Vote de confiance, Marine Le Pen, 10 septembre... L'interview intégrale de Jean-Philippe Tanguy
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Et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame. Vous êtes le député RN de la Somme à quelques heures de la chute du gouvernement, parce que ce soir, la France ne devrait plus avoir de Premier ministre. D'abord, comment est-ce que vous appréhendez cette journée, et même cette semaine, j'allais dire ?
Comme un moment important, mais un moment de vérité, parce que finalement, les Françaises et les Français voient bien les conséquences de ce qui s'est passé aux dernières élections législatives, à savoir que des gens qui n'avaient en fait aucun projet politique, aucune proposition commune de l'extrême-gauche aux amis de M. Wauquiez et de M. Rotaillot pour garder le pouvoir, n'avaient pas de projet commun pour gouverner, pour réformer la France. Et donc, on a perdu encore une année précieuse, une année d'endettement, une année de désordre régalien, avec des éléments extrêmement graves pour le pays, mais surtout un temps perdu.
Et moi, vraiment, je pense que chaque jour qui passe, c'est un jour perdu pour la France, tant qu'il n'y a pas un moyen politique de rompre avec ces dernières années, et donc de voter à la Somme nationale.
Le fait de faire chuter le gouvernement vous paraît une meilleure solution ?
C'est sans doute parfois la meilleure solution pour rompre. Alors, M. Bérou l'a provoqué lui-même, parce que c'est vrai qu'on a un inversement accusatoire sur les forces politiques, en particulier contre le Rassemblement National. C'est François Bérou qui a choisi, qui a décidé de provoquer cette crise. Il a d'ailleurs, j'ai été attentif à l'émission qu'il a faite avec Végou, il a d'ailleurs beaucoup de peine à posteriori, à le justifier concrètement, au-delà d'un problème d'égo ou d'un petit coup politique.
Lui, il dit qu'il y a une forme de guerre civile, c'est le mot qu'a utilisé François Bérou hier chez nos confrères de Brut. Il parle d'une guerre civile ouverte entre les différentes formations politiques, dont il serait en quelque sorte victime, puisque cette guerre civile n'est destinée qu'à abattre le gouvernement.
Non, mais il ne devrait pas utiliser ce genre de mot avec autant de légèreté. Il y a des gens qui subissent, malheureusement, de guerre civile, ou en tout cas une crainte de guerre civile dans notre pays. C'est un certain nombre de minorités. C'est les Français de confession juive qui, eux, évidemment, ont l'impression que la solidarité nationale et la cohésion n'existent plus, qui sont persécutés. Malheureusement, il y a d'autres minorités qui subissent cela aussi. Ce n'est pas du tout M. Bérou qui est victime d'une guerre civile et c'est lui qui devrait assurer cette cohésion nationale.
Mais c'est un peu à l'image des macronistes qui ont le mot « guerre » à la bouche sans cesse, que d'Emmanuel Macron, le premier d'entre eux, à d'autres. J'entendais encore Mme Pannier-Runacher qui, elle aussi, peut utiliser le mot « guerre » sans cesse pour se prévaloir d'un courage qu'ils n'ont pas, alors que malheureusement, la société se délite en face et qu'il y a une vraie guerre sur le continent. Ils ne font rien, malheureusement, pour trouver la paix.
Essayons de nous projeter, Jean-Philippe Tanguy. On a bien compris, vous ferez partie de ceux qui votez contre la confiance du gouvernement. Il n'aura donc pas la majorité pour rester. Ce soir, il sera contraint à la démission. Est-ce que vous pourriez ne pas censurer un prochain Premier ministre ? Ou est-ce que tous les autres, tous les suivants, subiront le même sort ?
Dans un monde idéal, il est toujours possible que M. Macron se rende compte qu'il s'est trompé depuis 8 ans, que sa politique nous a menés dans le mur, en particulier un mur et une impasse économique. Donc, je ne vais pas vous dire qu'on va censurer tout et n'importe qui, comme les mélenchonistes qui ne sont que dans la posture. Mais je ne vais pas mentir aux Français, il est extrêmement peu probable aujourd'hui que M. Macron soit capable de se réformer, se dépasser lui-même et nous propose une voie d'une réforme solidaire juste pour la France. Ça me paraît impossible. Mais bon, en théorie, oui, c'est possible.
Est-ce qu'il y a ce soir ou demain matin, essayons de tirer le fil, un Premier ministre issu des rangs macronistes ? Est-ce que vous pourriez, par principe, lui donner une sorte de blanc-seing ?
