Grand débat : "Ce serait dangereux de l'instrumentaliser pour régler des comptes passés et dépassés" estime Geoffroy Didier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Est-ce que Les Républicains sont devenus la boîte à idées du gouvernement ?
- 0:53RelanceRéponse partielle
Ce n'est pas tout à fait la même proposition que celle de Blanquer.
- 1:07OuverteRéponse directe
Le gouvernement reprend un arsenal sécuritaire contre les casseurs.
- 1:20RelanceRéponse directe
Vous êtes donc bien la principale source d'inspiration du gouvernement ?
- 2:01OuverteRéponse partielle
Ça vous complique quand même l'attache pour faire entendre votre différence ?
- 3:00OuverteRéponse directe
78 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN sur des soupçons de violences policières. Est-ce normal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« la proposition que fait le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer, de supprimer les allocations familiales aux parents d'enfants violents, c'est une bonne chose. »
- 1:31Invité politiqueFait
« ils ne sont pas totalement inspirés par nos propositions parce que lorsqu'ils prétendent défiscaliser les heures supplémentaires, ils ne le font pas totalement. »
- 1:44Invité politiqueChiffre
« Ceux qui font des heures supplémentaires paieront encore la CSG, la CRDS. »
- 1:50Invité politiqueFait
« pourquoi est-ce qu'on ne fait pas aujourd'hui l'état d'urgence qui permettrait les assignations à résidence et des perquisitions à domicile ? »
- 3:28Invité politiqueFait
« la police est la profession la mieux contrôlée de France. »
- 3:59Invité politiqueFait
« nous avons eu tort de baisser le nombre de policiers et de gendarmes sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. »
- 15:05Invité politiqueChiffre
« nous détenons le record des pays de l'OCDE en termes de prélèvement. »
- 16:37Invité politiqueChiffre
« Il y a 226 autorités administratives indépendantes. Il y a 443 au conseil et observatoire. »
- 17:44Invité politiqueChiffre
« Nous augmentons en espérance de vie d'un trimestre par an. »
- 18:09Invité politiqueFait
« nous sommes en train de payer les conséquences de cette absurdité économique qui est celle de la mise en place des 35 heures. »
- 19:33Invité politiquePromesse
« faire travailler les fonctionnaires à 39 heures, de les repasser à 39 heures au lieu à 35. »
- 21:55Invité politiqueFait
« l'abolition de la peine de mort, je suis farouchement opposé à la peine de mort, que l'IVG et que le mariage pour tous sont des acquis sociétaux. »
- 24:12Invité politiqueFait
« Laurent Wauquiez a toujours dit que la tête de liste, mais pas seulement la tête de liste, l'équipe, parce que l'important, ce n'est pas uniquement le capitaine, c'est toute l'équipe qui est sur le terrain. »
Temps de parole
- Geoffroy Didier64 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 213 %
- Présentateur 39 %
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Unité de France Info ce matin, il est député européen, secrétaire général délégué du parti Les Républicains et il est interrogé comme chaque matin pour la première question par Renaud Delis. Bonjour Geoffroy Didier. Bonjour. Alors est-ce que Les Républicains, Geoffroy Didier, sont devenus la boîte à idées du gouvernement ?
En tout cas on y aspire. On y aspire parce que moi je ne suis pas là pour m'opposer au gouvernement par principe. Je ne suis pas là pour faire de la politique comme ça a été trop le cas dans le passé, c'est-à-dire une opposition systématique. Nous sommes une force de proposition, nous sommes là pour convaincre et si nous arrivons à convaincre le gouvernement comme par exemple, ça semble être le cas pour la proposition que fait le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer, de supprimer les allocations familiales aux parents d'enfants violents, c'est une bonne chose.
Aux parents complices de violences. Il a précisé qu'il ferait la nuance entre ceux qui subissent et ceux qui ne font rien. Ce n'est pas tout à fait la même proposition.
Je suis d'accord et je suis d'accord avec le fait qu'il faut rendre possible cette sanction mais il faut évidemment l'appliquer au cas par cas parce que les situations sont très différentes.
