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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 septembre 2023 26 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheTransports

Inflation, pauvreté... Thomas Porcher démonte les mensonges de Bruno le Maire

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Comment c'est possible de constater une telle situation en France en 2023 dans la 7e puissance mondiale ?

  • 9:05RelanceRéponse directe

    Donc si l'inflation touche durement, c'est un appauvrissement, non ?

  • 11:26OuverteRéponse directe

    Il dit ne pas comprendre les polémiques sur les entreprises qui aident.

  • 14:43OuverteRéponse directe

    Est-ce que les subventions de la Chine sur sa propre industrie peuvent en effet créer une concurrence déloyale et des prix bas artificiels en Europe ?

  • 19:03OuverteRéponse directe

    La première, c'est de tout miser sur la voiture électrique alors que ça pourrait devenir le nouveau diesel dans 20 ans.

  • 21:51OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a un réel défaut de stratégie industrielle automobile en Europe et puis en France où il y a ces champions-là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:48PrésentateurChiffre
    « Un étudiant sur deux saute des repas pour raisons financières en France. »
  • 1:52PrésentateurChiffre
    « En 2023, l'association Linky avance 54%. »
  • 1:54PrésentateurChiffre
    « L'association Copains, 46%. »
  • 2:00PrésentateurChiffre
    « 76% des étudiants interrogés ont un reste à vivre à moins de 100 euros par mois une fois leur facture payée. »
  • 2:24PrésentateurChiffre
    « Sur 221 enquêtes du CRUS pour expulsion étudiées en 2022, 87% des résidents ont été expulsés, dont 57% sans délai. »
  • 8:42InvitéChiffre
    « Il y a quand même un Français sur cinq qui vit à découvert cette année. »
  • 9:18InvitéFait
    « Les entreprises ont augmenté les salaires, mais moins vite que l'inflation. Donc les Français se sont appauvris. »
  • 15:02PrésentateurChiffre
    « Leur part de marché est passée de 4% à 8% entre 2021 et 2023. »
  • 15:30Locuteur non identifiéFait
    « Les marchés mondiaux sont désormais inondés de voitures électriques chinoises moins chères que les nôtres. »
  • 15:35Locuteur non identifiéFait
    « Leur prix est artificiellement maintenu très bas par d'énormes subventions de l'État chinois. »
  • 16:50InvitéFait
    « Ils avaient fait un plan en 2015 qui s'appelait Made in China 2025 où ils disaient qu'ils allaient subventionner et créer des incitations financières pour un certain nombre de secteurs. »
  • 23:06InvitéChiffre
    « On a eu parfois des années, 80% de voitures vendues qui étaient des voitures diesel. »
  • 24:04InvitéChiffre
    « Des salaires à 66 millions avec les bonus. »
  • 24:11InvitéChiffre
    « Ça représente 200 000 emplois, 300 000 emplois, trois fois plus avec les emplois indirects. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur25 %
  • Invité 24 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'inflation, c'est un conflit d'intérêt. Il y a des gens qui en ont profité et des gens qui l'ont pris en pleine tête. La question étudiante, je ne me doutais pas qu'il y avait de telles inégalités quand j'ai vu leurs témoignages. C'est ça le vrai drame en France, c'est que vous avez des universités où vous allez avoir 40-50% d'enfants d'ouvriers et d'employés, c'était mon cas à Ville Tanneuse. De l'autre, vous avez des enfants de classe supérieure qui vont faire des grandes écoles, qui parfois vont être financées et qui vont pouvoir se projeter dans l'avenir, dans un avenir lointain et plaisant pour eux. Ça, ce n'est pas possible.

0:28
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. Déjà le deuxième numéro d'une année d'analyse, de décryptage et de clés pour comprendre ce qui se passe autour de nous. Et cette année, on fait la rentrée à la télé. Oui, vous avez bien entendu. Vous le répétez sans cesse l'année dernière. Eh bien, nous avons réussi grâce à vous. Le 20 octobre, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets TV, des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique.

Pour constituer notre grille des programmes, nous sommes en pleine levée de fonds sur KissKissBankBank. Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.

1:10
Invité

Salut Lisa.

1:10
Présentateur

Alors, tu étais au Mexique pour la promotion de ton livre, ça s'est bien passé ?

