Mais que se passe-t-il encore entre la France et l'Algérie ?
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Pour quelle raison le président algérien a pris ce décret alors que les relations semblaient prendre le chemin de l'apaisement ?
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Pour quelles raisons ?
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D'abord, il faut situer les choses dans leur contexte. Le décret qui a été mis en place le 21 mai 2023.
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Qu'est-ce que dit cette résolution ?
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Et qu'est-ce qui est reproché à cette militante, pour ceux qui n'auraient pas entendu parler de cette affaire ?
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Mais justement, c'est une résolution qui a été prise par le Parlement européen. La France n'est pas souveraine au sein de cette institution. Alors, qu'est-ce qu'on reproche exactement à la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Abdelmajite Boune a décidé de réintroduire dans l'hymne national l'usage d'un couplet évoquant la France coloniale »
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« Catherine Colonna, a estimé que cette décision pouvait apparaître à contretemps »
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« Le décret a été promulgué le 24 mai dernier. »
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« Cette résolution qui émane apparemment des parlementaires du parti du président français Emmanuel Macron pose encore plus de questions sur cette démarche. »
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« Elle est partie, elle a traversé la frontière algérienne pour se retrouver en Tunisie, où elle a échappé notamment à la justice tunisienne. »
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« On repense notamment au discours du président Macron, en s'agissant du système politico-militaire algérien, selon l'expression française. »
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« Il y a d'autres éléments. »
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« C'est le jeu des élus du parti d'Emmanuel Macron. »
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« Le fait que ce soit l'un des députés de la Macronie, un député européen du parti d'Emmanuel Macron, qui a certaines acquaintances avec le Maroc, ça pose question. »
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« les autorités algériennes ne sont pas dans cette perspective là de mon point de vue et d'après mes connaissances »
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« la France se refuse encore parce que là elle franchirait un pas au niveau du point de vue du droit international »
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« elle appuie d'une certaine manière la colonisation de faits ne serait-ce qu'avec les accords commerciaux »
- 44:53InvitéFait
« une guerre au Maghreb est possible »
- 52:36PrésentateurFait
« il y a eu les accords d'Edith-Sabeba et puis ensuite les accords du Caire »
- 55:13InvitéFait
« il n'y a pas d'ambassade israélienne en Algérie »
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Y a-t-il de l'eau dans le gaz entre Paris et Alger ? Ça ne serait pas nouveau, sauf que Paris a bien besoin du gaz algérien pour réduire sa dépendance au gaz russe dans un contexte de guerre en Ukraine. Et c'est le président de l'Algérie qui aurait cette fois ouvert les hostilités par un décret promulgué le 24 mai dernier. Abdelmajite Boune a décidé de réintroduire dans l'hymne national l'usage d'un couplet évoquant la France coloniale et qui était tombée en désuétude depuis 1986.
Voici les paroles écrites par le poète algérien Moufti Zakaria en 1955 dans les géoles coloniales françaises qui seront reprises dans l'hymne national lors des commémorations officielles en présence du président de la République. « Ô France, le temps des palabres est révolu, nous l'avons clos comme on ferme un livre. Ô France, voici venu le jour, il te faut rendre des comptes, prépare-toi, voici notre réponse, le verdict, notre révolution le rendra car nous avons décidé que l'Algérie vivra.
» Une décision qui n'a pas manqué de faire réagir la classe politique et la presse française, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a estimé que cette décision pouvait apparaître à contretemps et qu'il fallait replacer cela dans son contexte de la décolonisation. Pourquoi étendre l'usage d'une hymne qui date d'une autre époque au moment même où le président de la République Emmanuel Macron et le président Tebboune ont décidé à l'été dernier de donner un nouvel élan à nos relations ?
C'est une question que pose la chef de la diplomatie française et avec elle des journalistes très remontés contre le chef d'État algérien accusé d'être anti-français dans Marianne et francophobes dans le Nouvel Obs. Ce qui fait dire à Yazid Benouné, anthropologue chargé de recherche au CNRS et écrivain que les journalistes en France ne comprennent pas l'Algérie. On lui a donc demandé de bien vouloir nous aider à comprendre et nous expliquer pourquoi les relations entre Alger et Paris sont de nouveau tendues et pas seulement avec Alger, la France est également en froid avec le Maroc, tandis que le Maroc est en conflit avec l'Algérie. On tente de décrypter tout ça.
C'est l'heure de l'entretien d'actu. Bonsoir Yazid Benouné.
Bonsoir Nadia.
Vous êtes anthropologue et chercheur au CNRS et notamment l'auteur du livre « Hérac et propagande médiatique en contexte post-colonial » paru aux éditions ANEP. La question est toute simple, Yazid Benouné. Pour quelle raison le président algérien a pris ce décret alors que les relations entre la France et l'Algérie semblaient prendre le chemin de l'apaisement ?
Alors oui, pour quelles raisons ? D'abord, il faut situer les choses dans leur contexte. Le décret qui a été mis en place le 21 mai 2023.
Le 24 mai dernier, oui. Le décret a été promulgué le 24 mai dernier.
Il a été promulgué le 24 mai. Et donc, un décret qui intervient, en fait, quelques jours après une polémique importante qui a eu lieu en Algérie, qui a fait beaucoup de remous auprès de la classe politique, notamment le président du Conseil du Sénat, Koudjil, qui était intervenu à ce propos. C'est la résolution du Parlement européen qui date du 11 mai 2023, donc une dizaine de jours avant la décision du décret concernant l'hymne national. Donc déjà, l'hymne national, pour préciser, était déjà exécuté, en tout cas le couplet où la France est mentionnée, était déjà exécuté à certaines occasions, mais à de plus rares occasions.
Là, le décret en question précise davantage les conditions dans lesquelles ce couplet est utilisé. Il s'agit des commémorations en présence du président. Et en fait, si on essaie de comprendre la logique, parce que les autorités politiques ne font pas d'explications de texte, il faut revenir à cette résolution. du Parlement européen qui a été très critiquée en Algérie et qui a été considérée comme un geste inamical de la part en particulier des élus du parti d'Emmanuel Macron.
Qu'est-ce que dit cette résolution ?
Il y a notamment, en fait, la résolution du Parlement européen sur la liberté des médias et la liberté d'expression en Algérie, et concernant en particulier le cas du journaliste Ersan El-Khadi. Cette résolution a été adoptée le 11 mai 2023. Quelques heures après, l'APS, donc l'Agence officielle de presse algérienne, a publié un texte intitulé « Le Parlement européen ajoute une couche sombre à sa crédibilité ». Et dans ce texte-là, j'ai l'impression que les journalistes n'ont pas fait l'effort de lire ce texte, c'est quand même un texte de l'Agence officielle de presse algérienne.
