Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 18 avril 2026 21 minAutoproduitMixte

Trésors et misères de Budapest avec Nina Yargekov

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • Invité63 %
  • Présentateur34 %
  • Locuteur non identifié3 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Il a la taille d'un livre qui se glisse dans la poche de sa veste ou dans son sac à dos juste après avoir chaussé ses baskets prêts à arpenter la ville dont le nom est d'ailleurs inscrit sur la première de couverture, Budapest. Quand on ouvre ce livre et qu'on déplie le rabat, on découvre alors un plan de la capitale. Tout est là, le Danube, fleuve mythique qui coupe la ville en deux, le nom des rues et les principaux monuments qui nous font de l'œil. Nous avons donc affaire à un guide de voyage. Voilà, voilà la première erreur d'itinéraire de notre aventure car cette collection Premier Voyage des éditions L'Arbre qui marche propose en réalité un guide qui se dévore comme un roman.

Et pour la capitale hongroise, c'est vous qui nous guidez, Nina Yergekov. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur France Culture. Vous êtes romancière, vous êtes franco-hongroise et vous vivez à Budapest où vous étiez encore dimanche dernier, au soir de la proclamation des résumés résultats des élections législatives. Vous vous posiez d'ailleurs la question dans ce livre. Est-ce que le soir des législatives de 2026 à Budapest sera la fête, l'explosion de joie ? Depuis, on a eu la réponse. Je ne trahis rien en disant que vous avez le sourire. Victor Orban n'a pas été réélu. Après plus de 15 ans au pouvoir, est-ce que la fête et la joie étaient là ?

1:24
Invité

Oui, indéniablement. Et c'est vrai que le livre se finit un peu en suspens sur cette question et cette attente parce que l'histoire se déroule en juin 2025 et j'ai cette sensation. Bon, c'est très égocentrique parce qu'évidemment, ce n'est pas l'aspect le plus important dans le résultat de Dimanche Soir. mais c'est comme si mon roman venait d'être achevé, c'est-à-dire le réel vient de refermer l'histoire et ça m'a procuré une sorte de soulagement aussi à cet égard puisqu'il y avait cette tension qui est la tension sur laquelle se termine le roman mais aussi la tension dans laquelle nous avons vécu depuis des mois et les semaines qui ont précédé ce 12 avril étaient quand même à son comble.

2:11
Présentateur

Les semaines, les mois et même voire les années, on va y revenir puisque c'est très présent dans le roman que vous nous proposez, Nina Yarghekov. Un mot tout de même sur celui qui a été élu, Peter Magyar, membre d'un parti conservateur pro-européen. Qu'est-ce que cela va changer selon vous ? Est-ce que, comme vous qui êtes ce lien, on pourrait le dire comme ça, entre l'Europe et la Hongrie, entre la France et la Hongrie, il va y avoir un rapprochement ? On n'est pas sur un virage idéologique à 180 degrés tout de même.

2:39
Invité

C'est vrai que moi, en tant que franco-hongroise, souvent on me demande quelle est mon identité. J'ai aussi écrit un livre qui était vraiment consacré à ce sujet mais au fond, un des éléments importants de mon identité, c'est le fait que je me sens vraiment européenne. Je suis très attachée à l'Europe et je crois que là-dessus, il y a une vraie rupture et une vraie clarté mais voyons ensuite les faits. Là, ça fait moins d'une semaine qu'a eu ce changement.

Mais en tout cas, sur le plan des promesses et des premières déclarations post-élection, Peter Magyar a l'air très clair sur le fait qu'il propose une Hongrie résolument européenne, résolument tournée vers l'Europe et derrière ça, il faut aussi entendre qui ronde avec cette sorte d'alignement avec la Russie. Et dans les derniers jours qui ont précédé les élections, on sentait qu'un des enjeux forts, c'était ça. C'était la Russie poutinienne ou l'Union européenne, que c'était ça aussi le choix.

