Emmanuel Macron : "L'élection présidentielle, ce n'est pas le bal des egos"
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Tout de suite, questions politiques avec Nicolas Demorand. Merci Dominique Delarroa. Il est midi 7, effectivement, vous écoutez France Inter, la politique tout de suite. Bonjour à tous et bienvenue dans Questions politiques, la toute nouvelle émission politique de France Inter
en partenariat avec Le Quotidien Le Monde et France Télévisions.
Vous découvrirez jusqu'à 14h les différents moments de ce rendez-vous, mais sachez d'ores et déjà l'essentiel, amis auditeurs de France Inter. Cette émission est la vôtre et vous pouvez intervenir en direct à partir de 13h20. Vos questions dès maintenant, 01 45 24 7000 franceinter.fr et Twitter avec le mot-clé Question Paul, Question Z Paul avec un S à Question.
Aujourd'hui, notre invité, l'ancien ministre de l'économie Emmanuel Macron.
Il est en marche peut-être vers la présidentielle, mais plus sûrement en direction de ce studio
qu'il rejoindra à 12h30 pour l'interroger, un trio fantastique à qui on ne l'a fait pas. J'ai nommé Nathalie Saint-Cricq, bonjour. Bonjour Nicolas. Vous incarnez ici France Télévisions. J'ai nommé Arnaud Leparmentier, bonjour. Bonjour Nicolas. Vous incarnez ici la presse écrite, Le Quotidien Le Monde. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine.
Bonjour à tous.
Soyez les bienvenus, Questions politiques, c'est parti.
Et pour commencer, car elle avait su trouver les mots pour dire notre intense sidération au moment de la démission d'Emmanuel Macron. Charline Vanhoenacker, sa chronique dans la matinale de Patrick Cohen, c'était très drôle. Et c'était mercredi dernier.
Dites donc, c'est parti sur les chapeaux de roue cette rentrée. Heureusement qu'on a repris la semaine dernière, nous. On a eu le temps de se chauffer. Chez RTL, ils n'ont repris que cette semaine. Yves Calvi, ça fait un claquage.
Vous n'allez pas nous parler de Macron ?
Ah oui, Macron, Macron. On ne pensait pas qu'il partirait si vite. Je le vois encore s'éloigner hier, fendant les flots à l'horizon. Heureusement, la mer était calme. Vous savez, je ne sais pas si je vais l'attendre. Je ne suis pas comme Brigitte, moi. Je n'ai pas l'âme des femmes de marins. Ce n'est pas de moi cette phrase, c'est Pierre Gattas qui le dit. Pierre, il l'a gros sur la patate. Déjà qu'hier, il a réclamé au gouvernement 2 millions d'emplois. L'an dernier, c'était 1 million. Il doit refaire tous ses pins. C'est douloureux. Je me rappelle ce que vous m'avez dit hier soir, Dominique. C'était un gars loyal, honnête et droit. Il était jeune, il était beau.
Il sentait bon le renouveau. C'est quand tout est fini qu'on réalise ce qu'il comptait pour nous. Il comptait beaucoup. Normal pour un ministre de l'économie. Vous avez vu les images du départ d'Emmanuel alors ? C'était beau comme une étape de la solitaire du Figaro. Alors voilà, il est parti en navette fluviale. Mais bon, il n'allait quand même pas prendre un bateau-bus. Maintenant, j'ai peur, Patrick. Oui, j'ai peur parce qu'il a fait comme tous ceux qui ne reviennent jamais. Il a dit à Hollande, je prends la navette, je vais juste chercher des clopes. C'est marrant, vu la stratégie du mec, j'aurais plutôt vu se barrer en sous-marin, moi. Enfin bon.
Il dit qu'il est parti pour retrouver sa liberté politique. On n'avait pas vraiment le sentiment qu'il avait perdu. Enfin bon. Et puis hier soir, quand il a dit, j'ai touché du doigt les limites de notre système politique, j'espère qu'il ne parlait pas de la prostate de Hollande. Alors hier, quand il a appris la nouvelle, Jean-Vincent Placé est allé garer sa Kangoo Diesel devant Bercy. Il a attendu tout l'après-midi jusqu'à ce que le 4x4 Volvo de Michel Sapin lui défonce le pare-choc arrière. Et a compris que le poste, c'était pour Michel. Macron s'est ensuite rendu aux 20h de TF1, en trottinette.
Où en 25 minutes, il nous a expliqué que maintenant qu'il a quitté le gouvernement, il est enfin motivé pour bosser. Donc avec du concret, je l'ai écouté attentivement. Il a détaillé son programme pour la France en trois points. Il a un projet. Entre Macron et Hollande, c'est donc un divorce entre adultes responsables. C'est Hollande qui aura la garde des chômeurs.
Son projet, dit Charline Vanhoenacker, il a un projet en trois points. Est-ce une bubule politico-médiatique, Emmanuel Macron ? Allez, Nathalie Saint-Cricq, lancez-vous.
Non, je ne crois pas. C'est vrai qu'il y a une folie comme autour des rock stars, autour de lui. Mais il était inconnu il y a deux ans, il est connu aujourd'hui. On est là à payer pour, si j'ose dire, pour savoir si c'est simplement une bulle. On a peut-être eu, on voulait du renouveau. Tout le monde demande du renouveau.
C'est peut-être ça l'occasion de découvrir ce renouveau. Arnaud Leparmentier. Ça fait deux ans qu'on dit qu'on ne veut pas, en 2017, que les Français ne veulent pas avoir le match Hollande, Le Pen, Sarkozy, Mélenchon, Bayrou. Là, il y a une fenêtre qui s'ouvre. Et en fait, Emmanuel Macron apporte quelque chose de nouveau, fait bouger les lignes pour éviter un débat confisqué, comme en 2002, qui avait conduit au 21 avril. Karine Bécart, France Inter.
Oui, moi, au contraire, je pense que c'est quand même une petite bubule médiatique. Les médias adorent Emmanuel Macron. Emmanuel Macron adore les médias. Donc, les deux fonctionnent bien. Maintenant, il a deux mois pour nous prouver, pour sortir de cette bubule médiatique. Il a deux mois pour nous prouver qu'il a vraiment des choses à dire et que ça va le faire.
Eh bien, on va essayer d'entamer ce chemin dans quelques instants. Emmanuel Macron sera avec nous au micro de France Inter à partir de midi et demi. Et retour sur la semaine politique. C'est une histoire de filiation et de trahison racontée par Laurence Perron. J'ai présenté cet après-midi au président de la République ma démission du poste de ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique. Il était donc bien en marche vers la sortie, peut-être vers la présidentielle. L'honnêteté obligeait Emmanuel Macron à démissionner.
J'ai touché du doigt les limites de notre système politique.
Être libre de formuler à la fois un diagnostic sans concession de l'État de la France, sans les facilités d'une vie politique qui ne cherche plus à s'occuper du pays, mais simplement à vivre au rythme de ses propres soubresauts. Nous sommes dans un moment important pour la France, lourd. Dans ce moment-là, on ne peut pas partir, on ne peut pas déserter.
Qu'est-ce qu'un traître ? Disons alors que c'est celui qui ne tient pas sa parole. Celui qui rompt le contrat, le contrat de confiance. Non que sa foi soit mauvaise. Il ne l'a pas la foi. Il ne l'a jamais eu. Autrement dit, sa trahison est en étroite relation avec la transcendance.
C'est savoir que je suis autre. L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste.
La semaine s'annonçait sanglante. Le premier oracle fut le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Cette année, c'est l'année de tous les dangers. Cette année qui est à cheval sur deux années, est une année très particulière. L'année de tous les dangers à cheval sur deux années donc, est enfourché fratricide. Jean-Luc Mélenchon, sur son Olympe toulousain, fait cavalier seul et tire à vue sur ses anciens camarades socialistes empêtrés dans le Burkini.
Ce sont des tartuffes, des hypocrites qui défendent les droits des femmes, qui par leur déguisement ne doivent pas être humiliées. Oui, oui, c'est vrai. Mais alors pourquoi, François Hollande, votre conseillère s'est-elle présentée devant le pape avec un petit grillage que l'on appelle une mentille ? Hypocrite ! Ah oui, hypocrite ! Hypocrite ! Avec votre drapeau européen où vous faites tous comme s'il y a douze étoiles parce qu'il y aurait eu douze états, c'est pas vrai. Quand on l'a adopté, il y avait que six pays. Le drapeau du point de vue de celui qui l'a dessiné, ce sont les douze étoiles de la Vierge Marie.
Et vous mettez ça dans toutes vos mairies et aux bâtiments, tous les bâtiments publics de la République française, une et indivisible, qui est une République laïque. Vous êtes des hypocrites !
De la part de l'insoumis en chef, rien de très surprenant. Lui qui ne se reconnaît chez les socialistes d'après le congrès d'Épinay qu'un père, l'autre François, Mitterrand, le vieux comme il le désigne, le chef d'une meute à laquelle l'actuel président n'a jamais appartenu. Métaphore canine et trahison next, François Fillon qui mord la main de son ancien maître, lui qui pendant plus de cinq ans fut l'une des plus fidèles chevilles ouvrières du sarkozisme.
Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?
Autre temps, autre justice, autre président, lui aussi obligé de jouer les perfouettards, face à son turbulent ministre de l'économie, il s'appelait alors Nicolas Sarkozy. Je décide et il exécute. Non, l'histoire ne se répète pas mais parfois elle bégait. Il sait ce qu'il me doit. C'est une question de loyauté personnelle et politique. Si on cherche le père chez Hollande, c'est le fils que l'on trouve en lisant ça n'a aucun sens. Le livre très documenté de la journaliste Elsa Fresnet. Julien Hollande qui signe comme réalisateur sur le web. Une série bien perché, ça s'appelle en passant Péchaud, une bande de défoncés emmenée par Cockman, le dealer. Wache toi tu dis quoi ma gueule ?
Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu ici.
Mais tu ne te rappelles pas de la dégaine du spiff que tu as roulé ?
A la hollandaise ! C'est jamais ce shit.
La preuve, s'il en fallait une, que François Hollande, le père, sait transmettre une chose à ses enfants, le sens de l'humour.
Alors là, sur la tête de ma mère, il n'y a pas d'autres grammes.
Monsieur Philippe Redut, déposition s'il vous plaît. Monsieur Philippe ? Oui, mais d'où tu...
Et voilà, c'était la semaine politique décoiffante signée Laurence Perron. Et dans cette première partie magazine de questions politiques sur France Inter, toutes les semaines, nous serons en compagnie d'Isabelle Véramasson, que je salue. Bonjour. Bonjour. Vous travaillez au CNRS et vous travaillez sur quoi ?
Alors, je travaille sur les médias studies, sur l'étude des médias. Et là, en particulier, je voudrais parler avec vous, pardon, des campagnes électorales. Et les campagnes électorales dans notre laboratoire, dans le laboratoire communication politique que je dirige. Vous les abordez comment ? D'abord, c'est important parce que c'est le moment, l'acte matriciel de la vie démocratique, parce que c'est le moment où les médias vont pouvoir montrer à la fois leur rôle, leur influence et la manière dont ils vont intervenir dans l'espace public.
C'est aussi pour les chercheurs une occasion d'étudier dans une expérience réelle le rôle des médias, leur influence et puis comment se déroule ce combat entre dans le triangle de la communication politique, entre les hommes politiques, les médias et l'opinion publique pour intervenir dans ces médias. Alors, dans mon laboratoire, nous travaillons avec différentes disciplines. Lesquelles, voilà ? Alors, c'est important, c'est les linguistes qui travaillent sur l'analyse du discours.
On va, et on va le faire, et j'espère avec vous, analyser la manière dont les mots, les expressions, les types d'argumentation utilisés par les hommes politiques dans la campagne électorale et les médias, le contenu des médias. Il y a aussi, évidemment, la sociologie qui va étudier le rôle des médias et son influence, la manière dont tout cela fonctionne. Et puis l'histoire.
L'histoire, oui, qui est importante. Et est-ce qu'elle nous apprend quelque chose de la communication politique d'Emmanuel Macron, notre invité aujourd'hui ?
Alors, l'histoire permet de replacer dans le contexte ce qui apparaît comme nouveau, montrer les continuités, mais aussi les ruptures. Alors, les continuités sont remontées à Alcibiade, vous savez, au 5e siècle avant José Lucré. C'est un peu tôt. Oui, mais enfin, il avait quand même coupé la queue de son chien pour dire qu'on pouvait parler d'autre chose que de lui, mais de la queue de son chien. Donc, sans aller jusque-là, il faut penser, évidemment, à Jean-Luc Hanouet.
On pense à Jean-Luc Hanouet en 65, qui a beaucoup de points communs, jeunes, centristes, modernes, parlant de mettre la France en marche face à deux personnes un peu âgées, qui étaient le général de Gaulle et François Mitterrand. D'ailleurs, il passe de 3% à 15%. Pour le manque de loyauté ou trahison, les mots que l'on a utilisés, on pense évidemment à Balladur, qui trahit son ami de 30 ans. Et puis, en ce qui concerne la position qui plaît aux médias, moi, je pense à Ségolène Royal. Ségolène Royal, avec ses éléments, d'abord sa vie personnelle un peu étonnante, comme dans les deux cas.
