Notre chez-soi / Climat, le grand renoncement ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonsoir, le grand plaisir du jour est arrivé et pile à l'heure enfin, on se retrouve he pour une nouvelle émission de 28 minutes et qui refuserait de s'en réjouir sûrement pas la belle équipe autour de la table. Bonsoir à vous. Bonsoir monsieur.
Et l'actualité, ce sont ces reculs des politiques écologiques dans le monde entier, aux États-Unis, en Europe, en France. La lutte contre le réchauffement climatique ne semble plus être une priorité des gouvernements, mais les citoyens ne lâchent pas l'affaire comme le prouve la mobilisation contre la loi du plomb. C'est la loi du plomb qui est contestée par beaucoup de nos concitoyens, beaucoup de jeunes en particulier, mais c'est plus largement les reculs écologiques récents.
La loi du plomb est un symbole parmi d'autres de ces reculs ou ces menaces sur l'écologie qu'il faut entendre. Alors la société civile peut-elle empêcher les reculs concernant les sujets écologiques ? Cette mobilisation provoquera-t-elle un sursaut ou s'agit-il d'un effet de mode le temps d'un été ?
Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui offrent chaque soir leur tournée générale de chronique bien sûr à savoir Quentin d'Armont et Marjorie Adelson. Bonsoir à vous.
Bonsoir. Alors de quoi parle-ton ce soir Quentin ? Et bien je vous présente un jeune footballeur italien qui s'apprête à découvrir l'élite avec son nouveau club.
Je vous en parle parce qu'il a un nom on va dire un peu lourd à porter. D'accord. Et bien on attend la fin d'émission pour le connaître.
Et vous Marjoine ? On va partir en Allemagne, un zoau fait polémique pour avoir abattu 12 baboins alors qu'ils étaient en pleine santé. Je vous raconte ça tout à l'heure.
Et ben on vous retrouve tout à l'heure bien sûr car avant ça, nous allons parler de notre intérieur en nous allongeant sur un canapel. Alors non, rien à voir avec un cabinet de psy, on va plutôt parler de nos logies. Le journaliste et professeur d'architecture Jean-Louis André a étudié la maison des Français depuis les 30 glorieuses et ça va un peu plus loin que quatre murs et un toit et même plus qu'une étagère Billy.
Oui oui, on en parle tout de suite dans 28 minutes. [Musique] Bonsoir Jean-Lou André. Bonsoir.
Alors vous êtes auteur et réalisateur votre livre Notre chez soi. La maison des Français depuis les tr glorieuses et par chez Audit Jacob. Je vous présente l'équipe de 28 minutes.
Bonsoir Valérie Brochard. Bonsoir. Bonsoir J Vanest.
Bonsoir. Alors Jean André, dans cette dans ce livre La maison des Français depuis les étranges glorieuses, vouscultez hein notre intérieur un petit peu, on va dire ça comme ça, à nous les Français. Mais chez vous, c'est comment ?
En fait, chez moi chez moi c'est plein d'endroits parce que je suis un peu nomade justement. J'aime vivre un peu à Nancy qui est mon qui est mon ma mon port d'attache, mais je suis irréductiblement marseillais et puis aussi un peu parisien. Donc c'est plein d'endroits.
D'accord. C'est très beauème comme on dit aujourd'hui. En tout cas, en tout cas Je André, vous êtes ici parce que vous avez le profil idéal hein pour analyser nos intérieurs et on va comprendre pourquoi.
Grâce à Olivier Boucreux. [Musique] Jean-Louis André, vous êtes journaliste, auteur, documentariste, vous avez raconté le monde à table. Vous racontez aujourd'hui la France qui s'abrite.
Pour interroger notre rapport intime à l'habitat, vous avez le profil idéal. Euh lorsqu'on se promène dans une trentaine de villes comme je l'ai fait, on s'aperçoit qu'il y a en fait un grand espace urbain qui a énormément grandi. 80 % des Français qui vivent dans ce qu'on pourrait appeler un milieu urbain ou périurbain.
Vous êtes né à Marseille dans une famille où déjà le logement n'était pas neutre. Votre père huissier du trésor entrait dans les maisons pour dresser l'inventaire de tout ce qui pouvait être saisi. Normalien, vous avez été formé à l'architecture sur le tas auprès de Ricardo Beaufi à Barcelone.
Tu ne connais rien à l'architecture mais ta façon de raisonner me plaît vous a-t-il dit. Vous avez coécrit avec lui Espace d'une vie en 1989 et vous enseignez aujourd'hui l'histoire de l'architecture à l'Institut Polytechnique et à Ben Guérir au Maroc. Avec vos livres et vos documentaires, vous explorez autant nos façons de construire, de vivre dans les villes que de cuisiner.
Dans le pilon et la fourchette, vous suivez deux femmes dans une cuisine populaire à NIM. Je suis arrivé ici, il y a il y a il y a le l'entrée qui part, après il y a le plat, après il y a l'ind dit mais c'est quoi tout ça là ? Chez nous, on met tout ensemble, on s'assit, on mange et puis c'est fini, on boit l'eau.
Chez vous, on trouve des portraits des livres de gastronomie comme le vrai goût du Vietnam ou du Maroc et des essais grands publics comme dis-moi ce que tu manges. La France aussi, on peut l'analyser, on peut la comprendre dans son évolution simplement en regardant ce qu'elle mange et comment on mange nous tous depuis depuis 50 ou 60 ans quoi. Et ça a tellement changé.
Avec notre chez soi, vous proposez une histoire de la maison en France depuis les 30 glorieuses. On y croise le corbusier et les nains de jardin, vachelard et les crédits sur 25 ans. Vous observez ce que le logement dit de nous.
Notre maison nous habite autant que nous l'habitons. Vous soulignez aussi ce paradoxe. Alors que 3 millions de personnes attendent un logement social, on continue de détruire des habitations.
Il va falloir trouver des formes qui sont entre le collectif et l'individuel. Ce constat loin d'être comptable dit beaucoup d'une société qui peine à penser l'habitat autrement qu'en terme de rentabilité. Voilà Jean-Louis, bravo.
Merci en tout cas. Euh notre chez soi, c'est le tit de votre livre. Qu'est-ce que ça veut dire notre chez soi ?
Notre chez soi, c'est l'endroit, c'est pas simplement quatre murs et un toit. C'est l'endroit où nous investissons, où nous exposons notre intériorité. C'est notre intérieur et notre intériorité à la fois.
Donc c'est le c'est un peu le showroom de notre personnalité. Alors, vous analysez la maison, le logement des Français depuis les 30 glorieuses. Est-ce que la façon dont on choisit notre logement et aussi dont on l'agence est lié notamment à l'évolution de la famille ?