Il est écrit notamment, « Cette résolution qui émane apparemment des parlementaires du parti du président français Emmanuel Macron pose encore plus de questions sur cette démarche et sur les relations que souhaite construire cette tendance politique avec l'Algérie. En apparence, ce parti veut renforcer ses relations avec Alger, mais d'un autre côté, il multiplie les coups bas à la construction d'une relation basée sur la confiance. On ne construit pas une relation avec un double langage. » Et en fait, d'une certaine manière, le couplet en question évoque justement le double langage de la France officielle coloniale.
Et cette résolution, en fait, ce double langage de la France officielle, en particulier du parti d'Emmanuel Macron, intervient du point de vue des Algériens et des autorités algériennes, après notamment l'affaire de l'exfiltration de l'opposante algérienne Amira Boraoui, et après d'autres gestes qui sont considérés comme inamico de la part de l'État français à l'encontre de l'Algérie.
Donc cette militante a été expiltrée par la France, c'est ça ?
Exfiltration par la France, c'est ce qui est dit dans la presse algérienne. Quand on voit le parcours, en tout cas l'aide qu'elle a pu avoir, notamment en Tunisie, pour être réacheminée en France, ça pose un certain nombre de questions.
Et qu'est-ce qui est reproché à cette militante, pour ceux qui n'auraient pas entendu parler de cette affaire ?
Amira Boraoui a fait l'objet de quelques procès dans le cadre du Hérac, et elle avait une ISTN, interdiction de sortie du territoire national. Donc elle est partie, malgré cela, d'après la presse française, d'après les autorités algériennes, avec l'aide de personnes extérieures, et notamment de représentants français et du consulat de France à Tunis.
Et donc elle est partie, elle a traversé la frontière algérienne pour se retrouver en Tunisie, où elle a échappé, notamment à la justice tunisienne, parce qu'elle a été rentrée avec un passeport, qui, donc elle était rentrée de manière illégale en Tunisie, et finalement, avec l'appui de l'ambassadeur et du service consulaire français, elle a pu venir en France. Bon, c'est une affaire qui a eu lieu il y a déjà quelques semaines, c'était au mois de mars, cette affaire-là, qui a fait des remous, et qui a été un petit peu, il y a eu un rappel de l'ambassadeur algérien à l'occasion de cette affaire-là.
Donc, et c'est pas le seul geste dynamical, on repense notamment au discours du président Macron, en s'agissant du système politico-militaire algérien, selon l'expression française, en cours dans une certaine classe politique française, et on pense aussi à ses propos sur la nation algérienne, mais il y a d'autres éléments.
Donc, la réintroduction de ce couplet, de ce couplet qui est jugé anti-français par certains, est un moyen de pointer la duplicité de la France suite aux événements que vous venez de décrire.
Oui, oui, que les autorités algériennes aient décidé de le jouer davantage encore dans son intégralité, parce qu'il était déjà exécuté dans son intégralité, mais à de plus rares occasions. Donc là, c'est juste l'idée de réaffirmer, d'une part, la pleine souveraineté de l'Algérie et son refus viscéral de toute tentative d'ingérence étrangère, parce que ça a été perçu comme ça, du point de vue algérien, la résolution du Parlement européen.
Mais justement, c'est une résolution qui a été prise par le Parlement européen. La France n'est pas souveraine au sein de cette institution. Alors, qu'est-ce qu'on reproche exactement à la France ?
C'est le jeu des élus du parti d'Emmanuel Macron. Et notamment, vous faites juste une recherche, c'est rapidement, vous regardez notamment qui a orchestré les auditions qui ont abouti à cette résolution. Vous verrez que c'est Bernard Guetta qui était à la manœuvre et le journaliste influent qu'on connaît en France. et c'est lui qui a auditionné les personnes dans le cadre de ce travail qui aboutit à cette résolution. Et Bernard Guetta fait partie des élus qui ont rejoint, c'est un ancien journaliste qui a rejoint le parti d'Emmanuel Macron et ça est depuis quelques années un député européen, qui a la particularité aussi d'être marocophile. Il a passé son enfance au Maroc.
Il y a aussi l'existence d'une société de communication intitulée Bernard Communication Guetta qui est basée à Casablanca, qui est la ville de son enfance. Les auditions qui ont eu lieu dans le cadre de ce travail du Parlement européen qui a abouti à la résolution concernant l'Algérie.
De mon point de vue, post-question, les personnes auditionnées, je sais, des auditions, on a l'impression que les personnes choisies ne sont pas les personnes les plus adéquates, mais ça permet d'aboutir finalement une résolution qui va davantage cibler l'Algérie et puis ternir son image, alors que cette résolution, elle intervient finalement juste quelques semaines après le Maroquet, qui a entaché la crédibilité du Parlement européen. Le fait que ce soit l'un des députés de la Macronie, un député européen du parti d'Emmanuel Macron, qui a certaines acquaintances avec le Maroc, ça pose question.
Donc c'est le dernier élément en date qui a amené à la fois, de mon point de vue, à l'introduction de ce nouveau couplet, en tout cas à ce nouveau décret qui précise les conditions dans lesquelles l'hymne national est joué dans son intégralité, mais c'est ce qui explique, de mon point de vue également, le fait que la visite d'État que devait faire Abdelmagic Tebboune en France a été reportée s'inédiée. Parce qu'elle devait déjà avoir lieu bien avant, il y avait déjà une discussion pour une première date qui devait se faire au mois de mars, si je ne me trompe pas, ensuite au mois de mai, et finalement il n'est plus question de cette visite d'État.
Et pourtant on se souvient de la visite d'Emmanuel Macron l'été dernier en Algérie, il avait quand même donné des gages, en tout cas montré une volonté de vouloir réconcilier les deux pays. D'ailleurs on peut peut-être regarder quelques images de ce bain de foule d'Emmanuel Macron qui ne s'est pas forcément très bien passé. On vient d'entendre des personnes dans l'infoule insulter le chef d'État français. Ça interpelle d'autant plus qu'il aura fallu quand même attendre 2017 et Emmanuel Macron qui à l'époque était encore le jeune candidat à l'élection présidentielle pour que l'on entendre, en tout cas celui qui allait devenir président, qualifier la colonisation de crime contre l'humanité.
Il a lancé trois ans plus tard une mission sur la mémoire de la colonisation et la guerre d'Algérie. Lors de son discours sur les séparatismes le 2 octobre dernier, il a évoqué les traumatismes du passé colonial et que la France n'a toujours pas réglé. Il a même parlé de la nécessité pour la France de présenter des excuses. Aucun président n'est allé aussi loin qu'Emmanuel Macron. Et pourtant on le voit vraiment presque pris en étau par les Algériens lors de cette visite. Comment l'expliquer ? Qu'est-ce qu'on lui reproche exactement à Emmanuel Macron ?
