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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 avril 2024 23 min

"Il a fallu attendre qu'Emmanuel Macron dévoile un projet pour l'Europe pour que Jordan Bardella trouve un programme", tacle Clément Beaune invité du 8h30 de franceinfo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clément Beaune. Bonjour. Avant d'en venir au discours d'Emmanuel Macron hier sur l'Europe, on va revenir sur ce qui s'est dit dans la presse ce matin. Éric Ciotti, le patron des Républicains, se dit prêt à une forme de privatisation de la SNCF. Je cite évidemment, nous ne pouvons pas continuer avec une entreprise qui coûte autant, avec une telle culture du blocage et de la grève. Voilà ce que dit le patron de la droite française. Vous avez été ministre des Transports, privatiser la SNCF c'est une bonne idée ou pas ?

0:27
Christine Pirès Beaune

Non, pour être clair c'est une idée absurde, dangereuse. C'est un grand service public, le service public ferroviaire. Et j'observe là aussi au-delà des effets de manche du moment, une contradiction fondamentale. J'ai été mis des Transports pendant 18 mois. Je crois qu'il n'y a pas eu une semaine, pour ne pas dire une journée, au cours de laquelle je n'ai pas reçu de député LR comme d'élu de tout bord, des demandes de réouverture de lignes, de mettre plus de trains. Or ces lignes ne sont pas toutes, c'est la fierté du service public et le principe du service public aussi, des lignes rentables. La privatisation, il faut être clair, c'est une logique de rentabilité.

Le service public ferroviaire ira en service à des millions de Français, parfois sur des lignes qui marchent très bien, tant mieux, ça irrigue tout le réseau. C'est un totem de la droite, c'est quoi l'idée ? Écoutez, je crois que dans le moment, j'imagine que c'est en réaction à l'accord qui a été négocié au sein de l'entreprise.

1:13
Présentateur

On va rappeler ce que c'est que cet accord, Clément Bonin. Quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont signé avec la direction, c'était lundi, un accord qui permet d'éloigner la menace d'une nouvelle grève des contrôleurs, mais au prix d'un avantage conséquent en matière de retraite, avec un départ anticipé avantageux pour certaines catégories. C'est ce que Eric Soetie qualifie de pur scandale. Il faut faire la part des choses.

1:35
Christine Pirès Beaune

Cet accord, je ne suis plus responsabilité, il m'a surpris, un peu choqué, parce qu'on peut avoir du dialogue social dans l'entreprise, mais je crois qu'il faut garder, quand on est une entreprise publique qui reçoit des soutiens de l'État et des collectivités publiques, une forme d'équité, d'esprit d'équilibre, de justice. Je n'ai pas les détails exacts de cet accord qui s'est fait dans l'entreprise, mais je ne suis pas sûr qu'on soit dans une logique d'équité et d'équilibre.

1:57
Présentateur

Vous ne l'auriez pas validé en tant que ministre des Transports,

2:00
Christine Pirès Beaune

parce que le PDG de la SNCF s'en est félicité. Oui, mais la SNCF est une entreprise publique, mais c'est une entreprise qui a sa direction et ses syndicats. Ensuite, on peut avoir un avis sur la chose, et on peut avoir cette exigence d'exemplarité.

2:12
Présentateur

Parce que la fin, c'est les finances publiques qui vont compenser un accord d'entreprise.

2:16
Christine Pirès Beaune

Non, ce n'est pas les finances publiques qui vont compenser directement, mais ça peut être l'usager qui prend le train. Et donc, moi, je me suis battu, je sais que mon successeur Patrice Vergritte aussi, pour qu'on ait des tarifs de trains qui ne soient pas exorbitants, c'est important pour le service public, c'est important pour la transition écologique, donc il faut garder cet équilibre. Mais déduire de cela, je le dis comme je le pense, que cet accord ne me paraît pas satisfaisant, mais déduire de cela qu'il faut privatiser la SNCF, c'est déconnecté, c'est absurde, et je pense qu'en plus...

