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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 28 juin 2026 19 min

Crash près de Nancy : onze morts, nombreuses zones d'ombre - 28/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On va passer à l'autre grand titre de ce dimanche soir, 11 morts, terrible bilan, aucun survivant, 5 moniteurs de parachutisme, 5 élèves qui effectuaient un baptême ainsi que le pilote ont perdu la vie ce dimanche dans le crash d'un avion qui les transportait. On est à Tomblaine, près de Nancy. L'appareil s'est écrasé quelques instants après son décollage dans une zone résidentielle à proximité immédiate d'un lotissement et d'un supermarché. Et on va retrouver en direct de Tomblaine justement Nicolas Dumas. Bonsoir Nicolas, une enquête ce soir est ouverte, elle a été confiée au Pôle Accident Collective du Parquet de Paris.

On va revenir dans un instant sur les faits, tenter d'expliquer ce qu'il s'est passé. Mais d'abord une question ce soir, les corps de toutes les victimes ont-ils pu être extraits de la carcasse de l'appareil ?

0:42
Invité

Il semblerait effectivement que tous les corps des victimes soient évacués. Maintenant on a vu notamment plusieurs camions de pompes funèbres venir et repartir dans l'après-midi. Notamment au loin, on les voyait venir et repartir. Ce qu'on peut vous dire c'est qu'il semble que maintenant ils soient tous partis puisqu'il n'y a plus de camions de pompes funèbres maintenant ici sur place. Ce qu'on peut vous dire aussi c'est que l'enquête est placée sous l'autorité du parquet de Paris. Les investigations elles sont nombreuses à être menées et notamment technique précise le parquet dans un communiqué de presse.

Ce qu'on a vu aussi c'est plusieurs enquêteurs du BEA qui vont enquêter ici plusieurs jours et mobiliser toute cette zone où l'avion s'est craché il y a environ 200 mètres d'ici.

1:34
Présentateur

Grand merci à vous Nicolas Dumas avec Thomas et Rigaud. On va retrouver aussi Victor Pérez-Boucheron qui est sur place puisqu'une cellule d'urgence médico-psychologique a été mise en place très rapidement. Racontez-nous bien évidemment, il doit y avoir beaucoup d'émotions et il y aura encore beaucoup d'émotions dans les jours à venir puisque cette enquête va se prolonger.

1:56
Invité

Oui exactement Anne, parlons tout d'abord de l'émotion. Nous avons parlé avec deux personnes qui hier étaient dans ce même avion, qui ont été baptisées et qui nous expliquaient que rien ne laissait penser à une éventuelle erreur humaine. Tout s'était plutôt bien passé, elles ont été rassurées, elles ont même rigolé avec leurs moniteurs. Rien ne laissait penser à un tel drame. Aujourd'hui, elles mesurent la chance qu'elles avaient parce qu'elles avaient réservé ce vol aujourd'hui à la même heure dont le crash a eu lieu et vous l'avez dit sur le volet désormais de l'hommage.

Conjointement, les maires de Nancy et les maires de Tomblaine ont indiqué mettre en place des carnets de doléances qui seront à l'issue des obsèques remis aux familles. Demain, le maire de Tomblaine a prévu de rendre visite à tous les habitants de la rue Salvador Allende pour prendre des nouvelles, pour discuter avec eux du crash de cet avion et évidemment du choc, on s'en doute, de tous les habitants de cette rue et de toute une ville entière.

2:51
Présentateur

Merci Victor, Pérez Boucheron avec Jérémy Paolini. Jérôme Moreau, bonsoir. Vous êtes porte-parole de l'association France Victime. C'est déjà terrible de perdre un proche, ça l'est encore davantage quand on assiste évidemment à la mort de ce proche en direct. Il y avait là des gens, des familles qui étaient là sur l'aérodrome en train d'attendre, peut-être de recueillir les témoignages à la sortie une fois au sol et ils voient cet avion tomber.

3:15
Invité

Oui, c'est absolument insoutenable. Et aujourd'hui, on a des familles qui sont complètement sidérées. On a des familles qui arrivent. La présidente est encore en train de reloger il n'y a pas moins d'une demi-heure des familles entières, huit personnes. Donc vous voyez que ça va endeuiller des dizaines et des dizaines de personnes. Et je ne sais pas s'il y a... On peut faire des dégradations dans l'horreur de tous les crimes, dans tous les délits, dans tous les événements traumatiques. Mais en tout cas, ce que je sais, c'est qu'à chaque fois que c'est accidentel et que c'est violent, le traumatisme, il est plus important, il va être plus long à guérir parce qu'il est plus intense.