Et puis, cette triangulation qui fait qu'elle va emprunter à la classe politique en face, ces thèmes, ces symboles, etc. Comme l'a fait Emmanuel Macron, la recherche d'un vocabulaire différent. Voilà, donc, ça n'est pas de l'inédit.
Il y a déjà eu des formes proches à travers l'histoire. Alors, dernière question, est-ce que vous pensez que cette élection présidentielle, de là où vous parlez, c'est-à-dire d'un laboratoire du CNRS, est-ce qu'on va assister à un renouveau de la communication politique, à une diversification de ses formes ?
C'est clair que la multiplication des médias et le numérique, bien sûr, qui modifie le rapport, n'empêche pas que la télévision est au centre de la communication. Pour l'instant, tout cela n'a pas changé. En revanche, l'entourage, la présence des chaînes d'information continue, le fait que rien ne disparaît, que tout est enregistré, tout est diffusé, et surtout, surtout, le numérique face à la télévision, face à l'ensemble de la presse, va donner la parole à la grande muette, l'opinion publique. On peut intervenir en tant que citoyen.
Je dis aux citoyens, mais les primaires, Isabelle Véramasson, vont avoir là aussi un rôle déterminant et sans doute, comment dire, permettre à l'électeur stratège, de plus en plus stratège, de prendre la main.
Oui, alors les primaires vont modifier à la fois, évidemment, la vie politique, puisque ce n'était pas, contrairement à ce que l'on a cru à un moment donné, une manière de sélectionner les candidats. C'est maintenant véritablement une première élection, dans une élection qui va être à trois tours. Et même, en ce qui concerne la possibilité que nous avons, grâce au sondage, de deviner ce qui va se passer au deuxième tour, ça peut être peut-être l'élection décisive, comme on le voit en ce moment, en ce qui concerne la première. Et en ce qui concerne les médias, c'est évidemment le fait qu'il y ait tous ces médias, toute cette offre médiatique, va rendre possible la médiatisation des primaires.
Espérons-le, l'électeur hyper stratège, ça vous évoque quelque chose, Nathalie Saint-Cricq ?
Ah bah oui, on entendait ça. J'étais hier à la baule sur le campus des Républicains. On entend des gens qui se disent peut-être qu'au deuxième tour, au premier tour de la primaire, des socialistes vont aller voter Sarko, parce que Sarko, c'est meilleur pour Hollande. Et d'autres qui disent, il y en a peut-être certains qui vont aller voter Juppé,
parce que finalement, Juppé a plus de chances de l'emporter. Et si nous, on a Juppé, Marine Le Pen, on pourra voter Juppé. Donc il y a effectivement un poids avant l'élection, et c'est quelque chose, c'est du calcul assez.
Alors, est-ce que ça se passera ? Est-ce que les gens se déplaceront ? Iront voter ? Signiront la charte ? Est-ce qu'il y aura cette espèce de vote révolutionnaire ? On ne sait pas, mais en tout cas, il y a du calcul et de la manipulation dans l'air, et c'est intéressant.
Karine Becker ?
Et ça, en plus, ce qui est rigolo, c'est que Nicolas Sarkozy, en particulier, ne maîtrise pas du tout,
ce qui lui pose un vrai gros problème. Il le sait que le peuple de gauche, on va l'appeler encore comme ça, n'a pas envie d'aller éventuellement voter pour lui s'il arrivait à se qualifier pour le deuxième tour. Et c'est vrai que c'est une grande chance pour Alain Juppé. Alain Juppé risque à meilleure chance de l'emporter à la primaire, parce qu'effectivement, ils vont se dire, Nicolas Sarkozy n'a aucune chance de l'emporter au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Il incarne les électeurs de gauche à ce micro. Arnaud Leparmentier, un mot ? Oui, non, je pense que l'expérience a montré avec la primaire socialiste que les gens de droite ne vont pas voter à une primaire qui n'est pas celle de son camp. Les primaires américaines montrent qu'on ne va pas faire de vote révolutionnaire. Donc en réalité, moi je pense que ces primaires, c'est un moyen pour les partis de confisquer le débat, de garder la maîtrise sur les électeurs. Donc c'est ce qui fait que Hollande espère par une primaire se faire requalifier, que Sarkozy espère par une primaire se retrouver qualifié de nouveau.
Et en réalité, on se retrouve avec quelque chose d'un peu absurde, c'est que la présidentielle va se jouer lors de la primaire de droite, c'est-à-dire six mois avant le scrutin. Donc moi je pense qu'il faut inviter tout le monde à aller voter à la primaire, mais ça n'aura pas lieu. Nathalie, un dernier mot ?
Arnaud Leparmentier, comme Alain Juppé, il veut qu'elle soit le plus large possible. De manière à être sûre d'attirer les électeurs du centre. Pour rebondir sur ce que disait Isabelle, il y a aussi sur les sondages. On entend de plus en plus de gens qui considèrent qu'ils rectifient le tir des sondages. C'est-à-dire que le sondage est aussi un outil pour faire envoyer un signal, c'est-à-dire envoyer un signal à François Hollande, du genre on ne veut pas que tu trouves que vous pour présenter vos élections. Ce sont des signaux et ça ne veut pas forcément dire quelque chose. Donc c'est tout ça de manipulation sur ce qu'on dit sur la primaire, sur ce qu'on veut voter sur les sondages.
Donc il y a une espèce d'interactivité permanente.
Ça va être passionnant cette présidentielle à 6 tours minimum. Ça va être relativement intéressant. 6 tours multipliés par le nombre de partis qui organisent des primaires. Oui Karine ?
Non, je voulais simplement ajouter, c'est vrai que quand on va sur le terrain,
François Fillon, dont on entend très peu parler, qui est assez mal situé dans les sondages, a encore une certaine cote de popularité sur le terrain,
en province, j'ai envie d'utiliser ce mot-là, le mot région aussi.
Il y a deux mois du vote, il ne faut pas oublier, c'est très long encore.
Il y a une campagne amenée, mais effectivement, ils ne sont pas morts.
Il est 12h23, midi 23, je ne sais pas comment on dit, c'est la première fois que je travaille à 7h à la radio. La suite tout de suite de notre magazine politique.
Question politique sur France Inter.
Et donc, vous le savez, Emmanuel Macron est notre première invitée. Emmanuel Macron, dont vous nous dressez le portrait, Karine Becker.
Emmanuel Macron est un homme pressé, et pas seulement depuis 4 ans, quand il a été appelé à l'Elysée, dont tout dans son parcours n'apparaît toujours que comme une simple étape qui doit lui permettre d'accéder aux défis suivants qu'il espère franchir à chaque fois le plus rapidement. Et autant dire que cette méthode donne des résultats plus que probants, puisqu'en 10 ans seulement, Emmanuel Macron est passé du statut de jeune diplômé de l'ENA à celui de candidat très probable à la prochaine présidentielle. C'est donc qu'une seule question. Mais comment a-t-il fait ?
Comment, à 38 ans, on vous présente déjà comme un ex-banquier d'affaires, un ex-conseiller du président et un ex-ministre de l'économie, excusez, du peu ? Alors d'abord, il y a les yeux. Les yeux et le sourire. Même les hommes, vous le diront, Emmanuel Macron est un charmeur, sa femme aussi d'ailleurs. En tout cas, la poignée de main paraît sincère, le regard est pénétrant, et ceux qui lui ont parlé vous diront qu'il donne vraiment l'impression de s'intéresser aux gens. Donc, sympathique et magnétique, deux qualités incontournables pour un politique.
Et qui sont naturels chez lui, d'après vous ?
Absolument. Le jeune Emmanuel, quand il était en Cagnes au lycée Henri IV, il y a presque 20 ans, n'a pas été jugé comme le meilleur élément de l'année. En revanche, ses camarades se souviennent qu'il ne lui a pas fallu longtemps pour décrocher, sans être gêné, le droit de dîner avec certains de ses enseignants. On comprend mieux peut-être comment, à 17 ans, il a osé séduire Brigitte, professeure de français de 20 ans son aîné, et qu'il a même décidé d'épouser. Bref, M.
Macron est un séducteur, convaincant visiblement, mais reconnaissons qu'il a tout l'air d'un bel esprit, aussi un bel esprit littéraire, lui le diplômé de philosophie, assistant en tout cas très proche de Paul Ricoeur à la fin de sa vie, relisant ses notes et parfaitement capable de dialoguer avec lui. Et c'est une tête bien faite également, scientifiquement parlant, très affûtée et même incollable sur tous les sujets high-tech.
Autrement dit, la machine Macron, c'est un homme malin, qui possède un incroyable contact humain, et voilà comment il s'est fait encenser partout où il est passé, à gauche, à droite, au CAC, les vieux loups de la politique ont été impressionnés et se sont fait piéger. Quant aux patrons, petits et grands, ils ont trouvé un fin négociateur, mieux, un ambassadeur.
Et si je vous suis bien, Karine, mais dites-moi si je me trompe, vous êtes en train de nous dire qu'Emmanuel Macron a tout pour gagner ?
Non. Jacques Attali, l'ancien conseiller de François Mitterrand, celui qui se targue d'avoir découvert et présenté il y a dix ans la pépite Macron au président Hollande, Jacques Attali, lui, est persuadé qu'il a l'étoffe d'un chef d'État. Et tant pis s'il n'a pas de vrai parti, tant pis s'il a peu de députés derrière lui, pourvu qu'il ait du style, des idées, du panache. Et peu importe, visiblement, qu'au temps de Dominique de Villepin, tout cela n'ait pas été suffisant. En réalité, le danger qui guette Emmanuel Macron, c'est que cet ancien banquier forcément discret, cet ancien conseiller nécessairement secret, se laisse griser par sa soudaine notoriété.
Depuis un an, tous les hebdomadaires en font régulièrement leur une, y compris Closer, VSD et bien sûr Paris Match. Celui qui a promis aux électeurs de faire de la politique différemment, s'est déjà largement dévoilé, comme la plupart de ses concurrents. On connaît sa femme, qui a cessé de travailler pour lui, ses sept petits-enfants, qui ne sont pas les siens, mais qu'il considère comme tel, son chien, son été, ses plages préférées. Bref, celui qui rêve de politique depuis qu'il est adolescent. En connaît tous les codes, mais n'y a pas résisté.
Persuède est 48 ans et pour sa toute première bataille électorale, il peut effrayer celui qui lui a mis le pied à l'étrier et battre Nicolas Sarkozy comme Alain Juppé.
Le portrait d'Emmanuel Macron, signé Karine Bécard, ami auditeur de France Inter, 01 45 24 7000, franceinter.fr et Twitter avec le mot clé, question Paul, question au pluriel, question Paul, pour toutes vos questions, donc à notre invité Emmanuel Macron. Il vous répondra à partir de 13h20. Pour l'instant, il est midi 28, les titres du journal de 13h, c'est avec vous Yves Decamp, bonjour. Bonjour, relancez la croissance en évitant le protectionnisme. A l'ouverture du G20 près de Shanghai, le président chinois Xi Jinping a plaidé pour une économie mondiale ouverte. Côté français, François Hollande veut mettre l'accent sur la lutte contre le financement du terrorisme.
Mère Thérésa déclarait sainte, cet officiel devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre. Le pape François a prononcé la formule rituelle, inscrivant la bienheureuse mère Thérésa de Calcutta dans la liste des saints de l'église. Le mot de la fin pour Nicolas Sarkozy à l'université d'été des Républicains, à la Baule, où sa séance de dédicaces ce matin a drainé beaucoup de monde. L'ancien président devrait plaider tout à l'heure pour le rassemblement et l'unité du parti.
On a fait beaucoup de choses à moitié, la nouvelle petite phrase d'Emmanuel Macron qui fait mouche dans le JDD, l'ex-ministre de l'économie, qui sera l'invité de France Inter et France Info, la télé, dans un instant. Dans le journal de 13h également, tout à l'heure, une élection régionale symboliquement importante en Allemagne, en ex-RDA, où pour la première fois, le parti populiste anti-immigration de l'AFD pourrait battre la CDU d'Angela Merkel. contre le racisme anti-chinois, la communauté chinoise et asiatique manifeste cet après-midi à Paris pour exprimer ses inquiétudes face à l'augmentation des agressions. Et puis le baclofène est bien efficace contre l'alcoolisme.
Deux études françaises confirment qu'il permet de réduire notamment l'envie de boire.