2:44
Présentateur

Il dit qu'une partie,

2:45
Christine Pirès Beaune

il dit que l'État doit conserver l'émission de service public, il dit ça dans l'opinion. Très bien, donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on privatise les lignes qui marchent, et que les lignes qui ne marchent pas, on ne les privatise pas. Bon, aujourd'hui, les lignes qui marchent, elles aident le reste du réseau. Quand vous prenez un TGV, ça n'est pas subventionné. Quand vous prenez une ligne intercité entre Paris et Limoges, c'est aidé, et c'est bien, et c'est aussi de la solidarité nationale. Donc, il faut que tout le monde garde un peu la raison. On ne privatise pas la SNCF.

En tout cas, moi, je m'y opposerai comme citoyen, comme député de toutes mes forces, mais qu'on garde le sens de la justice et de l'équilibre, c'est aussi la responsabilité de cette entreprise publique dans ses accords sociaux.

3:19
Présentateur

La SNCF, le prêt des transports, évidemment, sujet très important et très quotidien, très concret pour les Français. Autre sujet très concret, le logement, avec notamment une crise du logement qui se cristallise autour d'une crise de l'emploi. Ce matin, la patronne du groupe Nexity était sur France Info, Véronique Bédague, elle annonce 502 suppressions de postes dans son groupe, et elle affirme que, finalement, le gouvernement n'a pas forcément bien réagi face à la crise financière.

Alors, pourquoi est-ce que le gouvernement, puisque vous étiez aux affaires il n'y a encore pas si longtemps, vous étiez notamment au sein de ce ministère de la transition écologique, quand bien même vous n'étiez pas en charge du logement ? Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que le gouvernement a fermé les yeux sur la crise immobilière ?

3:53
Christine Pirès Beaune

Non, je vous confirme, en effet, je n'ai pas été ministre de tout. Je n'ai pas été ministre des transports, c'est une lourde responsabilité. Je n'ai pas été ministre du logement, mais le gouvernement a réagi depuis plusieurs mois face à une crise du logement qui est quoi ? Qui avait d'abord une crise financière. C'est la hausse des taux d'intérêt qui a créé des conditions de financement pour les investisseurs, et donc de difficultés à construire des logements très importantes, et pas qu'en France. Je ne vais pas rentrer dans le détail des mesures, je n'en suis pas le spécialiste, mais il y a eu des réponses dès le début de l'année 2023.

4:20
Présentateur

La patronne de Nexity pense que

4:21
Christine Pirès Beaune

ce n'est pas du tout suffisant et que là, la crise s'amplifie ? Mais il y aura sans doute des réponses encore de mois qui viennent. La solution, elle est très simple, il faut aider à construire. Il faut aider à construire, produire, produire et produire des logements, parce que c'est en construisant et en produisant des logements, c'est la responsabilité de l'État et des collectivités, parce qu'on sait que souvent, je le vois sur le terrain, ce sont parfois des réticences locales, parfois des maires, qui freinent, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais la construction de logements. Donc c'est, je crois, un travail collectif.

4:46
Présentateur

Clément Bonne, on s'attend ce soir à une dégradation de la note de notre dette souveraine par les agences de notation Moody's et Fitch. Ça veut dire quoi derrière concrètement ? Davantage d'économie à trouver et plus de serrage de ceinture pour les Français ? C'est ça la perspective ?

4:59
Christine Pirès Beaune

Non, non, attendez, il faut être clair, les agences de notation, elles font leur travail. Leur travail, c'est des agences privées qui font des évaluations et c'est d'ailleurs encadré par la loi. Elles vont donner un avis, comme elles le font régulièrement. Une note même. Oui, une note. C'est un paramètre important. Est-ce que ça aura un impact ? D'abord, je ne connais pas la notation. Est-ce que ça aura un impact, en général, les marchés financiers, le coût de la dette ? Ils anticipent ces choses-là et on voit rarement des espèces d'à-coups ou de dégradations des conditions de financement de la France qui restent un pays solide, reconnu comme tel, attractif.