1:13
Invité

Oui, c'était très très bien. C'était la première fois pour moi en Amérique latine et j'ai découvert des étudiants et des professeurs qui étaient très intéressés par les questions économiques et notamment à la pointe des questions économiques hétérodoxes. Donc, c'était une très bonne expérience pour moi.

1:25
Présentateur

Trop cool. Eh bien, programme avec toi aujourd'hui. Les étudiants, justement, en France, qui sautent des repas à faute de moyens et Bruno Le Maire qui dit non, non, on ne s'appauvrit pas. Et en deuxième sujet, on fera la guerre entre la Chine et l'Europe qui commence autour des voitures électriques. C'est l'instant porché, c'est parti. Un étudiant sur deux saute des repas pour raisons financières en France. En 2023, l'association Linky avance 54%. L'association Copains, 46%. Bref, dans les deux cas, les chiffres sont alarmants et surtout augmentent.

L'association d'aide alimentaire aux étudiants en France, Linky, montre dans son enquête que 76% des étudiants interrogés ont un reste à vivre à moins de 100 euros par mois une fois leur facture payée. On se souvient déjà, les années précédentes, des images de ces longues files d'attente d'étudiants au point d'aide alimentaire. Il y a également la fondation Abbé Pierre avec l'université Paris 1 qui ont enquêté sur les expulsions des résidents des CRUS, donc ces résidences universitaires de l'État. Et les résultats sont édifiants. Sur 221 enquêtes du CRUS pour expulsion étudiées en 2022, 87% des résidents ont été expulsés, dont 57% sans délai.

Des délais de seulement 8 à 15 jours sont parfois accordés. Eux n'ont pas le droit à la trêve hivernale. Thomas, comment c'est possible de constater une telle situation en France en 2023 dans la 7e puissance mondiale ?

2:44
Invité

La question étudiante, c'est une question où il y a énormément d'inégalités, depuis toujours. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il faut le dire, une grosse partie de nos dirigeants viennent de Paris, ont fait des grandes écoles, et ils ne voient pas l'autre partie des étudiants qui, eux, n'ont pas du tout la même vie. En fait, quand vous êtes un étudiant parisien, même si vous êtes issu de classe populaire, vous allez à l'université et vous rentrez chez vous le soir. Quand vous êtes en province, c'est beaucoup plus compliqué, parce que vous devez souvent bouger dans la ville où il y a l'université. Ce qui change tout, puisque vous devez vous payer un logement.

Et donc, la plupart des étudiants qui travaillent et qui vont à l'université sont des étudiants qui sont majoritairement de province. En région parisienne, souvent, les étudiants les plus pauvres travaillent, souvent, ils sont boursiers. Mais vous pouvez avoir un travail à quart temps, à mi-temps, parce que vous vivez encore chez vos parents, ce qui n'est pas le cas en province, parce que vous avez un certain nombre de dépenses contraintes liées au logement, à l'alimentaire, etc. Donc, la situation est très difficile pour les étudiants de classe modeste habitant en province.

Mais quand on a vécu à Paris, qu'on a fait des grandes écoles, souvent, les grandes écoles, quand vous faites des grandes écoles comme Normale Sup, etc., vous êtes très rapidement financés et vous avez un salaire. Eh bien, vous n'êtes pas très conscient ou pas suffisamment conscient de ce qui peut se passer pour une autre partie des étudiants. Donc, depuis toujours, ce qu'on a fait en France, c'est qu'on a avantagé les filières de grandes écoles, sélectives, etc.

Et on ne se préoccupe pas trop des étudiants, tout en sachant qu'au bout de la chaîne, pour les étudiants les plus pauvres, c'est une situation de précarité qui augmente comme tout le monde, notamment avec l'inflation et avec la hausse des logements dans les grandes villes étudiantes. Il y a une concurrence pour avoir accès au logement. Si de l'autre côté, la force publique n'offre pas plus de logements étudiants, vous avez une masse qui se retrouve comme ça, livrée à elle-même.

À la mort, à la triste mort de l'économiste Daniel Cohen, qui était un économiste très connu en France, avec qui j'avais eu l'occasion de débattre, il y a eu une série d'hommages de la part d'étudiants, parce qu'il était professeur à Normale Sup, qui sont aujourd'hui des collègues, des économistes, et moi, j'ai été très surpris. Alors que, vous voyez, aujourd'hui, je pourrais débattre avec ces économistes, tout va bien pour moi, mais je ne me doutais pas qu'il y avait de telles inégalités quand j'ai vu leur témoignage. Il y a un de ses anciens élèves qui a dit qu'il avait rencontré Daniel Cohen, que ça l'avait marqué, etc.

