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interviewRenaissance (sur YouTube)· 1 février 2026 27 minAutoproduit

Podcast | Arctique : Pourquoi la France s'engage au Groenland ? 🇬🇱 | Renaissance

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour, bienvenue à tous pour ce podcast dédié à la situation actuelle au Groenland. Je me retrouve aujourd'hui avec deux députés qui reviennent tout juste de ce périple. Alors peut-être avant de commencer, il me semblait pertinent, important de rappeler le contexte parce qu'il y a des voyages qui révèlent plus qu'il ne montrent.

Deux députés français se sont rendus au Groenland, Pierre Alexandre Anglade et député des Français du Bénéxe et préside de la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale. Vincent encore est député des Français d'Europe du Nord. Il est l'auteur d'une proposition de résolution européenne sur le Groenland et tous deux sont membres de Renaissance et sièges ensemble pour la République.

Leur déplacement à nous que n'était pas une mission de routine. En quelques mois, le Groenland est devenu autre chose qu'un confetti arctique oublié des Européens. Il est devenu le lieu où se pose une question que nous avons longtemps évité.

Que reste-t-il de l'alliance transatlantique quand celui qui devait nous protéger devient une source d'incertitude ? Ce podcast n'est donc pas un récit de voyage, ni un récit de tourisme. C'est une conversation sur la fin d'une certaine naïveté, une naïveté européenne, sur ce que signifie défendre des principes quand ceux qui les invoquaient avec nous décident qu'il ne s'appliquent plus.

Pierre Alexandre Anglade et Vincent reviennent de Nou, voici ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont compris et ce qu'ils pensent que nous devrions en faire. Alors Pierre Alexandre Anglade, Vincent Corp, vous vous êtes rendu récemment à nous que je viens de le dire à l'instant pour porter, vous l'avez dit à plusieurs reprises dans un certain nombre de médias, un message de solidarité aux habitants de ce territoire qui est aujourd'hui ébranlé par des menaces d'annexion dans un moment très singulier, une annexion américaine à laquelle nous nous attendions pas. Que pouvez-vous nous dire aujourd'hui de ce retour de voyage l'un comme l'autre ?

Quels ont été vos ressentis ? aux échanges avec les habitants avec la mère de Nou. Bien, nous sommes allés effectivement porter avec Vincent un message de solidarité française et européenne dans un moment où notre partenaire historique, notre allié depuis des décennies, ce n'est des siècles, les États-Unis d'Amérique ont fait le choix de menacer et d'intervenir par la force au Groenland pour s'emparer d'un territoire qui ne leur qui ne leur appartient pas, ce qui marque une forme de rupture dans le monde tel que nous le connaissions.

Et ce qui nous amène à dire que le monde d'avant n'existe plus, que nous sommes entrés dans un monde de radicalité et que si nous voulons faire face à cette radicalité, alors nous devons nous européens faire preuve de la même détermination dans la défense de nos principes, de nos valeurs, du respect du droit international, mais aussi et surtout nous endurcir, nous renforcer si on veut être capable de tenir le choc face aux grands empires qui ne rêvent que d'une seule chose, c'est de nous soumettre et de nous vassaliser. Mais d'un mot, moi je suis quand même curieuse de vous entendre sur le Groenland, les premières impressions immédiates. Qu'avez-vous ressenti concrètement tous les deux à N ?

Bah je pense que tous nos interlocuteurs et tous les échanges qu'on a pu avoir, il y a il y a d'abord euh un sentiment qui ressort, c'était un sentiment d'inquiétude, de préoccupation et de surprise parce que que ce soit les Français qu'on a pu rencontrer ou les autorités groenlandaises et danoises, il y a d'abord sur un petit territoire 50000 habitants sur le Groenland, donc un territoire qui fait quatre fois la France. 10000 habitants à Nou, la capitale, il y a pas du tout l'habitude d'être sous les les feux de la rampe internationale, de voir des duplexes de téléfrançaises, britannique, américaine partout. Et donc vraiment, il y a un traumatisme dans la vie quotidienne des habitants du territoire.