Merci à vous Yves Decamp. C'était donc les titres du journal de la mi-journée. On vous retrouvera bien sûr pour le 13h, pour le journal complet. Mais dans l'immédiat, petit rappel concernant le déroulement de questions politiques, la nouvelle émission de France Inter en partenariat avec Le Monde que vous pouvez suivre également sur la nouvelle chaîne de télé-info en continu, France Info. Donc Nicolas Demorand, dans quelques instants, va recevoir Emmanuel Macron. Il sera entouré pour ce faire de Nathalie Saint-Crieg, Karine Bécard, Arnaud Leparmentier, France Inter. Il est 12h30. Et vous êtes sur France Inter.
Bonjour à ceux qui nous rejoignent. Question politique, c'est la nouvelle émission politique de France Inter en partenariat avec Le Monde et France Télévisions. Vous pouvez nous écouter à la radio ou regarder cette émission sur la toute nouvelle chaîne d'information en continu. France Info, Emmanuel Macron, ancien ministre de l'éducation qui a démissionné donc... de l'économie, pardon, qui a démissionné cette semaine et notre invitée. Bonjour. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation.
À mes côtés, pour vous interroger, Nathalie Saint-Crieg de France Télévisions que je re-salue, Arnaud Leparmentier, idem, Quotidien Le Monde, re-bonjour, et Karine Bécard de France Inter qui dressait votre portrait. Emmanuel Macron, il y a quelques instants, vous pourrez en dire un mot si vous voulez, tout à l'heure. Mes premières questions, allons-y vite et bien. serez-vous candidat Emmanuel Macron à l'élection présidentielle ? La question ne se pose pas dans ce sens-là, si je puis dire, dans cet ordre. Et la décision que j'ai prise cette semaine, qui n'était pas une décision facile ni innocente, elle était grave.
Sur le plan personnel comme sur le plan politique, je ne l'ai pas prise pour cela. démissionner du gouvernement. On pourra y revenir si vous le souhaitez. Je l'ai fait par esprit de cohérence. Mais la question n'est pas une question personnelle. L'élection présidentielle, ça n'est pas le bal des égaux. L'un des problèmes de la vie politique française, il y a des questions d'incarnation, elles se posent légitimement à un moment donné. C'est le socle idéologique, le cœur de valeurs, de visions du pays et de propositions qu'on porte. Si ce socle n'est pas clair... Oui, alors, attendez, on va venir au socle. On va venir au socle. Mais à qui parlons-nous aujourd'hui ?
À quelqu'un qui n'est pas en marche mais en balade ? Un commentateur de la vie politique, au patron d'un futur think tank, à un intellectuel perdu par là ? À qui parlons-nous aujourd'hui, Emmanuel Macron ? Vous parlez à un responsable politique qui, le 6 avril dernier, a créé un mouvement politique qui s'appelle En Marche, qui a aujourd'hui près de 75 000 adhérents et qui compte bien peser dans le champ politique. Donc, vous êtes un chef de parti. Donc, un chef de parti, un chef de parti, ça s'appelle un mouvement politique. Donc, c'est une entité politique qui pèse dans la vie française.
Aujourd'hui, nous n'avons pas présenté encore d'élus dans des élections intermédiaires, par définition, puisque ce mouvement a été créé le 6 avril dernier. Et le choix qui a été fait, parce qu'au cœur de notre démarche, il y a la volonté de rassembler, de réconcilier autour, justement, de l'idée de progrès et des valeurs que j'ai déclinées en avril et le 12 juillet dernier, celles et ceux qui les partagent, de rassembler et donc de permettre la double adhésion.
C'est-à-dire qu'il y a, j'explique juste, des femmes et des hommes qui sont au Parti Socialiste qui ont adhéré à En Marche, des femmes et des hommes qui sont à l'UDI ou au Modem ou aux Républicains qui ont adhéré En Marche et il y a des femmes et des hommes qui n'avaient jamais adhéré à quelle quantité politique que ce soit qui y ont adhéré. Mais comment vous croire, Emmanuel Macron, comment vous croire si vous ne dites pas vos intentions ? Ça, c'est vous qui voulez faire de la politique autrement. On va y revenir.
Est-ce que ça ne commence pas par un devoir de franchise et arrêter de faire ces tours de passe-passe qui sont tellement classiques chez les hommes politiques, professionnels, que vous critiquez pourtant ? Mais, si je suis bien la vie politique française telle que nous la vivons aujourd'hui, l'obsession n'est pas d'avoir un plan de transformation ou une vision du pays. C'est essentiellement, en effet, de savoir si on est candidat ou pas. Et donc, c'est quand même une condition sine qua non d'être... Non, pardonnez-moi. Je ne partage pas ce point de vue. Pour transformer la France, on peut le faire depuis un think tank. Mais, je vous le redis, ça n'est pas un think tank.
C'est justement un collectif politique, un mouvement politique. Mais un mouvement politique, ça n'est pas une question égotique. Orsole, pour l'instant. Orsole, pardonnez-moi, les 75 000 adhérents, ils sont partout sur le territoire. Quand on dépasse
trois fois sur le terrain chaque semaine, quand on a effectivement un mouvement et quand on envisage de présenter très prochainement un projet, comment, avec ces trois conditions-là, on ne se destine pas tout simplement à être candidat à l'élection présidentielle. Pourquoi c'est si compliqué de le dire ?
Mais ce n'est pas que c'est compliqué de le dire, c'est que ça n'est pas le sujet maintenant. Mais vous dites que ce n'est pas le sujet mais vous passez des heures à faire des selfies avec les gens que vous rencontrez. Donc, il y a une espèce de contradiction entre dire je porte un intérêt général et en fait, je m'affiche moi personnellement avec tous les gens qui sont très contents de me rencontrer sur toute la presse people. Donc, il n'y a pas une contradiction en soi dans votre démarche ? Mais ce n'est pas une contradiction. Les selfies, ce n'est pas moi qui les sollicite. Pardonnez-moi d'être civil et agréable avec les gens qui viennent vers moi.
Je ne fais pas partie de celles et ceux qui ne serrent pas les mains ou qui ne disent pas bonjour. Oui. Nathalie Saint-Cric. Je suis comme cela. Maintenant, pour être très clair, En Marche, c'est un mouvement politique, c'est un mouvement politique qui s'est construit pour porter les idées du progressisme, c'est-à-dire celle justement d'une transformation de la société, d'une ouverture de notre économie. On pourra revenir et je le souhaite dans le détail d'une vraie politique européenne avec une cohérence que j'ai décrite à plusieurs reprises et avec la volonté justement de changer les choses. En aucun cas, ça n'est un sim-tank.
Mais simplement, quand vous regardez aujourd'hui, Vous êtes dans la position du commentateur de la vie politique comme François Hollande. Mais si, je suis désolé. Vous avez les propos qui vous appartiennent sur le président. J'ai lu JDD ce matin, je veux changer la politique, c'est un sujet de dissertation de philo, ce n'est pas un projet. Je n'ai pas le sentiment que je fais de la philosophie au quotidien, même si la philosophie nourrit mon action politique. On va faire un petit peu d'actualité. Quand on rassemble des gens, quand on se destine justement à proposer des choses pour le pays, ça n'est pas être un commentateur de la vie publique.
Simplement, simplement, la vie politique, pardonnez-moi de vous le dire, ça n'est pas la question êtes-vous candidat ou pas candidat. Elle s'opposera à un moment. Nathalie Saint-Cricq à un moment. Nathalie Saint-Cricq à un devoir de clarté, c'est tout et d'honnêteté. Vous avez raison, mais il faut le faire dans le bon ordre. Pourquoi la vie politique aujourd'hui bégée ? Pourquoi c'est le bal des propositions qui ne sont pas réalisées ? Parce que c'est le bal des égaux sur des corps politiques de plus en plus inertes qui ne rassemblent pas des gens qui partagent la même idéologie. Est-ce qu'aujourd'hui, le parti socialiste a une vision commune sur ce que doit être l'Europe ? Non.
Sur ce que doit être la société ouverte ? Non. Sur ce que doit être le travail dans notre société et les réformes nécessaires pour réussir dans un monde ouvert ? Non. Est-ce que les républicains ont aujourd'hui un consensus sur ces mêmes sujets ? Non. Et donc, avant de savoir quel sera le candidat de chacun de ces bords, l'indispensable discipline, c'est d'abord de constituer un mouvement politique qui doit être un lieu sur ces sujets. Nathalie Saint-Cricq.
Au risque de vous énerver, vous avez eu toute la semaine une image de traître qui a été largement nourrie par les socialistes et comprue par François Hollande. Est-ce que vous pourriez ? Alors, vous me dites que l'incarnation, ce n'est pas le sujet. Gérard Collomb dit qu'il n'ira jamais s'il y a François Hollande. Il dira, il compte sur l'empêchement de François Hollande. Est-ce que, philosophiquement, l'homme qui vous a nourri peut être face à vous ? Vous pouvez vous être face à lui.
Emmanuel Macron. Philosophiquement, vous l'employez dans quel sens ? Est-ce que c'est concevable à moins que ce soit la traîtrise absolue ? Non, mais... Non quoi ? Vous savez, la traîtrise ? Non, mais non quoi ? Non, mais la traîtrise. Non, je ne partage pas cette analyse. Mais serez-vous candidat contre François Hollande ? Excluez-vous d'être candidat contre François Hollande ? Vous allez laisser parler là maintenant une seconde. Alors, allez-y. Il y a déjà eu 12 questions. Allez-y. De faire la discipline. La loyauté, c'est d'être fidèle à ses idées, à son pays et à ce qu'on porte. Est-ce que j'ai fait une carrière politique pour rentrer au gouvernement en août 2014 ? Non.
Le président de la République me connaissait, je l'ai conseillé pendant deux ans. Et j'ai beaucoup de fierté d'avoir eu la chance d'occuper ses fonctions. Il connaissait mes positions, mes valeurs. Il m'a appelé parce qu'il pensait que je pouvais servir le pays à cette tâche. Et vous pouviez lui servir à lui aussi. Donc, je ne suis pas dans la situation des femmes et des hommes politiques qui ont construit des carrières pendant des décennies auprès de responsables qui les ont faits. Est-ce que j'ai dissimulé mes opinions, mes valeurs, mes vues dès le début ? Non. Je l'ai dit dès le début. J'ai porté une vue qui pouvait paraître dissonante. On me l'a suffisamment reproché.
Parce que dans ma fonction, j'ai perçu justement les limites de ce que je faisais. Les limites de ce que les échecs que j'ai parfois subis. J'ai décliné cette nouvelle offre politique à partir d'avril dernier. À partir de ce moment-là, pendant des mois, on m'a reproché d'être dans l'ambiguïté. On m'a reproché d'être dans le gouvernement et en même temps d'avoir une autre offre. Bon, ça y est, vous êtes sorti. Donc, maintenant, avanceons. C'est pour ça que je voulais bien vous donner la parole mais il faut qu'on avance quand même. On avance parce que on ne peut pas. Là, on est en train de voir le film au passé. On ne peut pas.
Mais parce que, pardonnez-moi de vous le dire, mais commenter la vie politique comme vous voulez le faire, ça suppose d'essayer d'avoir un tout petit peu de profondeur dans les choses et pas simplement employer des grands mots qui peuvent parfois blesser et dans lesquels on voudrait enfermer les uns ou les autres. J'ai tiré toutes les conséquences à la fois des démarches qui ont été les miennes et de ce que le président de la République a dit le 14 juillet dernier. Je suis sorti du gouvernement. Je ne considère pas que ce soit de la déloyauté. Non, mais François Hollande... Je suis allé sur le champ de bataille politique.
J'y suis maintenant pour faire et proposer, pour transformer et j'y suis allé en prenant toutes mes responsabilités précisément compte tenu de ce qui avait été dit carré le 14... Pardon ? Vous pouvez postuler contre lui. Mais donc, la question... Je vais vous le redire parce qu'on va faire les choses dans le bon ordre et que j'entends bien être sur ce sujet le maître des horloges. Je vais, dans les prochaines semaines, continuer à aller au contact du pays. Écoutez les gens. On l'a déjà dit. Non, mais peut-être que je l'ai déjà dit, mais écoutez les gens. Une élection présidentielle, le temps politique dans lequel nous sommes, ça n'est pas la foire aux propositions.
C'est déjà d'écouter le pays et de poser les grandes problématiques. À partir de la fin du mois de septembre et du début du mois d'octobre, j'expliquerai notre diagnostic du pays. Partager. Celui que nous avons construit. Et ensuite, viendra le plan de transformation du pays. Et dans ce cadre-là, parce que nous aurons construit un large rassemblement qui a commencé à se constituer avec les 75 000 adhérents du mouvement, avec des ralliements politiques qui se font de gauche et de droite, nous avancerons et se posera à ce moment-là la question de savoir qui peut porter ces valeurs, ces propositions, ce plan de transformation pour les faire gagner. Et donc, il faut vraiment
que François Hollande pourrait ne pas être
candidat de miser sur ça ? Mais je l'ai dit à plusieurs reprises, je ne ferai pas de politique fiction. Parce que la politique fiction le réduit au sujet de personne et ces sujets-là sont capturés par aujourd'hui les appareils politiques que nous avons en place. Donc j'essaie d'être cohérent avec moi-même. Voilà le bon ordre des choses si on veut rénover la vie politique française. Pourquoi n'avez-vous pas tenté de prendre le PS et de le moderniser ? Parce que je pense très profondément que le Parti Socialiste aujourd'hui est dirigé par des gens qui ne veulent pas le moderniser. Est-il mort ?
