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interviewSud Radio· 8 août 2025 21 min

Loi Duplomb / Incendies : les agriculteurs sacrifiés de l’actualité ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Au débat du matin, nous recevons Béatrice Bertrand. Bonjour à vous et bienvenue. Bonjour.

Vous êtes Bonjour à tous. Merci. Vous êtes la mère de Tuchan et dans l'Ude et dans le massif des corbières.

Béatrice Bertrand euh comment s'organise la solidarité après le le passage et les ravages de ce mégafeu qui est désormais on va dire sous contrôle si je puis dire mais il n'est pas éteint, il faut le rappeler hein. Absolument pas. Ouais. est toujours en cours Béatrice Bertrand et votre village hein qui est situé, on va dire aux premières loges, mais il accueille les personnes qui ont fuit les flammes.

Racontez-nous ça. Absolument. Donc oui, nous sommes nous avons été à un moment donné à une vingtaine de kilomètres du feu mais nous avons eu la chance de ne pas être touchés par ce feu.

Je salue du reste le travail des pompiers et puis je je une pensée bien sûr pour les habitants et les maires des communes qui ont été touchées directement. Nous, on était en backoffice et on a essayé de faire le maximum pour accueillir euh les personnes qui ont été évacuées d'une commune voisine d'urban qui est à 20 km aussi et euh qui dans la nuit de mardi à mercredi ben ont été euh obligés évidemment de quitter leur domicile et se sont réfugiés à Tuchan tout à fait naturellement. Ouais, très concrètement parce que parce qu'en fait c'est pas passé près pas loin de chez vous hein, il faut le dire hein.

Absolument c'est pas passé loin. Concrètement Béatrice Bertrand, comment est-ce qu'on s'organise dans ces dans ces moments ? Parce que il faut il faut improviser là.

Oui. Alors, nous avons bon déjà on a une équipe d'élus d'agents du de l'Amérique qui sommes très habit enfin soudés et habitués à réagir rapidement. Là, effectivement, il a fallu improviser et on a été habillé enfin aidé en ce sens en ce sens par les les habitants du champ.

Donc quand on a pris que ben 250 personnes arrivaient, effectivement, on a ouvert la salle polyvalente et on a commencé à s'organiser pour accueillir ces gens dans les meilleures conditions possibles. Euh le magasin du village a rouvert pour faire du pain, pour nous donner de quoi euh nourrir ces personnes pour les accueillir. Les villageois les ont dirigé vers la salle polyvalente, le l'association de la pétan café du café.

Donc on les a accueilli. Une fois qu'ils ont été là, tous les habitants du village qui souhaitaient héberger des personnes et on les avait prévenus par nos réseaux sociaux habituel sont venus et en fait il y a eu une énorme solidarité, un accueil de ces personnes qui sont d'arrivées un peu perdues, parfois en colère et choqué évidemment des enfants qui avaient vu les flammes qui avaient peur. Donc ce soir-là, c'était l'improvisation un petit peu mais qui a bien marché et le fait de les rassurer.

On a passé beaucoup de temps à discuter avec eux et euh donc remplir à leur fois leur leur estomac si je puis dire, mais également les rassurer, discuter avec eux, faire en sorte que de dédramatiser tout ça. Donc cette nuit-là, ils ont été oui, pardonnez-moi, ils ont été pris en charge, non, je vous en prie, ils ont été pris en charge euh par les habitants qui sont venus également la préfecture nous a envoyé la protection, la sécurité civile, pardon, qui nous a amené des lipicos qu'on a installé dans une autre salle communale de façon à ce que ces gens puissent dormir. Oui, c'est beau la solidarité, ça fait du bien par les temps qui courent.

Béatrice Bert, vous allez vous poser la question sur les lit, vous voyez, vous m'avez devancé euh parce que ça c'est pas du matériel qu'on a dans les communes, hein. Il faut il faut il faut le fournir et très vite. Et là, vous avez réussi parce que combien de personnes exactement euh avez-vous accueilli ? 250. 250 en fait, j'ai dit 200 mais c'est 250.

