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interviewBFM TV (sur YouTube)· 18 juillet 2026 44 min

LIGNE ROUGE - Forces spéciales américaines: au cœur des unités d'élite

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ces hommes n'ont ni visage ni nom. Pour certains, pas même d'existence officielle. Ils ont une culture du silence.

Pourtant, ces derniers mois, leurs opérations ont fait la une de l'actualité. En janvier, la capture du président Nicolas Maduro en plein cœur de Caracas, c'est eux. En avril, le sauvetage d'un pilote américain en Iran.

Encore eux, on les appelle uniquement pour les missions les plus critiques, celles qui comptent le plus pour les États-Unis. Certaines [musique] de ces missions sont même entrées dans la légende. Le R contre Ben Laden, c'est ce qu'on a fait de mieux.

Qui sont ces hommes entraînés pour accomplir l'impossible ? Ce sont des tueurs capables de faire ce que personne d'autre ne peut faire. Enquête sur les combattants de l'ombre de l'armée américaine.

Depuis les profondeurs de la mer du Japon, un sous-marin américain à propulsion nucléaire progresse. Don de 200 m, le bâtiment file en silence vers sa destination, la côte orientale de la Corée du Nord. Au cœur de la nuit, il stoppe sa course à une vingtaine de kilomètres du rivage.

À son bord, H Navy Seals de la Team Six, unité d'élite de l'armée américaine, prennent place dans deux mini submersibles. Sur la coque supérieure du sous-marin, un sas s'ouvre et libère le commando. Cette opération est l'une des plus risquées que les États-Unis est mené depuis une décennie, même depuis plus de 20 ans. [musique] Matthew Col est un journaliste indépendant américain. avec son confrère [musique] Dave Philips.

Il a révélé l'existence de cette mission dans un article publié par le New York Times en septembre 2025. Ce qu'ils y dévoilent n'aurait jamais dû être rendu public. Les Navy Seals ont toujours opéré avec le soutien d'un drone ou mieux encore de satellites positionnés au-dessus de leur zone d'intervention.

Mais là, il n'y a rien car il est impossible de faire voler le moindre appareil au-dessus de la Corée du Nord sans alerter le régime. Une fois les se parti, c'est ce qu'on appelle le blackout des communications. Ils sont seuls.

L'eau est si froide que les combinaisons ont une sorte de chauffage électrique pour maintenir les corps à température. Voilà donc en pleine mer à bord d'un engin minuscule de la taille d'une orc et qui avance pendant 1 heure et demi dans l'obscurité la plus totale. Leur ultime protection des navires de l'US Navy positionnés bien plus au large avec à leur bord des forces spéciales mobilisables seulement en cas d'extrême urgence.

Un dispositif inédit pour une mission à très haut risque, s'infiltrer et espionner le dirigeant du pays le plus fermé au monde. [musique] [musique] 7 mois plus tôt, Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong se sont rencontrés lors d'un sommet historique à Singapour. Un rapprochement diplomatique [musique] inédit afin de discuter du démantellement du programme nucléaire militaire de Pyong Yangyang.

À l'issue de ce premier round de négociation, une nouvelle rencontre est prévue 8 mois plus tard, en février [musique] 2019 à Hanoï au Vietnam. La Corée du Nord est le pays le plus inaccessible au monde pour les services de renseignement américain. Son système de communication est rudimentaire et hermétiquement fermé.

L'objectif avant le sommet de Hanoï est de pouvoir intercepter les discussions entre Kim Jongun et son commandement. Et à ce moment-là, le renseignement américain a découvert une vulnérabilité dans le système de télécommunication nord-coréen. Alors, ils ont mis au point un appareil d'écoute.

Cet appareil est une opportunité incroyable. Il leur permettrait d'avoir une vision stratégique sur les négociations en cours, mais aussi à plus long terme pour comprendre ce que Kim Jongun pense et quelle est la stratégie de son état-major. Ce dispositif inédit est proposé à la Maison Blanche, mais avec une contrainte de taille, pour qu'il fonctionne, il faut l'installer sur le sol nord-coréen, ce qui implique de s'y introduire clandestinement.

