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interviewRMC — Face à Face· 18 octobre 2022 21 min

Face à Face : Fabien Roussel - 18/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Fabien Roussel

Vous écoutez RMC, face à face, Amandine Atalaya.

0:09
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel.

0:10
Fabien Roussel

Bonjour, bonjour aux téléspectateurs.

0:12
Présentateur

Vous êtes le secrétaire national du Parti communiste et par ailleurs député du Nord. Et aujourd'hui se prépare une mobilisation sociale à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires. Est-ce que vous lancez vous-même ce matin un appel à la grève générale ou du moins à une grève reconductible ?

0:31
Fabien Roussel

J'appelle surtout à ce que l'ensemble des salariés du privé et du public se mobilisent. Parce que cet appel à manifester aujourd'hui fait suite à plusieurs mouvements ces dernières semaines. Mais aussi à beaucoup de petites grèves qui ont eu lieu dans des petites entreprises ou des plus grandes. A l'occasion des négociations obligatoires sur les salaires. Parce que beaucoup de salariés, trop de salariés du public comme du privé, ne voient pas leur salaire augmenter en fonction de l'inflation. Et donc ils perdent de l'argent. Nous perdons de l'argent. Le SMIC a augmenté, pas assez à notre goût, mais il a augmenté, mais pas l'ensemble des salaires.

Donc ceux qui sont juste au-dessus du SMIC voient aujourd'hui perdre du pouvoir d'achat.

1:14
Présentateur

Ce qui est difficile c'est de jauger l'ampleur de cette mobilisation. Est-ce que vous sentez dans le pays une colère similaire par exemple à celle du temps des Gilets jaunes ou on n'en est pas là du tout ?

1:23
Fabien Roussel

Je ne ferai pas de comparaison avec les Gilets jaunes, mais j'ai passé mon week-end en circonscription. J'ai vu énormément de monde pendant que mes camarades étaient à la manifestation dimanche. Mais j'ai entendu beaucoup de salariés, j'en ai reçu en ma permanence, qui se plaignent de leur faible salaire. Qui se demandent comment faire pour vivre, payer l'essence en même temps que d'aller travailler. Et j'ai rencontré des retraités. Les retraités aujourd'hui ont de plus en plus de mal à vivre. Leur retraite n'évolue pas, ou peu. En tout cas, leur facture, elle, augmente fortement. Ils me demandent quand est-ce qu'on va supprimer la CSG sur les retraites.

Ce que je propose, quand est-ce qu'on rétablit la demi-part pour les veuves. Ce que nous proposons aussi. Voilà tous ces sujets qui sont sur la table. Si le gouvernement n'entend pas cette colère qui couvre dans le pays. Oui, oui, effectivement, il peut y avoir encore des grèves. Il peut encore y avoir des situations difficiles. Nous sommes à l'approche des fêtes. Il faut trouver une solution, une sortie à cette crise.

2:19
Présentateur

Ce sera un bon test aujourd'hui. Et là, vous étiez en train de me dire, justement, vous avez préféré être dans votre circonscription qu'à la marche qui était organisée par la France Insoumise le 16 octobre. C'était un peu étrange, cette marche, par ailleurs, parce que c'était deux jours avant la mobilisation syndicale. Est-ce que ce n'est pas contre-productif, en un sens, de faire une marche à part au lieu de se joindre au syndicat ?

2:37
Fabien Roussel

Ce qui est fait, est fait. Cette mobilisation ce dimanche a eu lieu. Non, mais il y a eu cette mobilisation dimanche qui a rassemblé du monde. Nous y étions. Moi, j'ai tenu aussi mes engagements dans ma circonscription. Mais vous savez, je ne suis pas tout seul au Parti Communiste Français. On est plein, on est nombreux.

2:52
Présentateur

Oui, mais vous avez laissé Jean-Luc Mélenchon défiler seul avec ses amis.

2:56
Fabien Roussel

J'ai laissé à Yann Brossat, Pierre Laurent, Laurence Cohen, les sénateurs, des sénatrices, participer à cette marche.