C'est vraiment une question de politique qui est menée. Je sais que c'est par facilité, on choisit toujours le casting, les personnes. Mais moi, les personnes, que ce soit mes adversaires ou même mes amis, en soi, ça n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui compte, c'est la politique qui est menée. Qu'est-ce qu'on propose aux Français et qu'est-ce qu'ils vont subir ? Comment les Françaises et les Français vont vivre ? Parce que c'est quand même, je suis désolé, peut-être d'enfoncer une porte ouverte. Mais la vérité de la politique, c'est comment nos concitoyens vivent cette politique. Quelles sont les conséquences pour leur pouvoir d'achat, pour leur famille, pour leurs enfants à l'école ?
C'est ça, notre mandat. Ce n'est pas de faire le manège entre nous.
Jean-Philippe Nanguil, est-ce que vous aurez la même attitude qu'un Premier ministre soit nommé issu des rangs macronistes, issu des rangs des Républicains ou issu des rangs du PS ?
Tout ça, c'est le parti unique. Alors je suis désolé, mais pour le coup, c'est là où on voit que le casting n'a pas de sens. Pourquoi est-ce que Marine Le Pen, on peut quand même lui reconnaître ça, il y a 15 ans, a fait cette description de ce qu'elle appelait l'UMPS ? Pour les plus jeunes qui nous écoutent, l'UMP, c'était les LR de l'époque, et le PS, c'est socialiste, il n'y avait pas encore les macronistes en tête de gondole. C'était une critique de ce système, de ces gens qui se partagent le pouvoir et qui mènent toujours la même politique. Pour vous, c'est un parti unique ? Bien sûr, vous pouvez reconnaître qu'on le dit, c'est une constance. C'est ce que vous disiez avant de l'UMPS.
Oui, mais c'est toujours le cas aujourd'hui. Le macroniste a été l'alliance, Marine Le Pen l'a dit hier, lors de son discours d'Énim Beaumont, du pire de la droite, du pire de la gauche, parce que c'est toujours la même politique. Corseté, il faut le dire, même si ça fait moins de l'actualité, par les mauvais traités européens, par le monde de la finance, par cette mondialisation malheureuse. Toutes ces contraintes qui ont été imposées au peuple français par ces partis qui ne se souciaient pas de l'intérêt national, mais de leur poste, pèsent aujourd'hui lourdement. On le voit bien, regardez le Mercosur.
Combien, madame de Malherbe, vous avez reçu ici de chefs de partis ou de personnalités des socialistes, de LR, des macronistes ? Ils disaient tous qu'ils allaient se battre contre le Mercosur. Que le Rassemblement national mentait. Mais non, ils ont voté la compétence exclusive du commerce international à la Commission européenne. Ils ont voté d'ailleurs un mandat de négociation dans ce cadre.
Vous espérez encore que la France puisse stopper l'adoption du Mercosur ?
Mais si on respecte les traités européens tels qu'ils sont aujourd'hui, on ne peut pas le stopper. Pour le stopper, il faut faire un rapport de force qui est à côté du traité, comme faisait le général de Gaulle. C'est-à-dire refuser de payer, par exemple, les 25 à 31 milliards de cotisations, de budget européen qu'on doit payer, faire la politique de la chaise vide. Bref, faire un rapport de force pour l'intérêt national. Ce qu'ils sont incapables de faire. Vous voyez bien, ils négocient des petites rues dans des couloirs. Alors que c'est le principe même de cette mondialisation malheureuse qu'il faut remettre en cause.
Jean-Philippe Tanguy, parmi les noms qui circulent, vous me dites que le casting n'a aucune importance. Mais enfin, tout de même, on verra bien évidemment qui sort du chapeau ce soir ou dans les jours qui viennent. Olivier Faure s'est ouvertement dit candidat. Est-ce qu'il pourrait avoir une chance, à vos yeux ? C'est-à-dire que vous ne le fassiez pas tomber tout de suite ?
Non, mais parce que pour le coup, la politique que revendique M. Faure, nous sommes totalement opposés. Le casting, comment dire, est illusoire quand la personne peut prétendre à des réformes. Là, ils assument un programme qui était conçu avec M. Mélenchon et les Verts, et les communistes, qui n'a ni queue ni tête. D'ailleurs, ils ont présenté un programme. Moi, je fais toujours attention concrètement à ce que proposent mes adversaires. Ils ont présenté il y a dix jours un contre-projet qui est complètement délirant. Il n'y a aucune économie. Donc eux, c'est sûr que c'est non ? Parce que ce sont vos opposants politiques. Vraiment, moi j'insiste sur le fond, pas sur la personne.
