L'économie repart : merci Hollande ou Macron ? #cdanslair 25.08.2017
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:43OuverteRéponse directe
Ça va mieux ? Vraiment ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Que représente cette hausse de croissance en termes concrets ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Cette reprise est-elle timide ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Cette reprise annonce-t-elle une baisse durable du chômage ?
- 5:17OuverteRéponse directe
Quels sont les autres indicateurs confirmant cette embellie ?
- 8:05OuverteRéponse partielle
François Hollande revendique sa part dans la reprise. Qui mérite la reprise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:24Nicolas BouzouFait
« L'amélioration la plus spectaculaire, on la note sur le marché du travail. »
- 3:05InvitéFait
« Une croissance au-dessus de 1,5%, c'est une bonne croissance puisqu'elle arrive à absorber tous les nouveaux entrants sur le marché du travail. »
- 3:23InvitéFait
« En France, tout comme dans la zone euro, la France a retrouvé son niveau de PIB qu'elle avait avant la crise. »
- 9:52PrésentateurFait
« François Hollande en a profité pour sortir de sa réserve et se féliciter de ces bons chiffres. »
- 10:33InvitéChiffre
« Près de 292 000 nouveaux postes cette année, inédits depuis 2011. »
- 18:17Thomas PorcherChiffre
« Il y a 1,5 million de chômeurs en plus depuis 2008. »
- 30:19InvitéFait
« on soutient par de l'investissement, on soutient en changeant l'économie »
- 34:39PrésentateurFait
« Renault table aujourd'hui sur une poursuite de sa croissance se traduisant par une vague d'embauche »
- 34:46PrésentateurChiffre
« le groupe va recruter 3600 personnes d'ici 2020, dont 1800 cette année »
- 38:30InvitéChiffre
« Renault gagne à peu près 1000 euros par véhicule vendu, alors que PSA gagne 1400 euros par véhicule vendu »
- 44:19InvitéChiffre
« le Danemark a investi 5 points de PIB quand il a flexibilisé son marché du travail »
- 45:25InvitéFait
« il y a un tropisme de droite à Bercy »
- 46:47PrésentateurChiffre
« 400 000 euros pour investir dans ce robot issu de l'industrie automobile »
- 47:35PrésentateurChiffre
« le chiffre d'affaires a été multiplié par 3, plus de 50 millions d'euros par an »
- 48:31Locuteur 2Fait
« les retombées fiscales d'aquaproduction sont importantes »
- 57:18InvitéFait
« une obsession des investisseurs étrangers, une obsession des gérants de grands fonds de pension sur cette rigidité du droit du travail en France qui est un peu exagéré, qui est un peu irrationnel »
- 58:33InvitéChiffre
« 20% de la population française est en sous-emploi, c'est-à-dire en emploi précaire ou au chômage »
- 1:00:19InvitéChiffre
« C'est un gain de pouvoir d'achat de 250 euros pour un SMICAR l'année prochaine »
- 1:02:28InvitéFait
« le taux de chômage sont les mêmes »
- 1:02:32InvitéFait
« François Hollande a réduit les déficits »
- 1:04:50InvitéFait
« la croissance internationale, c'est la baisse du pétrole, c'est la baisse des taux d'intérêt et puis il y avait aussi le fait que le dollar enfin que l'euro s'était affaibli »
- 1:06:10InvitéChiffre
« on va avoir 60 milliards de déficits de cette année quand l'Allemagne a 250 milliards d'excédents »
Temps de parole
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air, ça va mieux ? La petite phrase de François Hollande avait provoqué sourire et critique en avril 2016 car personne à l'époque ne voyait vraiment de reprise économique. Un an et demi plus tard, cette fois c'est vrai, tous les indicateurs ou presque sont dans le vert à commencer par la croissance qui devrait dépasser 1,5% cette année voire selon certains observateurs frôler les 2%. En fait, plusieurs secteurs clés connaissent une embellie remarquable, l'automobile et le tourisme. Notamment, on assiste même à des relocalisations. Alors comment expliquer cette reprise ? Qui peut se vanter d'avoir fait redémarrer l'économie française ?
Évidemment, l'Elysée aimerait s'attribuer ces bons chiffres mais François Hollande défend son bilan et revendique sa part du gâteau. L'économie repart ? Merci Hollande ou merci Macron ? On en parle avec nos invités ce soir. Nicolas Bouzou, vous êtes économiste, directeur fondateur d'Asterès, une société d'analyse économique et de conseil. Votre prochain ouvrage apparaître début septembre. Le travail et l'avenir de l'homme sera aux éditions de l'Observatoire. Thomas Porchet, vous êtes économiste, professeur d'économie à la Paris School of Business. Je rappelle votre publication. Introduction inquiète à la Macron-économie aux éditions Les Petits Matins.
Christine Kerdelang, vous êtes directrice de la rédaction de l'Usine Nouvelle et de l'Usine Digitale. Vous avez publié dernièrement dans la Google du loup, c'est chez Plomb. Sophie Faye, vous êtes journaliste et vous êtes chef du service économie au magazine L'Obs. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission. Alors ça va mieux ? Vraiment ? Nicolas Bouzou ? Oui. Alors c'est toute la distinction à faire entre le « ça va mieux » et le « ça va bien ». Mais vous l'avez dit, les chiffres de la croissance sont plutôt bons.
Si on projetait le rythme actuel de croissance sur un an, c'est-à-dire si on continuait au rythme auquel on est aujourd'hui, on serait en effet aux alentours de 2%. Alors ce n'est pas extraordinaire. Mais enfin, par rapport à ce qu'on a connu ces dernières années, c'est une véritable amélioration. On voit des secteurs qui avaient beaucoup souffert ces dix dernières années. Je pense aux bâtiments en particulier qui commencent à sortir des difficultés. Mais en réalité, et c'est peut-être là la surprise, l'amélioration la plus spectaculaire, on la note sur le marché du travail. Et là, il ne faut pas chercher d'artefacts statistiques dans la baisse du chômage.
Ce sont vraiment les créations d'emplois dans le secteur privé. Donc on parle bien des entreprises. Ce sont des entreprises qui recrutent beaucoup. Alors on parlera sans doute des causes. Il y a des causes qui sont liées à des politiques économiques qu'on a menées dans le passé qui n'étaient pas idiotes. Finalement, avec le recul, il y a aussi un environnement qui est meilleur. Ça ne veut pas dire que ça va durer. Mais si votre question, c'est est-ce que ça va mieux ? Oui, ça va mieux. Alors le plus significatif, et vous l'avez évoqué à l'instant bien sûr, c'est la croissance.
Quand même, arrêtons-nous un instant là-dessus, qui sera donc au-dessus de 1,5% quoi qu'il arrive pour cette année 2017.
Oui, une croissance au-dessus de 1,5%, c'est une bonne croissance puisqu'elle arrive à absorber tous les nouveaux entrants sur le marché du travail. Parce qu'on a une assez forte démographie. Donc chaque année, vous avez des nouvelles personnes qui vont sur le marché du travail. À 1,5% de croissance économique, vous arrivez à absorber toutes ces personnes qui rentrent. Donc la croissance, c'est une bonne chose. Mais c'est une croissance. Donc c'est une évolution de la production par rapport à l'année précédente. Et je tiens quand même à rappeler qu'on part d'une situation extrêmement dégradée.
En France, tout comme dans la zone euro, la France a retrouvé son niveau de PIB qu'elle avait avant la crise. En 2007, elle l'a retrouvé en 2014. C'est-à-dire qu'en 2014, on avait le même PIB qu'en 2007. Sauf que la population avait continué à augmenter. Donc les Français étaient plus pauvres en 2014 qu'en 2007. La zone euro a retrouvé ce niveau en 2015. Il y a encore trois grandes régions en France qui n'ont pas atteint leur niveau d'avant-crise. Donc oui, il y a une reprise. Effectivement, ça va mieux. Mais de là à dire que ça va bien, je pense qu'on en est encore loin. Parce que la situation de base est extrêmement dégradée.
Juste pour que ce soit un peu plus concret, que ça représente quoi cette hausse ? On dit qu'un dixième de point de croissance, 0,1, c'est 2 milliards injectés dans l'économie. Est-ce que ça ressemble à ça ?
Alors vous avez grosso modo, si on regarde notre PIB, on a un peu plus de 2 000 milliards. Donc effectivement, si vous avez 1%, c'est à peu près ça. Oui, effectivement.
Bien. Donc chaque dixième ramené en effet, chaque dixième d'augmentation évidemment compte. Cette reprise, est-ce que vous diriez malgré tout qu'elle est timide, Christine Cardellan ?
Oui, elle est relativement timide. Mais il y a beaucoup d'indicateurs quand même qui sont au vert et qui vont continuer à se développer. On parle des plus grands, les plus classiques, comme la croissance, comme les créations d'emplois. Mais si vous regardez le taux de défaillance des entreprises, par exemple, il est au plus bas depuis 20 ans. Il y a 20 ans qu'il y avait eu aussi peu d'entreprises qui ferment en fait. Et donc, comme la croissance européenne semble aussi solide, on peut penser que la croissance française est partie pour quelques temps s'il n'y a pas, bien sûr, de grandes crises en Chine ou aux Etats-Unis.
Ça annonce une baisse sensible et durable du chômage ?
Probablement. En tout cas, quand on crée 250 à 300 000 emplois en rythme annuel, et c'est le cas aujourd'hui, on va forcément faire baisser le chômage, même si on a beaucoup de jeunes qui arrivent sur le marché.
Il faudrait être à 2% de croissance ?
Idéalement, là, on serait certain, effectivement, de faire baisser le chômage.
Ce qui fait, on en a cité quelques-uns, à part la croissance, quels sont les autres indicateurs qui confirment cette embellie ?
