"Ça fait longtemps que les artistes juifs ont compris où était le parti antisémite..."
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Bonjour et bienvenue à tous les deux dans ce débat d'Europe 1 Info. On va commencer par ces mots, les mots de l'humoriste Elie Semoun que vous connaissez forcément. Il était l'invité d'RTL, c'était hier, et il a profité d'une question sur son opposition au RN pour dourcir le ton contre LFI, la France Insoumise.
L'humoriste a dénoncé un antisémitisme affiché et il a dit considérer LFI comme plus dangereuse que le RN, on l'écoute. Et vous, vous êtes toujours un opposant au Rassemblement National, héritier du Front National ? Écoutez, je vais vous répondre comme un homme politique, je suis surtout un imposant à LFI, je suis vraiment...
Mais là franchement, je ne peux pas supporter cet antisémitisme affiché, donc j'ai vraiment beaucoup, beaucoup de mal avec ce parti. Vous dites ce matin que vous trouvez la France Insoumise plus dangereuse que le RN ? Oui, oui, oui, oui.
S'il faut répondre à votre question, et je vous réponds sincèrement, j'ai vraiment peur du bordel organisé par LFI. Pour moi, ce n'est pas une démocratie, ça ne ressemble pas à une démocratie. Alors c'est d'autant plus étonnant qu'il a longtemps lutté contre le RN, Elie Semoun.
Hélène Rouet, finalement, est-ce qu'il rejoint tous ces sondages et autres études d'opinion qui pointent du doigt le rejet inspiré par Jean-Luc Mélenchon ? Alors ça c'est sûr, mais c'est d'autant plus, on en est à un stade où en fait ça, cette déclaration, elle est courageuse de la part d'Elie Semoun. Quand on regarde le milieu culturel dans lequel il évolue, on sait à quel point il y a une omerta sur ces sujets dans le milieu culturel, on ne peut pas avoir cette réflexion quand on est issu du milieu culturel.
Et donc c'est pour ça qu'on en est à un stade où en fait ce que dit Elie Semoun, c'est extrêmement courageux. Moi ce que j'aime beaucoup dans cette séquence, c'est quand vous voyez la tête du journaliste qui a essayé de le piéger précisément parce qu'il voulait lui faire dire quelque chose, c'est ça, et quelque chose précisément contre le Rassemblement National. On voit très bien qu'il essayait de faire ça et en fait sa tête se décompose un peu quand Elie Semoun dit à plusieurs reprises « Oui, oui, je choisis le RN parce que la fille, voilà, elle est trop dangereuse. » J'ai William Golnadel.
Oui, non, j'abonde dans ce qui vient d'être dit, mais enfin, il y a quand même un point de détail si j'ose dire. Oui. C'est que Elie Semoun est juif et que dans le milieu artistique, malgré effectivement la forte prégnance de la gauche artistique, etc., il y a quand même une évolution très importante.
Je pense à Arthur, par exemple, après le 7 octobre, qui fait que malgré tout, les artistes juifs, eh bien, ça fait longtemps qu'ils ont compris où était le parti antisémite. Il y a beau y avoir une tradition, y compris dans la communauté juive organisée, que j'ai déploré d'avoir beaucoup plus regardé l'ERN que la France insoumise, mais ils ont commencé déjà quand même à comprendre un peu, mais il faut prendre pardon de le dire et de judaïser un peu le propos, mais c'est vrai qu'on comprend Elie Semoun. Alors, c'est vrai que c'était, pour un humoriste, c'était assez amusant, parce que c'est vrai que le journaliste qui l'interrogeait aurait tellement aimé qu'il dise qu'il apporte sa pierre artistique contre Marine Le Pen.
Ben non, c'est pas arrivé. Et on s'aperçoit quand même qu'il y a une sorte, et je m'en réjouis, de cordon sanitaire étrangleur autour du coup du parti antisémite. Pour autant, est-ce que la stratégie de radicalité de Jean-Luc Mélenchon n'explique pas aussi en partie son succès ?
Il est normal qu'il ait effectivement à payer les frais de son investissement sur les banlieues. Il n'y a pas de doute, mais de son point de vue à lui, ça reste malgré tout, pour l'heure, un coût modéré, puisqu'il ne met pas quand même beaucoup d'eau bénite dans son vin rouge, quand même. Mais bon, c'est un choix.