Alors tout ça, c'est très intéressant, mais surtout, à un moment, il dit qu'on était 5 à 6 dans la classe. Donc ça veut dire qu'à Normale Sup, dans un cours d'économie, c'était marqué noir sur blanc dans le monde, on peut être 5 ou 6. Je n'ai jamais vu, moi, dans toute ma scolarité que j'ai faite à l'université, je n'ai jamais été à 5 à 6 dans une salle de cours. J'ai été dans des amphithéâtres où on était 500, j'étais dans des TD où on était 40, 50, 60, dans des classes qui pouvaient contenir 40, 45 élèves, où on était assis un peu partout, comme ça, où il faisait très chaud. Je n'ai jamais eu, moi, des cours où on était 5 à 6.

Et puis, j'ai vu d'autres témoignages avec des élèves qui, encore une fois, ont déjà un salaire étudiant, donc peuvent se poser les vraies questions. Il y a eu des étudiants dont l'a pris Nobel Esther Duflo qui disaient, voilà, je voulais changer le monde quand j'étais jeune. Je voulais changer le monde et j'ai rencontré Daniel Cohen qui m'a ouvert son bureau et qui m'a expliqué ce que je pouvais faire pour changer le monde. Mais, en fait, on se rend compte qu'avoir 20 ans et avoir le luxe de vouloir changer le monde, c'est un luxe qu'on a quand, finalement, tous les autres contraintes de la vie étudiante sont remplies et ne sont plus un problème.

La plupart des étudiants qui ont 20 ans, que même j'ai vu dans des TD à l'université de Tolbiac ou ailleurs, sont des étudiants qui pensent à réussir leurs examens, qui n'arrivent pas à y voir clair dans l'avenir pour trouver un emploi, qui veulent trouver des emplois quand même assez rapidement et donc faire des filières qui leur permettent de s'intégrer vite dans l'entreprise. C'est des étudiants quand ils n'ont pas une bourse à échelon supérieur qui leur permet d'avoir l'équivalent d'un peu moins d'un mi-temps, travaillent à mi-temps.

Donc, ils ont des questionnements de court terme, de survie, alors qu'à côté, vous avez des étudiants qui ont fait des filières sélectives, certes, qui sont souvent issus de classes supérieures, ce n'est pas moi qui le dit, c'est toutes les statistiques qui le montrent, et bien qui, eux, sont très peu nombreux dans les classes, sont payés ou ont accès à des cours dans des meilleures conditions et peuvent, eux, se poser des questions du type « Que vais-je faire pour sauver le monde ? » « Quelle entreprise je vais choisir ? » ou d'autres questions, ce que n'ont pas un certain nombre d'étudiants qui sont, eux, dans des complications quotidiennes pour essayer de survivre.

Et c'est ça, le vrai drame en France, une université où vous allez avoir 40-50% d'enfants d'ouvriers et d'employés, c'était mon cas à Ville-Tanneuse, vous avez la même chose en province où, là, il y a des murs de frais supplémentaires et puis, de l'autre, vous avez des enfants de classes supérieures qui vont faire des grandes écoles qui, parfois, vont être financées et qui vont pouvoir se projeter dans l'avenir, dans un avenir lointain et plaisant pour eux. Et cette inégalité, dans un pays où il y a marqué sur tous les frontons de mairie et même d'école liberté, égalité, fraternité, c'est un problème.

7:42
Présentateur

Oui, je te disais que ça paraît fou dans la septième puissance mondiale quand même de voir tout ça, surtout quand on voit un ministre de l'économie très content, lui, de son bilan. Il parle de sa croissance économique cumulée supérieure à ses voisins, de son PIB qui augmente, bref, des indicateurs économiques, quoi. Et quand on l'interroge sur l'appauvrissement ou non de la société française, Bruno Le Maire répond ça, c'était sur France Info.