Ah bien sûr la après-gerre bah c'est le baby boom donc on a forcément besoin d'énormément de logements et ça va donner ces ces logements ces grands immeubles qui poussent comme des champignons à la périphérie des villes he c'est l'époque des grands ensembles. Aujourd'hui on est plus dans une famille qu'on va dire nomade ou recomposée et donc forcément le logement ne se conçoit plus comme quelque chose d'éternel dans lequel on va s'installer. On va pas léguer son logement.
Enfin, si peut-être, mais on l'espère. Mais on on ne cherche plus à fonder une maison comme on disait autrefois, la maison. Euh, on cherche plutôt à l'habiter, à bien l'habiter.
Et donc ça se voit notamment dans l'habitat. Mes parents allaient acheter des meubles en chaîne et en noyer. Aujourd'hui, on va chez IKEA et puis on casse tout et puis c'est pas grave si on est Et ben alors justement, j'allais vous parler aussi de cet ameublement là.
Est-ce que finalement tous nos intérieurs sont ne sont pas tous un peu asceptisés ? On a tous la bibliothèque Billy à la maison quoi. Oui.
Et c'est le grand problème. C'est c'est une des sources enfin des un des points difficiles je trouve dans dans le logement, c'est qu'à la fois il est censé représenter notre intériorité donc notre unicité, notre personnalité qui ne ressemble à aucune autre. Et en même temps, on a accès de plus en plus, on a plus accès à des vrais artisans, on a accès à des gens à des gens qui nous donnent des matériaux très préfabriqués, à des meubles préfabriqués.
Alors IKEA, on l'a dit, mais ça peut être action, enfin ça peut être des choses encore plus mais en marché enfin voilà donc on est dans des choses qui sont le roi Merlin enfin on est dans des choses qui sont des chaînes qui nous qui sont au service de notre unicité. C'est ça qui est un paradoxe. C'est ça.
Alors ce qui est assez étonnant c'est que c'est vrai que maintenant on a changé aussi la manière dont on appréhende nos maisons parce qu'on cherche plus seulement à y habiter mais à s'épanouir chez soi. Et on a fait cette expérience totale avec le confinement. Alors, le confinement a beaucoup a beaucoup joué effectivement, notamment il a il a élargi l'espace de l' de notre nos notre espace intérieur jusqu'à l'extérieur.
C'est-à-dire que le jardin est devenu une extension du salon. D'ailleurs, il y a une explosion hein des meubles de jardin, des salons de jardin, de la piscine, du trampoline, du du barbecue, Weber et cetera. mobilier qui est apparu le contrecoup de ça par exemple que j'observe c'est que il y a de plus en plus des palissades opaque autour des jardins.
Vous savez c'est plus haut plus haute et plus opaque plus moins transparente moins il y a plus clair obscur ou cette espèce de transparence qu'on avait autrefois dans les banlieux périurbains quand on quand on marchait pourquoi parce qu'effectivement puisque c'est notre intimité on n pas forcément envie de l'exposer aux yeux de tous de tous donc on monte les murs quoi et et on se cache derrière les murs. Alors justement, on va voir à propos de nos intérieurs Julia avec vous que le marché de la décoration et de l'ameublement va fait actuellement grismine un petit peu oui. Alors en 2024 ce marché du meuble a reculé de 5,1 % en France.
Après vous l'avez dit he une grande période d'euphorie pendant les confinements, les Français achètent moins de meubles et de décos. Pourquoi déjà ? Parce qu'ils déménagent moins les Français hein.
Avec la hausse des taux d'intérêt, le marché immobilier est en Berne. Et puis aussi, il y a la question de la vie chère. Avec l'inflation, les Français désormais et bien font des arbitrages et bien souvent les meubles et la déco, ça passe à la trappe.
Les Français achètent donc moins et à plus petit prix. Je vais vous donner un exemple. Les commandes inférieures à 100 € donc concernant les meubles et la déco, ont progressé de 14 % l'année dernière.
Résultat, ce marché-là est en train de se recomposer. Les anciennes classiques comme Gifi, maison du Monde sont en difficulté. Il y a Casa aussi qui a été placé en liquidation judiciaire.
En revanche, ce qu'on appelle la Fast Deco fait un carton des bougies, de la vaisselle, des parures de lit qui sont importées de Chine et qui sont vendus à tout petit prix. Forcément, c'est très tentant pour les Français même si ces produits sont de moins bonne qualité et pas vraiment bon pour l'environnement. On voit donc que en 2025, les Français font toujours très attention à leur intérieur.
Ils veulent créer comme ça des petits cocons. Est-ce que ils sont quand même confrontés à une forme de frustration les Français ? Parce que il y a cette question de la réalité avec les notamment les prix hein.
Bah oui, parce que de toute façon, on voit bien que acheter son appartement, alors si on est à Paris, j'en parle même pas, mais acheter l'appartement ou la maison devient le combat d'une vie hein. Dans les années 50, c'est 10 % le loyer qu'on paye. 10 % des revenus sont sont consacrés au loyer.
Aujourd'hui, on est bien plus haut, on est à 50 % quoi, je crois. Donc voilà, c'est effectivement alors sur ce que vous disiez sur le la fast fashion du fast déco, c'est vrai. Euh et en même temps ça finit par créer un style, un style qui va de nos appartements au Airbnb.
Le Airbnb c'est l'archétype de cette phase déco quand même hein. Le petit paillasson marqué bienvenue, la le vase avec le les tresses autour avec les l les léons autour et cetera. Il y a tout un style qui qui est apparu.
C'est vrai. Alors, on le voit quand même être propriétaire, c'est quand même toujours important pour les Français. C'est un rêve pour certains et surtout le rêve de d'être propriétaire d'un pavillon.
Le pavillon reste tout de même aujourd'hui un objectif pour de nombreux euh de nombreuses amis françaises. Alors, ça l'a toujours été hein. On a essayé de faire croire l'inverse quand on construisait des des des immeubles collectifs en masse dans les années 70 années 60 70.
On est non mais les sondages étaient toujours là. Donc c'est effectivement pour 90 % des Français, c'est le pavillon qui reste en rêve. Alors il y a plein de raisons.
Il y a l'idée de on veut pas des du voisin au-dessus, on veut pas ressembler aux autres. Mais il y a surtout effectivement quelque chose de al on veut un extérieur ça depuis le depuis le Covid mais aussi on veut quelque chose dont on peut faire le tour hein. Ça les les gens disent souvent ça.
Faire le tour quatre murs et un toit la chanson de de Benabar et pouvoir faire le tour de sa maison c'est pouvoir se l'approprier. Quand vous êtes devant un immeuble de ville ou deou un immeuble de cité vous pouvez pas faire le tour. Et pourtant, le modèle du pavillon, il a été remis en cause il y a pas si longtemps en 2021, notamment par la ministre du logement de l'époque, Emmanuel Vargon, qui sur le plan écologique disait tout simplement le le pavison, c'est une aberration écologique.