Il ne faut pas faire peur inutilement aux Français. Vous tentez de réactiviser avant le verdict. C'est un peu un coup dur politiquement, c'est quand même un coup dur politique. Mais ensuite, vous savez que certains instrumentalisent politiquement, je n'ai aucun doute là-dessus. Mais notre stratégie de finance publique, elle n'est pas indexée sur ce qui va se passer cet après-midi et sur telle ou telle notation. Qu'il faille faire des économies, ce n'est pas parce que des agences dégradent ou pas. Une note, c'est parce qu'on en a besoin, on en parlera, j'espère, de l'Europe dans quelques instants, pour des questions de souveraineté de notre pays.

Parce qu'un pays qui est trop endetté, un pays qui a trop de déficits, c'est un pays qui, à terme, augmente les impôts, casse la croissance, réduit ses services publics. Je crois que personne ne veut ça pour la France. Moi, je ne le veux pas. Et donc, il faut anticiper. Mais dans le bon ordre, on ne réagit pas par des coups de volant à une agence de notation.

6:10
Présentateur

Sans parler de coups de volant, est-ce que ça ne vient pas sanctionner des années où finalement, les réductions, par exemple, des dépenses publiques, la bonne gestion financière n'était peut-être pas

6:20
Christine Pirès Beaune

la priorité de l'exécutif ? Mais si on dit que ce n'était pas la priorité de faire des mesures d'économie, par exemple, dans la période Covid, on l'assume complètement. Et d'ailleurs, tous ceux qui donnent aujourd'hui des leçons de bonne gestion, non seulement n'ont pas contesté ces dispositifs Covid, mais depuis, ils veulent qu'on dépense encore plus, y compris les LR, qui ont eu le cesse de demander, sur le carburant ou d'autres choses, des aides supplémentaires. Donc, il faut un peu de cohérence. Qu'on soit dans une période, ce n'est plus la crise Covid, ce n'est plus le quoi qu'il en coûte où il faille faire des efforts. Bruno Le Maire, le gouvernement, le disent de longue date.

Il faut faire ces efforts sans une accélération délirante, avec du calme, de la sérénité, en construisant le budget pour 2025, où il y aura des mesures d'économie, bien sûr, mais sans casser, ce n'est pas l'austérité, ce n'est pas la rigueur, nos services publics.

7:01
Présentateur

On est avec Clément Bonne, député de Paris, porte-parole de la campagne Renaissance aux Européennes. Clément Bonne, hier, dans son discours sur l'Europe, Emmanuel Macron a affirmé, je le cite, que nos valeurs, notre culture, étaient de plus en plus menacées. Mais quelle valeur exactement et par qui ? L'extrême droite, c'est elle qui était visée, l'extrême droite française ?

7:23
Christine Pirès Beaune

Notamment, mais c'est plus large que ça. Il y a un modèle européen, un modèle social, un attachement au service public, à l'égalité, à la liberté. Il y a une civilisation européenne, ancienne, à laquelle nous sommes attachés. Et ces valeurs sont attaquées dans le monde. On croyait, peut-être un peu naïvement, européens, occidentaux, après la chute du mur de Berlin, ces 30 dernières années, que c'était ce qu'on avait appelé la fin de l'histoire. C'est-à-dire, la démocratie allait s'imposer naturellement partout, il n'y aurait plus de conflits, le doux commerce allait régir le monde, ce n'est pas ça qui se passe. Depuis longtemps, mais ça s'accélère et ça s'amplifie.

La guerre est de retour sur notre continent, la Chine est une puissance qui, sur le plan commercial, est de plus en plus agressive. Les Etats-Unis, on a connu un mandat de Donald Trump et c'était dur pour nous, Européens, il y a 4 ans. Peut-être qu'on va le connaître de nouveau, il faut l'anticiper au mois de novembre prochain. Bref, nous sommes dans un monde de conflits, de brutalités, de terrorisme, de menaces en tout genre.

8:12
Présentateur

Et l'Europe... Quand le Président dit ça, est-ce qu'il n'y a pas une grammatisation à des fins électorales ? Pas du tout. Électoraliste, une six semaines à peine du scrutin.

