Jean-Louis Bourlanges : "La vague populiste qu'on attendait ne s'est pas produite à la force qu'on attendait"
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Cette subtilité qui a manqué à votre tête de liste, Nathalie Loiseau, élue aux Européennes ?
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Est-ce un gros préjudice pour Emmanuel Macron et ses ambitions européennes ?
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Elle a dit qu'elle ne se reconnaissait pas dans les propos qui lui étaient attribués par la presse belge, enfin cela dit, le mal est fait. Est-ce un gros préjudice pour Emmanuel Macron et ses ambitions européennes ?
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Quel profil ? Quelqu'un de plus discret ?
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Ce sont les présidences de commissions. Ça a quel poids, un président de commissions, pour influer réellement sur la politique européenne ?
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Angela Merkel, pourquoi pas, à la tête de l'exécutif européen. Emmanuel Macron serait prêt à la soutenir. Est-ce que vous applaudissez des deux mains à cette perspective ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La vague populiste qu'on attendait ne s'est pas produite à la force qu'on attendait »
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« les populistes en question étalent leur division »
- 3:21Invité politiqueFait
« La délégation française domine arithmétiquement le groupe ALDE »
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« c'est une majorité d'Alton »
- 4:28Invité politiqueFait
« C'est un personnel politique champignon, si j'ose dire, qui est sorti très récemment, à toute vitesse, qui a pris la majorité et il manque un peu d'expérience »
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« j'ai bloqué la nomination d'un commissaire »
- 12:02Invité politiqueFait
« Nous estimons qu'il y a des choix qui ne sont pas forcément mûrs »
- 12:37Invité politiqueChiffre
« on a quand même très peu perdu de voix après quand même deux ans de pouvoir éprouvant au sortir des gilets jaunes »
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« Édouard Philippe la maintient à 62 ans pour l'âge légal, mais il faudra travailler plus longtemps pour avoir le taux plein »
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France Inter. Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux. Bonjour Jean-Louis Bourlange. Bonjour. Député modem des Hauts-de-Seine, ancien député européen. Vous connaissez parfaitement les subtilités des arcanes européennes. Cette subtilité d'ailleurs qui a sûrement manqué à votre tête de liste, Nathalie Loiseau, élue aux Européennes. Elle vient de se prendre les pieds dans le tapis en critiquant certains de ses alliés et collègues européens, ce qui ne lui permet plus de briguer la tête de liste du groupe des libéraux au Parlement européen.
A quoi attribuez-vous cette gaffe ? Écoutez, ce n'est plus qu'une gaffe. Je n'ai pas très bien compris ce qui s'est passé. Parce qu'effectivement, elle s'est livrée à un jeu de massacre contre un grand nombre de collègues ou de haute personnalité européenne. Devant la presse belge. Elle a également égratigné au passage la presse nationale, disant que vous ne connaissez rien aux affaires européennes. Donc tout ça n'était non seulement pas très heureux, mais très peu compréhensible. Je crois que derrière ça, et ça, ça peut être salutaire pour les Français, il y a un choc de culture.
C'est-à-dire que les Français ne savent plus ce que c'est qu'une démocratie parlementaire, ne savent plus ce que c'est qu'une démocratie de négociation, ne savent plus ce que c'est que certains Français. Elle a eu une approche très technocratique, elle est compétente, sa liste a eu un bon succès, pas parfait, mais un bon succès... Même derrière les rassemblements nationaux. Enfin, pratiquement égales et un succès stratégique considérable, puisque parmi les seuls partis qui peuvent prétendre gouverner le pays, la République En Marche et le Modem apparaissent comme effectivement en situation dominante. Sauf que pour cette majorité que vous évoquez,
il en manquait quand même 0,9% la liste Renaissance par rapport aux rassemblements nationaux.
Moi j'avais été très agacé par la... Je comprends très bien que le président Macron ait fait ça, parce que ça a permis de mobiliser son électorat, mais malgré tout, c'était présenter cette élection comme une élection majoritaire, c'est-à-dire celui qui arrive en tête gagne. C'est pas vrai. On est dans une élection proportionnelle, il s'agit d'avoir un nombre de députés. C'est aussi d'affichage, vous connaissez la politique.
