Shein : les poupées de la honte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Comment avez-vous réagi en voyant ces images de poupées gonflables pédopornographiques sur Shein ?
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Il faut demander à connaître le nom des acheteurs, d'ailleurs ?
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Vous pensez qu'il faut se battre et faire interdire cette plateforme ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Vous évoquez dans ce livre les violences sexuelles de manière personnelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?
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C'est la première fois que vous l'abordez de manière personnelle ?
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Ce livre veut faire revenir les jeunes dans le débat public. Qu'est-ce qu'on leur promet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« J'ai trouvé ça épouvantable. Ca en dit long sur l'époque que nous vivons, y compris par rapport à l'anxiété que je décris dans la jeune génération. »
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« Ce qui est malheureux, et il faut en parler pour l'interdire, mais c'est la publicité que ça leur fait. »
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« Transformer le corps d'un enfant en marchandise, au-delà du symbole, c'est abominable. »
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« Quand, ensuite, je deviens ministre de l'Enfance et de l'Éducation nationale, dans toutes les classes, j'ai diffusé le code. »
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« On appelle cette génération "la génération anxieuse". Le nombre d'enfants qui décrivent des signes anxiogènes a doublé en quelques années. »
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« 1 enfant sur 10, 1 adolescent sur 10 a des pulsions suicidaires. »
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« On en est revenus au niveau de 1925, il y a un siècle. C'est dramatique. »
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« Le droit fondamental d'un enfant, c'est l'insouciance, la tranquillité. »
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« La question de l'accès à la créativité artistique, au sport, à la musique, ça s'étiole dans la société. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
même si vous ne l'êtes pas toujours. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. Je reçois ce soir S.Royal.
Vous publiez un livre: "Mais qui va garder les enfants?" Il fait référence à une phrase de L.Fabius au moment de la présidentielle.
Vous développez dans ce livre le principe de dette générationnelle vis-à-vis d'une jeunesse "tenaillée par l'anxiété". Tout d'abord, vous avez été ministre de la Famille en 2000. Vous avez aussi été ministre de l'Enseignement scolaire.
Un mot sur Shein, qui met en ligne des poupées gonflables pédopornographiques à l'apparence d'enfants. D'autres plateformes de vente en ligne le font aussi. Comment avez-vous réagi en voyant ces images? - S.Royal: J'ai trouvé ça épouvantable.
Ca en dit long sur l'époque que nous vivons, y compris par rapport à l'anxiété que je décris dans la jeune génération. C'est l'objectif ultime d'un capitalisme prédateur, de tout transformer en marchandises. Ce qui est malheureux, et il faut en parler pour l'interdire, mais c'est la publicité que ça leur fait.
Tous les dingues de la Terre qui ne savaient pas que ça existait vont acheter cet objet. - C.Roux: Il faut demander à connaître le nom des acheteurs, d'ailleurs? - S.Royal: Oui, mais ça ne se fera que dans les pays qui ont une notion des droits de la personne humaine.
Dans bien d'autres pays, ça ne se fera pas. En plus, c'est une projection sur la marchandisation du corps, la banalisation de la pédopornographie. Tout y est, dans ce gain de l'argent à n'importe quel prix et sans aucune... - C.Roux: Vous pensez qu'il faut se battre et faire interdire cette plateforme? - S.Royal: Mais bien sûr!
Il faudrait une morale publique conforme à la Déclaration universelle des droits de l'enfant, des droits de l'homme. Tous les pays ont adhéré à la Déclaration universelle des droits de l'enfant. Transformer le corps d'un enfant en marchandise, au-delà du symbole, c'est abominable. - C.Roux: Vous évoquez dans ce livre les violences sexuelles, de manière personnelle.
Vous racontez comment votre maman vous avait mise en garde contre les prédateurs sexuels. Mais vous dites: "Grâce à cette mise en garde maternelle, j'ai pu échapper à un voisin qui embrassait goulûment et dégueulassement des gamins de l'âge de l'école primaire. J'ai aussi trouvé le courage, en classe de 6e, de me reculer en tremblant lors de la visite médicale." Vous avez échappé... - S.Royal: Le fait même de vous l'entendre dire...