Donald Trump donne son feu vert, mais rien ne va se passer comme prévu. Après une heure et demi de navigation, le premier submersible atteint son point de stationnement à une centaine de mètres des côtes et se pose sur le fond marin. Le pilote du second appareil dépasse la zone d'arrêt l'obligeant à faire demi-tour pour se diriger vers le point de rendez-vous initial et se positionne alors dans le mauvais sens.

Une erreur en apparence sans gravité mais qui va avoir un impact décisif sur le reste de la mission. Les Sils ouvrent alors les trappes des mini submersibles et s'en extrait. Ils sont équipés de leur matériel de plongée et de leur masque respiratoire.

Il s'élance alors sur la centaine de mètres qui les sépare du rivage. Il progresse juste sous la surface de l'eau. Régulièrement, l'un sort la tête de l'eau et scrute l'horizon à l'œil nu pour vérifier qu'ils n'ont pas été repérés avant de replonger et de reprendre leur progression.

Après une dizaine de minutes de nage, le groupe de Navy Hils émerge. Il s'avance prudemment sur la côte déserte. [musique] Ils sont désormais à découvert en territoire extrêmement hostil.

À ce moment-là, l'un des [raclement de gorge] membres de l'équipe scrute l'horizon et il aperçoit une embarcation. À son bord, plusieurs silhouettes dont une qui tient une lampe torche et qui balaye la surface de l'eau avec. Au même instant, les pilotes des mini submersibles, sans aucun contact avec le commando [musique] sur la rive, manœuvre le second appareil mal positionné, ignorant tout du danger juste au-dessus d'eux.

Dans la baie où ils sont, l'eau est peu profonde. En manœuvrant pour faire demi-tour, les moteurs des mini sous-marins créent du remou. Les pilotes ont aussi laissé une trappe ouverte laissant s'échapper de la lumière émise par les écrans.

Le commando retient son souffle, mais tout bascule quand l'un des passagers du bateau plonge soudainement dans l'eau. À ce moment-là, le chef du commando croit qu'il s'agit de militaire ou de garde côte nord-coréen et que le mini sous-marin est repéré. [musique] Il décide alors d'ouvrir le feu sur les personnes à bord.

Et alors les autres se tirent eux aussi sur l'embarcation. L'une des règles de la mission était claire. Au moindre témoin, la mission doit être abandonnée.

L'urgence à ce moment-là, c'est de savoir s'il y a une radio à bord qui a pu alerter d'éventuels renforts. Et là, alors, le commando a un problème. Il retournent à l'eau et nag jusqu'au bateau pour voir s'il y a des survivants à bord.

Il découvre deux cadavres sans armes. Il repêchent aussi le corps sans vie plongeur. Aucune radio n'est retrouvée.

Ce sont de simples pêcheur. Les Sils ont ensuite dû se débarrasser des corps. Selon les informations que nous avons eu, ils leur ont percé les poumons pour en extraire l'air et pouvoir les couler au fond de la baie.

Une seule priorité désormais, quitter la zone au [musique] plus vite. Le commando nage vers les deux véhicules et émet un signal de détresse au sous-marin principal. Croyant [musique] à un danger imminent de capture, le bâtiment prend un risque considérable.

Il manœuvre en eau peu profonde près de la côte. Le commando le rejoint sans être inquiété. Tous les Navys sont indemmes mais la mission est un échec. [musique] Fin février 2019, quelques semaines seulement après cette opération d'espionnage, le sommet au Vietnam s'est tenu comme prévu.

Mais les négociations n'ont pas abouti et le rapprochement diplomatique tant attendu n'a pas eu lieu. Ce qui est intéressant, c'est qu'il n'y a eu aucune discussion à ce sujet entre Kim Jongun et le président Trump à Hoi lors du sommet. À partir de là, le gouvernement américain comme tout le monde ne peut que spéculer.

Les Nord-Coréens étaient-ils au courant et ont-ils agi en conséquence ? Nous ne savons rien. Suite aux révélations de Matthew Cole, Donald Trump a été interrogé à ce sujet quelques jours seulement après la publication de l'article dans le New York Times.

Un article a été publié concernant un incident impliquant les Navy Seals en 2019 en Corée du Nord. Pouvez-vous nous dire si votre administration a pris contact avec la Corée à ce sujet ? Pouvez-vous confirmer que ça a bien eu lieu ?