8:20
Christine Pirès Beaune

Je crois qu'on peut débattre de beaucoup de choses ou nous reprocher beaucoup de choses. Reprocher à la majorité présidentielle, au Président de la République de se découvrir un Européen inquiet et ambitieux à la fois, franchement, ce serait malhonnête. Le Président de la République s'est engagé depuis le premier jour de son engagement politique en fondant un mouvement politique, en étant candidat deux fois à la présidentielle sur l'Europe. On nous l'a parfois reproché d'ailleurs.

On a été très seuls à défendre le projet européen, à faire des constats qui sont lucides et difficiles, mais pas à répondre par la résignation ou le tout cassé que proposent les extrêmes, mais par la réforme de l'Europe. Et ce qu'a dit le Président hier à la Sorbonne pour la deuxième fois, c'était un symbole important, c'est qu'il avait donné rendez-vous aux Français en 2024 dans son premier discours de la Sorbonne pour faire un bilan. Ce bilan, je le revendique, je l'assume, j'en suis fier, il est extrêmement positif. L'Europe a changé sur beaucoup de choses. Mais pendant ce temps, le monde est devenu plus dur que l'Europe doit amplifier, accélérer ses changements.

Le Président, il a fait beaucoup de propositions pour l'Europe pour l'horizon 2030. Il n'a pas été à courte vue ou à petit horizon électoral, je crois que chacun peut le vérifier.

9:21
Présentateur

Alors voilà ce que dit Emmanuel Macron, mais de ce côté, par exemple, le Rassemblement National dit que c'est l'immigration incontrôlée qui menace les valeurs européennes.

9:27
Christine Pirès Beaune

Ce qui menace les valeurs européennes ou surtout le fonctionnement de l'Europe, c'est les anti-européens qui, de longue date, ont voulu faire faire n'importe quoi à notre continent. Et redisons-le, heureusement qu'il y avait des pro-européens. Ce n'était pas facile qu'on dit qu'on ne prend pas le vaccin russe, on prend le vaccin scientifiquement validé et on le produit en européen qui ont dit qu'on fait la relance européenne. Qui est allé convaincre l'Allemagne qu'il fallait ensuite pour chacun de nos entrepreneurs, chacune de nos entreprises, faire un plan de relance massif avec un emprunt commun ? Il faut quand même le rappeler.

Ce sont les pro-européens, c'est le Président de la République, c'est la majorité prudentielle, ce n'est pas la Rassemblement National. Donc l'Europe aujourd'hui vers son Macron, elle fonctionne bien ? Elle ne fonctionne pas de manière satisfaisante, elle fonctionne mieux qu'il y a 7 ans. Je ne vais pas vous dire que tout va bien, mais quand tout ne va pas bien, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut consolider les réformes qu'on a déjà menées, les amplifier et que proposent les extrêmes et notamment l'extrême droite ? C'est soit de tout casser, soit de désobéir, soit de tout arrêter. Et si on avait écouté M.

Bardella, je prends un exemple puisqu'il parle d'immigration, de contrôle des frontières. Le Président l'a assumé dans la présidence française de l'Union Européenne, mieux contrôler les frontières de l'Europe et hier encore. Mais ils étaient contre cette agence Frontex, les gardes frontières aux frontières de l'Europe qui aident à lutter contre les passeurs et l'immigration clandestine. Ils ont voté contre, chacun peut le vérifier, à l'extrême droite, tous les budgets de l'agence Frontex. Maintenant, ils nous disent en fait c'est super Frontex. Bon, on peut toujours se convertir en tant que... Ils ont même recruté le directeur qui s'est fait renvoyer de Frontex.

Donc, je veux dire, il faut quand même quand on a des choix aussi importants à faire, regarder non pas les 30 ou 40 dernières années mais les quelques derniers mois, ont été les bons choix et je pense qu'on a fait les bons choix fondamentaux pour l'Europe. On a mis une taxe carbone aux frontières pour le commerce. On a mieux contrôlé notre immigration par l'Europe. Il faut aller plus loin sur la question de la défense, sur la question du commerce mais je crois avec un bilan qui parle aussi pour cette crédibilité et cet engagement.