On aura à peu près le même nombre de députés que le Front National, et globalement, quand on regarde les forces de soutien, on s'aperçoit que c'est un vote qui a été en France et en Europe gagné par ceux qui voulaient continuer la construction européenne face à ceux qui voulaient la briser. La vague populiste qu'on attendait ne s'est pas produite à la force qu'on attendait, et en plus, les populistes en question étalent leur division.
Alors que le problème de Mme Loiseau est un problème extrêmement particulier, spécifique, qui l'oblige à se retirer de la course à la présidence du groupe ALDE, parce qu'effectivement, quand on se présente à une élection, il vaut mieux ne pas commencer par dire du mal de tous ceux qui vont voter pour vous.
Elle a dit qu'elle ne se reconnaissait pas dans les propos qui lui étaient attribués par la presse belge, enfin cela dit, le mal est fait. Est-ce un gros préjudice pour Emmanuel Macron et ses ambitions européennes ?
Non, je crois que ce n'est pas un préjudice, je vous dis que c'est plutôt un signe. Ça veut dire que les Français doivent comprendre qu'on n'arrive pas en vainqueur à Bruxelles ou à Strasbourg. On est puissant. Là, c'est très net. La délégation française domine arithmétiquement le groupe ALDE. Le groupe ALDE est au cœur du dispositif, ce que j'appelle la majorité d'Alton. Parce que c'est une majorité d'Alton, parce que vous avez quatre parties qui sont séparées chaque fois par une cinquantaine de députés. Ce sont un peu des plus brusse aussi. Si vous voulez, ça fait depuis le PPE qui est le plus important jusqu'au vert. Il n'y a jamais de rupture totale. Il y a toujours 40, 50.
Eh bien, cette majorité-là, l'ALDE, le groupe, est au cœur de cette majorité et la France est au cœur de cette majorité. Mais on ne doit pas arriver avec nos partenaires en roulant des mécaniques et en disant qu'on est les rois du pétrole. Ça ne marche pas comme ça à Bruxelles. Il faut écouter les autres, les respecter, entendre leurs considérations légitatives.
Mais il faudra qui ? Alors, quel profil ? Quelqu'un de plus discret ?
Je crois qu'il y a des tas de gens qui font ça très bien. Je pense que Pascal Canfin, par exemple, le problème, c'est le problème aussi nationalement, le problème de La République En Marche, c'est qu'il manque d'expérience. C'est un personnel politique champignon, si j'ose dire, qui est sorti très récemment, à toute vitesse, qui a pris la majorité et il manque un peu d'expérience. Et là, le reproche que je faisais sur cette liste, ce n'était pas du tout les gens qui étaient candidats, c'était plutôt ceux qui n'y étaient pas. C'est-à-dire qu'on aurait dû avoir dans cette liste un certain nombre de gens qui connaissaient la mécanique, qui connaissaient la musique.
Et donc, plus de modems, forcément, venant de votre bouche, c'était plus de modems.
Non, mais ne croyez pas, moi, je n'ai jamais eu une approche très partisane. J'aime beaucoup mes amis libanais, mais je crois qu'ils auraient effectivement, ils avaient une meilleure tradition, une meilleure connaissance des choses. Mais c'est général. Moi, je suis pour l'union des deux mondes, le nouveau et l'ancien. Je crois qu'on ne construit pas le nouveau monde sur la négation de l'ancien. Je crois, comme Tocqueville, que le passé doit éclairer l'avenir.
Vous avez évoqué rapidement le nom de Pascal Canfin, qui était le numéro 2 de la liste, l'écologiste Pascal Canfin. Justement, par rapport au début catastrophique de Nathalie Loiseau, qui ne brille pas le groupe des libéraux, est-ce que ça peut favoriser, justement, Pascal Canfin, s'il veut briguer la tête de la commission environnement du Parlement ? C'est des négociations de ce type-là qui se passent ?
Je ne prends pas ça, mais vous prenez l'autre. Les négociations, c'est des négociations vraiment professionnelles. Ça se fait à la loi d'honte. Alors, la honte, ça fait peur à tout le monde. H-O-N-D-T, c'est un mathématicien belge. Et simplement, c'est des négociations à la proportionnelle à la plus forte moyenne, pour parler d'un langage que les polythéologues français comprennent mieux que la loi d'honte. Et donc, vous avez tout un tableau d'équivalence. Chacun a droit à un certain nombre de postes. Et à partir de cela, une négociation s'organise. Négociation extrêmement complexe, parce qu'elle porte sur tous les postes disponibles au Parlement européen.