C'est faux. Ce que le président Trump déteste par-dessus tout, c'est d'être un loser. Si une mission est un échec, il a le sentiment que ça fait de lui un perdant.

Il refuse donc toute association et le moindre lien avec. Mais je peux vous assurer que c'est faux. Issue de la Navy, la marine américaine, la Sil Team Six ne recrute que les meilleurs éléments.

Une unité d'élite au sein de l'élite surentraînée et à qui l'on confie les missions les plus périlleuses. C'est cette unité qui a accompli ce que beaucoup considèrent encore aujourd'hui comme l'une des plus grandes réussites de l'armée américaine. Un raid qui pourtant lui aussi a bien failli y tourner au désastre.

L'un [musique] des chapitres les plus importants de ma vie qui a façonné qui je suis aujourd'hui a commencé ici. Ce que j'ai fait à Abotabad au Pakistan a aidé des centaines de familles à faire leur deuil. Je m'appelle Robert Oil.

J'ai été névicile pendant presque 17 ans. Je suis le dernier à avoir vu Ben Laden vivant sur ses deux jambes. Je lui ai tiré trois balles dans la tête.

Le 11 septembre 2001, l'Amérique est frappée en plein cœur avec près de 3000 morts dont l'énorme majorité à New York, c'est l'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire des États-Unis. Sur les cendres encore fumantes du World Trade Center, le président américain George W. bouche promet que justice sera faite. [acclamation] [cri] [acclamation] Les auteurs de l'attentat sont tous membres d'Al-Qaïda.

Une organisation terroriste islamiste fondée par un milliardaire saoudien Ousama Ben Laden. Les États-Unis lancent alors une chasse à l'homme dans les zones montagneuses d'Afghanistan où le terroriste s'est réfugié. Ben Laden était très habile pour se cacher dans les régions montagneuses, se déplaçant sans cesse.

Parfois, les services de renseignement obtenaient des informations sur sa position ou ses déplacements. [musique] Mais à chaque tentative pour le capturer ou l'éliminer, il avait déjà disparu. Pendant plus de 7 ans et malgré des moyens considérables, Ben Laden échappe à la première puissance militaire mondiale.

Ousama Ben Laden était devenu un fantôme. Honnêtement, je pensais qu'on ne le retrouverait jamais. En 2008, Barack Obama devient président et pour lui aussi la capture du chef d'Al-Qaïda est une priorité.

Il met la pression sur Léon Panetta, le nouveau directeur de la CIA. L'agence se replonge alors dans des années d'archives à la recherche de pistes inexploitées. Au final, c'est son réseau de messagers qui a permis à la CIA de le retrouver.

Et de cette masse d'information qui s'était accumulée au fil des années, grâce à chaque interrogatoire de détenus, un nom est ressorti. Abou Alqaitti. C'est ainsi qu'il se faisait appeler.

Après des mois de recherche, la CIA remonte sa piste jusqu'au Pakistan et place alors son téléphone sur écoute. Lors d'une conversation téléphonique, quelqu'un lui a demandé "Que fais-tu en ce moment ? Avec qui es-tu ?" Et il a répondu "Avec la même personne qu'avant." La Ca déduit qu'il travaillait probablement toujours pour Ben Laden.

Ils l'ont donc suivi après cet appel. Et où est-il allé ? Il s'est rendu à Botabad.

Abotabad est une ville paisible et aisée du nord du Pakistan et c'est surtout le siège de la plus grande académie militaire du pays. Le messager réside dans une maison en périphérie de la ville. La résidence est alors placée sous surveillance [musique] constante.

Il s'agissait d'un vaste complexe entièrement entouré d'un mur. Il y avait plusieurs éléments étranges. Outre le fait que les enfants et les personnes vivants dans l'enceinte ne sortaient pas, ils avaient même pris la précaution de brûler tous leurs déchets dans l'enceinte.