C'est tellement traumatisant...
J'ai échappé aux tentatives d'agressions sexuelles. J'ai toujours, ensuite, comme j'ai eu cette mémorisation de ces faits, un médecin scolaire en classe de 6e, puis la professeure avec l'autorité sur l'étudiante que j'étais qui fait le tour du bureau et qui demande un service sexuel contre un travail...
J'ai toujours eu la force d'arrêter. Quand, ensuite, je deviens ministre de l'Enfance et de l'Education nationale, dans toutes les classes, j'ai diffusé le code. - C.Roux: Vous le donnez aussi dans le livre. - S.Royal: Un enfant, vous lui dites: "Ton corps, c'est ton corps.
Tu as le droit de dire non." Et quand il a subi quelque chose, tout de suite: "Je te crois, je vais maintenant te protéger, tu as bien fait de parler." Il y a plusieurs actrices qui ont dit que si elles avaient rencontré ne serait-ce qu'une seule fois un adulte dans leur vie qui leur aurait dit cela, qu'on n'a pas le droit de toucher à leur corps sans leur consentement, qu'un adulte n'a pas le droit de les toucher...
Aujourd'hui encore en France, 1 enfant sur 10 est victime de harcèlement sexuel ou d'abus sexuels, y compris dans la famille. Si chaque enfant entend ces mots que je donne dans mon livre, que les parents et les adultes s'en saisissent pour le dire à leurs enfants... - C.Roux: C'est la première fois que vous l'abordez de manière personnelle? - S.Royal: Oui, car quand on a vécu ça, on est plus crédible pour en parler.
Et on sait que le conseil qu'on donne est efficace. - C.Roux: Ce livre en réalité veut faire revenir les jeunes dans le débat public.
Ils n'y sont pas. On va parler dans un instant du débat budgétaire. On parle beaucoup des retraites mais pas tellement de la jeunesse.
Vous dites que la société française ne protège plus les jeunes adultes. ...
On les fait taire parce qu'ils ne votent pas? - S.Royal: Oui, et parce qu'ils dérangent, parce qu'ils sont exigeants, parce qu'ils demandent l'essentiel, à savoir recevoir un monde où un pays en meilleur état que celui que nous avons reçu en arrivant.
Ils sentent bien le déclin, la décadence, que tout leur échappe. Ils sentent la dette morale. Ils voient la planète qui se dégrade.
On appelle cette génération "la génération anxieuse". Le nombre d'enfants qui décrivent des signes anxiogènes a doublé en quelques années. 1 enfant sur 10, 1 adolescent sur 10 a des pulsions suicidaires. - C.Roux: C'est le constat.
Qu'est-ce qu'on leur promet? Que le réchauffement climatique, ça ira mieux? En voyant la situation budgétaire, ils se disent qu'ils n'auront pas de retraite... - S.Royal: Il faudrait leur promettre des bonnes informations.
L'accumulation de ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, entre la guerre à nos portes, le covid qui les a profondément isolés et déstabilisés...
Ils n'ont pas été soignés, après le covid. Avec toute cette dégradation, ils se disent: "Qu'est-ce qui va nous rester?" - C.Roux: Ce qui est intéressant, c'est la méthode.
Vous assumez qu'il faut gouverner un peuple de la même manière qu'on éduque un enfant. Vous dites même: "On parle bien du père de la nation, même quand ils font n'importe quoi. Il est peut-être temps d'avoir une mère de la nation." - S.Royal: Ce sont les fondamentaux de l'amour maternel. - C.Roux: C'est féministe? - S.Royal: C'est plus que féministe.
C'est l'amour maternel qu'il y a dans le règne animal. Je ne dis pas que toutes les mères sont bonnes, mais c'est la nature même de l'amour maternel. - C.Roux: Il faut aimer les Français comme on aime ses enfants? - S.Royal: Oui, pourquoi?