On voit que les carnets de commandes sont pleins, que le moral des chefs d'entreprise est plutôt bon, que leurs marges se sont redressées, donc ils sont en position d'investir plus. Donc on devrait voir davantage d'investissements l'année prochaine, et dès cette année, d'ailleurs. Et donc ça, c'est vraiment positif, parce que ça enclenche une croissance durable, et pas seulement une croissance qui va être dopée par un peu de dépenses publiques supplémentaires ou un peu de demandes supplémentaires du côté des ménages. On est en train de renouveler un peu l'appareil productif, ce qui est positif.
Nicolas Bouzou, néanmoins, pas de quoi sauter au plafond, j'allais dire. – Non, alors, je pense qu'il y a deux risques, un risque interne et un risque externe. Le risque interne, et je commence à entendre cette musique et elle m'inquiète, ça consisterait à dire, au fond, comme les choses tendent à s'améliorer d'elles-mêmes, comme il y a de la croissance, c'est pas la peine d'opérer de gros changements. C'est un peu l'idée de François Hollande, d'ailleurs, ça n'est pas la peine d'opérer de gros changements, parce que les réformes, elles ont été réalisées par le passé, et donc laissons les choses se développer et s'améliorer.
Et ça, je pense que c'est une erreur intellectuelle, je pense que c'est une erreur d'analyse extrêmement profonde, parce que la croissance, oui, bien évidemment, la croissance, elle permet de diminuer le chômage. C'est ce qu'on appelle la part conjoncturelle du chômage. Vous avez une part qui, ces dernières années, était liée au manque d'activité, et de ce point de vue-là, la croissance permet d'améliorer les choses. Mais il faut quand même rappeler que la plus grosse partie du chômage en France n'est pas liée à la croissance.
C'est lié à un mauvais fonctionnement du marché du travail, et donc c'est bien là-dessus qu'il faut agir si véritablement on veut être ambitieux en matière de réduction du taux de chômage. L'autre risque, qui est un risque externe, qui me turlupine un peu, vous avez évoqué la Chine, c'est le fait que, par certains côtés, sur les marchés financiers, on est un peu dans une ambiance qui rappelle une ambiance d'avant-crise, c'est-à-dire qu'il y a eu beaucoup d'euphorie, on a des niveaux de valorisation dans certains secteurs qui sont très élevés, des taux d'intérêt qui sont extrêmement bas. Alors ça peut sembler abstrait, mais en fait c'est très concret.
Ça veut dire que vous avez beaucoup d'institutions sur les marchés financiers qui s'endettent beaucoup pour acheter des actions. Et donc on n'est quand même pas très à l'aise avec ça, et on se dit qu'il y a des foyers de fragilité dans l'économie mondiale, et la Chine, alors la Chine reste en croissance, mais avec une situation financière qui est un peu compliquée, parce que les ménages et les entreprises sont des... Je dis qu'il pourrait y avoir un nouveau krach.
Je dis qu'il pourrait y avoir un nouveau krach, et du coup, pour ne pas seulement inquiéter les gens, je dis, mais ça je le dis plutôt au gouvernement, agissons tout de suite pour renforcer la croissance économique en France et pour améliorer la situation du marché du travail, parce que ce contexte qui est bon aujourd'hui, évidemment, je ne peux pas du tout m'engager sur le fait que ça dure encore 5 ou 10 ans. Christine Cardellan ?
Oui, il ne faudrait pas rejouer la cagnotte. Vous savez, en 1999-2000, Lionel Jospin, ayant eu de meilleures recettes fiscales, la TVA remontait mieux, etc., parce que la croissance était davantage que ce qu'on avait prévu, avait dépensé en fait cette cagnotte. Là, on a 6 milliards d'euros de plus de recettes fiscales depuis les 6 premiers mois, sur les 6 premiers mois de l'année, par rapport à ce qui était prévu budgété. Donc, c'est une espèce de cagnotte, mais qui va servir bien sûr à réduire les déficits. Mais il ne faut pas crier oura, et le risque interne, il est un peu là. Il faut absolument profiter de l'embellie conjoncturelle pour opérer les réformes structurelles.
Thomas Porcher, est-ce qu'on peut comparer cette période que nous vivons, cette année 2017, à une autre période ? On évoquait à l'instant la fin des années 90, l'année 2000.
Les prévisions sont quand même beaucoup plus faibles que ce qu'on a connu entre 1997 et 2001, où là, il y a eu énormément de créations d'emplois. Il y a eu 2 millions de créations d'emplois. Donc, c'était vraiment une période, une embellie. Les déficits se sont réduits. La dette s'est réduite à cette époque-là, sans faire de coupes justement sur la dépense publique, juste parce que la croissance permettait de réduire les déficits et d'absorber la dette. Je dirais une chose, c'est effectivement, là où moi j'ai quelques craintes, c'est qu'on n'a tiré quasiment aucune leçon de la crise de 2008 ou très peu. Et donc, il y a encore des déséquilibres comme ça financiers.
Encore beaucoup trop élevés par rapport à la sphère réelle. On a vu un article récemment qui montrait que les dividendes avaient fortement augmenté. Donc, si les dividendes augmentent, c'est au détriment de l'investissement et de la part qui est redistribuée aux salariés. Donc, tous ces déséquilibres existent encore. Et j'ai peur que l'euphorie qu'il y ait suite à ces bons indicateurs nous fasse retomber dans ce qu'on a connu en 2008. Peut-être pas aussi fort, mais pourrait nous amener au même scénario.
À en croire les données économiques, la reprise économique est là. Les entrepreneurs confirment l'embellie. Il recommence à investir, à embaucher. Du coup, François Hollande en a profité pour sortir de sa réserve et se féliciter de ces bons chiffres qu'il n'hésite pas à s'attribuer. Alors, pour la reprise, merci qui ? Lucie Lémard et Stéphane Lopez.
C'est la victoire posthume d'un président mal aimé. La reprise économique tant attendue est là et cela méritait bien de sortir de son silence.
C'est vrai que les résultats sont là et qu'ils étaient d'ailleurs apparus dans les derniers mois du quinquennat et qu'ils sont encore plus manifestes aujourd'hui.
Indices de confiance, investissement, tous les indicateurs s'emballent. Les secteurs fragilisés du bâtiment, de l'automobile et du tourisme reprennent et créent de l'emploi. Près de 292 000 nouveaux postes cette année, inédits depuis 2011. Un élan encouragé par la croissance qui repart enfin et pourrait monter à 1,6% pour 2017. Ces chiffres sont attentivement suivis ici. BPI France, la banque publique d'investissement, soutient des PME et des entreprises innovantes. Selon ce responsable stratégique, les politiques françaises ont joué un rôle limité dans cette reprise. Les mérites de la croissance viennent d'ailleurs.
Il y a eu une reprise globale de l'économie mondiale. Comme vous le savez, la France met un peu plus de temps
à assurer les chocs, elle met un peu plus de temps pour repartir. Cette reprise mondiale est un peu plus ancienne, donc elle arrive en France. Une embellie qui motive les entrepreneurs.
Les chefs d'entreprise sur l'avenir nous disent en 2018, moi ce que je vais faire, c'est aller encore plus fort, plus vite. Donc ils disent, moi je vais avoir plus de croissance sur mon chiffre d'affaires et je vais encore plus embaucher. Donc on sent une volonté et une vision d'une accélération de cette croissance sur 2018.
Et dans ce climat de confiance, les patrons n'hésitent plus à embaucher. En juin dernier, Martin Fagar était au chômage. Mais après un mois de recherche, le jeune commercial a retrouvé un emploi dans cette entreprise de paiement digital. Non, c'est début septembre, c'est la semaine suivante, non ? Son tout premier poste en CDI. Déjà ?
C'est rassurant pour ma mère, pour mon banquier. Les choses décantent plus vite. C'est-à-dire qu'avant, si des personnes avaient des entretiens, les gens disaient, non, mais là, c'est pas forcément le bon moment, c'est pas forcément le bon contexte. Depuis 4 mois, on a l'impression qu'il y a énormément d'offres qui sortent tous les jours et que les processus vont plus vite et les offres sont plus rapidement fermes.
Ici, le retour de l'investissement a permis de booster les ventes. En un an, le nombre de clients a augmenté de 90%. Mais ceux que j'ai référencés, normalement, sont plutôt gros. Et pour que la dynamique tienne, les responsables comptent maintenant sur les futures réformes du gouvernement.
Moi, c'est le point que je vois personnellement aujourd'hui, c'est effectivement l'assouplissement du code du travail aujourd'hui pour permettre à une start-up comme la nôtre de pouvoir travailler, avoir des horaires de travail très aménageables, plein de choses beaucoup plus souples que c'est le cas aujourd'hui avec les accords de branche.
Mais face aux réformes, François Hollande met en garde Emmanuel Macron.
Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles. Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures.
Alors ce qu'il faut, c'est conforter le mouvement qui est engagé, l'investissement, la consommation, le pouvoir d'achat et éviter toute décision qui viendrait contrarier ce mouvement qui est engagé. Mercredi, le président en déplacement à Salzbourg a répondu à son prédécesseur, dérogeant à sa règle ne pas parler de politique française à l'étranger. J'entends la chronique météorologique de savoir si les chiffres du mois sont bons, pas bons, si d'un seul coup ça va mieux en France. Ça fait 20 ans, 30 ans qu'on a cette discussion.
La transformation que nous opérons, qui correspond à mon engagement de campagne profond, c'est celle de faire rentrer la France dans le XXIe siècle et en particulier pour les plus jeunes de gagner la bataille du chômage de masse. Non pas de faire baisser d'un point ou deux points le chômage, de profondément changer les structures économiques et sociales françaises. Car comme l'a rappelé Emmanuel Macron, la reprise en France fait encore pâle figure face aux bons élèves européens.
C'est vrai ça d'ailleurs, ça va mieux en France mais on est encore loin de nos voisins européens ?
On est tout juste dans la moyenne européenne en ce qui concerne la croissance et pour le chômage on est très très au-dessus de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de la Suisse, enfin pratiquement tous les grands pays développés européens.