3:03
Présentateur

Oui, mais pas vous, M. Roussel. Vous savez que c'est un symbole.

3:05
Fabien Roussel

J'ai tenu mes engagements auprès des maires des villages de ma circonscription et ils m'avaient demandé, j'étais à leur côté et aux côtés des seigneurs de chez moi. Mais ceci mis à part, aujourd'hui, on a une situation...

3:18
Présentateur

Ce qui est intéressant, c'est qu'il y avait 30 000 personnes à cette manifestation, selon la police. Ce qui est relativement faible. Est-ce que vous vous attendez à beaucoup plus aujourd'hui ? Est-ce que ça va enfin démarrer, en quelque sorte ?

3:27
Fabien Roussel

Mais pour que l'on sorte de cette crise, de cette situation de blocage, il faut que le gouvernement envoie un signe fort sur la répartition des richesses et la hausse des salaires. Et c'est d'ailleurs pour cela que je vais faire une proposition. Je vais déposer une proposition de loi à l'Assemblée nationale qui vise à rétablir l'échelle mobile des salaires qui existait jusqu'en 1982. Ce dispositif impose par la loi que l'ensemble des salaires, au-dessus du SMIC, que l'ensemble des salaires évoluent automatiquement en fonction de l'indice des prix, en fonction de l'inflation. C'est une mesure de justice pour que l'ensemble des salariés ne perde pas de pouvoir d'achat.

Il y a des entreprises aujourd'hui, j'en ai rencontré chez moi, dans ma circo, il y a des entreprises qui augmentent les salaires en fonction de l'inflation. Il n'y a pas de grève dans ces entreprises.

4:19
Présentateur

Vous savez aussi qu'il y a de très petites entreprises, M. Roussel, qui n'ont pas de croissance. Par exemple, comment une PME qui n'a pas de croissance fait pour avoir une telle augmentation automatique, avec votre idée, met la clé sous la porte ?

4:30
Fabien Roussel

Il y a des entreprises qui vont bien, il y en a qui vont bien, et qui, elles, augmentent les salaires en fonction de l'inflation, et chez elles, il n'y a pas de grève. Et il y a des entreprises qui font des bénéfices et qui ne partagent pas les bénéfices, et c'est là où ça bloque. Et des entreprises où il y a des difficultés. Et il y en a aujourd'hui, celles qui voient le coût des matières premières, celles qui voient le coût énergétique augmenter. Il faut les accompagner. Et c'est là où nous, disons-nous, qu'il y a 160 milliards d'euros d'aides publiques de l'État en direction du monde économique attribuées sans aucune condition. Laissez-moi finir. C'est bien la raison pour laquelle...

Je vous effoute. C'est bien la raison pour laquelle... Quand il y a des entreprises en difficulté, les aides publiques doivent pouvoir leur être attribuées pour pouvoir les accompagner. Il faut conditionner les aides publiques aux entreprises pour accompagner celles qui, justement, vont augmenter les salaires, vont investir, vont relocaliser l'activité, mais ne plus donner d'aides publiques à Total. Vous savez qu'on verse des aides publiques à Total. On verse des aides publiques à LVMH.

5:27
Présentateur

Et que les gens comprennent bien. Vous la déposerez quand, cette proposition-là ?

5:30
Fabien Roussel

Là, je vais la déposer sous 24 heures. Nous sommes en train de la rédiger. J'y ai travaillé ce week-end. Faire en sorte que les salaires du public et du préfet augmentent en fonction de l'inflation, c'est une mesure de justice sociale. Et le deuxième article sera d'obliger l'ensemble des entreprises, des branches professionnelles du privé, que le salaire minimal soit au moins aligné au SMIC. Parce qu'aujourd'hui, il y a exactement 129 branches professionnelles qui correspondent à 21 millions de salariés dans le privé, où le salaire minimal est inférieur au SMIC. Donc le SMIC...

6:03
Présentateur

Philippe Martinez dit ce matin qu'il veut un SMIC à 2000 euros. Vous vous alignez ? Vous êtes d'accord sur cette idée ?

