Le football français au bord de la crise de nerfs
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Chapitres
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Questions et réponses
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Le foot français est-il en train de marquer contre son camp ?
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Regardez-vous les matchs du championnat de France et sur quel support ?
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Pour quel spectacle est-il vraiment à la hauteur de ce que vous payez ?
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Faut-il remettre en cause le modèle économique du foot professionnel dépendant des droits télé ?
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Est-ce qu'un retour de Canal+ est réaliste ?
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Pourquoi le service public ne s'est jamais engagé dans la diffusion du football français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Engagée à retransmettre les matchs pour 400 millions d'euros par an jusqu'en 2029, elle a refusé de payer l'intégralité de son échéance de février de 70 millions d'euros. »
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« Elle ne verse que la moitié. »
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« Un fonds d'investissement est arrivé, CVC, avec une clause qui était un peu la clause du siècle pour le fonds d'investissement, et non pas pour les clubs de foot. »
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« Le prix des droits TV n'est pas déterminé par le produit ou sa qualité. Le prix des droits TV est déterminé essentiellement à 95% par la concurrence que se livrent les opérateurs pour les acquérir. »
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« Ils ont payé 400 millions d'euros par an jusqu'en 2029. Les 100 millions d'autres, c'est BIN. »
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« En Allemagne, c'est 30% de télédépendance. »
- 26:18InvitéChiffre
« Ils ont dépassé le milliard. »
- 30:39PrésentateurChiffre
« La Première Ligue, elle est valorisée à 4 milliards, dont 2 milliards à l'international. »
- 31:35InvitéFait
« Il faut un changement majeur à la gouvernance et réintroduire du sérieux et du professionnalisme. »
- 31:38InvitéFait
« Et de la transparence parce qu'il y a une confiscation aussi. »
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« Ça fait plusieurs années qu'à la fois à la Fédération et à la Ligue, les acteurs de ces instances considèrent que certains décident seuls à quelques-uns sans en référer aux autres. »
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« Alors, la renégociation du contrat, c'est bien le cœur du sujet parce qu'encore une fois, Mediapro et Dazon, c'est très différent. »
- 32:42InvitéFait
« Mediapro avait une défaillance financière, ce qui n'est pas du tout le cas. Dazon peut payer. »
- 32:46InvitéFait
« On considère que c'est le Netflix du sport. C'est le cas. Dazon pourra payer. »
- 33:03InvitéFait
« Dazon a une clause de sortie qui avait été signée dès le mois d'août au moment de la signature du contrat. »
- 33:10InvitéChiffre
« Décembre 2025, s'ils n'atteignent pas 1,5 million, donc déjà, j'explique, je ne vois pas comment ils vont les atteindre dans les sept mois. »
- 33:37InvitéFait
« Je pense qu'ils peuvent très bien, Dazon peut très bien vivre sans la Ligue 1. »
- 34:16InvitéFait
« La LFP+, alors on a un problème de trésorerie au départ, c'est que les clubs, vous l'avez compris, ils attendent cette manne financière parce qu'ils en ont besoin. »
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« Comment est-ce que vous amorcez la pompe avant d'avoir des abonnés ? »
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« Le mercato va être sympa parce que les clubs vont tous être amenés à vendre beaucoup s'ils veulent survivre. »
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« Là aussi, ça va dépendre de vos clubs de formation, mais là, cette année, ça a été une manne. »
Temps de parole
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France Inter France Inter Le 18-20 Christelle Rebière Le foot français est-il en train de marquer contre son camp ? C'est la crise entre la Ligue et le diffuseur des matchs, la plateforme d'Azone. Engagée à retransmettre les matchs pour 400 millions d'euros par an jusqu'en 2029, elle a refusé de payer l'intégralité de son échéance de février de 70 millions d'euros. Elle ne verse que la moitié. D'Azone râle contre le piratage massif, mais elle était partie sur un abonnement à 40 euros par mois avant de considérablement baisser son prix. Alors et vous, regardez-vous les matchs du championnat de France et si oui, sur quel support ?
Et pour quel spectacle est-il vraiment à la hauteur de ce que vous payez ? C'est la question du juste prix que l'on pose, du diffuseur, mais aussi celle de la crise du modèle du foot français. Faut-il remettre en cause le modèle économique du foot professionnel, dépendant des droits télé et des transferts ? Le patron de la Fédération française de football, Philippe Diallo, reconnaît qu'on est en fin de cycle. La Ligue de foot a décidé, en attendant la décision du tribunal de commerce de Paris le 28 février, d'avancer la somme de 35 millions d'euros au club. Elle leur sera versée en fin de semaine. En résumé, le foot français a-t-il les yeux plus gros que le ventre ?
C'est le téléphone sonne ce soir.
Le téléphone sonne.
01 45 24 7000.
Et bonsoir Johan. Bonsoir. C'est vous qui débutez cette émission, nous vous écoutons.
Oui voilà, merci. Moi j'ai 41 ans, ça fait plus de 35 ans que je fais du football. J'en fais encore même ce soir. Et je trouve que l'offre a considérablement diminué en termes de qualité. Avant, il suffisait d'être abonné à une seule chaîne pour pouvoir bénéficier de l'intégralité des matchs français ou européens. Et les compétitions également. J'ai bien essayé l'IPTV. La qualité est déplorable, c'est instable. C'est pas quelque chose qui est envisageable pour moi. Aujourd'hui, on a une offre.
L'IPTV, je précise, pardon de vous interrompre, mais c'est le piratage.