Tout semblait indiquer que quelqu'un s'y cachait, déterminé à ne pas être découvert ni par le voisinage, ni par les Pakistanais, ni par quiconque comme les États-Unis observant depuis les airs. Aucune preuve formelle de la présence de Ben Laden, mais la piste est prometteuse [musique] et c'est surtout la seule depuis des années. Dans le plus grand secret, plusieurs plans sont étudiés au Pentagone. [musique] Michel Flournois était sous-se d'État à la défense et faisait partie des rares personnes informées.

La première option consistait à bombarder le complexe, mais il est en pleine zone résidentielle avec des civils autour. Donc, ce n'était pas une bonne option. Les renseignements avaient identifié une personne surnommée le marcheur.

Nous pensions qu'il s'agissait de Ben Laden. Il faisait les 100 pas à l'intérieur du complexe à fix. [musique] Une autre option consistait donc à frapper cette personne avec un drone, mais c'était un dispositif expérimental encore jamais utilisé.

Donc cela comportait un certain risque. La troisième option consistait à envoyer les forces spécial dans le complexe pour idéalement capturer Ben Laden. Ces hommes n'étaient pas seulement extrêmement entraînés pour effectuer ce genre de raide.

Ils étaient également très expérimentés. L'amiral William Mcraven, un ancien Navy Hills, présente à Barack Obama les détails d'une opération au sol. [musique] Sans même attendre la décision présidentielle, la SIL Team Six de Robert Onil est mobilisée.

Au début, ils nous ont seulement dit : "Nous avons trouvé une chose et cette chose se trouve dans une maison. Cette maison est dans une cuvette au milieu de montagne et ces montagnes sont dans un pays. Vous allez entrer dans cette maison, trouver cette chose puis nous la rapporter." et ils ont ajouté, "Ce n'est pas un exercice." Après nous avoir décrit la maison, ils nous ont conduit sur une base où l'extérieur était reproduit.

Nous nous sommes entraînés là pendant une semaine jusqu'à connaître les lieux par cœur. Nous avons élaboré un plan puis répéter ce plan encore et encore de jours comme de nuit. On l'a fait tellement de fois que j'ai eu une tendinite au poignet. [musique] Barack Obama opte pour le raid mais décide de ne pas en avertir le Pakistan, un pays pourtant allié des Américains dans la lutte contre le terrorisme.

L'enjeu était si important pour les États-Unis que nous ne voulions pas prendre le risque d'une fuite en partageant l'information avec un partenaire. Nous allions donc agir seul. Si les hélicoptères étaient détectés en entrant dans l'espace aérien pakistanais, il risquaiit d'être intercepté par l'armée de l'air du Pakistan ou abattu par des missiles sol Air.

Il fallait donc trouver un moyen de passer inaperçu. On avait des hélicoptères expérimentaux utilisant des technologies furtives pour les rendre moins détectables, plus difficiles à repérer au radar. Quand on les a vu, on s'est dit "OK, nos chances de survie viennent d'augmenter.

On part en guerre avec des Transformers". C'était un projet classé secret dont aucune photo n'existait. Même Obama ne le connaissait pas.

Le 30 avril 2011, le président américain donne son feu vert. La mission peut commencer. On monte dans l'hélicoptère.

On s'est tous préparé mentalement à mourir. Je grave chaque image dans ma tête. C'est mon dernier jour sur terre.

À 23h heure locale, les deux black furtifs décolle de la base de Jalalabad en Afghanistan. Ça fait au moins 10 ans que je travaille avec tous ces gars. Je les regardais.

Je voulais savoir comment il gérait le stress. Un gars écoutait de la musique et s'est endormi. Je me suis dit "Tu t'endors sur le trajet vers la maison de Ben Laden ?

Tuas un sacré sang frroid. Je comprends pourquoi les femmes te trouvent séduisant. Moi, je comptais de 0 à 1000 puis de 1000 à 0.

Je suis avec mes frères d'armé. Moi, je compte 5 5 6 5 7. Je regarde les gars, je plaisante avec eux dans ma tête et je me dis "Ça c'est une équipe, c'est mon équipe et on va buter ce mec." Les deux hélicoptères furtifs franchissent la frontière pakistanaise.

À partir de cet instant, c'est silence radio. Pendant 1 heure et demie, il volent en razmot salomante entre les reliefs pour échapper au radar pakistanais. À la Maison Blanche, dans la salle de crise au sous-sol, le vice-président, le secrétaire d'État, les haut responsables militaires, la CIA et le président regardent tous l'opération en temps réel.