Il y a tant d'hommes politiques qui ne s'aiment qu'eux-mêmes...
Le problème, ce n'est pas de savoir si c'est bon pour sa cote de popularité mais si c'est bon pour le peuple. Elever un peuple, comme pour un enfant, c'est l'encourager, lui donner le goût de l'effort, l'émanciper, lui donner la liberté de réaliser sa passion, l'élever au lieu de le rabaisser, arrêter de le dénigrer, de l'isoler, de lui taper sur la tête, de le bombarder de mauvaises informations... - C.Roux: La mère de la nation plébiscitée dans les sondages, c'est M.Le Pen. - S.Royal: Mais là, on revient à un personnage.
Ce n'est pas une question d'hommes, de femmes ou de personnages politiques. La question, c'est de porter cet instinct. - C.Roux: Elle ne le porte pas? - S.Royal: Ce qu'il faut, c'est aimer davantage un peuple, agrandir une nation, plutôt que de s'aimer soi-même.
Vous en voyez beaucoup, des hommes politiques qui préfèrent aimer la nation? Quand on voit les "gilets jaunes" dans une telle souffrance... - C.Roux: C'est un discours que l'on retrouve aussi, chez M.Le Pen, cet amour qu'elle explique vis-à-vis de la France des oubliés.
Quelle est la différence dans la démarche? - S.Royal: J'analyse aussi ce que j'appelle le virilisme toxique.
On en est quand même submergés, avec la course aux armements, les guerres et même la gestion des affaires publiques...
C'est un virilisme toxique insupportable. Je le décortique en disant qu'il est temps de passer à la masculinité positive. La nature humaine, c'est comme dans la nature.
S'il n'y a pas de biodiversité, s'il n'y a que de la virilité toxique qui gouverne...
Ce n'est pas une question d'hommes et de femmes mais une question de système. Vous pouvez avoir des hommes qui assument leur masculinité positive qui vont faire du bien à un peuple. - C.Roux: Est-ce que ce livre est le livre d'un retour en politique?
Les Français vous ont vue ambassadrice des pôles mais aussi chroniqueuse chez Hanouna. Ils vous voient de nouveau sur un plateau en train d'avoir un projet pour la France, pour les Français. Qu'est-ce que cela signifie? - S.Royal: Je comprends votre question, mais pourquoi c'est une exigence de continuer à défendre cet idéal?
Parce qu'il y a une cohérence, quand je parle de nouvel ordre générationnel, de faire grandir les enfants, le droit à la beauté... - C.Roux: C'est quoi, le droit à la beauté? - S.Royal: Le droit fondamental d'un enfant, c'est l'insouciance, la tranquillité.
Pour leur donner l'insouciance, il faut leur donner le droit à la beauté. Or ils sont bombardés d'actualités épouvantables, plus sordides les unes que les autres. La question de l'accès à la créativité artistique, au sport, à la musique, ça s'étiole dans la société.
Or c'est quelque chose d'essentiel pour la formation de l'être humain. - C.Roux: Vous avez encore de l'ambition politique? - S.Royal: Les circonstances le détermineront. - C.Roux: J'ai lu que vous pourriez participer à une primaire de la gauche. - S.Royal: Oui, je ne vais pas dire non... - C.Roux: Vous pourriez. - S.Royal: C'est un chemin, pour moi, la politique.
Sinon, je l'aurais quittée depuis longtemps. Mais à force de s'occuper de l'urgence, on en oublie l'urgence de l'essentiel. C'est de rendre un pays, un monde en meilleur état que celui qu'on a reçu.
On en est loin. Il faut remonter cette pente. Le principal signe de dépression, c'est la chute de la natalité.
On en est revenus au niveau de 1925, il y a un siècle. C'est dramatique. - C.Roux: Vous suivez quand même le débat budgétaire ou pas du tout?
Nicolas Sarkozy