Voilà, tout à fait. Je referme la parenthèse. Merci de préciser. Aujourd'hui, on doit écrire sur papier pour savoir quel abonnement on doit prendre pour suivre telle compétition, etc. Quand j'étais plus jeune, une seule chaîne suffisait. Que le Qatar, les USA ou les Saoudiens investissent dans le football français, c'est très bien. Mais finalement, on se rend compte que le spectateur est lésé avec des prix exorbitants. d'une qualité technique de diffusion qui laisse parfois à désirer. Je pense que les dirigeants de la LFP doivent un peu ouvrir les yeux, arrêter de se mentir sur ces droits qu'ils demandent à des tarifs exorbitants. Aucun club français ne mérite de tel montant.
Il faut être réaliste. Et aujourd'hui, il faudrait trouver un diffuseur honnête, crédible et en capacité technique et financière d'offrir, je pense, le spectacle que les spectateurs attendent tous. Alors, j'ai deux questions, si vous le permettez, pour vos invités. Est-ce que pour eux, aujourd'hui, un retour de Canal+, dans les négociations et dans la diffusion, est réaliste ? J'imagine que si oui, ça serait peut-être à ses conditions à lui. Et la deuxième question, ça serait pourquoi le service public ne s'est jamais engagé dans la diffusion du football français ? Voilà.
Eh bien, c'est excellent. On va aller poser tout de suite à nous inviter ces questions. En studio avec nous, Nathalie Yannetta, la directrice des sports de Radio France. Bonsoir, Nathalie. Bonsoir, Christelle. Bonsoir à tous. Je salue aussi Pierre Maès, économiste du sport, qui est en direct des locaux de nos confrères d'Issy-Nord. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir à tous. Et Nicolas Xysmartoff, journaliste au magazine SoFoot, qui est en studio avec nous. Bonsoir. Alors, première question de Johan. Il a dit beaucoup de choses, Johan. Il a tout dit. On peut déjà faire toute l'heure là-dessus. Est-ce qu'un retour de Canal+, est réaliste ? Lequel d'entre vous veut répondre, pour commencer ?
Nicolas ? Ça me semble très compliqué. D'abord, je rappelle qu'il y a un contrat qui court avec Dazen, même s'il y a un conflit pour l'instant entre le diffuseur et la LFP. Il y a un contrat qui court au moins jusqu'à la fin de l'année prochaine, puisqu'il y a une clause de rupture. En décembre 2025. Ensuite, Canal+, le désire-t-il ? Parce que Canal+, a du coup, en raison des mauvais coups, des coups un peu par en dessous que lui a fait la LFP, s'est diversifié. Ils ont misé sur la première ligue anglaise, ils ont misé sur la Champions League cette année, qui en fait est devenue un championnat d'Europe des clubs, avec cette nouvelle formule.
Ils ont le rugby, ils ont la Formule 1, et ils ont bien sûr une plateforme vidéo. Donc, pourquoi ils iraient s'embêter à remettre le nez et de l'argent, qu'ils n'ont peut-être pas d'ailleurs, si on en croit les ambitions financières de la LFP, dans la Ligue 1 ? Je doute beaucoup que pour l'instant, ça soit faisable. Et après, il y a apparemment, c'est ce qui se dit, une espèce de conflit ou de distance qui s'est créée autour de la personne de Vincent Laprune. Je pense que ce n'est pas forcément aussi catégorique que cela, dès qu'il s'agit de faire des affaires. C'est à double tranchant le fait d'aller demander à Canal+, de revenir dans le jeu.
On y reviendra peut-être, mais il y a eu des erreurs stratégiques majeures qui ont été commises à plusieurs reprises par les dirigeants successifs de la Ligue du football professionnel. Aujourd'hui, le produit, il est très très amoché. Nicolas l'a dit, Canal a investi ailleurs. Probablement que Canal aimerait retrouver de la Ligue 1, mais Johan le disait, à ses conditions. Et ses conditions, ça va être 200-250 millions. C'est-à-dire qu'on est à l'aune. Et au début, en fait, on pense qu'on est au cœur de la crise du football français. Je pense qu'on n'en est qu'au début.
Parce qu'il y a 4-5 ans, lorsque les signaux faibles ont commencé à clignoter, le monde du football a été frappé d'un déni assez spectaculaire qu'on est en train de payer aujourd'hui.
Est-ce qu'on est au début de la crise, Pierre Maès ? On est dans la crise depuis longtemps, en fait. Depuis Mediapro ? Comme le soulignait Nathalie, effectivement, depuis Mediapro, on a l'impression que la Ligue est engagée dans une mauvaise séquence. On refait le match et on va refaire l'histoire pour que tout soit clair pour les gens qui ne connaissent pas forcément toute l'histoire des droits du foot. Mediapro, au départ, qui veut commencer à raconter l'histoire ? Vous, Nathalie, peut-être ?
2018, jusqu'ici, les droits sont partagés entre deux diffuseurs. Canal+, donc le diffuseur historique depuis 1984, et Beinsport, qui était un nouvel entrant dès 2011. 2018, donc, appel d'offre de ce championnat, avec 1,195,000, très exactement, atteint par la Ligue de football professionnelle, ce qui a conduit certains dirigeants à dire que c'était un jour béni pour le football français. C'était donc le début de 7 ans de malheur. En revanche, ils ne le savaient pas encore.
Mediapro, qui très vite doit construire une chaîne, a des difficultés pour diffuser, se retrouvent au pied du mur, et puis le Covid passe par là, le Covid qui a bon dos, mais on en reparlera aussi, le Covid et l'attitude des dirigeants du football français. Parce qu'on n'a pas fini la saison. Parce qu'on n'a pas fini la saison, et ça n'est pas en détail. A servi donc... Alors que d'autres championnats l'ont fait. Tous ont terminé. A servi donc d'excuse à Mediapro pour être défaillant. A partir de ce moment-là, ça a été un peu la panique. Ils ont fait appel à un fonds d'investissement, parce que ce milliard, certains avaient commencé à le dépenser, avant même d'avoir touché l'argent.