8:03
Invité

La France tient parce qu'il y a les associations, parce qu'il y a les bénévoles, parce qu'il y a les restos du cœur. Elle tient parce qu'il y a de la générosité individuelle. Elle tient parce que vous avez des entreprises que je salue au passage, je suis un peu stupéfait des polémiques qui entourent les dons qui sont faits par les entreprises, mais vous avez beaucoup d'entreprises, de l'agroalimentaire, du vêtement, d'autres secteurs qui ont donné au resto du cœur, qui donnent aux banques alimentaires. Mais la crise de ces associations, ce n'est pas le signe d'un appauvrissement de la population française. Non, je ne crois pas.

C'est le signe que l'inflation touche très durement beaucoup de nos compatriotes, mais je récus cette idée qu'il y a un appauvrissement de la société française. Il y a quand même un Français sur cinq qui vit à découvert cette année. Comprenez bien ce que je dis. L'économie française, une fois encore, a des bons résultats. Nous créons des emplois. Et l'objectif est de créer des emplois toujours mieux qualifiés et mieux rémunérés. Mais bien entendu qu'il reste aujourd'hui beaucoup de personnes en difficulté, beaucoup de personnes qui ont du mal à boucler les fins de mois, beaucoup de personnes qui ont du mal à se nourrir.

9:05
Présentateur

Donc si l'inflation touche durement, c'est un appauvrissement, non ? Là, Bruno Le Maire récuse l'idée d'appauvrissement.

9:12
Invité

Certes, il y a eu un rattrapage des salaires. Les entreprises ont augmenté les salaires, mais moins vite que l'inflation. Donc les Français se sont appauvris. Et quand on regarde l'inflation sur deux ans, et notamment l'inflation alimentaire, on est sur des chiffres à 20% d'inflation. Donc non, on ne peut pas dire que la situation va bien. La situation ne va pas bien et il y a une grosse partie de la population qui a pris de plein fouet l'inflation. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'inflation, c'est un conflit d'intérêts. Il y a des gens qui en ont profité et des gens qui l'ont pris en pleine tête.

Ceux qui en ont profité, c'est les distributeurs, les industriels qui sont très peu nombreux et qui se partagent l'ensemble du marché, qui ont profité de ces hausses pour faire des profits supplémentaires. Et nous voyons dans les résultats de leurs bénéfices. Et les autres, ce sont les salariés les plus modestes qui n'ont pas eu d'indexation automatique et qui dépendent finalement des entreprises pour compenser en partie cette inflation mais qui n'a pas été compensée totalement. Donc les gens se sont appauvrés.

Et Bruno Le Maire, c'est très bien, il regarde les chiffres de croissance qui ne sont pas faramineux, mais il regarde les chiffres de croissance, il observe les indicateurs mais les indicateurs ont plein de défauts. C'est une boussole mais après, il faut aussi voir d'autres choses sur le terrain. Et moi, ce que je vois, c'est ce que disent les associations d'aide alimentaire. Elles le disent très bien, c'est que l'aide alimentaire a fortement augmenté, qu'il y a de plus en plus de gens qui demandent cette aide alimentaire, qu'à chaque crise, on passe des seuils supplémentaires sans revenir aux positions d'avant-crise.

C'est-à-dire qu'en 2008, il y a eu cette grosse crise, il y a eu de plus en plus de gens qui ont demandé et quand la crise s'est estompée, on n'est pas revenu au niveau d'avant-crise, puis la crise du Covid, puis maintenant l'inflation. Donc, c'est ça la réalité des défaits. C'est qu'en bas de l'échelle, il y a des gens de plus en plus pauvres. Surtout qu'il y a une autre étude du Credoc qui montre qu'il y a quand même une personne sur deux qui devrait, selon ses revenus, bénéficier de ses aides et qui n'y va pas, principalement par honte, qui préfère se débrouiller.

Et donc, s'il y a une augmentation de ces gens dans les centres d'aide et qu'en plus, il y en a une sur deux qui ne vient pas, on voit bien qu'il y a une grosse partie de la France qui est beaucoup plus pauvre et qui s'adapte en prenant des biens de moins bonne qualité, en mangeant moins pour laisser manger les enfants et ainsi de suite. Donc, on ne peut pas se réjouir de la situation actuelle. C'est indécent de faire ça.