6:09
Fabien Roussel

Oui, 2000 euros, ça fait à peu près 1550 euros nets. 1550 euros nets pour pouvoir vivre décemment de son travail. Vous savez, ce fameux travail que je souhaite, moi, valoriser. Faire en sorte que quand on travaille...

6:21
Présentateur

Oui, à l'inverse de la gauche des allocs, comme vous aviez dit. C'est un effet polémique.

6:24
Fabien Roussel

Faire en sorte que ceux qui travaillent, qui travaillent dur parfois, eh bien, aient au moins le salaire de leur labeur, de leur sueur, et qu'ils puissent en vivre dignement. Payer leurs factures, élever leurs enfants, avoir des loisirs, sortir, aller au resto.

6:36
Présentateur

Ça nous amène, M. Roussel, à la grève qui se poursuit dans plusieurs dépôts et raffineries de Total, alors que pourtant un accord majoritaire a été signé avec une hausse conséquente, plus 7% des primes de 3 000 à 6 000 euros. Au nom de quoi cette grève se poursuit-elle aujourd'hui ? Pourquoi la CGT continue de bloquer, alors que Total a fait une proposition valable, ont estimé les syndicats majoritaires ?

7:01
Fabien Roussel

Bon, d'abord, Total a fait une proposition d'augmentation de 5% pour 2022, qui ne correspond pas à l'inflation, et c'est la raison pour laquelle des salariés font le choix de poursuivre leur mouvement.

7:12
Présentateur

Alors, elle est supérieure à l'inflation qui est de 5,6% ?

7:14
Fabien Roussel

Pour l'année 2022, qui sera supérieure à 5%, l'inflation, là. Donc, c'est pour ça qu'ils demandent un ajustement. Ensuite, je laisse le choix, moi, aux salariés de décider des formes de leur mouvement. Quand, enfin, aujourd'hui, l'ensemble des Français, tous les Français, trouvent des prix à la pompe de 2 euros, entre 2 euros et 3 euros. C'est de la faute de la CGT que le prix de l'essence augmente, que certains...

7:38
Présentateur

Non, mais là, vous mélangez un peu tout.

7:40
Fabien Roussel

Non, je ne mélange pas tout. Je dis juste qu'aujourd'hui...

7:43
Présentateur

Non, mais la question, elle est simple, en fait. Est-ce que fait, par exemple, Bruno Le Maire dit ce que fait la CGT est inacceptable et illégitime ? Je le cite.

7:49
Fabien Roussel

Oui, ben, Bruno Le Maire, il ferait mieux de se préoccuper de comment vivre les ouvriers de notre pays. Et chez Total, il y a 10% d'ouvriers, et justement, ce sont eux qui, aujourd'hui, continuent à manifester leur colère.

8:00
Présentateur

Et le font aussi en solidarité... Oui, mais est-ce que la démocratie, ce n'est pas le respect d'un accord majoritaire ? Non, la démocratie... Le respect d'un accord...

8:05
Fabien Roussel

Eh bien, je renverrai à Bruno Le Maire que le respect d'un accord majoritaire, c'est qu'à l'Assemblée nationale, nous avons été majoritaires à voter une taxe sur les super profits et que le respect de la majorité, c'est de faire en sorte que ce que nous avons voté à l'Assemblée nationale, eh bien, il n'y ait pas de 49 voix dessus et que ce soit ça adopté.

Donc, on va pouvoir en parler du respect des accords majoritaires, mais quand il y a une majorité de députés de gauche et de droite qui votent de mettre des dotations à la hauteur pour les communes, qui demandent à ce qu'il y ait la taxe sur les super profits, qui demandent à ce que l'on mette la demi-part pour les veuves, eh bien, justement, tout ça, tout ça, eh bien, il faut que ce soit respecté dans le projet de loi de finances. Alors, on parlera de démocratie quand il aura... On va y venir après, si vous voulez. Quand lui, il aura respecté... Quand lui, il aura respecté... Quand lui, il aura respecté le travail des parlementaires.