Il ne peut pas à la fois être antisémite et filosémite. Ça, il y a un vrai problème. Mais je constate malgré tout qu'au-delà, évidemment, du carré juif, si j'ose dire, et au-delà même de l'antisémitisme, il n'y a pas que l'antisémitisme.
Il y a le racisme anti-blanc, il y a le racisme anti-français, il y a le parti pris racisant. Tout cela, ben oui, il finit par payer l'édition. Oui, je pense, et encore une fois, véritablement, on ne s'y attend pas de la part du monde de la culture.
Aujourd'hui, vous avez également une tribune qui a été signée par 200, notamment, artistes, pour soutenir Rima Hassan. Vous savez, quand vous êtes acteur, quand vous êtes chanteur, quand vous êtes justement dans ce milieu culturel, ça fait bien, de toute façon, de taper sur le Rassemblement national, quoi qu'il en coûte. C'est-à-dire que vous allez avoir, je pense, énormément d'interviews dans les mois à venir, dans la campagne présidentielle à venir, où cette question sera posée.
Et je pense que de nombreux artistes continueront de choisir LFI plutôt que le RN. Et c'est la raison pour laquelle, véritablement, Alice et Moon, on en est malheureusement à un stade où cette réflexion a été courageuse. J'en reviens à Jean-Luc Mélenchon.
Je ne sais pas si vous avez vu ces images qui ont été diffusées. Très drôle. On le voit en train de siroter, une sorte de boisson.
On parle des mêmes, Hélène Rouet. Absolument. Voilà, et on lui pose la question.
Oui, je ne sais pas exactement ce que c'est. Je pense que c'est une grenadine. D'accord.
Et on lui a posé la question en disant « Qu'est-ce que vous pensez de la quatrième candidature de Marine Le Pen ? » Il dit « Je m'en fous ». Il dit « De toute façon, je la battrai. » « De toute façon, je les battrai. » Oui, c'est ça.
Mais on se rappelle aussi de la première réflexion qu'il a eue quand on lui a annoncé que Marine Le Pen pouvait finalement se présenter et qu'elle allait le faire. En fait, elle dit « Mais de toute façon, je les chasserai. » Je chasserai les deux dans la sémantique qui est extrêmement violente.
Et en fait, on comprend évidemment que Jean-Luc Mélenchon maintenant ne rêve que d'une chose, c'est évidemment de son duel avec le Rassemblement National. Mais c'est ce que j'ai dit. Finalement, ça les arrange.
Les deux, d'ailleurs, peut-être. Ah oui, ça c'est sûr. Alors ça, il est évident que Jean-Luc Mélenchon, ça l'arrange d'être au second tour face au Rassemblement National et non pas contre un candidat du Bloc Central.
Ça, c'est absolument évident. S'il veut avoir potentiellement une chance de peut-être pouvoir gagner, même si je pense que ça n'arrivera pas, mais il a une chance de potentiellement pouvoir gagner. Il faut qu'il soit contre Marine Le Pen ou contre Jordan Bardella.
Est-ce que ça change véritablement de quelque chose d'être contre Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? Peut-être que Marine Le Pen l'arrange dans le sens où il la connaît. Il débat avec elle depuis maintenant des dizaines d'années.
Donc il sait évidemment comment elle réfléchit, il sait tout ça. Je pense que ça l'arrange. Il n'y a pas de doute que s'il y a un deuxième tour contre Marine Le Pen, il va chanter l'ère de l'antifascisme, il va expliquer qu'il adore tout le monde, en se compris les Juifs, il va bien sûr...
Et une très grande partie de la gauche entonnera le même chant des partisans. Il faut bien comprendre ça. Donc non, c'est sûr que les deux ont un intérêt bien compris de s'affronter.
Et d'ailleurs, ils le font savoir. On a l'impression que là, il y a ce duel qui s'instaure dans les sondages ou même dans les commentaires politiques qu'on a pu entendre nombreux cette semaine à la suite du pourvoi en cassation de Marine Le Pen et de sa candidature à la présidentielle. Oui, en fait, l'affrontement Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon, il ne se passe pas uniquement que sur le terrain politique, sur le terrain des plateaux.