Il n'y a aucune économie dans ce projet. C'est que des dépenses. J'ai dit d'ailleurs sur votre antenne à un autre moment. C'est les promesses du Père Noël financées par M. L'Enchanteur.
Donc si c'est Olivier Faure, c'est censure automatique.
Madame de Malherbe, on ne va pas continuer à aggraver les dépenses, à augmenter les impôts, alors que la France est aujourd'hui ruinée par ces politiques qui ont été menées aussi bien par les socialistes, les républicains ou les macronistes.
Et si c'est l'actuel ministre de la Défense, Sébastien Lecornu ?
Monsieur Lecornu, quelqu'un d'aimable. On a réussi à travailler avec l'ensemble des forces politiques pour améliorer l'armée, pour améliorer le budget de la Défense. On l'a voté. Bon, l'extrême-gauche ne l'a pas voté, il ne vaut jamais rien. Mais bon, on avait pu voir un intérêt national. Mais je pense que la charge pour M. Lecornu serait beaucoup trop grande, puisqu'il serait, comme d'ailleurs a été piégé M. Béroud, vous savez qu'est-ce qu'on avait dit à M. Béroud au début de son mandat ? On l'avait dit pour l'intérêt de la France, et pour vous d'ailleurs, vous devez rompre avec le macroniste, c'est ce que Marine Lecornu lui a rappelé.
Ils n'ont pas rompu avec cette politique, je pense qu'ils n'en sont pas capables. Et c'est pour ça qu'on demande la dissolution. Ce n'est pas juste pour se faire plaisir. C'est qu'il faut dire aux Françaises et aux Français que pour sortir de cette impasse financière d'insécurité sur la politique migratoire, il faut une rupture politique.
Mais si je comprends bien, Jean-Philippe Tanguy, ça veut dire qu'Olivier Fort, pour le coup, vous le censureriez, parce que pour vous, il n'y a pas de secret, vous n'êtes pas d'accord du tout avec leur programme. Sébastien Lecornu, vous dites plutôt qu'il va chuter tout seul. Mais ce n'est pas vous qui le censureriez.
On finirait sans doute par le censurer, puisque le budget serait le même. Mais le budget de M. Bérou, l'année dernière, était le même sensiblement que M. Barnier, sans les graves périls pour la France, qui étaient la taxation de 4 milliards sur l'électricité, la désintaxation des retraites et le déremboursement des médicaments. L'ERN avait obtenu qu'on enlève les mesures trop dures pour les Français. Mais malheureusement, nous n'avions pas obtenu un budget de redressement national. Vous voyez, quand M.
Bérou vient sur votre plateau et qu'il dit, grâce à lui, les finances sont moins en dérive, et qu'en fait, il a découvert au cours de l'année une augmentation de la masse salariale de l'État de plus de 6%, alors que, soi-disant, on était en train de maîtriser les dépenses. Et en fait, ne maîtrisent même pas, non seulement ce qu'ils disent parfois, mais ce qu'ils font. C'est vraiment des dépenses hors contrôle. Un État qui est hors contrôle. Et d'ailleurs, tous les problèmes qu'on voit sur la drogue, sur l'immigration, sur l'école, ces gens, en fait, ne gèrent pas l'État. N'ont pas l'appareil de l'État en main, parce qu'en fait, je pense qu'ils s'en fichent.
Jean-Philippe Tanguy, la question de l'union des droites. Sarah Knafou, qui était sur BFM TV hier, disait ce à quoi nous appelons, mais malheureusement, aujourd'hui, nous sommes un peu seuls, disait-elle. C'est une union des droites. Faire cette union, c'est dire quel est notre dénominateur commun. Oui, on a des différences avec LR. Oui, on a des différences avec le RN. Mais serions-nous capables de nous dire qu'il faut une plateforme commune avec quelques mesures d'intérêt général commun ? Est-ce que vous dites oui ?
Tout ça, ce sont des mots. Ça ne vaut pas plus que le parti unique. Il n'y en a pas un qui trouve grâce à vos yeux. Mais ce n'est pas ça. Excusez-moi, ce n'est pas une question de poser. Moi, je me suis engagé. Je vais devant mes électeurs chaque week-end en circonscription. Je ne veux pas les regarder dans les yeux et leur dire que je leur promets des choses qu'on ne fera pas. Madame Knafo n'est pas d'accord pour rétablir la retraite à 62 ans, un modèle de justice fiscale, repenser l'équité fiscale, faire que les classes moyennes ne paient pas plus que les plus privilégiées, faire en sorte que l'État soit un État stratège. Elles ne sont pas d'accord avec cela. Elles sont d'accord avec M.
