70 000 plaintes à revoir : la course contre la montre des magistrats
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le procureur de Versailles est un homme pressé. Sous pression, il a un mois pour que ses équipes enregistrent et traitent des centaines de plaintes en attente, toutes pour violences sexuelles sur mineurs. Ça anticipe une nouvelle affaire Liana.
Si on prend ici cette armoire, vous avez la partie qui est déjà traitée et des dossiers qui vont aller à l'audience. En revanche, tout ce qui est ici, ce sont des dossiers qui restent à enregistrer. Là, tout ça, c'est tout ce qui est en bas, par terre, là, c'est C'est du retard.
De ? Et bien là, on est sur euh mai, avril, mars, février. D'accord, c'est des plaintes qui ont été faites en février.
Voilà, qu'on a reçues en février. D'accord, donc il faut traiter en urgence. Exactement.
En attendant, les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs continuent d'affluer. Les appels des policiers arrivent ici à la permanence du parquet. C'est la magistrate responsable du pôle mineurs qui va devoir ré-examiner toutes ces plaintes, comme l'a exigé le ministre de la Justice.
À Versailles, ce sont 1000 dossiers qui attendent. En fait, il va falloir traiter ces 1000 plaintes d'ici le 14 juillet. Alors, on est quand même des magistrats spécialisés hein, dans les traitements des mineurs familles.
On va essayer de faire le maximum et de ne pas passer à côté de quelque chose et euh tout est urgent, mais évidemment, puisque là, ce sont vraiment des dossiers de victimes euh de mineurs victimes de procédures euh sexuelles, d'infractions sexuelles. Le procureur compte bien atteindre ses objectifs, mais il faudra s'adapter. Est-ce qu'on a assez de moyens aujourd'hui pour traiter notre ?
Je vous réponds tout de suite, non. Pour y arriver, on va déplacer des moyens, c'est-à-dire que je vais euh donner des directives à mes collègues pour dire que des activités qu'on aurait dû faire, on ne va pas les faire tout de suite ou on va les différer. Prioriser les dossiers, c'est la consigne que le procureur fait passer aux équipes d'enquête.
Il reçoit la chef de la gendarmerie et de la police. Là aussi, les enquêteurs sont sous pression. Ils ont l'impression euh voilà que leur leur travail est parfois un peu remis en question et euh et ils ont peur en fait tout simplement, ils ont peur de de passer à côté de quelque chose.
On peut pas tout traiter en même temps avec le même niveau donc avoir les bonnes informations pour que la priorisation que l'on va faire et repose sur des bases objectives qui ne seront pas problématiques derrière. Vous avez pas peur de vous ? Bien sûr que si, au quotidien.
On fait pas ce métier euh si on n'est pas capable de se remettre en question. C'est normal que euh on se remette en question pour dire comment faire mieux. Euh sinon on serait toujours à ce qu'on faisait quand moi j'ai commencé où on prenait pas en compte la parole des femmes, on prenait pas en parole en compte la parole des mineurs.
À Versailles mais aussi dans toute la France, ce sont 70000 plaintes à examiner d'ici le 14 juillet.
Emmanuel Macron