Démographie : croyons-nous en l'avenir ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
6h57 sur France Culture et c'est l'heure de votre humeur du jour, Guillaume, et ce matin, la démographie française s'a huppé. Oui, il y a des chiffres qui ont l'air techniques et qui pourtant racontent une histoire. Les chiffres publiés aujourd'hui dans la presse sont assez clairs. Alors je pourrais vous les dire en long en large, en tout cas, une chose est sûre, les Français font de moins en moins d'enfants. Oui, vous aussi, Alexandra Delbeau. Je vais m'arrêter à un franc. Merci de fatiguer, là. Parce que justement, puisque vous en parlez, moi aussi, je peux parler de chiffres.
Jusqu'à présent, on pensait qu'on allait arriver à 1,81 enfants et même, pour ceux qui ne sont pas très forts en maths, on comprenait qu'1,80 enfant, ça n'allait pas aller pour le renouvellement des générations. Et là maintenant, on se dit qu'on va plutôt être à 1,45 enfants, donc le 0,45 c'est moins que 2, donc on est très loin. Et donc ça, ça veut dire très concrètement que la population française, elle va commencer à diminuer dès 2037. Il pourrait très bien se produire ce scénario que tous vos journaux évoquent ce matin. En 2070, il y aurait 3 millions de Français de moins qu'aujourd'hui, avec toutes les conséquences que vous pouvez imaginer.
Alors tout ça, ça renvoie à l'une de mes lectures de jeunesse, un homme que j'appréciais énormément, qui s'appelait Alfred Sauvi, qui était démographe, professeur au Collège de France. Et lorsqu'on lui avait demandé de quoi il voulait parler au Collège de France, il avait dit « je veux une chair de clarté ». « Chair de clarté », c'était l'ambition de Sauvi. Sauvi n'a cessé de lutter pour que les Français fassent des enfants, plus d'enfants. Il considérait que le péril principal n'était pas du tout le trop-plein d'hommes, mais au contraire le manque d'hommes.
Et justement, il m'a convaincu d'une chose, c'est que la France est un vieux pays malthusien, un vieux pays malthusien qui considère que tout le monde est en trop. Tout le monde, eh bien, voilà, trop d'étrangers, trop de jeunes, trop de femmes. Tout le monde est en excès. Et dans ce pays, eh bien, il était normal qu'on en arrive à une situation où, effectivement, la population désormais ne se renouvelle plus, avec des conséquences évidentes, notamment sur les retraites, mais pas que. Combien allons-nous être en 2070 ? Eh bien, probablement moins qu'aujourd'hui, moins pour pleurer cette perte, donc, de la vivacité et du dynamisme national. Les Matins de France Culture