Rotaillot. D'ailleurs, si on avait suivi la logique de cette famille politique, on serait avec le macronisme.
Mais dans le même temps, Jordan Bardella fait savoir qu'il a été reçu par Nicolas Sarkozy.
C'est autre chose. Vous pouvez discuter avec les gens. Mais moi, je vous serais peut-être surpris par le nombre de gens qu'on rencontre. Mais c'est normal de discuter avec les gens, d'échanger. Ce n'est pas être sur une ligne politique. Jordan Bardella, quand il était jeune, il aurait pu s'engager pour Nicolas Sarkozy qui avait tout trahi. Il s'est engagé pour Marine Le Pen qui défendait ses principes et ses valeurs face au sarkozisme qui a trahi. Donc on peut discuter avec les gens. On n'est pas en guerre civile.
Vous ne souhaitez pas aller vers une sorte de grande union de la droite avec la droite d'un Nicolas Sarkozy.
Gagner les élections, pour gagner les élections, juste un soir d'élection, ça n'a aucun intérêt. Ce qui compte, c'est le lendemain de l'élection. Quel programme vous appliquez ? Qu'est-ce que vous faites pour la France et les Français ? Si vous vous mettez en élection avec des gens qui n'ont pas le même programme que vous, vous trahissez vos électeurs pour des postes. Ça n'a jamais intéressé Marine Le Pen ni Jordan Bardella. Ça ne nous intéresse pas. Ce qu'on veut, c'est mener une politique de rupture qui permet de redresser le pays. C'est sans doute plus difficile. Ça demande beaucoup de courage. Mais on ne variera pas de cette ligne.
Moi, je ne veux pas un jour revenir devant mes électeurs et leur dire que je leur avais promis A et qu'on a fait B. Ça, je le laisse à mes adversaires politiques. Vous espérez une majorité absolue.
Vous dites en tout cas que s'il y avait dissolution, vous êtes prêts. Et d'ailleurs, Sébastien Chenu, qui était à ce même micro la semaine dernière, disait qu'il estimait que la majorité absolue pour le RN était possible. Sauf qu'il y a à nouveau une piste qui circule ce matin. Le président pourrait être tenté d'annoncer un changement de moyen de voter puisqu'il pourrait être tenté par la proportionnelle dès aujourd'hui, dès les jours qui viennent. Ça changerait quoi pour vous ?
Mais nous, on a toujours été favorables à la proportionnelle car toutes les voix des Français doivent compter. Aujourd'hui, il y a des gens qui votent, ils ne sont pas représentés. On a toujours été favorables à cela. Vous savez, on l'a toujours demandé. D'ailleurs, M. Béraud, au tout début, avait dit je vais le mettre en place le plus rapidement possible. Ça devait être au printemps, puis après c'était l'été, puis après c'était le septembre, puis après c'était le budget. Donc c'était devenu l'objet d'un chantage assez sordide politique et pas une question de principe. Donc nous, sur la question de principe, on est toujours favorables à ce que tous les Français...
Vous êtes toujours favorables et vous souhaitez l'annonce d'une proportionnelle. Il n'y a aucune raison. Si ça sort du chapeau ce soir de l'Elysée ?
Il faut voir les modalités, évidemment. Mais laissez-moi croire, pensez, et ça fait, je ne sais pas, peut-être la vingtième fois, c'est comme les référendums sans cesse promis par M. Macron, que la proportionnelle est promis par M. Macron, jamais mise en place, y compris quand il avait tous les pouvoirs pour le faire. Moi, ça me semble un moyen de gagner du temps. Et c'est là, en fait, le vrai drame.
Selon les calculs, la proportionnelle,
probablement, ne vous permettrait pas d'avoir la majorité. Ça sera un autre paysage politique. Tout serait différent. Donc ce n'est même pas une question de savoir si on le sera ou pas. Nous, on l'a toujours été pour, y compris encore très récemment, et on le sera toujours, y compris si ça nous était défavorable. Vous voyez, Marine Le Pen, elle l'a dit très bien elle-même. Elle est capable de sacrifier son mandat parlementaire pour une dissolution, pour une revue. Pardon, ce n'est pas qui le sacrifie. Mais qui le fait ? Parce qu'elle le revendique, cette dissolution.
Elle n'est plus éligible au moment où on se parle.
Non, mais très bien. Mais déjà, comment dire, justice sera faite pour Marine Le Pen, mais à court terme, elle sacrifie son mandat. C'est d'ailleurs pour ça que M. Bérou a fait cette erreur, et vous le savez très bien, tout le petit monde parisien le sait, il en fait partie, que M. Bérou a cru que Marine Le Pen était désarmée par cette mauvaise condamnation judiciaire. Elle ne l'est pas, car elle n'a que l'intérêt national.
