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interviewBLAST· 24 décembre 2023 18 min

INFLATION : MANGEZ LES RICHES, SURTOUT À NOËL !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] il l'annonce avec conviction depuis des mois je pense que début 2023 nous verrons commencer à refluer l'inflation on voit s'amorcer une décru qui doit pouvoir se transmettre au prix à la consommation vers la mi 2023 et bien il va falloir les assommer ou et est tué est entendu VO sur le CAD on a 230 € généralement on trouvait notre CAD était autour de 1600 alimentaire continue au resto du cœur mais cet hiver les paniers seront moins remplis l'inflation a provoqué une baisse des dons pour l'association et l'arrivée de nouveaux bénéficiaires ça y est voil à 10 jours de Noël les clients de cet hypermarché cherchent à faire les meilleures affaires tout est bon pour lutter contre l'inflation et dans les rayons chacun a son avis sur les responsables de l'augmentation des prix quand on a un panier de Noël France Info qui passe de 122 à 144 € sur des produits festifs on peut se demander est-ce que la fin de l'année c'est galère pour tout le monde alors ben la réponse est non on peut se demander qui s'en met plein les fouilles la réponse est la grande distribution et l'industrie agroalimentaire les les les consommateurs croient que c'est nous donc nous voulons aller chercher des baisses euh et et et en fait on est en mode combat comme t dit Reiner euh l'inspection générale des finances disait que les industries agroalimentaires avaient comprimé leur marge pour freiner la hausse des prix en fait c'est exactement le contraire et on est aujourd'hui à des taux de marge qui sont supérieurs à ce qu'ils étaient avant la crise [Musique] sanitaire je suis norura boisouni je suis journaliste indépendante traductrice et aussi autrice et j'ai écrit récemment mon troisème livre qui s'appelle manger les riches la lutte des classes passe par l'assiette aux éditions de riturefus alors l'inflation elle est galopante depuis quelques années elle se poursuit et notamment en fin d'année on a des chiffres en fait chaque année à la fin de l'année on a des chiffres ou bien on a des rapports qui nous disent d'une part comment ça augmente et pourquoi par qui ça augmente cette année on a le panier franceino encore une fois ça fait quelques années qu'il existe et qu'il est à jour tous les mois ou toutes les semaines on voit qu'il y a une hausse assez catastrophique sur le panier de Noël de franceino avec une hausse conséquente sur les produits diffestifs euh qu'est-ce que ça veut dire de la grande distribution qu'est-ce que ça veut dire des fêtes que passeront les pauvres en France c'est pas très Jojo quand on a un panier de Noël France Info qui passe de 122 à 144 € sur des produits festifs on peut se demander est-ce que la fin de l'année c'est galère pour tout le monde alors ben la réponse est non on peut se demander qui s'en met plein les fouilles la réponse est la grande distribution et l'industrie agro-alimentaire en fait pendant assez longtemps notamment de depuis le covid et puis encore plus depuis la guerre en Ukraine l'vas russe en Ukraine on a des plateaux télé avec des géants de la grande distribution qui viennent vous dire que eux ils défend notre soi-disant pouvoir d'achat qus y sont pour rien qui font tampon pour absorber les coûts élevés et l'inflation parce que c étit une bouffée d'inflation spéculative pendant 3 ans et il y a eu des hausses de 20 % des dividendes de deux rapports de l'Inspection Générale des Finances qui disent justement que le secteur les grosses sont abrités derrière les petits je pense oui vous vous publiez pas vos vos résultats non mais 55,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en forte progression donc ça vous a profité aussi et puis on a d'un autre côté d'autres plateaux avec des géants de l'agroalimentaire de l'industrie qui viennent nous dire que c'est la faute de la grande distribution qui font tout pour notre pouvoir d'achat c'est mettre un pistolet armé avec la balle chargée dans les mains du distributeur il ne pa pas un centime ils imposeront aux industriels de fournir gratuitement les produits qui auront une baisse des prix mais si c'est bien pour le consommateur et pourquoi c'est l'industriel qui doit payer pourquoi c'est les distributeurs il payeront pas un centime ils diront aux industriel on va pas les plaindre les industriels je pense donc on on plaint les distributeurs non plus qui vole qui vole aujourd'hui qui sont les qui sont les gens qui font des marges les deux non non l'industriel ils subissent non non non non non non non et au fond on se demande mais alors c'est la faute à qui c'est un peu comme le marché quoi le marché cette espèce de cheval galopant sauvage que personne peut réguler on a l'impression que l'inflation est une chose sauvage galopante qui arrive là parce que c'est la faute a pas de chance ou qui