Je n'ai jamais considéré que c'était la bonne approche parce que j'ai du respect pour celles et ceux qui sont dans le Parti Socialiste. Est-ce qu'il a à venir ? Est-ce que le Parti Socialiste de François Mitterrand à Épinay peut encore rassembler la gauche, gouverner à gauche, garder le pouvoir ? Je pense que François Mitterrand a amené le Parti Socialiste au pouvoir en 1981 par une alliance avec le Parti Communiste et un programme commun. Ce programme commun, il avait un socle idéologique dans un moment d'ailleurs du capitalisme français et du capitalisme mondial qui n'est plus celui d'aujourd'hui. Il a gouverné en suivant ce programme entre 81 et 83.
A partir du tournant 83-84, ce programme commun n'a plus constitué le socle idéologique de ce qu'était la gauche au gouvernement. Et vous avez eu à ce moment-là une dérive. Vous avez eu un schisme au sein des gauches, il faut bien le dire. Et la gauche n'est revenue au pouvoir à chaque fois que sur des accords d'appareil et plus sur une refondation idéologique. C'est ce qui s'est passé avec la gauche plurielle et c'est ce qui s'est passé en 2012. Il y a deux gauches irréconciliables. Il y a aujourd'hui une gauche du réel qui veut que les choses changent, qui veut justement être fidèle à ces valeurs auxquelles j'adhère dans la mondialisation. Et il y a une gauche statutaire conservatrice.
Vous êtes quand même
dans cette gauche dite réaliste. Vous vous mettez dedans parce qu'on ne sait plus où vous êtes si vous n'êtes pas socialiste ni gauche ni droite.
C'est que je n'ai jamais dit que j'étais ni gauche ni droite. Je ne l'ai jamais dit. On a voulu m'enfermer là-dedans parce que ça arrangeait beaucoup. Ça arrangeait beaucoup. Parce qu'il y a un racisme politique. Quand vous arrivez hors du champ politique que vous venez de la société civile, on vous dit vous n'êtes pas du club. On a voulu me caricaturer. Et j'ai beaucoup de respect pour Michel Jobert mais enfin la caricature a été celle-ci. Je n'ai jamais dit que j'étais ni de droite ni de gauche. Je suis de cette gauche du réel. Ma filiation politique c'est Mendès France c'est Michel Rocard.
Nous n'avons pas le même parcours avec Mendès Valls presque aisément parce que lui a toujours vécu dans le parti socialiste et a une carrière politique. Ma grande différence c'est que je suis passé par la société civile. Je n'ai pas la même formation et le même parcours et donc plus de liberté par rapport aux appareils. Mais pour finir la réponse à cette question qui est fondamentale. si on considère qu'il y a au fond cette gauche du réel et une gauche qui préfère défendre les statuts qui explique que défendre la justice dans notre pays c'est conserver les choses telles qu'elles sont et telles qu'elles ont été ça veut dire que vous avez deux gauches dans l'opposition à perpétuité.
Parce qu'aujourd'hui quand j'écoute Jean-Luc Mélenchon quand j'écoute Arnaud Montebourg ils ne veulent pas même s'allier électoralement avec cette gauche du réel ils ne veulent même pas s'allier avec François Hollande qui a pendant un temps essayé de concilier et ses gauches. Alors où sont vos alliés ? Ça veut dire que attendez on va sentir en suite des questions politiciennes.
Donc moi je considère que et c'est là où se se noue la rénovation de la vie politique française je considère que il y a dans cette gauche du réel une volonté d'être fidèle à nos valeurs de retrouver la force du roman national de le construire à travers une politique européenne plus ambitieuse j'espère qu'on y reviendra à travers des réformes en profondeur dans le pays mais cette gauche du réel elle a à parler avec les centristes elle a à parler avec la droite qui partage ces valeurs là parce qu'il y a une droite qu'on aurait qualifiée d'orléaniste de libérale française qui est beaucoup plus proche de cette gauche du réel qu'elle n'est de Nicolas Sarkozy ou des conservateurs de droite Alors Emmanuel Macron s'il vous plaît qui ne vont plus dans les partis politiques classiques parce que justement cette différence ce clivage ne correspond plus au problème du pays Emmanuel Macron cette gauche du réel elle dit quoi sur les 35 heures on les supprime elle dit quoi sur l'ISF elle dit quoi aux travailleurs être de la gauche du réel c'est trois jobs et travailler le dimanche quel est le modèle de société que vous défendez on ne le voit pas on n'en voit même pas les contours là vous êtes si ce n'est injuste peut-être sourd parce que j'ai pu quand même sourd c'est sûr juste non sur ce sujet là je vous laisse le choix sur ce sujet là je me suis à plusieurs reprises exprimé en tant que ministre parce que ces sujets étaient contigus ou au coeur de la fonction ministérielle que j'ai exercé je pense qu'aujourd'hui être de la gauche du réel c'est vouloir une politique qui est à la fois plus efficace et juste c'est à dire regarder le monde tel qu'il est nous sommes dans une transition profonde qui change la production dans le monde elle le change à cause du numérique à cause des questions environnementales et de l'accélération de la mondialisation nous avons des équilibres économiques, sociaux institutionnels qui sont faits pour une économie de rattrapage avec au fond des statuts des protections qui sont tout à fait adaptées à celles et ceux qui ont des contrats à durée indéterminée des protections dans des entreprises établies la vraie injustice ce sont les 10% de chômeurs la vraie injustice ce sont les jeunes qui n'accèdent pas à l'emploi en particulier quand ils sont peu diplômés ou celles et ceux qui sont condamnés à tourner autour du système et qui sont au fond les outsiders les perdants est-ce que aujourd'hui on leur propose quelque chose donc le modèle de l'après-guerre ne marche plus donc le modèle de l'après-guerre ne marche plus donc le consensus politique économique et social qui s'est fondé en 1945 et qui a été complété en 1958 est caduque l'état providence est caduque non ça n'est pas ce que j'ai dit c'est structure c'est directement issu de l'après-guerre c'est directement issu de l'après-guerre et d'un moment de la refondation de la vie politique où d'ailleurs vous l'aurez noté les communistes ont su travailler avec les gaullistes c'est une parenthèse dans un moment de réconciliation mais parce que ces structures je pense qu'aujourd'hui notre pays traverse des choses graves et donc aujourd'hui ces structures ne sont plus adaptées
et donc le monde du travail de demain
c'est un monde dans lequel il faudra non c'est un monde dans lequel chacune et chacun devra plusieurs fois dans sa vie changer vraisemblablement d'entreprise de secteur et peut-être de statut et donc c'est un monde où il faut pouvoir permettre à chacune et chacun de s'adapter à ces cycles économiques qui sont en train de se retourner parce que en faisant sauter les protections puisque vous dites que le CDI est un carcan pour insiders permettez-moi je suis en train de vous dire qu'est-ce qui est en train aujourd'hui de se passer de toute façon c'est que même celles et ceux qui sont dans le CDI vont subir cela les gens qui sont dans la banque et l'assurance aujourd'hui sont en train de voir leur métier profondément transformé par le numérique dans certaines banques les études ont été faites d'ici 5 à 10 ans 50 à 60% des emplois n'auront plus de place au sein de la structure qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire que vous allez devoir de toute façon changer de secteur changer d'entreprise et donc cette mobilité cette plus grande fluidité flexibilité elle est nécessaire
donc ça veut dire que le politique est d'accord et le politique observe et dit ok c'est l'économie qui s'impose
la clé de la politique qui est derrière ça c'est de garantir justement les sécurités individuelles ces sécurités elles ne doivent plus être statutaires elles ne doivent plus être sectorielles elles ne doivent plus s'inscrire dans un monde qui était celui justement d'une économie de rattrapage et de cycle long ça veut dire que pour que les individus puissent prendre ces risques ou s'adapter à ces cycles qu'ils subissent il faut que la puissance publique puisse leur garantir des vrais droits qui leur soient attachés à eux qui soient individuels celui d'être bien formé à l'école le pouvoir prendre la mer celui d'avoir une vraie formation continue dans ces moments de transformation qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire que la formation continue ne doit plus être réservée simplement à celles et ceux qui sont dans l'entreprise déjà bien protégés mais que nous aurons dans la vie professionnelle un an deux ans trois ans qui ne seront pas de chemin vous aviez quatre ans pour le faire Emmanuel Macron on peut y revenir avec les auditeurs de France Inter mais j'aimerais vous avancer un petit peu c'est un sujet important si vous ne me laissez pas le terminer on a le droit de ne pas subir à chaque fois l'impérium du temps court parce que ces sujets sont des transformations radicales mais si vous ne voulez pas rentrer en profondeur dans ces sujets vous faites des ajustements à la marge qu'est-ce qu'on a fait pendant quatre ans ?
je ne remis rien de ce que j'ai fait ou de ce que j'ai conseillé je ne suis pas dans la critique du gouvernement trop tard non nous avons fait parce que nous n'avons pas reposé ces questions avec cette gravité en prenant le temps parce que nous n'avons pas pris le temps du constat de le déployer nous avons fait des ajustements parfois importants mais si je puis dire paramétriques nous n'avons pas refondé le système nous l'avons adapté or ce monde est en train de se bouleverser à pleine vitesse si vous ne faites que l'adapter vous courez toujours c'est pas la dictature
du temps court c'est qu'on vous a beaucoup entendu et souvent sur l'économie il y a des sujets sur lesquels on ne sait pas où vous êtes où vous habitez sur la laïcité vous avez parlé de laïcité ouverte ce matin dans les colonnes du GD vous trouvez que Sarkozy une vision de l'identité rabougrie vous en êtes où ? vous avez un modèle intégrationniste assimilationniste plus communautariste vous avez quand même soutenu les maires qui avaient pris des arrêtés anti-Bourkini c'est quoi votre vision de la laïcité dans la société ?
Emmanuel Macron l'assimilation c'est un terme qui figure dans le code civil je ne suis pas sûr qu'il soit compris partout je ne suis pas sûr de l'aimer beaucoup dans le débat politique c'est la droite qui l'utilise en ce moment voilà
la droite Sarkozy
et pas uniquement mais sur ce sujet sur ce sujet la clé c'est de savoir comment dans la société française on permet à chacune et chacun d'accéder à l'autonomie c'est ça la promesse républicaine et je dirais même l'identité française c'est l'autonomie de la société ensemble et qui se tient et c'est l'autonomie de chaque individu la laïcité j'y tiens mais j'y tiens dans sa version ouverte exigeante et généreuse de 1950 ça veut dire quoi ? c'est à dire
ça veut dire quoi dans l'espace public est-ce que vous pensez on peut être voilé partout à l'université
ça veut dire que partout dans les services publics à l'école il faut être intraitable avec les principes de la laïcité et le respect des règles de la république et à l'université c'est à dire qu'aucune je vais aller à votre point qu'aucune religion ne doit considérer que ces règles valent plus que les règles de la république c'est pour moi la summa divisio une large partie de nos concitoyens qui sont de confession musulmane puisque c'est cela en creux que vous évoquez considère que les lois de la république sont plus importantes que les lois de leur religion il y a une minorité qui aujourd'hui considère que les lois de la religion sont plus importantes et cela est inacceptable cela n'est pas conforme au principe de laïcité mais ensuite la laïcité permet à chacune et chacun d'exercer dans son intimité si c'est choisi sa religion alors pour le voile à la laïcité si vous me posez la question je me suis déjà exprimé pour dire que j'étais hostile à son interdiction pourquoi ?