Les écarts sont très importants en Europe et dans la zone euro. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de pays au plein emploi, il y a des pays au plein emploi et puis il y a beaucoup de pays évidemment notamment au sud de l'Europe qui restent des pays de chômage de masse. Alors question SMS, ces signes encourageants ne sont-ils pas les fruits du temps décrié quinquennat Hollande ? Sophie Faye ?
Alors pas vraiment, un petit peu quand même mais si on regarde, il a eu de la chance quand même François Hollande parce qu'il a eu un alignement des planètes avec un prix du pétrole qui était vraiment bas, une BCE qui n'a pas cessé de baisser ses taux d'intérêt donc avec des taux d'intérêt bas, des prix bas et une conjoncture internationale qui était très porteuse et donc finalement, tout ça, ça fait quand même, ça explique 80% de la bonne croissance et 20% on peut quand même lui accréditer, lui créditer, 20% c'est le CICE, c'est ses réformes et c'est cette politique pro-entreprise mais il n'y est quand même pas pour grand chose parce qu'avec un tel alignement de planètes, le pétrole, les taux d'intérêt et la conjoncture internationale, il aurait pu accélérer beaucoup plus.
C'est intéressant ce que vous dites, 80-20, 80% de conjoncture économique globale, mondiale ou européenne et 20%. Mais est-ce qu'il a raison quand même de s'attribuer ces 20% ou un peu plus selon vous Nicolas ?
Il ne faut pas oublier que quand même Emmanuel Macron était dans le gouvernement de François Hollande, c'était le ministre de l'économie de François Hollande donc cette guéguerre pour moi n'a pas lieu d'être finalement puisqu'ils ont faim. Emmanuel Macron était le conseiller de François Hollande, c'est lui qui lui a dit de ne pas renégocier les traités ce qui était une erreur puisque la croissance n'a pas été au rendez-vous pendant les deux premières années puis après la politique de l'offre elle a été faite en grande partie par Emmanuel Macron, la loi Macron, la loi El Khomri que Emmanuel Macron soutenait.
Donc en fait c'est la même chose et c'est vrai ce qui est dit est vrai c'est que 60% c'est la conjoncture internationale 20% c'est l'action de la Banque Centrale Européenne et 20% c'est la politique économique. Après sur ces 20% bon voilà il se les partage entre Emmanuel Macron et François Hollande il n'y a pas d'opposition entre les deux. Le CICE ? Oui, bien sûr le CICE a une influence extrême pour réduire les coûts de main-d'oeuvre en France. Pourquoi ça a été si long ? Pourquoi ça a été si long ?
Parce que c'était décalé en fait le crédit d'impôt arrivait plus tard et donc les entreprises en plus comme c'était une usine à gaz de mettre en place cela ou ça leur paraissait être une usine à gaz ont mis beaucoup de temps à rentrer dans le dispositif. Donc ça a mis effectivement un an un tout petit peu deux ans un petit peu plus trois ans on a commencé à sentir l'effet.
Nicolas Boujou. Sous le quinquennat précédent je pense qu'il y a schématiquement deux périodes. Il y a une première période qui a été celle du choc fiscal grosso modo qui a affecté fortement la croissance durablement la croissance et qui explique que la croissance en France soit repartie après les autres. Il y a une deuxième partie qui a été celle du CICE du pacte de responsabilité de la prime pour l'embauche pour les entreprises qui sont des politiques qui sont pas il s'agit de baisser le coût du travail globalement ou en tout cas de mimer des effets de baisse du coût du travail.
Alors évidemment intellectuellement ça va pas très loin mais ça marche un peu ça marche un peu quand vous baissez le coût du travail toutes choses égales par ailleurs et bien vous enrichissez la croissance en emploi. Si on n'avait pas fait cette politique on aurait des créations d'emploi puisqu'on a un peu de croissance mais elle serait moins forte.
Donc c'est quand même une politique qui est un peu frustre beaucoup plus que ce qu'essaie de faire aujourd'hui par exemple le gouvernement qui veut agir sur le droit du travail qui veut modifier l'équilibre accords de branches accords d'entreprises on peut ne pas être d'accord avec ça mais il y a une volonté en tout cas d'agir sur les structures du marché du travail ce n'est pas du tout ce qu'on a fait lors du quinquennat précédent mais bon ces politiques elles ont quand même fonctionné elles ont fonctionné et à mon sens elles sont absolument insuffisantes mais ça peut être les deux à la fois.
Thomas Porcher Ce qui fait qu'il y a eu quand même beaucoup de chômage en France depuis 2008 il y a 1,5 million de chômeurs en plus depuis 2008 c'est vraiment les politiques macroéconomiques après la crise on a fait de la relance comme les Etats-Unis quand vous calquez les deux courbes c'est intéressant on a fait de la relance on a eu de la croissance on a eu des croissances un taux de croissance équivalent à ceux d'aujourd'hui jusqu'en 2011 donc ça allait très bien les Etats-Unis ont continué à faire de la relance ils ont retrouvé leur niveau d'avant-crise en 2011 nous en 2011 la zone euro décide de pratiquer l'austérité et là on voit les courbes tout de suite nous perdons notre niveau de PIB nous descendons certains pays sont encore en dessous de leur niveau d'avant-crise la zone euro a mis 8 ans à s'en remettre aujourd'hui un européen de la zone euro est plus pauvre en PIB par tête qu'avant la crise donc il y a eu vraiment des politiques macroéconomiques extrêmement mauvaises et effectivement dans ce contexte-là si vous n'avez pas de croissance qu'est-ce que vous faites ?
Vous flexibilisez mais si on avait fait une bonne politique macroéconomique comme les Etats-Unis et bien on aurait eu de la croissance les Etats-Unis sont à 10% de PIB au-dessus de leur niveau de 2007 et donc finalement dans ces conditions-là on n'a pas besoin de flexibiliser puisque vous avez la croissance qui crée naturellement de l'emploi donc il y a vraiment de la politique macroéconomique c'est-à-dire que fait la zone euro et de l'autre côté vous avez des réformes structurelles mises en place
Politiquement c'est quand même étrange ce qui se passe parce que François Hollande a mis en place un système ce fameux CICE qui porte ses fruits mais c'est son successeur qui en bénéficie donc il a beau jeu de venir aujourd'hui dire oui c'est grâce à moi politiquement c'est quand même un ratage
il est un peu fautif parce qu'il n'a pas réussi à convaincre sa majorité que le CICE était une bonne chose qu'il était nécessaire qu'il allait porter ses fruits il n'a pas réussi à convaincre Bercy qu'il ne fallait pas faire un crédit d'impôt auquel personne ne comprend rien mais qu'il fallait faire une baisse de charge tout de suite et donc à la fin il a eu un dispositif qui a été contesté pendant tout son quinquennat donc les chefs d'entreprise disaient ils vont le remettre en cause l'année prochaine donc est-ce que vraiment j'embauche sur la base de ce dispositif qui ne sera peut-être pas pérenne et puis en plus on s'est toujours demandé enfin c'est compliqué comme disait Christine ça arrive un an plus tard vous ne l'intégrez pas directement dans votre calcul au départ et donc vous ne savez pas très bien donc ça vraiment il doit s'en prendre à lui-même de ne pas avoir réussi à convaincre ni Bercy ni sa majorité
Christine Cardellan
pour compléter ce que disait Sophie Feil sur la discussion entre effet Macron ou effet Hollande alors il y a cet effet Hollande effectivement du CICE mais qui a été soufflé par Macron quand même quand il était effectivement ministre des finances mais il y a quand même un effet Macron aujourd'hui parce que le moral des chefs d'entreprise est remonté grâce à lui grâce aux mesures qu'il a annoncées et qui vont venir et il y a un effet international
déjà pardon de vous couper
mais déjà en trois mois après 100 jours dans les anticipations de création d'emplois les chefs d'entreprise ont quand même retrouvé confiance il y avait un chiffre qui est sorti hier qui disait que 7% l'investissement sera de 7% cette année alors qu'on attendait seulement 4 ou 5% dans les entreprises et ça c'est la confiance qui est apportée par un nouveau président quand même qui contrairement à ce que François Hollande avait fait quand il était arrivé arrive avec des mesures favorables aux entreprises et non pas des 75% sur les hauts revenus une taxation accrue du capital etc.
donc il arrive dans de bonnes conditions il porte un message positif et ça donne envie aux chefs d'entreprise de créer des emplois
vous êtes d'accord avec ça il y a un effet Macron dans les chiffres que l'on voit et que l'on décrypte aujourd'hui ?