Ça c'est une hypothèse évoquée par Jean-Michel Blanquer, ce n'est pas encore tranché par le gouvernement. En revanche, ce qui est déjà tranché, c'est la reprise de tout un arsenal sécuritaire contre les casseurs, notamment un fichier qui a été annoncé par Édouard Philippe. Il y a eu aussi le retour des heures supplémentaires défiscalisées qui avaient été mises en oeuvre par Nicolas Sarkozy. Vous êtes donc bien la principale source d'inspiration aujourd'hui d'Emmanuel Macron et du gouvernement.
Je vous remercie de ce compliment, mais le problème c'est qu'ils ne sont pas totalement inspirés par nos propositions parce que lorsqu'ils prétendent défiscaliser les heures supplémentaires, ils ne le font pas totalement. Ceux qui font des heures supplémentaires paieront encore la CSG, la CRDS. Lorsqu'ils souhaitent faire triompher l'ordre républicain comme ils le disent, oui, mais ils ne vont pas jusqu'au bout des choses parce que pourquoi est-ce qu'on ne fait pas aujourd'hui l'état d'urgence qui permettrait les assignations à résidence et des perquisitions à domicile ? Ça vous complique quand même l'attache pour faire entendre votre différence ?
Non, mais attendez, encore une fois, je ne suis pas là pour m'opposer, je suis là pour proposer. Et la grande différence entre d'un côté les agitateurs que sont le Front National, Jean-Luc Mélenchon et leurs satellites comme Nicolas Dupont-Aignan et nous d'autre part, c'est que nous avons vocation à être l'alternative. Notre vocation n'est pas d'être des opposants, mais d'être l'alternative. Donc oui, nous sommes une force de proposition et nous l'assumons, mais je vous le dis, je regrette que le gouvernement n'aille jamais jusqu'au bout des choses.
Et si effectivement nous voulions faire triompher l'ordre républicain, encore faudrait-il surtout favoriser l'équipement des policiers qui en manquent cruellement aujourd'hui, eux-mêmes. Écoutons-les, eux-mêmes nous disent, nous manquons d'équipement, nous manquons par exemple d'armes non létales comme des tasers pour résister à l'extrême violence dont ils font l'objet. Allons jusqu'au bout des choses et donnons-nous les moyens, on parle souvent de dépenses publiques, donnons-nous les moyens de protéger ceux qui ont vocation à nous protéger.
Le patron de la police nationale annonce ce matin que 78 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, sur des soupçons de violences policières. Est-ce que ça vous semble être un chiffre impressionnant ou normal après deux mois de mobilisation ?
Vu tout ce que les policiers subissent, on assiste depuis un grand nombre de semaines à des samedis d'extrême violence avec beaucoup d'affrontements. Et il faut que les policiers se défendent. Vous savez que la police est la profession la mieux contrôlée de France. Et donc moi je soutiens fortement tous les policiers, tous les gendarmes, tous les pompiers, tous ceux qui ont vocation à nous protéger et qui risquent leur vie pour le faire et qui sont confrontés à une extrême violence inadmissible. Moi je vous le dis, l'ordre républicain ne se négocie pas.
Geoffroy Didier, le problème c'est que les effectifs de la police, ils ont été réduits sous le quinquennat Nicolas Sarkozy.
Et je suis le premier à le dire publiquement, nous avons eu tort de baisser le nombre de policiers et de gendarmes sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? Parce que, comme je vous le disais, la puissance publique ne se négocie pas. Alors bien sûr que ça a été fait avant le début des attentats, avant les gilets jaunes, mais quand même, il faut revenir à l'essentiel, aux missions fondamentales que sont celles de l'État. L'État doit nous protéger pour nous permettre de circuler librement, pour nous permettre de préserver notre intégrité physique.
Et je suis favorable à ce que nous équipions davantage les policiers et les gendarmes et à ce que nous embautions plus de policiers et des gendarmes. Et il faudra évidemment faire des économies ailleurs.
Alors, Renaud Delis le rappelait, le gouvernement reprend à son compte certaines de vos propositions. Et pendant ce temps, le Rassemblement national, lui, vous pique aussi un ancien ministre, c'est Thierry Mariani. On l'écoute et vous réagirez, si vous voulez bien, juste après.