3:44
Présentateur

Vous racontez donc Budapest. Ce n'est pas seulement raconter la Hongrie, car il faut le dire, la ville a un statut à part, comme toutes les capitales. D'ailleurs, on a beaucoup décrit dans les récits journalistiques ces dernières semaines, ces derniers mois, cette opposition entre la grande ville, la capitale et les campagnes. Mais par les yeux d'un des personnages, on va rentrer dans le roman Anna, que l'on rencontre, qui nous raconte à quel point elle aime Budapest, elle aime son ouverture. Elle écrit que c'est une ville sublime, immense et diverse, douce et vibrante, blessée et résiliente. Évidemment, la capitale d'un pays assez problématique.

Mais à Budapest, on fait pouce, on vit selon d'autres règles, dans une bulle libre, cosmopolite et tolérante. Vous êtes d'accord avec ça, j'imagine, Nina Ergekov ?

4:25
Invité

Oui, sachant quand même qu'Anna va nuancer ça un peu plus tard. Et moi, ce que j'ai essayé de faire quand j'ai construit le roman, qui se déroule sur quelques jours, puisque le lecteur ou la lectrice qui vit l'aventure se voit confi de mission et donc se rend à Budapest. Donc, c'est 3-4 jours. Mais sur 3-4 jours, j'ai voulu condenser. C'est-à-dire, je me suis servi de ma propre expérience, mais sur plusieurs années. Et c'est vrai que moi, pendant vraiment plusieurs années, j'ai eu cette sensation qu'on faisait pouce. Et je me disais, du moment qu'on est à Budapest, on est protégé. C'est un autre territoire, ça ne compte pas, ce n'est pas pareil que le reste de la Hongrie.

Donc, ça a été vrai, mais le temps passant, il y a un moment où vous vous dites, peut-être serait-il temps de regarder la réalité en face et de voir que Budapest se trouve sur le territoire de la Hongrie. Et ce que le roman essaye de raconter, c'est cette sorte de tension et de situation paradoxale de gens qui vivent dans une ville, effectivement, qu'ils adorent à plein d'égards. C'est-à-dire, c'est esthétique, mais pas seulement. C'est la mentalité, l'ambiance, la manière de vivre.

Tout est en même temps, se trouve dans un pays qui est dirigé par un gouvernement qui leur pose vraiment beaucoup de problèmes, mais pas de manière abstraite, c'est pas juste, c'est pas un problème intellectuel, c'est vraiment pesant au quotidien. Et comment on se débrouille de cette contradiction ? Parce que ça veut dire que ça engendre aussi des conflits intérieurs assez violents, finalement, où il y a quelque chose qui ne peut pas tenir éternellement si vous adorez votre ville et vous détestez votre pays, pour le dire très simplement.

6:11
Présentateur

Et d'ailleurs, vous l'avez vécu vous-même, quand on vous a proposé d'écrire ce roman, vous parlez de cette souffrance morale, vous avez commencé par écrire quelque chose de très noir, de très sombre, avant de basculer sur la forme dont on va évidemment en parler, Nina. Je vois que vous lisez le nouvel obstacle.

6:29
Invité

Mais oui, oui, c'est ça. C'est-à-dire que les premiers j'aime, je savais que je fais toujours comme ça, j'écris un peu ce qui me passe par la tête, et puis je vois ce que ça donne, étaient d'une noirceur extrême. C'était pas mal, littérairement. Mais je me suis dit, oulala, les gens...

6:47
Présentateur

C'était pas vraiment une invitation au voyage.

6:49
Invité

C'était pas une invitation au voyage, mais surtout, je trouvais qu'il y avait quelque chose qui pouvait être rebutant, mais pas parce que ça donnait pas envie de venir à Budapest, mais parce que ça devenait trop hermétique. Et ça, quelque part, c'est un des problèmes aussi, je crois qu'on... Je me permets de dire on, mais bon, c'est... Qu'on peut rencontrer quand on vit comme ça, dans une situation qui est très spéciale et un peu difficile à comprendre de l'extérieur, c'est qu'à un moment, vous avez la sensation d'être dans une sorte d'île bizarre, où les gens qui arrivent, s'ils ont quelques jours... Donc là, je parle de cette situation, on fait partie des locaux et vous avez des visiteurs.