Alors on reproche qu'en fait entre le discours lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle qui était un discours fort où il a qualifié la colonisation de crime contre l'humanité et ce qu'il a fait par la suite justement ce qu'il appelle cette politique de petits pas ça a beaucoup agacé. Parce que on avait l'impression que le candidat le candidat était en avance sur le président Emmanuel Macron. Donc il y a effectivement ces petites phrases, ces gestes inamicaux que j'ai mentionnés qui sont intervenus entre temps également.
Et puis il y a aussi ce qui se passe s'agissant de la position de la France au Sahara occidental parce que c'est bien beau de dire que la colonisation est un crime contre l'humanité mais quand la France, en tout cas l'État français appuie d'une certaine manière en tout cas le processus de colonisation qui a lieu au Sahara occidental, ça pose question en Algérie. À ce jour,
elle refuse de reconnaître la marocanité du Sahara occidental là où l'Espagne l'a fait ?
Oui, elle le refuse pour le moment mais par exemple le 1er mars 2019, il y a une délégation de la Chambre française de commerce et d'industrie qui s'est installée à Darla, donc dans les territoires sous occupation marocaine du Sahara occidental. Il y a le 8 avril 2021, une antenne de la République en marche qui s'est aussi installée à Darla, il y a des accords de l'IRD qui incluaient notamment des accords de coopération avec le Maroc qui incluaient notamment des parties du Sahara occidental occupées par le Maroc. Donc, il y a quand même des éléments que la presse en tout cas algérienne mentionne et qui n'est pas du tout mentionnée dans la presse
Encore un double discours.
Un double discours. Par exemple, vous avez l'Observatoire Universitaire International sur le Sahara occidental qui est domicilié à l'Université de Paris-Descartes et maintenant l'Université de Paris où on a un certain nombre de chercheurs français et internationaux qui sont des spécialistes du sujet, des chercheurs en poste dans des institutions publiques, des doctorants qui font des recherches et cet observatoire est totalement blacklisté par la presse et les grands médias. On va utiliser des journalistes ou des chercheurs think-tank qui vont nous proposer un discours plus de contenu.
Alors que sur le Sahara occidental, par exemple, il y a eu en avril 2018 une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron et qui s'intitule « La France a une très lourde responsabilité dans la non-décolonisation du Sahara occidental ». Ça a été publié le 18 avril 2018 dans l'Humanité donc juste ça remonte à 5 ans déjà et c'est une lettre qui a été signée par une centaine d'universitaires français et internationaux et qui pointe justement la responsabilité de la France dans la non-décolonisation de la dernière colonie d'Afrique. Donc il y a eu ensuite d'autres... Il y a également par exemple suite à la... au changement de cap opéré par le...
par Sanchez le premier ministre espagnol reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental il y a eu une déclaration de l'association espagnole des professeurs de droit international et des relations internationales des centaines de professeurs qui se sont opposés justement à ce... à ce changement de cap opéré par Sanchez et qui rappelaient notamment le refus en tout cas le rôle de la France dans la non-décolonisation de cette dernière colonie d'Afrique parce que la France oppose son veto à...
tous les ans la France s'oppose à ce que déjà le mandat de la MINURSO donc la mission des Nations Unies sur le Sahara occidental donc que ce mandat soit étendu à l'observation des violations des droits humains donc c'est la France qui s'oppose à ça à l'extension de ce mandat-là sachant que la mission la MINURSO est la seule mission des Nations Unies à ne pas avoir de mandat d'observation des violations des droits humains sur ce territoire.
Alors il faut peut-être rappeler à celles et ceux qui nous regardent le Maroc donc milite pour que soit reconnue sa souveraineté sur le Sahara occidental là où l'Algérie soutient l'indépendance et l'autodétermination du peuple sahraoui donc finalement la réintroduction de ce couplet dans l'hymne national qui fait mention de cette France coloniale est quelque part un geste adressé à ces Sahraouis qui seraient
occupés
par les Marocains par le Maroc.
Là encore Nadia je ne sais pas si c'est le discours qu'on entend ici en France mais des consorts de France déjà il faut savoir que la république arabe sahraoui démocratique est reconnue par l'organisation de l'Unité africaine et de l'Union africaine depuis 1982 donc c'est un état reconnu par la majorité des pays africains depuis 1982 donc il n'est pas soutenu que par l'Algérie. Du point de vue du droit international c'est un territoire qui doit faire l'objet d'un processus de décolonisation et depuis 1991 un référendum d'autodétermination devait être mis en place.
Bon le Sahraoui occidental la question du Sahraoui occidental c'est le tournoi en tout cas de la presse et des médias en France tout est fait pour ne pas en parler il faudrait d'ailleurs à mon avis que vous fassiez une émission là-dessus en invitant par exemple Gilles Devers avocat spécialiste du Sahraoui occidental il y a Claude Mangin et puis des membres de l'observatoire universitaire internationale sur le Sahraoui occidental donc voilà pour avoir un autre discours qui est celui que vous entendez dans la plupart des médias et notamment dans le monde où on va vous présenter le conflit du Sahraoui occidental comme un conflit opposant le Maroc et l'Algérie c'est un conflit de décolonisation d'abord c'est un problème de décolonisation et d'ailleurs lorsque vous regardez l'ensemble des déclarations faites par les scientifiques alors je parle déjà de la tribune du 18 avril 2018 dans l'humanité je parle également de la déclaration de l'association espagnole des professeurs de droit international et de droit de relation internationale je parle encore par exemple des arrêtés de la cour de justice concernant la pêche et d'autres activités commerciales avec l'Europe et qui concernent le Sahraoui occidental donc c'est 29 avril 29 septembre 2021 si je me souviens bien de la date l'Algérie n'apparaît pas c'est le Polisario qui est la partie plaignante et en face de lui il a l'Union Européenne représentée par la France et l'Espagne dans un cas et simplement la France et en supplétif il y a derrière le Maroc donc c'est le discours le narratif qu'on vous présente le Sahraoui occidental comme une question opposant un conflit de territoire opposant l'Algérie et le Maroc est un discours trompeur donc je vous en joie à organiser sans doute une émission là-dessus parce que c'est vraiment un sujet important c'est aussi un scandale dans lequel la France est impliquée la France officielle je veux dire parce que c'est la dernière colonie d'Afrique on a un problème relatif au droit international sur ce sujet-là ça pose aussi beaucoup de questions relatifs au respect des droits humains parce qu'on a une population occupée qui subit des violations des droits humains de manière répétée on a notamment Nama Asfari qui est le conjoint de Claude Mangin qui est condamné au Maroc à 30 ans de prison après avoir été torturé on a lui et d'autres camarades on a d'autres militants sahraouis qui sont soit en exil soit dans les géoles marocaines ou soit qui subissent la répression dans les parties occupées du Sahara occidental donc sachant que le Maroc occupe environ 70-80% du territoire du Sahara occidental il y a à peu près 20-30% de la partie on va dire est qui est contrôlée par la république arabe sahraoui démocratique et la guerre a repris c'est une guerre de basse intensité qui a repris depuis novembre 2020 qui a déjà fait aussi des victimes civiles algériennes et sahraouis
vous avez raison on aura l'occasion de revenir sur la question du Sahara occidental dans une autre émission pour revenir à la réintroduction de ce couplet qui fait mention la France coloniale dans l'hymne national beaucoup y voient une façon pour le régime algérien d'ériger la rente mémorielle en système pour mieux s'absoutre de toute autocritique d'ailleurs Emmanuel Macron avait même c'était le 2 octobre 2021 c'était court en octobre 2021 qu'Emmanuel Macron avait affirmé devant des jeunes que l'Algérie après son indépendance s'était construite sur une rente mémorielle entretenue par le système politico-militaire qu'est-ce que vous avez envie de répondre quand vous entendez ça ?