11:26
Présentateur

Je ne sais pas si tu as vu comment il se défend et dit non, l'économie française a de bons résultats. Encore une fois, il s'appuie sur les chiffres du chômage de catégorie A, on en a déjà plein de fois parlé, le PIB. Mais le PIB, donc la création de richesses nationales peut augmenter et en même temps, les gens s'appauvrir. Tout est dans la répartition de richesses, tu l'as bien montré avec la nourriture. Et les chiffres, en plus, démentent en fait le ministre de l'économie. Le pouvoir d'achat diminue. L'INSEE montre que le pouvoir d'achat arbitrable, donc le reste à vivre pour manger et les loisirs, après les factures et les impôts, est au plus bas depuis 10 ans en 2022.

Est-ce que ça révèle aussi beaucoup de choses que sur la question de l'appauvrissement, Bruno Le Maire répond indicateur économique ?

12:02
Invité

En fait, Bruno Le Maire, je pense qu'il pense à 2027 comme beaucoup de ministres et c'est un politique et on s'imagine qu'il se projette comme tout le monde. Et le socle électoral qu'il va les lire, ce n'est pas les classes les plus pauvres. Il le sait très bien. C'est un socle de classe moyenne supérieure, voire riche. C'est ça. Et ces gens-là, il faut les rassurer en leur disant oui, il n'y a pas de déclinisme, tout ne va pas si mal, ne vous inquiétez pas, tout va bien. Et c'est des gens qui ont été moins impactés par l'inflation. C'est des gens, soit ils ne la ressentent pas parce qu'ils sont très riches, soit ils ont moins été impactés et ils disent bon, ça peut tenir, tout va bien.

Donc, c'est ceux-là qu'ils essayent de convaincre et ceux-là, on doit leur donner des bonnes nouvelles. Si on leur dit ça va mal, ça va mal, ils vont dire les Français, ça va toujours mal. Non, pour nous, ça va plutôt bien. Donc, il faut leur donner des bonnes nouvelles et c'est à eux que s'adresse Bruno Le Maire. Ce n'est pas au reste de la population qui est la partie la plus pauvre, même s'il a dit à un moment dans une phrase que ça l'intéressait pour faire la concurrence avec M. Darmanin sur les classes populaires.

La réalité, c'est que lui, il tient son discours d'expertise en prenant en compte les indicateurs et en sachant au fond de lui que la classe qui n'est pas impactée très fortement est possiblement celle qui pourra voter pour lui.

13:15
Présentateur

Il dit ne pas comprendre les polémiques sur les entreprises qui aident. Alors, évidemment, il fait référence à Bernard Arnault qui a donné 10 millions d'euros au Resto du Coeur après leur appel sur le manque d'argent. Beaucoup se sont indignés par la suite autour de ce don parce qu'il y a une grosse campagne de communication, etc. Est-ce que toi, tu comprends les indignations autour de ce don ?

13:34
Invité

On ne peut pas amener une politique de lutte contre la pauvreté en s'appuyant sur la bonne volonté des personnes les plus riches. Ça, ce n'est pas possible. On le voit bien avec Elon Musk, on le voit bien avec Bernard Arnault dans la donation et d'autres. Ça ne peut pas être comme ça au bon vouloir de personnes très riches d'aider à un instant T ou à un autre instant. Ça ne peut pas être une politique du lutte contre la pauvreté. Donc, la politique, pour moi, du lutte contre la pauvreté, elle vient du fait qu'on doit trouver des emplois, insérer les gens et puis aussi faire en sorte que...

faire une offre de service public et puis faire en sorte que ces gens aient des prestations quand ils n'ont rien. Un minimum de prestations. C'est ça. C'est un modèle social. Ça ne dépend pas de la bonne volonté ou du choix d'une personne. C'est une organisation sociale qui permet aux personnes de survivre via des transferts sociaux ou la création d'emplois ou le service public. Donc, de fait, je suis plutôt contre ce type de donation. Maintenant, je pense que les bénévoles du Resto du Coeur sont contents d'avoir 10 millions ou plus dans leur caisse d'où que ça vienne parce qu'ils pourront faire des choses avec. Ça aussi, c'est une réalité.

14:41
Présentateur

Bruxelles lance une enquête sur les subventions par l'État chinois de sa chaîne de fabrication de voitures électriques. Et oui, plusieurs années après avoir mis en place une politique qui démantèle dépend tout entier de l'industrie, l'Union européenne se dit « Oh, concurrence chinoise trop rude ! » C'est vrai que les ventes de véhicules électriques chinois ont bondi en Europe. Leur part de marché est passée de 4% à 8% entre 2021 et 2023. Et les exportations chinoises ont également explosé, comme nous le montre Lina Rifai sur France 24.