11:15
Présentateur

Vous êtes actuellement dans les sondages à plus de 10 points derrière le Rassemblement National et Jean-Dame Bardella, vous l'avez dit, la tête de liste du Rassemblement National a estimé hier qu'Emmanuel Macron ait intervenu directement dans la campagne et devra donc, je le cite, en assumer les conséquences en cas de désaveu autrement dit dissoudre l'Assemblée Nationale et les Français sont aussi une très large majorité 61% d'entre eux a estifié qu'une défaite nette de la liste Renaissance, votre liste, serait un échec personnel pour le Président et qu'il devra changer significativement d'orientation politique.

11:44
Christine Pirès Beaune

Donc il faudra tirer les conséquences. Moi je ne tombe pas dans cette confusion des genres et des valeurs qui me paraît très dangereuse démocratiquement. Pas seulement l'extrême droite mais notamment l'extrême droite nous explique tous les jours que c'est une élection nationale. Il y a 450 millions d'Européens qui vont voter le même jour le 9 juin qui vont décider pour 5 ans ce qu'on va faire en matière agricole, en matière écologique, en matière de commerce, en matière de défense. C'est une fois tous les 5 ans.

On peut peut-être au lieu de dévoyer cette élection ce qui je pense est profondément choquant et profondément antidémocratique dire quelle est la question posée qu'il y ait des mécontentements face à ce que fait le gouvernement sur telle ou telle chose qu'on n'aime pas la majorité présidentielle ou président c'est une chose mais qu'on vote sur la question posée et sur les projets européens il a fallu attendre ce que M. Bardella reproche au Président de la République de s'exprimer que précisément Emmanuel Macron détaille un projet pour l'Europe de 2030 un projet présidentiel pour que soudainement il trouve un programme et il réagisse.

Enfin il le fait à un mois et demi de la campagne le Président de la République il aurait pu le faire il y a quelques mois. Est-ce que le Président de la République a régulièrement parlé d'Europe y compris au début de l'année sur la question ukrainienne ? Est-ce qu'au cours de la présence française de l'Union Européenne il a eu des grands discours européens c'était il y a encore quelques mois ? Honnêtement on peut être d'accord ou pas d'accord moi je veux bien faire du projet contre projet mais dire que le Président et la famille politique à laquelle j'appartiens auprès de lui découvrent l'Europe ce serait un peu fort de café et ce serait un mensonge.

12:58
Présentateur

Si on vous entend bien si effectivement la liste renaissance arrivait avec un score très faible comme c'est en train de se...

13:06
Christine Pirès Beaune

Vous voyez on n'est pas encore en train de parler du projet et on parle déjà d'un résultat hypothétique moi mon combat je porte parole de cette campagne vous l'avez dit l'Europe c'est mon combat d'une vie c'est d'abord que les choses se passent bien pour notre liste je le défends le 9 juin et ça on est à 43 jours je crois d'élection beaucoup de français ne savent pas encore que c'est le 9 juin qu'on vote pour nos députés européens je vais me battre pied à pied ça c'est notre boulot dans la campagne avec Valérie Ayet

13:28
Présentateur

Pied à pied notamment face à des candidats qui sont en train de prendre de la place on pense notamment à Raphaël Glucksmann par exemple sur le sujet de l'immigration ça n'est un secret pour personne que vous étiez opposé à la loi immigration votée en France tout comme Raphaël Glucksmann le candidat

