Damien Abad après l'attaque de la Chapelle-sur-Erdre : "C'est une affaire de plus et une affaire de trop"
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Bonjour Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, député de l'Ain. Les forces de l'ordre, une nouvelle fois, prises pour cible avec cette policière municipale grièvement blessée au couteau à la chapelle sur Erdre hier, ces jours ne sont plus en danger. Alors évidemment, il va falloir attendre les conclusions de l'enquête, mais ce matin, quel commentaire vous inspire cette nouvelle affaire d'agression envers les policiers ?
Malheureusement, c'est une affaire de plus, c'est à nouveau une affaire de trop. C'est la preuve tout simplement qu'aujourd'hui, dans cette France de l'impunité, plus personne n'a peur des gendarmes, des forces de l'ordre, ni même des juges, et ça montre surtout la dangerosité des personnes qui sortent de prison alors qu'elles continuent d'être radicalisées et qu'elles sortent malheureusement avec un suivi socio-éducatif et socio-judiciaire qui est largement insuffisant.
Et c'est pour ça d'ailleurs qu'avec Les Républicains, nous avons fait une proposition de mettre en place un tribunal de sûreté pour éviter justement que ces personnes radicalisées avant et pendant la prison ne le soient encore en sortie de prison.
Effectivement, cet ex-détenu français avait purgé sa peine, il respectait son suivi socio-judiciaire, mais pas assez, êtes-vous en train de dire ? Est-ce que ce drame aurait pu être évité alors, selon vous ?
Tout drame peut être toujours évité. Ce qui est certain aujourd'hui, c'est qu'il y a trop de personnes qui sortent de prison alors qu'elles continuent d'être radicalisées et que le suivi est largement insuffisant. Je pense qu'il faut vraiment mettre en place des peines de sûreté parce que ces peines de sûreté permettront un meilleur contrôle de ces personnes. Il faut aussi envisager des dispositifs de bracelets et autres. On ne peut pas passer de la prison à la liberté sans aucune étape intermédiaire. Je pense que là, il y a un enjeu de société très important sur lequel il faut agir rapidement.
Mais Damien Abad, cet homme était fiché effectivement pour radicalisation, mais on va dire qu'il était dans le bas du spectre quant à sa dangerosité.
Oui, mais malheureusement, vous savez, même des gens qui ne sont pas fichés pour radicalisation peuvent passer à l'acte aujourd'hui. Donc je crois qu'il faut vraiment mettre l'accent sur ces sorties de prison, même que quand on est toujours fiché, ça veut dire qu'on est sur surveillance. Malheureusement, on a bien vu que ce dispositif-là a montré ses limites. Après, malheureusement, le risque zéro n'existe pas.
Mais aujourd'hui, on a des centaines de personnes qui étaient en prison pour des phénomènes de radicalisation et qui ne sont pas suffisamment surveillées sur le territoire national et ce qui peut avoir malheureusement d'autres conséquences et d'autres attaques comme celles qu'on a connues malheureusement hier.
Vous nous dites ce matin qu'il y avait donc une faille, selon vous, dans le suivi des renseignements généraux envers ces personnes radicalisées ?
Je ne peux pas vous dire s'il y avait une faille ou pas. Ce que je constate simplement, c'est que c'est une affaire de plus, une affaire de trop et que moi, je n'accepte pas la fatalité. Je pense qu'on doit mettre l'accent encore une fois sur ces phénomènes de radicalisation, sur ces sorties de prison qui sont importantes. On le sait, il y a beaucoup de détenus qui vont sortir de prison dans les prochaines semaines, dans les prochains mois. Certains sont encore radicalisés et on voit que les dispositifs sont insuffisants.
Il y avait par ailleurs la maladie psychiatrique tout de même, dans ce cas-là, avec des bouffées délirantes, schizophrènes.
Diagnostiquer schizophrènes sévères. Oui, mais je ne crois pas que... Vous savez, il faut éviter de psychiatriser le terrorisme. La réalité aujourd'hui, c'est que certainement, il y avait des troubles psychiatriques, mais il y a aussi des éléments de radicalisation et c'est là-dessus aussi et avant tout qu'on doit agir.