La Chine a investi dans toute la chaîne de fabrication, certes, mais également, elle subventionne son industrie et propose des véhicules donc beaucoup moins chers, ce qui pourrait être contraire aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. On écoute Ursula von der Leyen, président de la Commission européenne.

15:25
Locuteur non identifié

Les marchés mondiaux sont désormais inondés de voitures électriques chinoises moins chères que les nôtres. Et leur prix est artificiellement maintenu très bas par d'énormes subventions de l'État chinois. Cela fausse notre marché et comme nous ne l'acceptons pas à l'intérieur de notre marché, nous ne pouvons l'accepter venant de l'extérieur.

15:48
Présentateur

Alors la France est très contente avec un exécutif et un Emmanuel Macron qui vantent la réindustrialisation depuis déjà quelques mois et qui voient dans les batteries et les véhicules électriques un secteur stratégique. On en avait parlé dans notre épisode sur la réindustrialisation version Macron l'année dernière que je vous invite à aller voir pour tout comprendre. Évidemment, Pékin ne se laisse pas faire. Cette mesure, prise au nom d'une concurrence loyale est ouvertement du protectionnisme et elle aura un impact négatif sur les relations économiques et commerciales entre la Chine et l'Union européenne à fustiger dans un communiqué. le ministère chinois du commerce.

Thomas, est-ce que les subventions de la Chine sur sa propre industrie peuvent en effet créer une concurrence déloyale et des prix bas qui sont artificiels en Europe ?

16:30
Invité

Ce qu'il faut comprendre c'est que tous les grands pays subventionnent leur industrie. On a parlé d'Elon Musk à l'instant. Tesla a été en partie plus ou moins subventionné par des prêts publics et des incitations financières pour pouvoir se développer qui sont des formes de subventions cachées. Personne n'est venu s'en plaindre. Là, les Chinois font la même chose. Ils l'ont dit noir sur blanc. Ils avaient fait un plan en 2015 qui s'appelait Made in China 2025 où ils disaient qu'ils allaient subventionner et créer des incitations financières pour un certain nombre de secteurs. L'intelligence artificielle, la robotique, les énergies vertes et la voiture électrique.

Donc c'est quelque chose que nous savons. Le problème, c'est quoi en fait ? C'est pourquoi on fait cette loi ? Enfin, pas cette loi, ce rapport, cette étude pour voir s'ils sont subventionnés. C'est pour protéger nos industriels européens qui eux n'ont pas fait la transition, le tournant vers la voiture électrique qui ont beaucoup de retard. C'est ça le but. Il ne faut pas être dupe. même si l'Europe, sur un certain nombre de biens, devrait faire des enquêtes parce qu'il n'est pas normal d'avoir des biens soit qui sont subventionnés, soit qui viennent de travail forcé, soit qui ne respectent pas des normes sociales et environnementales. Donc c'est important de faire ces recherches-là.

Mais là, on voit bien qu'il y a une volonté et d'ailleurs, Van der Leyen a juste abordé cet aspect de ne pas avoir des voitures à trop bas prix. C'est quand même un problème même pour le consommateur en réalité parce que le consommateur ne peut pas acheter une voiture chinoise qui est la voiture du peuple, c'est eux-mêmes qui le disent, électrique, ce qui serait plutôt vertueux pour en tous les cas les émissions de CO2 en ville. Et là, on dit on va peut-être regarder ce qui se passe, imposer une taxe.

Et donc, on oblige les Français à acheter des voitures européennes dont les prix augmentent parce qu'elles ont fait moins de volume, elles ont augmenté les prix ou des Tesla américaines dont les prix sont extrêmement chers. Et après, on va se plaindre qu'il y a des émissions de CO2, il y a de la pollution, il y a moins de voitures électriques en ville, c'est un problème. Même si, il faut le dire aussi, la voiture ne résoudra pas tout et derrière, cette volonté de faire un rapport comme ça sur le dumping dans les subventions sur la voiture électrique en Chine, il faudrait qu'il y ait une interrogation sur les mobilités du futur en Europe.