ça me fait sourire je ne sais pas ce que ça veut dire la rente mémorielle que l'Algérie commémore sa guerre de libération nationale c'est normal la France commémore aussi d'autres événements importants de son histoire donc je ne sais pas ce qu'on peut reprocher à l'Algérie de célébrer une guerre de décolonisation qu'elle a menée et qu'elle a gagnée donc je ne vois pas où est le problème si ce n'est à planter du doigt c'est une façon
une façon de dire que le régime algérien chercherait à faire culpabiliser la France pour
elle ne cherche pas à faire culpabiliser la France elle essaie juste que la France n'ait pas un double discours je vous ai mentionné nonobstant la question du sart occidental qui est quand même important du point de vue des Algériens et des autorités algériennes je vous ai mentionné un certain nombre de faits de gestes dynamiquaux du point de vue de l'état français en tout cas vis-à-vis de l'Algérie et c'est ça qui crispe au niveau des autorités algériennes et du coup voilà la réintroduction du couplet de Kassaman s'inscrit dans ce contexte-là et puis on a aussi le report synédier de la visite de Théboun
qui finalement alors on lui reproche ça aussi dans la presse française Abdelmagid Théboun aurait préféré aller voir son homologue russe plutôt que la France
un russe
qui est accusé aussi de coloniser l'Ukraine
originellement la France était prévue avant la visite en Russie mais après la position la position du gouvernement algérien sur la Russie est assez claire d'ailleurs elle a été énoncée publiquement dans un entretien au Figaro en décembre dernier c'était Yves Tréard si je ne me trompe pas d'expliquer que le président Théboun que l'Algérie tient à sa position de non-alignée qu'elle n'a pas à se positionner pour compte d'un côté ou de l'autre et que d'ailleurs ce qui était intéressant c'est qu'il a pointé assez subtilement justement le double jeu une certaine manière de la France quand il a évoqué alors je vais essayer de reprendre la citation exacte pour ne pas faire défaut à la réalité des faits donc ça vous pouvez le lire dans l'entretien du Figaro c'était en décembre dernier si je ne me trompe pas avec Yves Tréard donc le président Théboun m'a dit à propos de ce qui se passait en Russie en Ukraine je n'approuve ni ne condamne l'opération russe en Ukraine l'Algérie est un pays non aligné et je tiens au respect de cette philosophie et il a précisé juste après il serait bon que l'ONU ne condamne pas uniquement les annexions qui ont lieu en Europe qu'en est-il de l'annexion du Golan par Israël ou du Sahara occidental par le Maroc alors là c'était une formule assez lapidaire qui dénonçait à la fois le double discours double langage du conseil de sécurité de l'ONU implicitement de la France ainsi que la normalisation entre Israël et le Maroc qui est en fait cette normalisation elle est qualifiée en Algérie d'accord entre Colombes parce que ça se fait au détriment des droits légitimes des Palestiniens et des Sahara donc il faut situer ce contexte là il n'y a pas une préférence pour la Russie en tout état de cause il n'y avait pas eu ces gestes inamico en tout cas perçus comme ça de la part de la France à l'encontre des autorités algériennes et de l'Algérie il aurait été fort probable que la visite du président algérien se fasse en France avant qu'elle ne se fasse en Algérie en Russie d'ailleurs c'était programmé ainsi il devait initialement venir tout au moins en France au mois de mai mais c'est la résolution du parlement européen qui a été un petit peu la dernière goutte d'eau par rapport à un certain nombre de de de petits voilà de déclarations d'actes il y a eu aussi les propos même si ce n'est pas des propos officiels mais le propos de l'ex les les positions de l'ex ambassadeur en Algérie l'ex ambassadeur de France en Algérie Xavier Triancourt qui a eu des propos assez déplaisants à l'encontre de l'Algérie
vous pouvez les rappeler
un diplomate qui parle de l'Algérie s'effondre et elle entraînera la France avec que tous les Algériens grosso modo souhaitent partir du pays c'est une vision complètement hallucinée et hallucinante et ahurissante de l'Algérie moi quand j'ai lu ça c'est dit c'est texte ambassadeur il est dans une panique morale et réactionnaire comme je n'en ai jamais vu donc donc ça ça a quand même il y a eu on en a parlé en Algérie et puis il suffit juste de lire ce que ne font pas les journalistes j'ai l'impression en France il suffit juste de lire la presse algérienne et qui pour partie est en français pour comprendre un petit peu les logiques les ressentis et pourquoi bon voilà certaines déclarations d'officiels ou de personnes qui ont été quand même ambassadeurs c'est pas rien dans le Figaro ce texte là le texte d'Adrien en cours était dans le Figaro les positions récentes notamment d'Edouard Philippe concernant l'accord de 1968 il y a un certain nombre de gestes dont on se dit en Algérie on souffle le chaud et le froid mais ça vient plutôt du côté français
Est-ce que justement vous pouvez rappeler aussi ce que prévoient ces accords de 68 parce qu'il y a aussi ce problème de visa il y aurait 50% il y aurait moins alors on donnerait deux fois moins de visa aux algériens c'est aussi un des des des difficultés qui opposent l'Algérie la France à l'Algérie
Alors moi je connais pas trop le contenu des accords de 1968 j'ai lu un petit peu ce qui se dit dans la presse bon c'est juste c'est défavorable sur certains aspects défavorable notamment concernant l'installation notamment le regroupement familial grosso modo c'est ce qui me semble ce qu'il faut retenir mais ce que ça me semble moi j'analyse en tout cas ce sont des accords qui ont été revus à plusieurs reprises ce sont des accords internationaux donc on peut pas il a unilatéralement décidé de de de de de revoir à sa guise mais moi j'observe que c'est un c'est un geste politicien c'est à l'occasion de de la du débat sur l'immigration qui s'annonce c'est des gestes à l'encontre de la droite et de l'extrême droite voilà qui et je pense aussi que c'est c'est en particulier tentatif de séduire l'extrême droite qui qui fondamentalement et même à ses origines c'est construit sur la haine de l'Algérie indépendante c'est et c'est le cas de l'OAS le groupe terroriste d'extrême droite Charles Bartel voilà c'est qui a fait beaucoup qui a fait couler beaucoup de sang d'Algériens en France dans les années 70 voilà c'est un peu cette histoire-là qui l'extrême droite elle est quand même héritière de ça l'OAS et du groupe Charles Bartel donc il y a quand même je crois vis-à-vis de l'Algérie une sorte de de problème qui ne passe toujours pas en partie pour la droite et l'extrême droite et je pense de mon point de vue que l'Algérie et je pense que c'est le cas de beaucoup d'Algériens beaucoup d'Algériens le pensent comme moi l'Algérie constitue encore une épine pour les nostalgiques de l'Algérie néocoloniale mais aussi pour ceux qui sont dans une perspective coloniale ou néocoloniale vis-à-vis de l'Afrique et notamment vis-à-vis du Sahel occidental