Il fallait donc sauver le soldat Ligue 1. Un fonds d'investissement est arrivé, CVC, avec une clause qui était un peu la clause du siècle pour le fonds d'investissement, et non pas pour les clubs de foot. Et depuis, on va de Caribe en Silas, on est à Canossa, et les dirigeants du football français continuent de penser que ce milliard est la valeur de leur championnat, alors qu'en fait, c'est juste le prix qu'ils aimeraient en avoir. Mais ce produit ne les vaut pas. Nicolas Xysmartov. Oui, moi je crois que tout a été dit. Le foot français, son problème structurel, c'est qu'il a mis un prix avant de mettre la qualité et de travailler son produit. C'est un peu ça.
Et je crois que Vincent Lapone a dit un peu une formule qu'on n'a pas assez retenue, parce qu'on a été sur les petites phrases, mais il a dit que c'est un produit premium. Non, la Ligue 1 n'est pas un produit premium. Le foot est un produit premium. On voit bien que les gens s'abonnent à Canol pour regarder la Champions League, mais la Ligue 1 n'est pas un produit premium, parce que rien n'a été fait pour qu'il le devienne. On n'a pas donné, suscité l'envie du consommateur. On n'a pas construit le produit économique. Je vais parler, c'est très capitaliste, tout ce que je raconte, on est là-dedans.
Et on n'a pas respecté les cultures, parce que la culture, ça rapporte de l'argent aussi, quand on sait l'utiliser.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? On n'a pas respecté les cultures du foot.
Regardez le clip vidéo qu'ils ont sorti. On a dit qu'on est la Farmer League. On a dit que le foot français, il est un peu un foot de seconde zone. On n'a jamais su mettre en valeur comme ils auraient dû l'être. On n'a jamais su écrire une histoire autour du football. Tout ça cumulé, et Pierre Maës l'expliquera beaucoup mieux après moi, s'explique qu'on est depuis longtemps dans une crise de ce point de vue-là, de construction économique. Je mets de côté la dimension sportive. On a une sélection nationale qui a particulièrement brillé. On est un des pays qui exporte le plus de joueurs. Et là-dessus, il n'y a pas de problème.
Mais sur notre championnat domestique, la crise et la taille angolade, elle s'est enclenchée il y a longtemps.
Pierre Maës ? Alors, j'entends bien tout ce qui est dit au niveau du produit, et je le rejoins en tout cas, en partie. En fait, il y a quand même une nuance de taille ici à porter. C'est que le prix des droits TV n'est pas déterminé par le produit ou sa qualité. Le prix des droits TV est déterminé essentiellement à 95% par la concurrence que se livrent les opérateurs pour les acquérir. Au plus il y a de concurrence, au plus les prix vont monter, les chaînes vont se battre à coup de chèques, à coup de gros chèques. C'est ce qui s'est passé pendant deux à trois décennies, jusqu'à l'époque de Canal+. Oui, exactement. Et dans les autres pays, c'est exactement la même chose.
Le pivot se situe autour de 2018. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Dans les pays principaux d'Europe, il n'y a plus de concurrence. Il n'y a plus de concurrence, donc les prix baissent. On est à peu près, dans chacun des pays, dans une situation de monopole, de la part de l'opérateur principal, comme Sky en Angleterre, comme Canal en France. Et finalement, à ce moment-là, c'est lui qui détermine le prix. Monopole ou duopole, bien souvent, il est accompagné justement de Dazone, comme en Espagne, où l'opérateur dominant, c'est Telefonica, Mobistar, et Dazone de l'autre côté.
Donc, en fait, ce qu'on constate, plutôt, le produit, c'est important, mais ce qu'on constate plutôt, c'est que les dirigeants de club et les dirigeants de la Ligue sont dans un déni par rapport à cette nouvelle situation. Il y a une nouvelle situation où le rapport de force change. Avant, donc dans les trois décennies dont j'ai parlé, avant 2018, il suffisait aux dirigeants de Ligue de jeter littéralement les droits sur le marché, avec des appels d'offres très, comment on va dire, très construits par les avocats, et les chaînes se battaient à coups de gros chèques pour les acquérir. Ils n'avaient rien à faire. Ils ouvraient leur mail, ils voyaient, oh, des centaines de millions.
Aujourd'hui, la situation est totalement différente. Le rapport de force a changé et ce qu'on voit, c'est exactement ça aujourd'hui en France. Dazone sait, Dazone est un remarquable négociateur et très malin, sait que le rapport de force a tourné légèrement à son avantage et on profite. Dazone a déjà... On profite pour ne pas payer, vous voulez dire ? Non, en tout cas, on profite pour tenter de mettre son pied dans la porte, pour tenter une renégociation. Mais musclé... L'idée, c'est ça. Ils ont payé 400 millions d'euros par an jusqu'en 2029. Les 100 millions d'autres, c'est BIN. Attendez, ceci est aussi une nuance importante.
Les 400 millions, c'est une moyenne sur 5 ans, production comprise. D'accord ? Cette année-ci, ils payent 350 millions, dont 25 millions de production. Donc, cette saison-ci, ils ne payent que 325 millions. Et c'est ce montant-là qu'ils entendent renégocier déjà. On va repartir au Standard, rejoindre Philippe. Bonsoir, Philippe.
Bonsoir.
Nous vous écoutons.
D'abord, je voulais vous remercier pour vos émissions, celles de ce soir et les autres, la qualité de votre écoute et de votre accueil.
Merci.