Après, il y a une inquiétude qui est certaine sur mais quelle est la suite face dans cette escalade en fait ? Est-ce que ça peut aller jusqu'au conflit armé ? Quelle serait la réalité de ce conflit armé entre alliés, ce que rappelait Pierre Alexandre.

Donc en fait, il y a vraiment ça bouscule tous les cadres de pensées, tout ce qui apparaît comme des certitudes dans leur vie. les Français qu'on a rencontré et ils ont je comprends parfaitement le le cheminement qui ils nous ont demandé mais du coup concrètement s'il y avait euh si le pire arrivait, s'il y avait une attaque euh comment ça se passerait ? Comment on quitterait le territoire ?

Est-ce que la France serait serait présente ? Donc on a aussi répondu à ces à ces questions là. Mais donc voilà, il y a vraiment un sentiment de préoccupation, d'inquiétude de vivre un moment qui est pas qui est tout anodin et qui est vraiment un moment un moment où notre présence, ce message de solidarité à la fois réaffirmé aux Français qui sont présents là-bas et euh aux autorités grenlandaises et danoises était était fondamental.

Et vous, monsieur le député Pierre Alexandre, vous avez dit d'emblé au même titre que Vincent Corp que nous vivions la fin d'un monde, l'ébranlement de nos certitudes. C'est quoi cet ébranlement ? 1945, c'est dépassé, ça y est, c'est périmé, on passe à autre chose.

Ce qui ce qui est certain, c'est que jusqu'à présent, les relations internationales étaient principalement régulées par les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations- Unies, à savoir la France, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et les États-Unis. Il se trouve que parmi ces cinq puissances du Conseil de sécurité des Nations Unies, trois deviennent des puissances de déstabilisation. La Russie qui s'impose par la force dans son environnement immédiat.

La Chine qui nous mène une guerre commerciale et économique, effet nouveau et rupture la plus importante, les États-Unis d'Amérique, notre partenaire, notre allié qui se met à se retourner contre nous, qui menace d'annexer un territoire souverain qui appartient à un pays européen membre de l'OTAN, le Danemark, qui menace de s'ingérer directement dans nos élections à travers la nouvelle stratégie de sécurité américaine et qui soutient des partis nationalistes identitaires partout en Europe pour essayer de de déconstruire euh le projet européen. Et donc nous sommes effectivement dans un moment de rupture de l'ordre international que nous le connaissons avec des puissances qui étaient autrefois cadre qui étaient garantes d'un cadre qui aujourd'hui deviennent et bien des éléments de perturbation et de destruction de ce cadre. Mais pour nos auditeurs, moi j'aimerais quand même comprendre qu'est-ce qui se joue précisément au Groenland.

Pourquoi ce pays, cet état qui est pour nous en tout cas une espèce de bloc de glace suscite autant d'intérêt ? intérêt russe, intérêt chinois, désormais intérêt américain. Que se passe-t-il concrètement en Groenlande ?

Les ressources quoi ? Pourquoi pourquoi le Groenland suscite autant la tension américaine et et est-il aujourd'hui l'objet d'une telle d'une telle Oui. d'une telle déstabilisation régionale ? parce que le Groenland est un de par sa position géographique un territoire géostratégique pour ces nations artiques, que ce soit la Russie, que ce soi les les États scandinaves et de par sa position, une forme de proximité aussi avec le continent américain qui explique les véléités de Donald Trump sur ce territoire et qui prétend vouloir s'en emparer pour garantir la sécurité des États-Unis alors qu'en réalité Un accord de défense datant de 1951 autorise déjà les Américains à pouvoir se déployer sur l'île et à garantir la sécurité des États-Unis.