Sauf qu'il y a peut-être plus, et c'est le commentaire qu'on a entendu, politique, qu'on a entendu aussi hier, il y a peut-être plus d'effaillances psychologiques que de personnes radicalisées dans les prisons en ce moment.
Il y a les deux, il y a les deux et vous savez, il y a aussi les conditions d'incarcération. Je pense qu'on l'a dénoncé depuis le début, aujourd'hui on manque de prison et donc malheureusement, l'étape de reconstruction dans la prison sont extrêmement difficiles et on voit et on constate que la prison n'a pas le phénomène réparateur.
Vous pensez vraiment qu'on manque de prison ? Ça, vous avez un petit peu un discours qui s'est tenu en tout cas beaucoup aux Etats-Unis, c'est-à-dire on continue à construire des prisons, c'est pas pour autant que la délinquance baisse.
Oui, mais vous savez, aujourd'hui, le manque de places de prison fait qu'on a aussi un certain nombre de personnes qui n'entrent pas suffisamment en prison, fait qu'il y a beaucoup de peines qui ne sont pas exécutées et on voit bien aujourd'hui qu'il y a une défaillance, en tout cas il y a une faille dans la réponse pénale qui est apportée en France et que oui, il nous faut davantage construire de places de prison. Ce n'est pas suffisant, mais c'est absolument nécessaire si on veut que toutes les personnes qui sont dangereuses soient dans nos prisons. Et aujourd'hui, en France, on a un déficit criant, malheureusement, de places de prison.
Êtes-vous sur la même ligne que Franck Louvrier, le maire Les Républicains de La Baule, qui disait hier vouloir plus d'armes, développer les armes pour la police municipale ? Est-ce qu'il faut des moyens supplémentaires qui auraient peut-être permis d'éviter cette nouvelle agression, selon vous ?
On le fait déjà, vous savez, les polices municipales, dans certaines villes, sont déjà bien équipées. Après, il faut bien faire la différence entre la police nationale et la police municipale. Les interventions, les dispositifs d'armes ne sont pas les mêmes. Et je pense aussi qu'il faut que chaque police reste à sa place. Et aujourd'hui, les polices municipales font un travail remarquable sur le terrain, mais ça ne suffit pas.
En l'occurrence, la policière était armée initialement, puisque l'individu a réussi à lui dérober son arme. Donc une arme ne suffit pas aujourd'hui ?
Non, je ne crois pas qu'une arme suffise. Et on a déjà beaucoup de polices municipales qui sont armées sur les territoires.
Et il faut mieux sécuriser l'entrée des hôtels de police ?
Oui, je crois qu'aujourd'hui, il y a une évolution. C'est qu'on voit bien que les établissements sont visés également. Et donc, dans nos commissariats de police, il faut mieux sécuriser les entrées, éviter effectivement qu'on puisse y pénétrer comme cela. Ce n'est pas la première fois qu'on le constate. Et je crois qu'il y a certainement un besoin de renforcer les établissements de police.
Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Question politique sur le positionnement de ce mouvement Les Républicains qui apparaît de plus en plus vulnérable, un peu coincé entre la Macronie d'un côté, le Rassemblement National de l'autre. Est-ce que cette question fait débat en ce moment, au sein du mouvement Les Républicains ?
Oui, bien entendu que cette question fait débat. Et elle fait d'autant plus débat que nous manquons d'un candidat à l'élection présidentielle capable d'incarner l'alternance. Je crois qu'il y a une urgence désormais à pouvoir faire en sorte qu'on puisse trouver ce candidat. Pourquoi ? Parce que sinon, ça nous expose à toujours cette question lancinante du choix du deuxième tour si on n'y est pas. Je crois qu'il y a une attente aujourd'hui pour avoir une alternance politique au duel qu'on veut nous annoncer entre, d'un côté, le président de la République sortant et Mme Le Pen.
Et ce manque d'incarnation chez Les Républicains, ça doit être clarifié juste après les régionales ?
Vous savez, Christian Jacob a défini un calendrier. Je crois qu'il faudra en tout cas que ce moment de désignation, ce moment de choix soit fait rapidement à la sortie des vacances d'été. Parce que je crois qu'à la rentrée de septembre, il faudra effectivement que notre mouvement, il faudra que la désignation du candidat se précise. Voilà, on a aujourd'hui des élections régionales, on doit être concentré sur les élections régionales, gagner un maximum de régions, et puis ensuite viendra le temps de la désignation de notre candidat.