8:48
Présentateur

Vous savez que cette grève, elle agace quand même aujourd'hui beaucoup de Français. En fait, il suffit de regarder les sondages. C'est un mouvement qui a été plutôt soutenu au départ et l'opinion s'est retournée la semaine dernière. Et aujourd'hui, 40% des Français à peine soutiennent ce mouvement chez Total. C'est très peu. Les retraites en 2019, 60% des Français soutenaient. Les Gilets jaunes, 75%. Donc, ça n'est pas un mouvement populaire, M. Roussel.

9:09
Fabien Roussel

Faites un sondage sur ce que pensent les Français concernant le prix de l'essence qui varie entre 2 et 3 euros aujourd'hui. Est-ce que c'est normal ? Est-ce que vous trouvez normal qu'aujourd'hui, un groupe comme Total mais c'est normal ?

9:21
Présentateur

Mais vous répondez à côté. Non, je ne réponds pas à côté. Là, on parle du fait que c'est un mouvement qui est assez peu populaire.

9:25
Fabien Roussel

Mais est-ce que vous comprenez qu'il peut y avoir, qu'il puisse y avoir chez les ouvriers de la colère ?

9:30
Présentateur

Est-ce que vous pouvez comprendre que des hommes et des femmes

9:32
Fabien Roussel

qui travaillent nuit et jour, les week-ends postés, les jours fériés, et qui ont des conditions de travail difficiles, ils ont un patron qui distribue 2,5 milliards d'euros de dividendes. Ils ont réalisé 18 milliards d'euros de bénéfices, de bénéfices. Et ils n'ont pas, eux, le retour de ce travail. Vous pouvez comprendre leur colère, vous pouvez comprendre qu'à un moment donné, on demande le partage des richesses. Et maintenant, concernant Total, l'essence justement, je veux parler, moi, de ce prix de l'essence de 2 à 3 euros. L'ensemble des Français, là, sont particulièrement agacés.

Demain, après-demain, si la grève, elle s'arrête, et qu'on va continuer à avoir des prix de l'essence à 2 euros. Vous trouvez ça normal ? Pendant ce temps-là, Esso, Exxon, Total vont continuer de se faire des montagnes d'or, comme on dit, et ils vont continuer de distribuer des dividendes. Le gouvernement a annoncé

10:25
Présentateur

que la ristourne de 30 centimes allait être prolongée jusqu'au 15 novembre. Est-ce que ça, au moins, vous dites que c'est une idée ? Ou est-ce que vous voudriez, plutôt, M. Roussel, une aide ciblée uniquement pour les Français qui en ont le plus besoin ?

10:36
Fabien Roussel

Ce qu'il faut, c'est que ces grands groupes arrêtent de faire de la spéculation sur l'essence.

10:42
Présentateur

Non, mais sur la ristourne, précisément, de 30 centimes, bonne idée ou pas ?

10:45
Fabien Roussel

Mais cette ristourne de 30 centimes, elle permet, effectivement, d'atténuer. Mais nous, ce que nous proposons, c'est de mettre en place, de baisser la TVA, de mettre en place une taxe flottante et de faire en sorte que l'État, justement, puisse jouer sur les taxes. Il y a 60% de taxes sur un prix de l'essence. Donc, on peut jouer sur les taxes pour faire en sorte que les Français aient un prix équivalent en fonction du prix du baril. Le problème, aujourd'hui, c'est qu'on a l'OPEP, les pays de l'OPEP, les producteurs de pétrole qui ont décidé de baisser de 2 millions de barils par jour la production.

Et nous, on ne fait rien et on continue de ponctionner les Français, qu'ils soient automobilistes, taxis, ambulanciers, etc. On va mettre ça sur le dos des grévistes alors qu'on a une spéculation sur le prix de l'essence. On a des groupes qui s'enrichissent comme jamais.

