Manon Meunier, députée de la Haute-Vienne, La France insoumise | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:37OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut peut-être expliquer ce que c'est qu'une association naturaliste déjà ?
- 0:58OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes plutôt chiro, herpéto ou micromame ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous faites encore des soirées dissection de pelotes de chouettes entre naturalistes ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez encore le temps de faire des missions nocturnes, Grand Rhinolof ?
- 2:57OuverteRéponse directe
C'est un peu ça qui a déterminé votre engagement en politique ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Est-ce que vos parents ont pensé quoi de votre passion pour la politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51InvitéFait
« L'objectif, c'est de recenser la biodiversité, de montrer son déclin. »
- 1:25InvitéFait
« En Limousin, on a un modèle agricole qui contribue directement à la préservation de cette biodiversité. »
- 2:23InvitéFait
« Le Grand Rhinolof, c'est une chauve-souris. »
- 2:29InvitéFait
« Les chauves-souris sont des espèces qui sont très sensibles, qui sont toutes préservées, protégées en France. »
- 3:18InvitéFait
« Je lui parlais à l'époque de toutes les injustices qui me passaient par la tête et qui me révoltaient déjà à l'époque sur les problématiques de pauvreté, d'injustice, de crise environnementale. »
- 3:38InvitéPromesse
« En lui disant un jour je serai à ta place et je ferai mieux que toi. »
- 3:50InvitéFait
« À l'époque, c'était le grenelle de l'environnement qui était mis en place et je déplorais un petit peu le fait que tout ça se concentrait sur le changement des ampoules. »
- 4:07InvitéFait
« Rien de tout ce dont on aurait effectivement besoin pour engager une réelle transition efficace. »
- 5:35InvitéFait
« En étant petite et en voyant de ce que je vois à la télé, ça ne m'insure pas confiance. »
- 5:37InvitéFait
« Olivier Besancenot, il est chef de parti et il est facteur. »
- 7:10InvitéFait
« La France Insoumise est un parti fondamentalement anticapitaliste qui est très mobilisé contre les problématiques de libre-échange. »
- 7:24InvitéFait
« Je considère aujourd'hui qu'il n'y a pas de rupture au niveau de la crise environnementale s'il n'y a pas une prise en compte du système économique global. »
- 8:11InvitéFait
« La concurrence déloyale qui s'applique sur le modèle agricole et qui fait qu'on est obligé de s'aligner en permanence par le bas. »
- 9:00InvitéChiffre
« En fait, aujourd'hui, on a 33% de la population qui habite en milieu rural et pourtant, il y a 50% des féminicides qui se passent dans les milieux ruraux. »
- 9:10InvitéChiffre
« Sur toutes les femmes qui font appel à leurs droits, il n'y en a quasiment qu'un quart qui sont issus des territoires ruraux. »
- 10:00InvitéFait
« Vous savez qui prive les agriculteurs de liberté, M. Casbarian ? C'est précisément vous, en fait. »
Temps de parole
- Invité69 %
- Présentateur31 %
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Sa passion pour la nature l'a amenée à la politique, mais ses combats ne se limitent pas à cela. Mon invité porte aussi la voix des habitants des zones rurales. Elle siège au sein du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Bonjour Manon Meunier. Bonjour. Alors je ne reçois pas qu'une députée aujourd'hui, je reçois aussi l'administratrice du GMHL, le groupe mamalogique et herpétologique du Limousin. C'est une association naturaliste. Est-ce qu'on peut peut-être expliquer ce que c'est qu'une association naturaliste déjà ?
C'est une association qui fait du recensement et qui a pour objectif la préservation de plusieurs espèces. Alors mamalogique et herpétologique, c'est mammifères. Herpétologique, c'est reptiles et amphibiens. L'objectif, c'est de recenser la biodiversité, de montrer son déclin.
Du Limousin.
Et dans le Limousin, en l'occurrence.
Alors du coup, entre nous, on peut tous dire, est-ce que vous êtes plutôt chiro, herpéto ou micromame ? Ce sont les groupes thématiques de cette association.
C'est difficile à dire. Moi, j'essaye de suivre l'ensemble de la biodiversité, de ses dynamiques et des écosystèmes. Et surtout de faire le lien avec les activités sur les territoires aussi. Parce que suivre l'évolution de la biodiversité, c'est aussi comprendre les dynamiques d'un territoire. Et en Limousin, on a un modèle agricole qui contribue directement à la préservation de cette biodiversité. Et c'est d'essayer de comprendre justement comment on fait pour préserver aujourd'hui les activités qui contribuent à la biodiversité.