Et nous sommes 800 habitants. Wouh ! Et et et les personnes, il faut le dire, ce sont des ben ce sont des voisins quelque part, des villages des villages qui ont été frappés par par l'incendie. et et euh qu'est-ce qui qu'est-ce qu'il qu'est-ce qu'ell disent ces personnes ?

Ce je n'aime pas l'expression personne sinistrée. Bon, c'est c'est un langage c'est un langage de habituel mais ce sont des personnes euh qui sont euh durement frappées hein. Durement frappé voilà et qui ont été évacués de leur domicile.

Et bon, il y avait une partie de touristes aussi parce qu'il y a un camping adurban, donc eux étaient certains le camping a été touché du reste donc certains avaient peur pour leur matériel. Dieu merci, il y a pas eu de très gros dégâts matériel après il y avait une grosse odeur de fumé. ces gens euh c'était pour nous des des des voisins.

Alors les corbières et les hautes corbières notamment, c'est des pays sauvages euh et on se serre les coudes. Voilà. Donc bah là, on s'est serré les coudes et la réaction des habitants touchants du Boulanger qui nous a fourni les pains et les croissants tous les matins pour le petit déj de tous les restaurateurs, les campings, le café, tous les habitants, il y avait plus de 150 personnes accueillies chez les habitants et le reste donc on a renforcé notre parc de Lipico, si je puis dire, été accueilli dans les communes, dans les pardon dans les salles de la commune.

Pour ce qui est de la nourriture, c'est à chaque fois un restaurateur qui a assuré le repas à chaque fois pour 250 personnes. C'est les bénévoles, les agents de la mairie, les élus, les bénévoles qui sont venus, les associations. Et comme j'ai j'ai parlé d'association de la pétan que eux, ils nous ont fait griller la saucisse et fait le café.

Voilà. Non, super. Voilà. les personnes que vous vous secourez, vous vous hébergez, elles sont appelées à rester parce que nous sommes vendredi là, il va falloir éteindre ce feu.

Qu'est-ce qui se passe ensuite ? B alors en fait la situation la situation a commencé à s'arranger hier après-midi, mais les consignes de la préfecture étaient encore de ne pas regagner d'urban. Donc par contre ce matin, les routes sont sûres.

Le village recommence va recommencer à être alimenté en eau parce qu'il n'y avait ni eau ni électricité ni réseau. Donc le réseau est revenu hier soir, l'eau va revenir dans la journée. L'électricité les gens peuvent plus facilement s'en passer.

Donc là, à l'heure qu'il est, les gens sont en train de repartir sur leur commune euh ou les touristes de repartir. Ces gens nous remerci énormément euh et voilà parce que on a tout mis en en œuvre pour les accueillir, je pense que la qualité de l'accueil des Tuchané a été remarquée par eux. Alors, on leur a dit que c'est normal, mais ils étaient très touchés.

Nous, ça venait du fond du cœur. C'est l'humanité et on est habitué à travailler comme ça dans cette commune. Et là, il y a eu un élan de solidarité, d'humanité, d'accueil de toutes ces personnes et je pense qu'on leur a fait chaud au cœur.

Voilà, je les ai quitté tout à l'heure en leur disant "J'espère ne plus vous revoir dans ces conditions-là." Voilà, donc c'était une gouttade mais par contre, je dis maintenant, ben je connais beaucoup de personnes à Durban plus qu'avant et je passerai vous saluer à l'occasion. Vous savez Béatrice Bertrand sur Sud Radio, nous aimons hein les les maires de France.

Vous êtes les élus au contact du du réel hein. On est loin de Paris ici hein quand on parle avec vous à Tucon. Est-ce que l'élu que vous êtes aurait pu imaginer un jour une telle situation ?

J'imagine qu'on pense à beaucoup de choses quand on se fait lire mais mais là franchement très honnêtement euh je pense que quand on se fait comme moi premier mandat, on sait pas du tout ce qui est la fonction de mère. Ouais. C'est mon premier mandat.