alors depuis la promulgation de ce décret présidentiel il y a une campagne portée par des médias des officiels français à l'encontre de l'Algérie qui est jugée violente notamment par le quotidien le soir d'Algérie dans son édition du 22 juin 2023 et à titre d'illustration on peut revenir sur l'édito à charge contre le président Teboun qui a été écrit par la journaliste Sarah Daniel qui pose la question de savoir s'il est francophobe et ce qui interpelle c'est qu'elle conclut son papier par un plaidoyer en faveur du Maroc elle demande en fait finalement à la France de ne pas sacrifier ses relations avec le Maroc au nom de la réconciliation compromise de l'Algérie
oui oui mais c'est pas la seule il y a eu Sarah Daniel BHL Martin Gosselin un camp de chroniqueurs et de journalistes qui sont allés de leur plume
ils ont des intérêts au Maroc c'est ça qu'on doit comprendre
de leur suite mais bien sûr il y a énormément d'intérêts français au Maroc j'ai vécu trois ans là-bas en étant chercheur avec son Jack Berg j'ai vu un petit peu ce qu'il en était il y a énormément d'intérêts français au Maroc c'est un petit peu l'Éden néocolonial pour une partie d'une certaine élite française et pas que française d'ailleurs mais ça se fait au profit d'encore d'une propagande c'est-à-dire on va on va éluder à la fois tous les grands problèmes qu'il y a au Maroc notamment en s'agissant je vous parlais du sart occidental quand même la dernière colonie d'Afrique le scandale Pegasus le maroquais qu'on essaie d'étouffer les nombreux journalistes indépendants incarcérés sous des motifs infamants la plupart pour des motifs entre guillemets de viol je pense à Omar Radi Suleymane Ravessouni Taufekbo Ashrin il y a le cas de Nasser Zafzafi qui est le leader du RIF qui a démarré en 2016 lui quand il a été torturé il est condamné à 20 ans de prison
d'ailleurs même le Parlement européen a adopté à la majorité un texte non contraignant mais qui demande aux autorités marocaines de respecter la liberté d'expression la liberté des médias
donc contraignant c'est le seul en 25 ans c'est après le scandale du Maroc qui a entaché quand même la crédibilité du Parlement européen et pour le cas de Nasser Zafzafi il devait normalement avoir des temps en lice pour avoir le prix Sakharov il y a quelques années du Parlement européen il ne l'a pas eu mais parce qu'il y avait des pressions par des lobbies marocains et avec le relais en France et en Europe donc je vous parlais du cas de Nama Zafzafi torturé condamné à 30 ans de prison il y a d'autres militants il y a le massacre des migrants au port de Mélilia qui a eu lieu le 22 juin 2022 la date exacte ça doit être le 24 juin 2022 il y a un certain nombre de faits ce massacre de migrants est qualifié par exemple dans le monde comme étant un drame donc il y a un certain nombre de faits au Maroc qu'on va atténuer voire cacher ou éluder en tout cas en France parce que voilà il y a des intérêts c'est aussi simple que cela et à contrario on va accabler l'Algérie parce qu'il y en a beaucoup moins en tout cas pour le moment le jour peut-être Bernard-Henri Lévy aura sapissé ils ne sont pas les piscines à Tinimoun au lieu de la voir à Marrakech peut-être que les choses changeront mais je dis ça en faisant une petite boutade mais voilà le positionnement de l'Algérie qui est un positionnement fondamentalement anticolonialiste et fondamentalement indépendantiste bon ça ça ça ça gêne et sur cette idée de et ça gêne notamment
des journalistes qui seraient plutôt sionistes ou des figures comme comme BHL ce qui explique aussi leur ressentiment vis-à-vis l'Algérie
oui je sais oui effectivement mais juste pour revenir à ce que je voulais dire j'ai loupé mon point excusez-moi je vous en prie
si vous voulez on peut poursuivre on a on a beaucoup parlé des relations très tendues entre la France et l'Algérie la France est également en froid avec le Maroc qui a rappelé son ambassadeur en janvier c'était le 19 janvier précisément et c'est d'ailleurs le jour où le Parlement européen justement a adopté cette résolution défavorable au Maroc où elle demande aux autorités marocaines de respecter la liberté d'expression les députés européens ont également demandé au Maroc d'accorder un procès équitable aux journalistes emprisonnés dans le pays Omar Hadi Suleyman Rassouni Taufik Wachkrin qu'est-ce qui explique pourtant les deux pays étaient quand même historiquement proches on se souvient que Jacques Chirac était un grand ami de Hassan II qu'est-ce qui explique cette rupture aujourd'hui entre la France et le Maroc alors vous l'avez rappelé tout à l'heure la France soutient par des gestes non officiels la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental
je vais répondre à cette question mais j'aimerais répondre à une question que vous avez soulevée juste avant et sur laquelle je n'ai pas pu développer mon raisonnement vous parlez justement de diatribe contre le président algérien alors moi je ne connais pas le président algérien je ne sais pas quelle est sa philosophie mais une chose dont je suis sûr c'est que les Algériens dans leur généralité et dans leur immensité de manière générale et les autorités algériennes ne sont pas anti-françaises ou francophobes et ça doit être ça doit être aussi le cas du président qui est aussi francophone donc mais par contre ce qui est clair c'est que les Algériens et les autorités algériennes aiment la France ou en tout cas respectent et honore la France par exemple de Gisèle Aligny la France de Monique Herveau d'Adolfo Kalinsky de René Vautier cette France anticolonialiste cette France émaniste mais effectivement elle n'est pas juste pour revenir sur ce point là qui a été mis en avant par certains journalistes elle n'est pas francophobe ou anti-France voilà les autorités algériennes ne sont pas dans cette perspective là de mon point de vue et d'après mes connaissances après pour revenir sur le cas du Maroc ce qui explique un petit peu le coup de chaud entre la France et le Maroc c'est tout simplement que le Maroc est de mon point de vue entré depuis la déclaration en tout cas les déclarations de Trump reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental dans le cadre des accords d'Abraham donc la normalisation Israël entre Israël et le Maroc ce qu'on appelle en Algérie l'accord entre colons à partir de ce moment là le Maroc en tout cas les autorités marocaines telles que je le vois de mon point de vue se sont voilà se sont sentis un petit peu poussés et ont essayé de de de faire de de faire en sorte que d'autres pays s'alignent sur cette reconnaissance de Trump et ça a été le cas avec l'Espagne je pense qu'elle fait de la pression en France pour qu'il y ait une reconnaissance officielle de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental je pense que la France se refuse encore parce que là elle franchirait un pas au niveau du point de vue du droit international qui est quand même problématique elle appuie d'une certaine manière la colonisation de faits ne serait-ce qu'avec les accords commerciaux qui ont été dénoncés au niveau du de la Cour de justice européenne et puis d'autres éléments que je vous ai mentionnés plus avant dans l'émission la France reste encore dans cette perspective de on ne reconnaît pas officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental pour des questions assez évidentes le droit international mais n'empêche que quand vous écoutez le discours par exemple de Le Drian l'ancien ministère de l'affaires étrangères et je n'ai pas entendu Colonnais récemment mais en tout cas le discours que j'entends de la part des autorités algériennes des autorités françaises ça reste toujours que le plan d'autonomie marocain reste une base de discussion crédible donc en gros c'est il y a moyen il y a moyen de moyenner la colonisation je l'entends comme ça donc non moi ça de mon point de vue des gens qui ont des principes ça ne passe pas donc il faut que le que le que le que le discours des autorités françaises soit plus franche soit plus en ligne avec le droit international et il faudrait aussi que que la délégation de la chambre de commerce à Darla se retire qu'il n'y ait pas dans le thème LREM maintenant en naissance à Darla de territoire occupé donc voilà se désinvestir de ce processus de colonisation tout simplement
la France elle réfute l'existence d'une crise entre le Maroc entre le Maroc et le Maroc
la crise c'est que dans mon point de vue les autorités marocaines essaient de faire pression du coup elles essaient de voilà de faire pression sur les autorités françaises mais pas simplement à l'encontre des autorités françaises il y a un article de Ignacio Sombrero qui est paru récemment qui est spécialiste des relations Espagne notamment Espagne Maghreb Espagne-Maroc en particulier bon c'est pareil pour l'Espagne il y a aussi des pressions de la part du Maroc pour que non seulement la reconnaissance elle a déjà eu de Sanchez mais pour d'autres notamment vis-à-vis de Mélélia vis-à-vis d'autres territoires qu'elle considère comme relevant de sa souveraineté
en tout cas s'il n'y a pas
le texte Ignacio Sombrero qui est paru récemment
et s'il n'y a pas de crise avec Rava la perspective annoncée d'une visite d'État d'Emmanuel Macron dans le royaume shérifien paraît s'éloigner alors s'agissant des tensions maintenant entre l'Algérie et le Maroc ces tensions semblent grandissantes ce qui fait dire à la politologue Khadija Mohsen Sinan qu'une guerre au Maghreb est possible est-ce que vous partagez sa grille d'analyse sa lecture
déjà quand on fait une vous savez quand vous faites une lecture de texte vous essayez de savoir qui est l'auteur au contexte de publication et puis ce qu'il y a dit alors Khadija Mohsen Sinan c'est une politologue certes mais c'est aussi une chercheuse qui n'a pas à ma connaissance de poste fixe en tout cas qui n'est pas maître de conf ou universitaire ou chercheur CNRS en France qui a été donc travaillé dans des instituts des privés des think tanks l'IRIS si je ne me trompe pas et qui maintenant est au conseil scientifique notamment du de la Hicham Halawi fondation c'est la fondation qui a été créée par le cousin du roi Mohamed VI du roi du Maroc donc juste pour situer Hicham Halawi donc lui la souveraineté du Maroc sur le sart occidental il est pour donc Khadija Mohsen Sinan les discours qu'elle a dans ses articles sont des discours assez convenus pour la doxa française puisqu'elle raconte ou elle est toujours dans ce discours entre conflits entre l'Algérie et le Maroc c'est pas du tout ce que disent les chercheurs par exemple les chercheurs de l'observature universitaire internationale sur le sart occidental c'est pas la même grée de lecture qu'on a et c'est de nombreux chercheurs dans des institutions publiques en France et à l'international c'est pas la lecture quand vous lisez la tribune du 18 avril 2021 qui a été publiée 18 avril dans le 18 qui a été publiée dans l'humanité bon c'est pas la même lecture ce que je vous ai dit tout à l'heure s'agissant de la déclaration de l'association espagnole des professeurs de droit international et des relations internationales pareil l'Algérie n'est pas mentionnée c'est juste un problème d'économisation qui implique à la fois l'Espagne l'ancienne puissance administrante le Maroc qui est la puissance occupante et la France qui appuie par derrière le Maroc Adija Morcel Finan donc elle est dans elle est là pour faire le job entre guillemets de donner une petite caution scientifique à ce discours présentant la question du Sahara occidental comme un conflit de territoire entre le Maroc et l'Algérie et ce qui a l'intérêt son dernier texte celui qui est publié
dans le Figaro l'article son entretien dans le Figaro
ça commence par une belle histoire d'amour on parle de sentiments blessés c'est un peu marrant pour une politologue ça m'a fait sourire mais elle parle pas du contexte politique d'ensemble le contexte politique d'ensemble c'est contexte de colonisation des colonisations entravées du fait de l'occupation du Maroc sur l'océan occidental du fait de l'appui par derrière de la France du fait du veto que la France oppose au conseil de sécurité de l'ONU s'agissant de la mine urso et de son mandat donc voilà et pour vous dire si je m'aligne sur sa position en fait pour être exact la guerre a déjà commencé je vous l'ai dit tout à l'heure c'est pas une guerre directe entre l'Algérie et le Maroc depuis novembre 2020 les forces armées saraouies ont repris la guerre et ont repris le combat ont repris les armes tout simplement parce que depuis 1991 les saraouies en ont eu marre d'attendre ce référendum qui n'arrive jamais donc ils ont repris les armes en novembre 2020 si je ne me trompe pas la déclaration de Trump sur la souveraineté du Maroc sur le sard occidental date de décembre 2020 il y a eu déjà des victimes civiles on a publié avec quelques collègues un texte qui est paru dans le journal l'humanité qui date du 12 décembre 2021 qui s'intitule Algérie-Maroc la guerre ou le droit où on montre que en fait c'est déjà commencé d'une certaine manière parce qu'il y a déjà eu des victimes civiles saraouies mais aussi algériennes il y a eu trois commerçants civils algériens qui ont été tués par des drones si je me souviens bien le 1er novembre 2021 déjà donc et puis c'est une date quand même symbolique pour l'Algérie le 1er novembre c'est le déclenchement de la guerre de libération nationale c'est une fête nationale en Algérie pour le moment l'Algérie ne réagit pas militairement elle a réagi par rapport au Maroc en coupant toute relation en interdissant le survol de son territoire de la part de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de