Et alors parmi les activités de cette association, vous en relayez certaines sur vos réseaux sociaux. Est-ce que vous faites encore des soirées dissection de pelotes de chouettes entre naturalistes ?
Alors ça, c'est très bien. C'est des activités très pédagogiques qu'on fait aussi souvent dans les écoles pour essayer de faire comprendre justement le lien entre les espèces. Parce que les chouettes se nourrissent de micro-mammifères. Et effectivement, en disséquant les pelotes, on peut trouver les micro-mammifères. Et c'est une façon de recenser ces espèces-là.
On voit que vous avez gardé cette passion naturaliste. Est-ce que vous avez encore le temps de faire des missions nocturnes, Grand Rhinolof ? Parce que ça faisait partie des...
Ça, c'est effectivement du côté de la préservation des espèces de chiroptères. Le Grand Rhinolof, c'est une chauve-souris. Pareil, les chauves-souris sont des espèces qui sont très sensibles, qui sont toutes préservées, protégées en France. Et notamment sensibles, encore une fois, aux activités humaines. Je pense que quand on implante des projets éoliens, des choses comme ça, ça peut...
Perturber leur...
Perturber tout à fait les écosystèmes. Et c'est aussi des choses à prendre en compte dans les politiques. Et puis les chiroptères, les chauves-souris, c'est aussi des animaux qui se nourrissent énormément d'insectes, qui contribuent à la régulation des écosystèmes. Et c'est sûr que c'est important de les prendre en compte dans nos politiques publiques aujourd'hui.
Alors si on parle de tout ça, c'est pas du tout anecdotique. Parce que c'est un peu ça qui a déterminé votre engagement en politique. C'est votre passion pour la nature et cette envie de la protéger. Et tout ça, ça s'est joué, je crois, quand vous étiez en CM2.
Oui, tout à fait. C'est un maître des écoles, en fait, avec qui je parlais beaucoup en CM1, CM2, tous les soirs. Parce que je lui parlais à l'époque de toutes les injustices qui me passaient par la tête et qui me révoltaient déjà à l'époque sur les problématiques de pauvreté, d'injustice, de crise environnementale. Et puis un soir, en fait, il me dit, mais Manon, si tu veux régler tous ces problèmes d'un coup, il faut que tu fasses de la politique. Et à l'époque, je fais le choix d'écrire notamment à Jean-Louis Borloo, qui était ministre de l'Environnement à l'époque, en lui disant un jour je serai à ta place et je ferai mieux que toi. Il vous a répondu ?
Il m'a répondu, il m'avait répondu très cordialement, oui, oui, oui.
Et vous avez dit quoi ?
Il avait remercié mon engagement, salué mon engagement à mon jeune âge. Bon, à l'époque, c'était le grenelle de l'environnement qui était mis en place et je déplorais un petit peu le fait que tout ça se concentrait sur le changement des ampoules, si vous vous souvenez, un petit peu. Mais il n'y avait encore rien de révolutionnaire et en l'occurrence rien de tout ce dont on aurait effectivement besoin pour engager une réelle transition efficace. Et c'est à ce moment-là, effectivement, que je me suis dit que j'allais m'engager en politique. Mais je ne viens pas du tout d'un milieu politique.
Est-ce que j'allais vous demander, vos parents, ils ont pensé quoi de votre passion pour la politique ?
Eh bien, justement, j'ai une maman qui est aide-soignante, mon papa qui était conducteur de taxi. Donc, je ne viens pas du tout d'un milieu engagé dans le monde politique.
Dites que vos parents sont plutôt de droite, je crois.
Alors, plutôt de droite, en tout cas, j'ai une famille, effectivement, globalement, plutôt de droite, rurale, avec un profil, j'ai envie de dire, une famille un peu normale de la ruralité, à laquelle je suis très attachée et, justement, avec un profil qui m'a construite aussi. Et j'ai grandi dans ce milieu-là. Mais, effectivement, pas engagée dans la vie politique. Et donc, à l'époque, je me dis, il faut que je puisse, moi, de mon côté, faire Sciences Po. En fait, je me dis...
Sauf que ce n'est pas du tout ce que vous avez fait comme étude. Vous avez choisi de devenir ingénieur agronome. On n'est pas du tout dans l'engagement politique, enfin, dans la voie politique, on va dire.