je pense qu'il y a un effet Macron oui sur le moral des chefs d'entreprise sur l'économie moi je n'achète pas globalement l'idée du lien entre la confiance et l'économie en règle générale parce que j'ai beaucoup de mal à le voir dans les chiffres je crois que ce qui compte tout va se jouer là en réalité là on a deux échéances les ordonnances travaillent est-ce qu'elles seront aussi ambitieuses que ce que le président de la République avait annoncé pendant sa campagne donc ça on va le savoir là c'est d'ici une grosse semaine et puis et ça c'est très important la loi de finances 2018 parce que là la loi de finances 2018 on a déjà eu une première zone de cafouillage en juillet vous vous en souvenez quand le Premier ministre a fait la déclaration de politique générale et qu'il nous a dit que la réforme de l'impôt sur la fortune et de la fiscalité du capital on y pensait mais enfin que ça ne serait pas tout de suite et que ce serait étalé dans le quinquennat ça a été un premier signal de brouillage de la politique du gouvernement et on en a eu un autre ces derniers jours avec l'augmentation de la CSG versus baisse des cotisations salariales pour les salariés où on a encore un peu de mal à comprendre précisément quel sera le calendrier donc tout ça c'est la loi de finances 2018 qui sera annoncée fin septembre c'est clé pour la confiance j'essaye de résumer un petit peu ce que j'entends depuis quelques minutes sur ce plateau une énorme partie de l'explication réside dans la conjoncture économique vous l'avez dit les taux très bas on n'a pas parlé de l'euro aussi évidemment le niveau de l'euro le pétrole le pétrole
vous savez que juste le pétrole le gain de pouvoir d'achat donné aux ménages grâce à la baisse du pétrole c'est l'équivalent de la relance de 1981 quand François Mitterrand était arrivé au pouvoir c'est l'équivalent donc c'est énorme
il y a aussi une petite part du gâteau pour François Hollande et puis une petite part du gâteau aussi pour Emmanuel Macron qui insuffle comme ça une nouvelle dynamique
ça vous va ce partage encore une fois on essaie de comprendre je pense que dans le cadre français Emmanuel Macron rassure les entrepreneurs je veux bien le croire après l'effet qu'il y a mesuré sur la conjoncture je pense que comme l'a dit Nicolas Bouzou c'est très difficile de calculer surtout que ça voudrait dire qu'il y a un effet mondial puisque l'économie mondiale se porte mieux il y a des moteurs comme la Chine qui repartent qui vont afficher des 6% de croissance donc quand on regarde au niveau mondial vraiment ça semble repartir donc l'effet Macron je pense qu'effectivement il rassure les entrepreneurs mais globalement l'économie mondiale va mieux et donc ça aurait quand même profité à la France après c'est vrai que François Hollande avait été beaucoup dans l'improvisation il avait augmenté les impôts puis après il avait fait le CICE puis après la politique de l'offre tout ça il ne l'avait pas dit dans son programme mais au final quand on résume l'impact de François Hollande François Hollande est arrivé avec un taux de chômage il repart avec le même taux de chômage donc voilà alors certes certains disent qu'il y avait une tendance à la hausse et qu'il a réussi à inverser cette courbe mais le taux de chômage est le même donc si aujourd'hui on se contente de dire que ça c'est une satisfaction politique moi je ne crois pas je crois qu'il est arrivé avec un taux de chômage il repart avec un taux de chômage donc non c'est pas satisfaisant surtout on est parti on se réjouit de cette croissance mais elle n'est quand même pas phénoménale on n'est pas à 3% on reste quand même en dessous de 2% donc il ne faut pas trop trop crier victoire ça restera très difficile de recréer des emplois dans les régions dans certaines régions qui sont aujourd'hui particulièrement des hérités particulièrement malmenés donc il faut vraiment que la croissance monte plus pour que tout le pays en bénéficie pour l'instant c'est les métropoles On parle de quelles régions d'ailleurs
quelles sont les régions les plus défavorisées ?
Toutes les régions qui sont frappées très fortement par la désindustrialisation Grand Est Le Grand Est Haute-France Haute-France qui sont en dessous de leur niveau d'avant crise alors que la population a augmenté donc ils sont plus pauvres qu'avant la crise Ok
donc la guéguerre Hollande-Macron c'est de la com' pour l'instant c'est de la rivalité entre ces deux hommes Christine Cardellan
Oui enfin je dirais complètement François Hollande donne le coup de pied de l'âne il se venge de la manière dont il est parti et de la trahison avec méthode comme il avait dit dont il a été l'objet de la part d'Emmanuel Macron
Il y a un point de fond qui me semble quand même très important dans ce débat c'est ce que dit François Hollande à la fin de l'intervention qu'on a vue c'est-à-dire ce n'est pas la peine au fond de demander des sacrifices supplémentaires et d'aller plus loin là on est quand même en droit d'avoir ce débat François Hollande nous dit j'ai fait les réformes j'ai fait les changements ça n'est pas la peine d'aller plus loin l'actuel président de la république nous dit s'il faut aller plus loin là il y a quand même un vrai débat de fond qu'on peut trancher moi je pense qu'entre Hollande et Macron c'est Macron qui a raison mais en tout cas il y a un sujet
ça va durer la reprise là pour l'instant c'est des prévisions on espère mais là c'est vrai que l'euro remonte et l'euro qui remonte pourrait être un frein puisque un euro faible favorise nos exportations et là on a un euro qui remonte qui pourrait même le FMI l'a indiqué qui pourrait être effectivement un frein aussi la coupe de dépenses publiques pourquoi c'est un frein l'euro qui remonte ?
écoutez en fait quand vous avez un euro faible vos exportations la compétitivité c'est soit la baisse du coût du travail soit la politique monétaire quand vous avez un euro faible c'est comme si vous subventionnez vos exportations et que vous rendez les importations plus chères en monnaie étrangère avec un euro plus fort il y a toute une partie de nos secteurs à l'export qui finalement perdent un peu en compétitivité alors si vous exportez du haut de gamme comme les allemands du Mercedes du BMW quel que soit finalement le taux de change de l'euro tout le monde veut ses produits haut de gamme donc l'euro n'impacte pas mais quand vous avez une production qui est moins bien placée dans les gammes là vous risquez d'être impacté par l'euro et même le FMI le note et la dernière chose que note le FMI c'est qu'une politique trop restrictive en termes de dépenses publiques c'est à dire trop forte en termes d'austérité peut également avoir un impact sur la croissance donc vraiment ils annoncent bien et encore une fois c'est une note du FMI que la croissance pourrait être moins élevée que prévue s'il y avait des trop fortes coupes dans la dépense et si l'euro venait remonter une dernière chose que j'ajoute c'est il faut savoir à qui profite cette croissance c'est une bonne question encore une fois si elle profite plus à la sphère financière qu'à la sphère réelle on est dans des équilibres financiers qui ne sont pas intéressants et puis surtout il faut savoir pareil au niveau du territoire quelles zones vont en profiter plus que d'autres donc une croissance pour une croissance oui c'est bien mais après il faut que ce soit plutôt dans les secteurs d'avenir et qu'elle soit plutôt inclusive donc qu'elle profite à tous et qu'elle
d'une certaine façon qu'elle soit synonyme de confiance parce qu'on cite beaucoup de chiffres depuis le début de cette émission mais il y a aussi un déficit de confiance dans les entreprises chez les salariés ça je crois que c'est vraiment clé dans le cas français ça nous ramène à ce qu'on disait tout à l'heure on vient d'une situation qui est très dégradée je vais vous donner une explication une illustration très concrète les gens qui nous regardent se disent mais moi je ne gagne pas plus d'argent il y a peut-être de la croissance mais je n'ai pas plus à la fin du mois pour que les gens aient plus à la fin du mois il faut pour que les salaires augmentent il faut que le marché du travail soit tendu c'est-à-dire il faut que les entreprises dans leur grande masse aient des difficultés à recruter pour qu'elles augmentent leur salaire ça veut dire que pour avoir de forts gains de pouvoir d'achat il faut beaucoup de croissance mais il faut aussi 6% de chômage voyez on en est loin alors si on continue comme ça donc on en est très loin donc ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'amélioration mais pour que les gens voient une amélioration sur leur salaire pour que leurs enfants trouvent des stages pour que leurs voisins retrouvent un travail bien ça la vérité commande de dire que ça prendra plusieurs années la confiance c'est un évidemment quelque chose de fondamental