Oui. Alors, c'est là que elle a raison, je sais pas si elle a raison. C'est là qu'en tout cas, je disais, il va falloir trouver des et c'est un vieux rêve des architectes, hein, des solutions moins consommatrices d'expace, mais en même temps qui donnent l'impression ou l'illusion aux gens qui sont dans quelque chose de bien à eux. de personnel.
Donc c'est un vieux rêve de l'architecture hein d'essayer de faire à la fois bah Beaufil justement on avait beaucoup travaillé là-dessus. On a un immeuble collectif mais en même temps qui qui a qui ménage suffis Oui. qui va ménager des coins, des recoins, des terrasses, des extérieurs qui font qu'on est presque dans un immeuble dans un dans un pavillon dans un pavillon individuel.
Dans votre livre, vous écrivez que notre logement nous habite autant que nous l'habitons. Ça veut dire quoi ça ? Parce que quand on va rentrer nous trois dans nos logements ce soir, en quoi finalement et bien il nous habite aujourd'hui là sur ce plateau mon logement en quoi il m'habite ?
Ben parce que c'est à la fois parce que parce que on y met ce qu'on est. Donc il y a une espèce de dialectique qui se crée hein. On y projette son intériorité et cette intériorité finit par nous raconter autant que nous raconter nous presque nous résumer.
On devient un peu prisonnier de son propre intérieur. Nous sa que Befil disait ça à la fin de sa vie. Il disait "J'ai construit, il avait une cimenterie magnifique où il vivait comme ça qui avait transformé." Il disait "J'ai l'impression un peu de temps en temps que ça devient un peu un tombeau quand même." Elle finit par m'enfermer ma propre maison.
Ouais, c'est ça. Et alors le logement de demain d'après vous, à quoi il pourrait ressembler justement ? Essayer de trouver des formes entre l'individuel et le collectif, c'est-à-dire quelque chose qui soit plus dense et en même temps qui préserve qui donne une impression de intérieur, extérieur euh et d'individualité.
Alors, même si l'été, on est beaucoup à l'extérieur, il est toujours bon de réfléchir à notre habitat. Merci beaucoup. Je luai votre livre Notre chez soi, la maison des Français depuis étrange glorieuse et publié.
Audi Jacob, merci d'être passé par 28 minutes ce soir. Merci beaucoup. Allez, passons à notre débat.
Un réchauffement climatique. Mais quel réchauffement climatique là ? Depuis de nombreux mois, les politiques environnementales subissent un sévère recul aux États-Unis, en Europe, en France, au contraire des citoyens qui eux souvent et bien se mobilisent comme pour la pétition contre la loi du plomb.
Alors, la société civile est-elle le dernier rempart face aux reculs environnementaux ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [Musique] C'est la dernière annonce Tony Truante de Donald Trump.
Le président américain a fait savoir sa volonté de détricoter l'arsenal législatif qui permettait de limiter les émissions de gaz à effet de serre dans son pays. Si elle est finalisée, l'annonce d'aujourd'hui sera la plus grande annonce de dérégulation des États-Unis. Un projet qui fait écho à ce qu'il se passe de l'autre côté de l'Atlantique.
Les Européens se sont engagés à acheter davantage de gaz et pétrole américain suscitant la crainte des écologistes du vieux continent. Ils craignent l'enterrement du Green Deal censé hâter la transition écologique. En France aussi, des mesures en faveur de l'environnement sont retoqués.
Coup de rabo donné à MA Prime Renove, assouplissement de l'extension des élevages intensifs ou encore fin des zones à faible émission qui limitaient la circulation en ville. En 6 mois, le réseau Action Climat donc fait partie Greenpeace a dénombré, je cite, plus de 43 reculs environnementaux en France. On voit clairement qu'une partie de l'hémicycle de la droite à l'extrême droite et une partie du centre est en train de se trumpiser.
Euh et on voit bien que oui, effectivement, on passe au-dessus des avis des scientifiques, on passe au-dessus des processus démocratiques. Face à ce qu'ils assimilent à des reculs environnementaux majeurs, certains citoyens s'organisent comme ici aux abords du chantier de la 69. Une mobilisation citoyenne qui a culminé avec le mouvement contre la loi du plomb et la pétition qui a recueilli plus de 2 millions de signature.
Ce qui nous donne encore plus de courage qu'avant, c'est qu'on voit qu'il y a une vraie unité d'où qu'on vienne, quel que soit nos nos provenances pour refuser ce qui serait vraiment une régression stupide. Alors, assistet-on à un retour de bâton écologique ? L'écologie lasse-elle les politiques ?
Et pourquoi à la société civile peut-elle servir de rempart ? Voilà. Et pour en parler, nous recevons ce soir Yvan Couronne.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes rédacteur en chef à venir de la planète pour la FP.
Selon vous, le pic de mobilisation mondiale pour l'écologie que l'on a connu dans les années 2020 est en train de retomber en raison de la crise économique et énergétique en France. dites-vous, le mouvement jeune proen environnement ne suffit pas à contrer les projets antiécologiques. À vos côtés, Gérbert.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes président honoraire de la fabrique écologique.
Votre livre Le grand malentendu climatique est paru aux éditions de l'Aube. Alors, selon vous, la France recule sur les questions environnementales ou en tout cas dites-vous, n'avance pas au rythme nécessaire. Euh pourtant, les sondages montrent que l'écologie reste une préoccupation forte des Français et cela se traduira probablement lors des élections à venir.
Et puis Marie Churaot, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes activiste pour l'écologie et la justice sociale.
Selon vous, il y a une dissonance entre les attentes des Français et les reculs environnementaux. Les citoyens sont devenus, dites-vous, un contrepouvoir important et parfois plus compétent sur les questions scientifiques et juridiques. Et pour entamer ce débat, c avec vous Valérie et un mot, on va dire particulièrement complexe et j'ai envie de vous dire bon courage ce soir.
Je vais je vais y aller. C'est endangerment Finding. Bon, en bon français, ça donne quelque chose comme conclusion de mise en danger des mots pour définir un ensemble de preuv scientifiques qui sert de base légal depuis 2009 à l'Agence américaine de protection de l'environnement pour réguler les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.
Et bien hier, Donald Trump a donc annoncé vouloir abolir ses réglementations. Yvan Couronne, on n pas vu les Américains descendre par milliers dans la rue pour s'insurger qu' cette contre cette déclaration, cette volonté du président américain. Est-ceà dire que l'écologie n'intéresse plus personne et partout dans le monde ?
Pas plus que quand Donald Trump a signé le retrait de des États-Unis de l'accord de Paris, pas plus que quand il a réautorisé des gisements pétroliers. Absolument. les gaziers, y compris dans des zones protégées, pas plus que quand il stoppent ou il suspendent des projets d'énergie renouvelable ou solaire, y compris dans des États qui ont voté pour lui.