On la découvre et c'est gratifiant, stimulant intellectuellement. On c'est c'est on apprend tout. Voilà.

Donc c'est c'est fabuleux. Des fois c'est compliqué certes cette situation là. Non, nous avons été touchés à touchant par deux incendies le dernier en 2016 mais là il y avait pas eu d'évacuation.

Donc on a on a un plan communal de sauvegarde qui concerne les inondations parce qu'on a été touché en 99 par les inondations. Sur ce qui est le feu et l'accueil. on on avait rien d'écrit donc on a improvisé.

Je tiens à dire que malgré ça euh et comme je vous ai dit avec les élus qui travaillent tout le temps avec moi, avec les agents de l'Amérique qui se sont beaucoup investis aussi, ils ont pas regardé leur temps, les personnes qui sont venues nous donner un coup de main et tous ces tchanné bénévoles, ben on a mis quelque chose en place. On s'est structuré dès le lendemain matin. On a été capable d'accueillir dans l'urgence et le lendemain matin, on s'est structuré avec un un poste d'accueil où on a recensé toutes les personnes qui étaient accueillies, toutes les personnes qui pouvaient les accueillir chez eux aussi, chez elles aussi.

Et euh on avait comme ça les noms, les numéros de téléphone parce qu'il faut savoir que dans la panique parfois des gens recherchent leurs proches et comme ça on pouvait répondre aussi quand on nous appelait. les gens qui partaient avaient la consigne de nous informer et nous nous les tenions informés aussi officiellement pour éviter voilà les rumeur hein parce que à un moment donné la rumeur c'était que le feu arrivait sur Tuchan, ça n'était pas vrai. Donc il y avait un tableau d'information officielle qu'ils avaient à leur disposition aussi.

Alors, vous devez héberger, nourrir les personnes, les rassurer. Il faut du soutien psychologique, j'imagine. Béatrice Bertrand, alors on n'est pas des professionnels du soutien psychologique, même si on est des humains et on a fait jouer nos qualités d'humain, c'est un métier et ça ça a été mis en place par la préfecture.

Donc, je sais que le la commune de Durban vont aujourd'hui, par le biais aussi de la sécurité civile, recevoir du soutien psychologique et ces personnes-là seront prises en charge par les cellules spécialisées. est un métier, vous l'avez dit, mais déjà accueillir les gens et leur parler du fond du cœur, ça aide déjà beaucoup. Béatrice Bertrand, il nous reste une minute, je passerai bien une heure avec vous d'ailleurs.

Alain Cost, tout à l'heure, le maire de Ribot disait qu'un sa crainte après le passage du feu, c'est le l'arrivée de l'oubli. L'oubli, c'estàdire que et oui, c'est c'est quelque chose qu'on constat, les politiques aussi, on oublie. Exactement.

Et même la presse, si je peux me permettre. Mais c'est vrai que c'est comme ça aujourd'hui on fonctionne comme ça. C'est pas une un reproche, c'est un constat.

C'est effectivement ce qu'on était en train de se dire avec les les élus avec qui je discutais ce matin. Euh on oubliera, bien sûr qu'on oubliera. Cela dit, si je puis dire quand même, que ce soit les pompiers qui étaient au front, que ce soit mes collègues maires qui ont été impactés, les habitants, nous ici, on va capitaliser quand même sur ce qui s'est passé.

Donc déjà avec les élus, nous étions en train de dire l'autre jour, certains suggéraient de faire un retour sur expérience, d'écrire tout ça, de mettre en place vraiment un plan communal de sauvegarde pour ce genre de cas. Donc on a quand même appris. Donc oui, il va y avoir un oubli, mais ce qu'on peut craindre, c'est l'oubli des autorités parce que ben eux aussi vont passer à autre chose.