Ce qui m'amène à penser que le fond de cette affaire n'est pas qu'une question de défense puisque si le l'objectif réel de Donald Trump était d'assurer la sécurité des États-Unis d'Amérique, alors il n'avait qu'à régler cela dans le cadre de l'OTAN. Et c'est pour ça que le président de la République a eu raison à cet égard de proposer un exercice dans le cadre de l'OTAN pour montrer la bonne volonté des Français et des Européens en général pour garantir la sécurité des États-Unis. Et donc la réalité qui soutend cette cet appétit que peut susciter le Groenland va effectivement au-delà de la simple question de défense.

Il y a des ressources qui sont extrêmement importantes. C'est au fond la course au terre rare à laquelle on assiste entre les différentes puissances du monde en ce moment. Oui Vincent pour juste pour aller dans le sens de Pierre Alexandre, je pense que pour bien comprendre le Groenland, ça a toujours été un un enjeu de géopolitique.

C'està-dire dans le cadre de la guerre froide, les États-Unis, c'est le traité dont que mentionnait Pierre Alexandre, le traité de 1951 qui lit donc le Danemark qui a une souveraineté au Groenland et les États-Unis, c'est les États-Unis qui prenaient en charge la sécurité avec plusieurs bases américaines installées au Grenlande. la fin de la guerre froide a a été, on va dire, marqué dans l'espace arctique et dans l'espace du grand nord par, on va dire, une diminution de la densité et du rapport de force, en tout cas de la densité de ce rapport de force entre grande puissance. Aujourd'hui avec le réchauffement climatique, il y a donc notamment une fonte des glaces, il y a des nouvelles routes qui s'ouvrent, le passage du nord-ouest, le passage par le nord de la Russie à moyen long terme, à horizon 2050, le le le rêve de certains, le drame pour d'autres, je pense qu'il faut plutôt classer ça dans la catégorie des drames sur le plan environnemental, mais donc la route transpolaire qui ouvrirait en fait un passage à minima pour des cargos par le par le pôle nord et qui ouvrirait aussi des horizons d'exploitation minière dans dans ces fonds-là.

Euh tout ça fait que on a un espace arctique qui redevient un espace de rapport de force, de rivalité entre les puissances, d'exploitation effectivement derrière avec des acteurs euh adossé aux grandes puissances qui sont des entreprises privées qui cherchent à exploiter ces terres rares. Euh et donc on a euh une situation de retour du rapport de force avec en plus un conseil de l'article qui historiquement était une instance qui visait à pacifier en tout cas à maîtriser les tensions et les rivalités dans la zone et qui est de facto bloqué depuis 2014-2022. D'abord parce que la Russie avec sa guerre d'agression en Ukraine s'est vu mise au banc par les autres les autres participants du Conseil et désormais depuis quelques années aussi par l'Amérique de Trump depuis notamment que l'Amérique de Trump a refusé de de signer une déclaration conjointe qui mentionnait l'existence tout simplement du réchauffement climatique.

Donc on avait parmi d'autres organes mais celui-là qui est très important dont le Groenland actuellement a la présidence tournante, on avait un organe qui permettait de pacifier et d'apaiser les tensions et là il est à l'arrêt. Et ça vous donne, c'est un élément parmi d'autres qui montre le retour des tensions dans cette zone là. Et effectivement, ça a été mentionné par Pierre Alexandre avec des puissances qui étit présente historiquement la Russie qui a toujours une expertise par exemple en terme de brise glace nucléaire et de maîtrise de ses routes commerciales et militaires mais avec de nouvelles puissances. la Chine notamment qui s'est déclaré à la fin des années 2000 comme une puissance proche Arctique et qui aujourd'hui a pour ambition vu les efforts qu'elle produit en matière de de défense et de marine de pouvoir projeter des bâtiments en Arctique.

Et donc il va y avoir une montée en tout cas l'Acticle les années qui sont devant nous pour le Groenland pour nous aussi parce qu'il y a d'autres pays Norvège, Suède, Finlande c'est un avenir qui est un avenir fait de de de rapport de force entre puissances et auquel il faut se préparer. Mais pardonnez-moi de cette question naïve. Pourquoi ce sursaut aussi tardif de l'Europe ?