Moi, j'ai 60 ans, je suis un sur-reporter ordinaire avec mon fils en garde de foot. On soutient le PSG, j'en profite pour les encourager. Mais on est juste des supporters. L'an dernier, on a pris notre abattement sur la plateforme Amazon sans aucun problème, 15 euros, on était contents. On a pu se payer deux matchs dans l'année, on était ravis, on a été sur le stade, mais les oubliés, c'est les supporters. Comme cette année, ils nous mettent l'abonnement à 30 euros, c'est évidemment non.
On est partis à 40 euros.
Oui.
On est passé à 15, on a bradé en cours de route.
À un moment donné, on a bradé, puis jusqu'à quel prix ? On oublie les gens qui payent, les gens qui vont au stade. Tout bêtement. Alors, c'est formidable, on a des joueurs talentueux, on les voit partout dans le monde entier, on est ravis, mais nous, on a le plaisir d'aller au stade, de voir une équipe, de vivre les hauts et les bas, parce qu'il y a eu les hauts, il y a eu les bas, puis c'est l'histoire du sport. Et cette histoire, on a envie de la vivre chez soi.
Et quand, en début d'année, on a trouvé une solution IPTV à des matchs tous les deux pour un prix qu'on peut se payer et pour une valeur de produit et d'expérience qu'on peut se payer aussi parce que la qualité n'est quand même, la qualité de l'expérience de la façon dont les matchs sont filmés n'est pas non plus extravagante. Si c'était canal à la grande époque...
Ben, ils n'ont pas vraiment les droits, en fait.
Ben, écoutez, à eux de se débrouiller, tous ces gens très intelligents qui sont payés pour et qui payent des cabinets d'experts à tous les matières pour analyser les consommateurs, les marchés, les techniques. Enfin, vous savez, je travaille dans une entreprise privée, je sais comment ça se passe. On en mange à tous les étages et à la fin, les braves couillons. Nous, on est contents, on se régale de voir des matchs ceux de notre équipe et les autres mais on les voit à proportion de nos moyens et la satisfaction qu'on nous donne.
On nous donnerait un beau produit, on nous donnerait une vraie concurrence dans la Ligue avec des clubs qui peuvent venir chatouiller le premier vraiment et sincèrement. On sera ravis et je mettrais 30 euros par mois, je n'aurai aucun problème. Et pour le produit qu'on nous offre et l'expérience qu'on nous propose, je trouve que passer ailleurs, c'est la grève des consommateurs, c'est le seul moyen qu'on a et on l'en prend. Et on n'est pas plus bêtes que les autres, on sait le servir du système nous aussi. C'est important ce que dit Filipe. Vous avez 60 ans, c'est ça ?
Vous êtes donc un abonné historique de Canal Plus, vous avez parlé de Canal de la grande époque, c'était pas seulement retransmettre le football à l'époque et j'ai appartenu à cette rédaction avec une fierté immense pendant 20 ans. Donc de l'intérieur, je sais quel était le niveau d'exigence et Philippe a raison, nous devions donner plus à l'abonné que ce qu'il aurait pu voir ailleurs. Aujourd'hui, les choses ont changé. Et ça avait révolutionné le football. Évidemment, tout a changé et ça a changé la Ligue 1 et la Ligue 1 est devenue ce qu'elle est grâce aux innovations technologiques et à la création aussi de contenus et d'émissions de ce canal d'il y a 20 ou 30 ans.
Aujourd'hui, Philippe a raison, beaucoup de choses ont changé mais il dit moi je suis prêt à payer 30 euros. Mais si j'ai de la qualité, la qualité c'est quoi ? La qualité c'est c'est donner davantage que l'IPTV par exemple dont on ne demande pas plus que d'être que le diffuseur de flux d'Azone aujourd'hui et c'est valable dans les autres pays. C'est une plateforme. Ils vous prennent au coup d'envoi quand ils ne le manquent pas parce que c'est arrivé sur certains matchs de Ligue 1. À la mi-temps, vous n'avez rien, pas d'analyse, etc. Et puis ils rendent en fin de match.
C'est aussi une nouvelle manière de consommer le sport pour des plus jeunes qui n'ont pas et qui vont chercher ailleurs les analyses. Et le plus, il faut aussi s'adapter au monde dans lequel on vit. Mais Dazon a fait une erreur fondamentale sur le marché français. Croire qu'il allait pouvoir avoir un million et demi d'abonnés avec 40 euros juste en diffusant la Ligue 1 et en ne proposant rien d'autre, c'est de la folie ou de l'incompétence.
Je ne sais pas ce qu'il faudrait choisir et la Ligue de football professionnelle, pardon, elle, ce n'est pas qu'elle a menti sur le produit mais à un moment quand tu vends ton truc beaucoup plus cher que ce que ça vaut, forcément tu as induit un peu en erreur. Donc là, ils sont tous les deux face à face et la vérité, c'est qu'ils sont aussi responsables l'un que l'autre. Et aussi embêtés l'un que l'autre finalement. Plus la Ligue que Dazon parce que Pierre l'a dit tout à l'heure, le rapport de force aujourd'hui, il est du côté du diffuseur. Si pas Dazon, qui d'autre ? Qui d'autre ? Qui d'autre ? Tiens justement, Nicolas, c'est une bonne question.
D'abord, sur le rapport de force, on peut oublier aussi que les clubs français ont raté la diversification de leurs revenus ce qui fait qu'ils sont tenus par les droits télé beaucoup plus que dans d'autres pays. Beaucoup trop ? Beaucoup trop. On va y venir. Il y avait une question tout à l'heure, moi je serais extrêmement pour que le service public diffuse le foot en France. Il le fait occasionnellement sur la Coupe de France, cette vénérable institution auxquelles on est tous très attachés. J'avais écrit un article il y a longtemps quand Amazon a repris. C'était...