On le voit, le temps passe, on passe à autre chose. On a demain il y aura une autre affaire sérieuse. Euh oui, c'est un risque et il y a des gros enjeux pour les pompiers qu'il faut absolument aider parce qu'aujourd'hui ce sont des bénévoles, ils sont pas payés, faut le savoir quasiment pas pour ce qu'ils font. ils mettent leur viande en danger.

Donc là, il faut faire quelque chose. Et nous, on a une déprise agricole importante avec les vignes qui sont arrachées et il faut que derrière on propose quelque chose parce qu'on peut pas laisser des friches comme ça qui du coup ont propagé le feu. Voilà.

Et alors nous on l'oubliera pas parce que le paysage est meurtri. Allez, on ne vous oublie pas non plus sur ce de radio. Merci.

Bravo pour ce que vous faites. Je vous en prie et je transmettrai et tous les habitants de Ton. Ah oui, dites-leur les 800 là.

Merci B. et bon courage pour les les jours et les semaines qui viennent. Dans un instant, notre deuxième échange, incendie, loi du plomb partiellement censuré.

Les agriculteurs sont-ils les sacrifiés de l'histoire ? Le grand matin Sud Radio 7h10h, Jean-François Akili. 9h19 minutes 2è grand débat ce matin.

Les agriculteurs sont-ils les sacrifiés de l'histoire ? Ces incendies mais également cette loi du plomb partiellement censuré. Bonjour à vous Jean-Paul Pelleras.

Bonjour. Alors vous êtes ancien maréché, auteur du sacrifice paysan aux éditions Éric Bonier, Jean-Paul Pelleras. Donnez-moi une minute.

Nous allons planter de décor avec Albin Texera. Puis c'est à vous la loi du plomb qui fait parler d'elle après cette décision du Conseil constitutionnel Alba. Oui, hier les sages ont donc censuré la mesure la plus controversée, cette fameuse réintroduction de l'acétamide, pesticide interdit jugé contraire à la charte de l'environnement.

En revanche, ils ont validé près de 95 % du texte initial comme les simplifications pour les grands élevages et le stockage d'eau avec quelques réserves. Néanmoins, forcément, les trois syndicats agricoles réagissent vivement. La FNSA parle d'une décision inacceptable et incompréhensible dénonçant une application trop stricte du droit européen qui autorise la Camite jusqu'en 2033.

La coordination rurale quant à elle dénonce l'indifférence des juges et menace d'agir si le gouvernement ne retire pas les produits importés traités avec ce pesticide. Et puis la Confédération paysane de son côté se réjouit de cette censure et appelle à poursuivre la mobilisation. C'est finalement le même discours que les opposants politiques comme Marine Tondelier des écologistes et Manuel Bompard de la France insoumise qui salue cette victoire mais reste vigilant sur le reste de la loi.

Enfin le le sénateur Dupont quant à lui et qui était à l'initiative de la loi prend acte de la décision mais craint plus d'importation de produits traités à l'étranger. Bon maintenant c'est Emmanuel Macron qui va devoir faire les choses. Il a pris note de la décision et promet de promulguer la loi dans les meilleurs délais avec un délai, on va dire, d'environ 15 jours pour le faire.

Merci Albin. Jean-Paul Pelleras, que dites-vous de cette décision des sages ? Quand j'entends dire que Tondelier Bonpar se félicite de cette décision, je pose tout simplement la question, est-ce que Tondelier et Bompard ont déjà eu à vivre de l'agriculture et à protéger leur production ?

Je ne crois pas. À partir du moment où on a affire à des gens qui s'occupent des affaires des autres et qui sont prêts à sacrifier tout un secteur d'activité parce qu'ils ont mis le pied à la porte et que ça ne s'arrêtera pas là, je pense que euh malheureusement l'agriculture est dans une bien mauvaise passe. Mais parce que ce pesticide, il faut-il le rappeler, est autorisé jusqu'en 2033 dans l'Union européenne, sauf chez nous en France.

Il y a un débat scientifique autour de la toxicité euh du pesticide en question. Comment le trancher ce débat Jean-Paul Beras ? Parce qu'au fond ça tourne, on tourne en rond avec cette histoire.