de de
il y a un certain nombre de rétorsions économiques qui ont été aussi fait à l'adresse de l'Espagne suite à son alignement sur le la souveraineté du saroc occidental la souveraineté marocaine sur le saroc occidental l'Algérie attend et se prépare mais pas pour rentrer en guerre parce que mais elle est quand même assez soucieuse de ce rapprochement militaire qui s'opère entre le Maroc et Israël et notamment une base militaire qui qui est en voie de je sais pas je pense qu'elle est même déjà opérationnelle qui a été mise en place du côté de Nador donc à quelques encablures de la frontière algérienne Israël appuie le Maroc et les forces armées marocaines dans son combat contre les forces sarahouies
la plus militairement c'est ça elles fournissent des armes
fournissent des armes et fournissent de la de la technologie de la technologie donc ça on n'en parle pas trop en France mais voilà en France en Algérie mais aussi dans d'autres par d'autres canaux il y a des informations qui circulent notamment à l'international et donc voilà donc la situation elle est pour le moment on va dire en stand-by tout dépendra de de ce qui se passera dans les prochaines semaines mais ou dans les prochains mois mais là dessus je pourrais pas vous dire voilà je suis pas devant j'espère que il n'y aura pas que la chose pourra être réglée du point de vue du droit international parce que en fait si la si on en arrive là c'est justement parce que le droit international n'a pas été respecté il n'est pas respecté depuis 1975 c'est au moins depuis 1991 le référendum d'autodétermination bon ça fait quand même plus de 30 ans qu'il devait avoir lieu et puis après la position de l'Algérie c'est la position de vous savez en 1963 et 1964 il y a eu les accords d'Edith-Sabeba et puis ensuite les accords du Caire il y a deux choses qui sont ressorties de ces accords-là notamment en s'agissant du processus de décolonisation d'une part les pays d'une part l'idée principale c'était de garder des frontières ici de la colonisation sans quoi ça allait être la guerre dans toute l'Afrique donc théoriquement le centre occidental devait être un territoire autonome et le deuxième point c'est les pays qui ont obtenu leur indépendance devaient appuyer les mouvements de décolonisation c'est ce qu'a fait l'Algérie en appuyant le front polisario qui s'est créé en 1973 d'abord pour combattre l'Espagne pour accéder à l'indépendance avec les accords de Madrid de 1975 qui ont été faits entre l'Espagne le Maroc et la Mauritanie l'Espagne a autorisé le Maroc et la Mauritanie de prendre une partie chacune une partie du territoire en échange d'une certaine coopération économique par rapport aux ressources naturelles du territoire donc finalement le front polisario s'est retrouvé en guerre par la suite d'abord contre l'Espagne ensuite contre la Mauritanie et le Maroc la Mauritanie s'est retirée quelques années après en 1976 entre temps en 1976 le front polisario a déclaré la proclamée la république arabe saraoude démocratique qui a été reconnue par l'Union africaine en 1982 et depuis en fait il y a eu une guerre latente qui s'est déroulée entre le Maroc et le front polisario entre 1975 et 1991 et le CESELF en 1991 qui devait aboutir sur un référendum d'autodétermination c'est ça le processus de décolonisation ce référendum n'a toujours pas eu lieu on est en 2023 donc donc voilà c'est ce contexte là qui explique les tensions et qui explique aussi la reprise des armes des saraouis et les tensions qui qui existent actuellement dans la région parce que il y a un autre il y a un autre acteur qui est qui est venu appuyer le Maroc dans son processus de colonisation c'est Israël et ça en Algérie c'est très très mal vu on rappelle qu'il n'y a pas
d'ambassade israélienne en Algérie
oui il n'y a pas d'ambassade israélienne en Algérie d'une part mais l'Algérie par exemple a toujours soutenu la cause palestinienne en 1974 si je ne me trompe pas de date c'est lorsque Bomedien était président et Bouteflika ministre des Affaires étrangères c'est à ce moment là Bouteflika était le président de la session de l'ONU à ce moment là c'est lui qui a fait venir Yasser Arafat à l'époque et c'est à partir de ce moment là que la Palestine a commencé à être un des membres observateurs de l'ONU en 1988 la Palestine a été déclarée état à Alger donc il y a la déclaration de l'état palestinien qui s'est faite à Alger en 1938 récemment il y a eu l'accord de réconciliation entre les différentes branches palestiniennes Fatah Hamas FPLP à Alger avec l'aide du président Tebboune et ce n'est pas que la Palestine il y a le documentaire je ne sais plus l'auteur quand Alger était la mecque des révolutionnaires Alger était aussi la deuxième patrie de Mandela soutenue des moments d'écolonisation partout en Afrique c'est le pays de France Fanon qui était l'un des premiers panafricanistes donc voilà donc ça ça reste encore en Alger
Merci beaucoup Yazid Banouné pour nous avoir offert ces précieuses clés de compréhension et ces éclairages je rappelle qu'en plus d'être anthropologue et chercheur de CNRS vous êtes membre du laboratoire d'anthropologie sociale en France et l'auteur du livre Hirak et propagande médiatique en contexte postcolonial peut-être quelques mots sur ce livre