Donc non, il y a clairement aucun mouvement fort en tout cas de l'opinion américaine. Ouais. Ça veut dire quoi chose ?
Ça veut dire que aujourd'hui la société civile, on en parle, on va en parler justement de sa société civile française, euh ben ne pas du tout mobilisé finalement ne s'intéresse plus à ce que pourraient faire aujourd'hui les politiques quelle que soit la décision. Moi, je suis pas tout à fait d'accord. Je pense que la société civile, elle est de plus en plus organisée.
En fait, je pense qu'il y a plusieurs phases. Par exemple, moi je me suis mobilisée pendant les marches pour le le climat. Je faisais partie des personnes qui des jeunes qui organisaient.
Et en fait, avant cette période là, on réservait l'écologie plutôt aux ONG. C'était plutôt les ONG, les associations qui se mobilisaient sur l'écologie. Ensuite, après 2019, il y a eu un peu un sursaut aussi où il y a d'autres personnes qui se sont mobilisées sur ces questionsl et notamment du coup les jeunes pour le climat.
Et je trouve là que on est un nouveau dans une nouvelle période où en fait tout le monde se saisit de ces ces questions-là. Je pense par exemple du coup à cette pétition contre la loi du plomb qui a été lancée par une étudiante qui a été lancée par une étudiante. Alors évidemment que les mobilisation contre la loi du plomb été portée par des ONG mais le fait que une étudiante toute seule se lance et lance une pétition je trouve ça assez éloquent.
Et puis euh par ailleurs, on voit aussi énormément de collectifs qui se mobilisent partout en France contre des destructions environnementales. Des collectifs qui se mobilisent et pourtant ZDFU, mis en cause des aides à la rénovation en thermique, réintroduction d'un néonicotinoïde, on va y revenir. Remise en cause du Zan zéro artificialisation nette.
Depuis le début de l'année, il y a eu beaucoup de de votes et de et de recul sur l'écologie. Comment vous regardez ça ? Géro Guibert, je crois qu'il y a vraiment une dissonance entre d'un côté les les Français et les Européens qui sont toujours convaincus qu'il faut agir sur le plan écologique et climatique très largement très largement.
Et par contre une difficulté pour toute une série de gens, en particulier les plus modestes, mais aussi une partie de la classe moyenne à accepter un certain nombre de mesures ou un certain nombre de dispositions de politique écologique qu'ils ne peuvent pas suivre. Je donne deux exemples. On dit aux gens, il faut que vous bougiez, vous vous rouliez propre.
Ouais. Or, les gens, ils ont acheté leur maison à 30 km de chez eux parce qu'ils pouvaient pas faire autrement. Il ils prennent leur voiture parce qu'ils peuvent pas faire autrement et ils ne peuvent pas changer de voiture parce que ça coûte trop cher et donc ils sont frustrés.
Le deuxième exemple, on dit aux gens il faut manger propre et encore faut-il avoir les moyens aujourd'hui de manger propre. H et donc je pense qu' n'a pas été assez pensé dans la transition écologique et ça c'est c'est assez ancien, c'est depuis plusieurs décennies, il n'a pas été pensé ce lien entre la vie quotidienne en particulier des plestes et d'une partie de la classe moyenne et les objectifs de transition écologique. Alors bien sûr, il y a ensuite la superstructure politique qui joue un rôle évidence.
Mais encore une pour vous quels ont été les justement les les reculs en matière de politique environnementale notamment en France qui ont été les plus marquants et qui ont marqué le plus l'actualité ? Les ZFE la faible émission euh il y a 300 villes en Europe qui ont desfe où la pour empêcher les véhicules les plus polluants de circuler dans les dans les c'est des règles. Il y a des tas de villes en Europe qui ont décidé d'interdire les véhicules les plus polluants chacun un peu.
Leurs règles, les diesels d'avant 2006, peu importe. Euh et ça certains ont certaines villes ont mis des péages. Euh Londres a la plus grande ZFE au monde.
OK. C'est ça coûte 12 pounds de de rentrer dans l'onde. Est-ce qu'on sait aujourd'hui que la qualité de l'air à Londres est meilleure qu'à Paris ?
Et ça ça a sûrement aidé aussi la la ZFE de Londres. Euh donc euh donc c'est il faut il faut ça pour moi c'est un ça c'est ça c'est marquant. Ouais.
Ça c'est vraiment important. Et après au niveau européen, il y a plein d'autres choses qui sont encore plus marquantes. Ouais.
Peut-être comment expliquer cette situation ? c'est que en France, nous sommes un pays qui reste jacobin et donc nous avons voulu faire des aides des feu pour tout le monde, enfin pour les principales agglomérations, un peu avec le même format et cetera, avec un accompagnement qui était lui aussi au niveau de l'État, mais qui en réalité n'existait pas ou peu alors que la réalité c'est qu'il faut que ce soit au niveau du terrain que ça se décide, au niveau et du cas par cas, y compris sur les dispositions pratiques et concrètes. On arrive sur les les reculs sur ces 6 derniers mois pour vous, quel est le plus marquant, quel est le plus impactant même et qui montre bien ce recul sur poique environnementale ?
Est-ce qu'il y a un sujet particul ? Bah effectivement, moi la loi du pont, je trouve que c'est un un immense recul mais je pense aussi que on parle énormément de de backlash et que la loi du plomb serait le symbole, le synonyme de ce baclash. En fait, je pense qu'il faut aussi s'interroger sur qu'est-ce qu'on appelle un backlash.
Pour moi, le backlash, il vient essentiellement des industries, des syndicats, du gouvernement qui ont en fait un intérêt à mettre en place des politiques anti-écologiques. Je pense par exemple à la FNSEA alors même que la FNSEA, elle vient de Oui, exactement. premier syndicat agricole de France et qui en fait la FNSEA, elle ne représente qu'une infime partie des agriculteurs.
La FNSEA, elle est plutôt elle représente plutôt des céréaliers qui sont en fait les seuls agriculteurs qui vivent assez bien de leur travail. Mais la FNSEA vient dire que tous les agriculteurs de France sont euh ont besoin de l'arrêt des normes environnementales pour survivre. Or, la première revendication des agriculteurs de France, c'est plutôt une hausse de leur revenus et un revenu qui digne, qui leur permet de vivre.
Et donc en fait, je trouve que ce backlash, il est effectivement organisé mais par les grandes industries, par le gouvernement qui ont un intérêt à ça mais qui n'est pas en fait partagé par les même des agriculteurs qui se mobilisent aussi contre les normes hein. Beaucoup évidemment mais c'est aussi parce que la FNSA derrière récupère ce ce mot d'ordre là. Je pense aussi aux mobilisations agricole qui a pu avoir l'année dernière où en fait les premières revendications dès dès le départ dans les villages dans les campagnes, c'était la hausse des revenus et que la FNSA est arrivé et a redirigé le la mobilisation vers ce ce mot d'ordre là ce qui est absolument aberrent.