Non, la toxicité n'est pas avérée puisque les agents sanitaires non ne l'ont pas prouvé. Il y a aujourd'hui effectivement un véritable problème de société qui a été instrumentalisé avec cette pétition. Bon, attendez la pétition, c'est 3 % 3 % à l'admettant qu'elle soit fiable.

Bon, qu'est-ce qu'on fait des 97 % euh qui restent ? Aujourd'hui, l'écologie est en train de nous coûter très cher et elle est en train d'impacter l'ensemble des secteurs d'activité. Enfin, à mon avis, il faut il faut arrêter.

Je me je me demande quand même euh comment on peut laisser faire. Les sages qui ne sont peut-être pas si sages que ça viennent de donner raison aux écologistes, viennent de sacrifier l'agriculture française et sa compétitivité parce que demain on va bouffer du produit d'importation et ce ne sera pas ça s'arrêtera pas là. C'est ce qui nous en est. vous dites bien entendu bien entendu avec la prix d'aujourd'hui avec le reste demain puis ça va s'étendre à tous les secteurs, l'élevage, les grandes cultures, les tout le le la viticulture tout on ne pourra bientôt plus rien faire en France et puis on va tout importer.

Est-ce que les écologistes sont aussi vaillants pour aller contrôler les les marchandises importées que pour venir emmerder les les producteurs français ? Je ne crois pas. Ah, vous voulez dire qu'en fait il faudrait appliquer euh ce qui a ce qui rentre la même sévérité hein hein.

Ah, bien entendu, il y a de points de mesure. Comment on peut laisser faire ça ? C'est c'est fini.

Donc euh non, moi je suis personnellement pour avoir été agriculteur euh je suis très en colère et pour être observateur aujourd'hui, je suis très inquiet sur le devenir de l'agriculture française. Jean-Paul Pelleras, vous avez décrit hein ce que vous appelez le sacrifice paysan dans votre essai aux éditions Éric Bonier. L'État selon vous à quoi jouet-il dans cette histoire ?

Bah, l'État il joue il joue la la prudence. Euh aujourd'hui, que ce soit les les euh un bon nombre de part de parlementaires de de partis politiques jusqu'à Macron, euh ils sont en train de dire "Bon ben, on va voir un petit peu là, il y a eu l'histoire de la pétition, on va voir un petit peu comment ça tourne, on va jaoger un peu l'opinion et puis voilà." Mais là maintenant Macron, allez, il peut y aller là, il est tranquille, le Conseil constitutionnel vient quelque part de tracer la route.

Bon ben il va promulguer la loi et puis terminer. C'est c'est fini. Voilà.

C'est tout. Je pense qu' moment donné l'État, les politiques ne savent pas choisir entre les écologistes et les agriculteurs ou ne veulent pas choisir pour des raisons électoralistes. C'est l'électoralisme ça va nous coûter cher.

Ça va nous coûter très cher. Jean-Paul Pelleras dans une tribune que le point a publié, vous dénoncez les politiques gouvernementales sur l'arrachage des vignes. Il en est beaucoup question he depuis que le feu est contenu, on va dire et donc les les uns et les autres peuvent s'exprimer aussi font part de leur colère hein.

Les vines disparaissent. Ben c'est pardon de d'utiliser ce ce mot chez moi en Corse, on parle du maquille, hein. Et on arrive plus, on passe plus et il y a que le feu qui s'est passé là-dedans, hein.

Oui. Oui. Oui.

Tout à fait. Alors, il faut savoir que bon, on a il y a une vague d'arrachage qui a été donc mise en place. On peut on peut atteindre euh 100000 hectares sur la France, 6 millions d'hectos euh 6 millions d'hectolites, c'est exactement ce qui rentre, ce qu'on importe d'Espagne et d'Italie.