13:44
Christine Pirès Beaune

sur l'Ukraine par exemple ce qu'a dit Raphaël Glucksmann de longue date ce qui a d'ailleurs soutenu l'action de la France et de sa diplomatie et de son président on a des convergences je ne vais pas chercher à caricaturer des divergences tant mieux le parlement européen d'ailleurs fonctionne comme ça avec la droite ou avec la gauche si sur certains grands sujets il y a des points d'accord mais il y a aussi des points de désaccord de fond et puis parfois d'approche politique de fond je pense justement au plan de relance Raphaël Glucksmann ne l'a pas voté les polices européennes Europol qui coopèrent au sein d'une agence européenne contre les trafics Raphaël Glucksmann ne l'a pas voté je le regrette idem sur le pacte asile-immigration au niveau européen qui je crois est utile renforce justement ses contrôles aux frontières en même temps qu'il prévoit de la solidarité dans l'accueil des réfugiés qui ont le droit à l'asile il ne l'a pas voté alors même que les socialistes européens l'ont voté et vous parlez

14:31
Présentateur

des points communs vous comprenez donc certains de vos électeurs anciens électeurs se tournent vers Raphaël Glucksmann aujourd'hui peut-être même vous en d'autres temps l'auriez fait non ça je ne crois pas

14:39
Christine Pirès Beaune

mais le sujet c'est de savoir quel est le projet européen pour les 5 ans qui viennent et quelle est je le dis aussi l'efficacité dans une période difficile du projet européen qu'on porte est-ce qu'on a prouvé avec Emmanuel Macron avec Valérie Ayet avec nos députés européens qu'on pouvait changer l'Europe depuis 5 ans est-ce que c'est nous qui l'avons initié même quand il y a eu des points d'accord la taxe carbone aux frontières qui permet justement de défendre nos entreprises notre transition écologique pour que les entreprises chinoises ou américaines ne nous fassent pas une concurrence désastreuse ça a été voté par les socialistes européens et par une partie de la droite mais qui l'a initié ?

c'est la France c'est Emmanuel Macron et je pense que c'est une fierté donc dire dans une période difficile donner ou laisser le volant à ceux qui n'ont peut-être pas tout bien fait mais qu'on fait les grands choix fondamentaux qu'ont aidé l'Europe qu'ils ont réformé je pense que ça vaut le coup d'y réfléchir et de répondre à cette question pour le 9 juin

15:25
Présentateur

Clément, bonne question très concrétière Emmanuel Macron a beaucoup de parler de défense de souveraineté en matière de défense européenne on voit que les français les allemands ont mis déjà longtemps pour signer ce futur char franco-allemand projet lancé en 2017 finalement signé aujourd'hui pour une livraison en 2035 question très concrète faut-il un dôme de fer antimissile en Europe comme le président semble désormais le vouloir ?

15:51
Christine Pirès Beaune

est-ce que c'est ça la bonne solution pour protéger l'Europe ? le président a été délibérément prudent sur ce sujet il a dit faut-il regarder y réfléchir peut-être pourquoi ?

parce que c'est une proposition allemande qui pose beaucoup de questions je ne parle d'expert militaire mais beaucoup de questions techniques donc il ne faut pas donner l'impression qu'il y aurait une forme de non pas de gadget mais de protection immédiate qui serait disponible et qu'on n'aurait qu'à appuyer sur le bouton pour avoir un dôme de fer urbain c'est beaucoup plus compliqué que ça contre l'étendue du territoire de la nature des menaces et puis la décision politique qui décide donc en revanche avoir des choses qui sont aujourd'hui engagées mais qu'il faut amplifier un budget européen de défense qui permet d'augmenter nos équipements militaires et qui permet d'aider l'Ukraine avoir et ça c'est une proposition très forte du président une préférence européenne c'est un changement de modèle total c'est-à-dire acheter de manière souveraine et produire nos équipements de défense en France et en Europe et pas les acheter sur étagère aux américains on les aime bien mais on n'est pas américains on est européens on veut pouvoir décider pour nous-mêmes de nos avions de notre défense le premier sommet européen franco-allemand qu'a fait le président de la république le 13 juillet 2017 ça ne date pas d'hier c'était pour lancer ces coopérations industrielles de défense avec l'Allemagne le char et l'avion du futur ça met du temps bien sûr parce qu'on change un modèle mais c'est nécessaire et là aussi je crois qu'on a fait tôt des choix qui avant même la guerre en Ukraine n'étaient pas partagés à l'époque et à cette époque