Et parce que de toute manière, quoi qu'il arrive, c'est l'inacceptable, l'indicible. Il va falloir mettre des mots sur l'indicible. Et ils ont vu quelque chose qu'ils ne devaient pas voir et que toute personne n'aurait jamais dû voir. Et puis, voilà, ça va traumatiser des personnes toute leur vie entière.

4:08
Présentateur

Et ce qui est terrible, c'est qu'elles peuvent avoir, ces personnes, un sentiment de culpabilité. Parce que souvent, on offre ça comme un cadeau à des proches.

4:13
Invité

Oui, alors évidemment, il y a les sentiments de culpabilité. Voilà, on verra comment les choses se sont produites. Et vous verrez qu'effectivement, il y a des gens, ça va être très compliqué parce qu'effectivement, il y en a qui l'ont offert. Il y en a qui leur ont dit même de ne pas y aller. Et donc, voilà, en disant non, mais moi, je ne suis pas d'accord et tout ça. Donc, voilà, il y aura tout ça qui va se mêler aujourd'hui et qui va faire que voilà. Mais bon, après, notre but, ça va être une fois que l'ACUMP aura fait son œuvre. Et c'est très rapide. C'est 48, 72 heures. Après, on va prendre le relais de toutes les personnes.

4:48
Présentateur

Vous êtes mobilisé depuis ce matin.

4:50
Invité

Oui, alors la présente est arrivée vers 16 heures. Donc, on a fait un point avec le préfet. Le préfet l'a remobilisé tout à l'heure par rapport à certaines situations. Et puis donc, l'équipe est mobilisée. Et l'idée, c'est de faire en sorte que petit à petit, on puisse accompagner dans le deuil d'abord, parce que là, aujourd'hui, on n'est pas du tout sur le deuil. On est sur la sidération. Certaines personnes n'arrivent même pas à accepter. Mes équipes me disaient qu'il y avait des personnes à 20 heures qui n'arrivaient pas à partir parce que voilà, c'était comme ça.

Il fallait d'autres qui n'arrivaient pas à y croire, d'autres qui n'arrivaient pas à parler et d'autres qui pleuraient beaucoup. Donc, il faut les écouter, les accompagner et surtout leur dire qu'elles ne sont pas seules et qu'il y a des personnes à côté.

5:33
Présentateur

Elle veut aussi peut-être comprendre ce qui s'est passé. C'est pour ça que l'enquête démarre. Laurent Valdiguier, on a entendu tout à l'heure un témoin qui disait avoir lui entendu l'avion. Il était dans son jardin. L'avion passait au-dessus, le bruit du moteur et puis soudain, le bruit qui s'arrête et l'avion qui tombe à pic. Qu'est-ce que ça peut nous révéler techniquement ?

5:51
Invité

Ça peut nous révéler, si son témoignage est crédible, ça peut nous révéler que dans ces instants critiques que ce soit un décollage, il y a 30% des accidents d'avion dans la phase de décollage, c'est la phase, je parle sous le contrôle de mon commandant de bord préféré, c'est 30% des accidents. C'est vraiment le décollage, la phase la plus critique. Et tant que l'avion n'a pas sa vitesse d'envol, il peut tomber comme une pierre. Et là, c'est ce qui s'est passé. La vitesse de décrochage, c'est à peu près 100 km heure sur ce Pilatus. Donc, il était autour de ces 100 km heure puisqu'il venait de décoller. Il était peut-être à 30-40 mètres de haut.

Et puis tout d'un coup, si le moteur se coupe, c'est la catastrophe. C'est-à-dire l'avion, il n'est plus portant. En plus, il fait très chaud, plus il fait chaud, moins la portance est grande. Donc, plus il faut tirer sur le moteur. En plus, l'avion est lourd. Il est chargé, il est à son maximum de 10 passagers plus le pilote. Ils sont équipés. C'est le moment critique. Et alors, si le moteur s'arrête pour une défaillance mécanique ou pour une erreur de pilotage, ça, l'enquête le dira. Il y a deux enquêtes. Il y a une enquête du bureau Analyse, justement, dont l'objet est de déterminer la cause très précise, le plus précise du crash pour pouvoir donner des leçons au reste de l'aviation.

Et puis, il y a une enquête des gendarmes du bureau spécialisé dans la section de recherche des accidents aériens qui va éventuellement déterminer les fautes pénales. Alors, les fautes pénales, ce n'est pas seulement le pilote. Si tant est que le pilote ait fait une erreur, ça peut être toute la chaîne en amont de la maintenance de cet avion. Ils vont revoir toute l'histoire de l'avion, l'historique des pannes, l'entretien. Et puis, est-ce que ce jour-là, parce que c'était quand même 21 rotations, 21 rotations, ça veut dire quand même que c'est un avion qui...