Non, parce qu'au début, je me dis, voilà, si je veux faire politique, il faut que je fasse Sciences Po. Mais, en même temps, déjà, à l'époque, je me dis, non, ce n'est pas possible. Je n'ai vraiment pas envie de faire Sciences Po. Ça a l'air d'être un monde de pourri, la politique. Je me le dis déjà comme ça. En étant petite et en voyant de ce que je vois à la télé, ça ne m'insure pas confiance. Et, en fait, c'est mon papa, à l'époque, qui me dit, tu sais, Olivier Besancenot, il est chef de parti et il est facteur. Donc, tu n'es pas obligée de faire Sciences Po pour faire de la politique. Et moi, ce qui me passionnait, à l'époque, c'était les sciences.
Et donc, je choisis de faire un cursus scientifique. Et, effectivement, je deviens ingénieure agronome.
Alors, on a évoqué votre engagement associatif bénévole au GMHL. Il y a eu un autre engagement avant de vous lancer en politique. Et c'était pendant le Covid, après votre école d'ingénieure agronome.
Oui, eh bien, pendant le Covid, en fait, juste après avoir été diplômée, je fais le choix de m'engager, effectivement, dans un foyer d'accueil médicalisé. Bon, en réalité, je ne sais pas si on peut parler d'engagement. C'est l'avis de beaucoup de personnes au quotidien. En l'occurrence, c'est aussi l'avis, justement, de ma maman, de ma tante, de beaucoup de personnes qui, au quotidien, font ce travail d'aide-soignante. Donc, moi, je n'avais pas la formation d'aide-soignante, mais j'ai fait des remplacements dans ce foyer d'accueil médicalisé. Pendant combien de temps ? Pendant un an. Et c'était une expérience très enrichissante.
Et justement, aussi, je pense qu'on a aussi besoin de ça pour faire de la politique. Ensuite, c'est de se rendre compte sur le terrain de ce que subissent au quotidien ces travailleurs, notamment ici de la santé et travailleuses de la santé, parce que ce sont aussi beaucoup de femmes, et justement des manques qu'on peut avoir par rapport à nos structures publiques ou privées pour accompagner dignement ces personnes.
Alors, vous avez attendu 2021 pour prendre votre carte à LFI. Vous avez à la fois une fibre écolo et une fibre sociale. Quand on voit votre profil, on se dit que vous auriez peut-être pu être attiré plus naturellement par les écologistes que par LFI ?
Alors, la France Insoumise est un parti fondamentalement anticapitaliste qui est très mobilisé contre les problématiques de libre-échange, alors que les écologistes sont un peu plus diversifiés en ce sens. Moi, je considère aujourd'hui qu'il n'y a pas de rupture au niveau de la crise environnementale s'il n'y a pas une prise en compte du système économique global.
C'est ça qui a déterminé votre choix de LFI. Les Insoumis, ils réalisent leur meilleur score dans les zones urbaines, dans les grandes villes, dans les banlieues aussi. Et vous, vous êtes implanté dans une circonscription qui est en partie, on va dire, rurale. Est-ce que vous n'êtes pas un peu une anomalie au sein de LFI ?
Non, je ne crois pas. D'ailleurs, j'ai beaucoup de militants autour de moi qui sont insoumis et qui sont aussi issus de ces zones rurales. En réalité, notre programme, il est très aligné avec les revendications. Quand je vous parle de libre-échange, les conséquences directes, c'est la désindustrialisation des territoires, c'est la concurrence déloyale qui s'applique sur le modèle agricole et qui fait qu'on est obligé de s'aligner en permanence par le bas. Donc, le programme, il répond fondamentalement aux problématiques rurales.
Vous-même, vous êtes très engagé sur les questions de ruralité, au-delà de la protection de l'environnement. Vous avez travaillé sur le plan ruralité de LFI en allant à la rencontre de plusieurs femmes. Vous avez réalisé les portraits. Vous en avez même fait un film. Et puis, vous vous êtes engagé aussi sur les violences conjugales en milieu rural. Vous avez porté une proposition de loi sur ce thème précis. La problématique, elle n'est pas la même en zone rurale qu'en zone urbaine ?