On le voit, évidemment, il se passe également à l'Assemblée. On peut citer l'énorme bazar qu'il y a eu à cause des amis, justement, de Jean-Luc Mélenchon et notamment le collectif Traoré qui a bordélisé l'Assemblée, qui a chahuté même des huissiers. Ça fait partie des images que j'aimerais que vous commentiez.
Et c'est vrai qu'on a un peu le sentiment, et même dans la rue aujourd'hui, on a le sentiment dans beaucoup d'endroits, dans beaucoup d'affaires, dans beaucoup de rues, qu'en fait, il y a deux Frances qui s'affrontent aujourd'hui. On a un peu le sentiment que c'est la France du Rassemblement National, la France qui vote Rassemblement National contre une France, la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon. Très clivant, tout cela.
J'en reviens quand même à l'actualité de la semaine, à savoir la candidature de Marine Le Pen après son pourvoi en cassation. Gilles-William Golnadel, est-ce que vous diriez que c'était un pari risqué, comme on a beaucoup vu, élu ? Oui, oui, c'était un pari pour certains inattendu.
Mais enfin, il y a eu beaucoup de surprises. La première surprise, c'était quand même la décision de justice. Beaucoup pensaient qu'elle ressemblerait à la première qui, je l'avais dit, était totalement excessive.
Celle-là réglait le problème quand même de l'inégibilité. En cela, est-ce qu'elle était plus politique, cette décision ? Je ne sais pas.
Écoutez, je ne me hasarderais pas ce genre de spéculation intellectuelle. On a le droit de considérer. Écoutez, je suis suffisamment sévère envers certains juges pour considérer qu'il y en a d'autres qui essayent de faire du droit, même lorsque, évidemment, il y a de la politique.
On note, on note. Je ne fais pas de procès d'intention politique à cette cour d'appel. J'observe également qu'elle a noté qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel, ce qui est fondamental pour le peuple français.
S'il avait été indiqué ou s'il y avait une notion d'enrichissement personnel à la Caïsac, je peux vous dire que le peuple français ne l'aurait pas entendu de la même oreille. Donc, c'est extrêmement important. Pour le reste, il y a effectivement un pari autour de la cassation.
Alors, permettez-moi de vous dire que le raisonnement de la cour de cassation, elle-même, de dire qu'on va maintenant précipiter les choses parce qu'il n'est pas valable, parce que s'ils cassent, ils ne peuvent pas exclure qu'ils vont casser. Alors, vous savez quoi ? On en parlera, vous allez nous expliquer pourquoi.
Dites tout de suite que j'en ai trop dit. Non, peut-être un poil. Marine Le Pen qui a donc annoncé ce pourvoir en cassation et au passage une quatrième candidature.
Mais il y a toujours donc ce pourvoir, cette épée de Damoclès de la cour de cassation qui a précisé, qui a dit qu'elle se prononcerait au plus tard en avile prochain, c'est-à-dire juste avant le premier tour de la présidentielle. Écoutez l'analyse d'Antonin André, le rédacteur en chef du service politique du journal du dimanche. Si la cour de cassation rend son avis au mois d'avril prochain et qu'elle confirme la condamnation, on va se retrouver à nouveau dans une situation totalement inédite.
C'est-à-dire, est-ce que Marine Le Pen se verra infliger le port du bracelet électronique avant l'élection présidentielle ? Je pense que le Rassemblement national mise sur le fait que ce ne sera pas possible. Les dernières semaines de campagne pourraient être teintées à nouveau d'une polémique sur le fond judiciaire.
J. William Golnadel, qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il pourrait y avoir un problème d'interférence là ?
Non, j'avais commencé par vous dire que j'ai du mal à comprendre le raisonnement de la cour de cassation de précipiter les choses. On avait compris qu'elle entendait les précipiter quand le problème de l'inégibilité avec exécution provisoire se posait en première instance. Il ne se pose plus.
Donc j'aimerais savoir en quoi cette affaire est-elle différente des autres affaires ? En théorie. Elle n'est pas différente des autres affaires.
Elle est même particulièrement aussi compliquée. Elle est compliquée. Voilà, mais ce que je veux dire, il n'y a pas de raison juridique qui commande qu'elle soit examinée en priorité.
Aucune raison juridique. Alors on nous explique que c'est comme ça, on saura à quoi s'en tenir par rapport à une candidate tout de même à la présidence de la République. Sauf que j'imagine quand même que la cour de cassation n'exclut pas la possibilité de casser.