Tout ça, on ne sait pas, on reste toujours autour de la voiture et ça, c'est important quand même d'avoir cette réflexion-là parce que la transition écologique, ce n'est pas que la voiture électrique, au contraire. Alors là, il y a vraiment des limites, c'est aussi revoir et repenser la mobilité à l'intérieur de l'Europe, les prix des trains à l'intérieur de l'Europe, etc., pour favoriser le développement des transports propres autres que celui de la voiture.

19:02
Présentateur

Est-ce que l'histoire, c'est vraiment les Chinois sont méchants avec leur industrie, leur prix bas et tout ça ?

19:08
Invité

Non, en fait, ce n'est pas du tout ça l'histoire et c'est ça qui est intéressant. C'est que l'histoire de départ, c'est l'Europe qui l'a mis en place à travers le marché unique et à travers le choix de Jacques Delors d'aller sur le marché unique plutôt que de construire des grandes entreprises européennes qui s'imposeraient au reste du monde. L'histoire de base, c'était l'Europe avait un avantage technologique, toujours plein d'industries. Et comme il avait un avantage technologique, il était pour le libre-échange parce que là, quand il y a un avantage technologique, iPhone et Apple sont très contents de vendre ses téléphones en Europe puisqu'on n'a pas de téléphone pour faire concurrence.

Donc là, ils ont un avantage technologique. Et puis comme maintenant, nous n'avons plus cet avantage technologique, c'est les Chinois qui l'ont. C'est les Chinois qui l'ont, clairement. Eh bien, nous redevenons des fervents défenseurs du protectionnisme. Donc moi, c'est ça qui m'embête, c'est que les gens sont des girouettes. Quand on parlait de protectionnisme, et moi, je défendais une forme de protectionnisme économique pour protéger nos industries et nos emplois, eh bien, à l'époque, on vous traitait de nationalistes, de personnes qui étaient contre l'avenir, qui étaient proches des idées du Front National.

Et aujourd'hui, en fait, Bruno Le Maire, il veut taxer des voitures venant de Chine. Et l'Europe fait une enquête sur les voitures venant de Chine. Donc maintenant qu'on a une perte en technologie, on fait un protectionnisme. Et que le consommateur paiera au final. Parce qu'on se protège tant qu'il y ait sur place un concurrent, puisque nous avons quand même du retard sur la voiture électrique en Europe. Donc, il y a une guerre économique qui a été menée. Vous avez des Chinois qui ont investi massivement de l'argent, qui ont des entreprises complètement intégrées de la production dans les mines à la distribution. Alors que nous, on a cassé toutes nos entreprises intégrées.

On a dit qu'il fallait délocaliser, faire des filiales, etc. Et vous avez de l'autre côté des industries automobiles chez nous qui ont, comme vous dire, pratiqué la logique actionnariale jusqu'au bout en baissant les salaires, en délocalisant, en créant des structures financières, ce que certains économistes ont appelé une forme de fordisme financier. Elles ont tout fait sauf penser la voiture du futur. Alors, ça a fait des profits sur le court terme, mais sur le long terme, on voit le résultat. C'est qu'elles ont 10 ans de retard.

21:16
Présentateur

Oui, il y a plusieurs choses qui nous interrogent. La première, c'est de tout miser sur la voiture électrique alors que ça pourrait devenir le nouveau diesel dans 20 ans si on ne fait pas, comme tu as dit, des trucs complémentaires, les transports en commun, la question des batteries aussi, il ne faut pas oublier. Et la deuxième chose, c'est quand même qu'on a des champions de l'automobile, normalement Renault, Peugeot, qui à la base étaient des petites voitures qui pouvaient se vendre à tout le monde, qui n'étaient pas chères. Après, elles ont pris le virage de faire des voitures plus grosses, plus luxueuses, même dans l'électrique.

Elles veulent faire du gros, du luxueux et donc finalement du polluant. Est-ce qu'on a un réel défaut de stratégie industrielle, automobile, en Europe et puis en France où il y a ces champions-là ?

21:52
Invité

Ça fait 30 ans qu'on n'a pas eu de politique industrielle en France. Et en Europe, l'Europe n'a pas été construite pour avoir une politique industrielle. L'Europe s'est construite autour d'un marché, le marché unique, c'est tout. Donc il n'y a pas de politique industrielle. Qu'est-ce qui se passe quand il n'y a pas de politique industrielle ?