oui moi je suis convaincue que l'économie c'est la confiance c'est parce que le chef d'entreprise est convaincu qu'il a un marché qu'il va acheter les machines et recruter les salariés pour fabriquer les produits qui vont répondre aux besoins de ce marché et ça c'est c'est complètement j'allais dire c'est presque inné chez certains chefs d'entreprise mais en tout cas c'est quelque chose qui repose énormément sur la confiance et en ce qui concerne les salariés leur consommation repose aussi sur la confiance qu'ils ont dans l'avenir s'ils pensent que bon ils vont perdre leur travail ou qu'ils vont avoir des grosses dépenses je ne sais pas parce que les impôts vont augmenter ils vont effectivement acheter moins et donc l'économie c'est de la confiance et là il y a une erreur tactique je trouve d'Emmanuel Macron au début du quinquennat qui est probablement lié au fait qu'il a confié Bercy à des ministres de droite qui n'avaient pas travaillé avec lui sur son programme de campagne ces économistes pendant la campagne Jean-Pierre Zanniféri Philippe Martin lui avaient dit il faut quand on veut restructurer il faut de la croissance donc il faut quand on fait les restructurations quand on fait les réformes de fonds il faut les accompagner d'un plan d'investissement de 50 milliards important et il ne faut pas faire de la réduction de dépenses publiques au début elle viendra après il faut d'abord enclencher un cercle vertueux avant de faire ça et ils ont demandé ce rapport à la Cour des comptes qui a dit que les dépenses étaient plus élevées que prévues mais on le savait puisqu'il y avait notamment toutes les dépenses liées aux opérations militaires extérieures qui de toute façon fallait bien les faire et ils ont commencé à parler de réduction de la dépense supprimer les crédits des maires diminuer les APL les allocations de logement sans faire de réformes et tout à coup on a entendu parler d'une époque on a déjà connu on resserre tout on réduit les dépenses au lieu de dire écoutez on va s'occuper de vous pendant cette période où on va faire des réformes les réformes elles vont peut-être être difficiles pour vous mais en même temps on vous soutient on soutient par de l'investissement on soutient en changeant l'économie et je trouve que là il a fait un petit faux pas tactique
c'est l'un des secteurs stratégiques de notre économie l'industrie automobile est en pleine forme au point que Renault est devenue numéro 1 mondial cet été une success story derrière laquelle se cache un homme Carlos Ghosn Laurent Hirsch l'assemblée générale de Renault c'est la grande messe des actionnaires du constructeur automobile un rendez-vous au cours duquel cette année Carlos Ghosn l'emblématique patron du groupe a fait une annonce historique en volume de vente depuis janvier l'alliance reste dans le peloton de tête des trois premiers constructeurs mondiaux
nous prévoyons d'occuper la première place de ce podium à mi-année cela n'a jamais été un objectif mais c'est une grande satisfaction
prévision confirmée un mois plus tard pour le premier semestre de cette année Renault et ses partenaires ont écoulé près de 5 millions 250 000 véhicules dans le monde devant Toyota et Volkswagen une performance inédite le triomphe de Carlos Ghosn à la tête de Renault pour comprendre les ressorts de cette success story hors normes retour en 1999 cette année-là Renault vole au secours de Nissan au bord de la faillite Louis Schweitzer alors PDG de l'entreprise française envoie son meilleur lieutenant au pays du soleil levant Carlos Ghosn un polytechnicien de 45 ans en quelques années cet homme à poigne supprime 21 000 postes et ferme 5 usines mais surtout il redresse Nissan de quoi faire de lui un patron star au Japon pas moins de 15 livres lui sont consacrés y compris un manga la légende de Carlos Ghosn est en marche
à partir du moment où la notoriété est là pour aider l'entreprise à passer une nouvelle phase c'est bon
tout en gardant ses fonctions chez Nissan Carlos Ghosn est nommé directeur général de Renault en 2005 les japonais redoutent alors l'éloignement de celui qu'il surnomme le samouraï
on a peur qu'il s'en aille parmi les salariés mais ce que le PDG nous a appris c'est maintenant dans nos gènes et même s'il est moins présent parmi nous on va continuer le même effort
porté par quelques succès emblématiques comme la Logan Renault est malgré tout en perte de vitesse Carlos Ghosn conçoit un plan de relance mais il est contrecarré par la crise financière de 2008 fragilisé le groupe mis alors sur la Russie en 2012 ils rachètent Aftovaz propriétaire de la marque Lada nous prévoyons de nous emparer de 40% du marché russe d'ici 2016 avec une capacité à venir qui dépassera le million de véhicules Aftovaz restera en première ligne du marché automobile russe peu à peu les synergies entre Renault et Nissan s'intensifient ressources humaines achats logistiques et même productions sont mis en commun comme à l'usine de Flin d'où sortent des Nissan Micra en plus des Renault Clio et des Zoé 1er février 2016 Renault jusqu'alors absent du marché chinois y ouvre sa première usine mais c'est surtout 8 mois plus tard que le groupe va prendre une nouvelle envergure Renault, Nissan et Mitsubishi se marient cette transaction représente un potentiel gagnant-gagnant pour les deux entreprises et promet d'apporter des synergies significatives ainsi que des opportunités de croissance
désormais PDG
de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Carlos Ghosn 63 ans dirige un groupe tentaculaire avec ses 8 marques il réalise 200 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et fait travailler 450 000 salariés dans le monde seul ombre au tableau le scandale des moteurs truqués qui pourrait coûter cher à Renault son concurrent Volkswagen y a laissé 20 milliards d'euros Carlos Ghosn lui se défend de toute tricherie il n'y a pas de tricherie il n'y a pas de système de software etc essayant de présenter les résultats différemment de ceux qui sont porté par une conjoncture favorable Renault table aujourd'hui sur une poursuite de sa croissance se traduisant par une vague d'embauche rien qu'en France le groupe va recruter 3600 personnes d'ici 2020 dont 1800 cette année c'est une histoire incroyable Carlos Ghosn et le redressement de Renault parce qu'il n'y a pas si longtemps il y a quelques années on se demandait si Renault allait si bien que ça et allait même survivre les constructeurs français d'ailleurs les deux constructeurs français avaient beaucoup de difficultés l'industrie automobile elle est extrêmement cyclique donc on a toujours des phénomènes de choix non mais c'est vrai on a toujours des phénomènes de chaud et froid ceci dit je pense que l'avenir n'est pas joué dans cette affaire l'automobile nous dit beaucoup de choses sur l'économie en général il y a un mouvement de reprise aujourd'hui c'est clair on le voit bien avec nos constructeurs mais l'automobile change de nature l'avenir c'est pas la voiture comme on l'a connu ces dernières décennies l'avenir c'est la voiture électrique sûre à 70-80% sans chauffeur sûre à 50% dans un avenir qui est relativement proche c'est à dire à l'horizon de 10-15 ans donc ce sont des choses qui doivent se préparer dès maintenant donc on a des enjeux de transformation dans les entreprises mais vous voyez comme au niveau national qui sont des enjeux absolument colossaux parce que ce sont des écosystèmes complètement différents avec des villes différentes avec des emplois qui vont se transformer et de ce point de vue là alors ça n'est pas du tout pour diminuer le mérite probablement immense de Carlos Ghosn simplement les constructeurs français sur ces questions d'innovation n'ont jamais été tout à fait en pointe sur l'électrique par exemple on a bien vu alors aujourd'hui Renault fait de l'électrique il n'y a pas de problème mais enfin on a bien vu qu'on a mis un petit peu de temps à s'y mettre et qu'on est bon dans le redressement des entreprises dans la restructuration des entreprises on sait faire ça a été montré de grosses fusions avec des acteurs étrangers pour faire des géants mondiaux on mutualise les coûts tout ça fonctionne bien mais là on est vraiment en ce moment dans l'automobile comme dans d'autres secteurs dans une période d'innovation radicale alors vous avez anticipé la question posée par un téléspectateur mais vous avez bien fait du coup je vais la reposer à Thomas Porcher les ventes de voitures dans un pays sont-elles un bon indicateur de la santé économique ?
oui en général oui c'est un indicateur que les gens observent effectivement et même la santé d'un constructeur historique quand même veut dire quelque chose à la crise aux Etats-Unis en 2008 vous avez General Motors qui a fait faillite donc c'est quand même voilà c'est quand même un signe et puis même nous nos deux constructeurs étaient très mal après la crise d'ailleurs l'Etat les a renfloués il a mis pratiquement 6 milliards la prime à la casse pour redresser ces deux constructeurs alors aujourd'hui la situation de Renault va très bien c'est le groupe qui va bien Nissan Mitsubishi parce qu'en fait en réalité ils sont passés devant parce que Nissan a racheté Mitsubishi et que voilà Renault a Nissan et donc Mitsubishi et Dacia également et c'est dans un contexte où Volkswagen va un peu moins bien à cause des moteurs truqués et aussi Toyota va un peu moins bien parce qu'ils ont rappelé tout un tas de véhicules de dernière gamme donc le contexte est quand même plus favorable à Renault qu'aux deux autres maintenant si on prend l'ensemble si on commence à prendre les fourgonnettes les camions etc Volkswagen reste toujours numéro 1 sans faire de French bashing reste toujours quand même numéro 1 mais maintenant c'est vrai ce que dit Nicolas Bouzou c'est que bizarrement l'accueil de ces résultats extrêmement bons n'a pas été très bon sur les marchés financiers or normalement les marchés financiers sont assez euphoriques pour rien et quand ils ne sont pas euphoriques c'est qu'il faut regarder et là ils n'étaient pas du tout euphoriques c'est parce que sur le long terme ils se disaient voilà il risque d'y avoir cette histoire de scandale du diesel qui pourrait toucher Renault et puis ils n'arrivent pas à avoir la stratégie de long terme en termes de gamme de véhicules de Renault et donc il y a une forme de soucis l'action a perdu un petit peu de la valeur sur les marchés financiers suite à ces bons résultats Christine Cardellan Oui juste pour compléter ce que disait Thomas si l'action a perdu de la valeur c'est aussi parce que la rentabilité de Renault est beaucoup moins bonne que celle de Peugeot PSA pardon PSA a vu son action augmenter Renault a vu baisser et pourquoi ?