La vidéo est filmée depuis un drone prédator à haute altitude. Tout le monde était un peu nerveux, un peu anxieux, mais aussi très concentré parce que cela faisait des mois et des mois que nous préparions cette opération et nous y étions enfin. La porte s'est ouverte 2 minutes avant.

Je vois le terrain de golf, les lignes électriques comme sur les cartes. C'est là que ça a mal tourné. Alors que le premier hélicoptère descendait au-dessus des murs de l'enceinte de haut mur de béton, il y a eu un problème de portance car ces murs bloquaient le flux d'air, ce qui a fait perdre le contrôle de l'appareil au pilote et il s'est écrasé à l'intérieur de l'enceinte.

Il y a eu un silence. Je pense que tous les visages [raclement de gorge] se sont décomposés. C'était vraiment "Oh non !" C'est terrible. [musique] Cette photo a été prise juste après le crash.

On peut voir la profonde inquiétude sur tous les visages comme pour dire "Mon dieu, c'est plus compliqué que prévu." Le président Obama m'a confié que ce furent les minutes les plus longues de sa vie dans l'attente de la confirmation de Macraven que tout allait bien. Craven décrivait l'opération en direct, expliquant au fur et à mesure chaque action.

Quand l'hélicoptère s'est craché, il a dit calmement : "Bien, nous avions prévu ce cas de figure." Et dès que les hommes ont dit "Tout le monde va bien, l'opération se poursuit". On s'est dit "OK, ils savent ce qu'ils font".

Et c'était reparti. L'autre équipe devait descendre en rappel depuis l'hélicoptère sur le toit de la maison. Alors, plutôt que de se positionner au-dessus du complexe et de risquer un nouvel accident, le second black ha atterri à l'extérieur du complexe.

Je ne sais pas pour le crash. Le pilote lui, l'a vu et il s'est dit "Ils l'ont pas pu. Alors moi non plus." Il a atterri et nous a dit de sortir.

Le plan change tout le temps au combat. On est là mais ça craint. Je suis dehors devant la maison d'Osama Ben Laden.

Il y a un mur de 6 m de haut. Je sais qu'il y a une porte plus loin. On va essayer de la faire péter et d'entrer par une brèche.

On est allé vers le coin nord et on a placé une grosse charge. Ça a explosé. Ça s'est ouvert comme une boîte de conserve.

Mais il y avait encore un mur derrière. On n jamais vu ça. C'est hyper sécurisé pour nous.

Il est là. La tension monte encore. Le temps est compté.

Nous attendons que le commando parvienne à entrer dans la maison. Je contacte le sniper. Brèche ratée.

Coin nord-est. On va faire sauter le portail. Ils ont dit "Non, ne le faites pas sauter, on va l'ouvrir." Les deux équipes se rejoignent et progressent à l'intérieur du complexe.

Au sol, un premier corps, celui du messager abattu quelques instants plus tôt. Quand je suis entré, la première équipe était déjà en action. Il y avait une fusill à cours dans la maison.

La tête de Colonne est face à un couple qui dormait au premier niveau. C'est le frère du messager et sa femme. Les deux sont éliminés.

Un des hommes s'occupait d'une porte fermée. Il a mis des explosifs et puis booum, on y va. On est entré dans la cage d'escalier.

Je pouvais voir les gars devant moi. Les renseignements avaient dit "Vous trouverez Kalid, le fils de Ben Laden, à cet endroit." Ils avaient raison.

Il était là, la tête de Colonne l'a piégé et lui a dit "Viens ici, viens ici" en Ourdou et en arabe. Donc on l'a tué dans l'escalier puis on est monté au deuxème étage. Le second niveau abrite plusieurs femmes et une dizaine d'enfants.

Le commando les disperse et fouille l'étage. Vous pensez tous que la maison était piégée et que Ben Laden n'hésiterait pas à faire de sa famille des martyr. Aucun explosif n'est retrouvé mais surtout toujours aucune trace de Ben Laden.