parce qu'à l'université vous avez des esprits formés ce qui est la grande différence avec l'école vous avez des individus autonomes il faut protéger les individus à l'école puisque ils n'ont pas acquis encore cette majorité intellectuelle et de conscience à l'université ils l'ont et donc il ne s'agit pas à ce moment là de leur interdire de porter le voile mais ce qui est inadmissible sur le sujet du voile c'est lorsqu'il est subi c'est cela en creux ce qui nous insupporte vous avez raison et donc si on veut lutter contre cela c'est une bataille qui est civilisationnelle qui est éducative qui est morale qui montre que ce qui est insupportable c'est lorsqu'une religion ne respecte pas l'égalité entre les hommes et les femmes mais est-ce que vous allez vous battre proprement contre cela en l'interdisant à l'université non parce que vous n'allez rien faire pour cette femme dans les transports en commun dans la rue vous allez simplement faire que compte tenu de la pression qu'elle subit elle ne pourra plus aller à l'université c'est aussi pour cela que tout le débat qu'il y a sur les menus de substitution à l'école est un débat ubuesque nous avons toujours eu lorsque c'était nécessaire des menus de substitution à l'école parce que ça ne se voit pas les menus on en reste là pour l'instant c'est cela que j'attaque en creux la question de la laïcité si vous me permettez parce que c'est un point important mais en creux c'est ceux qui au nom de la laïcité voudraient combattre les menus de substitution à l'école se trompent complètement parce que la laïcité c'est ce qui permet à tous les français quelle que soit leur confession de vivre dans la république ensemble parce qu'ils respectent les règles de la république et là dessus il faut être intraitable mais pour être ensemble si vous refusez les menus de substitution vous faites que le jeune enfant qui dont la famille respectait pleinement les règles de la république n'ira plus dans l'école de la république mais ira dans une école musulmane qui lui garantit ses menus c'est une erreur parce que cela fracture la société amis auditeurs de France Inter je veux vraiment finir sur ce point ce débat il est complexe parce que c'est ce qui nous tient et ce qui nous tient c'est cette capacité justement à traiter l'ensemble de nos concitoyens comme des adultes à leur permettre d'être émancipés de n'accepter le joug d'aucune domination sur leur conscience et en même temps il faut entendre ce que ça peut fracturer par rapport à la communauté des français de confession musulmane j'aime pas le terme de communauté aux français de confession musulmane qui parfois se sentent exclus et il y a aujourd'hui un inconfort une insécurité culturelle disent certains d'une partie aussi des français qui considèrent que au fond certains gestes certaines pratiques qui ne sont pas forcément cultuels mais culturels comme le burkini ou idéologiques et bien sont devenus insupportables et donc la réconciliation du pays elle passe par une vraie exigence en termes de laïcité mais en aucun cas par une attaque contre un monothéisme voilà amis auditeurs de France Inter j'étais en train de le dire amis téléspectateurs de France Info 01 45 24 7000 si vous souhaitez interroger poursuivre ce débat sur la laïcité à partir de 13h20 avec Emmanuel Macron
question politique sur France Inter
et j'ai le plaisir d'accueillir à la table de questions politiques Mathilde Dehimi bonjour Mathilde
bonjour Nicolas
vous êtes reporter à la rédaction de France Inter vous revenez Mathilde de Vintimi point de passage des migrants de l'Italie vers la France qu'avez-vous vu sur place ?
Bonjour Emmanuel Macron j'ai donc rencontré des hommes qui marchent Monsieur Macron et ils marchent depuis longtemps ils ont traversé une partie de l'Afrique et du Moyen-Orient ils ont ensuite traversé la Méditerranée et c'est eux que l'on voit souvent en gilet de sauvetage orange sur les photos j'ai donc croisé ces migrants à Vintimi à la frontière franco-italienne leur objectif est connu la France le Royaume-Uni l'Allemagne et contrairement à Calais à Vintimi il n'y a pas besoin d'attendre la nuit pour voir ces migrants tenter de passer la frontière il suffit juste d'observer les abords de la gare et les passeurs qui les démarchent ça passe donc à la frontière mais pas toujours loin de là la France a augmenté ses contrôles j'ai parlé par exemple à de très jeunes Érythréens qui étaient très déterminés ils venaient de passer 24 heures au commissariat de Menton ils avaient été renvoyés côté italien ils s'apprêtaient à retenter encore et toujours leur chance la France donc est contrôlée la Suisse l'Allemagne aussi la route des Balkans est fermée et donc Vintimi est en fait un cul-de-sac pour soulager la station balnéaire l'Italie a pris deux mesures d'abord elle a rempli des bus de migrants qui sont arrêtés à la frontière elle les a renvoyés dans d'autres régions la deuxième mesure c'est que l'Italie a expulsé c'est une première un groupe de 50 soudanais parti la semaine dernière vers Khartoum ce qui est contraire aux conventions j'ai donc eu le sentiment monsieur Macron d'un triste jeu de chat et de souris entre policiers et migrants on fait en fait artificiellement baisser la pression sans traiter véritablement la question des migrants j'ai donc deux questions à vous poser fermez les frontières est-ce que c'est la solution et pourquoi ne pas tenter le pari de l'Allemagne qui accueille plus largement ces migrants et sachant que c'est un pari autant économique qu'humanitaire
début de question Emmanuel Macron et on y viendra plus au fond après le journal sur ce sujet ce que vous avez vu à Vintimi c'est la conséquence de l'accord qui a été passé avec la Turquie il y a quelques mois qui a fermé en effet cette route qui passait par les Balkans mais qui a si je puis dire fait exploser une autre route qui est celle de la Libye qui existe depuis 2011 et la chute du régime de Kadhafi et ce qui se passe cette route est affreuse elle est dangereuse c'est que on a encore aujourd'hui des femmes et des hommes des jeunes qui périssent en mer et vous avez des migrants qui viennent essentiellement d'ailleurs d'Erythrée du Soudan et de l'Ethiopie ce ne sont plus des Syriens qui arrivent par là et qui viennent aujourd'hui à Khome à Vintimi parce qu'ils cherchent à rejoindre les pays du Nord et ils cherchent à rejoindre des pays où ils auront du travail alors quand on parle de migrants il faut distinguer deux réalités c'est très important dans le débat public les réfugiés d'une part qui fuient pour des raisons politiques et qui demandent l'asile et à ce moment là qu'on doit accueillir et puis les migrants économiques les contraintes sont très différentes je pense que celles et ceux qui ont été raccompagnés étaient des migrants considérés comme économiques je ne connais pas le sujet
uniquement parce qu'ils n'avaient pas déposé de demande d'asile en Italie mais ils auraient dû le faire côté français et donc pour répondre à ce défi
pour répondre et donc pour répondre à ce défi s'il vous plaît il faut conclure il faut un traiter le sujet libyen c'est une absolue nécessité sur le plan géopolitique pour les réfugiés d'une part aujourd'hui demain pour l'implantation de Daesh deux une vraie politique européenne la réponse est européenne c'est à dire une vraie politique de garde frontière ça a commencé la France à porter cette vision mais il faut aller plus loin et aller plus loin dans la politique d'allocation en effet de réallocation et là dessus nous ne sommes pas les meilleurs élèves vous l'avez évoqué mais c'est une nécessité si on veut pouvoir éviter justement que les uns et les autres soient accumulés dans des centres il faut qu'ils un les poussait à demander l'asile et deux conduire les pays très vite à les accepter mais ça suppose je suis le maître des horloges ici vous vous êtes dans votre vie politique Emmanuel Macron donc s'il vous plaît nous devons rendre l'antenne le journal est à suivre on se retrouve à 13h20 évidemment pour en parler plus en détail à tout de suite je vais parler des centres des Berges
et retour donc
sur le plateau de questions politiques l'émission politique de France Inter en partenariat avec le quotidien Le Monde et France Télévisions vous le savez l'émission s'écoute à la radio sur Inter et se regarde à la télé sur la toute nouvelle chaîne d'information en continu France Info à mes côtés pour interroger Emmanuel Macron notre première invitée aujourd'hui Nathalie Saint-Cric de France Télévisions Arnaud Leparmentier du quotidien Le Monde et Karine Bécard de France Inter
France Inter questions politiques intervenez au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot clé question Paul
et vous êtes déjà très nombreux au standard de France Inter très nombreux également sur Twitter la parole donc tout de suite à Gilles qui nous appelle du Kremlin bicêtre Gilles bonjour et bienvenue
bonjour monsieur Demorand bonjour monsieur Macron bonjour monsieur Demorand vous avez une réputation que j'ai
maintes fois vérifiée d'un journaliste pugnace exigeant sur les réponses aux invités vous avez fort à propos posé une question à monsieur Macron pour comprendre un peu son positionnement c'est à dire des questions récurrentes sur le ISF sur les 35 heures etc il y avait deux il n'a pas répondu il n'a pas répondu il n'a pas répondu on est d'accord Gilles et d'habitude vous qui êtes pugnace vous reposez des questions pour avoir une réponse je pense qu'un autre mais j'avais pas le temps là
j'avais pas le temps aux questions des journalistes j'avais pas le temps Gilles maintenant monsieur Macron allez-y je prends la place de monsieur Demorand allez-y
je peux y répondre aux questions de monsieur Demorand
merci infiniment Gilles restez en ligne et vous savez que je défends absolument les questions des auditeurs et je fais mon
je fais tout pour obtenir des réponses que faites-vous des 35 heures les supprimez-vous oui ou non Emmanuel Macron c'était ça la question bonjour monsieur vous avez raison de revenir à la charge néanmoins j'ai donné tout à l'heure et après on a dû passer à un autre sujet le cadre de ce qui est la réponse à ça parce que la question clé c'est pas de savoir s'il faut supprimer ou pas les 35 heures c'est la question que je vous pose c'est la question que je vous pose Emmanuel Macron et que vous repose Gilles et à laquelle vous ne voulez pas répondre à laquelle je vais répondre alors allez-y elle s'inscrit dans un mouvement plus large qui si on ne le comprend pas fait que la réponse n'a aucun sens aujourd'hui moi je pense que la définition du temps de travail elle doit pouvoir être négociée au niveau de la branche et de l'entreprise beaucoup plus souplement qu'elle ne l'est donc je ne suis pas contre les 35 heures s'il faut choisir un camp et être clair je dis juste que permettre que par la loi pour tous les secteurs pour tout le monde de manière indifférenciée on l'impose ça a été une erreur et ça n'a pas servi certains secteurs 35 heures ont été une erreur mais vous ne voulez pas revenir dessus non non ne faites pas s'il vous plaît ne réponde clairement aux questions suppose qu'on ne caricature pas les réponses alors comme vous ne répondez pas aux questions je fais les réponses à votre place vous ne pouvez pas dire ça vous ne pouvez pas dire ça parce que vous êtes des journalistes exigeants et vos auditeurs le sont aussi on a le droit d'essayer de saisir la complexité du monde je dis que la baisse du temps de travail a été une tendance historique l'idée les 35 heures avec les baisses de cotisations qui l'ont accompagné ont été un effet positif nul ne sait d'ailleurs dire si c'est la baisse du temps de travail ou celle des charges des cotisations qui les ont accompagnés mais le faire de manière indifférenciée pour tous les secteurs par la loi c'était pas la bonne méthode donc pour les 35 heures ma vision des choses c'est qu'il faut qu'on puisse au niveau de la branche et de l'entreprise permettre des négociations plus souples ce que d'ailleurs la loi travail parce que sur ce point c'est là l'avancée de la loi travail a permis et je pense qu'il faut est-ce que les 35 heures restent la référence ?
je pense que les 35 heures aujourd'hui sont la référence légale et doivent le rester ? et je pense qu'il faut permettre et je pense on peut décider de rouvrir tous les débats la clé non mais là on pose une question est-ce que ça doit rester la référence légale ? je pense que sur ce sujet ça peut rester la référence légale il faut adapter ensuite au niveau de la branche et de l'entreprise les souplesses et donc dans quel secteur
il faut augmenter éventuellement la durée du temps de travail ?
mais c'est justement parce que c'est dans les secteurs j'ai des journalistes je plaisante oui mais c'est une bonne suggestion je vous laisse la porter non mais aujourd'hui prenez l'exemple de l'hôpital l'application immédiate des 35 heures a créé d'énormes problèmes d'organisation surtout parce qu'elle a été appliquée à tous les niveaux se poser la question au niveau de la branche et de certaines entreprises est une bonne question parce qu'aussi l'entreprise et certaines ont réussi à le faire dans le cadre législatif qui était imposé elles ont parfois par ces négociations réussi à se redresser dans l'industrie exactement dans l'industrie et là dessus sur le temps de travail c'est l'avancée qu'a permis la loi portée par Myriam El Khomri ce sur quoi il faut aller c'était le point de mon propos tout à l'heure c'est qu'il faut élargir cette capacité à donner plus de souplesse au niveau de l'entreprise et de la branche parce que les vraies sécurités on doit les individualiser et votre vraie sécurité c'est pas à mes yeux aujourd'hui de travailler 35 heures versus 32 heures c'est de pouvoir être formé c'est d'avoir des sécurités sur le plan justement du chômage de la maladie de l'invalidité qui soit pleinement garantie Gilles posait la question à ma suite de l'ISF est-ce que vous le gardez ou pas ?
Non je pense que l'ISF suppose d'être modifié pourquoi ? parce que moi je crois dans la souveraineté industrielle de mon pays je veux qu'on puisse réindustrialiser plus vite Modifié ça veut dire quoi ? Modifié ou aboli ?
