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interviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 26 mai 2026 2 min

Réchauffement climatique : une urgence reléguée au rang d'art de vivre

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et c'est l'heure de votre humeur du jour, Guillaume. Et ce matin, il fait chaud. Je crois que vous venez de prononcer la phrase la plus politique du moment. Et pourtant, c'est probablement celle qui vient toujours après. Vous savez, on traite les conflits internationaux, les crises de régime, les affaires policiennes. Et à la fin, il y a la météo. Mais le baromètre sur quelques centimètres résume ce qui, a priori, devrait nous alerter collectivement. Droite, gauche, dette, déficit, croissance, récession. Tout ça existe. Mais en dessous de ces débats demeurent quelque chose de plus fondamental encore les conditions même de nos existences.

Et ces conditions-là, elles sont en train de changer sous nos yeux ou plutôt sur notre peau de manière tangible, presque physique. Hier, je pédalais dans le cône de chaleur. C'est un exercice assez étrange, un peu absurde. J'ai essayé de pédaler plus vite que le cône de chaleur. Vous savez, le vélo, ça fait une sorte de grand ventilateur géant. Vous vous demandez en fait pourquoi on a ouvert ce chauffage devant vous. Et plus vous pédalez vite, et bien plus il fait chaud. Chaque cycliste connaît désormais cette sensation très particulière. L'idée que vous êtes enfermé dans un grand sèche-cheveux. Alors, les distances changent, les corps changent.

Et une route ordinaire de la Beauce devient soudain l'ascension du Mont Ventoux. Le sport devient un laboratoire politique. Et pourtant, curieusement, ces sujets demeurent relégués dans les pages. Mode de vie, bien-être, art de vivre. Comme si la température était devenue une affaire d'organisation personnelle. Comme si la protection de nos existences n'était qu'un problème de confort. Tous les sujets réellement politiques devraient devenir impolitiques par rapport à cette question, la question du réchauffement climatique. Et je repense à cette phrase de Paul Valéry, qui est probablement la meilleure définition de la pire politique.

La politique, disait Valéry, consiste à empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.

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