11:33
Présentateur

Il ne faut rien dire. Il faut rester chez nous. Donc, vous pourriez-vous le gouvernement complètement déconnecté, c'est ça, du terrain social ? On a un gouvernement... Ce qui me fait penser d'ailleurs qu'il annonce aujourd'hui de nouvelles réquisitions dans les dépôts et raffineries. Vous dites qu'il jette de l'huile sur le feu,

11:47
Fabien Roussel

c'est ça ? On a un gouvernement qui contribue à jeter de l'huile sur le feu au lieu, au lieu justement de demander à ce que tous les salaires soient évolus en fonction de l'inflation. Il faut que ce gouvernement comprenne que dans notre pays, aujourd'hui, le travail ne paye pas parce que les salaires sont bas. Pas que le SMIC, mais les salaires au-dessus du SMIC. Le coût de la vie est tellement évé. Le prix du chariot, il a pris 15%. Dans les Outre-mer, où aussi nous avons des amis, des camarades, j'entends que les prix de l'alimentation sont supérieurs à 10% de ce que nous avons nous dans l'Hexagone. Il n'y a pas de mesure pour les pays d'Outre-mer. Le gouvernement vous dira

12:23
Présentateur

qu'il a fait passer une loi de pouvoir d'achat cet été de 20 milliards.

12:25
Fabien Roussel

Mais que dalle, mais enfin, arrêtez, cette loi de pouvoir d'achat s'est distribuée. C'est un peu exagéable, M. Roussel. Mais c'est pas ça, mais c'est parce que ce gouvernement distribue des petits chèques, des petites primes. Et ça, c'est une petite France. Ce que nous voulons, nous, c'est de la dignité pour ceux qui travaillent, de la dignité pour ceux qui ont travaillé, je pense, aux retraités. Ce que nous voulons, c'est que ceux qui aujourd'hui mettent les mains dans le cambouis, se lèvent tôt, rentrent tard, sont transportés dans de mauvaises conditions. Je pense au métro, je pense au TER, où c'est de plus en plus difficile. Et c'est pas de la passe des travailleurs des transports.

C'est parce que ça manque de train, ça manque de métro. Eh bien, je veux que ces gens-là, ces personnes-là, vivent dignement de leur travail et qu'on retrouve du bonheur à aller travailler. C'est de plus en plus dur, quand même, vous pouvez l'entendre ça, qu'il y a toute une partie de la France. Aujourd'hui, 80% des Français...

13:10
Présentateur

On l'entend tous les jours sur cette antenne, parce que c'est dur.

13:12
Fabien Roussel

Vous savez qu'il y a une prime d'activité qui est versée par le gouvernement. Il y a une prime d'activité qui est versée par le gouvernement pour les salariés qui touchent moins de 1 500 euros net. Ça veut dire que le gouvernement, via la CAF, c'est les allocations familiales, verse une prime d'activité quand les patrons ne payent pas suffisamment. Dont des salariés de Total, des salariés de Carrefour. C'est normal ça ? Carrefour ne paye pas assez et c'est nous qui payons, qui mettons le complément ? Vous ne vous rendez pas compte que cette colère

13:41
Présentateur

n'est pas le pavre dans le pays ? À l'Assemblée nationale, parce que je sais que vous êtes attaché par ailleurs à ce que ça bouge à l'Assemblée. Le gouvernement dit qu'il va probablement utiliser le 49-3 demain pour faire passer le budget. Qu'en pensez-vous d'une part ? Et est-ce que vous êtes au moins satisfait qu'ils aient discuté plusieurs jours avec vous, avec l'opposition ?

14:00
Fabien Roussel

Eh bien, la moindre des choses, c'est que le gouvernement entendent ce que les députés ont à dire et il y a aujourd'hui des majorités, des majorités qui se sont composées pour faire passer des amendements. J'ai parlé de la demi-part pour les veuves qui ont perdu leur mari qui était ancien combattant, j'ai parlé de cette taxe sur les super dividendes et une série de dispositions.