C'était à souffrir.
J'avais écrit un article quand Amazon a repris et j'ai vu les prix qu'il avait mis. Je me dis, ouais, finalement, France Télé pourrait le faire et pourrait mettre l'argent... Au moment de la défaillance du Média Poirier, c'était accessible, Nicolas. C'est pas accessible au service public. Mais quelque part, je ne comprends même pas que de son propre chef, la LFP, ne dise pas ok, on vous donne un match par semaine diffusé en clair sur eux. Que tout le monde puisse voir pour donner envie de nouveau aux Français largement parce qu'il y a des seuils de rapport au foot. Il y a les vrais passionnés, les supporters. Ils sont dans les stades. Les stades sont remplis.
Ils y vont parce que c'est une expérience que tu as envie de vivre. Il y a, comme monsieur, ceux qui aiment les clubs, un club ou qui aiment le championnat qui vont un peu suivre. Mais il y a tous les autres qui aiment le foot mais qui sont en train de se distancier parce qu'ils le regardent ailleurs. Ils regardent la Champions League. Ils vont regarder la Serie A sur l'équipe TV qui diffuse maintenant ce championnat italien qui est remonté en niveau. Il faut avoir, quelque part, reconquérir les cœurs. Pour ça, il faudrait du spectacle gratuit et accessible facilement, notamment, y compris pour les jeunes.
Et cette logique-là, me semble, mais extraterrestre pour nos amis de la LFP qui pensent, mordicus, qu'ils ont un produit en or et que ça a été très bien expliqué par monsieur Maès que les gens vont continuer à se battre jusqu'à la mort pour l'avoir. Effectivement, la logique capitaliste du monopole s'oppose un peu à cette vision délicate.
On a beaucoup de réactions sur WhatsApp et beaucoup de gens qui nous disent que finalement, ils ne veulent plus regarder parce que ça change tout le temps de diffuseurs. On a l'impression que chaque année, ou presque, on rebat les cartes, c'est reparti pour un tour au fait qui va diffuser quoi, à quelle heure, comment. C'est allé sur trois jours. Il doit encore partir.
La fin de la saison prochaine, il a une clause de sortie. C'est Philippe qui disait qu'il ne faut pas mettre un tableau pour savoir quel match regarder où. Donc, on a un peu autre chose à faire dans la vie.
Et puis, tout simplement, il y en a qui sont déçus par le spectacle. On va écouter Florence qui vient de nous envoyer une note vocale.
Je m'appelle Florence et j'habite Fontenay-aux-Reuses. Et je voulais juste témoigner du fait que moi, j'étais une grande passionnée de foot il y a une vingtaine d'années. J'ai été longtemps abonnée au Parc des Princes. Je vivais pour le foot. J'allais en Italie pour voir des matchs. Voilà, ça a rythmé un peu ma vie. Et puis, ça fait un peu plus d'une quinzaine d'années que petit à petit, je me suis désintéressée parce que je me suis de plus en plus ennuyée devant le foot. Et donc, c'est vrai que quand je regarde à nouveau le foot aujourd'hui, eh bien, bien souvent, ça me confirme que je n'ai pas acheté d'abonnement et que ce sport est, à mes yeux, devenu très peu intéressant.
Voilà, c'est juste un témoignage de quelqu'un qui aimait vraiment énormément le football il y a, oui, 15-20 ans.
Voilà, Nathalie Yannetta. Elle est un peu dure, Florence. Florence s'ennuie. Mais en réalité, je crois... Elle est un peu dure, mais c'est vrai que...
Est-ce que le PSG n'a pas tout écrasé ? Alors, il y a ça, en France en l'occurrence. Mais après, il y a un truc quand même. Il y a 15-20 ans, on ne voyait pas autant de matchs qu'aujourd'hui. Notre plaisir aujourd'hui, il est aussi émoussé. À un moment, il n'y a pas une journée où, si vous allumez une chaîne telle qu'elle soit, vous ne pouvez pas voir de foot. C'est un problème. Il faut aussi raréfier un tout petit peu tout ça. Ce dont parle Florence, c'est ma génération aussi. Franchement, vous pouviez voir quelques extraits de matchs et de championnats européens il y a 20 ans à l'équipe du dimanche. C'était les meilleurs moments des meilleurs championnats.
Vous aviez le championnat de Ligue 1, certes. Vous aviez quelques affiches européennes, mais il n'y avait pas autant de foot qu'aujourd'hui. Et donc, notre plaisir, il s'est aussi un petit peu émoussé parce qu'à un moment donné, il y a moins de désirs. Pierre Maès,
vous qui êtes économiste du sport, est-ce que vous pouvez nous expliquer quel est exactement le modèle économique de la France ? Et en quoi il est différent de celui de ses voisins ? Parce qu'effectivement, on disait que les droits de diffusion, ça représente à peu près 70%. 60% aujourd'hui. 60% Pierre Maès. Ça dépend des clubs.
Ça dépend vraiment des clubs.
Expliquez-nous, Pierre Maès. D'accord. Alors, si vous permettez, je vais d'abord revenir sur ce qu'ont dit les auditeurs, Philippe et Florence, parce que c'est fondamental, en fait. Je parlais d'un déni sur l'évolution du rapport de force entre le diffuseur et la Ligue. Il y a un autre déni. L'autre déni, c'est le déni qui est lié au piratage. Ici, on vient d'entendre Philippe dans sa bouche. Il se définit lui-même comme un brave couillon parce qu'il s'est abonné à Canal, puis il a dû s'abonner à Mediapro. Et maintenant, terminé. Il en a marre. Et donc, il déclare sur votre antenne qu'il est abonné à l'IPTV. ce qui est quand même illégal. On est d'accord.