Je réponds à la question j'explique pourquoi je le fais parce que c'est pas juste des objets dont on a parlé 200 fois qu'il faut essayer d'éviter ça dessine un portrait en même temps ces objets là oui mais ça dessine aussi une cohérence parce que j'allais vous dire pourquoi je le fais ma cohérence c'est de défendre l'industrie de mon pays si on veut une industrie en France si on veut réindustrialiser il faut de l'investissement dans le capital fixe c'est-à-dire moderniser les entreprises et dans le capital humain former les individus si on veut avoir des entreprises fortes il faut des marges fortes c'est l'objet de ce qui a commencé à être fait et on doit aller plus loin dans cette politique et il faut en même temps pouvoir financer ces entreprises si on veut financer nos entreprises il faut pouvoir réinvestir l'argent des français et en particulier de celles et ceux qui ont réussi dans l'entreprise aujourd'hui notre ISF il préserve parce qu'il y a des avantages fiscaux qu'on a gardé pour l'assurance vie pour certains placements des mécanismes parfois de rente qui financent essentiellement les obligations et il pénalise des gens qui ont réussi parce qu'ils ont travaillé parce qu'ils ont innové et qui veulent réinvestir dans l'économie donc redéfinir l'ISF on a bien compris si on veut être cohérent avec une vision exigeante une vraie souveraineté économique et industrielle oui il faut réformer l'ISF pour permettre à toutes celles et ceux qui ont du capital et qui l'investissent dans l'innovation dans la production en France et en Europe et bien à ce moment là de ne pas être taxé sur cette base allez retour au standard retour au standard bonjour Christophe vous nous appelez d'Isère vous avez la parole Emmanuel Macron vous écoute bonjour à tous alors je suis le représentant d'un collectif écoplascope on est l'unique fabricant de barquettes en alu en France on est basé en Isère donc à Saint-Vincent-de-Mercuse cette entreprise a été liquidée bouffée par des fonds de pension américains pillée par des banques et vous monsieur Macron vous n'avez pas bougé un orteil vous parlez de contact avec le pays d'écouter le pays les salariés la sénatrice Annie David le député Pierre Rivaud vous ont interpellé et vous n'avez rien fait ce projet a été soutenu par des financiers par la préfecture par des clients par l'union régionale des scopes et il manquait juste un signe de votre part pour sauver Écopla et pour inverser la décision d'un tribunal deux ans deux ans qu'on appelle au secours et qu'on ne vous a pas entendu vous parlez de proximité vous n'avez pas reçu nos appels vous parlez du réel vous ne nous avez pas aidé vous parlez d'immersion vous n'êtes jamais venu nous rencontrer voilà aujourd'hui vous parlez de campagne porte à porte avec vos randonneurs et vous votre porte a été fermée pour les salariés d'Écopla M.
Macron vous avez fait crever cette entreprise vous avez mis en danger notre famille notre vie sociale et vous n'avez même pas fait la moitié de votre travail voilà M.
Macron merci Christophe pour cette rude question à laquelle Emmanuel Macron répond bonjour monsieur d'abord c'est toujours facile dans un plateau comme on est là de répondre à quelqu'un qui a perdu son emploi ou qui voit son entreprise en effet être liquidée donc moi je mesure la chose je connais en effet la situation que vous évoquez et j'ai été saisi l'état peut faire des choses mais difficilement revenir sur des décisions de justice il est faux de dire que la porte a été fermée j'ai en effet reçu les sollicitations mon cabinet a eu plusieurs contacts avec des représentants et les élus et donc ce dossier a été étudié et ça n'est pas s'occuper d'un dossier que de penser qu'un ministre je ne le suis plus aujourd'hui mais j'ai été sur des terrains difficiles j'ai été voir des entreprises en difficulté j'ai gagné des combats j'en ai perdu d'autres mais j'ai aussi un cabinet et une administration qui se sont occupés avec beaucoup de dévouement de tous ces dossiers ce dossier a été regardé mais quel aveu d'impuissance vu le résultat mais parce que vous avez en France malgré tout vous avez entendu le ton de la voix mais je l'ai entendu c'est pour ça que je commence par une réponse de considération et que bien sûr vous avez des échecs mais en France vous avez aussi une liberté d'entreprendre et un droit de propriété et vous avez parfois des actionnaires cyniques c'est vrai qui décident de ne pas totalement aider une entreprise c'est d'aller au bout vous regardez ça en vous disant oui c'est ça la réalité parfois il y a des actionnaires cyniques et on ne peut rien faire c'est pas parfois il y a des actionnaires cyniques quand il y a des projets de reprise qu'on peut faire passer on le fait on s'est battu à chaque fois pour le faire et on en a réussi et parfois vous n'y arrivez pas et il y a des décisions de justice quand elles sont prises compte tenu justement de l'indépendance compte tenu de la décision qui a été prise au début de ce quinquennat que vous avez vous-même avec beaucoup de vos collègues réclamés et qu'il n'y ait pas d'instruction et bien vous ne pouvez pas intervenir dans certaines procédures qu'ils peuvent avoir un caractère cruel donc oui il y a des limites à l'action publique oui je n'ai jamais menti pour ma part aux gens en leur promettant mon zémerveille en disant qu'on allait pouvoir tout arrêter parce qu'il y a des actionnaires qui parfois n'ont plus de projet pour l'entreprise veulent juste sa fin avec un cynisme qui est réel et qu'on ne peut pas bloquer
et on en fait quoi ces actionnaires cyniques alors ? on travaille avec eux ou pas ?
non on ne travaille pas avec eux car non on ne travaille pas avec eux on leur demande le remboursement des aides lorsqu'ils en ont perçu ce qu'on a fait à chaque fois on essaie de presser les choses on a changé la loi c'est ce que j'ai porté dans la loi croissance pour permettre à d'autres actionnaires crédibles s'ils ont un projet de pouvoir justement s'imposer aux autres mais le problème c'est que la loi n'est pas faite pour des cyniques et en même temps vous ne pouvez pas empêcher les gens qui ont une entreprise qui ont le capital qui ont parfois investi d'en disposer donc oui il y a des situations cruelles sur le territoire bien sûr mais sur lesquelles la politique est impuissante puisque vous voulez la changer elle est impuissante ce que vous venez de décrire c'est un aveu d'impuissance c'est la réalité ça se passe parfois comme ça mais bien sûr mais commencer à changer la politique c'est arrêter d'avoir un comportement maternant et de mentir aux gens vous êtes comme Yonel Jospin l'état ne peut pas tout cette formule avait été dure pour lui mais je considère qu'aujourd'hui c'est faux de dire que l'état est en situation de régler tous les problèmes et toutes les difficultés on le constate à chaque instant et donc notre responsabilité c'est de fixer un cadre d'éviter justement les comportements délictueux les excès de protéger les plus faibles mais vous avez des situations dans lesquelles vous êtes face à un échec c'est vrai il y en a d'autres où vous y arrivez on a réussi sur Valourec on a raté sur le sujet je pense qu'il y a encore malgré tout par la revitalisation et par l'action qui sera conduite elle le sera par mon successeur Christophe Sirug des choses à faire alors vous avez parlé d'état maternant ai-je bien entendu d'état maternant oui c'est à dire vous considérez et après on pourra peut-être venir sur cette définition qu'en gros on protège trop que les gens sont trop protégés et qu'on a une conception tout ça c'est féminin en plus parce qu'on infantilise les français voilà c'est ça ne me faites pas s'il vous plaît un procès parce que j'aurais utilisé le mot maternant j'aurais pu utiliser celui de paternaliste si vous préférez ce que je veux simplement dire ce que je veux simplement dire ici donc ni paternaliste ni maternaliste c'est que le rôle des responsables politiques ça n'est pas de démontrer dans toutes occasions dans toutes circonstances des capacités des protections que parfois ils n'ont plus et dont ils ne disent pas est-ce qu'on n'a pas les lois sur le chômage par exemple est-ce qu'on infantilise les français parce qu'on ne leur dit pas la vérité parce qu'on ne leur dit pas la vérité parce que vous avez parfois des changements profonds qui dépassent la capacité que vous avez à y répondre parce que vous avez des transformations qui se font qui sont environnementales qui sont numériques qui sont industrielles qui ne correspondent plus à la réponse que vous pouvez apporter je vais prendre un exemple tout simple les aciéris l'aluminium je me suis beaucoup battu sur le sujet Valourec je le prends parce que c'est un sujet sur lequel là on a réussi Valourec s'est trouvé en situation absolument terrible il y a un peu plus d'un an parce que effondrement du prix de l'aluminium attaque des chinois des indiens etc et effondrement du prix de pétrole or 66% de leurs clients étaient dans le pétrole ils ont dû faire une restructuration le comportement normal dans la vie politique c'était d'aller sur le terrain de dire jamais l'état la banque publique d'investissement était au capital de Valourec jamais l'état ne permettra de faire ça on va tout bloquer on va les empêcher parce que on protège je ne l'ai pas fait en responsabilité je suis allé sur les sites de Valourec à Saint-Sauve à Aulnoy pour l'expliquer aux gens c'était pas facile ce jour là je leur ai même dit on va essayer de ne pas avoir de suppression quelques mois après on a dû en faire des suppressions vous voyez je les ai accompagnés en responsabilité parce que c'était la condition pour sauver l'entreprise et donc ça c'est la responsabilité politique c'est de dire il y a quelque chose qui est un mouvement que je ne contrôle pas je n'ai pas la possibilité de remonter les prix du pétrole donc je dois accompagner cette transformation la clé c'est de former les gens qui sont licenciés c'est de revitaliser les sites qui sont touchés mais pour aider l'entreprise à vivre et à côté de ça il y a des combats qu'on peut mener et qu'on avait abandonné parce qu'il y a la même entreprise Valourec qui est touchée par une concurrence déloyale des Chinois ou des Indiens et là on ne faisait rien contre cette concurrence déloyale et au niveau européen j'ai porté ce combat pour qu'on mette des mesures anti-dumping contre les Chinois qu'on remonte les tarifs et qu'on sauve l'entreprise contre des attaques injustes donc on peut faire des choses on peut faire des choses il faut les expliquer et parfois oui il y a des échecs ça ne veut pas dire pour autant que la politique ne peut plus rien ça veut dire que parfois on n'y arrive pas et dans ces cas là on doit simplement considérer son propre échec considérer celles et ceux qui en sont les victimes et j'entends la colère de ce monsieur mais aussi considérer que cela n'emporte pas tout et la clé c'est ensuite de redonner une autre perspective sur le terrain à des industries et de redonner aux individus d'autres opportunités Claude bonjour et bienvenue sur France Inter sur France Info à la radio à la télé vous êtes partout et bien écoutez non ça ne passe pas on va retrouver Claude dans quelques instants alors j'en profite pour vous poser Emmanuel Macron un certain nombre de questions qui nous viennent de Twitter Mathieu comment faites-vous pour apparaître moderne en recyclant Thatcher Reagan et Madeleine Alain Madeleine oui vous aviez fait le j'ai fait le lien d'accord donc vous êtes Thatcherien je ne crois pas mais c'est un peu étrange comme accusation le discours que je vous tiens depuis tout à l'heure ça n'est pas un discours Thatcherien Reaganien ni celui qui a pu porter à un moment Alain Madeleine dans la vie politique française qu'est-ce qu'il y a derrière cette critique celle d'une brutalité économique et sociale et de ce qu'on appelle un libéralisme soyons direct ultra ultra libéralisme moi je ne suis pas ultra libéral mais
je suis