Parce que Renault gagne à peu près 1000 euros par véhicule vendu alors que PSA gagne 1400 euros par véhicule vendu 40% de plus que Renault donc cette rentabilité qui est meilleure fait que les actionnaires vont plus vers les actions PSA en ce moment que vers les actions Renault la deuxième chose que je voulais dire c'est le deuxième bémol un peu si on fait le lien entre la croissance française et les bons résultats de Renault c'est que les bons résultats de Renault ne sont pas du tout liés à la croissance française puisqu'il y a seulement 20% des ventes de Renault Renault, Nissan, Mitsubishi qui se font en France tout le reste maintenant c'est à l'étranger donc de même qu'il n'y a plus beaucoup de salariés enfin peut-être je ne sais pas le chiffre exact mais il y a peu de salariés français qui travaillent dans le groupe Renault, Nissan, Mitsubishi le reste du monde est beaucoup plus important de même les ventes françaises sont relativement moins importantes on va embaucher en France c'est ce qui était dit
à la fin du reportage 3500 personnes
mais depuis 20 ans à l'échelle de 450 000 vous voulez dire et depuis 20 ans ils ont perdu la moitié de la main d'oeuvre en France les constructeurs automobiles ce qui est intéressant c'est que derrière Renault et derrière l'industrie automobile il y a aussi tous les sous-traitants qui allaient vraiment très très mal pendant justement cette période de crise et quand on regarde aujourd'hui Valeo, Michelin c'est des entreprises qui vont au moins aussi bien que Renault et qui ont elles pas loupé ce tournant de l'innovation et quand on regarde comment elles font pour s'adapter à la conjoncture comment elles font pour adapter leurs usines comment elles font pour rester dans le coup et bien on a presque une approbation par anticipation de la politique d'Emmanuel Macron sur la réforme du marché du travail puisque chez Michelin ils ont décentralisé les accords ils ont passé des accords avec tous les partenaires sociaux dans les usines certains ont même été signés par des organisations comme Sud en disant il faut qu'on soit très adaptable il faut qu'on puisse répondre à la demande quand elle est là et donc il faut qu'on travaille plus si on a un pic de demande et qu'on travaille un peu moins si on en a moins et ça exige de la flexibilité de la part des salariés mais l'entreprise va aussi faire des efforts sur la rémunération et donc ils ont fait quelque chose d'assez formidable et donc ce secteur est assez emblématique de ce qu'on peut faire pour avoir une économie plus performante
Vous avez évoqué Nicolas Bouzoul l'avenir de cette industrie automobile évidemment voitures électriques voitures sans chauffeur mais à propos d'avenir dans ce secteur il y a aussi le fait qu'on dit qu'il y aura de plus en plus de robots et de moins en moins de salariés du coup Oui alors oui évidemment de plus en plus de robots pour construire les voitures évidemment non mais il y aura de plus en plus et puis là on n'a vraiment rien vu c'est à dire qu'il y aura de plus en plus de robots hybridés à de l'intelligence artificielle c'est à dire qu'on va avoir probablement des gains de productivité extraordinaire dans les usines et on nous vend et les constructeurs nous vendent l'idée selon laquelle on va pouvoir préserver l'emploi dans les usines et honnêtement je pense que c'est faux donc à moyen terme l'emploi est amené à diminuer mais c'est pas grave si on est capable de recréer des emplois ailleurs et si on est capable alors je ne veux pas anticiper sur le prochain reportage mais si on est capable de relocaliser des usines parce que même si on a des usines avec moins de gens à l'intérieur si on les relocalise si on en a beaucoup et bien ça va faire redémarrer tiens les territoires dont on parlait tout à l'heure ça peut les faire redémarrer un peu parce que quand vous avez une usine autour si ça marche vous n'avez pas seulement l'usine vous avez le café vous avez le restaurant vous avez le coiffeur vous avez les commerces et de proche en proche on peut recréer de l'emploi grâce à des usines qui sont compétitives mais oui bien évidemment les gains de productivité la technologie qui va envahir nos usines sera très spectaculaire ces prochaines années les autres secteurs qui vont bien le tourisme
oui le tourisme va mieux le tourisme a toujours été bien en France c'est vrai qu'après il y a eu les effets des attentats etc qu'est-ce qu'il y a d'autre le BTP le BTP l'investissement repart de manière générale le BTP il va y avoir le chantier du Grand Paris le chantier du Grand Paris a commencé et c'est phénoménal il devient difficile de louer des grues on voit l'investissement repartir de ce côté là
alors attention aussi c'est pas du tout pour doucher l'ambiance mais le BTP part d'un point il est en reprise à la fois les travaux publics mais même le bâtiment les bureaux les maisons ça repart mais on était tombé à des points d'activité incroyablement bas donc on repart mais à des niveaux qui restent très faibles oui mais c'est la fameuse phrase quand le bâtiment va tout va et bien ça reprend ça reprend
il y a aussi la mécanique l'agroalimentaire la beauté l'oréal va très très bien enfin il y a énormément de secteurs qui vont bien grâce à la croissance mondiale je dirais parce que nos grandes entreprises elles s'appuient sur la croissance mondiale exactement mais il faut que cette croissance soit bien orientée par exemple sur les bâtiments vous savez aujourd'hui on a 25 millions d'habitations à rénover pour qu'elles consomment moins d'énergie ce qui est très bien avec la COP21 make make or planet great again voilà ce que disait Emmanuel Macron donc là il y a de l'investissement qui peut être intéressant c'est de l'investissement qui crée de l'emploi en France donc c'est très bien aussi avec des effets multiplicateurs très élevés en Allemagne chaque euro investi dans la rénovation des bâtiments on rapporte de 2 à 4 euros de recettes budgétaires publiques via l'activité générée donc là on a une croissance qui pourrait être intéressante parce qu'elle est bien orientée si demain on a une croissance comme j'ai dit qui est comme avant 2008 ou qui est une croissance qui est mal répartie ou qui va dans des secteurs qui sont par exemple polluants c'est pas une bonne croissance donc derrière le chiffre de la croissance il faut toujours regarder quand même où se dirige cette croissance
on l'a évoqué brièvement tout à l'heure le plan d'investissement de 50 milliards il s'adresse à qui ça correspond à quoi
il y a une partie sur la transition énergétique
on sait peut-être pas
on sait pas encore on sait pas encore il avait quand même fait un plan global il y avait 15 milliards sur la transition énergétique il y avait une partie sur l'agriculture il y avait une partie sur les hôpitaux donc il y avait quand même un séquençage même si on ne sait pas exactement effectivement mais il y avait quand même un séquençage un peu grossier de ce plan d'investissement après quand est-ce qu'il va être fait normalement à partir de septembre il y a une commission qui est mise en place mais je pense qu'il ne sera pas mis en place avant 2018-2019 et là-dessus je pense que c'est un problème là je pense que c'est un problème de promesse de campagne parce qu'Emmanuel Macron avait dit qu'il faisait ce plan de relance et moi je pense qu'il faut tout faire en même temps le modèle danois ou le suédois qu'Emmanuel Macron aime beaucoup c'est un modèle où quand ils ont fait la flexi-sécurité ils ont investi beaucoup de points de PIB le Danemark a investi 5 points de PIB quand il a flexibilisé son marché du travail là Emmanuel Macron il veut investir 2,5 points de PIB beaucoup moins et il ne va pas le faire en même temps donc il ferait mieux de le faire en même temps ce serait quand même déjà une bonne chose pour soutenir l'activité
le gouvernement en ce moment essaie de faire des réformes de structure notamment sur le marché du travail je suis d'accord avec ce que dit Thomas Porcher la bonne façon d'accompagner ces réformes c'est d'accompagner la croissance et donc il est un petit peu dommage que pendant la campagne on nous ait dit que tout allait se faire en même temps et depuis l'élection présidentielle on a quand même l'impression que tout s'étale dans le temps notamment ce plan d'investissement
objectivement on savait que c'était impossible quand même au moment où il faisait ses promesses on savait tous que c'était impossible qu'il pouvait pas réaliser tous en même temps
tout en même temps il se donne 5 ans de toute façon
et puis il est un peu coincé par son agenda européen parce que d'un côté il a envie de montrer à Angela Merkel qu'il est le bon élève que pour une fois la France respecte ses engagements vis-à-vis des Allemands qui sont très attachés à ça on est le bon élève et donc qu'ensuite on va pouvoir parler de réformes au niveau de l'Europe et donc c'est un peu gagné mais je crois aussi qu'il y a un tropisme de droite à Bercy c'est quand même à Bercy des ministres qui ont fait qui ont participé à la campagne de François Fillon donc ils ont quand même dans leur gène cette envie d'austérité quoi
la France est-elle redevenue attractive pour les entreprises au point d'envisager de relocaliser il y a des exemples de sociétés qui font le chemin inverse qui sont revenus s'installer dans notre pays alors c'est le cas vous allez voir de cette fabrique de cabines de douche près de Nantes en Loire-Atlantique après avoir été implantée en Roumanie elle est à nouveau sur notre sol depuis quelques années et ça marche reportage Georges Lédric et Stéphane Lopez Le site est en perpétuelle transformation quelques palettes des murs en tôle et une bâche comme simple toit une installation temporaire pour une usine en pleine expansion depuis 2008 Kinedo fabrique à nouveau ses cabines de douche en France à 30 km de Nantes une réussite et une grande fierté pour Jefferson
donc ici c'est la ligne automatique d'encollage de Farois c'est cette installation qui nous a permis de ramener la production en France en automatisant l'assemblage et en accélérant le rythme de production
400 000 euros pour investir dans ce robot issu de l'industrie automobile un sacrifice indispensable pour redresser une entreprise à l'agonie en 2004 Kinedo mise sur le low cost et délocalise en Roumanie la qualité chute et l'entreprise perd ses clients
10 ans plus tard on se rend compte que c'était indispensable d'avoir une production locale pour répondre à la demande variable et qualitative des clients
avec des machines plus modernes le personnel se concentre désormais sur des tâches plus minutieuses des douches entièrement personnalisées produits de chaque jour sur commande aujourd'hui l'expérience roumaine n'est plus qu'un mauvais souvenir en 10 ans le chiffre d'affaires a été multiplié par 3 plus de 50 millions d'euros par an de quoi investir dans la conception de nouveaux modèles plus haut de gamme on a un verre 8 mm c'était anti-calcaire avec un verre anti-corrosion donc c'est vraiment un produit qu'on n'était pas capable de faire à l'époque quand on avait délocalisé en Roumanie autre avantage l'entreprise a réduit ses délais de livraison et peut désormais communiquer sur sa fabrication made in France un cercle vertueux qui a permis d'embaucher près de 200 personnes dont une vingtaine d'ingénieurs et de commerciaux pour le bassin local d'avoir relocalisé ça a permis de développer les emplois d'agrandir les sites de production donc c'est que du positif la réussite de Kinédo est aussi une aubaine pour le petit village de Chéméré un bourg qui compte aujourd'hui de nombreux commerces malgré ses 2500 habitants grâce à l'usine le maire de la commune a vu son budget triplé en 10 ans
les retombées fiscales d'aquaproduction sont importantes puisqu'ils ont fait plusieurs agrandissements et à chaque fois qu'il y a un agrandissement on touche une taxe d'aménagement il y a 5 ans on a construit un ensemble avec 5 commerces et des logements sociaux au dessus
un investissement qui a permis d'accueillir une esthéticienne une pharmacie et une nouvelle boulangerie tous bénéficient directement du retour de l'usine
on a beaucoup développé les casse-croûtes avec un contribution et le midi on vend à peu près 200 casse-croûtes oui oui c'est énorme oui
au fil des années Chéméret a repris des couleurs il est aujourd'hui un petit bourg coquet qui a vu sa population doubler depuis 2000 et le village n'est pas seul à bénéficier du succès de l'entreprise il partage ses recettes avec l'ensemble des communes voisines en espérant que la réussite devienne contagieuse 215 casse-croûtes tous les midis vous vous rendez compte dans cette petite ville qui accueille à nouveau cette entreprise c'est ça l'enjeu vraiment c'est l'enjeu des relocalisations c'est à dire qu'on aura des usines très modernes avec peut-être moins de gens à l'intérieur mais il faut qu'on soit capable de recréer des commerces de proximité alentour la question SMS les relocalisations ont-elles un impact positif immédiat sur l'emploi dans les territoires concernés oui
là on le voit bien oui force est de constater voilà force est de constater il y a des emplois directs liés à la relocalisation et les emplois indirects là on voit vraiment qu'il y a un cercle vertueux qui a été mis en place c'est très intéressant et c'est une bonne leçon on voit bien qu'il a voulu délocaliser cet entrepreneur pour baisser les coûts il était en Roumanie mais que la qualité a diminué et ça c'est intéressant parce que finalement la productivité et le savoir-faire d'un travailleur français c'est quand même quelque chose de plus élevé qu'un travailleur de l'Est ou un travailleur d'un autre pays et donc il faut vraiment que là-dessus on est une stratégie industrielle parce que la stratégie de la France à vouloir être beaucoup plus compétitive parfois elle cumule un peu tous les avantages c'est-à-dire qu'elle monte pas en gamme elle veut être plus compétitive mais elle reste quand même moins compétitive que les pays de l'Est ou que les pays émergents et tout l'enjeu c'est vraiment d'avoir aujourd'hui une montée en gamme d'innover je veux dire aujourd'hui les secteurs innovants aux Etats-Unis Tesla c'est une entreprise complètement intégrée tout se passe aux Etats-Unis voilà donc c'est intéressant aujourd'hui de vraiment aller dans la montée en gamme plutôt que dans la compétitivité qui peut être mortifère au final pour les régions alors que la relocalisation est positive oui les relocalisations elles sont liées à ce qu'on appelle la révolution 4.0 c'est-à-dire que dans les industries on est en train de transformer les chaînes de montage notamment avec de la connectique de la robotique ce qu'on a vu ou des cobots c'est-à-dire des robots qui travaillent avec les hommes et de la réalité virtuelle juste comme ça et donc les relocalisations c'est pas forcément des usines qui reviennent en France mais ça peut être des productions qui avaient été abandonnées en France mais qu'on refait aujourd'hui je vais prendre deux exemples PSA dont on parlait tout à l'heure a une usine à la Jeannet près de Rennes cette usine était à la Ramas ils ont fait un plan d'investissement vraiment de révolution 4.0 de transformation numérique et ils ont passé un accord avec les syndicats aujourd'hui un nouveau véhicule va être produit à la Jeannet alors qu'il a été mis en concurrence avec le site de Vigo en Espagne où les coûts de main d'oeuvre étaient beaucoup plus faibles donc PSA peut effectivement aujourd'hui créer 500 emplois la Jeannet une autre usine à Beauvais de Massé Ferguson un site qui s'appelle ACCO ils ont été mis en concurrence avec la Chine avec la Turquie pour fabriquer un nouveau modèle de tracteur ils le font avec des prototypes en réalité virtuelle et avec une usine qui est effectivement très connectée et bien là encore ils ont gagné contre les Turcs et contre les Chinois et ça fait un certain nombre enfin une centaine d'emplois qui reviennent à Beauvais
ok c'est formidable mais ça reste marginal non ? oui combien de relocalisations en France chaque année ?