Et les discours de Wauquiez, séduisants. Bravo. Sauf qu'ensuite, il faut pouvoir les appliquer. Et aujourd'hui, je pose depuis un an et demi la même question. Avec qui ? Pour gagner une élection, il nous faut des alliés. Aujourd'hui, on dit quoi ? Le Rassemblement national nous avait tendu la main, on dit non. Et on attend en réalité le retour des centristes pour gagner une élection. J'ai vécu cette expérience politique où notre programme, on n'a jamais pu aller jusqu'au bout. Si vous me permettez une image, on avait promis le Khrcher, on n'a pas pu brancher le tuyau.
Il est tout seul à penser ça aujourd'hui à droite, Thierry Mariani ?
Vous avez remarqué que Thierry Mariani a rejoint le parti de la famille Le Pen le jour des soldes d'hiver. Qu'est-ce qu'on fait le jour des soldes ? On brade les collections des passées. C'est la même chose en politique. C'est-à-dire que tous ceux qui sont un peu périmés et qui sont à la recherche d'un poste ont décidé d'abandonner leurs convictions et leurs familles politiques d'origine. La famille des Républicains, c'est la famille gaulliste. C'est celle qui a combattu ceux qui ont créé le Front National par le passé. Quand on a les convictions à géométrie variable, c'est son droit le plus strict, c'est sa liberté. Mais avouez quand même que je ne peux pas la prouver.
Vous parlez des soldes, mais est-ce que vous vous redoutez qu'il y a un stock encore à écouler ? Je ne pense pas qu'il y ait... Qu'il y ait d'autres élus R susceptibles de rejoindre le Rassemblement National. Écoutez, ça fait des années... Il y a l'ancien député Jean-Paul Garraud, l'ancien député de Gironde aussi.
Oui, ils sont deux. Ça fait des années que le grand fantasme, c'est celui de la fusion de la droite et puis de voir des élus, des maires, des élus locaux, des élus nationaux qui rejoindraient le Front National. Et depuis 4, 5, 6 ans qu'on nous explique ça quasiment toute la journée, on en a trouvé 2, et 2, pardon, que j'estime un peu dépassés. Bon, bah...
C'est leur droit le plus strict. Geoffroy Didier, ils sont déjà repartis chez Marine Le Pen. Ah bah, je ne le savais pas. Une partie de vos électeurs aujourd'hui, quand on regarde les sondages sur les européennes, on voit bien que la droite est à un niveau faible. C'est-à-dire que si les états-majors tiennent aujourd'hui, comme vous le rappelez, l'électorat, entre celui de Marine Le Pen et le vôtre aujourd'hui, il hésite parfois. Mais vous pensez que c'est aussi simple que ça ? Il n'y aura pas de fuite aujourd'hui ?
Moi, je ne suis pas là pour enfermer les Français dans des petites boîtes, ni leur accoler une étiquette partisane à vie. Il y a des Français aujourd'hui qui sont tentés de céder aux sirènes de Mme Le Pen, et qui ont voté Nicolas Sarkozy en 2007 et même en 2012, et qui estiment par exemple que nous n'avons pas été suffisamment à la hauteur, et que nous n'avons pas réformé autant qu'il le faudrait. Et ceux-là, je les entends. Je les entends parce qu'il n'y a rien de pire que de leur adresser des leçons de morale et de considérer qu'une fois qu'ils sont partis, ils ne pourront jamais revenir. Je suis là pour être une force de conviction et pour leur dire que la droite s'assume.
C'est exactement le message de la nouvelle droite que porte Laurent Wauquiez au sein des Républicains. C'est de dire, nous serons offensifs, mais nous ne ferons pas de la politique comme avant. C'est-à-dire que lorsque le gouvernement ira dans le bon sens et reprendra nos propositions, nous le soutiendrons. Et encore une fois, je vous dis qu'il y a une différence de nature en réalité entre le Front National et nous. C'est que nous, nous aspirons à gouverner, alors que Marine Le Pen, au fond, aspire à agiter et à souffler sur les braises. Ce n'est pas la même vocation, ce n'est pas le même état d'esprit.