Il reste un dernier étage à fouiller. Robert O'il et un autre Sils décident de monter à deux. Il ne sait pas que c'est moi derrière lui, il sait juste que c'est l'un des siens.

À ce moment-là, j'ai peur. Je me dis bon, je vais enfin savoir ce que ça fait d'entrer dans la même pièce qu'un kamikaz. J'ai arrêté de réfléchir, on a continuer.

Il est monté, il y avait un rideau. Il l'a écarté et a vu deux femmes. Il s'est jeté sur elle.

Ousama Ben LANen était devant moi. J'ai tiré deux fois puis encore une fois. Maintenant, on a un cadavre.

Je l'ai tué. Les autres gars arrivent. Un des gars m'a dit un truc du style : "Tu viens de tuer Ousama Ben Laden.

Super, ta vie vient de changer mais tout le monde s'en fout. Retourne bosser." La priorité maintenant confirmer l'identité de l'homme abattu.

Un test ADN est effectué. Des photos sont également prises. Le commando annonce alors que la cible a été neutralisée.

On transmet le code Jéronimo, ce qui signifie "Je suis avec Ben Laden, c'est lui." Ensuite E i A pour ennemi tué au combat pour Dieu et la patrie, Jéronimo. Maven a donné le code Jéronimo.

Juste après, nous avons reçu une photo du visage de Ben Laden. C'était clairement lui. Il n'y a pas eu d'applaudissement.

Certains ont dit "Dieu merci". C'était un moment très solennel et aussi un énorme soulagement. Mais à ce moment-là, nous avons encore nos hommes sur place.

Après la mort de Ben Laden, ils ont fouillé la maison. Il y a des dossiers, des ordinateurs, des disques durs, des supports de stockage. Nous essayons de tout récupérer.

Cela prend énormément de temps. Et à un moment donné, Macraven a dit "Maintenant, il faut conclure et sortir de là." Le corps d'Ousama Ben Laden est placé dans une housse funéraire.

Le commando quitte la maison avec son précieux colis direction les hélicoptères. Ils ont dû aussi détruire le Black Haw furtif qui s'est craché car il ne voulait pas que quiconque ait connaissance de cette technologie. À l'aide d'une grenade qui génère une chaleur intense et fait fondre le métal, il est réduit en cendre sur place.

Il reste le vol retour de 90 minutes. Il faut tenir. On peut encore se faire descendre.

Donc, j'ai lancé un chrono et je me suis remis à compter. À un moment, le pilote nous dit "Messieurs, pour la première fois, vous allez être heureux d'entendre ça. Bienvenue en Afghanistan." Ben Rods rédigeait tous les discours d'Obama.

Il devait donc préparer ce que le président prononcerait et il a délibérément retardé la rédaction du discours de réussite car il ne voulait pas porter malheur à la mission. Le président Obama reprenait encore et encore son discours. Il retravaillait les formulations, change certains mots pour trouver le bon ton.

Il ne voulait pas être triomphaliste et que ce soit une démonstration de force arrogante. [musique] Il a pris un risque. Il n'était pas sûr à 100 % qu'il s'agissait de Ben Laden.

Il fallait prendre les devant parler à la télévision pour expliquer clairement aux gens ce qui s'était passé. L'identification définitive n'arrivera que 24 heures plus tard grâce au test ADN positif. Mais en ce soir du 1er mai, la confirmation de l'identité s'est jouée sur la morphologie.

L'une des données dont on disposait sur Ben Laden concernait précisément sa taille. Et Macraven a demandé un maître pour qu'il puisse mesurer l'homme abattu, mais personne n'en avait. Il a demandé à un des Sils de s'allonger à côté de Ben Laden pour comparer la taille.

Nous savions que Ben Laden mesurait entre 1,93 et 1,96 et ça correspondait. Le président Obama a fait une blague à Mcraven après coup. Il a dit "Vous pouvez faire exploser un hélico à plus de 100 millions de dollars, mais vous ne pouvez pas vous offrir un mre à 99 cents." Quelques temps après, le président Obama a remis une récompense à Macraven.

Il s'agissait d'un maître encadré. Je m'appelle Layen, je suis ancien officier des forces spéciales françaises. [musique] Je travaille pendant 14 ans dans les armées françaises.