Je dis ça parce que l'Europe, est-ce que elle a véritablement investi au Groenland alors même que le changement climatique accroit sa centralité stratégique ? J'ai l'impression qu'on se réveille autour du Groenland parce que Donald Trump nous interpelle dessus mais jusqu'ici moi j'en avais jamais entendu parler. Qu'est-ce qui se passe pour que aujourd'hui on en prenne collectivement conscience de sa position stratégique ?

Bah je pense alors il y a plusieurs sujets dans le sujet. Si on prend juste sur le plan je pense économique ou développement du territoire groenlandais en tant que territoire que pays constitutif du royaume de Danemark, ça nous on a peut-être pas cette acuité, ce regard fin. Les Danois à lavé depuis très longtemps et notamment le Groenland bénéficie des investissements du du Danemark.

L'État providence danois trouve à s'appliquer au Groenland pour les populations groenlandaises. Ça n'efface pas ce qui s'est fait dans le passé et je sais qu'il y a des gens qui qui nous écoutent qui connaissent parfaitement l'histoire de la colonisation danoise au Groenland. ça n'efface pas ce qui ont été les excès et les drames liés à la colonisation.

Mais en tout cas aujourd'hui l'état providence danois s'applique au Groenland. Donc des investissement, il y en a eu. Il y a par ailleurs un cadre juridique qui offre au Groenland un chemin vers l'indépendance.

C'est une loi qui date de 2009 euh et donc qui trace un cadre. Donc la préoccupation des pays, on va dire, je pense aussi à l'Islande, à la Norvège et bien sûr au Danemark, il est ancien et il est continu. c'est que nous peut-être que euh Berlin, Paris, Londres, Rome, on a un nouveau regard qui se qui se qui se dessine vers ces régions-là.

Euh et après c'est la question au-delà de l'économie de l'État providence, c'est la question du évoqué en introduction euh Pierre Alexandre sur le changement de monde et donc le fait que nous on doit avoir conscience qu'on qu'on a une vocation, l'Europe, j'entends, à ne pas être qu'une organisation douanière ou économique et qu'on a on est aussi un outil de puissance et de puissance régalienne, qu'on a quelque chose à assumer en cette matière. C'est ce que porte le président de la République depuis 2017, discours de la Sorbonne qu'il a ensuite porté avec le concept d'autonomie stratégique et que Gabriel Atal aujourd'hui réaffirme quand il quand il parle de ce monde où il faut savoir s'affirmer en tant que puissance pour être respecté. C'est quoi s'affirmer en tant que puissance ?

C'est l'instrument d'anticoer ? C'est la dissuasion ? C'est quoi précisément monsieur le député ?

S'affirmer en tant que puissance, c'est coup pour coup c'est plusieurs c'est plusieurs dimensions. D'abord, c'est de ne pas être naïf. Ouais. c'est de ne pas être naïf face à ces empires que j'ai évoqué plus tôt, la Russie, la Chine, désormais les États-Unis d'Amérique qui n'ont qu'un seul objectif, vassaliser l'Europe pour mieux la soumettre et essayer de l'écraser économiquement.

Ça c'est la première des réalités. La deuxième chose pour répondre à cette brutalité, c'est de s'affirmer comme une puissance pleinement souveraine et pleinement autonome, ce qui aujourd'hui n'est pas tout à fait le cas, que ce soit en matière économique avec la prédominance des moyens de paiement américain, Visa, Mastercard en matière numérique avec la prédominance là aussi des géants de la tech que nous connaissons toutes et tous et aussi et surtout dans le moment qu'on traverse avec la prédominance de l'industrie de l'armement américaine auquel beaucoup de pays européens pardon ont recours pour assurer leur défense et donc la priorité On doit être capable de poursuivre les uns et les autres et c'est ce qu' a très bien fait le président de la République ces dernières années. C'est ce que reprend aussi Gabriel Atal, c'est la nécessité de porter la souveraineté et l'indépendance de l'Europe en matière de défense.