On poursuit dans une minute avec vous, Geoffroy Didier, le temps du tour de l'actualité, 8h41 avec David Doba. Carlos Ghosn dormira une fois encore en prison ce soir. Le PDG de Renault fait l'objet de deux nouvelles inculpations au Japon. Le parquet le poursuit notamment pour abus de confiance. Nissan qui le lâche encore un peu plus. Le constructeur résilie le bal de l'appartement qu'il mettait à sa disposition à Tokyo. La firme a également arrêté de payer le loyer de son appartement parisien. 80 000 policiers et gendarmes mobilisés demain pour la 9e journée d'action des Gilets jaunes. Plusieurs manifestations prévues à Paris mais aussi en province.
L'attention pourrait notamment se concentrer sur la ville de Bourges. A noter qu'Elisabeth Borne ce matin affirme que les sociétés d'autoroutes lui remettront lundi leur proposition sur le pouvoir d'achat. Regardez bien sur vos emballages alimentaires. Vous en trouverez forcément. De quoi s'agit-il ? Du dioxyde de titane, autrement dit, du E71. Rassemblement à 10h devant le ministère de l'économie et des finances. Objectif, faire pression sur Bruno Le Maire pour la signature d'un arrêté portant sur la suspension de son utilisation. Il devait être retiré le 1er janvier dernier. Et puis plus de 2 millions de personnes ont déjà signé la pétition en ligne sur le climat du jamais vu.
En France, ça s'appelle en faveur d'un recours contre l'Etat pour inaction climatique. Toujours avec Geoffroy Didier, député européen et secrétaire général délégué des Républicains et toujours avec Renaud Delis. Geoffroy Didier, vous avez signé il y a quelques jours une tribune qui a été publiée par le journal L'Opinion pour dénoncer ce que vous appelez le Wauquiez bashing permanent, notamment organisé par des opérations incessantes, par certains qui se disent de droite, je vous cite, ou même par certains qui sont restés aux Républicains, qui sont les auteurs de ce bashing permanent à l'adresse de Laurent Wauquiez. Ils se reconnaîtront.
Il y a plusieurs élus, les Républicains, qui sont venus à vos micros pour dire que Laurent Wauquiez n'était pas la bonne solution pour la droite.
Je ne sais pas où ils étaient lorsque nous avons élu et choisi démocratiquement le président des Républicains, mais j'observe que Laurent Wauquiez a été élu il y a un an, pour cinq ans, à 75% des voix au premier tour, dans une élection très propre, et qui est aujourd'hui le responsable d'une famille politique, le seul à être allé chercher sa légitimité dans les urnes, parce que lorsque vous regardez les autres présidents de formation politique, ils ont soit été choisis à l'Élysée pour la République en marche, soit seul et unique candidat, comme c'est le cas au Front National.
Donc laissons-lui le temps de travailler, et tous ceux qui veulent construire une alternative ont plutôt intérêt à l'aider, plutôt que de le critiquer systématiquement, comme c'est effectivement malheureusement trop souvent le cas.
Il est victime d'opérations de déstabilisation à l'internat Wauquiez ? Par quelques-uns. Qui n'ont pas osé se présenter contre lui l'année dernière, est-ce que vous voulez dire ?
Je ne sais pas. Valérie Pécresse, par exemple. Non, pas du tout. Valérie Pécresse, pardon, elle a décidé de ne pas se présenter, je le sais pour travailler quasiment quotidien avec elle, comme vice-présidente de la région Île-de-France, elle a décidé de ne pas se présenter pour se concentrer sur la région Île-de-France, qu'elle réforme en profondeur et avec beaucoup de réussite. Et elle a créé aussi son mouvement libre, qui est un mouvement associé des Républicains, et qui produit des idées nouvelles. Ça, c'est une bonne chose. L'objectif, c'est que la droite foisonne.
En revanche, il y a quelques élus qui ont quitté les Républicains ou qui ont fait le choix d'y rester, et qui n'ont pas intérêt à ce que l'alternative triomphe. Et à cela, j'ai envie de dire, venez bosser avec nous.
Geoffroy Didier, logiquement, tout le parti aurait dû se lever comme un seul homme derrière votre tribune pour la signer. Il y a eu, je crois, huit députés seulement qui l'ont signée. Que font les autres ? Ils ne sont pas derrière Laurent Wauquiez ? Non, attention. En réalité, là, il y a eu méprise,
parce qu'en réalité, tous ceux qui ont été sollicités ont accepté de signer. Et vous voyez dans cette tribune une signature de premier signataire. C'est-à-dire que beaucoup d'autres parlementaires...