Voilà. Bon, ça c'est déjà un chiffre. Ouais, dire qu'on pourrait on pourrait consommer notre propre vin et ne pas le faire rentrer en arrachant les vines quoi.

Grosso modo, c'est ça. Disons que oui, il y a il y a il y a de ça et puis à un moment donné 4000 € l'hctare, ça paye même pas le tracteur et la chaîne pour archer arracher la souche. Il faut être clair.

Bon, moi je je connais très bien la problématique du midi je puisque j'en suis issu mais euh aujourd'hui ce ce qu'on a c'est qu'on a on a une extension des friches dans les gars, dans les corbières dans le midi. Là où on enlève la vigne, il n'y a plus rien à faire parce que c'est c'est des terres de de gar et avec des des productions et historiques. C'est fini derrière c'est fini.

On perd la production, on perd le patrimoine, on perd même la valeur de la terre. Voilà, c'est même contraire à ce qu'on dit. Il faut végétaliser parce que bah ben il y a le changement climatique qui est là et ben là on arrache.

Bah oui. Non mais végétaliser, on peut très bien végétaliser avec avec de la vigne. Enfin voyons euh on plante des vignes et on soutient la viticulture.

Voilà parce que de ce sont des régions, je le répète, on ne peut rien faire d'autre ou quasiment rien d'autre. Jean-Paul Pleras. Oui oui oui.

Vous dites on peut rien faire d'autre. Il y a ce ce viticulteur, pardonnez-moi, des corbières qui étaient très ému au micro de Sud Radio. Il nous disait "Ben moi, je deviens un paysagiste.

Voilà, je suis là pour essayer d'entretenir le paysage quoi. C'est c'est ce qui fait plus son métier. C'est ce qui nous pas en est." Bah, c'est des c'est déplorable mais c'est comme ça parce que la notion de revenu est et l'induction économique et sociale est complètement bafouée dans ce cas-là.

Bon, évidemment que les certains agriculteurs en sont réduits quelque part effectivement à devenir des paysagistes. Mais bon, je je c'est c'est pas une solution ça. C'est pas une solution.

Il faut vivre son métier, il faut produire parce que il faut être compétitif, il faut peser sur la balance extérieure. Ma fois si si on plante des des des déjeuners et des pains, bon, je crois pas qu'on pèse sur la sur la balance commerciale franchement. Voilà.

En conclusion, euh Jean-Paul Pelleras, euh qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui de la part des des pouvoirs publics ? Ben du respect, du respect pour les paysans, du respect pour le monde agricole. Il faut quand même, je crois que ça se résume à ça, ça va faire 2 ans maintenant que qu'on promène même davantage.

Vous savez, j'ai pas mal manifesté dans ma vie. Cette histoire, ça fait 40 ans que je la connais, hein. Euh voilà, on promet aujourd'hui il reste plus, il reste 380000 agriculteurs en France.

S'il y en avait 100 millions au lendemain de la guerre, encore un petit coup euh 5 ans, je crois que j'ai été optimiste dans mon titre quand j'ai dit 20 ans. 5 ans et puis et puis puis et puis c'est fini, c'est plié. Donc on achètera de l'importation et puis voilà et puis on on mangera ben ce que ce que ce qu'on nous proposera et puis rien d'autre.

Et là on sera pas difficile hein. Voilà parce que il y a une chose qui commande tout c'est l'estomac. Ouais c'est l'estomac.

Et demain, si dans les étales, il vient à y avoir, je termine là, il vient à y avoir un un mouvement social, un blocage national ou autre quand les étales vont se vider, je ne pense pas que les écologistes fassent la fine bouche et aillent réclamer des pétitions pour que l'on retire tel ou tel produit de ce qui leur reste à manger. Allez, le message est passé en tous les cas ce matin. Merci Jean-Paul Pelleras.

Merci à vous pour cette intervention ce matin sur Sud Radio, ancien marécher, auteur du sacrifice paysan à lire aux éditions Éric Bonnier 0826 300 300. Vous nous appelez ? Vous avez la parole sur Sud Radio.