Damien Abad, quand vous étiez venu, je me souviens très bien, en septembre dernier, vous aviez été très élogieux au sujet de François Barouin. Vous disiez que c'était un atout majeur pour la droite et une personnalité à l'autorité naturelle. Le fait qu'il ne soit pas candidat, c'est une tuile ?
Vous savez, je maintiens ce que je dis, je crois que François Barouin a tous les atouts pour porter les standards de notre famille politique. Après, c'est un choix qu'il fait lui-même, mais vous savez, on a aussi d'autres talents dans notre famille. Je pense à Xavier Bertrand, à Valérie Pécresse et bien d'autres. Donc je ne crois pas que ce soit un problème de talent, c'est plutôt un problème de collectif et un problème ensuite de choix de se mettre derrière quelqu'un pour porter justement une candidature à l'élection présidentielle. Donc si ce n'est pas François Barouin, ça sera quelqu'un d'autre. Mais ce qu'il faut, c'est qu'on ait une seule personne et qu'on soit tous derrière.
Vous parlez de Xavier Bertrand, effectivement. C'est peut-être celui qui incarne le mieux dans les enquêtes, en tout cas, qui incarne le mieux la droite à la présidentielle. Le fait qu'il n'appartienne plus aux Républicains, ça ne pose pas tout de même un sérieux problème pour vous ?
Mais non, pour une raison très simple. Est-ce que vous pensez que les seuls suffrages que l'on aura à l'élection présidentielle, ce sera uniquement des adhérents des Républicains ? Vous savez, ce qui est important, c'est que Xavier Bertrand n'ait jamais changé de ligne de conduite par rapport à ses convictions. Il a des convictions de droite. C'est un homme de droite. Il l'a rappelé encore récemment sur ses interventions sur les questions d'autorité de l'État, sur la question de la réforme de la justice. Il a fait des propositions très concrètes également sur la réforme pénale. Donc personne ne peut le critiquer, le fait qu'il ait mis ses convictions dans sa poche.
C'est ça le plus important. Ensuite, vous savez, aujourd'hui, tous les partis politiques connaissent des soubresauts, des difficultés, parce que l'engagement partisan est de plus en plus complexe. Ce qui est important pour moi, c'est qu'on désigne un candidat de droite qui porte nos convictions, nos couleurs et nos valeurs.
Désigner, ça signifie quoi ? Parce qu'il n'y aura pas d'élection primaire, puisque ça va créer des divisions. Désignation alors ? Sinon, quelle autre solution vous envisagez ?
Oui, moi, je regardais Emmanuel Macron, Marine Le Pen, ont été désignés et seront désignés par leur propre parti politique. M. Mélenchon, c'est la même chose. Je ne crois pas, aujourd'hui, à la primaire. Je pense que notre parti n'est pas en capacité d'organiser une telle primaire. Et surtout, on va créer une logique d'écurie et de couloir.
Mais alors, une désignation qui peut se faire comment ?
Qui peut se faire de la manière la plus naturelle possible, c'est-à-dire une discussion entre tout le monde, qui permet de constater celui ou celle qui est le mieux placé. Tout le monde. Comme nous l'avons fait pour Nicolas Sarkozy, lorsqu'il a été désigné lors d'un conseil national.
Voilà, c'est ça. Avec des parlementaires, avec des militants, avec...
Avec des élus locaux. Des élus locaux, oui. Soit il y a quelqu'un qui se détache, et les choses seront très claires. Là où ça sera plus complexe, c'est si vous avez deux ou trois personnes qui se trouvent dans un mouchoir de poche. Mais je crois qu'on doit tous, aujourd'hui, revenir à la raison et comprendre que si on ne porte pas une seule candidature à l'expédition présidentielle et que si on se contente d'un concours de beauté, alors on sera absent du deuxième tour. Alors vous ne souhaitez pas de primaire.
Pas plus que d'ailleurs le patron du mouvement, Christian Jacob. Or, dans le statut des Républicains, il y a cette séquence des primaires, ça ne pose pas un problème ?