Ce n'est pas une évidence, aujourd'hui, que tous les parlementaires roulent pour le chef.
Vous savez, le leadership est un combat permanent. Et le leadership, quel qu'il soit, n'est jamais une évidence. Donc, il faut convaincre en permanence.
Y compris à l'intérieur des Républicains.
Ce n'est pas une évidence que Laurent Wauquiez est le bon bâton. Mais comme dans toute association d'hommes et de femmes. En revanche, ce que je dis, c'est que Laurent Wauquiez a été élu démocratiquement pour 5 ans et qu'il faut lui laisser le temps de faire son travail. Et je le trouve particulièrement courageux. Parce qu'il a accepté de relever le drapeau d'une droite qui était totalement KO il y a un an et demi. Et aujourd'hui, j'estime qu'il y a eu beaucoup de chemin parcouru. Il a mis en place une nouvelle direction avec beaucoup de jeunes responsables qui n'ont jamais été ministres. Donc, ils ne sont pas au fond responsables du passé, voire parfois du passif de la droite.
Et surtout, observez une chose qui est incontestable. C'est qu'il est le premier et le seul à avoir recensé la fracture territoriale, l'arrogance du pouvoir, le racket des automobilistes, et toute la politique, pardon, mais absolument pas réformatrice d'Emmanuel Macron.
C'est le premier, dites-vous, à avoir effectivement lancé une campagne contre les 80 km heure, contre la hausse des taxes de carburant. Et ce n'est pas lui qui en profite. Ce n'est pas les Républicains qui profitent de la crise que traverse le gouvernement. Comment vous expliquez ça ? Mais parce que ça prend du temps. Pourquoi est-il inaudible, Laurent Wauquiez ? Pourquoi est-ce que c'est soit le Rassemblement National, soit la France Insoumise qu'on entend ? Ça, c'est votre interprétation ou votre analyse. C'est ce qu'indiquent tous les sondages. Tous les sondages qui portent soit sur sa popularité, soit sur les intentions de vote des Républicains aux élections européennes.
Je crois que la force de l'engagement politique, c'est la constance.
C'est le fait d'avoir une stratégie, de s'y tenir, et de ne pas considérer que les dividendes tombent tout de suite. Je crois que le fait que vous ne puissiez pas d'ailleurs vous-même contester le fait que Laurent Wauquiez a été le premier à dire la vérité aux Français, alors qu'il y a un an et demi, tout le monde lui reprochait de ne pas être Macroniste.
La constance de Laurent Wauquiez, Geoffroy Didier, ce n'est peut-être pas le premier élément qui viendrait si on interrogeait les Français. Je pense à ses propos tenus off et à ceux qu'il a tenus ensuite. Je pense à ce qu'il a dit sur les gilets jaunes, où il a oublié quand on lui a demandé qu'il en avait porté un quelques jours avant. Je ne sais pas si le terme de constance est, pour les Français, celui qui colle le mieux à l'image de votre Président. C'est amusant parce qu'en fait, il a été décidé de tout lui reprocher à Laurent Wauquiez. Non, non, non, je n'en ai pas sur ces deux points.
Lorsqu'il est constant, on dit qu'il s'entête.
Comme beaucoup d'autres responsables qui font l'erreur, on dit qu'il est condamnable. Si vous enfilez un gilet jaune en sortant de ce studio, je suppose que dans une semaine ou deux, vous allez vous en souvenir. Marc Fauvel, ce qui m'intéresse... Rassurez-moi, moi si j'en enfile un aussi, je m'en souviens. Je ne peux pas oublier ça et m'en souvenir une fois que les journalistes me l'ont rappelé.
Ce qui m'intéresse comme responsable public, c'est pourquoi il y a des Français qui enfilent des gilets jaunes. Ce n'est pas de savoir qui en a enfilé cinq minutes et qui l'a enlevé cinq minutes après. Pardon, on ne parle pas le même langage. C'est-à-dire que moi, ce qui m'intéresse, c'est de voir tous ces Français qui sont à bout, qui n'en peuvent plus, qui ne peuvent plus payer l'impôt, non pas parce qu'ils ne le veulent pas, mais parce qu'ils ne le peuvent pas.