14:24
Présentateur

J'ai parlé d'un bouclier

14:26
Fabien Roussel

pour les communes, un bouclier tarifaire pour les communes, mais les communes, elles sont en train, moi, celles de ma circonscription que j'ai vu ce week-end, me disent en 2023, on n'investit plus, on arrête tout.

14:36
Présentateur

Mais donc, le travail a été utile ?

14:38
Fabien Roussel

Ce travail que nous avons fait, il est important et une majorité de députés, une majorité de députés a voté ces textes, ces amendements. Nous demandons au gouvernement que la moindre des choses, c'est que s'il impose la fin du débat par le 49-3, c'est qu'il intègre ces amendements dans son texte. C'est la moindre des choses, ça c'est la démocratie, ça c'est le respect d'un accord majoritaire. Et c'est ce que nous demandons. Ah ben certains, moi j'attends de voir. J'attends de voir et on verra. Et on verra, c'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens et on verra bien ce que l'on trouvera dans le texte qui sera présenté à l'issue du 49-3.

15:13
Présentateur

Par ailleurs, sur les retraites, vous voulez un référendum. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi et comment ça se passerait ?

15:20
Fabien Roussel

Parce qu'aujourd'hui, nous, nous disons qu'il est possible d'augmenter les pensions des retraités et c'est indispensable sans allonger l'âge de départ en retraite c'est déjà difficile. Nous disons qu'il y a besoin d'un grand débat dans ce pays pour poser cette question-là. En tout cas, nous disons au président de la République qu'il ne peut pas imposer aujourd'hui l'allongement de l'âge de départ en retraite pour faire travailler des salariés jusqu'à 65, 66, 67 ans sans qu'il y ait un grand débat dans le pays. Il ne peut pas considérer qu'il a été élu sur cette base-là. Il n'y a pas eu ce débat-là dans le pays à l'occasion des élections présidentielles.

Il n'a pas la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

15:58
Présentateur

Emmanuel Macron avait annoncé qu'il ferait une réforme des retraites avec un report de l'âge à 65 ans.

16:02
Fabien Roussel

Il l'a annoncé dans l'entre-deux-tours avec Marine Le Pen et qu'il ne considère pas que ceux qui ont voté pour lui au second tour aient voté pour son programme. Et c'est bien là où si on veut protéger la démocratie dans notre pays, redonner du sens au débat démocratique et politique, eh bien oui, il faut passer par un référendum. Les Français sont attachés à être consultés, qu'on leur donne les tenants et les aboutissants. Comment on finance une bonne réforme des retraites ? Comment on finance l'augmentation des pensions sans demander aux ouvriers de travailler plus longtemps ?

Nous disons que c'est possible justement en augmentant les salaires parce que ça fait de la cotisation supplémentaire, en allant taxer les revenus financiers parce qu'il y a un gisement énorme de ressources supplémentaires pour la réforme dans le référendum ? Ce que nous disons, c'est qu'avant d'engager sa réforme des retraites, qu'il donne les termes du débat et qu'il consulte les Français là-dessus, au moins là-dessus, et qu'il nous dise si oui ou non les Français sont prêts à aller travailler plus longtemps et ce qu'il met en face.

Nous, nous irons débattre dans les entreprises avec les salariés, que ces députés Renaissance, En Marche, aillent débattre dans les entreprises avec les salariés, avec les chefs d'entreprise. Moi, je veux avoir ce débat aussi avec le monde économique. Enfin, quand un patron me dit oui, mais les charges sont trop élevées, je dis mais ce n'est pas des charges, ce sont des cotisations et le fait que à travers ces cotisations, qui est un salaire différé, à travers ces cotisations, il y a une protection sociale, il y a la santé, il y a la sécu, il y a les accidents du travail, il y a la retraite. Qu'est-ce qu'ils veulent Macron et ses chefs d'entreprise qui se plaignent de trop de charges ?

Ils veulent que les Français se prennent une assurance pour payer leur propre retraite avec le privé ?