C'est prévu. Moi je me souviens qu'en 2017, plus personne ne voulait des primaires. C'était un constat collectif, partagé quasi unanimement, en disant, on tirera les leçons de notre échec, et donc on ne fera plus de primaire. Donc voilà, je pense aujourd'hui que, oui, les primaires sont dans les statuts, il faut simplement modifier les statuts, et faire comprendre à tout le monde que l'enjeu, ce n'est pas de se faire plaisir, l'enjeu c'est de gagner l'élection présidentielle, d'avoir un candidat qui soit crédible, et un candidat qui puisse nous faire gagner. C'est ça l'enjeu. Cela dit, on va tous se rassembler autour.
En principe, c'est le patron de la boutique, en l'occurrence Christian Jacob, qui aurait dû incarner cette candidature, or il a toujours dit que ce n'était pas sa vocation. Est-ce qu'il ne se situe pas là, le problème originel du manque d'incarnation chez les Républicains ?
Non, je crois que les temps ont changé, et que Christian Jacob a été très clair, il est là pour mener une mission collective, pour remettre le parti sur les rails, et pour pouvoir organiser un processus de désignation qui permet de porter une candidature à l'élection présidentielle. Ensuite, aujourd'hui, la question, elle n'est pas la question de l'incarnation par des talents, on en a, elle est la question de savoir est-ce qu'on est encore capable de travailler tous ensemble, de créer une force collective, et de vouloir, je dirais, être tous derrière un candidat ou une candidate. C'est ça la plus grande difficulté de la droite.
Tout le monde reconnaît qu'on a des compétences, on a des parlementaires, on a des anciens ministres, on a des élus locaux, on a des militants, on a des forces vives sur les territoires. Aujourd'hui, le pays, la France, n'a peut-être jamais été aussi à droite, et donc je crois que c'est important pour nous, tout simplement, de désigner la bonne personne, et ensuite, de ne pas regarder derrière, et d'avancer avec elle.
La France n'a jamais été aussi à droite, dites-vous, il y a trois positionnements en ce moment chez les Républicains, ceux qui veulent faire alliance avec En Marche, ceux qui pensent que les Républicains doivent faire cavalier seuls, et puis il y a ceux qui aimeraient se rapprocher du Rassemblement national. Est-ce que ces trois courants sont irréconciliables, comme on l'a dit, jadis de la gauche ?
Non, je ne crois pas. La difficulté, c'est que quand on n'a pas de candidats, on est exposé. Mais la réalité, c'est que tout le monde, chez les Républicains, souhaite porter les couleurs et les valeurs de notre famille politique. Et on voit bien que, quant au premier tour des élections régionales, comme on le fait, par exemple, en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez, on part sur nos couleurs et sur nos valeurs, on est toujours mieux positionné. Et je crois qu'il y a une convergence là-dessus. Après, la difficulté, elle se trouve dans le fait qu'aujourd'hui, on manque encore d'alternatives, en tout cas aux yeux des Français, on n'incarne pas suffisamment une alternance politique.
Et c'est ça l'enjeu. Mais je crois qu'aujourd'hui, chacune et chacun d'entre nous veut une seule chose, c'est désigner un candidat à l'élection présidentielle pour gagner, pas une candidature de témoignage.
Alors, l'un des thèmes de la prochaine présidentielle tournera autour de l'écologie. Et vous, vous dites, Damien Abad, avoir, avec des collègues à vous, rallumer la flamme de l'écologie de droite. Mais c'est quoi une écologie de droite ?
Une écologie de droite, c'est d'abord une écologie qui défend le pouvoir d'achat des Français. C'est-à-dire que ce n'est pas une écologie de la taxation, de la sanction, une écologie punitive. C'est ensuite une écologie qui est enracinée dans les territoires. C'est-à-dire qu'on va développer les circuits courts, la qualité de l'eau, la qualité de l'alimentation, la protection de nos forêts, de la biodiversité. Et puis, c'est une écologie aussi de l'innovation et de la responsabilité. C'est ce que Luc Ferry appelle l'écomodernisme. C'est-à-dire que nous, nous pensons que l'écologie est conciliable avec la croissance économique et on ne croit pas aux thèses de la décroissance.
Et pour paraphraser Churchill, je crois que, vous savez, il disait que la guerre était finalement une chose trop importante pour la laisser au seul militaire. Moi, je considère que l'écologie est une chose trop importante pour la laisser au seul vert. Et qu'on doit imposer dans le débat public, je dirais, cette vision de l'écologie.