Et donc il faut que les États européens se désintoxifient de de l'armement américain. La France par son histoire est indépendante. C'est le seul pays européen qui maîtrise entièrement sa chaîne de dissuasion nucléaire à l'inverse de notre allié britannique qui est une puissance nucléaire mais donc sa chaîne de dissuasion dépend en partie de de des États-Unis d'Amérique et donc assumer ce rapport de force y répond c'est en être conscient c'est développer les bons instruments en matière économique de finances de numérique c'est être capable de développer la souveraineté en matière de défense et puis c'est reprendre en main le contrôle de notre industri qui est partie pendant des dizaines d'années sur d'autres espaces du monde.

Est-ce que la France peut prendre ce leadership en terme de défense en ce moment ? Concrètement, comment vous défendez ce leadership français ? Moi, j'estime qu' qu'il y a depuis 2017 et l'appel de la Sorbonne et bien une rupture en Europe dans la manière de concevoir la souveraineté et l'indépendance.

Quand en 2017, nous avons dit il y a besoin de bâtir la souveraineté européenne, beaucoup de nos concurrents en France, il ont vu un appel à la trahison nationale et beaucoup de nos partenaires en Europe, il voyaient un concept français incapable de prospérer. Bon, il se rend on se rend compte aujourd'hui 8 ans plus tard que cette notion d'autonomie stratégique ou de souveraineté européenne, ce qui au fond est la même chose, est aujourd'hui très largement partagée par l'ensemble de nos de nos de nos partenaires européens. Et donc, on est en train de gagner des batailles idéologiques avec l'agenda de Versailles, sous-présidence française de l'Union européenne qui a consacré ce principe de souveraineté européenne et d'autonomie stratégique.

Et puis des votes importants au Parlement européen, à l'impulsion aussi de notre délégation de Valérie Aer et de et de ses collègues, sur la préférence européenne en matière d'armement, sur des financements qui ont été consacrés. Et donc, il faut maintenant que les États européens s'en emparent pleinement et mettent en œuvre petit à petit ce qui a été voté par les représentants des citoyens européens au Parlement. Oui.

Et vous avez porté une résolution ? Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ? Expliquer sa jeunèse, en faire l'état des lieux concrètement ?

Alors, il y a 1 an et demi, euh même 1 an, euh on a vu le début du second mandat Trump et donc on a vu le retour effectivement la verbalisation des menaces sur le Groenland. On savait que c'est quelque chose d'ancien dans la matrice intellectuelle trumpienne puisil avait déjà fait référence à cette volonté de s'emparer du Groenland dans le premier mandat. Euh mais donc il y a 1 an, on a décidé avec un collègue écologiste dans une démarche qui était assez transpartisane de rédiger une proposition effectivement de résolution européenne qui donc un texte qui n'a pas de portée normative mais qui permet de manière assez fondamentale aux députés français de voter et donc de se positionner et d'avoir un message politique vis-à-vis du gouvernement et vis-à-vis de nos partenaires internationaux.

Et cette proposition de résolution européenne, elle vise pour l'affaire très courte, mais à réaffirmer un principe de solidarité européenne vis-à-vis de nos alliés danois, mais vis-à-vis de n'importe qui. Parce que c'est aussi ce qui nous a été dit à Nou par la, je crois que c'était la meure de Nou, mais c'est ce qui nous arrive aujourd'hui à nous Groenlandais et à nous Danois, ça pourrait vous arriver à vous Français. Si Trump envisageit de s'emparer par la force ou de nous proposer un achat forcé de la Guadeloupe ou de la Réunion, vous aimeriez qu'on soit à vos côtés et on ne peut que répondre effectivement on aimerait qu'il y ait une solidarité européenne et donc c'est dans cette logique que cette résolution elle vise à réaffirmer une solidarité européenne.