Vous avez des grosses entreprises dont l'État est actionnaire parfois, c'est le cas de Renault, qui vont faire du moteur thermique et qui n'ont pas envie de changer parce que c'est fatigant de changer, ça demande des investissements et quand vous n'investissez pas, ça va ailleurs dans la poche des actionnaires ou des dirigeants qui ont leur salaire indexés sur ce qu'ils donnent aux actionnaires. Et donc, elles ont tout fait. Elles ont été jusqu'à truquer les essais sur les voitures diesel en disant que les diesels étaient propres. Alors que ça faisait des années que beaucoup de pays étaient passés à d'autres technologies.

Je rappelle toujours que le Japon, Tokyo, s'est rendu compte que le diesel avait un impact sur la santé bien avant que l'OMS le déclare et ils ont fait la transition du diesel. Ils l'ont interdit le diesel à Tokyo. Ils ont fait la transition dans leur constructeur automobile, Toyota, du diesel à la voiture hybride. C'était au début des années 2000. Nous, pendant ce temps-là, nos producteurs, ils s'accrochaient au diesel. Ils disaient non, il n'y a que du diesel, c'est propre. Et on a eu parfois des années, 80% de voitures vendues qui étaient des voitures diesel. C'est hallucinant. On n'avait jamais vu ça au monde.

Quand l'OMS a dit en 2010, que le diesel, 2010-2011, que le diesel était un cancérigène certain, donc ça y est, c'était sûr, qu'est-ce qu'elles ont fait ? Non, non, maintenant nous c'est propre. On a les filtres à particules, etc. Et en fait, on s'est rendu compte qu'elles truquaient les essais. Donc, plutôt que d'investir sur la voiture du futur qui devrait être plus légère, qui devrait être dans l'électrique, ou plus petite, et ainsi de suite, ce qu'elles ont fait, c'est qu'elles ont menti, elles ont triché, elles ont fait du lobbying pour nous dire que les moteurs thermiques étaient géniaux.

Et puis maintenant que l'Europe a voté la fin des moteurs thermiques d'ici 2035, elles disent, ouh là là, c'est très très grave, on va tout donner le marché aux Chinois et aux Américains. Mais il fallait y penser avant. Il fallait y penser avant. Et le plus grave dans cette histoire, c'est quoi ? C'est qu'au final, il va y avoir toujours ce chantage à l'emploi des grandes industries où il y a eu des salaires quand même énormes de grands patrons, de M. Tavares, c'était des salaires à 66 millions avec les bonus. Donc, des salaires énormes. Et bien à la fin, on va nous dire, écoutez, ça représente 200 000 emplois, 300 000 emplois, trois fois plus avec les emplois indirects.

On va tout liquider sauf si l'État nous aide. Et il demande là, des milliards. Il demande des milliards. Et donc, c'est le contribuable qui va renflouer le manque de vision de ces compagnies alors qu'elles ont dégagé des profits énormes chaque année de court terme qui ont été dans la poche des actionnaires et des patrons. Et c'est un vrai problème. Et je veux dire, on a plein de cas d'école là-dessus. On sait, c'est ça moi qui m'étonne, c'est que les politiques font comme s'ils ne savaient pas. Mais quand on regarde General Motors, qui était la plus grosse compagnie, il y avait même un Américain qui dit que quand General Motors va, l'Amérique va bien.

Qu'est-ce qui s'est passé à General Motors avant la crise de 2008 ? Donc, ça remonte quand même. Et bien, cette entreprise a fait la même chose. Elle a mis au maximum la logique actionnariale. Elle a créé des structures financières à l'intérieur pour financer les voitures, etc. À la fin, ces structures financières, c'était 80% du profit. C'est-à-dire qu'elle ne s'intéressait plus à des voitures.

Quand les Japonais sont arrivés sur le marché américain, elle a demandé à l'État de faire exactement ce que fait l'Europe, de faire des quotas, de les empêcher de rentrer, etc., pour garder son monopole jusqu'à ce qu'elle fasse faillite et que ce soit le contribuable qui mette plus de 50 milliards sur la table. Donc, c'est quand même hallucinant. Et donc, ça prouve qu'il y a un manque de stratégie, de politique industrielle, de stratégie de l'État et également une logique actionnariale court-termiste qui met en péril les investissements de long terme.

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Présentateur

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