arrive là parce qu'il y a une guerre alors non l'inflation elle est pas là parce qu'il y a une invasion russe en Ukraine et on le sait aujourd'hui parce qu'on a de plus en plus de rapports et de chiffres qui nous le disent qui nous l'affirment notamment depuis l'année dernière on a eu la Cour des comptes on a eu ensuite la banque la banque centrale qui nous disent c'est le comportement de marge qui contribue très largement à l'inflation ça veut dire quoi ça veut dire que d'une part l'agroalimentaire les multinationales agroalimentaires augmentent largement plus qu'on va dire les coûts de production l'inflation et cetera et puis que la grande distribution se gave aussi derrière donc on a deux entités qui se renvoient la patate chaude pour faire croire que c'est la faute ni de l'un ni de l'autre mais celle de de de la personne en face mais aujourd'hui on le sait c'est pas du tout le cas c'est pas du tout tombé du ciel c'est un comportement qui fait ça alors on le voit aussi dans les dividendes des actionnaires qui ont largement augmenté pour les énorme boîes he comme Unilever par exemple on voit aussi les patrons de la grande distribution qui voient leur salaire et leur primes très largement augmenté depuis 3 ans et ces mêmes personnes viennent avec une indessence quand même sacrément culottée sur les plateaux dire qui protège le pouvoir d'achat des classes des classes les plus pauvres dans nos hypers nos supermarchés on ne s'en rend même plus compte mais elles sont omniprésentes au côté des grandes marques elles occupent parfois plus de la moitié des rayonnages ell se sont sont les marques distributeurs ou MDD dans le jargon quand j'ai découvert une étude de l'UFC Que Choisir qui portait sur les prix pratiqués par la grande distribution versus le hardisam donc Lidl Aldi et cetera j'ai découvert un truc qui m'a semblé complètement ahurissant et et et contreintuitif finalement c'est que en tout cas à l'époque où fufc Que Choisir a fait son son analyse elle a pris un panier un panier classique dans plusieurs enseignes et elle a découvert que les marques nationales étaient certes moins chères dans le hard discount mais que les marques de distributeur étaient plus cher que chez Leclerc super rue casino et cetera on va en citer plusieurs qu'est-ce que ça fait ça fait que les gens qui vont faire leurs courses dans des enseignes de hard discount ont l'impression de dépenser moins et de pouvoir acheter par ailleurs plus de marques nationales qui rappelonsle sont aussi un un un symbole qui c'est de l'ordre de la marque du statut social de se sentir intégré dans la société que de pouvoir acheter des marques nationales comme tout le monde qui sont euh synonyme de qualité synonyme de grande consommation euh et par ailleurs euh vont se dire bah tiens vu que j'économise sur des marques nationales quand je vais chez Aldi ou chez Lidl ben je vais peut-être acheter davantage de choses et puis surtout je vais acheter de la marque distributeur qui coûte plus cher mais je me rends pas forcément compte donc je ressors avec un panier qui va me coûter plus cher que dans la grande distribution classique donc le hard discount à Noël ça augmente aussi euh les produits digestifs vont augmenter euh il faut faut quand même rappeler que Aldi est une dynastie qui est milliardaire en Allemagne c'est quand même un petit niveau de de d'ind desence d'avoir une une ensene de hard discount comme elle dit qui veille encore une fois le sacrin pouvoir d'achat des gens moi je parlerai plutôt de reste à vivre mais qui est la famille une des familles les plus riches d'Allemagne le PNNS c'est le programme nutrition National Nutrition Santé donc c'est un programme d'État gouvernemental qui toutes les X années recommande et des recommandations de santé donc c'est vraiment un but nutritionnel c'est pour améliorer la santé de la population française le PNNS nous donne des recommandations on les connaît tous et toutes par exemple les classiques Manger Bouger manger cinq fruits et légumes par jour pour être en bonne santé ne mangez pas trop gras trop salé trop sucré le problème avec la prévention tel qu'elle est fait aujourd'hui en France c'est que on on on culpabilise des gens alors je dis pas qu'il faut pas faire de prévention évidemment c'est c'est salutaire et c'est très c'est très pas très efficace mais il faut le faire c'est-à-dire qu'on culpabilise des gens qui n'ont pas les moyens qui ne peuvent pas mettre en pratique ces conseils disttilés par le PNNS euh il faut arrêter de croire que les gens sont une masse ignorante et stupide en terme de diététique évidemment que les gens savent qu'il faut manger le maximum de fruits et de légumes par jour qu'il faut pas manger trop gras trop salé trop sucré enfin c'est quand même du bon sens oui le PS est là pour le rappeler mais quand vous avez la moitié aujourd'hui de la population française quasiment la moitié qui n'a pas les moyens de manger