Et après cette résolution, il y a un an, on avait déjà inséré, on avait peut-être été un peu visionnaire là-dessus, mais on avait inséré une un codicile, en tout cas une phrase qui qui évoquait l'envoi dans le cadre d'exercice ou de manière pérenne de troupes françaises et européennes dans un cadre multilatéral bien sûr à la demande avec l'accord et sous la direction des des autorités danoises. Il s'agit pas de de faire nous-même ce qu'on reproche aux autres et aux Américains. Mais donc dans cette logique en tout cas de solidarité, d'accompagnement, cette résolution, elle a été adoptée notamment en Commission d'affaires européenne au côté de de Pierre Alexandre à la quasi de mémoire unanimité.

Il y avait eu quelques abstentions, c'est tout. et on espère pouvoir la faire adopter maintenant en hémicycle dans euh dans quelques semaines. Donc, il faudra qu'elle soit euh qu'elle soit inscrite et débattue.

Euh ça permettra aussi à certains partis politiques, Front National, la France insoumise de nous dire à peu près où ils en sont dans leur rapport vis-à-vis euh euh du fait que Trump pour certains fait souffler un vent de fraîcheur sur les démocraties euh et pour les autres euh de l'alliance bolivarienne. J'avoue que je suis quand même assez interpellé par les mots qui sont employés aujourd'hui dans notre vocabulaire, notre grammaire international. On parle de souveraineté européenne.

Le souverainisme a été dominé pendant des années par les partis populistes et désormais, il fait partie de notre vocabulaire. De même, on parle de colonialisme, de nouveaux empires. Est-ce qu'on n'est pas dans un moment d'inversion des hiérarchies, d'inversion des valeurs, d'un moment parce qu'on a dit de d'incertitude ou de trouble des certitudes établies ?

Notre langage, même nos analyses, nos grilles d'analyse aujourd'hui se transforme aussi. Mais parce que le monde parce que le monde est redevenu brutal. Ouais.

Et parce que la parenthèse enchantée dans laquelle baignait la France et les Européens est terminée. Et donc les dividendes de la guerre, ce que nous avions réussi à à bâtir, tout ça est aujourd'hui menacé. Et ma conviction c'est que si nous ne sommes pas capables de bâtir cette souveraineté européenne, cet autoadministratique au fond, qu'est-ce que c'est ?

C'est la capacité de décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Et bien, si nous ne sommes pas capables de construire cela, tout ce que nous avons acquis depuis lors, c'est-à-dire la liberté, la paix, la prospérité, alors nous le perdrons. Et nos enfants, les plus jeunes générations qui feront la société de demain et bien n'évolueront pas dans le monde tel que nous le connaissons encore aujourd'hui en France, c'est-à-dire un monde libre en paix et prospère.

Et donc oui, il y a un changement de réalité. le monde d'avant, un changement de paradigme, un changement de paradigme, une rupture majeure et extrêmement profonde. Mais moi, je j'ai confiance en même temps pour ne pas être que dans le pessimisme et dans une forme de de moment extrêmement sombre.

Oui, l'Europe est menacée, oui, le monde est dangereux, oui, la période est inquiétante, mais lorsque l'Europe fait bloc, alors elle est capable de résister. Et nous l'avons vu de manière extrêmement concrète ces derniers jours. Dans le cas de la tentative d'annexion du Groenland par les États-Unis d'Amérique, les Européens avec la France en tête ont opposé un front uni, ont menacé de représaille si si la si le si le Groenlande était menacé, si les tarifs douignés proposés par le président américain étaient appliqués, alors la réponse aurait été extrêmement ferme de la part des Européens qui ont des armes pour se défendre.

Et donc dans ce monde redevenu brutal, il faut que l'Europe se durcisse, mais il faut surtout qu'elle ait confiance en elle-même parce qu'elle a tous les atouts pour résister aux grands empires qui veulent la soumettre. Pourtant, l'Europe donne le sentiment de tergiverser, de douter. On l'a vu avec le Mercosur, il y a des désaccords qui sont persistants.

