Déclaration conjointe avec Nicos Anastasiades, Président de la République de Chypre
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- 3:30E.MacronFait
« Ce serait une grave erreur que de laisser notre sécurité en Méditerranée aux mains d'autres acteurs. Cela n'est pas une option pour l'Europe, et en tout cas, ça n'est pas quelque chose que la France laissera faire. »
- 4:30E.MacronFait
« Il n'est pas acceptable que l'espace maritime d'un Etat membre de notre union soit violé ou menacé. Ceux qui y contribuent doivent être sanctionnés. »
- 5:30E.MacronFait
« L'opération IRINI constitue l'une des réponses européennes mais elle doit encore s'affirmer davantage pour gagner en crédibilité. »
- 6:30E.MacronFait
« L'Europe doit entreprendre une réflexion approfondie sur les sujets de sécurité en Méditerranée. »
- 7:30E.MacronPromesse
« Je serais heureux, cher Nikos, de vous accueillir une nouvelle fois en France, en compagnie de nos partenaires méditerranéens, à l'occasion d'un sommet des pays du sud de l'Union européenne, qu'on appelle le Med 7, à la fin du mois d'août, au début du mois de septembre. »
- 8:30E.MacronFait
« Nous ne pouvons pas laisser là aussi les puissances étrangères, quelles qu'elles soient, violer l'embargo sur les armes. »
- 11:30N.AnastasiadesFait
« La France constitue aujourd'hui un pôle de stabilité à l'est, à l'ouest, là où, malheureusement, l'Europe est absente. »
- 12:30N.AnastasiadesFait
« Tes initiatives, enfin, pourront permettre que la Méditerranée ne soit pas sous le contrôle ni de la Turquie, ni d'autres puissances en dehors de l'Europe. »
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-E.Macron : Bonjour à toutes et tous. Je veux vous remercier, monsieur le président, cher Nikos, d'être aujourd'hui à Paris, et je suis très heureux de vous accueillir quelques jours après l'accord historique que nous avons conclu à Bruxelles.
Et au fond, vous venez à Paris alors que nous venons de passer ensemble 4 jours et 4 nuits, si je puis dire, ce qui montre toute l'affection que nous nous portons. Plus sérieusement, nous avons en effet, pendant ces 4 jours et 4 nuits, oeuvré pour que l'Europe avance et pour faire face à la crise sanitaire mais aussi économique et sociale que nous sommes en train collectivement d'affronter, mais aussi, à travers ce budget, ce plan de relance, pour avoir une Europe plus ambitieuse, plus souveraine, car c'en est la condition. Et cette Europe souveraine et géopolitique, c'est celle que vous ressentez tous les jours dans le contexte difficile qui est le vôtre, celle que vous portez, celle à laquelle je crois.
Et c'est pour ça que la présence pour moi aujourd'hui, à Paris, du président Anastasiades signifie beaucoup. Beaucoup de l'importance pour tous les Européens de nos frontières, de notre souveraineté et tout particulièrement de celle-ci en Méditerranée orientale. En effet, dans cette partie de la Méditerranée, qui est vitale pour tous nos pays, les questions énergétiques et de sécurité sont aujourd'hui essentielles.
Et elles sont l'enjeu de luttes de puissances, en particulier de la Turquie et de la Russie, qui s'affirment de plus en plus, et face auxquelles l'Union européenne pèse encore trop peu. Ce serait une grave erreur que de laisser notre sécurité en Méditerranée aux mains d'autres acteurs. Cela n'est pas une option pour l'Europe, et en tout cas, ça n'est pas quelque chose que la France laissera faire.
Cher Nikos, je veux ici une nouvelle fois redire la pleine solidarité de la France avec Chypre, mais également avec la Grèce, face aux violations de leur souveraineté par la Turquie. Il n'est pas acceptable que l'espace maritime d'un Etat membre de notre union soit violé ou menacé. Ceux qui y contribuent doivent être sanctionnés.
Et vous savez que vous pouvez compter sur le soutien de la France à ce sujet. L'Europe doit protéger sa souveraineté avec la plus grande fermeté. C'est le même enjeu de souveraineté auquel nous sommes confrontés en Libye.
Nous ne pouvons pas laisser là aussi les puissances étrangères, quelles qu'elles soient, violer l'embargo sur les armes. L'opération IRINI constitue l'une des réponses européennes mais elle doit encore s'affirmer davantage pour gagner en crédibilité. L'autre volet doit être la mise en oeuvre de sanctions.
C'est la condition nécessaire pour obtenir un cessez-le-feu et enclencher une dynamique réelle vers une résolution politique du conflit libyen. Là aussi, sur ce sujet, la France continuera de pousser. Plus largement, l'Europe doit entreprendre une réflexion approfondie sur les sujets de sécurité en Méditerranée.