La problématique des violences conjugales en milieu rural, elle est particulière dans le sens où elle est méconnue. En fait, aujourd'hui, on a 33% de la population qui habite en milieu rural et pourtant, il y a 50% des féminicides qui se passent dans les milieux ruraux. Et sur toutes les femmes qui font appel à leurs droits, il n'y en a quasiment qu'un quart qui sont issus des territoires ruraux. Donc, on a une vraie problématique dans les territoires ruraux, c'est que les femmes subissent davantage de violences et font moins appel à leurs droits.
Et ça, c'est profondément dû à une défaillance de services publics, justement, pour avoir des lieux où on peut déposer sa parole en se sentant en toute confiance. C'est des problématiques aussi qui sont liées à des problèmes de mobilité, évidemment, de transport, de pouvoir accéder à ces lieux de mise en sécurité. Donc, ce sont, encore une fois, des défaillances de l'État. Et c'est pour ça qu'une proposition de loi a du sens.
Avant de passer au quiz, j'aimerais parler de votre style en politique. On va s'en faire une idée dans la réponse que vous avez apportée à Guillaume Casbarian, député qui est un député libéral assumé. C'était en commission lors d'un débat pour abroger la loi Duplomb.
Vous savez qui prive les agriculteurs de liberté, M. Casbarian ? C'est précisément vous, en fait. La liberté de ne pas utiliser des pesticides qui sont dangereux pour leur santé. La liberté de ne pas devoir faire la course à l'agrandissement permanent. La liberté de rester à des échelles de respect des paysages, d'avoir des prairies humides dans le cas de l'élevage bovin-limousin. C'est tout ça dont vous privez en permanence les agriculteurs par vos logiques de compétitivité internationale. Et ça, pourquoi ? Parce que vous refusez de mettre en place des politiques protectionnistes. Parce que vous mettez en premier les intérêts que vous tirez dans le libre-échange avec certaines industries.
Alors vous êtes très calme, il n'y a pas un mot plus haut que l'autre. Vous ne cherchez pas les punchlines. Vous déroulez votre argumentaire comme ça, de façon presque implacable. Vous l'aviez préparée cette intervention ou est-ce qu'elle était improvisée ?
Non, je ne prépare pas systématiquement toutes mes interventions. C'est aussi des choses qui viennent un petit peu spontanément dans les débats. Et c'est l'expression d'une colère, en fait, qui est forte. C'est-à-dire qu'on a l'impression d'être confronté à des gens qui ne sont pas issus justement du peuple, en fait. Si on regarde aujourd'hui les origines de la plupart des députés sur les bancs, ils sont issus de la haute bourgeoisie, en fait. Ils ne savent pas ce que c'est que de vivre avec un SMIC. Ils ne savent pas ce que c'est que d'être agriculteur, agricultrice, parce qu'ici, il s'agit de l'agriculture. C'est ça qui vous mobilise.
On va passer au quiz de La Politique et moi. Alors, un quiz un peu spécial pour vous. Il s'agit de tester votre connaissance de la faune limousine dont on a parlé au début de l'émission. Vous allez devoir reconnaître les espèces en photo que je vais vous proposer. On commence avec une première photo.
Alors ça, c'est un triton. Oui.
Est-ce que vous avez plus de précisions ?
C'est le triton marbré, je crois.
Triton alpestre. Alors, je ne sais pas si c'est la même chose ou pas. Moi, je ne connais pas.
Non, ce n'est pas la même chose.
Ce n'est pas la même chose. Mais vous n'étiez pas loin. Deuxième photo.
Alors ça, c'est un crapaud. Ça fait longtemps que je n'ai pas révisé.
Non, mais c'est un pélodite.
Ah oui. Vous ne m'avez pas donné les espèces les plus... Oui, mais j'étais exprès.
Encore la prochaine. À mon avis, c'est la plus dure. Troisième photo.
Ah oui, non. Mais alors là, c'est une chauve-souris. Mais vous dire laquelle ? Laquelle.
Alors, il y a un indice sur la photo suivante. C'est toujours la même espèce. Je ne sais pas si on peut la voir.
Non, je ne saurais pas vous dire.
La pipistrelle de cul. Oui, moi, j'ai choisi des trucs assez pointus. Mais visiblement, les dents de la pipistrelle de cul la distinguent de la pipistrelle commune.
Bon.
Ça n'enlève rien au fait que vous maîtrisiez quand même la faune limousine dans la façon dont vous nous avez parlé au début de l'émission. Merci beaucoup, Manon Meunier, d'être venue dans La Politique et moi. Merci. Merci.
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