Ben la c'est un raid de référence. Quand vous arrivez en unité, vous avez l'histoire de votre unité mais vous n'avez pas celle des autres. Donc en fait quand elles sont publiques, elles deviennent automatiquement des références parce que on peut se nourrir un peu de ce qu'ils ont fait de manière exacte et facile et gratuite.

Ce genre d'opération est claire est la priorité des forces d'opération spécial américaine depuis 1980 lorsqu'elles ont tenté de secourir les otages en Iran. Il a fallu près de 3h ce matin la centaine d'étudiants roménistes pour se rendre maître de l'ambassade défendue par quelques marines. 30 américains au total et 19 employés iraniennes de l'ambassade ont été fait prisonniers par les manifestants.

En novembre 1979, pour sauver les otages américains, les États-Unis déclenchent l'opération Eagle Clo. Mal préparé, la mission vire au désastre. Voici les restes du retor d'un des hélicoptères qui a [rires] participé à l'opération de sauvetage.

Avant même la tentative de sauvetage, h militaires américains périssent dans la collision entre un hélicoptère et un avion ravitailleur sur la base deertwan en Iran. Une humiliation pour les États-Unis qui ne dispose alors d'aucune force spécialisée dans ce type de mission. L'Étatmajor réagit et crée de nouvelles unités entraînées spécialement pour ce type de raide dont la Steam 6 de Robert Nil.

Dans les années 60, il y avait le Steam 1 et 2, puis le 6 a été créé en 1980 après Desert One. C'était pour berner les soviétiques qui verraient les Sim 1, 2 et 6 et se demanderaient où sont les 3 4 et 5. La Team 6, comme on la surnomme désormais, se spécialise dans les opérations coup de point.

La mission des Navy Seals, c'est d'atterrir juste à côté, d'entrer, de tuer les gens dans cette pièce puis de repartir. Ce n'est pas une force conçue pour rester sur place. Ce n'est pas une mission de 72h, c'est une mission de 30 minutes, 1 heure.

Pas de longues missions. Le motile, c'est un acronyme C a blind. Donc pour dire qu'ils évoluent dans les trois dimensions, en réalité, on sait pas tout faire bien.

On avait fait des opérations avec les les cils, ce qui était assez intéressante puisque ils avaient une approche qui était très différente de la nôtre. Il s'appuyaient beaucoup sur la logistique et donc ça se ressentait notamment dans leur préparation où il disaient que quoi qu'il advienne, on viendrait les chercher et donc leurs équipements étaient souvent assez menus, ils avaient moins moins de réserve que nous et il partaient un peu la pas la fleur au fusil mais mais presque. La Team Six n'est pas sans défaut excès de confiance et surdépendance à la technologie.

Au sein de l'armée américaine, une autre unité existe. Elle opère dans l'ombre et est considérée par beaucoup comme l'élite de l'élite. C'est la Delta Force.

Si vous avez besoin qu'une mission réussie sans ego, vous pouvez prendre la Team 6 ou bien 10 niveaux plus haut avec la Delta Force. Les Delta, ils ont cette particularité là. Donc d'être une grande autonomie et d'avoir une chaîne de commandement qui est très courte. ce qui leur permet en fait d'aller très vite.

Ils ont notamment un aspect peut-être pas complètement clandestin mais semi-clandestin qui leur permet de voyager plus facilement. Ils apprennent à rentrer dans les pays de manière clandestine, d'être parachuté par exemple d'avion civils. Qui sont les Delta Force ?

Nous ne savons pas. Vous savez à quoi ressemble un Navy Seal ? Vous savez un grand type musclé avec une barbe et un petit short.

Mais les gars de la Delta Force, ce sont d'anciens des forces spéciales. Seuls les meilleurs parmi les meilleurs sont recrutés. 1 % des candidats entrent dans la dette à force.

Leur fait d'arme le plus emblématique reste l'opération Kyla Müller, du nom de cette humanitaire américaine enlevée par le chef de Daesh, devenue son esclave sexuelle et morte en captivité en Syrie en 2015. Le raid qui porte son nom demeure entouré d'un épais secret. Très peu d'informations ont filtré, hormis celles livrées par le président américain lui-même.