Or si elle casse, dans l'hypothèse où elle casse, forcément ça va à une cour de renvoi et donc on n'aura pas le résultat du film. Pas du tout. À supposer même qu'elle puisse, très sincèrement, trancher avec tous les pourvois qui vont être faits, toutes les questions de concessionnalité.
Donc, où que je tourne mon regard, je ne comprends pas le raisonnement. En tout cas, ça va se jouer sur le fil du rasoir. Mais même, oui, je n'y crois pas du tout.
Oui, pas possible. Hélène Rouet. Non, mais c'est vrai que c'est un risque.
Je pense que tout le monde au Rassemblement National, de toute façon, le savait en prenant sa décision. Maintenant, Rodolphe Bosselut, qui venait dans 100% Frontières, qui est l'avocat de Marine Le Pen, absolument, assurer que, de toute façon, la question de l'éligibilité, parce que je sais que c'est un débat qui existe, la question de l'éligibilité, c'est sûr et certain, en tout cas, que son nom sera dans le bulletin. Donc maintenant, la question, c'est évidemment la condamnation, évidemment le bracelet électronique.
Ce sont des choses qui pourraient arriver avant. Mais en fait, même si le statut, disons, fin mars, début avril, un bracelet électronique, vous ne le mettez pas en 2-3 semaines. C'est-à-dire qu'il y aura des aménagements, etc.
Sans parler, évidemment, de tout ce dont Marine Le Pen, aujourd'hui, dispose, si vous voulez, comme terme de recours. Vous changez d'avocat, les questions prioritaires de consignalité, etc. Il y a encore des moyens, aujourd'hui, qu'elle a à son art, pour retarder cette décision.
Mais elle, elle dit, je ne joue pas la montre. Elle l'a clairement dit lors de son déplacement de campagne, son premier déplacement de campagne dans la Sartre. Voilà, elle dit, non, non, pas du tout.
Elle n'est pas obligée, non plus, de dire toute la vérité. Question de communication. On est d'accord.
En tout cas, pour l'instant, les sondages et les intentions de vote lui donnent raison dans cette candidature. On verra si c'est un effet de souffle aussi de ce lancement de campagne. Il faut que je vous fasse rire quand même.
Je suis obligé de vous faire rire, parce que, pourtant que ce soit risible. J'allais vous demander sur quoi, oui. Mais par rapport à ce que, avant, avant-hier, Le Figaro annonce le sondage que, comme quoi, malgré la condamnation, Marine Le Pen est en tête avec 40%.
Le lendemain, pas le surlendemain, le lendemain, la question du débat de midi à France Inter, c'est, faut-il interdire les sondages ? C'est quand même pas mal. Franchement.
C'est vrai que c'est drôle. Bon, en tout cas, donc, j'en reviens sur ces intentions de vote. Très intéressant.
Très intéressant quand même. Sans dire qu'elle rattrape son retard même sur Jordan Bardella, qu'il a devancé. Exactement.
Rappelez-vous quand même, il n'y a pas si longtemps, les sondages ne l'attestaient même plus. Vous vous rendez compte, si vous voulez, de la remontada, si vous voulez, cette propulsion, cette propulsion électorale qui existe, à voir si, évidemment, elle reste dans le temps. Moi, ce que je trouve très intéressant aussi, c'est les sondages de second tour.
Donc, bien sûr, elle prend un aimant de points. Le second tour, alors, quel bat Jean-Luc Mélenchon ? À la rigueur, pourquoi pas ?
Mais là, 70-30 déjà, c'est énorme. Et surtout, le vrai enseignement, c'est Édouard Philippe. Édouard Philippe, il y avait une seule fois de mémoire où Jordan Bardella le battait, mais on était vraiment dans du 51-49.
Donc, c'était voilà. Là, maintenant, on est dans du 54-46. Donc, si vous voulez, en plus, Marine Le Pen qui était toujours donnée perdante pour l'instant face à un candidat du Bloc central, et bien là, pour la première fois, un sondage.
Voilà. Les cas sont resserrés, mais par rapport aux autres candidats qui sont testés, mais quand même. Mais c'est la première fois, surtout, où elle est donnée gagnante face à Édouard Philippe.
C'est la première fois. J'ai William Gwennadel. Rien à dire.