Et donc, il faut vraiment s'y connaître. Moi, quand je suis arrivé, j'ai été élu en 89, je ne crois pas que je touchais vraiment ma bille avant 91, où j'ai mis deux ans. C'est pour ça que je suis très réticent à l'idée qu'il faille changer les parlementaires au bout de trois mandats, parce que c'est enfin, quand ils ont acquis une notoriété, il y a été une expérience, une notorité, qu'on dit, maintenant, vous allez dégager.
D'ailleurs, pour qu'on comprenne bien ce qui est en jeu en ce moment, Jean-Louis Bourlange, ce sont les présidences de commissions. Ça a quel poids, un président de commissions,
pour influer réellement sur la politique européenne ? Écoutez, ça a un point relatif. Moi, par exemple, je donne mon exemple. Quand j'étais président de la Commission des Libertés, qui est une des grandes commissions de l'Union européenne, j'ai bloqué, en 2004, j'ai bloqué la nomination d'un commissaire. M. Barroso avait eu l'étrange idée de confier au commissaire nommé par M. Berlusconi le portefeuille de la justice, ce qui était quand même assez singulier, celui de l'immigration, ce qu'il était également, et celui des droits fondamentaux, alors que le commissaire désigné était assez clairement, pour des raisons d'ailleurs très honorables, hostile à l'orientation sexuelle.
J'ai organisé, dans le hearing, dans l'audition du commissaire désigné, j'ai inventé une procédure, on a voté, ma commission a voté, elle a dit que ce personnage ne pouvait pas être commissaire à ce poste-là, et il ne l'a pas été. Mais, si vous voulez, c'est comme ça. Ce qui compte, essentiellement, ce sont les rapporteurs et les shadow rapporteurs. Chaque fois que vous avez une directive, vous avez un rapporteur, évidemment, de cette directive, de cette proposition de directive, et dans les autres groupes, vous avez des shadow rapporteurs. Et la directive est négociée entre ceux-là. Et donc, vous avez constamment une négociation.
Je dis toujours qu'au Parlement européen, les parlementaires sont reconnus. Il n'y a pas de majorité et d'opposition. Ils sont reconnus, ils participent, ils négocient et on aboutit à des compromis.
Jean-Louis Bourlange, député Modem. Angela Merkel, pourquoi pas, à la tête de l'exécutif européen. Emmanuel Macron serait prêt à la soutenir. Est-ce que vous applaudissez des deux mains à cette perspective ?
Elle a dit à plusieurs reprises qu'elle n'envisageait pas cela. On a posé la question au Président de la République. Je crois qu'il a eu raison de répondre cela, parce que la réserve que M. Macron a à l'égard de Manfred Weber n'est pas une réserve à l'égard d'un commissaire, d'un président de commission allemand. C'est l'idée que M. Weber, qui a d'ailleurs certainement de très grande qualité, n'a pas une expérience politique européenne suffisante, et exécutive suffisante pour diriger la commission.
Pour comprendre, on va juste rappeler qu'il y a trois candidats principaux pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la commission européenne. Il y a effectivement l'allemand de la droite et des catholiques également, Manfred Weber. Il y a le travailliste néerlandais Franz Timmermans. Et puis vous préférez certainement la troisième candidature, la danoise, la libérale, Margrette Vestager, actuelle commissaire à la concurrence. Il y a Barnier quand même. Et Barnier, évidemment.
Michel Barnier qui est un peu hors série, parce qu'il n'est pas dans ce qu'on appelle les sixièmes candidats, mais il a une autorité extraordinaire. Même si le Brexit, l'accord n'a pas été accepté par le Parlement britannique, il a quand même négocié de façon extrêmement intelligente. Il a organisé la solidarité de tous les États membres et ce serait un excellent candidat. Sinon, moi, je trouve que Franz Timmermans est un homme tout à fait remarquable. Il a fait un très bon score dans son pays et aux Pays-Bas. Cela dit, je ne pense pas que l'équilibre de la future commission aille à un social-démocrate.
Moi, si ce n'était pas Barnier, je trouve que Margrette Vestager serait absolument remarquable.
Jean-Louis Bourlange, député modem des Hauts-de-Seine. On va refermer ce chapitre européen. Dans un instant, on va reprendre cette discussion. On va s'intéresser au programme national. Les municipales, dans neuf mois. A tout de suite.