Hier soir, les États-Unis ont traduit en justice le chef terroriste le plus recherché au monde. Abou Bakar Bagdadi est mort. Le 27 octobre 2019, Donald Trump annonce la mort chef de l'État islamique.

La veille, le président américain avait donné son accord pour une opération contre le complexe où Al Baghdadi se réfugiait. Nous avions des informations sur le complexe. Nous savions qu'il y avait des tunnels mais la plupart étaient des impasses.

Les forces spéciales américaines ont mené un raid nocturne dangereux et audacieux dans le nord-ouest de la Syrie. Elles ont accompli leur mission avec classe. J'ai pu suivre l'opération.

Je ne peux pas dire comment, mais nous avions des images très nettes comme si on regardait un film. Le soir du raid, hélicoptères décollent de la base d'bile en Irak, direction Barisha dans la province d'Idlib en Syrie. C'était une mission top secrète.

On a volé très très bas et très vite. Il y avait une importante présence russe, une présence turque ainsi qu'une présence syrienne. On ne leur a rien dit.

Il ne connaissait pas la mission, mais il savait juste qu'on allait survoler une zone où il disposaiit d'une puissance de feu importante. Après une 10 de vol, les 50 Delta Force arrivent sur la zone. Le principal risque, c'est la mort.

J'envoie un grand nombre de combattants exceptionnels, les meilleurs combattants au monde. En arrivant, nous avons essué des tirs isolés. Ces tirs ont été immédiatement neutralisés.

Le groupe a été abattu depuis des hélicos. Le commando s'extrait des appareils. Il se retrouve face au complexe ceinturé de haut mur dont les accès sont piégés.

D'habitude, on passe par la porte. Si on est quelqu'un de normal, on dit "Toc toc toc, je peux rentrer En réalité, ils ont fait sauter un mur très épais pour s'introduire en seulement quelques secondes. Une fois que ça avait sauté, il y avait un beau grand trou.

Ils se sont précipités à l'intérieur et ont pris tout le monde par surprise. Des combattants incroyablement brillants. Je peux pas imaginer qu'il puisse y avoir mieux.

Et comme vous le savez, ce sont nos meilleurs hommes. Quand nous sommes entrés, ils ont été accueillis par un feu nourri. Je peux vous dire que ces gars-là, ils font du très bon boulot.

Ils sont tellement courageux, tellement compétents. Beaucoup de terroristes ont été tués. Nous, nous n'avons perdu personne.

Pensez-y. C'est incroyable. Le reste s'est rendu.

Ils sont sortis, ils ont été capturés et sont actuellement détenus. On éétait pas sûr à 100 % que le tunnel soit sans issue. Il est possible qu'il y ait eu une issue de secours quelque part dont on ignorait l'existence.

Le commando a agi très très vite. Les seules personnes encore présentes, c'étaient Bagdadi dans le tunnel. Il avait entraîné avec lui deux de ses jeunes enfants.

Il les a conduit vers une mort certaine. Il a atteint l'extrémité du tunnel alors que nos chiens le poursuivaient. Il a déclenché sa ceinture explosive, se tuant lui-même ainsi que ses enfants.

Le complexe est ensuite rasé par plusieurs missiles. Les Delta Force ont rempli leur mission. Il est mort comme un chien.

Il est mort comme un lâche. Le monde est désormais plus sûr. Que Dieu bénisse l'Amérique.

C'est ans plus tard, de retour au pouvoir, Donald Trump multiplie le recours à [musique] ses unités d'élite. Ce qui s'opérait autrefois dans l'ombre est devenu sous sa présidence un véritable instrument de communication. Je pense qu'il ne faut pas utiliser ses forces pour des missions que d'autres peuvent accomplir.

C'est une ressource extrêmement précieuse et il faut l'utiliser avec discernement. Voilà mon avis. Il ne faut pas en abuser.

S'emparer d'un site stratégique, récupérer une cible en plein territoire ennemi. Arrêter un chef d'état à des milliers de kilomètres de Washington. Dans un monde où Donald Trump n'hésite plus à regarder bien au-delà de ses frontières, ses combattants de l'ombre sont devenus l'arme favorite de la Maison Blanche. [musique]