7:46
Présentateur

Ce sont des avions qui décollent, qui reviennent prendre des passagers, qui redécollent.

7:49
Invité

Tout ça, c'est fait dans le cadre d'un règlement.

7:52
Présentateur

Jean-Serra, on doit être quand on est pilote de ce type d'avion extrêmement concentré dans les toutes premières minutes du décollage. C'est le moment le plus critique.

7:59
Invité

Bien sûr, quel que soit le type d'avion, le décollage est un moment crucial. On a même, sur les avions de ligne, on a des vitesses qui sont ancrées dans notre tête. C'est-à-dire, je suis arrêté...

8:12
Présentateur

Les vitesses paliers à aller plus haut, c'est ça ?

8:14
Invité

Je suis arrêté, je mets la poussée, je lâche les freins, l'avion commence à accélérer. Je vais arriver jusqu'à une vitesse où là, je dis...

8:27
Présentateur

Une vitesse limite en dessous de laquelle on ne doit pas aller, c'est ça ?

8:30
Invité

En dessous de cette vitesse, si j'ai une panne avant cette vitesse-là, je peux m'arrêter avant le bout de piste. Une fois que j'ai passé cette vitesse-là, s'il y a un problème moteur, je dois continuer le décollage parce que je ne peux pas m'arrêter avant le bout de piste. Et ensuite, j'atteins une deuxième vitesse VR, vitesse de rotation, où je tire sur le manche pour décoller. Et ensuite, je vais aller chercher une troisième vitesse, V2. V2, c'est la vitesse qui me donne une certaine marge par rapport à la vitesse de décrochage. On va prendre des chiffres, voilà, comme ça, un peu en caricature.

Alors, supposons que la vitesse V1 de décollage soit 120 nœuds, 120 km heure, voilà, 120 km heure. Eh bien, V2 va être, par exemple, 135. J'ai 15 km heure de marge. C'est-à-dire que s'il y a une panne, le temps que la vitesse diminue, j'ai le temps de réagir, de prendre une décision. Ça vous est arrivé à vous, j'en sais pas, d'avoir des voyants d'alarme dans la zone rouge, justement ? Oui, ça m'est arrivé. Mais ça s'est bien passé, la preuve, je suis là.

9:37
Présentateur

Anthony Ferry, j'aimerais juste poser une petite question sur la météo, parce qu'il faisait 30 degrés au moment du décollage. Forcément, cette région est encore très chaude. On vient de connaître une période de canicule. Est-ce que ça peut avoir un incident sur l'appareil ou sur cet accident ? Ça peut expliquer en partie.

9:55
Invité

Comme le disait effectivement, très justement, Laurent Valdiguet à l'instant, l'Est connaît des températures qu'il n'a quasiment jamais connues pour cette période-là. Et le problème, c'est que l'air chaud est moins dense. Et donc, ça n'a absolument pas facilité les conditions de vol. Pourquoi ? Parce que lorsque l'air est chaud, les molécules d'air s'échappent les unes des autres, s'éloignent. Et par conséquent, ça diminue la densité de l'air. Quelles conséquences pour le pilote ? Eh bien, la portance des ailes est beaucoup plus faible. Et donc, le moteur doit envoyer bien plus de jus pour maintenir une certaine altitude. Et le problème, c'est que la chaleur chauffe aussi sur le moteur.

Et comme on l'a rappelé à l'instant, il y avait 11 personnes. Je crois que c'était la capacité maximale. Et donc, l'avion était vraiment à bout de charge. Et malheureusement, avec cet air moins dense, ça peut favoriser le décrochage net de l'avion qui tombe à l'orapique. Et c'est, je crois, ce qu'il s'est passé. L'avion est tombé à l'orapique.

10:52
Présentateur

Allez, on va retrouver Valérie Debord. Merci d'être avec nous. Vous êtes vice-présidente de la région Grand Est. Avant de vous demander peut-être si vous avez davantage d'informations, votre toute première réaction, Madame Debord, à ce qu'il s'est passé, cet accident d'avion près de Nancy, qui est, rappelons-le, le plus meurtrier en France pour l'aviation hors transport militaire et commercial. Bonsoir. On va écouter énormément d'émotions, évidemment, pour les victimes, pour leurs familles. Il y avait une quarantaine de personnes qui étaient là. Vous imaginez bien que les gens ont vu ce qui s'était passé. C'était un moment de fête, des baptêmes qui étaient au vert, des familles.