Et ce qui m'a aussi impressionné, c'est ce mouvement de sympathie de tous ces Français qui, eux, n'ont pas enfilé de gilets jaunes, mais qui, effectivement, reconnaissent qu'il y a un ras-le-bol fiscal et pour cause, puisque nous détenons le record des pays de l'OCDE en termes de prélèvement.
Toute dernière question, d'abord, juste sur ce vocabashing que vous dénoncez. Pour être bien clair, vous dites que seuls les députés qui ont été sollicités pour l'instant ont accepté tous de la signer, cette tribune contre le vocabashing, 8 sur une centaine de députés, ça veut dire que vous appelez les autres députés aujourd'hui à rejoindre ce mouvement, à signer cette tribune.
Mais attendez, on est tous membres des Républicains, donc il n'y a pas les vocaisistes et les non-vocaisistes. Laurent Wauquiez est le président légitime des Républicains. Ce que je souhaite, c'est que tout le monde l'aide à être la force de proposition et l'alternative la plus sérieuse et la plus crédible à Emmanuel Macron.
Alors ce grand débat sur la fiscalité, il doit commencer, enfin ce grand débat notamment sur la fiscalité, il va commencer mardi. Vous évoquiez la fiscalité à l'instant. Il y a une revendication qu'on a beaucoup entendue tout au long du mouvement des gilets jaunes et qui semble portée par une grande partie de l'opinion, c'est le rétablissement de l'ISF.
C'est une folie. Vous croyez vraiment que face au ras-le-bol fiscal qui consiste à dire on paye trop d'impôts, la bonne solution serait d'en ajouter un.
Les gens qui prennent contre les impôts et ceux qui payent l'ISF sont vraisemblablement pas les mêmes ou alors il y a des milliardaires sur les ronds-points.
Ce que je voudrais vous faire comprendre, c'est que ce à quoi aspirent les Français, c'est payer moins d'impôts. La seule solution pour payer moins d'impôts, c'est d'abord de réduire la dépense publique.
Est-ce que ce n'est pas d'abord davantage de justice fiscale ?
C'est de réduire la dépense publique et une fois qu'on aura réduit la dépense publique, diminué les doublons par exemple, vous savez quoi ? Il y a 226 autorités administratives indépendantes. Il y a 443 au conseil et observatoire. Ça pour observer, on observe en France. Mais pendant ce temps, les Français observent surtout leurs feuilles d'impôts. Ils disent ça suffit, on n'en peut plus. Et puis je voudrais aussi vous dire autre chose.
Si, pardon Geoffroy Didier, dans les premières remontées de terrain que France Info a dévoilé ce matin, c'est-à-dire les remontées des cahiers de doléances, ils disent, parmi les priorités, retour de l'ISF.
Je n'y suis pas favorable. Et même si la majorité des Français l'étaient, je n'y suis pas. Et je leur dis que la solution est de diminuer tous les impôts plutôt que d'en prendre un peu chez quelques-uns, pensant que ça va enrichir les autres. Ça n'a jamais marché. Mais ce que je voudrais vous dire, c'est que certes, il y a la baisse de la dépense publique et nous faisons des propositions au sein des Républicains là-dessus. Mais il faut surtout augmenter la production de richesses. On parle souvent de la part de la dépense publique dans la production globale. Mais il faut surtout augmenter la production globale pour faire diminuer la part de la dépense publique. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que nous n'aurons pas d'autre choix si on veut dire la vérité aux Français que de travailler plus longtemps. Nous augmentons en espérance de vie d'un trimestre par an. Ça veut dire qu'il faut dire aux Français une chose. Si vous voulez effectivement qu'on garantisse le pouvoir d'achat des futurs retraités, je parle des retraites nettes, eh bien il faudra travailler plus longtemps dans la vie comme il faudra travailler d'ailleurs plus longtemps dans la semaine parce que nous sommes en train de payer les conséquences de cette absurdité économique qui est celle de la mise en place des 35 heures.
On poursuit cet entretien dans une minute, 8h51. David Doba pour le tour de l'info. Alexandre Benalla, de nouveau entendu par la commission d'enquête du Sénat. Il sera auditionné dans le cadre de l'affaire des passeports diplomatiques le 21 janvier. Audition prévue également notamment pour Vincent Crase, Christophe Castaner ou bien encore Jean-Yves Le Drillon. Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, affirme craindre une mobilisation plus importante que la semaine dernière, demain, à l'occasion de la 9e journée des Gilets jaunes. Selon lui, elle pourrait également être marquée par plus de radicalité.