non mais c'est ce qu'il faut viser c'est ce qu'il faut viser mais aujourd'hui
ce que ça représente aujourd'hui 150 depuis 2005 150 depuis 2005 oui pardon de doucher l'enthousiasme non non non pour 10 emplois
non on parle des usines entières on parle pas de relocalisation d'une production comme celle de la 5008 sur le site de Rennes la Jeannet vous voyez c'est pas une usine qui revient c'est une usine qui allait mourir qui allait fermer quasiment et qui aujourd'hui redémarre à plein régime
Sophie Fait
en tout cas c'est extrêmement porteur de vitalité et d'optimisme pour les gens localement même si c'est marginal même si c'est peu d'emplois ça donne une confiance formidable à tout le monde on a vu même les petites marques qui reviennent Solex qui revient tout le monde est content les brosses à dents françaises des brosses à dents qui sont de nouveaux produits en France c'est pareil même si ça fait que 30 salariés c'est bon pour le moral
moi j'avais noté aussi les skirosignols les jouesses mobiles mais ça a vraiment donné des résultats ou c'était d'abord de la com'
ça donne des résultats quand même parce que c'est positif en même temps c'est vrai que par exemple sur les skirosignols il y en a une partie une autre partie qui part en Espagne parce qu'on prend le haut de gamme à sa lanche et une partie part en Espagne et à la fin l'emploi diminue quand même mais si on ne se bat pas pour ça c'est l'appareil productif qui part par exemple vous n'avez plus les machines pour fabriquer ces brosses à dents il faut les faire revenir de Chine parce qu'elles sont toutes parties il y a certaines machines pour faire de la dentelle ou du textile qu'on n'a plus en France qui sont parties il faut les faire revenir de l'étranger pour reproduire en France donc même si c'est symbolique même si c'est marginal c'est important quand même oui de manière globale je suis assez d'accord avec tout ce qui a été dit mais de manière globale c'est vrai que pour 10 emplois délocalisés on a seulement un emploi relocalisé donc ça reste de manière globale très marginale maintenant avec ce qui se prépare aujourd'hui avec la loi travail moi j'ai très peur qu'effectivement on freine les délocalisations en disant aux salariés qu'ils doivent faire des efforts supplémentaires et là on a vu ce qu'on appelle le dialogue social des exemples par exemple en Italie sur le cas Fiat d'une origine à côté de Naples et bien grosso modo ce qu'il était proposé aux salariés via référendum ce que proposait Emmanuel Macron dans la loi travail la question était tout simplement grosso modo acceptez-vous de travailler plus d'être moins rémunéré ou voulez-vous que nous délocalisons en Europe de l'Est alors là tous les salariés ont remboursé sur 20 ans a dit effectivement j'accepte de travailler plus d'être moins payé dans les heures supplémentaires j'ai pas le choix les pauses seront réduites etc.
et donc l'usine n'a pas été délocalisée donc les délocalisions vont peut-être être freinées avec la loi travail mais le revers de la médaille c'est qu'il risque d'y avoir une pression supplémentaire encore sur les salariés Nicolas Bouzou
je pense qu'on a un coup à jouer qui est lié à la nature des évolutions technologiques il y a 15 ou 20 ans il y avait énormément de délocalisation de l'Occident vers l'Asie parce que dans le compte de résultats d'une usine la part de la main d'oeuvre comptait beaucoup et donc les entreprises avaient tendance à délocaliser là où le coût de la main d'oeuvre était le plus faible donc on allait de France vers la Chine aujourd'hui d'ailleurs on va beaucoup de Chine vers l'Asie du Sud-Est des pays comme la Thaïlande comme l'Indonésie comme le Cambodge comme le Vietnam reçoivent beaucoup de délocalisation de Chine mais ça ça change ça change parce qu'avec la robotisation et avec l'intelligence artificielle en réalité ce qui va faire la compétitivité d'une usine ces prochaines années c'est pas les coûts de main d'oeuvre c'est la quantité d'innovation qu'on met dedans et de ce point de vue là en France si on est un peu astucieux c'est à dire si on arrive à faciliter la construction de nouvelles unités de production si on fait revenir de l'épargne si on développe le capital investissement etc là si on est malin honnêtement on a un coup à vouer c'est ça la question la France est-elle suffisamment attractive pour permettre ces relocalisations
elle le redevient en 2016 selon l'étude de EY il y a eu 771 projets d'implantation alors qu'il y en avait eu 470 je crois l'année précédente et il semble qu'en 2017 après l'attentisme des élections c'est en train de s'accélérer parce qu'effectivement le coût du travail a diminué si les tracasseries administratives liées au travail sont effectivement diminuelles aussi diminuelles aussi on peut effectivement être le lieu de réimplantation d'énormément de filiales de groupes étrangers surtout que la Grande-Bretagne le Royaume-Uni qui était la plaque tournante avec le Brexit est en train de partir donc la France a vraiment un coup à jouer
Oui Sophie l'objectif c'est quoi l'objectif du gouvernement de l'Elysée c'est d'empêcher les délocalisations ou de permettre des relocalisations
Les deux et puis avec cette loi à travail vous savez il y a une obsession des investisseurs étrangers une obsession des gérants de grands fonds de pension sur cette rigidité du droit du travail en France qui est un peu exagéré qui est un peu irrationnel parce que quand on regarde le droit du travail en Allemagne il est aussi extrêmement contraignant peut-être davantage qu'en France mais ils sont obsédés par ça et donc là on va leur faire sauter quelques mesures qui étaient complètement obsessionnelles pour eux et qui vont peut-être débloquer cette envie de revenir en France
Voici maintenant vos questions SMS et Internet Les indicateurs sont au vert nous dit-on mais concrètement qu'est-ce que ça change dans la vie des Français ? Voilà une bonne question Qu'est-ce qui depuis le début de l'année 2017 a réellement changé ?
Pour l'instant on ne voit pas de progression du pouvoir d'achat donc c'est vrai que c'est difficile de le sentir pour l'instant on entend ces maires qui se plaignent des restrictions budgétaires donc c'est difficile de le sentir je crois qu'il va falloir attendre un peu pour que les Français concrètement le voient mais l'emploi est quand même essentiel
Le vrai signal c'est quand on aura une baisse très sensible du chômage et durable Il y a quand même des gens aujourd'hui qui retrouvent un emploi d'ailleurs ce qu'on n'a pas dit c'est que traditionnellement les reprises de l'emploi se font beaucoup par l'intérim par les CDD ça reste vrai mais il y a aussi beaucoup d'embauches en CDI aujourd'hui donc il y a une certaine qualité de la reprise du marché du travail donc il y a des gens qui retrouvent un travail mais je le disais tout à l'heure on est quand même dans une situation de sous-emploi en France qui concerne des millions de gens donc pour régler ça il faudra que ça continue au rythme actuel pendant longtemps
20% de la population française est en sous-emploi c'est-à-dire en emploi précaire ou au chômage donc c'est un chiffre qui est énorme donc effectivement on a de la marge mais c'est vrai et votre reportage l'a montré en début d'émission c'est qu'aujourd'hui les entrepreneurs ont plus de facilité à vouloir embaucher à prendre le risque d'embaucher si c'est un risque
Les plus de 55 ans sentent-ils vraiment le vent de la reprise économique ?
Ce qui est certain c'est que le taux d'emploi des seniors a beaucoup augmenté depuis quelques années aujourd'hui le taux d'emploi en France est de 65% il était à 55% il y a 4 ans et c'est grâce à l'emploi senior du fait de l'augmentation de l'âge de la retraite le fait qu'on ait repoussé l'âge de la retraite à 62 ans d'un seul coup on fait travailler beaucoup plus les seniors à 57, 58, 59 ans
Tout cela est bien beau mais à quand les augmentations de salaires ?