Aujourd'hui, on est arrivé à quelque chose en France qu'on n'a encore jamais vu ailleurs en Europe qui est d'abord ce bashing, ce Dazone bashing, le bashing du diffuseur qui en prend plein la tronche. Je viens de l'entendre dans vos bouches également. Et une incitation au piratage complètement décomplexée. On n'a jamais vu ça ailleurs. Et le public exprime finalement un ras-le-bol de manière étonnante et inédite. Alors écoutez, juste, je fais une parenthèse Pierre Maès parce que j'ai sous les yeux un message que nous a laissé Paul.
il dit j'ai un abonnement IPTV donc illégal, ce n'est pas bien et c'est illégal mais je peux facilement suivre tous les matchs de mon club préféré sur tout support y compris quand je suis à l'étranger sans jongler avec quatre diffuseurs différents. Ben oui, l'IPTV c'est la bombe atomique, c'est la panacée. En fait, pour être tout à fait précis, c'est un service absolument extraordinaire qui vous permet de regarder toutes les chaînes du monde pour des tarifs qui vont de 5 à 10 euros par mois. C'est imbattable. Le piratage, il n'y a pas qu'en France non plus Pierre Maès. Absolument. Ça existe aussi à l'étranger et l'Espagne notamment se bagarre fortement contre le piratage.
Mais est-ce qu'il y a une spécificité ? Parce que nous, ça a l'air d'être dans des proportions assez colossales. On dit que parfois sur un OM-PSG, il peut y avoir presque d'un téléspectateur sur deux qui n'a pas payé. C'est Dazon qui donne ces proportions. Mais je pense qu'il n'y a pas de spécificité française que le piratage est partout en Europe. Et le déni, il est exactement finalement comme il l'a été pour l'industrie de la musique à un moment donné. Le déni est de dire nous allons... D'abord, le déni c'est de dire le piratage n'existe pas. Ici, dans une deuxième phase, nous allons combattre le piratage et nous allons gagner. Mais non. Mais non.
Le piratage va gagner comme il a gagné pour la musique. Et il s'agira de repenser des business models complètement différents où plus vraisemblablement se passaient carrément des droits télé tels qu'on les voit aujourd'hui. Et donc, c'est là que je rebondis... Les droits télé sont dépassés et là, on en revient au modèle économique. Voilà. C'est là que je rebondis sur votre question à combien représentent les droits télé dans les budgets des clubs. En moyenne, en Europe, c'est 50%. C'est énorme. C'est absolument gigantesque. Ça veut dire que la moitié des transferts et la moitié des salaires des joueurs sont financés par l'argent des télés.
Eh bien, si le piratage gagne comme je le dis, et j'en suis sûr, eh bien, les clubs et les joueurs devront se passer de cet argent.
Alors, il y a un modèle dont Pierre n'a pas parlé. C'est le modèle allemand. En Allemagne, c'est 30% de télédépendance puisque c'est comme ça qu'on qualifie cette dépendance au droit télé. C'est dans la loi. Et la Bundesliga, pour le coup, elle, elle a vécu son média pro. C'était à la fin des années 90. Kirch débarque en mettant des Dutch Marks à n'en plus finir. C'est le patron d'un grand groupe de presse ? Oui, qui était le plus puissant à l'époque, vraiment, en fin des années 90. Il met des Dutch Marks à n'en plus finir sur la table et il plante. Il plante le football allemand qui, au début des années 2000, doit donc tout reconstruire. Et là, il part de zéro.
C'est-à-dire qu'un patron d'une ligue très puissante qui rassemble la première division, la deuxième division et une partie de la troisième se met à travailler avec tous les clubs autour de la table, leur demande de repenser le modèle de A à Z, c'est-à-dire les stades, la formation, le style de jeu, la fan experience pour les équipes qui viennent, pour les familles qui viennent au stade. Il trouve un diffuseur, Sky, avec qui ils font un partenariat pour développer un peu à l'image de ce qu'avait fait Canal dans les années 80 avec le football français, là c'est avec la ligue allemande.
Et petit à petit, le produit s'améliore et comme le disait Pierre, à un moment donné, quand votre produit, il est beau, parce que les stades sont pleins, parce qu'il y a du spectacle, parce que ça y est, il y a un nouveau jeu, parce qu'il y a un nouveau style, parce qu'il y a une coupe du monde qui est passée par là et qui a été rafraîchissante et qui a réussi, au bout de 6-7 ans, un autre diffuseur commence à se dire et pourquoi pas s'intéresser aux droits de la Bundesliga et depuis 10 ans seulement, il y a deux diffuseurs, dont Dazone d'ailleurs, en Allemagne et ils ont dépassé le milliard.
Donc, il y a aussi une question de fonds et de modèles économiques que les clubs français n'ont pas voulu voir ni travailler. Nicolas Xismartov ? C'est difficile de rajouter quelque chose parce que c'est tellement évident à observer. Oui,
mais ça prend des années, quand même, le modèle allemand, il a mis des années. Oui, ils sont 10 ans à s'en remettre, mais c'est la vie.
Là, vous souviens d'un point intéressant, il n'y a pas de solution miracle à l'heure actuelle. Je veux dire, même si Vincent Labrune démissionne et qu'on met quelqu'un d'autre, le problème, il est structurel, c'est l'ensemble des clubs, c'est grand...
C'est ce que dit Philippe Diallo, d'ailleurs.
Oui, Philippe Diallo, il est aussi dans le système depuis longtemps, donc il n'a pas découvert...