Alors Yvent Couronne, il y a quand même eu cette avancée, c'est le vote de la loi pour interdire l'épiface alors dans certaines catégories d'objets. Est-ce que justement c'est une avancée et ça rééquilibre un peu quand même ces reculs que l'on vient de citer un à un ? Oui, je pense qu'il y a une il y a une prise de conscience très très lente, très progressive des dangers de ce genre de parter.
On en a interdit euh quelques un euh mais euh et ailleurs dans le monde aussi, ça commence à naître. Il y a aussi un peu une mobilisation, une une prise de conscience du des plastiques, des microplastiques. La semaine prochaine, il y a une grande noo à Genève pour peut-être le premier traité contre la pollution plastique.
Donc ça ça commence à bouger un petit peu. Euh mais euh je voudrais rebondir un peu sur ce qui a été dit juste avant. C'est pas un phénomène franco-français.
Donc on peut parler de la structure jacobine, on peut parler de la FNSEA, mais en fait euh vous regardez les voisins européens, ils ont un peu le même problème. Euh la campagne électorale en Allemagne euh des Europées climat des européennes. Oui, c'est ça.
Bien sûr. Ouais. Voilà, c'est un sujet.
Les autres pays européens vivent la même chose que nous. Euh en Allemagne, on a parlé sécurité, inflation, récession, immigration. Ils ont pas parlé climat.
Il y a en 2021 la campagne précédente, c'était le le somum de la mobilisation. Ça c'est perdu. Mais en 2019, on souvient des élections européennes en effet où les écologistes avaient fait beaucoup de scores.
Alors on sait aussi Gérbert, c'est la question qu'on peut se poser. En 2019, en effet, tout le monde se disait écolo, c'était incroyable de droite comme de gauche. Est-ce que aujourd'hui vous diriez qu'il y a une une désertion du sujet par les politiques ?
Alors moi, j'ai j'ai écrit un livre qui s'appelle le grand maladie climatique dans dont le cœur du de l'argumentation, c'est de dire euh euh les élites ne font pas ce qu'il font et ne font pas comprendre et n'agissent pas suffisamment euh pour euh que les citoyens puissent euh enchaîner et puissent valoriser un certain nombre d'initiatives qu'ils font parce qu'il se passe des choses sur le terrain des sujets quoi parce qu'il il se passe des choses sur le terrain et je pense que si les politiques sont dans cette situation c'est qu'ils n'ont pas pris conscience à quel point la transition écologique percutait l'organisation de la société. Oui, ça percute très fortement l'organisation de la société sur les modes de déplacement, sur les modes d'habitat, sur le les habitudes alimentaires, sur et cetera. Et donc, c'est pas tout à fait évident et c'est pour ça qu'il faut d'abord tracer une perspective claire.
Or, je trouve qu'on en a pas de perspective claire et d'autre part, il faut évidemment que derrière les moyens, les outils soient adaptés à la situation de chacun, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ouais. Alors, on est en train de le dire à l'écologie politique perd du terrain ne convainc plus.
Et pour le député macroniste qui va suivre et bien c'est en partie la faute du morcèlement de l'Assemblée nationale. On écoute Pierre-Alexandre Anglade. Vous savez depuis 2017, même si on a pu parfois entendre l'inverse, beaucoup de choses ont été faites par le président de la République et on constate depuis la dissolution en réalité, depuis qu'il n'y a plus de majorité à l'Assemblée nationale, une forme de recul mortifère sur les questions environnementales, sur les questions de biodiversité, de lutte pour le climat.
Marie Churau, aujourd'hui la parole écologiste, elle a été récupérée par les populistes ? Non, je pense pas. Et je pense que c'est assez hypocrite de dire que l'écologie serait aurait déserté les les rangs de l'Assemblée nationale par exemple à cause de la dissolution.
Je pense qu'elle a euh en fait pour moi c'est pas une dtion pour moi c'est une clarification aussi du fait que en fait les macronises qui s'érigaient en grand sauveur du climat Emmanuel Macron souvient qui disait "Make Our Planet Great Again" qui a mis en place la convention citoyenne pour au final trahir les 120 citoyens qui avaient qui étaient euh qui siient dans cette convention. Et donc je trouve que c'est assez c'est assez hypocrite de tenir ce genre du discours. Je pense que l'écologie aujourd'hui peut-être qu'elle a perdu de la place dans les rangs de l'Assemblée nationale aussi effectivement parce que il y a de plus en plus de populistes et de plus en plus de Trumpistes et c'est ce que disait la chargée de campagne de Greenpeace.
Effectivement, il y a aussi euh et je suis assez d'accord sur le fait que c'est un discours aussi planétaire euh qui est porté par Trump et et plein d'autres. Euh mais derrière l'écologie politique, il faut pas la résumer à juste de l'écologie partisane. Euh l'écologie politique, elle se fait aussi sur le terrain et euh vraiment je j'insiste sur le fait qu'il y a énormément de mobilisations qui ont lieu sur le terrain.
Moi, j'étais il y a pas de il y a quelques jours à la mobilisation contre la 69. Il y a énormément en fait de personnes, ça permet de mobiliser énormément de monde. Mais il y a un mot tout de même aussi euh Yvon Couron sur pour reprendre ce que disait Valérie Brochard à l'instant sur les populistes.
On a vu tout de même lors du vote pour la suppression ZFEU Rassemblement national les Républicains et elle fit ensemble pour voter ça. C'estàd que là on a une alliance populiste clairement contre aujourd'hui un projet environnemental donc sur la voit les voitures les plus polluantes en centre-ville. Donc en fait, ça s'est vraiment fracassé là sur le mur du populisme.
Euh je c'est pas un mot que j'emploierai là, je sais pas. Mais en revanche ça se fracasse. Je pense en un des arguments, c'est un peu, je reprends ce que vous disiez euh ça coûte cher euh de racheter une voiture électrique et cetera.
Donc ça mais ça c'est encore une fois c'est un problème qu'on a partout. Euh mais bon après tout n'est pas noir en fait hein. On vend beaucoup plus de voitures électriques en Europe aujourd'hui qu'il y a un an.
C'est un quart de plus, c'est 15 % de part de marché. Enfin, il y a des choses qui avancent aussi hein justement les choses qui avancent ou pas. En tout cas pour les Français avec vous euh Julia parce que les Français eux sont de plus en plus inquiet justement du changement climatique.
Oui Jean-Mthieu, 4,2 millions de français se disent écoanxieux selon une récente étude de LAADEM et parmi eux 420000 présentent même un risque de dépression ou de trouble anxieux. Alors qui est touché ? Et bien en moyenne plutôt les femmes et les jeunes.