Dans cette perspective, et pour évoquer l'ensemble des dossiers européens, je serais heureux, cher Nikos, de vous accueillir une nouvelle fois en France, en compagnie de nos partenaires méditerranéens, à l'occasion d'un sommet des pays du sud de l'Union européenne, qu'on appelle le Med 7, à la fin du mois d'août, au début du mois de septembre. Je sais que vous êtes très attaché comme moi au format que je viens d'évoquer, aux discussions que nous pouvons y avoir. Je crois qu'elles sont aujourd'hui plus importantes encore qu'hier.
Nous évoquerons aussi dans un instant la relation bilatérale qui est excellente et peut-être encore approfondie, notamment en matière de francophonie, de coopération économique, mais c'est bien le domaine stratégique qui structure notre relation, et je veux une nouvelle fois, ce matin, remercier les Chypriotes pour l'excellent accueil qu'ils offrent à notre marine, avec déjà plus d'une vingtaine d'escales en 2020. Voilà, mesdames et messieurs, monsieur le président, cher Nikos, encore une nouvelle fois merci d'être aujourd'hui à Paris, quelques jours à peine après l'accord de Bruxelles. Merci de cette amitié et comptez sur le soutien plein et entier de la France à vos côtés. -N.Anastasiades : Merci.
J'aimerais vraiment exprimer mes remerciements pour cette rencontre que nous pouvons avoir aujourd'hui. C'est vraiment le résultat d'une initiative de mon cher ami président. Cher Emmanuel, comme tu l'as très justement dit, nous avons pu vraiment vivre 4 jours, 4 nuits difficiles, mais grâce, vraiment, à ton initiative, à ton leadership, grâce à ton courage, en coopération avec la chancelière Merkel, nous avons pu réussir, réussir pour l'Europe, Et encore une fois, en tant qu'Européens, nous pouvons vivre aujourd'hui ce succès et ce bonheur.
Nous avons réussi, à travers cette initiative, à travers des conciliations, nous avons pu repartir presque tous satisfaits. J'aimerais également exprimer ma satisfaction, car ton rôle, ton rôle personnel, n'est pas uniquement d'entreprendre des initiatives, mais ce rôle s'étend au-delà de l'Europe, vraiment. La France constitue aujourd'hui un pôle de stabilité à l'est, à l'ouest, là où, malheureusement, l'Europe est absente.
Et vraiment, je voudrais exprimer ma reconnaissance. Ma reconnaissance et mes remerciements, de ma part, mais également au nom du peuple chypriote, car la place de la France a toujours été constante et importante pour la solution du problème chypriote. Mais j'aimerais étagement te remercier, cher ami, car tes initiatives, enfin, pourront permettre que la Méditerranée ne soit pas sous le contrôle ni de la Turquie, ni d'autres puissances en dehors de l'Europe.
Donc, tes initiatives, je crois, démontrent quel doit être le rôle de l'Europe. Nous ne devons pas nous limiter à l'intérieur de nos frontières. Nous devons vraiment entreprendre un rôle déterminant et assister les Etats membres qui en ont besoin.
Donc, tous ces derniers mois, vraiment, la violation de notre zone économique exclusive les menace de colonisation de la ville fantôme de Famagouste. Toutes ces violations, toutes ces tensions et violences en Syrie, en Irak, ce qui se passe entre la Grèce et la Turquie, ce qui se passe en Lybie démontre qu'il y a un vide de la part de l'Europe, et qu'à travers tes initiatives, nous arrivons à combler, justement, ce vide, en partie. Et pour nous, c'est vraiment une lueur d'espoir.
Pour nous, les peuples méditerranéens, ces initiatives sont une lueur d'espoir. Je suis heureux car je pense que pendant cette réunion, nous pourrons approfondir nos relations bilatérales. Comme tu viens de le mentionner, nos relations sont déjà excellentes, nous avons un partenariat stratégique, un agenda signé en 2016, mais nous pouvons approfondir encore plus nos relations culturelles, économiques mais surtout, notre coopération dans le domaine de la défense.
Je voudrais ici réitérer notre volonté d'accueillir, et de continuer à accueillir la marine française. Nous sommes et nous resterons un pays de stabilité pour la région. C'est quelque chose que, bien évidemment, vous avez vécu, avec notre soutien, quand il y a eu les forces qui sont passées de la Syrie par Chypre.
Mais nous allons continuer à proposer notre soutien et notre hospitalité à chaque fois que nous le pouvons. C'est quelque chose, d'ailleurs, qui est notre politique pour tous les pays de notre voisinage. Je serai très content de revenir à Paris pour la réunion du Med 7, quelque chose qui pourra élargir encore plus la coopération des pays du sud de l'Europe.
Merci encore une fois de m'accueillir aujourd'hui. Il s'agit là pour nous d'un moment très important. -E.
Macron: Merci, Nikos. Merci à vous. Merci à vous.