Comment faire bloc ? Comment faire unité ? Vous parliez de solidarité.

Comment vous y réfléchissez concrètement en fait à cette solidarité européenne sur le Groenland et au-delà pour l'avenir de notre géostratégie ? D'abord, je je reviens sur les les propos de P Alexandre. Je suis absolument d'accord, mais ça vous le saviez déjà.

Mais on le voit bien dans dans ce quand vous parliez de souverainisme, est-ce qu'on a raison d'utiliser ce mot ? Mais en fait, bon là, parlons très simplement. On a quand même une communauté de valeur en Europe.

On partage énormément. On partage le respect de la démocratie, l'attachement à ce système pour désigner nos représentants et fonctionnaires ensemble, une économie de marché mais qui est régulée, un état providence, une protection des minorités, en tout cas une garantie de l'état de droit. Et il faut pas s'y tromper.

On voit bien que les Groenlandais, ils n'ont pas abandonné l'idée d'être indépendants. Ça, ils nous le disent. Mais ils savent peut-être mieux que nous, je pense même mieux que nous, que cet avenir là pour eux, il est aujourd'hui mieux garanti en restant à court terme avec le Danemark et avec l'Union européenne qui est un espace de paix, de démocratie et de respect des droits plutôt qu'en devenant un nouvel état américain.

Donc ça déjà c'est un bon indicateur de nous nous rappeler à nous pourquoi on se bat dans ce moment face aux empires et face à tous ceux comme disait Pierre Alexandre qui veulent nous vassaliser ou en tout cas nous voir mettre un genou à terre et et nous incliner. Après, sur la réaction européenne, je pense que il y a aussi une autre tendance qui est qui est assez forte chez nous, qui est inconsciente peut-être, peut-être un peu moins chez ou un peu plus forte, je ne sais pas, chez les Français, mais on a dit vous avez des désaccords entre l'Allemagne qui est pas forcément d'accord, tout le monde n'est pas aligné sur la proposition française du bazooka et de l'arme donc de ce de ce cette réponse anticoer antidroit de doigt américain. Enfin, on a quand même eu une Europe qui a parlé peu ou prou de manière unie.

Et bien sûr que sur 27 États 28, même si on rajoute donc le Royaume-Uni qui est qui est un partenaire dans ce moment particulier, il y a fondamentalement des voix dissonnantes, des nuances qui viennent à s'exprimer, mais on a eu un une réponse unie. On a des vies politiques qui sont quand même peu ou prou à l'unisson également. Euh pour regarder et aller chaque semaine au Royaume-Uni, j'ai pas souvenir d'un moment politique où vous avez des responsables politiques au Royaume-Uni qui sont d'accord de la gauche du Labor des des plus, on va dire de l'extrême gauche jusque à Nigel Farage et à l'extrême droite où tous Farage qui était à Maralago le soir de la victoire de Trump où tous ont dit sommes en désaccord avec ce qui pourrait être fait au Groenland.

Les Européens, je pense, il y a eu une unité et elle s'est vu qu'il y a des débats, c'est certain, mais on a agi, on a agi fort et vite, bien plus que par le passé, bien plus qu'on ne l'avait fait souvent et ça s'est vu aussi dans la manière dont Trump a fini par s'exprimer à Davos et pour l'instant, je sais pas quand sera diffusé ce qu'on enregistre, mais en tout cas pour l'instant à faire un step back et à faire une marche arrière vis-à-vis de ce qu'il avait annoncé sur le Groenland et de l'usage de la force notamment. Ma question en fait, désolé hein, je me fais la voquette du diable, mais est-ce que cette unité elle peut s'inscrire sur la durée tout simplement ? Euh parce que elle devra nous en tout cas, on se bat pour et je pense que làdessus, on est fondamentalement attaché à l'Europe et il y aura un moment Groenland.