Rien n'est confirmé, mais les manifestants pourraient notamment se retrouver dans le quartier de la Défense. à Paris. Après 25 ans derrière les barreaux, la justice doit décider si Jean-Claude Romand retrouve ou non la liberté. Il avait tué son épouse, ses deux enfants et ses parents après leur avoir menti durant 15 ans sur sa vie. Il n'a pu retenir ses larmes à 31 ans. Dimeuré annonce qu'il compte prendre sa retraite. Cette année, le tennisman écossais espère aller jusqu'à Wimbledon, mais il pourrait faire sa toute dernière apparition à l'Open d'Australie qui débute dans 3 jours maintenant.
Et puis Guingamp, tombeur du Paris Saint-Germain, recevra Monaco en demi-finale de la Coupe de la Ligue. De son côté, Bordeaux se rendra à Strasbourg. Tirage au sort en effectué hier soir. Le secrétaire général délégué du parti Les Républicains, Geoffroy Didier, est toujours notre invité jusqu'à 9h. Et les questions de Renaud Delis. Vous dénonciez à l'instant, Geoffroy Didier, la folie des 35 heures, c'est le terme que vous avez employé. Vous voulez, je crois, dans le projet des Républicains, faire travailler les fonctionnaires à 39 heures, de les repasser à 39 heures au lieu à 35.
Je suis favorable à ce que chaque Français comprenne qu'il faudra travailler plus s'il veut garantir le pouvoir d'achat de ses retraites. Donc, supprimer la durée légale du travail de 35 heures dans la fonction publique comme dans le secteur privé ?
Oui, je suis favorable à ce que nous travaillons plus parce que c'est dans la logique des choses et observer d'ailleurs les pays qui fonctionnent bien, comme l'Allemagne, notre pays voisin, si l'on veut effectivement qu'il y ait un véritable couple franco-allemand, encore faudrait-il parfois s'inspirer de ce qui s'est fait en Allemagne. Vous êtes favorable personnellement ou c'est bien le programme des Républicains ? Je suis favorable personnellement à convaincre les Français au-delà des Républicains.
Et d'abord votre parti, d'abord votre parti.
Bien sûr, convaincre les Français qu'il va falloir travailler plus et ça, c'est la véritable réforme qu'il va falloir mettre en place parce que c'est en produisant plus de richesses que l'on pourra, certes, en plus, diminuer la dépense publique, mais donc baisser les impôts. C'est cela le message des Gilets jaunes, baisser les impôts, tous les impôts.
Il y a les sujets économiques, Geoffroy Didier, et puis il y a les thèmes de société. L'Élysée a fait savoir que trois thèmes seraient, a priori, exclus du grand débat national qui va débuter la semaine prochaine. La peine de mort, l'IVG et le mariage pour tous. Est-ce que le gouvernement, est-ce que l'Élysée ont bien fait de mettre ces barrières, ces garde-fous autour du débat ?
Oui, je suis favorable à ce débat parce qu'il n'y a rien de tel que de débattre, de donner la parole aux Français et je préfère le débat et le combat politique aux leçons de morale. Mais ça ne peut marcher qu'à deux conditions. La première, c'est que ce débat ne soit pas confisqué, que ça ne soit pas confisqué par les élus et par ceux qui ont l'habitude de parler, que ça ne soit pas confisqué par le gouvernement qui donnerait les conclusions du débat avant même qu'il ne débute et que ce ne soit pas non plus confisqué par les groupes de pression et les lobbies. J'en subis parfois certains au Parlement européen.
Je peux vous dire que certains groupes de pression vont essayer évidemment de prendre en main le débat. Et la deuxième condition pour que ça marche... Et qui est très proche de votre parti regrette qu'on n'ait pas le droit de discuter du mariage gay ? Eh bien, je ne le regrette pas moi-même. Et ce que je veux vous dire, la deuxième condition pour que ça marche, c'est que ce débat ne serve pas à fragiliser les institutions d'une part et deuxièmement les acquis sociétaux d'autre part. Et je considère personnellement que l'abolition de la peine de mort, je suis farouchement opposé à la peine de mort, que l'IVG et que le mariage pour tous sont des acquis sociétaux.