Moi, en tant que franco-hongroise, évidemment, j'ai plein de visiteurs ou des amis d'amis qui viennent, des Français, et où vous aimeriez leur transmettre qu'est-ce que c'est votre quotidien. Et puis, vous voyez bien qu'en une demi-heure, c'est pas possible et donc vous sortez des clichés, vous vous retrouvez à simplifier, c'est frustrant, et puis en même temps, vous êtes à moitié... Enfin, voilà, et vous devenez une personne désagréable, en fait. Un peu aigri. Un peu aigri, et puis où c'est pas intelligible. Donc, en fait, je me suis dit, justement, quand j'ai commencé à écrire ces trucs vraiment plein de noirceurs, je me suis dit, il faut être plus maligne que ça.

Cette noirceur, elle a sa place dans le livre, il s'agit pas de la nier, il s'agit pas de faire semblant que tout va bien, mais il faut qu'au niveau du récit, je la repousse plus loin parce qu'il faut donner le temps au lecteur de s'habituer. Finalement, la manière dont j'ai construit l'histoire, c'est... J'ai essayé qu'il y ait une sorte de gradation et que, couche par couche, on découvre la ville, on découvre à la fois sa beauté, tout ce qui est touchant et sublime et qu'en même temps, on commence à...

Qu'il y ait une sorte d'apprentissage progressif et pas juste, je balance à mon lecteur dès la première page tous les problèmes parce que je trouvais ça peu utile et que, oui, c'était plus... Voilà, j'ai voulu qu'il y ait une sorte de progressivité dans la découverte.

8:47
Présentateur

Grâce à votre regard, on comprend mieux, on décortique aussi ce qu'on voit et ça, c'est vraiment la force, je trouve, de votre roman. On y va sur la forme. Vous vous inspirez des fameux livres dont vous êtes le héros. Donc, on vous suit, on rentre, on découvre ce premier personnage qui est donc Ilana qui vit du côté de la Suisse romande et on est censé être, voilà, hébergé chez Ilana et qui va décider de nous envoyer à Budapest avec une mission très importante, aller réconforter, en quelque sorte, son petit neveu qui s'appelle Roli, petit neveu mélancolique, voire un peu dépressif.

On y est là, dans ce moment où le personnage devient un peu un symbole de ce que vivent les Hongrois et notamment les habitants de Budapest. quel est cet air qui est donc dans ce bocal que nous confie Ilana ?

9:44
Invité

Alors, ce que Ilana nous raconte, c'est une vieille dame qui a quitté la Hongrie en 1956. C'est ce que, en Hongrois, on appellerait, je forge un peu ce terme en français sur le modèle de 68 arts, c'est une 56 arde puisqu'il y a beaucoup de Hongrois qui ont quitté la Hongrie en 1956.

Donc, elle fait partie de cette vague d'émigration à Lvis, à l'Ouest et elle raconte à son visiteur ou sa visiteuse, donc la personne qui vit l'aventure, qu'elle a encapsulé de l'air de Budapest le 23 octobre 1956 et que c'est donc de l'air qui porte en lui de l'espoir, une aspiration à la démocratie, à la liberté, aussi très clairement le choix de l'Europe puisque 1956, c'était ça, c'était le jour de Moscou ou l'Europe et donc son idée c'est que Rolly, son petit-neveu étant complètement dépressif, elle est trop vieille pour faire le voyage donc elle demande à ce touriste qu'elle a chez elle est-ce que vous voudriez bien pour aider une vieille dame hongroise qui est trop fatiguée pour faire le voyage, c'est juste une petite mission, apporter ce bocal, ça va réconforter Rolly.

11:05
Locuteur non identifié

Derrière l'hôtel d'Una, entre l'hôtel d'Una et le Danube, voici les chars russes qui passent. On essaye de voir un osméta un peu au-dessus de la fenêtre mais je vous avoue que c'est extrêmement dangereux. Un deuxième char le suit de près. Oui, mais ça y est, écoute, il vaut mieux par moi se camoufler parce que vraiment c'est extrêmement dangereux. Le récit du journaliste

11:49
Présentateur

Alain Sédoux en octobre 1956, archives diffusées dans les jours du siècle sur France Inter en 1999 avec la disquette Oyo. Ce que veut Ilona en donnant cet air à respirer à son petit-neveu Nina Yarguékov, c'est aussi une manière de contrer peut-être le regard et les discours qui ont changé aussi sur cette année de la révolution de 1956 et vous en donnez deux exemples dans cette visite de la ville. Ce sont deux symboles qui ont été déplacés par le régime de Victor Orban. Une statue et la fameuse flamme de la révolution. Qu'est-ce que ça signifie ces changements aussi ?