Mais les hommes sont plus susceptibles de développer des formes sévères d'anxiété. De même, si vous êtes diplômé et que vous vivez en Île-de-France ou dans une grande agglomération, vous avez plus de risque de devenir échoanxieux. Et figurez-vous que ce sont les agriculteurs et les exploitants qui sont les plus touchés par ce trouble et à l'inverse, les retraités sont les plus épargnés.
En tout cas, cette détresse face au changement climatique, hein, peut avoir des des impacts concrets dans la vie quotidienne. Par exemple, parmi les Français qui ne veulent plus d'enfant ou ne veulent pas d'enfant, 31 % disent que c'est lié à la situation environnementale. Ne pas faire d'enfant ou pourquoi pas changer de métier.
C'est le cas d'un pilote qui après avoir passé 20 ans chez Air France et bien il a décidé de démissionner dans un poste sur Linking qui est devenu viral. Il raconte, je cite, "Bré des milliers de litres de kérosène à chaque fois que j'allais travailler et bien je n'y arrivais plus." Géro Guer, est-ce que ces reculs environnementaux, est-ce que finalement ils vont pas à contre-courant de la population française ? si ils vont à contre-courant et vous citiz les agriculteurs, ce qui est très frappant c'est de constater ce sondage est très très intéressant parce que en effet ils sont très largement touchés par le changement climatique, par les cancers liés au pesticides, par beaucoup de choses.
Et donc il y a il y a je pense qu'il y a le le il faut bien avoir conscience que l'agriculture est d'abord très diverse. Et moi, il y a une chose que je ne comprends pas dans le débat sur la loi du plomb, c'est que le principe de précaution doit s'appliquer. Je reconnais que la science n'est pas complètement claire sur ce sujet, mais le principe de précaution soit s'appliqué et surtout on nous dit que les normes européennes ne sont pas encore à ce niveau-là, mais qu'est-ce qu'on attend pour fixer en effet une norme d'interdiction mais compenser pour les agriculteurs cette interdiction ?
Je pense que ça ce serait une vraie logique d'accompagnement intéressante alors qu'on est dans un débat il faut interdire ou il faut pas interdire mais si on disait on interdit mais on compense. En tout cas pendant les quelques années où ce n'est pas une norme européenne, on compense le manque à gagner que peut avoir certains agriculteurs, je pense ça sera une démarche positive et intéressante. Mais comment expliquer justement Marichot cette contradiction ?
Ce qu'on a vu en effet, vous le disiez tout à l'heure, cette mobilisation impressionnante autour de la loi du plomb, plus de 2 millions de signataires et en même temps c'est les mêmes français qui et bien continue à acheter du diesel sans problème, des voitures diesel. Est-ce que c'est pas contradictoire ? Non, je pense que c'est pas contradictoire.
Je pense que on a tendance à euh, comment dire ça ? On a tendance à résumer l'écologie à des gestes individuels. En tout cas, c'est ce que le gouvernement veut nous faire faire en parlant par exemple des ZFE, en parlant des voitures électriques qu'il faudrait qu'on qu'on achète.
En fait, tant qu'il y aura pas une vraie prise en compte de l'écologie comme un problème social et qu'il y aura pas un vrai investissement de l'État en fait dans la transition écologique, par exemple là dans le budget de 2025, il y a 2 millions ou 2 milliards pardon 2 milliards ça me paraît plus pertinent 2 milliards d'euros qui ont été coupés dans les fonds qui sont dédiés à la transition écologique. à priori, le budget 2026 va pas non plus aller dans le bon sens. Et donc en fait, tant qu'il y aura pas une prise en de conscience qu'il faut prendre ce sujet-l comme un sujet global et par résumer ça à juste des petits gestes ou des gestes individuels pour les Français, en fait, on pourra pas avoir de changement.
Il faut que vraiment il faut refonder complètement la façon dont on fonctionne en France pour pouvoir intégrer la transition écologique. Et c'est pas le cas à l'heure actuelle. Et pour autant, il v couronne, est-ce qu'on peut comprendre quand même qu'on puisse aujourd'hui opposer fin du monde et et fin du mois ?
C'est-à-dire que c'est c'est ce qu'on c'est ce qu'on redit au-delà des comportements individuels. C'est-à-dire que on comprend bien que que ce soit pour le diesel et pour plein d'autres sujets, même chez les agriculteurs aussi, le côté économique prennent le pas sur le côté écologique. Oui.
En fait, il faut pas croire que la la transition énergétique c'est pas cher, c'est immédiat, c'est rapide, c'est sans douleur. Ça coûte cher au départ. Ça fait gagner beaucoup d'argent à la fin parce que si vous si vous voulez vivre dans votre appartement non isolé par 45°gr dans les canicules de de 2030, ça va vous ça va ça va tuer beaucoup de monde et ça va coûter très cher.
Et là on parle des pays riches où on parle même pas des pays pauvres où là il y a des besoins d'investissement énorme et des catastrophes. Donc oui, ça coûte cher, c'est nécessaire et voilà malheureusement il y a beaucoup d'argent à dépenser maintenant. C'est vrai mais mais Gibber, est-ce que finalement dans cette pétition et dans cette mobilisation contre la loi du plomb, il y a deux volets he il y a le côté environnement et le côté santé.
Est-ce que c'est pas d'avantage le côté santé qui mobilise ? Ah moi, je suis convaincu, mais j'ai depuis très longtemps, que le l'angle santé, la préoccupation santé des Français est essentielle pour la transition écologique. Parce que dans tous les domaines, quand vous euh vous argumentez sur la santé mais à partir de données objectives, il y a des données objectives, il s'agit pas de de raconter n'importe quoi.
À partir de données objectives que les gens sont concernés sur leur santé, je vois l'appel quand même des médecins sur la loi du plomb, sur et cetera qui qui pèse quand même très lourdement. et et et je pense que beaucoup de sujets de transition écologique sont des sujets aussi de santé publique et de prévention. Euh et donc c'est très important de montrer que en effet à partir où vous investissez dans la transition écologique et je reviens sur ce que vous disiez et bien vous vous gagnez de l'argent en terme ensuite de de sanitaire et en terme de santé publique et vous gagnez de l'espérance de vie évidemment aussi.
Donc c'est très important. Allez, grâce à nos archives, on va remonter euh en 2018 à la fin de cette année, une pétition déjà hein contre une action climatique de l'État français rencontre un succès considérable. C'est une mobilisation citoyenne sans précédent.
On l'appelle l'affaire du siècle. Des personnalités qui s'engagent, des associations qui unissent leurs forces, une pétition à plus de 2 millions de signatures et aujourd'hui une plainte déposée contre l'État français accusée de ne pas tenir ses engagements en matière de protection de l'environnement. Voilà Marie Chau, ça ça a marqué forcément l'affaire du siècle, une pétition qui parvenu à faire reconnaître la responsabilité de l'État dans la crise climatique.