En tout cas, moi je souhaite qu'il y a un moment Groenland de prise de conscience collective et qu'il y a pas de il y aura un avant et un après. Moi ce que je pense c'est que euh Donald Trump, Vladimir Poutine, le président chinois sont les meilleurs catalyseurs de l'Unité européenne et que euh le pour vous posiez la question de savoir pourquoi est-ce qu'on réagissait avec autant de véhém sur le Groenland ? Parce que la les menaces d'annexion euh du Groenland, c'est une menace directe contre la souveraineté dans l'État européen.

Et la réaction qui a été celle des Européens euh ces derniers jours avec beaucoup de beaucoup de force n'aurait peut-être pas été la même il y a quelques mois ou quelques années de cela. Il faut voir ce qui s'est passé en Ukraine. La réaction, le soutien européen à l'Ukraine n'a pas été aussi affirmée dans les premiers instants.

Oui, il y a pas eu de solidarité européenne en tout cas aussi marquée que celle qu'on a pu connaître de réaction aussi anticipée quelque part avant même que une action militaire était entreprise de la part des Européens. Et donc je pense que ces quelques dernières années, nous avons vu la rupture brutale dans le monde dans lequel nous étions à travers l'agression brutale totale massive de l'Ukraine par la Fédération de Russie et que nous sommes en train d'opérer un changement de logiciel et intellectuel ici ici en Europe. La France l'a opéré il y a quelques années mais pour beaucoup de nos partenaires européens ce monde brutal n'était au fond quelque chose d'assez lointain.

Mais nous sommes engagés depuis de nombreuses années sur des tertres d'opération extérieure. Nous sommes nous les Français les premiers à venir en soutien de beaucoup de pays qui sont menacés ou ou agressés. Donc nous avons cette conscience du monde de par notre histoire, de par notre armée, de par de par notre diplomatie.

Exactement. Golomiter indienne. Et donc cette cette réalité, ce ce paradigme nouveau, nous les français nous l'avons anticipé.

Mais pour beaucoup d'Européens, il a commencé par nos amis danois dire l'horizon américain était quasi indépassable. Ouais. Nos amis polonais, nos amis téc pour beaucoup de cela, il y avait un allié, un partenaire, c'était les États-Unis d'Amérique.

Bien, ce monde est en train de s'écrouler et donc il faut être capable de de de construire cette nouvelle conscience européenne et la France joue ce rôle avec d'autres. Les Allemands sont en train d'y venir et et j'espère les Danois aussi extrêmement rapidement désormais. Vincent encore, est-ce que vous voulez ajouter un mot ?

Je rejoins absolument ce qui a été dit. Vraiment, les Européens, je pense n'ont jamais eu autant conscience d'eux-même. Ouais.

Maintenant, la prise de conscience, c'est on va dire la première étape du diagnostic. Il va falloir que ça soit suivi d'actes. Il y en a eu par le passé, mais là, il faut qu'on aille plus vite parce que comment dire, l'histoire nous attendra pas.

Elle avance. Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir politique des États-Unis. Quelle sera la fin du mandat de Donald Trump ?

Ce que je sais c'est qu'il y a un mandat ici qui se termine en 2027. Je n'ai pas envie que ça soit Jordan Bardella qui qui puisse qui ait à répondre à de nouvelles menace de la part de Donald Trump. Donc je crois toujours en l'Europe.

Je pense qu'on a vraiment un moment d'accélération de l'histoire, de prise de conscience qui doit déboucher sur des sur des actes et encore une fois qu'il y aura eu un avant et un après. On le doit à nos alliés danois et on le doit à nous-même. On le doit à l'Europe.

L'Europe elle a jamais manqué ses rendez-vous avec l'histoire. Je pense qu'on vit un rendez-vous avec l'histoire et encore une fois qu'il y aura un avant et un après. Il est temps que le vieux continent devienne cette fois-ci un grand continent et il est temps sans doute de retrouver notre courage politique et notre lucidité commune.

Je vous remercie pour cet échange riche danse. C'était passionnant de vous entendre. Merci beaucoup.

Merci beaucoup. À bientôt.