Et leur vie, voilà, la vie de ces 11 personnes s'est évidemment arrêtée. La vie des familles également. Ça aurait pu être encore plus grave, parce que vous le voyez, on était dans une zone extrêmement urbaine. L'avion aurait pu s'écraser sur des pavillons. Il s'est écrasé sur un morceau de pelouse. On ne sait pas trop ce qui s'est vraiment passé. L'enquête le dira. Mais il est certain que ça aurait pu être encore plus dramatique. Mais c'est déjà extrêmement dramatique, bien sûr. Et nous éprouvons tous énormément d'émotions face à ce drame. Vous l'avez indiqué. Un des plus importants sur l'aviation de tourisme civil qui existait depuis très longtemps.

11 victimes, donc vraisemblablement toutes tuées sur le coup. Elles ont pu être ce soir incarcérées de l'appareil. On sait qu'il reste encore des victimes peut-être à bord de l'appareil, qui n'a pas pu être encore retirées totalement. Et une question aussi sur les proches des victimes. Où sont-elles ? Est-ce qu'elles sont prises en charge également par la région ? Alors, les victimes ont été désincarcérées, en partie, effectivement. Dès la fin, enfin, dès l'accident. Les familles des victimes ont été accompagnées, mises dans un endroit climatisé, accompagnées par l'ensemble des personnels soignants, des personnels avec une aide psychologique.

Vous imaginez bien le drame que ça représente, d'avoir un avion qu'on voit tomber, et d'avoir des personnes qui sont dedans, qui sont de votre famille, de vos proches, de vos amis. Je tiens à dire que l'accompagnement qui a été fait par le SAMU, par le CHU, par les pompiers, par la protection civile, par l'association France Ultime, qui a été immédiatement présente, évidemment extrêmement important. Mais, voilà, l'accompagnement va se faire sur la durée. C'est un accompagnement qui ne peut pas se faire en une seule fois, puisque c'est un drame absolu qu'ont vécu ces personnes en voyant leurs proches s'effondrer. L'avion était très certainement aux alentours de 40 mètres de haut.

Ce que disent les secouristes, c'est qu'a priori, les victimes n'ont pas souffert, puisque la chute a été extrêmement rapide et qu'elles ont perdu la vie immédiatement. – Une toute petite dernière question avant de vous quitter. Ce sont tous, hormis le pilote, les élèves des infirmiers libéraux ? – Alors ça, on ne le sait pas. – On ne le sait pas encore. – Aujourd'hui, il y a des gens qui sont dans le personnel médical, et pas forcément que des infirmiers médicaux. – Merci beaucoup. – Merci, madame, d'avoir agi sur notre antenne.

Ludovic Pingano, il y a eu un large dispositif, il y a beaucoup d'opérations, on commence par les opérations de secours, voir s'il y a eu la première partie des victimes collatérales, c'est ça la priorité ?

14:26
Invité

– Oui, la priorité, c'est d'abord de rechercher les survivants, c'est la priorité des priorités, dans des conditions qui peuvent être dangereuses, c'est-à-dire qu'il y a un double dispositif qui se met en place, d'abord un dispositif de recherche des victimes et leur prise en charge, et en parallèle un dispositif de sécurisation en cas de départ d'incendie, voire en cas d'explosion, pour que tout dispositif puisse travailler en toute sécurité, même si dans ce cadre-là, on n'est jamais vraiment en sécurité.

Et puis effectivement, au-delà des personnes qui étaient à bord de l'avion, il s'agit également de savoir si, malheureusement, il n'y avait pas d'autres personnes qui auraient pu être impactées par cet avion, je pense à des cyclistes, puisqu'on est sur une piste cyclable, je pense à des familles qui auraient pu faire un pique-nique. – Mais on était parlant de la zone résidentielle non plus,

15:05
Présentateur

une zone commerciale aussi.

15:06
Invité

– Voilà, la zone commerciale à côté, donc il y a tout un travail de reconnaissance qui est réalisé, et ça, c'est vraiment sur les lieux mêmes de l'accident. Et puis après, il y a tout l'accompagnement également, la mise en place de tout le dispositif, et les plans hors secs, on parle beaucoup de ces plans hors secs, avec, après derrière, toute la mise en œuvre de l'accompagnement des familles des victimes avec la mobilisation de la CUMP.