Il reconnaît que c'est un problème structurel.
Mais ça, oui, c'est bien.
C'est aussi de sa responsabilité,
c'est ça que vous voulez dire. Comme une petite tutelle sur la Ligue, il a refusé la tutelle, donc pour l'instant, on n'avance pas, mais en fait, on en a pour des années à se reconstruire. Malgré tout, je répète quand même que le foot, en France, c'est sport numéro un, le plus pratiqué, le plus aimé, le plus regardé, quand même, et qu'il ne faut pas non plus noircir à l'inverse le tableau. On n'est pas en train de cesser des mille foot, mais c'est le football professionnel français.
Quand je dis reconquérir les cœurs, c'est une façon un peu excessive de parler parce que les stades sont pleins, mais c'est vraiment arriver à rendre, entre guillemets, le peuple français fier de son football professionnel dans son ensemble, ce qui n'est pas le cas. Et c'est vrai que PSG, par exemple, à la fois, je comprends la fierté des supporters parisiens. Donc vous êtes. Donc j'ai une double. Moi, je suis bi. Je suis aussi du raccourci. Moi, je suis bi. Je suis bi. Ma famille, je suis aussi à Strasbourg. Mais c'est pour revenir, je comprends la fierté des supporters parisiens, mais cette domination absolue, économique, puissance sportive et compagnie.
Quand ça tue aussi la compétence et la compétition. Marseille, cette année, je oublie un Marseille. René, ils sont à 10 points du Paris Saint-Germain. Le championnat n'a pas commencé qu'il ait joué en France. Et ça, ça fait aussi que c'est le problème. On a dit en Allemagne, il y a eu le Bayern, mais le Bayern, effectivement, c'est l'année dernière, c'est Dortmund qui est en finale. L'Everkusen, qui l'année dernière a fait une saison formidable. Donc, ce n'est pas vrai. Il n'y a vraiment que la France qui a cette domination où le PSG joue et le PSG est champion. Il y a eu deux accidents, c'était l'île et Montpellier. Et ça tue le suspense, donc quelque part, on n'a pas envie de regarder
et c'est Jean-Bien à Florence
qui s'ennuie. Oui, mais il y a City qui domine, mais il y a toujours un suspense de fin, il y a une course de fin comme en Espagne, comme en Italie. Là, on suit tous Arsenal, même si on imagine qu'Arsenal, une fois de plus, va passer à côté. Mais ce n'est pas grave, il y a un suspense. En France, le suspense, il existe. C'est qui va descendre ? Alors ça, on a un grand amour de la relégation.
Qui va finir deuxième ?
On a un grand amour. Mais j'adore les gens qui se battent pour survivre et pour rester en Ligue 1. C'est génial, mais c'est ça quand même notre spécificité. Il faudra la mettre en valeur d'ailleurs, je pense.
Pierre Maès, qu'est-ce que vous en dites ? Moi, je voudrais revenir aussi comme Nicolas vient de le faire sur le témoignage de Florence et Nathalie, tu l'as abordé aussi en parlant très très justement de rareté. Aujourd'hui, il y a un problème plus global que le problème français au niveau du foot. C'est très intéressant d'avoir un témoignage comme celui de Florence. C'est qu'effectivement, il n'y a pas, comment on va dire, il n'y a pas une seule autorité qui gouverne le foot au niveau mondial. Il y a surtout deux autorités, la FIFA et l'UFA, qui se livrent une concurrence incroyable et qui bouchent les calendriers en organisant des compétitions dont personne n'a strictement rien à faire.
Et ça, ça tue le foot effectivement parce qu'il y a plein de matchs de très mauvaise qualité qui polluent nos antennes. Et donc, là, il y a un danger plus global. 90 minutes, c'est long dans ces cas-là. Ah, exactement. Il y a un autre point que Nicolas abordait en parlant de produits premium ou plutôt en disant que la Ligue 1 n'est pas ou plus un produit premium.
C'est clair que dans cette évolution où les droits baissent, où le piratage prend de plus en plus ampleur, où il devient de plus en plus difficile de trouver des diffuseurs prêts à miser des centaines de millions sur le fait de recruter et de fidéliser des abonnés, eh bien, il y a quand même encore des compétitions qui parviennent à garder cette attractivité, qui parviennent à séduire encore des diffuseurs. Ce sont bien sûr les deux principales, les deux super-ligues, on va dire, en Europe. C'est la Ligue des Champions d'une part et la Première Ligue d'autre part. Alors, la Première Ligue, elle est valorisée à 4 milliards, dont 2 milliards à l'international, ce qui est énorme.
On ne joue pas dans la même catégorie. On est en national, nous. C'est clair, non mais voilà, donc justement, se crée alors un énorme fossé entre ces deux compétitions et les autres. Et donc, ce fossé, il est déjà grand aujourd'hui et il ne va faire que s'agrandir. Ce qu'on voit aujourd'hui avec le foot français qui tente de s'épatouiller dans ces crises de droite télé, c'est qu'en fait, il s'enfonce dans la concurrence avec les autres ligues européennes pour tâcher de survivre un petit peu à l'ombre de la Ligue des Champions et de la Première Ligue, il s'enfonce, il s'enfonce, il s'enfonce. Et il va continuer à s'enfoncer, selon vous ? Il perd du terrain.
S'il n'y a pas de changement majeur à la gouvernance. Alors, un changement majeur, ça ressemblerait à quoi, selon vous ? Il faut un changement majeur à la gouvernance et réintroduire du sérieux et du professionnalisme.