j'aime pas les étiquettes je crois dans la liberté le problème en France c'est que le mot libéral ou le libéralisme est emprunt est emprunt est emprunt est-ce que vous êtes pour la légalisation du cannabis non mais attendez je ne vais pas jouer je ne suis pas en train de dire on va construire par étape un projet et je ne vais pas jouer aux devinettes je suis en train de répondre c'est une question c'est une vraie question on vous accuse d'être libéral en économie ou un peu schumpeterien ou politique de l'offre peu importe et est-ce que sur les sujets de société vous vous considérez comme libéral alors je vais répondre à la question qui m'est posée et je viendrai à la vôtre je suis pour les libertés parce que je pense que dans notre système économique et social la liberté permet d'accéder à une plus grande égalité je ne suis pas pour autant pour la disparition de l'état c'est liberté d'abord égalité ensuite non la liberté permet l'égalité c'est à dire que c'est d'ailleurs même la formule qu'avait un socialiste italien qui disait c'est faire rentrer la liberté dans la maison des pauvres c'est ça le socialisme ce que disaient les antifascistes italiens bon donc je pense que la clé par la liberté par des ouvertures c'est de redonner des égalités d'opportunité donc oui je crois à la liberté sur le plan économique et social et je pense que parfois les protections qu'on a mis les régulations les blocages et bien ont en fait des victimes qui sont les plus fragiles celles et ceux qui sont en dehors du secteur quand on regarde le marché du travail le marché du logement on a des victimes on a des perdants et ils sont parfois justement ils ont moins d'opportunités que les autres donc regardez le marché du cannabis aux Etats-Unis pour reprendre la question d'Arnaud je vais venir au cannabis est-ce que vous ancien ministre de l'économie vous dites tiens c'est dommage on pourrait faire rentrer je vais venir au cannabis n'ayez pas peur de ça mais je réponds sur l'ultra-libéralisme donc vous l'êtes pas ça on a compris vous êtes pour la liberté vous l'avez dit je crois à la liberté simplement en France il y a une confusion récurrente entre le libéralisme et le capitalisme ça n'est pas la même chose et d'ailleurs le libéralisme politique économique est au coeur est au coeur du projet de progrès et donc sur ce volet là je crois à la liberté dans sa réconciliation à l'égalité je ne suis pas ultra-libéral parce que je pense que les pouvoirs publics ont un rôle celui de préserver des sécurités indispensables pour que les individus prennent des risques et des biens communs les sujets environnementaux et les longs termes donc je crois à une politique je crois à une politique du bien commun sur les sujets de société Emmanuel Macron est-ce qu'en termes de société vous pensez que les gens doivent avoir la liberté de fumer du cannabis deuxième question et sous-question insu est-ce que la légalisation du cannabis serait en plus un moyen efficace de contrôler cette consommation deux questions deux réponses précises s'il vous plaît mais je vais vous dire ma sensibilité et ma réponse provisoire que j'assume totalement parce que c'est un sujet éminemment compliqué aujourd'hui le cannabis pose un problème en effet de sécurité de lien avec la délinquance dans des quartiers difficiles de financement de réseaux occultes et donc on voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d'efficacité et donc on voit bien que de ce point de vue le sujet est ouvert et doit être considéré quand on regarde d'ailleurs l'incapacité qu'on les magistrats de régler le problème d'un point de vue pénal on voit que nous sommes dans un système très hypocrite donc vous n'êtes pas contre de l'autre côté j'entends et je suis aujourd'hui pas en situation parce que c'est un sujet que je veux travailler donc je ne suis pas contre tout à fait si cette réponse provisoire peut-être la mienne aujourd'hui mais en même temps j'entends les préoccupations de santé publique qui sont émises par ailleurs c'est pas un sujet qui est léger donc je souhaite qu'on puisse ouvrir ce sujet et je souhaite l'aborder de manière méthodique dans les semaines qui viennent mais je ne suis pas contre pour un principe là aussi d'efficacité et de justice au fond c'est un peu ça ce que je retiendrai Nathalie Carine qui veut Nathalie Saint-Cric Nathalie Saint-Cric parfois ce que je veux vous dire par là on veut savoir si vous êtes libéral sur tout ou conservateur sur un certain nombre de sujets si vous êtes un faux libéral ou un vrai conservateur si vous êtes simplement une manière un peu plus cool d'être de droite que les autres et avoir des petites précisions sur le cannabis sur le fait
je trouve le côté ni droite ni gauche là quand même c'est compliqué pour vous je trouve
mais non j'essaie d'avoir une pensée structurée c'est cette politique du bien commun à laquelle je crois mais si ça vous rassure de m'enfermer dans des cases qui sont les vôtres libéral, pas libéral droite, gauche vous pouvez je dis juste que
on essaie de trouver votre électorat en fait et quand on vous entend on se demande où est votre électorat et à combien vous l'estimez ne vous en préoccupez pas
vous parlez d'électorat moi je parlerais mais merci je préfère ça parce que vous constatez que j'en ai une petite scoliose là idéologique non mais pourquoi parce que on ne vous laissez pas au bout d'une heure et demie d'émission mais pardonnez-moi est-ce que je ne vous ai pas répondu clairement sur le marché du travail est-ce que je ne vous ai pas répondu clairement sur les 35 heures ou sur l'ISF est-ce que je ne vous ai pas répondu clairement sur la laïcité est-ce que je ne vous réponds pas clairement là être clair c'est autre chose qu'être caricatural Nicolas Demorand être clair dans un monde compliqué qui est en train de se transformer c'est refuser parfois les facilités du débat public parce que vous demandez si vous êtes libéral c'est une belle et noble question philosophique à laquelle vous avez répondu oui je crois je crois à la liberté et en même temps je crois aussi au rôle de l'état donc oui je suis sur le plan politique sur le plan économique du côté de la liberté non si vous êtes un homme de la synthèse écoutez j'ai ma cohérence intellectuelle je la revendique et la cohérence je la partage avec ceux qui suivent on passe au standard une question qui est assez simple
Arnaud Montebourg et d'autres personnes à droite ont proposé que les jeunes refassent un service militaire obligatoire 6 mois obligatoire c'est à dire pas on a envie de le faire et on le fait est-ce que vous considérez alors est-ce que vous avez réfléchi au sujet est-ce que vous avez une position ou est-ce que vous trouvez qu'une fois de plus on n'a pas à se mêler de ce que les jeunes ont envie de faire
non je pense que sur ce sujet l'idée d'aller plus loin dans justement la réserve qui est différente et de continuer à former des individus sur les sujets de sécurité d'avoir ce modèle est-ce qu'on impose aux jeunes est-ce qu'on impose c'est la même philosophie c'est la même histoire libérale pas libérale je oui ça n'est pas que ça je pense qu'aujourd'hui imposer à toute une classe d'âge pendant 6 mois ou 1 an n'est pas une bonne idée d'abord parce que ça n'est pas l'idée en effet que je me fais de l'engagement aujourd'hui et je pense que ça doit être un sujet d'engagement parce qu'ensuite compte tenu des contraintes de l'armée et du choix qui a été fait il y a 20 ans d'une armée de métiers ça coûte très cher ça n'est surtout pas réaliste ça n'est pas faisable et enfin parce que je pense que ce dont nous avons besoin c'est de continuer de continuer à former des individus femmes et hommes de manière volontaire justement à la participation à la sécurité nationale du pays et que ça ne suppose pas de passer tout le monde dans la moulinette du service militaire allez on retourne au standard Claude bonjour on vous a retrouvé ah je suis là nous vous écoutons soyez le bienvenu Emmanuel Macron vous écoute bonjour monsieur Macron je vous en prie de Guyane ce coin de France au nord de l'Amérique du Sud dans ce désordre international monsieur Macron avec ses guerres ses coups d'état ses révoltes et ses révolutions qui nécessitent l'intervention de la France pour des raisons politiques et humanitaires pensez-vous avoir suffisamment d'expérience si vous étiez à la tête de l'état pour répondre avec efficacité aux multiples problèmes qui s'imposent et qui continueront de s'imposer merci Claude pour cette très bonne question de politique étrangère Emmanuel Macron vous répond bonjour monsieur d'abord par votre question vous allez contenter toutes celles et ceux qui sont avec moi sur ce plateau qui ont essayé de me mettre dans cette situation donc je j'aborderai le sujet avec prudence et de manière théorique à ce stade je pense que si on considère qu'il faut une expérience d'exercice du pouvoir pour être légitime ça veut dire qu'il faut avoir été ou ministre de la défense ou ministre des affaires étrangères ou président de la république pour exercer de telles fonctions et quand je considère les derniers présidents je ne crois pas qu'ils avaient eux-mêmes en accédant aux responsabilités de telles compétences je crois simplement qu'il faut pour cela avoir une vision claire des jeux internationaux s'entourer de gens crédibles et d'expérience et avoir une vision cohérente voilà donc oui je pense que cela est possible pour qui décide d'avoir cette cohérence et cette capacité à s'entourer vous n'êtes pas encore au point en fait c'est ce que vous êtes en train de dire non c'est pas du tout ce que je suis en train de dire et puis moi ça suffira justement pour être au point non parce que je n'ai pas attendu aujourd'hui pour réfléchir à ces sujets vous m'avez entendu m'exprimer sur l'Europe j'ai aussi pris des positions sur la géopolitique nous l'avons d'ailleurs évoqué tout à l'heure en parlant des réfugiés et je pense que ce sont des sujets qui sont fondamentaux donc non je vous rassure je ne fais pas faire des cours du soir ce n'est pas mon objectif est-ce que vous n'avez pas grandi trop vite quand même
pardon est-ce que vous n'avez pas grandi trop vite vous avez raison
ce sont les arguments d'un système qui ne veut pas se renouveler je veux dire est-ce qu'il faut est-ce qu'avoir été maire député conseiller général ou que sais-je pendant 20 ans vous forme mieux à ces sujets non la réponse est dans la question c'est non non donc c'est avoir une conscience politique sur ces sujets les avoir travaillé être bien entouré et avoir une vision cohérente celle-ci je la déclinerai on repart au standard je rassure monsieur que je salue sur ce petit coin de France au coeur de l'Amazon voilà Anne nous appelle de Lille bonjour Anne bienvenue
oui bonjour donc oui je m'appelle Anne j'ai 19 ans et je suis passionnée par la politique depuis un certain bout un certain bout de temps déjà déjà je voulais vous remercier parce que vraiment vous redonnez foi en pas mal de jeunes parce que vous vous parlez d'une nouvelle communication politique même vous vous introduisez une nouvelle communication politique aujourd'hui en France et ça fait plaisir mais vraiment je voulais savoir si vous étiez sincère à travers cette démarche parce que nous les jeunes on a vraiment besoin de clarté d'un politique qui soit vraiment franc avec nous et qui arrête de cacher les choses à moitié et on voudrait vraiment savoir si vous serez capables et si vous serez prêts à venir nous voir nous écouter nous et nos conseils plutôt que venir nous voir comme tous les autres juste par symbole et pour faire des articles dans les médias en fait
et Anne vous avez le sentiment qu'Emmanuel Macron se cache ou se dérobe sur un sujet en particulier
non justement moi je suis vraiment avec lui pour l'instant de ce que je vois parce que
vous êtes avec Emmanuel Macron d'accord
oui voilà mais c'était juste pour savoir si c'était vrai si c'était voilà
la question de la déception qu'on s'en poindre au coeur de cet enthousiasme merci Anne 19 ans donc qui aime énormément la politique Emmanuel Macron que lui répondez vous allez vous les décevoir je vous remercie de reformuler la question de manière aussi positive j'ai entendu j'ai entendu j'ai entendu votre préoccupation et en tout cas votre question que j'ai pris comme un défi parce que en France on a un paradoxe on est sans doute l'un des pays qui aime le plus la politique et c'est ce que vous disiez il y a un instant et en même temps on est le pays où la défiance est la plus grande à l'égard des partis ou des responsables politiques c'est un paradoxe il faut quand même le toucher du doigt mais est-ce que vous vous risquez pas de tomber dedans parce qu'on apprend vous allez faire des conférences rémunérées alors là je réponds à un sujet mais je vais quand même par courtoisie répondre à la question qui m'est posée et pas à la suivante et je vais répondre aussi à la suivante comme je le fais à chaque fois alors dépêchez-vous le temps passe si vous décidez d'en poser trois en même temps non non dépêchez-vous si vous les y répondiez on en poserait moins allez-y excusez-moi mais je commence à répondre à mademoiselle et monsieur le couvre et donc je suis je suis simplement en train de vous dire qu'aujourd'hui ma conviction très profonde c'est pas que les français ne font plus confiance dans la politique c'est que les hommes politiques n'ont plus confiance dans les français c'est ça le vrai sujet donc la démarche qui est la mienne c'est de faire confiance donc je vous rassure moi je mesure très bien le poids de la confiance qui m'est faite qui est faite en moi c'est-à-dire que quand il y a quelqu'un dont c'est peut-être le premier engagement politique quelqu'un qui décide de ma compagnie qui dit j'ai quelque chose à dire je sais que ça m'oblige donc c'est pour ça que je ne prends pas les choses en légèreté c'est aussi pour ça que je ne veux pas répondre parfois trop rapidement à des sujets parce que je veux continuer à écouter et à travailler donc la démarche qui est la mienne aujourd'hui c'est de construire cette nouvelle offre politique de construire ce mouvement de continuer cette écoute qu'on a commencé parce que la démarche tout le monde s'est moqué de nous là aussi avec beaucoup de cynisme c'est-à-dire d'aller écouter les français et les entendre parce qu'ils ont quelque chose à dire les plus jeunes les perdants de notre économie ceux qui sont dans l'agriculture dans les territoires les plus reculés dans les quartiers les plus difficiles ils ont quelque chose à dire sur la vie politique et c'est généralement pas les débats qu'on a ils ont pas des questions sur les 35 heures ou l'ISF ils ont des débats sur leur quotidien c'est pas ça leur quotidien et donc on ne les écoute plus ne nous la faites pas à l'envers s'il vous plaît Emmanuel Macron pardon je n'emploierai pas ce terme mais moi je peux vous le dire ça s'appelle du populisme mais vous faites comme vous voulez vous faites comme vous voulez mais vous aussi ça ne s'appelle pas du populisme que d'aller écouter les gens non parce que j'ai répondu à vos questions ce que vous venez de dire sur les 35 heures et l'ISF ça s'appelle du populisme mais pardon j'ai répondu à la question oui bien sûr mais je peux vous dire aussi que ça ne doit pas être l'objet unique du débat public et j'ai