Ça veut dire que les mobilisations citoyennes là peuvent payer. On voit avec ça. Je pense qu'elles peuvent payer.
En tout cas, symboliquement, je pense que c'était un moment fort de montrer que oui, la justice reconnaissait que l'État était coupable d'inaction climatique. Moi, je m'interroge quand même sur la portée de cette décision désormais, sachant que l'État a été condamné à juste 1 € de dédommagement auprès des symbolique auprès des des ONG, mais ça reste quand même un moment fort et ça vient aussi faire un lien avec la décision de la Cour internale de justice. Oui, c'est ça.
Cour internationale de justice qui a eu lieu cette semaine, je crois. Euh et donc voilà, ça montre que derrière euh on peut se saisir de la justice. Moi je trouve que du point de vue en tout cas des mobilisations locales, la justice c'est un un c'est vraiment un levier qui est hyper important pour pour les militants.
Euh ça montre aussi que on peut peut-être pas espérer des politiques d'adopter des nouvelles lois mais en tout cas on peut utiliser la justice pour contraindre l'État ou pour éviter des destructions environnementales. Et c'est vraiment un enjeu un levier qui est vraiment très utilisé aujourd'hui. C'est juste une chose pour la international de justice he ce sont des étudiants du vanuatou qui ont porté plainte sur la responsabilité des États contre des règlements climatiques.
Oui. Et est-ce qu'on n'est pas encore une fois dans le symbole monsieur Gibert ? Écoutez, on a moi je pense que le droit c'est très utile pour mobiliser.
Je suis pas totalement convaincu que ça permet de déboucher sur des politiques climatique vraiment forte et et l'affaire du siècle en est un par contre quand il s'agit d'un sujet concret euh par exemple la A69 ou par exemple les pesticides là à ce momentlà ça peut jouer un rôle et la loi du plomb il y aura un débat sans vote. Il y aura un débat sans vote. on paye la situation politique qui est de l'Assemblée nationale qui est mais je pense que moi ce n'est pas fini et je pense moi j'espère par exemple qu'à la rentrée il y aura une grande manifestation sur la loi du plomb je pense il y a le conseil constitutionnel je suis pas sûr que ça donnera un résultat positif on verra mais en tout cas je pense qu'il faut pas lâcher le morceau qu'il y a qu' a évidemment et encore une fois je dis je comprends pas que dans le débat public et peut-être que vous pouvez y contribuer on ne pose pas la question d'accord on veut on on vous met en même situation de concurrencer les autres pays européens en vous en vous compensant le la difficultés que vous avez et ben vous avez posé la question justement ce soir, ils vont voyer ne pas être forcément Oui.
En fait un signe les militants du climat donc il y a eu la grande mobilisation Greta Tonberg le travail formidable de Greta Tonberg les années 2018-29 beaucoup d'engagements d'état c'est à l'époque tout le monde veut être neutre en carbone tout le monde fait des promesses les États, les entreprises et puis c'est retombé depuis la crise énergétique 2022 et il y a une frustration des militants du climat au moins au niveau international qui vont maintenant devant les tribunaux et là ça bouge. Alors, c'est un tribunal local, un tribunal national et maintenant des des cours internationales. Et là, la plus haute juridiction internationale, la cour internationale de justice a pris une décision que personne n'attendait contre les combustibles fosses fossiles.
Qui sait quel effet quelle répercussion ça pourra avoir ? Alors, c'est pas demain mais ça existe. On suivra ça avec attention.
En tout cas, merci beaucoup à vous trois d'être venus débattre sur le plateau de 28 minutes dans un instant avec Quentin d'Armond et Marjor Adelson. On va changer de sujet en découvrant que Mussolini n'est pas seulement le nom d'un dictateur. Non, c'est aussi celui d'un footballeur.
Et oui, et les supporters ne semble aucunement lui reprocher son arbre généalogique avant de partir en Allemagne où l'abattage de 12 babouins dans un zoau fait polémique. Mais avant ça, l'ingénieux et parfois faut bien le dire ingénué. Oui, Victor de Kiver nous offre une belle tartine de culture générale et ça fait du bien une nouvelle fois ce soir.
Vous dînerez moins bête. L'hymne anglais a-t-il été composé grâce à l'anus du roi soleil ? La question vous paraît farfelue et pourtant.
En janvier 1686 à Versailles, Louis XIV est frappé d'un mal terrible. Selon certaines légendes, il aurait été piqué par une plume de son carros en s'asseyant. Pendant des semaines, Ongan et médecine douce ne donnent rien.
Les douleurs royales durent près de 4 mois. En mai, les chirurgiens qui soupçonnent désormais une fistule décident d'opérer. Le médecin du roi Charles François Félix crée même un petit couteau spécial pour l'incision.
Recouvert d'argent. J'ai nommé le bistouri recourbé à la Royale. L'intervention a finalement lieu le 18 novembre 1686 sans anesthésie et dure 3h atroce.
Une fois l'Auguste Sfinhinct guéri fin décembre, un cantique de grâce est entonné. Il est chanté par les demoiselles de Saint-Cire, le pensionnat dirigé par la secrète épouse du roi madame de maintenant. Sur l'air de Lulie, elle chante "Grand Dieu sauve le roi, vive le roi règne heureux, l'appui des cieux éternise ses jours de gloire.
Grand Dieu sauve le roi grand. Des années plus tard, le compositeur allemand Undel de passage à Versailles est frappé par la beauté du cantique. Il note paroles et la mélodie.
De retour à Londres où il vit, il refile le morceau à un pasteur pour une traduction sauce anglaise. Ça donne God save the king, long the king. Le matin, Endel offre ensuite ce tube à George 1er en le faisant passer pour sa propre composition.
Le succès est immédiat, outreemange. Et le souverain qui ignore les origines du cantique le fait jouer dans toutes les cérémonies officielles. Qui cru ?
Le plus célèbre champ patriotique anglais est en réalité le fruit improbable d'une française, d'un allemand, d'un homme d'église et d'un fessier royal. Voilà, vous donnerez-moi bête. Voilà, on voit que l'Europe était déjà faite à l'époque.
En tout cas, merci beaucoup Victor de Kiver et il est temps de les retrouver Quentin d'Armond et Marjie Adelson. On commence avec vous Quentin. Alors, vous allez nous parler d'un jeune footballeur italien.
Alors, autant vous le dire, Quentin, c'est vrai qu'on parlait peu de foot à 28 minutes. Donc, vous allez nous expliquer un petit peu ce que c'est que cette histoire. Alors, à 22 ans, il va découvrir le plus haut niveau du championnat d'Italie.
Il est actuellement en stage de préparation avec sa nouvelle équipe de Crémoné aisé et le club est basé en Lombardie dans le nord du pays. Bon, jusque- là, rien d'exceptionnel, hein, on est d'accord. Sauf que sauf que je vous en parle ce soir car son nom devrait peut-être vous dire quelque chose.