Oui, enfin, cela dit, on va vous taxer d'opportunisme. Faut-il que je vous rappelle la phrase de Nicolas Sarkozy pour qui l'environnement, ça a commencé à bien faire ? C'est de l'opportunisme, non ?
Non, je ne crois pas. Je pense qu'il y a une prise de conscience collective, notamment de la jeune génération à droite, qui a envie de défendre ce flambeau-là. Aujourd'hui, vous savez, moi, je suis dans une région où l'écologie, c'est essentiel. C'est la protection de nos lacs, de nos montagnes, c'est la lutte contre l'échauffement climatique, contre la pollution atmosphérique. Donc, on a des choses à faire. Simplement, c'est vrai qu'au niveau national, et je vous rejoins, je trouve qu'il y a eu une pause. On a appuyé sur pause et même sur risette de temps en temps. À nous, aujourd'hui, de retrouver ce flambeau-là. On l'a au niveau local.
Beaucoup de maires, beaucoup de présidents de départements et de régions ont fait des projets, des programmes à caractère environnemental très ambitieux. Mais c'est vrai qu'au niveau national, on a manqué d'ambition. On doit retrouver absolument cette ambition.
Une écologie de droite, c'est une écologie positive, c'est-à-dire que celle des verts ne l'est pas ?
Oui, très clairement, elle ne l'est pas. Quand vous voulez uniquement taxer les carburants, taxer les poids lourds, aggraver la fiscalité sur les ménages français, ce n'est pas une écologie positive. Quand vous pensez uniquement au malus sur les voitures et jamais au bonus, jamais au comportement vertueux, ce n'est pas une écologie positive. C'est une écologie qui est très idéologisée, qui vient de l'extrême gauche, et qui ne correspond pas forcément aux attentes des Français.
Aujourd'hui, il y a beaucoup de Français qui nous disent « Moi, j'ai envie d'être écolo, mais je ne suis pas de la France insoumise, je ne suis pas d'extrême gauche, et j'ai envie aussi d'avoir une représentation politique. C'est à nous de l'incarner davantage. »
Mais est-ce que l'écologie peut être de droite, alors que l'écologie, si elle se veut efficace, elle doit aller contre les intérêts financiers ? C'est la phrase de François Hollande, « La finance, c'est mon ennemi ». Est-ce qu'on peut être écologiste de droite et aller contre les intérêts des grandes industries, pétrolières notamment ?
Je crois qu'on peut faire évoluer un certain nombre de comportements, qu'on doit aussi sortir nous-mêmes à droite d'un certain nombre de zones de confort et montrer que, face à des industries polluantes, face à une attaque de la couche d'ozone et autres, on doit apporter un certain nombre de réponses. On a été ceux qui ont proposé, par exemple, une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne pendant la dernière campagne européenne. J'ai la conviction que c'est une bonne proposition parce qu'elle permet de mieux contrôler notamment les émissions de CO2.
On peut faire un certain nombre de choses, on doit évoluer sur nos propositions sans être caricaturales, mais souvent, on oublie le mot « transition » dans la transition écologique ou dans la transition énergétique. C'est à nous de mieux accompagner les acteurs, que ce soit les agriculteurs, que ce soit les industriels.
La transition, il ne faut pas non plus qu'elle dure des décennies parce que la maison n'est plus en train de brûler. Elle a brûlé.
Oui, mais pour ne pas qu'elle dure des décennies, il faut s'en donner les moyens. Quand on demande, par exemple, à des agriculteurs de sortir des produits phytosanitaires, il faut leur donner les moyens en matière de recherche-développement. Il faut leur permettre d'accéder à de nouveaux produits alternatifs. Ça, c'est un enjeu fort. Si on ne donne pas les moyens, alors la transition durera de manière très longue et sera très lente.
Et on notera hier le changement de positionnement du groupe Total, qu'il faut désormais appeler Total Energy, avec un S à énergie pour faire plus de place aux énergies renouvelables. On verra avec le temps si c'est de la cosmétique ou s'il s'agit bien d'un groupe industriel qui veut effectivement développer les énergies renouvelables. Merci beaucoup, Damien Abad. Merci. Député Delin et président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale.
Damien Abad