des fruits et des légumes tous les jours et que vous leur dites de manger CIN fruits et légumes par jour déjà qui mange cinq fruits et légumes par jour le le pourcentage est très très faible et surtout quand vous avez les fruits et les légumes qui sont les produits qui prennent le plus d'inflation sur les 20 dernières années et où les gens y renoncent en fait quasiment en premier lieu en alimentaire les gens vont renoncer d'abord au fruits aux légumes pour des choses qui sont qui remplissent plus qui sont plus nourrissantes on va dire quel que soit leur impact en terme de calories ou de santé ce soir vous avez prévu de manger ça bon c'est moins léger que ça votre flemme elle vous dit de manger ça la dernière émission culinaire vous a donné envie de ça ceci dit avec votre talent ça ressemblerait à ça et voilà donc il y a une forme de violence ressentie par des populations qui sont les plus concernés par ces messages de prévention les gens qui vont avoir un régime alimentaire qui est pas on va dire pas adéquate mais qui est pas le meilleur on va dire pour la santé et par ailleurs ces gens reçoivent des messages qui ne peuvent pas appliquer donc le vive a raison comme une forme de violence et de culpabilisation alors que ce qu'il faudrait c'est peut-être se poser la question du système et de la raison pour laquelle les choses les plus les meilleures pour la santé sont les choses les les plus chères finalement les plus compliquées à se procurer et que les choses les moins bonnes sont les moins chères et celles qui remplissent le plus présomption d'ignorance et d'incompétence chez la classe dominante vis-à-vis des plus pauvres encore une fois d'ignorance de la diététique d'incompétenence culinaire de de de faire la cuisine et donc il y a cette infantilisation des classes populaires et de des pauvres pour faire ça au sens large où on va se dire mais moi avec un RSA avec 600 € par mois je ferai bien mieux je saurai faire la cuisine et cetera parce que on oublie beaucoup de choses c'està-dire déjà il y a ce classisme cette condescendance ce mépris de classe he qu'on voit bien sur les plateaux télé mais pas queux quand on invite des grands chefs étoilés français à faire la morale aux gens qui n'ont pas les moyens de manger du fait maison et des choses un peu plus équilibrées tous les jours qui viennent dire c'est facile et c'est pas cher de bien manger c'est une forme de violence c'est du mépris de classe c'est ne pas réussir à penser hors de soi et se mettre à la place de l'autre et puis il y a l'idée de toute façon que les classes populaires ne font pas d'effort elles font pas d'effort elles savent mais elles ne font pas d'effort on se cache derrière son petit doigt parce que on a des millions de gens qui sont à l'aide alimentaire et on a envie de croire que c'est de leur faute parce que c'est beaucoup plus facile de blâmer l'individu que de blâmer le système aujourd'hui l'aide alimentaire ça concerne on n pas de chiffre exact mais entre 2 et 5 millions de personnes aujourd'hui ce n'est plus tenable et il faut être aussi très concret à ce rythme là si l'on n fait rien même les restos du cœur pourrait mettre la clé sous la porte d'ici 3 ans les restos du cœur commencent là à refuser ont commencé à refuser des gens pour la première fois depuis 30 ans l'aide alimentaire c'est une énorme machine à cadeaux fiscaux pour la grande distribution notamment et pour les industriels c'est ce qui permet à l'état de ne pas se saisir de la question de la fin Benedict Bonzi avait parlé chez blast aussi de la fin de l' alimentaire George Monbiot aussi parle de la crise de l'alimentation c'est vraiment tout ça des manières de dire regardez dans nos pays occidentaux les gens ne meurt pas de fin la fin ne se voit pas donc le fait de ne pas voir la fin dans la rue à part les distributions de repachot ou la queue devant le resto du cœur ça permet de dire que c'est la faute des individus et que si c'était vraiment grave des gens mourraient de faim comme on voit sur des images qu'on a tous et tout en tête de famine créé par des guerres notamment sur le continent africain alors que la fin elle est peut-être chez vos collègues on a cette idée en France que qu'on veut qu'on veut faire passer cûte que cûte qui est que bien manger ne coûterait pas cher évidemment c'est très pratique pour perpétuer le myth gastronomique français pour perpétuer cette image de la France comme le pays de la bonne chair c'est vrai que c'est quand même très c'est honteux de la part de la France de dire nous avec nos grands restaurant des gens qui meurent de faim en tout cas qui ont très très faim donc on nous fait croire que bien manger ne coûte pas cher euh ce qui est faux parce que bien manger ne coûte pas cher ça voudrait dire qu'il n'y a que le prix au kilo qu'il faut prendre en compte il faut prendre en compte plein de choses le temps l'énergie les factures à payer il faut prendre en compte