12:31
Invité

Alors, ce que ça signifie pour les Budapestois ou pour...

Bon, disons que dans les deux cas, c'était des hommages à la révolution de 1956 qui se trouvait dans un lieu hautement symbolique et très, disons, très central à la fois sur le plan de la géographie de la ville mais aussi sur le plan de la manière dont on met en scène les institutions puisqu'elles étaient toutes les deux très proches du Parlement de Budapest qui est quand même un bâtiment très imposant donc c'est à la fois architecturalement très important à l'échelle de la ville et puis évidemment le Parlement donc c'est là où sont les députés c'est là où la vie politique se joue et toutes les deux donc ces deux œuvres La flamme de la révolution et l'autre c'est une statue de Imrenaji qui était le premier ministre sous 56 qui s'est rangée du côté des aspirations à la démocratie et ont été alors finalement où est-ce qu'elles ont été déplacées n'a pas beaucoup d'importance l'importance c'est qu'elles ont été retirées des environs du Parlement dans le cadre d'un grand projet de rénovation de l'esplanade du Parlement dont l'objectif tout à fait explicite et officiel était de rétablir le paysage urbain de 1944 donc ce qui impliquait en fait d'effacer tout ce qui était postérieur et ces deux oeuvres étant par définition postérieures l'idée c'était de les mettre ailleurs et après où elles ont été mises on voit qu'il s'agissait de chercher des endroits

14:07
Présentateur

où elles étaient peu visibles en quelque sorte et pas mises en valeur

14:10
Invité

mais sachant que oui c'est ça et que ces deux oeuvres je pense que former un système avec leur paysage c'est pas juste une oeuvre toute seule et puis on peut l'admirer n'importe où c'était important l'endroit où elles étaient entreposées comme on pouvait voir ça plutôt comme une installation ou l'endroit où se situe la statue fait partie de la conception par l'artiste

14:32
Présentateur

à la page 10 nous devons donc faire ce premier choix Nina Yargekov est-ce qu'on accepte cette mission d'Ilona nous pouvons alors trottiner au chapitre 3 ou si on préfère refuser ramper au chapitre 12 avec beaucoup d'humour il n'en va sans dire qu'à ce stade d'avancer de la lecture j'ai tout de suite accepté et qu'à ce stade de notre entretien je ne dirai pas ce qui se passe si on refuse mais l'avantage de cette forme c'est peut-être d'abord de tisser ce lien privilégié avec le lecteur et la lectrice et puis aussi effectivement l'occasion pour nous d'apprendre énormément de choses sur cette ville de Budapest et peut-être tout à l'heure je parlais du Danube qui sépare la ville en deux le fait qu'à l'origine il y avait deux villes voire même trois

15:12
Invité

oui c'est ça on l'apprend le premier soir donc je dis on pour le héros qui vit l'aventure ou l'héroïne voilà ou l'héroïne on est dans dans un airbnb et puis avant de avant de s'endormir tout d'un coup une figure fait son apparition il s'agit du comte Secheny qui est une grande figure réformatrice du 19ème siècle qui nous raconte un peu justement comment Budapest a été réunifié parce que Secheny c'était son grand son grand rêve il a beaucoup oeuvré pour ça et à la fin de ce chapitre en fait on comprend que ce fantôme du comte Secheny est sorti d'un billet qui porte son effigie et donc voilà moi c'est des petites choses que j'ai il y a des petites interventions magiques dans le livre à certains moments selon les choix qu'on fait on peut récupérer des objets et se retrouver à pouvoir faire des accomplir des actions qu'on n'aurait pas pu si on n'avait pas l'objet et j'avais envie tout en restant donc j'ai essayé de faire une sorte de mélange comme ça entre il y a des choses très réalistes ça décrit vraiment le Budapest de juin 2025 mais ce recours à la magie permet de raconter des choses en plus par exemple mobiliser un fantôme voyager dans le temps faire des choses comme ça