Rien à ajouter. Rien à ajouter là-dessus. Jordan Bardella, en revanche, beaucoup glose sur sa déception, sur le fait de...
Je ne sais pas si on peut parler de déception. En tout cas, ce qui est sûr quand même quand vous discutez avec les cadres Rennes, avec les députés Rennes en off, je pense que, malgré ce qu'ils disent, un très grand nombre d'entre eux, en fait, avaient déjà fait le deuil d'une certaine manière de Marine Le Pen. Il y en avait quand même beaucoup dans le lot qui étaient persuadés que ça allait être Jordan Bardella.
Et je pense que Jordan Bardella, pareil, ça fait un an où il se dit ça peut arriver, ça peut arriver, ça peut arriver. Quand vous avez tous les journalistes de France et de Navarre qui vous expliquent qu'il y a quand même de très grandes chances que ça arrive, forcément, vous rentrez dans une préparation mentale, etc. Donc, je ne sais pas si c'est de la déception.
Je pense qu'il y avait un petit côté aussi surprise. Et puis, un côté surtout, bon, non, ce n'est pas cette direction-là qu'il va falloir prendre, c'est l'autre. Donc, évidemment, humainement, c'est quand même quelque chose d'extrêmement lourd à vivre.
On va voir si ce ticket reste solide. Oui, ce ticket à neuf en tout cas. Je crois que c'est humain.
C'est humain, trop humain. Bien sûr. Évidemment, il n'y a pas de doute là-dessus.
Même si la vie n'était pas devenue forcément un lit de rose, on disait qu'il serait trop vert, on expliquait, on l'appelait monsieur des deux Siciles, enfin, il y avait beaucoup de choses qui faisaient que c'était...
Mais, bon, ce qui est un tout petit peu plus étonnant, c'est que, bon, il reste Pokerfess, enfin, je veux dire, le Figaro lui-même écrivait ce matin qu'il avait du mal, il avait du mal à cacher cette réaction parfaitement humaine. Maintenant, très sincèrement, il y a de pire malheur au monde que d'être Premier ministre à 30 ans. Oui, quand même, c'est vrai, on va le rappeler.
Je vais vous faire écouter une autre déclaration, rien à voir. Là, on est au lendemain de la mise en demeure qui vise C News pour un reportage et un débat jugé trop favorable à Rachida Dati pendant les municipales. Le président de l'ARCOM, Martin H.
Dari, qui a pris la parole sur RTL et il assure que le régulateur ne veut pas fermer la chaîne mais faire respecter les règles du pluralisme. Écoutez-le. C8 n'a pas été fermé.
C8 a vu son autorisation des maîtres non renouvelés au terme de son échéance parce qu'effectivement, il y avait eu de nombreux manquements et pas assez d'engagement. Je ne sais pas. Ça, c'est la responsabilité de C News.
On a, nous, en tout cas, contrairement à ce que j'entends dire, on n'a aucune intention de fermer C News puisqu'au contraire, l'ARCOM a autorisé C News en 2024 pour une nouvelle période de 10 ans. Ce que l'on souhaite, c'est que C News, comme toutes les chaînes, exprime sa ligne éditoriale, sa spécificité, mais dans le respect des lois, du pluralisme et de l'ensemble des règles que les télévisions et radios doivent respecter. C'est un sujet pour vous, J.
William Golnadel. Écoutez, je ne veux pas...
Non, mais je parle au premier degré. Je ne veux pas faire de procès d'attention à M. Martin Adjari.
Mais par contre, ce que j'ai du mal à accepter très sincèrement, c'est les deux poids de mesure. Je ne peux pas accepter que l'audiovisuel de service public, alors même qu'il a des obligations réglementaires infiniment plus grandes en matière d'objectivité, en matière de neutralité, soit épargnées, parce que c'est pas...
Quand on lui fait une mise en demeure, c'est toujours sans frais, alors que lorsqu'on s'occupe du 4C News, croyez-moi, c'est pas gratuit. Bon, ils ont été...
Les radios de radio ont été quand même mis en demeure là récemment. justement pour avoir...
Oui, mais sans frais, ça ne...
Il n'y a pas d'amende, il n'y a jamais la moindre amende. Un avertissement. Oui, c'est ce que je vous dis.