17:09
Présentateur

je rappelle que vous étiez conseiller Europe du président de la république je vous le confirme le 830 France Info Benjamin Sportouche Jean-Rémi Baudot Clément Bonne je rappelle que vous étiez ancien ministre aujourd'hui député de Paris porte-parole de la campagne Renaissance aux européennes on parlait de l'immigration une loi a été votée en Grande-Bretagne pour délocaliser au Rwanda la gestion des migrants clandestins arrivés sur le sol britannique ça vous inspire quoi je souligne que l'Italie a fait peu ou prou la même chose avec l'Albanie est-ce que c'est ce qui nous guette ? Non je crois que c'est une illusion

17:38
Christine Pirès Beaune

en termes d'efficacité de lutte contre l'immigration illégale et de cynisme de court terme un peu électoraliste il y a des élections au Royaume-Uni dans quelques semaines parce que qu'est-ce qui se passe vous allez renvoyer si ça marche des personnes qui demandent l'asile au Rwanda certains auront droit à l'asile et retourneront au Royaume-Uni c'est ça les règles certains n'auront pas le droit certains n'auront pas le droit à l'asile et devront être reconduits quelque part mais ils ne sont pas Rwandais c'est un accord avec le Rwanda précisément pour reprendre des gens qui ne sont pas Rwandais vous croyez vraiment que c'est en déstabilisant soit c'est anecdotique on met que quelques personnes soit c'est massif en déstabilisant un pays d'Afrique qu'on va résoudre la crise migratoire à long terme qui est un défi d'une génération qui est un défi difficile parce qu'il y a de la pauvreté parce qu'il y a du changement climatique parce qu'il y a de la misère c'est toujours au détriment des voisins à un moment donné et penser que pendant quelques mois on va mettre quelques personnes parce qu'à mon avis on parle de quelques personnes dans un camp au Rwanda et que ça va résoudre la pression migratoire le problème migratoire je crois que c'est une illusion contrôler les frontières de l'Europe oui et c'est ce qu'on fait nous en développant Frontex cette agence de contrôle et on a été les premiers à le faire montant en puissance

18:47
Présentateur

puisqu'on parle de l'Europe une directive sur la lutte contre la traite des êtres humains vient d'être modifiée par le Parlement européen pour y inclure l'exploitation de la GPA il se trouve que fin août Clément Beaune vous étiez déclaré favorable à cette légalisation de la gestation pour autri les mères porteuses est-ce que vous restez sur cette position ?

19:06
Christine Pirès Beaune

oui mais je ne veux pas tout mélanger parce que c'est très important il y a une fake news complète qui circule le texte européen que vous citez il n'a pas du tout dit que la GPA c'est de la traite des êtres humains j'ai même entendu certains de vos collègues journalistes le dire tel quel c'est un mensonge complet le Parlement européen il a dit dans un texte sur la traite des êtres humains qu'il y avait différents cas y compris l'exploitation de la GPA quand on force une mère à porter un enfant quand des réseaux forceraient ça peut exister des mères à porter des enfants ou à commettre différents actes de traite c'est pas du tout la GPA en tant que telle qui a été déclarée par le Parlement européen comme un acte de traite des êtres humains c'est quand même très important de le rappeler parce que certains se sont engouffrés dans cette brèche pour des raisons idéologiques ça c'est une chose ensuite le débat sur la GPA lui-même un autre débat moi j'ai donné une position personnelle que je maintiens je n'ai pas changé d'avis tous les 15 jours sur un sujet aussi fondamental j'ai évolué je n'étais pas pour il y a quelques années je pense que pour des raisons d'équité c'est important parce que en fait quand on a de l'argent on peut le faire quand on n'a pas d'argent on ne peut pas le faire mais il faut l'encadrer plutôt que que ce soit une forme de pratique dévoyée et Marion Maréchal pardon juste là-dessus mais je sais que ça n'est évidemment pas la loi et ça n'est pas la position je le dis très clairement de la majorité vous iriez faire une GPA vous iriez contracter une gestation pour autrui je ne commenterai pas ma situation personnelle sur ce point c'est pas mon projet pour tout vous dire voilà