bien entendu ces critiques qui me sont faites mais c'est la réalité et c'est la question de mademoiselle et sur les conférences à Londres question d'Arnaud Leparmentier c'est la réalité c'est la réalité de notre pays c'est la réalité de notre pays qu'il faut savoir aussi entendre pour vous taquiner monsieur Macron combien ça va-t-il coûter d'aller vous écouter est-ce que vous pouvez me laisser finir cette réponse importante et je vais tout de suite vous répondre je vous rassure avec la même clarté et le même détail je dis simplement parce que c'est un sujet important parce que quand les gens n'ont plus confiance dans la politique c'est en effet qu'on les a trahis donc ma volonté à travers ce mouvement c'est de créer de manière claire cette offre politique avec des cercles de réflexion pour renouveler les sujets sur les grandes questions que vous avez évoquées pendant ce débat mais en même temps aussi d'entendre les gens pas en effet d'aller sur la photo avec eux c'est pour ça que je vais dans les prochaines semaines faire cette phase d'immersion aller aux côtés et je veux rassurer mademoiselle oui j'irai aux côtés des jeunes et des autres pour entendre pour échanger avec vous sans médias et vous ne les décevrez pas sans médias et je ferai tout pour ne pas les décevoir on n'est jamais maître de la déception qu'on crée ou pas et on n'est jamais aussi bien que quand il n'y a pas de médias sur Londres ne faites pas non plus de facilité là-dessus mais je pense que la question de la sincérité qui est posée est fondamentale je vais répondre là-dessus aujourd'hui j'ai créé un mouvement politique le 6 avril dernier ce mouvement politique il a aujourd'hui 75 000 adhérents il n'a aucune subvention publique aucune parce que ce sont les règles aujourd'hui établies donc vous devez travailler pour avoir gagné de l'argent donc je vais non je ne parle pas de votre serviteur je parle du mouvement je ne parle du mouvement je ne ferai pas moi pour vivre de telles conférences pour le mouvement j'irai solliciter la générosité des français d'autres pour justement le financer et je le ferai sans aucun état d'âme parce que je l'ai déjà dit la démocratie elle n'a pas de prix mais elle a un coût je suis à côté de mouvements politiques qui touchent du contribuable entre 1 ou 2 pour les plus petits et 18 ou 20 pour les plus gros millions d'euros bon donc il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt les mêmes me font le reproche dans 6 mois en disant vous n'êtes pas capables de mener la bataille vous n'avez pas de moyens mais donc on peut y avoir le montant le montant il est simple je vais être très simple avec vous le montant il est de 7500 euros par personne et la force de ce mouvement il y a combien de personnes c'est la vous le voyez bien là il y a déjà plusieurs milliers de personnes qui ont donné pour d'ailleurs nous permettre de fonctionner jusqu'alors on fera la multiplication je voulais juste donner la parole à Thierry s'il vous plaît je vous le dis très franchement si on veut qu'il y ait un renouveau politique compte tenu des règles qui sont les nôtres je vous le dis il faut adhérer en marche et il faut donner en marche oui Thierry bonjour bonjour je vais être bref je suis en plein déjeuner avec de bons vins à Lyon quelle chance
nous on a de l'eau
oui des Châteauneufs du Pas de 2005 oh pas mal mes questions à monsieur Macron mes respects monsieur l'ex-ministre entre en 2017 serez-vous PDG de l'entreprise France PDG de la banque Goldfinger Sax
PDG d'une compagnie d'autobus ou éventuellement rédacteur en chef de Closer
oh quelle question allez-y mollo sur le Châteauneuf Thierry mais c'est une bonne question quand même écoutez je vais vous dire je ne savais pas très bonne question même je ne savais pas il y a quelques mois que je me retrouverai aujourd'hui ici dans cette condition je ne savais pas il y a un peu plus de deux ans que j'allais devenir ministre quelques semaines plus tard donc je ne sais pas vous dire ce que je deviendrai à l'été 2017
mais est-ce que vous serez encore haut fonctionnaire parce que
ce que je sais vous dire monsieur c'est que j'aurais mené tous les combats pour faire gagner les idées auxquelles je crois c'est que j'aurais mené tous les combats pour que le progressisme auquel je crois puisse non seulement être présent au deuxième tour de l'élection présidentielle mais même l'emporter et tous les combats pour que la presse people vende bien aussi mais Nicolas Demorand est-ce que vous pensez une seule seconde vous avez un rapport un peu attendez est-ce que vous pensez une seule seconde un peu fasciné au truc est-ce que fasciné moi oui je ne sais pas pourquoi vous y êtes autant alors dans les journaux est-ce qu'aujourd'hui c'est moi qui ai fait la une de cette édition c'est moi qui vous ai imposé de venir qu'est-ce qui s'est passé vous m'avez invité vous m'avez invité pourquoi parce que vous pensiez sans doute non je ne me classais pas dans la même catégorie de presse que closer pas plus que le monde d'ailleurs vous n'êtes pas dans la même catégorie mais c'est une question qu'on peut se poser aussi vous n'êtes pas dans la même catégorie mais vous êtes aussi des journalistes et vous avez une démarche vis-à-vis d'un public donc je dis simplement que je ne me suis pas imposé dans votre émission vous m'avez invité vous m'avez invité parce que sans doute sur la dimension people sans doute pour vos auditeurs vos téléspectateurs il y avait un intérêt à ce que je sois là et bien de la même façon je ne m'impose pas à la presse people je n'ai pas de relation avec la presse people je ne fais pas les unes de la presse people mais est-ce que vous pensez que ça peut vous nuire ?
je ne fais pas les unes de la presse people la presse people fait des unes sur moi c'est différent ça vous gêne ? et n'y voyez pas d'intention c'est trop ? oui ça me gêne et là c'est trop allez on arrête là pourquoi ? c'est important parce qu'on a là aussi comme sur l'argent en France un rapport traumatique à la vie privée j'ai décidé de ne pas cacher ma vie privée pourquoi ?
parce que oui j'ai une femme je pars en vacances avec ma femme parce que je l'aime parce que ma famille est importante et parce que c'est le socle de ma vie donc je ne vais pas le cacher je ne vais pas le mettre de côté ça ce serait insincère mais je ne vais pas en vacances pour poser dans les magazines people est-ce qu'en même temps je dois en avoir en tout le cacher ? non ça me gêne pourquoi ?
parce que ma démarche elle est politique ma démarche elle est de fond et pour mon pays et elle n'est pas frivole et elle n'est pas de mettre mon compte en avant et puis enfin ma démarche vis-à-vis de ma femme qui a une carrière qui est enseignante qui est aimée et respectée pour ce qu'elle est elle est réductrice à travers tout cela et donc je n'aime pas cela aussi pour elle 13h52 on va accueillir maintenant nos camarades de Pixel
Question politique sur France Inter en partenariat avec Le Monde
et oui Pixel c'est une très belle équipe du quotidien Le Monde bienvenue à Damien Leloup le numérique ce n'est pas un gadget c'est la forme qui prend de plus en plus nos vies et donc on va essayer de regarder ces sujets-là tout au long de l'année Damien vous avez la parole pour interroger Emmanuel Macron Bonjour Emmanuel Macron Bonjour Monsieur première question est-ce que vous avez un iPhone ?
Oui Alors vous le savez probablement mais quand vous avez acheté ce téléphone l'essentiel de cette vente le fisc français n'en a pas vu la couleur puisque les bénéfices se sont rapatriés en Irlande cette semaine la commission européenne a décrété que Apple qui bénéficiait d'un taux on va dire amical d'environ 1% dans le pays avait bénéficié davantage indus et donc demande à Apple de rembourser la bagatelle de 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts alors Apple conteste mais le plus étonnant dans cette histoire c'est que l'Irlande conteste également vendredi le gouvernement irlandais a dit qu'il soutiendrait Apple dans ses démarches la question que je vous pose c'est donc Apple est sanctionnée mais est-ce que ce n'est pas aussi l'Irlande qui devrait être sanctionnée pour dumping fiscal ?
Emmanuel Macron complètement Apple est sanctionnée par la commission européenne parce qu'on leur demande de rembourser en effet les impôts qu'ils n'ont pas payés et qu'ils auraient dû payer 13 milliards d'euros mais parce que ça a été caractérisé comme une aide d'Etat et derrière l'Irlande quelque part est sanctionnée puisqu'on vient attaquer sa politique fiscale et je pense que c'est un chantier qui a été d'ailleurs ouvert sous ce quinquennat et sur lequel le président de la République a beaucoup poussé les choses on doit aller plus loin aujourd'hui c'est celui de la coopération fiscale entre les Etats membres de la zone euro et plus largement de l'Union européenne parce qu'aujourd'hui vous avez un dumping fiscal qui biaise absolument tous les comportements et des premiers redressements ont été faits ils ont touché d'autres grandes entreprises du numérique comme vous le savez mais on voit aussi d'autres entreprises qui s'en vont c'était Netflix France qui déménage ses jours aux Pays-Bas et on a l'impression que ça continue parce que vous avez en particulier il y en a quelques autres autour de deux Etats un vrai problème l'Irlande a un dumping fiscal parce qu'elle a baissé son taux d'impôt sur les sociétés au-delà des gestes spécifiques qu'elle a fait pour quelques entreprises ce qui fait que aujourd'hui beaucoup des entreprises du numérique au fond localisent la propriété intellectuelle ou la base de leur activité en Irlande on peut lutter déjà contre ça on l'a fait avec nos moyens en les taxant en disant vous avez au fond un établissement fixe en France donc vous devez payer l'impôt ce qui a conduit à des redressements de plus d'un milliard d'euros chez certains mais c'est non coopératif que l'Irlande fasse ça donc ça n'existe pas quand on est dans un marché unique ça n'existe pas durablement et puis vous avez un autre Etat vous l'avez évoqué les Pays-Bas qui jouent dans ce jeu je prends l'exemple d'une grosse autre entreprise du numérique pardon qui est Google elle rapatrie les bénéfices en Irlande très peu taxés ensuite sans taxes ils sont passés aux Pays-Bas et les Pays-Bas ont des accords fiscaux avec des paradis fiscaux comme les Bermudes ou d'autres et là le cash est reparti dans ces paradis et donc ça ce sont des points de fuite profondément dans le coopératif qui nous amènent où ?
il n'y a nulle part parce que ça veut dire qu'au fond la possibilité même de lever de l'impôt pour financer nos modèles sociaux pour avoir aussi une politique publique absolument indispensable et dont les grands acteurs du numérique se servent ne sera plus possible il y a aussi une part de chantage de la part de ces acteurs du numérique on le voit bien dans la lettre ouverte publiée par Tim Cook cette semaine le patron d'Apple en réponse à ce redressement fiscal il y a une forme de chantage à l'emploi il dit on a 6000 emplois en Irlande dans des conditions telles que celle-là on ne va pas pouvoir continuer à investir à créer de l'emploi comment est-ce qu'on répond et bien on répond là-dessus par une vraie politique européenne parce que ce que ne font pas ces états c'est avoir une politique européenne c'est la direction de la concurrence qui fait ça donc vous trouvez que la direction de la concurrence à Bruxelles est quand même salutaire la direction de la concurrence et moi je salue le travail de Margaret Vestager qui je pense est une commissaire remarquable fait un très bon travail sur le numérique qu'il s'agisse d'Apple avec cette amende ou de Google quand il y a eu une sanction pour justement des comportements déloyaux alors est-ce que c'est pas une erreur d'avoir quitté que les français disent on veut retirer les négociations du TAFTA du traité de libre-échange transatlantique alors que justement on a le même jour la démonstration que l'Europe n'est forte que lorsqu'elle est une contagie totalement je pense que l'Europe je pense que l'Europe n'est forte que quand on joue à 28 sur ces sujets là donc on a tort de quitter de quitter le TAFTA je vais revenir sur le TAFTA à chaque fois vous me faites le coup de demander sur le sujet donc je vais y revenir mais je veux finir de répondre sur le numérique sur le numérique il est clair que si on veut être crédible vis-à-vis de ces grandes compagnies on doit avoir une politique européenne qu'est-ce qui nous affaiblit quand un état joue contre les autres comme le fait l'Irlande ça nous affaiblit parce qu'ils jouent contre ça et donc la clé c'est d'avoir une politique européenne unique et de leur dire vous rentrez aux règles européennes et donc avec un corridor fiscal en quelque sorte on doit tous se tenir fiscalement avec des règles qui sont à peu près homogènes pour tenir ensemble sur le plan de la politique commerciale aujourd'hui de toute façon la négociation commerciale avec les Etats-Unis n'aboutira pas compte tenu du changement d'administration américaine et du fait qu'ils ne veulent pas aller vers des concessions c'est ça la réalité des choses ne nous bandons pas nos muscles artificiellement par contre sur le plan commercial nous avons aussi besoin de l'Europe on l'a vu avec la Chine si on veut résister aux grandes puissances que sont les Etats-Unis ou la Chine l'espace pertinent c'est l'Europe question politique c'est fini merci Emmanuel Macron d'avoir été le tout premier invité de cette belle émission on se retrouve dimanche prochain avec la même bande bon week-end bonne fin de week-end merci à vous et bon dimanche
Emmanuel Macron