Lorsque le chômage aura baissé comme le disait tout à l'heure Nicolas Oui effectivement s'il y a un taux de chômage qui est faible ça réarme les salariés face aux employeurs mais là ce qui se profile par la négociation d'entreprise c'est plutôt effectivement une forme de dumping salarial comme avec le cas Fiat que j'ai mentionné donc c'est ça qui m'embête C'est-à-dire
on va sauvegarder votre emploi mais on va être obligé de baisser votre salaire
Exactement ou augmenter le temps de travail ou diminuer les heures supplémentaires etc Donc moi ce qui me fait peur aujourd'hui c'est qu'effectivement le chômage diminue mais qu'on remplace les chômeurs par des travailleurs plus précaires comme on l'a vu dans d'autres pays de la zone euro Il va quand même y avoir un petit effet de par la bascule des cotisations sociales salariales qui vont baisser en deux temps et qui vont être plus fortes que la hausse de la CSG pour les salariés ça fera un petit gain de pouvoir d'achat C'est un gain de pouvoir d'achat de 250 euros pour un SMICAR l'année prochaine alors pas dans un premier temps il n'aura que les deux tiers de ça et à partir de la rentrée donc de l'automne il aura la suite
On entend que les entreprises ont recommencé à investir qu'attendent-elles donc pour embaucher massivement ?
Là j'aurais un désaccord avec mon ami Thomas Porcher je pense qu'elles attendent un changement de fonctionnement du marché du travail Je suis d'accord avec l'idée selon laquelle le problème du marché du travail en France ce n'est pas sa rigidité si une entreprise veut licencier quelqu'un il lui suffit d'avoir une faute qui soit réelle et sérieuse donc ce n'est pas rigide En revanche on a une judiciarisation du licenciement qui rend les choses anxiogènes pour les chefs d'entreprise judiciarisation ça veut dire que les salariés vont au prud'homme alors ça c'est normal mais ça dure longtemps qu'ils vont en appel une fois qu'ils vont en appel deux fois qu'ils vont en cours de cassation que tout ceci dure très longtemps que ça peut se terminer par des indemnités prud'hommales très importantes pour les entreprises mais qu'on n'en sait rien parce que tout ça est incertain donc je pense que si les ordonnances travail arrivent à régler ça très honnêtement je peux me tromper mais je pense que si on arrive à le faire quand même on sera allé dans la bonne direction Les petites et moyennes exploitations agricoles vont-elles également bénéficier de l'embellie économique ?
C'est moins sûr Oui
Peut-être quand même parce qu'il y a un tournant assez majeur qu'on a vu avec le début de Grenelle de l'alimentation et qui va continuer et qu'on a vu avec la crise des oeufs il y a un changement majeur dans l'alimentation dans les attentes des français et même le directeur général de Danone il y a une vidéo qui est assez virale sur le net en ce moment d'une intervention qu'il a faite à une conférence à Berlin dans laquelle il dit qu'il faut revenir à d'autres principes d'alimentation qui sont assez favorables à la proximité donc c'est embryonnaire comme espoir mais tout n'est pas perdu
Emmanuel Macron n'a-t-il pas trouvé à son arrivée à l'Elysée une situation économique plus favorable que son prédécesseur François Hollande 5 ans plus tôt oui
oui en fait non puisque le taux de chômage sont les mêmes donc finalement non je ne pense pas peut-être un peu plus parce qu'il y a eu des réformes qui ont été faibles voilà déficits plus faibles c'est vrai que François Hollande a réduit les déficits mais ce qui est assez étonnant c'est qu'Emmanuel Macron a été classé comme l'homme le plus puissant du monde l'homme de moins de 40 ans le plus puissant au monde c'est le plus puissant qu'il utilise sa puissance là on a l'impression que malgré tout il manque 4 milliards pour réduire le déficit on dirait que c'est très très grave que l'Europe va nous punir comme si on était des mauvais élèves alors qu'on a eu quand même au deuxième tour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen qui voulait carrément sortir de l'euro donc on avait quand même une situation quand même pour l'Europe qui est beaucoup plus favorable la commission européenne pourrait être clémente et que là il se comporte tout de suite comme un élève moyen de classe justement alors qu'il a été classé comme l'homme le plus puissant du monde s'il est l'homme le plus puissant du monde ben justement qu'il utilise ce pouvoir et qu'il ne soit pas aussi rigide en termes budgétaires parce que c'est 4 ou quelques milliards en plus sur l'ensemble du budget c'est rien et les coupes qui vont être faites à l'aveuglette notamment sur les appels même s'il y a un brouhaha autour des appels sont des coupes qui déjà donnent aux français un sentiment d'amateurisme et puis qui ne sont pas agréables pour les classes les plus faibles Oui la question c'était est-ce que c'est plus ou moins favorable que la situation qu'a trouvée François Hollande effectivement c'est à peu près la même sauf que François Hollande il a gâché ses chances alors qu'il y avait une reprise mondiale qui s'amorçait il a gâché ses chances avec le matraquage fiscal des deux premières années alors qu'Emmanuel Macron a tiré les leçons de cela et est peut-être capable au contraire d'encourager de prendre cette incitation et de l'encourager et d'aller encore plus loin grâce aux réformes
Quelles sont les principales causes de cette soudaine embellie économique ?
Alors c'est intéressant d'ailleurs soudaine c'est soudain pour nous mais pas vraiment pour les autres Ça fait quand même plusieurs années que la dernière grosse crise ça a été 2011-2012 et depuis les choses s'arrangent ce qui a été spectaculaire en France c'est la façon dont le début du quinquennat de François Hollande a cassé la reprise en raison de ce choc fiscal d'ailleurs pour être tout à fait honnête parce que je ne suis pas là tout de suite choc fiscal qui a été étalé sur les deux quinquennats précédents c'est-à-dire que la première moitié du choc fiscal c'est la fin du quinquennat Sarkozy la deuxième moitié du choc fiscal c'était le début du quinquennat François Hollande il faut être précis mais ça ça a vraiment cassé la croissance donc c'est soudain en France mais très clairement on est arrivé après les autres Alors les principales causes du coup de cette soudaine on peut les rappeler
la croissance internationale c'est la baisse du pétrole c'est la baisse des taux d'intérêt et puis il y avait aussi le fait que le dollar enfin que l'euro s'était affaibli il remonte certes un peu mais je ne dirais pas tant que ça il est en dessous de 1,20 on l'a vu à 1,40 l'euro par rapport au dollar
et les taux d'intérêt ça fait des années qu'on dit ça va remonter ça va remonter et ça ne remonte toujours pas espérons que ça dure
Oui c'est-à-dire qu'il ne remontera les taux d'intérêt que si la croissance européenne est vraiment solide sérieuse et définitive
Que faudrait-il vous n'allez pas être d'accord pour confirmer cette embellie
et l'inscrire dans la durée ?
Moi je pense qu'il faudrait faire l'inverse que ce que va faire le gouvernement il faudrait faire de la relance économique donc de l'investissement dans des secteurs d'avenir même y compris encore une fois la note du FMI dit qu'il faudrait qu'il y ait un peu de relance notamment dans la zone euro pour pouvoir soutenir cette activité donc si on avait une relance économique adaptée à une embellie adaptée à une embellie internationale là effectivement on pourrait avoir un fort taux de croissance comme ça a été le cas entre 1997 et 2001 Pas n'importe quelle relance parce qu'on voit bien que la relance de la consommation ne fait qu'augmenter les importations et donc augmenter le déficit commercial donc il faut vraiment bien cibler ce plan d'investissement donc c'est pas de la relance c'est un plan d'investissement plutôt
Oui oui
Oui parce que le gros point noir pour compléter ce que dit Sophie le gros point noir c'est quand même le commerce extérieur on va avoir 60 milliards de déficits de cette année quand l'Allemagne a 250 milliards d'excédents c'est phénoménal simplement parce que au fur et à mesure qu'on a de la croissance effectivement c'est l'Allemagne qui nous enfin l'Allemagne et d'autres pays qui nous nourrissent en quelque sorte
Que faudrait-il pour que les français retrouvent confiance en l'avenir ?
Alors moi je crois qu'il faut que la politique du gouvernement soit toujours en adéquation avec ce qui est dit pour moi c'est ça le point central en France on n'est pas du tout habitué à ça dans d'autres pays oui moi je suis frappé de ça quand je regarde ce qui se passe à l'étranger en bien ou en mal d'ailleurs mais prenez le Royaume-Uni par exemple je peux vous dire que quand le ministre de l'économie annonce quelque chose au Royaume-Uni que vous soyez pour ou contre tout le monde considère que ça va se faire en bien ou en mal nous ça n'a jamais été ça Emmanuel Macron nous avait vendu le fait que ça allait changer et pour moi qui suis plutôt bienveillant avec ce quinquennat qui s'ouvre je trouve que pour l'instant il y a quand même un peu de flottement notamment sur notamment sur les questions fiscales sur ces questions d'investissement je trouve que c'est pas tout à fait clair le made in France a-t-il bonne réputation à l'étranger ?
dans certains secteurs oui pour le luxe bien évidemment pour l'agroalimentaire aussi
quel type de produit est-il avantageux de fabriquer en France ?
des produits de haut de gamme c'est des produits où vous pouvez fixer un prix suffisamment élevé pour faire une valeur ajoutée
comment se portent nos industries de pointe ? il n'y en a pas assez
il n'y en a pas assez
mais elles se portent bien
l'aéronautique se porte bien
il n'y en a pas assez et c'est ça c'est ça le sujet c'est l'intelligence artificielle les robots les nanotechnologies il est là notre avenir
je dirais même une stratégie industrielle globale et là c'est ce qui a manqué pour moi au programme d'Emmanuel Macron merci beaucoup à tous les quatre
merci à l'équipe qui a préparé cette émission ce soir la redif est à 22h35 très bonne soirée sur France 5 merci à tous