Je sais que ce n'est pas un discours qui est forcément le plus partagé à droite, mais je considère aujourd'hui que ce sont des acquis sociétaux et que ce serait dangereux d'instrumentaliser un débat qui porte sur le pouvoir d'achat et le ras-le-bol fiscal pour régler des comptes passés et dépassés. Est-ce qu'il y a d'autres sujets pour vous qu'il faut graver dans le marbre avant ce débat ? Je suis par exemple favorable en revanche à ce qu'une autre préoccupation majeure qui est celle de la maîtrise des flux migratoires puisse faire partie des discussions. Parce que ça, c'est le débat d'idées. Et qu'un débat ne peut pas non plus avoir des frontières totalement étanches.
En revanche, je le dis fortement, ce débat ne doit pas fragiliser les institutions. On a vu malheureusement qu'elles ont pu être fragilisées par des extrêmes violences comme le week-end dernier et les acquis sociétaux.
Est-ce que le référendum d'initiative citoyenne pourrait être un instrument qui fragilise nos institutions ? Non, je peux être favorable
au référendum d'initiative citoyenne. A quelles conditions ? Pourquoi ? Parce que... Je suis favorable à ce que l'on réfléchisse à un référendum qui ne soit pas, encore une fois, court-circuité ou confisqué par les élus. Je crois à la démocratie représentative, mais je crois aussi qu'il faut multiplier, comme d'ailleurs c'est le cas dans d'autres pays voisins comme la Suisse, la possibilité pour le peuple français de prendre l'initiative de référendum. Mais encore une fois, attention juste à ce que ce débat soit encadré. C'est la seule manière pour qu'il soit crédible. Et surtout, je voudrais quand même vous dire une chose, c'est que ce débat c'est très bien.
J'y suis favorable, comme je vous l'ai dit. Mais attention à l'entourloupe. Attention à ce que le gouvernement et Emmanuel Macron ne nous fassent pas perdre du temps et utilisent ce débat pour contourner les problèmes plutôt que de les affronter. Et tout dépendra évidemment, non pas du débat lui-même, mais de l'issue qui lui en est donnée.
Alors les prochaines échanges électorales approchent. Ce seront les élections européennes. Les Républicains n'ont toujours pas de tête de liste. Ça viendra. Mais pourquoi c'est si long ?
Vous savez, l'élection, c'est le 26 mai. Mais pourquoi c'est si long ? Mais ce n'est pas long. Nous tenons notre calendrier. C'est votre impatience qui grandit. Alors le calendrier précisément, donc elle sera désignée quand cette tête de liste ? Laurent Wauquiez a toujours dit que la tête de liste, mais pas seulement la tête de liste, l'équipe, parce que l'important, ce n'est pas uniquement le capitaine, c'est toute l'équipe qui est sur le terrain. Pourquoi il ne l'a pas, lui ? Parce qu'il est président de la région. Parce que là aussi, il fait preuve de constance. Il a toujours dit, avant tout, à ceux qui l'ont élu. Non, pas ma région plutôt que l'Europe.
Ma région, parce que j'ai été élu et que j'ai reçu un mandat. On a vu des têtes de liste se présenter,
démissionner après, mais pour donner du mouvement. Et là, on ne fait plus la politique comme avant. C'est fini. Vous serez candidat vous-même ?
Effectivement, on ne peut plus dire je suis candidat à un mandat que je n'exercerai pas. C'est ce que les Français ne supportent plus. Et donc, Laurent Wauquiez a bien raison de faire ce qu'il fait, c'est-à-dire d'être constant et de tenir ses engagements. Ce sera quand, alors, la désignation ? Vous y alliez le dire, le calendrier ? Je vois, à mon avis, fin janvier, début février. Je ne vais pas vous donner la date exacte parce qu'elle appartient, pour reprendre la métaphore de l'équipe au sélectionneur qui est Laurent Wauquiez. Voilà. Merci beaucoup au joueur
Geoffroy Didier, député européen d'être venu ce matin sur le plateau de France Info dans deux minutes. Il sera 9h.
Geoffroy Didier