D'abord si vous cherchez sur des bases de données Gistor Kern Google Scholar vous trouverez mes travaux scientifiques où je suis identifiable je suis un chercheur du CNRS membre du laboratoire d'anthropologie sociale qui est une unité mixte qui dépend à la fois du CNRS du Collège de France et de l'école des hautes études en sciences sociales je suis l'un des co-responsables de l'équipe anthropologique comparative des sociétés et des cultures musulmanes donc je connais bien un spécialiste de l'Afrique du Nord j'ai mené des enquêtes en Algérie en Soudan au Soudan et au Maroc et en fait l'ouvrage en question il s'est fait de la manière suivante c'est à dire que j'avais été sollicité au départ par la revue AOC au moment du début du Hirak donc en février fin février 2019 pour avoir un éclairage donc c'est un éclairage qui est paru dans la revue Analyse Opinion Critique qui s'intitule Algérie Sociologie d'une Deuxième Révolution toujours en référence à Frantz Fanon lecteur pour le lire celui-là il est en accès sur AOC en France j'ai ensuite été sollicité pour intervenir chez Mediapart j'ai pas pu y aller à cette époque et j'ai été aussi sollicité par la chaîne parlementaire LCP pour une émission pourtant justement sur le Hirak donc lorsque j'ai été sollicité par l'un des collaborateurs j'ai demandé pour son boudot quelle était la ligne éditoriale de l'émission de quoi on allait parler exactement le fil conducteur et quels étaient les invités et il se trouve que juste après le collaborateur m'a dit que en fait l'émission n'aura pas lieu en fait qu'elle était annulée et elle a eu lieu quand même mais le spécialiste qu'on a pris pour l'Algérie c'était Mohamed Sifabou c'est quelqu'un qui n'a aucune publication scientifique où on connait le personnage en plus il est pris dans le scandale des affaires du fond Marianne c'est aussi un journaliste qui a pu dire
c'est un escroc on peut aller droit au but
qui a pu dire publiquement que l'Algérie était le pays le plus raciste du monde ça c'est vérifiable on peut comment on cherche donc il donne des gages du point de vue de l'ex-puissance coloniale ce qui n'est pas mon cas je suis un chercheur un peu plus critique qui cite mes sources et qui qui aussi qui s'intéresse aussi à l'analyse critique des médias donc du coup j'ai publié un petit texte dans AOC qui s'appelle système caste clan ruse analyse l'aporie de l'analyse médiatique c'était justement sur cet événement là où il était question justement de l'intitulé de l'émission c'était il voulait les élections sans Bouteflika ils auront finalement Bouteflika sans les élections et puis ça n'a pas arrêté de discuter de la ruse du régime du clan des stratagèmes tout ça sans même expliquer que en fait l'élection elle ne pouvait plus avoir lieu parce que tous les partis s'étaient retirés du processus électoral donc du coup il n'y avait pas d'élection possible donc j'explique ça ensuite il y avait un autre texte que je devais proposer à AOC mais aussi au journal Le Monde et au quotidien Libération si je ne me trompe ou si je ne me trompe pas peut-être même à l'Humanité qui s'intitulait Algérie vers une révolution des œilliers où j'expliquais qu'en fait l'armée n'allait pas prendre le pouvoir qu'elle allait accompagner le processus et qu'il y aurait une transition démocratique et ce texte là a été refusé par tous ces journaux et il a été publié dans le journal algérien le soir d'Algérie il a été publié juste deux jours avant que le général à l'époque Gaït Salah se prononce en faveur de l'article 102 de la constitution qui stipule que le président encore en raison de sa maladie ou d'un empêchement donc on doit mettre en place des élections présidentielles alors il s'est prononcé à ce moment là parce que la situation était tendue c'est à dire qu'à l'époque c'était les manifestants demandaient le comment ça que les trois B Belaïs donc déjà Bédouille le premier ministre Ben Salah le président du Sénat et Belaïs le président du conseil constitutionnel dégage donc il n'y avait plus aucune structure institutionnelle si ce n'est l'armée pour garantir un petit peu de stabilité institutionnelle donc finalement il y a eu quand même des élections présidentielles constitutionnelles avec un retour à deux mandats maximum pour le président il faut vous rappeler que le Hirak d'Algérie a eu lieu en raison de la tentative de cinquième mandat de Teflika donc ce texte là en question en gros ce texte là pour faire bref il a été refusé en France d'autres textes pourtant documentés et détaillés ont été refusés en France parce que ça ne correspondait pas à la Duxa la Duxa c'est que c'est le régime politico-militaire et que finalement le Hirak il a été réprimé en Algérie alors que finalement il y a quand même eu un nouveau président de nouvelles élections que les anciens responsables et même des anciens oligarques en Algérie sont actuellement en prison alors que par mesure juste à titre de comparaison le premier Hirak qui a eu lieu en Afrique du Nord c'est le Hirak du Rif en 2016 à l'époque suite à la mort du poissonnier Marseille et à l'époque les manifestants du Rif il y avait une colère sociale qui montait ont demandé le limogège du ministre de la Pêche et en fait ce ministre de la Pêche a eu par la suite son portefeuille ministériel augmenté et ensuite il est devenu premier ministre c'est à dire Aziz Akronoche il s'appelle Aziz Akronoche donc voilà et il y a eu plein de répressions et malgré ça le Maroc pas de soucis donc voilà donc du coup en fait toutes ces analyses critiques que j'ai pu écrire et que je n'ai pas publiées publiées en France je les ai publiées en Algérie dans différents journaux pourtant je suis chercheur en poste en France mais on préfère les escrocs du style Mohamed Sifawi c'est mieux ou alors l'autre Kader Abdelrahim qui lui il a une plainte à son encontre parce qu'il a assisté à des forums internationaux occidentaux notamment le dernier en décembre 2022 en mettant le nom de l'Algérie en avant c'est aussi une autre personne j'en parlerai plus tard peut-être mais en gros tous ces textes ont été publiés finalement en Algérie à la NEP et moi c'est pas que je ne veux que publier en Algérie ça ne me dérange pas de publier en Algérie d'ailleurs je travaille sur l'Algérie en tant qu'anthropologue c'est toujours bien de pouvoir publier dans le pays dans lequel on travaille mais bon si je ne publie pas ce texte en France c'est tout simplement parce qu'on n'a pas voulu que je le publie
la France la France la France
c'est une vision
à géométrie variable de la liberté d'expression et de la liberté de la presse merci beaucoup Yasi
c'est pas faute d'avoir quelques qualités et notamment d'être chercheur d'une institution publique voilà identifiable et qui a quelques connaissances
chercheur au CNRS je le rappelle et membre du laboratoire d'anthropologie sociale en France chers auditeurs du média
vous aimez nous écouter vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer devenez sociaux et abonnez-vous sur lemédiatv.fr slash soutien