17:46
Présentateur

Ce sera un long débat passionnant dans les semaines à venir, en effet. C'est le débat que nous voulons avoir avec les Français. J'imagine qu'on va beaucoup parler du 49-3, bien sûr, et d'une éventuelle motion de censure. Est-ce que vous seriez prêt à voter celle que dépose le Rassemblement National ou uniquement celle de la NUPES ?

18:02
Fabien Roussel

Nous ne voterons pas de motion de censure venant du Rassemblement National pour une raison simple. c'est que nous n'avons pas du tout les mêmes orientations politiques et une motion de censure ce n'est pas un vote, c'est un contenu. On y met un contenu dans une motion de censure. On y met les raisons pour lesquelles on s'oppose au gouvernement. Nous n'avons pas les mêmes motifs. Vous avez vu hier soir... C'est une position commune de la NUPES ? Vous n'y allez fi ? Personne ne votera ? Je ne parle pas pour les autres. Vous êtes dans un groupe commun. Vous pourriez avoir la même position. Je suis dans un groupe GDR, communiste et républicain.

Nous, nous ne voterons pas une motion de censure de l'extrême droite. Vous avez dû voir qu'hier soir, le Front National, le Rassemblement National n'a pas voulu voter le rétablissement de l'impôt sur la fortune que veulent 77% des Français. Ils n'ont pas voulu voter la hausse du SMIC. Ce sont les vallées du capital. Ils ont toujours été du côté de la finance. C'est là où on commence à les voir et à les démasquer. Donc, nous n'allons pas voter une motion de censure qui, dans les termes, dans le contenu, est à l'opposé des valeurs que nous défendons.

19:05
Présentateur

Et comme le Rassemblement National ne votera pas la motion de censure de la NUPES, ni la droite d'ailleurs, en fait, ça n'a aucune chance d'aboutir. Donc, à quoi ça sert ?

19:12
Fabien Roussel

C'est symbolique, c'est ça ? Mais non, ce n'est pas symbolique. C'est qu'il faut que le gouvernement entende qu'il faut que le gouvernement entende que l'Assemblée Nationale est à l'image de ce que les Français ont voulu et qu'il doit respecter le débat. Il doit respecter le débat parlementaire. Nous ne sommes pas tous d'accord sur tout. Forcément, on est divers. Il n'y a pas de majorité absolue pour personne. C'est ce que les Français ont voulu. Mais qu'il accepte les termes du débat, qu'il retienne des amendements des différentes oppositions et que l'on fasse au mieux pour les Français.

Et la priorité, la priorité, je suis désolé, mais ça reste le pouvoir d'achat, les salaires et les pensions. C'est rien d'autre que ça. Les prix augmentent, l'énergie augmente. Il faut faire quelque chose. Et d'ailleurs, sur l'énergie, un mot, mais je ne comprends pas que ce gouvernement ne fasse rien pour reprendre la main sur le prix de l'électricité et du gaz. La France produit 90% de son électricité. La France produit... Vous pourriez pouvoir

20:06
Présentateur

en parler longuement, en effet.

20:07
Fabien Roussel

Non, je vous en dis en un mot. La France produit 90% de son électricité. Voilà. Nous avons... Nous sommes quasi souverains en matière énergétique. Mais nous faisons le choix de nous aligner sur le marché européen de l'énergie. La France a le droit à la possibilité de vendre au prix...

20:23
Présentateur

Alors, les discussions sont en cours pour tenter une réforme du marché. au prix de production

20:27
Fabien Roussel

plus les investissements nécessaires pour le mix énergétique, de vendre aux entreprises, aux communes et aux foyers une électricité beaucoup moins chère que celle qu'on leur impose aujourd'hui via Bruxelles. Quand est-ce que l'on va retrouver notre souveraineté énergétique ? Ça, c'est le sujet du jour.

20:42
Présentateur

Merci Fabien Roussel. Vous irez tout à l'heure rejoindre les salariés de la RATP, n'est-ce pas ?

20:46
Fabien Roussel

Tout à fait.

20:46
Présentateur

D'ici quelques heures. Merci. Il est 8h53 sur BFM TV RMC.