20:26
Présentateur

Marion Maréchal qui est la tête de liste de reconquête pour les européennes estime que la GPA est une pratique monstrueuse et honteuse elle réagissait vous savez vos critiques auxquelles elle faisait face suite à son tweet sur l'annonce de paternité du designer français Jacques Mus et de son époux elle avait demandé où était la maman dans un tweet et donc elle dit aujourd'hui la GPA c'est une pratique monstrueuse

20:47
Christine Pirès Beaune

mais là aussi il ne faut pas tout confondre Marion Maréchal elle a le droit d'avoir son avis sur la GPA je ne partage rien de ce que pense Marion Maréchal sur ce point non plus mais elle a le droit d'avoir ce point de vue c'est pas ça qu'elle a dit là aussi il ne faut pas confondre les choses on parle de famille on parle d'estin personnel c'est lourd elle a dit où est la maman quand on dit où est la maman ça veut dire qu'on sous-entend que dans tout couple ou toute famille où il y a des enfants il faudrait qu'il y ait une maman ça veut dire aussi qu'en faisant ce tweet elle a critiqué elle a insulté même je crois des couples homosexuels qui par exemple adoptent un enfant je rappelle aussi que quand on a recours à une GPA à l'étranger et que les enfants reviennent en France on ne pénalise pas les enfants dans le droit français ils ont le droit de vivre leur vie ils ont le droit de vivre avec leurs parents même si c'est deux pères ils ont le droit d'avoir un statut juridique on ne va pas sanctionner les enfants est-ce que la GPA devrait figurer dans le programme

21:36
Présentateur

du candidat de vote

21:37
Christine Pirès Beaune

en 2027 on aura ce débat vous connaissez ma position personnelle je ne veux pas anticiper les choses mais vous le souhaitez pour 2027 je le souhaite en général puisque je l'ai dit on va vous dire le contraire mais ce qui me vraiment préoccupe dans un débat sur la famille sur des personnes c'est qu'on confonde tout non le parlement européen n'a pas dit que la GPA c'était de la traite oui madame Marion Maréchal a en fait eu un propos qui est une attaque contre pas seulement la GPA sinon elle aurait dit dans son tweet je suis contre la GPA pourquoi pas elle a eu par insinuation un propos que je crois est insultant et homophobe

22:07
Présentateur

Clément Baudela la chef de file des députés LFI Mathilde Panneau est convoquée par la police pour je cite apologie du terrorisme même convocation que pour la franco-palestinienne Rima Hassan LFI crie à la censure est-ce que cette convocation est justifiée

22:21
Christine Pirès Beaune

selon vous ? c'est pas moi qui décrit ou décide les actes de police et de justice derrière il y a un peu la question de savoir est-ce qu'en tant que représentant politique on a des limites dans l'expression ?

on peut pas par exemple inciter à l'âne si quelqu'un a un propos à la télévision même si on est responsable politique qui serait raciste ouvertement antisémite homophobe ou que sais-je ça tombe sous le coup de la loi évidemment mais pour répondre à votre question moi je ne suis pas pour qu'on ait une forme de pénalisation de la vie politique il y a une liberté d'expression qui s'inscrit dans des règles quand on trouble l'ordre public quand on met en danger la vie des personnes quand on incite à l'âne on doit répondre de ses actes c'est important de le dire aussi responsable politique il y a quand même le mot responsable on n'est pas au-dessus des lois et on a même un statut particulier qui fait qu'on doit faire attention à ce qu'on dit mais pour être très clair je ne suis pas fanatique de ces procédures là et ça m'inquiète un petit peu

23:11
Présentateur

Merci beaucoup Clément Beaune député de Paris porte-parole de la campagne Renaissance aux Européennes je rappelle que vous avez été ministre de l'Europe puis des Transports merci d'avoir été l'invité du 830 France Info merci d'avoir regardé cette vidéo

23:22
Locuteur

merci d'avoir regardé cette vidéo