Tous les samedis à 9h10 sur France Inter.
On n'arrête pas l'écho. L'actualité et les coulisses de l'économie.
Alexandra Bensey.
Ce samedi, un mag écho format spécial avec le directeur du département d'économie de Normale Sup, Daniel Cohen et notre invité, Fil Rouge, son regard, ses analyses et puis le débat sur les bons chiffres de l'emploi et du reportage à Citeco, le tout nouveau musée de l'écho. On n'arrête pas l'écho. Ce samedi,
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Soyez les bienvenus sur Inter, il est 8h32.
France Inter, le 6-9 du week-end.
Notre invité ce matin, Jean-Louis Bourlange, député modem des Hauts-de-Seine, ancien député européen. Un mot sur La République En Marche qui va présenter lundi ses premiers candidats au municipal de mars 2020. Quelle place espérez-vous pour le modem ? D'ailleurs, en discutez-vous avec notamment Stanislas Guérini, celui qui est en charge de ce parti La République En Marche ?
Bien sûr, nous en discutons. Nous avons des relations de travail très régulières et très intenses avec La République En Marche. Nous mettons en garde nos collègues sur deux points. Le premier, c'est la précipitation. Nous estimons qu'il y a des choix qui ne sont pas forcément mûrs. Eux ont le désir d'aller assez vite sur un certain nombre de points. J'ai l'impression qu'ils veulent aller assez vite sur la désignation du candidat à Paris.
Nous, nous pensons qu'un peu de réflexion l'été serait bienvenu pour qu'on puisse y voir un peu plus clair parce qu'il n'y a aucun nom qui ne s'impose vraiment de façon décisive aujourd'hui, même s'il y a des gens très remarquables qui sont en en compétition. La seconde chose, c'est que nous pensons que ce serait une très grave erreur de considérer que parce que nous avons fait République En Marche et Modem un score assez remarquable parce qu'on a quand même très peu perdu de voix après quand même deux ans de pouvoir éprouvant au sortir des gilets jaunes, on a quand même gardé pour l'essentiel l'opposition sur une élection intermédiaire qui est jugée toujours comme très difficile.
Malgré ça, ce serait une erreur de considérer cette victoire comme une espèce de trampolino, de tremplin vers la conquête des municipales. Je crois que les Français font très clairement la distinction entre des enjeux européens, ils ont montré dans cette élection un peu partout que l'Europe c'était devenu quelque chose qui comptait dans leur tête, et des enjeux locaux, territoriaux, dans lesquels ils font très souvent confiance à leurs élus. Donc il faut vraiment aborder les problèmes des élus locaux avec beaucoup de circonspection et beaucoup de respect pour les sortants. Mais pour les municipales,
ce qu'on ne comprend pas très bien quand on est au modem, c'est si vous êtes toujours partie prenante avec La République En Marche ou est-ce que vous souhaitez vous émanciper
de cette formation ? Non, on n'a pas à s'émanciper parce que nous n'avons jamais été un féodé. Donc on a des élus sortants.
En d'autres termes, est-ce qu'il y aura des candidats à Modem ? Là, il y aura des candidats à La République En Marche ?
D'abord, toutes les situations sont locales. Il faut quand même bien partir de cela. Il y a une volonté de diversité, une volonté de souplesse, une volonté de flexibilité qui est très présente dans le corps électoral et à laquelle il ne faut pas insulter. Deuxièmement, nous n'allons pas organiser une sorte de concurrence générale avec La République En Marche.
Oui, mais La République En Marche, elle tire quand même vers le centre de ce que dit... On peut parler de changement de méthode de la part du président de la République avec plus d'humanité, plus de proximité.
Ça, on verra. Ce qui est clair au plan national, c'est que, évidemment, le Premier ministre a manifestement le soin très difficile, d'ailleurs, parce que le président fait les promesses et dit au Premier ministre maintenant vous vous arrangez pour les financer. Donc ce n'est pas facile facile. mais il y a une volonté de souplesse de ce côté-là. Il y a une petite volonté d'ouverture sur les amis d'Alain Juppé, ce qui symbolise cela. Il y a aussi une volonté d'ouverture à gauche et puis il y a le modem. Mais à mon avis, tout ça, comme dirait Maurice Chevalier, fait d'excellents français. Il n'y a pas trop de problèmes.