Je vous signale, c'est un scoop mondial dont Europe 1 va bénéficier, encore que j'en ai fait profiter un certain réseau social. Je saisis à nouveau l'ARCOM sur France Inter sur le fait que pendant deux ans, France Inter a diffusé la propagande du Hamas sous couvert de la défense civile sans préciser, avec les bilans victimaires de la défense civile, sans préciser qu'il s'agissait du Hamas. J'avais obtenu pourtant au début de la guerre une première mise en demeure toujours sans frais de l'ARCOM à France Inter en leur demandant fermement d'être plus rigoureux lorsqu'ils donnent des bilans et de les sourcer, mais comme ça ne leur coûte rien, ils n'en ont rien à faire.
Donc vous voyez, cette manière différente de traiter une radio publique astreinte à davantage à une télé privée astreinte à moins, j'accepte pas. Donc vous n'êtes pas du tout rassuré par les les propos du président de l'ARCOM Martin Adjari qui dit « Mais notre intention n'est pas de fermer ces news ». Je ne sais pas ce qu'il y a dans la tête de Martin Adjari.
Voilà. Hélène Rouet. Oui, c'est vrai qu'on ne sait pas ce qu'il y a dans la tête.
Moi, à l'inverse, j'ai été peut-être un petit peu rassurée quand il parle justement, notamment de ce fameux timing où il disait qu'on a fermé ces 8. En fait, non, on n'a pas fermé ces 8, on n'a pas renouvelé la chaîne. Alors, ce qui était un scandale sans nom, je ne dis pas.
Mais là, en l'occurrence, il dit qu'il y a quand même un horizon, a priori, de 10 ans où ces news peuvent évidemment continuer d'émettre. Donc moi, j'ai été assez rassurée là-dessus. Non, en revanche, mais comme s'il s'est passé ça avec ces 8, je vais vous dire, il peut se passer n'importe quoi, en fait, dans ce pays.
Et quand on voit, en fait, certaines prises de parole, parfois, d'Emmanuel Macron qu'il a pu faire lors de son double quinquennat, c'est ça qui n'est pas forcément très rassurant. Alors, ça peut être des paroles sur la régulation des réseaux sociaux, ça peut être sa mainmise, parfois, ou certaines réflexions qu'il a pu faire sur certains médias de manière générale. Ça, effectivement, quand on voit ça, ça n'est pas rassurant.
Mais nous vivons, nous vivons dans un océan d'injustice et d'intolérance quand nous voyons, par exemple, la manière dont a été traité Charles Aloncle lors de la commission d'enquête sur l'audiovisuel de service public, comparée à la manière dont on a foutu une paire au Royale au rapporteur de la France Insoumise lorsqu'il s'est occupé du 4C8. Là, il n'y avait aucun problème. On pouvait faire tous les procès du monde, rien.
Et ces deux poids, deux mesures, ils sont constants dans l'espace politico-médiatique. Mais puisque vous soulevez le point de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, vous ne pensez pas que les regards ont toutefois un peu changé après cette commission ? Et notamment, qui expliquerait peut-être cette mise en demeure, alors certes, sans frais, mais de, notamment, France Inter sur la diffusion du RN qui était plutôt de nuit, par rapport à la journée.
Je ne vous dis pas que l'intervention de Charles Aloncle a été totalement inutile. On voit bien, par exemple, que France TV a décidé, avec une très grande spontanéité, de faire des économies, bien entendu, et certaines mises en...
Mais on est encore très, très loin du compte lorsqu'on écoute, comme celui qui vous parle, quitte à vous faire des infidélités, France Inter, mais c'est mon devoir. Il est nombreux, un dernier mot. Non, mais je suis complètement d'accord avec vous.
Je pense quand même que les Français ont changé de regard grâce à cette commission qui a été extrêmement suivie, notamment sur les réseaux sociaux. Et je pense que les Français ont compris quand même les nombreux dysfonctionnements qui étaient malheureusement faits avec leur argent. Et J'ai oublié à ma raison de rappeler qu'évidemment, il y a des changements quand même qui ont commencé à être faits, qui ont même déjà commencé à être faits, alors que la commission était encore en cours.
On se rappelle notamment de ces fameux hôtels à Cannes qui ont changé d'une année sur l'autre. Ils ne seront pas allés dans le même hôtel quand le festival est arrivé.
Philippe Fait