16:28
Présentateur

parler du présent c'est évidemment aussi parler du passé chaque endroit chaque rue chaque bâtiment chaque place résonne avec l'histoire de la Hongrie et puis comme vous avez cette double culture ça nous permet aussi de nous rappeler certaines choses comme par exemple ce qu'est le traumatisme de Trianon qui est ce traité signé à Versailles en France en 1920 et qui est un traumatisme encore aujourd'hui pour le peuple hongrois rappelez-nous de quoi il s'agit et comment est-ce que c'est encore mobilisé aujourd'hui et instrumentalisé d'ailleurs

17:04
Invité

alors oui de manière très rapide sachant que même là pour moi c'est quelque chose d'angoissant de devoir résumer Trianon en deux secondes parce que c'est tellement chargé de 12 000 choses qui pèsent sur mes épaules là tout de suite mais donc il faut repenser à l'Empire d'Autriche-Hongrie donc il y a la partie qui se trouve du côté des perdants à l'issue de la première guerre mondiale et donc il y a une série de traités de paix pour eux c'est pas les seuls concernés par des traités qui redessinent les frontières de pays européens mais donc les frontières de la Hongrie sont redécoupées et quand on regarde la partie hongroise de l'Empire d'Autriche-Hongrie et la Hongrie après entre les deux il y a une réduction assez notable du territoire et ce qui ne veut pas dire puisqu'il y a cette formule qui est souvent employée de dire on a perdu les deux tiers de la Hongrie il faut avoir à l'esprit que ces deux tiers n'étaient pas peuplés uniquement par des hongrois c'était des zones parfois très mélangées parfois des hongrois parfois surtout d'autres peuples des roumains des ukrainiens etc mais en tout cas il y a quand même un grand nombre de hongrois environ 3 millions qui se sont retrouvés citoyens d'un pays étranger donc il y a l'espèce qui a souvent été nommée désignée par le terme d'amputation territoriale et puis il y a tous ces compatriotes qui ont été séparés du pays hongrois par une frontière c'est une forme d'émigration enfin c'est pas une émigration mais ce que je veux dire c'est que c'est pas les gens qui sont partis c'est la frontière qui s'est déplacée et donc vous vous retrouvez

18:47
Présentateur

et qui est parfois apparue au milieu de villages ou en tout cas qui séparent des populations et des habitants et là où c'est instrumentalisé et vous nous le racontez très bien aussi c'est quand Victor Orban se rend en Roumanie si je dis pas de bêtises pour célébrer en tout cas l'ancien empire et qui se rend à l'étranger auprès de populations comme s'il refaisait naître en quelque sorte l'empire austro-hongrois un dernier mot Nina Yarghekov parce qu'il y a cette interrogation aussi en permanence est-ce que la Hongrie est un pays d'Europe de l'Est ou d'Europe centrale c'est toute une réflexion d'Anna autour d'un magasin notamment et c'est vrai que c'est très marquant et très amusant mais vous est-ce que vous diriez que depuis dimanche dernier voilà la boucle est bouclée et la Hongrie est redevenue l'Europe centrale

19:32
Invité

j'ai tendance à l'espérer moi un peu le message caché du livre c'est explicité nulle part mais c'était de dire il y a une troisième voie à trouver entre la soumission et la servilité à l'égard de la Russie de Poutine qui a été vraiment ce à quoi on a assisté récemment et cette sorte de complexe d'infériorité qu'on peut avoir vis-à-vis de l'Ouest de dire on veut devenir exactement comme l'Ouest et donc on ne sera jamais vraiment l'Ouest on sera toujours la banlieue de l'Europe de l'Ouest et qu'il y a moi je voudrais qu'on essaye d'être vraiment d'Europe centrale et d'être dans autre chose que ces deux alternatives

20:09
Présentateur

et c'est un très beau moyen de le comprendre c'est absolument passionnant et réjouissant écrit avec beaucoup d'humour d'introspection aussi merci beaucoup Nina Yergekov d'être venue ce matin merci à vous sur France Culture Budapest paru aux éditions L'arbre qui marche un grand merci à toute l'équipe Margot Leridon Victoria Girovelmont Jean-Christophe Francis à la réalisation Ludovic Auger et Alex Dang à la technique ce matin le journal dans un instant

Trésors et misères de Budapest avec Nina Yargekov · Pourquijevote