Le problème, c'est qu'il faut effectivement qu'on a d'excellents candidats un peu partout, etc., que ça se passe de façon... dans la bonne humeur. Et vous savez, les forts, comme disait le général de Gaulle, n'ont qu'un défaut, c'est qu'ils ne peuvent s'empêcher d'être forts. Rheim est forte et nous devons... Nous sommes un peu là pour la rappeler à l'équilibre. La Rheim est peut-être forte, mais elle n'a pas de maillage national,
ce dont vous disposez,
vous, au modem.
Est-ce que c'est un peu
votre trésor de guerre qui est en train d'être négocié ? On n'a pas le monopole du maillage, si je puis dire, mais le problème numéro un, je le dis depuis deux ans, le problème numéro un de la majorité, c'est ce personnel politique champignon qui n'est pas encore vraiment enraciné dans le territoire. Et c'est pourquoi il faut aborder avec modestie...
Combien de temps faut-il pour s'enraciner ?
Il faut réussir, à mon avis, une étape importante sera de réussir la greffe sur les élections territoriales. Si nous réussissons cela tous ensemble, je pense que là, ce sera très solide. Pour l'instant, nous avons gagné à deux reprises, trois reprises, les présidentielles, les législatives et maintenant les européennes, nous avons gagné une position centrale sur l'échiquier politique au plan national et au plan européen. Il manque le plan local maintenant. Il faut prolonger, bah oui, à chaque jour suffit sa peine. Il faut aborder ça avec humilité, je le répète.
Jean-Louis Bourlange, l'acte 2 du quinquennat tel que l'a présenté le Premier ministre Edouard Philippe dans sa déclaration de politique générale avec une nouvelle étape qui se veut plus écologique, plus sociale. On en a beaucoup parlé, on ne va pas recommander ça, mais y a-t-il des chapitres dans cette déclaration de politique générale qui ont fait défaut au regard du Modem, Jean-Louis Bourlange ?
Non, je ne pense pas qu'il y ait des chapitres qui aient fait défaut. On n'a pas beaucoup parlé des questions européennes, mais on sortait d'en prendre, si je puis dire, donc c'est un peu normal. La France dans le monde, ça c'est quelque chose, sans doute parce que c'est le président de la République qui tient le grand discours là-dessus, mais sur le reste, je trouve qu'il était très heureux que le Premier ministre, avec une pointe d'autocritique d'ailleurs, qui était bienvenue en disant je n'ai pas toujours été assez sensible, moi je résonne comme ça aussi, à l'écologie, moi aussi je n'étais pas ultra sensible aux thèmes écologiques. Ce n'est pas de la récupération ?
Non, ce n'est pas de la récupération, c'est de la conversion. C'est sincère ? Saint Paul sur le chemin de Damas, si je veux parler aux démocrates chrétiens. Et je pense qu'il a très bien fait. Alors cela dit, on a des échéances très dures. Les retraites, la notion d'âge d'équilibre, c'est une notion nouvelle qui n'était pas dans le discours initial du président, ça ne va pas être de la tarte. Pour les retraites,
Édouard Philippe la maintient à 62 ans pour l'âge légal, mais il faudra travailler plus longtemps pour avoir le taux plein, c'est une bonne décision.
Il invente cette notion d'âge d'équilibre qui veut dire qu'en réalité, il souhaite, et je comprends très bien, c'est tellement logique que l'âge de base, de passage à la retraite, soit à 64 ans. Mais c'est quelque chose que les Français comprennent intellectuellement, mais auquel ils résistent personnellement. Est-ce que je peux vous demander
une réponse en 10 secondes à propos de la PMA pour toutes ? C'est le projet du gouvernement, la procréation médicalement assistée à quelques modèles municipales, 6 ans et demi après les manifs pour tous. Est-ce qu'il y a là
un risque de crispation à nouveau ? Il y a certainement un risque de crispation. Je ne pense pas qu'on va revivre l'épisode très tendu du mariage pour tous, mais il y a énormément d'incertitudes à lever sur le contenu même du projet PMA et PMA. Il y a 36 façons de la faire et comme chacun sait, le diable est dans les détails.
Merci Jean-Louis Bourlange, député Modem des Hauts-de-Seine, ancien député européen. Merci d'être venu ce matin sur l'antenne de France Inter et bonne journée. Il est 8h39.
Jean-Louis Bourlanges