Et de la transparence parce qu'il y a une confiscation aussi. Ça fait plusieurs années qu'à la fois à la Fédération et à la Ligue, les acteurs de ces instances considèrent que certains décident seuls à quelques-uns sans en référer aux autres et ça crée non seulement des frustrations mais du coup des mises devant le fait accompli qui ne vont pas encourager le fait de repartir tous ensemble à se mettre sur la table, autour de la table et à travailler vraiment en profondeur.
On fait un dernier petit détour par le standard avec Guilhem. Bonsoir.
Oui, bonsoir. Merci de prendre ma question. Sûrement un petit peu naïve. Mais depuis le début, vous parlez que le diffuseur était un petit peu en position de force pour négocier avec la Ligue de football. Or, ils ont répondu à un appel d'offres, ils ont un contrat avec la Ligue et du coup, je me demandais à quel point ils pouvaient ne pas honorer ce contrat ou le renégocier et est-ce que ce n'était pas un petit peu faussé le marché de réagir comme ça ?
Alors, la renégociation du contrat, c'est bien le cœur du sujet parce qu'encore une fois, Mediapro et Dazon, c'est très différent. Mediapro avait une défaillance financière, ce qui n'est pas du tout le cas. Dazon peut payer. On considère que c'est le Netflix du sport. C'est le cas. Dazon pourra payer. Eux, ce qu'ils veulent, et Pierre l'a bien expliqué, c'est renégocier un contrat qu'ils ont signé cet été et dont ils considèrent qu'on leur aurait menti, d'où le procès pour déloyauter qu'ils font à la Ligue sur la qualité du produit. Dazon a une clause de sortie qui avait été signée dès le mois d'août au moment de la signature du contrat.
Décembre 2025, s'ils n'atteignent pas 1,5 million, donc déjà, j'explique, je ne vois pas comment ils vont les atteindre dans les sept mois, si je calcule bien, qu'ils nous séparent de la fin de l'année. Donc, ils pourront partir sans pénalité et sinon, eux, ce qu'ils veulent, ils disent, nous, on veut rester en renégociant le contrat. Soit ils arrivent, la Ligue arrive à faire renégocier.
Ils ont l'intention
de partir ? Mais ils peuvent, c'est ça le problème. En tout cas, ils ont une fenêtre sans pénalité fin décembre 2025. Et puis, rien ne les en empêche. Je pense qu'ils peuvent très bien, Dazon peut très bien vivre sans la Ligue 1. C'est encore une fois ce qu'il faut expliquer, c'est qu'avoir la première Ligue, avoir la Bundesliga, c'est important, avoir bien sûr la Ligue 1 comme B1 là en France, c'est important, mais un groupe comme Dazon International peut très bien exister, vivre sans la Ligue 1. Alors, on en revient
à notre question du début de l'émission. Qui ? Alors, qui ? Si par exemple, demain, il n'y a pas d'agence. Mais justement, c'est bien l'angoisse existentielle actuelle,
c'est personne. C'est qui et combien ? Parce qu'on l'a dit, qui, ça peut être canal, mais encore une fois, à un prix qui sera extrêmement bas. Et sinon, il y a cette histoire de chaîne que la Ligue veut créer.
La Ligue avait essayé de monter une chaîne.
Ce sera coûteux. La LFP+, alors on a un problème de trésorerie au départ, c'est que les clubs, vous l'avez compris, ils attendent cette manne financière parce qu'ils en ont besoin, y compris pour payer le salaire. Je ne parle même pas des joueurs, très inquiets dans les clubs et qui ont des raisons d'en vouloir à leurs responsables d'avoir été à ce point dans le déni. Comment est-ce que vous amorcez la pompe avant d'avoir des abonnés ? Là, il va y avoir une période très compliquée si vous lancez votre plateforme avant qu'elle ne fonctionne, qu'elle ne marche, que vous ayez des abonnés, donc des revenus et que vous puissiez redistribuer.
Mais ce système-là de plateforme, c'est encore ce qui est un petit peu dans les tuyaux. On n'arrive pas bien à savoir le niveau de maturité de ce projet, ni même si sur un marché comme la France, ça peut fonctionner. Sachant que dans ce cas-là, le mercato va être sympa parce que les clubs vont tous être amenés à vendre beaucoup s'ils veulent survivre. Ils ont déjà beaucoup vendu cet hiver,
c'est le championnat qui a le plus vendu cet hiver. Les transferts, ça représente combien sur le financement des clubs à peu près ?
Là aussi, ça va dépendre de vos clubs de formation, mais là, cette année, ça a été une manne. Ils se sont serrés la ceinture. Je crois qu'ils se sont serrés la ceinture. Ils se sont serrés la ceinture. Pierre, si vous permettez.
parce qu'on arrive à la fin de l'émission. Je vais juste rebondir sur la question de Guilhem sur les chances de Dazone. Très vite, parce qu'on a quelques secondes. Le risque sur la LFP est clairement de se retrouver avec un Dazone qui veut en négocier et puis derrière avec plus personne. Il est l'obligation pour eux de lancer cette chaîne propre qui est un risque majeur. D'accord. On va en rester là. En tout cas, on a compris que l'avenir était bien bouché. Pour le foot propre, pour le foot, c'est compliqué. Ça va aller, rassurez-vous. Oui, ça va aller. Merci beaucoup Nathalie Iannetta, Pierre Maès qui était en direct des locaux de nos confrères d'Issy-Nord.
Merci à vous aussi Nicolas Xys-Martoff. Dans un instant, après 20h, les petits bateaux avec la question de Maya, 8 ans. Bonjour, je m'appelle Maya, j'ai 8 ans et je voudrais savoir si ça existe des pays où c'est interdit
de se faire tatouer.
Merci. Elle a déjà une petite idée derrière la tête. Merci.
Merci. Merci.