l'endroit où on fait à manger il faut prendre en compte le matériel dont on dispose ou pas il faut prendre en compte son régime alimentaire personnel c'est sa culture ses tradition en fait on a toujours envie de croire que la nourriture l'alimentation et c'est ça qui me passionne n'est qu'une somme de nutriments qu'on met dans son corps alors que c'est profondément culturel que la nourriture n'est pas que des vitamines des lipides des glucides et cetera la nourriture c'est c'est intime c'est profondément identitaire et à ce titre-l c'est pour ça qu'on parle de bon goût et de maua de mauvais goût aussi avec des classes dominantes qui sont les arbitres et les juges de ce qui est bon ou pas à manger et bon ou pas à penser comme le dirait levistros le sociologue de l'alimentation corbeau a une expression que je trouve très imagé il parle de nourriture comme d'une forme de revanche sociale alors ce dont on parlait aussi c'était la nourriture consommer des marques nationales par exemple peut être une manière justement de se dire je participe pleinement à cette société qui est de consommation et je suis comme tout le monde la revanche sociale passe aussi par l'alimentation donc mais elle passe aussi par ce qui est cons considé finalement comme un luxe accessible offrir à ces enfants à qui on dit non tout le temps parce qu'on a pas d'argent des sorties des vêtements et cetera ou de la culture et ben leur offrir une barre chocolatée ou un œuf avec un cadeau à l'intérieur c'est une manière de leur faire plaisir tout de suite de pas se sentir marginalisé ou exclu de la société la question c'est encore une fois la question de se faire plaisir d'une forme de gourmandise etune forme de de cadeau on remercie le 214 cette association qui nous a montré des images terrifiantes sur les abus que peuvent commettre l'agroalimentaire et les industries de l'alimentation quand on veut faire un produit de masse il va falloir accepter le principe nous allons nous passer du foig industriel vous êtes en train de dire au de tiers des auditeurs qui nous écoutent vous serez privé de foig gras et de s mon fumé parce que toute façon c'est pas de qualité je les prive de merde donc je les sauve et je les aide je suis désolé d'ê très trivial y je les prive de merde ce n'est pas du foie gras ce n'est pas du sa sué ça le goût du FO le goût du sa sué c'est un produit ignoble pour les fêtes il y a en France et pas que en France évidemment une espèce d'hégémonie de ce qu'est la nourriture de fête quoi une table de Noël c'est quoi il y a quoi dessus en France une table de Noël il y a pas de cuurrie de lentillle il y a pas de dalle de lentillle en France il y a pas des dossas en France il y aura pas des nourriture qui ne sont pas considéré comme faisant partie d'un patrimoine ou d'un terroir encore une fois c'est des choses qui sont très mythifiées hein qui sont très culturelles et historiques donc c'est compliqué aussi de se sentir démuni au point de ne pas avoir une table de fait et ce dont on parlait de l'augmentation inoui des produits digestifs dans le panier France Info là donc dans la grande distribution en cette période de fête de fin d'année elle est d'autant plus violente qu'on dépossède finalement des gens d'une période de Noël qui est fêtée par absolument tout le monde hein dans pas dans le monde entier mais quasi et qui pourront pas eux euh accéder à cette forme de d'adhésion à une société de consommation nous en tout cas une société française à une identité aussi qui est une identité française qui n'est pas monolitique évidemment mais qui passe par se réunir autour de plats qui ont un référentiel commun il faudrait arrêter de considérer la la l'alimentation en tout cas le la gastronomie française comme quelque chose qui serait immuable puisque c'est ce qu'on veut nous faire croire la l'alimentation la gastronomie française c'est un mythe euh qui existe depuis le 18e siècle en tout casi qui a été codifié au 18e et qui n'a cessé d'évoluer donc peut-être essayer de de se créer son propre référentiel je dirais ce qui est très difficile puisqu'on se on pourrait se sentir exclu ou marginalisé de pas pouvoir s'acheter la même chose que les gens semblent acheter mais déjà c'est peut-être une illusion euh et je pense qu'il y a de plus en plus de gens qui ben par choix et et beaucoup par contrainte financière ne peuvent plus acheter ces ces ces piliers des des tbles de fête et ben c'est peut-être l'occasion de réinventer une forme de culture culinaire euh qui soit beaucoup plus ouverte euh à des produits qu'on a un peu oublié à des choses qui sont beaucoup moins chères euh qui vont pas creuser encore plus le découvert à la fin du mois de décembre en attendant euh d'avoir euh l'argent sur le compte en banque donc ouais peut-être se réinventer une culture familiale propre personnelle qui où on va piocher un peu à droite à gauche en fonction de son budget et de ses goûts [Musique]