu ni entre Franck Alizio pour le rassemblement national et Martine Vassal soutenue par les macronistes et les LR on rappelle que l'ERN et le maire sortant sont dans un mouchoir de poche qu'est-ce qui peut se passer à Marseille est-ce que la deuxième ville de France peut basculer au rassemblement national

18:54
Présentateur

C'est un peu la même situation avec des acteurs bien sûr différents que ce qu'on décrivait à Paris c'est-à-dire il faudra regarder encore une fois le comportement des électeurs de Martine Vassal et de M.

Delugu en disant est-ce qu'ils restent fidèles à leur vote de premier tour ou est-ce qu'ils alimentent la dynamique des deux listes qui sont arrivées très largement en tête alors le cas de Marseille est quand même intéressant à de nombreux points de vue la première observation qu'on peut faire c'est que à Paris à Lyon et à Marseille on voit que les listes insoumises sont quand même à des niveaux relativement faibles alors qu'à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon obtient des scores très importants d'un civil parce qu'il y a un réflexe de vote utile de toute une partie de l'électorat de gauche qui vote pour la liste dite unitaire au premier tour le deuxième constat qu'on peut faire c'est de l'autre côté de l'échiquier politique Marseille c'est la ville historiquement de M.

Godin et vous voyez que la liste de droite et macroniste Martine Vassal arrive à 12% donc elle est 23 points derrière la liste du Rassemblement National et ça montre dans tout le sud de la France on pourrait parler du cas de Nice également comment cette droite qui historiquement était assez forte dans le sud de la France est en train de se faire vampiriser par le Rassemblement National dont on rappelle qu'il est représenté à Marseille par un candidat M. Alizio qui vient de l'UMP qui a été historiquement de la droite donc on a aujourd'hui une phagocytation de toute une partie de l'électorat de droite par le Rassemblement National ce qui alimente cette dynamique dans cette partie du pays

20:27
Michel Maurice Jerôme

et j'ajoute aussi sur la France Insoumise à Paris et à Marseille deux candidats qui ont franchement assumé l'étiquette LFI là où dans d'autres villes ils étaient sans doute un peu plus discrets par rapport à leur appartenance au mouvement de Jean-Luc Mélenchon on a une question de Jean-Louis fidèle auditeur à Marseille qu'on salue qui nous pose la question suivante Marseille est-elle en train de nous jouer la bande-annonce de la présidentielle de 2027 avec des caractéristiques proches du national pensez-vous aussi que Marseille peut-être un laboratoire de 2027 allez-vous le suivre de près sur la question du laboratoire comme ça avec effectivement quatre listes qui se maintiennent au second tour Anne Muxel

21:01
Invité

oui laboratoire c'est clair que tout le monde scrute ce qui va se passer ce qui va se passer à Marseille pour ajouter à ce qui a été dit il y a une question de mobilisation aussi est-ce que pour un deuxième tour dans ce cas de figure comment les électorats vont-ils se mobiliser vont-ils aller voter le résultat aussi du scrutin pour Marseille va dépendre aussi de cette mobilisation dont on sent bien qu'elle n'est pas si forte y compris dans les grandes villes donc comment les jeunes à Marseille vont se mobiliser comment les électorats des catégories populaires vont se mobiliser ou se démobiliser c'est quand même un peu une part importante de l'équation

21:49
Présentateur

Jérôme Bourquet et puis pour répondre à Jean-Louis on rappelle qu'à la présidentielle il n'y a que deux finalistes et là on en a quatre sur ce type de liste et donc Marseille c'est un cas assez singulier mais deuxième ville de France donc évidemment il y aura des répercussions et puis autre élément cette ville de Marseille a placé en tête un candidat socialiste et donc on voit que si on essaie de décalquer ça ou de projeter ça sur une situation nationale le PS n'est pas du tout en situation de faire 30% au premier tour en tout cas à l'heure où on se parle sur un scrutin national néanmoins il faudra regarder ce qui se passe à Marseille et notamment dans les fameux quartiers nord les quartiers populaires qui sont marqués par une abstention structurelle et est-ce que la perspective d'un accès au pouvoir du rassemblement national à la mairie centrale de Marseille crée une surmobilisation crée une surmobilisation en faveur de la liste de gauche

22:44
Invité

pour conclure et très rapidement qu'est-ce que cette situation de la France de l'entre-deux-tours des municipales nous dit du terrain à venir pour la présidentielle dans un an

22:55
Présentateur

alors il y a un paradoxe c'est que Anne Muxel l'a rappelé les partis qui s'en sortent quand même à l'issue du premier tour relativement bien le parti socialiste et les républicains ont nombre d'élus sont des partis qui sont donc très ancrés localement mais qui souffrent d'un déficit d'incarnation au niveau national alors qu'à l'inverse les deux partis dont on parle beaucoup le rassemblement national et la France insoumise comme ayant obtenu des percées vont au bilan avoir dans leur escarcelle un nombre de villes assez limité mais eux jouent déjà la pole position pour la présidentielle et donc ça aussi c'est un élément important c'est la dichotomie aujourd'hui entre le niveau local et le niveau national

23:33
Invité

Merci à tous les deux merci Anne Wixel merci infiniment d'avoir été avec nous ce matin au micro de France Inter merci Jérôme Fourquet merci à tous les deux