15:25
Présentateur

– Alors cet avion, justement, il est aujourd'hui au cœur de l'enquête. Jean, je vais vous demander de me suivre, on va le détailler ensemble, cet avion, cet appareil, c'est un Pilatus PC6 Porteur, un avion monomoteur de fabrication suisse, donc un seul moteur dans cet appareil. Le voici, le voici Jean, cet avion, particulièrement réputé pour les exercices de parachutisme. Je vous laisse nous le présenter. D'abord, le moteur, il se trouve où ?

15:51
Invité

– Alors, vous avez l'avion en complet ici, avec l'hélice à l'avant, et immédiatement derrière l'hélice, ici, se trouve le moteur. On voit même la sortie des échappements ici. Le moteur se trouve juste là, c'est-à-dire directement lié à l'hélice. – C'est lui qui fait tourner l'hélice. – Ensuite, point très important, surtout dans ce crash, c'est un avion qui est à, on appelle ça, à aile haute. Ça veut dire que l'aile, elle est sur le dessus du fuselage et non pas, comme dans beaucoup d'avions, en dessous du fuselage.

16:26
Locuteur

Voilà.

16:26
Présentateur

– Donc, on va voir peut-être une autre photo de cet avion. On a une porte également qui est très large. Alors, on n'a pas vu la photo, ce n'est pas très grave. On va voir, ici, ça, c'est la zone du crash. J'aimerais qu'on comprenne bien ce qui s'est passé. Voilà, ici, ah, peut-être, on revient en arrière. Regardez, ça, c'est la porte. Peut-être un mot sur cette porte très large qui peut permettre, justement, ça aussi, c'est une caractéristique de cet avion.

16:49
Invité

– C'est un avion qui est utilisé énormément pour, justement, les parachutistes. Pourquoi ? Parce qu'on a une porte coulissante sur le côté qui se trouve à l'arrière. Ici, vous avez l'aile avec le support de l'aile qui est là. Et à l'arrière de cela, vous avez cette porte qui s'ouvre, ce qui va permettre aux gens de pouvoir sauter de l'avion pour descendre en parachute. Et, bien sûr, c'est l'un des points clés de cet avion qui fait qu'il a eu une grande priorité auprès de toutes les associations qui font du parachutisme.

17:26
Présentateur

– Alors, on va voir maintenant, on va revoir la carte dans un second temps, la carte des lieux de l'accident. Voilà, ça, c'est les lieux de l'accident. Regardez, en haut, le club de parachutisme. Vous avez ici l'aérodrome, cette piste de décollage. – Tout à fait. – Et puis ici, le lieu de l'accident. Entre le bout de la piste de décollage et le lieu de l'accident, il y a à peu près 300 mètres.

17:45
Invité

– Oui, 300 mètres environ, oui.

17:47
Présentateur

– Racontez-nous la vingtaine de secondes que dure ce vol.

17:50
Invité

– Voilà. Alors, donc l'avion, il va s'aligner en début de piste. Il va commencer à accélérer, passer la vitesse où on ne peut plus s'arrêter. Bon, sur celui-là, il n'y a pas de problème. Ensuite, il va arriver à la vitesse VR où je tire sur le manche, je vais décoller. Ensuite, il monte et il a un problème technique. Probablement, une panne moteur, ce que l'on pense. Qu'est-ce qui se passe quand vous êtes pilote ? Bien sûr, si votre moteur s'arrête, la première chose, vous regardez, est-ce qu'il y a un champ en face ? Est-ce qu'il y a quelque chose où je puisse poser l'avion et essayer de descendre ? – Là, imaginons, il est là. Donc là, il est en train de regarder s'il peut se poser.

– Oui, par là, voilà. Et là, il regarde en face. Qu'est-ce qu'il voit ? Que des maisons. – Des lotissements. – Que des lotissements. Un immense centre commercial qui est ici. Il n'a que des bâtiments. – Il est bloqué, en fait. – Il sait qu'il ne peut pas se poser là. Donc, éventuellement, il va dire, j'ai des zones qui sont libres ici, là, sur le côté. On voit tous les champs. Donc, il va virer par la gauche. Mais là, malheureusement, il décroche. Et c'est là qu'il tombe à cet endroit-là.

18:56
Présentateur

– Voilà ce qui s'est passé. Merci beaucoup, Jean. Et l'enquête devra effectivement le déterminer, puisqu'elle ne fait que commencer l'enquête après le crash de 11 personnes. – Il n'avait aucune possibilité dans l'axe de la piste. – Et le BOA, le bureau d'enquête et d'analyse, qui va enquêter pendant plusieurs jours. Merci à tous les trois d'être venus sur ce plateau.