Romano Floriani Mussolini. Voilà, c'est son nom. Oui, c'est l'arrière petitfils de Benito Mussolini, fondateur du fascisme et dictateur de l'Italie entre 1922 et 1943.
Alors pour sa première saison chez les pros, le défenseur qui joue à droite choisit sur son maillot un sobre Floriani M, c'est le nom de son père mais désormais et bien il assume Romano Harbor sans honte le nom du Douché depuis l'année dernière. Mon nom de famille dérange les autres plus que moi. Il ne m'a jamais causé de problème.
Moi, on en parle mieux c'est a-t-il récemment expliqué. Et pourtant, malgré euh ce qu'il affirme, hein, son début de carrière a déjà été marqué par une polémique. Oui, c'était en décembre, 2 jours avant Noël, il inscrit son tout premier but avec son club de l'époque, la Juve Stab, bien en 2e division.
Son prénom est annoncé par le speaker du stade et une partie des supporters lui répond comme un seul homme. [Musique] Voilà, les images choquent l'Italie. Beaucoup y voi le salut fasciste propre à Benito Mussolini. bras tendus vers l'horizon qu'il adopte comme signe de ralliment dans les années 20 avant d'être plus tard copié par Adolf Hitler en Allemagne.
Le soir même, le débat est lancé dans les médias italiens. S'agissait-il vraiment oui ou non d'une célébration fasciste ? Et bien pas du tout, répond le président du club pour qui ces supporters sont tout simplement les plus correctes du football italien.
Oui. Alors autrement dit, circuler, il y a rien à voir. La Fédération la Fédération pardon italienne décide quand même d'ouvrir une enquête et n'a sans doute qu'une peur que ce genre d'hommage ne se reproduis cette saison.
L'instance est déjà régulièrement critiquée pour sa gestion des comportements et champ raciste dans ces stades. Alors, c'est donc pas la première fois que ce genre d'incident survient. Euh, ça veut dire quoi ?
Il a que en Italie, il y aurait comme une nostalgie du fascisme. Et bien en tout cas, le culte du douché existe encore. Le nouvel Opse s'est penché cette semaine sur le cas du petit village de Prapio.
C'est là où est né et où est enterré Benito Missolini. Plus de 70000 nostalgiques s'y pressent chaque année pour lui rendre hommage devant notamment son impressionnant mausolé. Un livre d'or est même mis à disposition du public et tout cela et bien dans une grande ambigué en fait puisque l'apologie du fascisme est formellement interdite par la loi italienne et ça depuis 1952.
Bref, 80 ans après sa mort, le fantôme de l'arrière grand-père de Romano Mussolini rôde encore en Italie et pas que dans les stades de foot. Merci beaucoup Quentin. Allez Margerie avec vous.
Profil en Allemagne où le pays est actuellement secoué par une polémique. Un zo a choisi d'abattre 12 singes. Oui, 12 baboins en parfaite santé et pourtant ils ont été tués.
C'est la décision prise par le zoau de Nuremberberg ce mardi et clairement ça ne passe pas. En cause une surpopulation dans les enclos. Alors concrètement en fait les singes, ils vivaient à 40 dans ces espèces de cages alors que c'était maximum 25 singes.
Conséquence les conflits entre les babouins étaient nombreux et les blessures aussi. Alors évidemment, ça a fait hurler les associations de défense pour les animaux. Elles dénoncent une mauvaise gestion du zoau.
C'est vrai que la structure, elle est quand même censé assurer leur protection et pas les tuer. Et la polémique, elle est d'autant plus vive que vous savez en ce moment, il y a beaucoup de débats sur l'intérêt réel des eaux. Alors forcément, priver les animaux de leur liberté pour les mettre dans des cages pour ensuite les tuer et bien forcément ça suscite un toolé.
Et malgré la mobilisation, les associations hein et le public n'ont pas pu empêcher le geste du zoau. Donc non, en fait le zoau avait dit qu'il allait euh les tuer mais sans vraiment euh donner de jours précis. Tout ça entraîné donc des manifestations euh dans la ville.
Et puis ce mardi, la ménagerie euh a soudainement annoncé sa fermeture pour la journée. Un signal pour les associations qui se sont dit que peut-être c'était le jour J. Les manifestants se sont donc introduits dans l'enceinte du zoau pour empêcher leur rabattage.
Sauf que c'était déjà trop tard. Les militants ont été sortis par la police, hein. Vous voyez les images avec une certaine quand même force.
Et de leur côté, les associations ont annoncé qu'elle portait plainte contre le zoau. Mais un zoàd que il a droit à pas être comme ça des animaux. Et bien en fait, face à la polémique, le directeur du zoau de Nurenberg a tenu une conférence de presse.
Il y a eu pas mal de communiqués he qui ont suivi pour tenter justement de calmer la situation. Il affirme que les femelles enceintes ont été épargnées et que les singes ont été tués par balle. une prise de parole qui se veut rassurante mais qui provoque en fait bah tous les faits inverses.
Alors toutefois euh cette association enfin cette décision pardon serait conforme aux critères de l'association européenne des jardins zoologiques et aquarium. Le Zoo l'affirme la décision n'aurait été prise qu'en ultime recours face à l'impossibilité de les accueillir ailleurs. Alors cette histoire c'est vrai qu'elle choque beaucoup, on le voit, il y a beaucoup de presses qui en parlent notamment en Europe mais pas que.
Mais c'est vrai que c'est pas une première. Il y a plusieurs années, c'était un bébé girafe en pleine santé, lui aussi qui avait été abattu. Cette fois pour éviter un risque de consanguinité.
C'était à Copenhag en février. Donc beaucoup plus récemment, c'est en France à Montpellier que plus de 200 chauves-souris venant d'Amazonnie ont elles aussi été tuées. Une élue de la mairie vient d'ailleurs d'annoncer qu'elle allait porter plainte en cause une reproduction trop rapide.
Donc ce qui est marrant dans cette histoire, c'est quand même que des experts animaliers se mettent à découvrir que des animaux se reproduisent. C'est quand même un comble. Une bonne réflexion.
Merci beaucoup Marjorie, merci à vous. Merci mes amis à suivre sur la suite d'opération sabre série politique serbe à ne pas raté. Demain vous retrouverez Benjamin Sportouche pour le club 28 minutes.
Un grand salut à vous Julia et Valérie parce que bien sûr vous serez là vendredi et samedi mais moi je vous verrai pas lundi quand je serai là du nouveau. Je de très bonnes vacances et merci à vous devoir accompagné en tout cas tout ce mois de juillet. Donc nous on se retrouve bien sûr lundi 20h05.
À très vite tus [Musique] [Musique] [Musique]
Christian Jacob