Mais je précise que ce sera à suivre, évidemment, en direct tout à l'heure, puisqu'à 13h30, la date du procès en appel de Marine Le Pen devrait être connue. Vous espérez que ça tombe vite ?
On verra. Moi, c'est Marine Le Pen qui décidera de la meilleure stratégie judiciaire. Vous savez, pourquoi il veut gagner du temps, M. Macron ? Parce que tout le temps qui est gagné pour lui est perdu pour la France. Donc, ces gens ne pensent qu'à gagner du temps pour préserver leurs petits intérêts, et la France perd, elle, un temps précieux. Donc, pour faire gagner la France, il est vraiment important de revenir devant les urnes. C'est toujours la même méthode. Avant, c'était les Jeux Olympiques. Là, ce sera peut-être la proportionnelle. Il y a toujours une espèce de prétexte pour que M. Macron ne prenne pas ses responsabilités face aux Français.
Et il est grand temps qu'on puisse se ressaisir et que les Français soient appelés aux urnes, pas seulement pour sanctionner M. Macron, pour choisir une autre politique.
Il y a trois dates ensuite, le 10 septembre, le 18 septembre, et puis vendredi aussi, la note de Fitch, l'agence de notation de la dette qui pourrait dégrader la note de la France. Le 10 septembre, vous imaginez une France bloquée. Est-ce que vous pouvez entendre la colère des Français ?
Bien sûr qu'on entend la colère des Français. Bloquable, ça veut dire beaucoup de choses. J'entendais M. Rotaillot qui insultait les Françaises et les Français qui voulaient manifester, montrer leur colère, et le fait qu'ils n'arrivent pas à vivre.
Il les insultait, d'après vous ?
Oui, il a dit que c'était idiot ou stupide, je ne sais plus, de bloquer le pays. Mais bloquer le pays, ça ne veut rien dire. Évidemment, les violences sont inacceptables. Et je ne pense pas que ce soit le but de la France qui travaille, de casser leur propre pays qui, après, ils paient par leurs impôts. Voilà, donc évidemment, il faut que ce mouvement se débarrasse de tous les nervis minoritaires qui pourraient être violents, des black blocs, de l'infiltration de l'extrême gauche. Il faut que ce mouvement s'en saisisse, et c'est à eux de le faire. Mais cette colère, elle existe. D'ailleurs, sans doute, Mais vous ne serez pas à leur côté, on est bien d'accord.
On n'a jamais essayé de manipuler des manifestations, qu'elles nous soient favorables ou défavorables.
Vous estimez qu'elle est fille manipule ?
Bien sûr qu'elle manipule. C'est gros comme une maison. Il faut laisser les Françaises et les Français libres de leurs actes, libres de leurs pensées. Et c'est important, si vous voulez, d'avoir aussi cette humilité. Mais d'ailleurs, ça dit tout des forces politiques. Les forces politiques, qui cherchent toujours à manipuler les mouvements sociaux, que ce soit pour la retraite ou aujourd'hui pour la colère, c'est toujours des gens, finalement, qui méprisent les Françaises et les Français, qui pensent qu'ils ne peuvent pas penser et agir seuls. Nous, on respecte, comment dire, l'autonomie de chaque Français et chaque Français.
Jean-Philippe Ninguy, il y aura aussi la date du 18 septembre. Là, pour le coup, c'est les organisations syndicales qui, de manière plus classique, j'allais dire, appellent non seulement à la manifestation, mais à des grèves dans pratiquement tous les secteurs. Est-ce que ça aussi, vous le comprenez ?
Mais bien sûr qu'il faut toujours comprendre un mouvement social. Ça ne sert à rien de le condamner a priori ou de ne pas chercher à savoir pourquoi des gens qui travaillent vont se priver d'un jour de salaire. Parce que moi, je vois beaucoup de gens qui font des commentaires, qui ne se rendent pas compte qu'une grève, c'est une privation de salaire. Alors, il y en a qui s'arrangent, mais il y en a qui ne s'arrangent pas. Et c'est un sacrifice pour eux. Donc, pourquoi des gens qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts font le sacrifice d'une journée de salaire ?
C'est qu'ils sentent que le travail ne paie pas assez, qu'ils sont inquiets pour le modèle social, que contrairement à la propagande macroniste, les usines ferment. Il y a beaucoup de licenciements au sein des sites industriels. La situation économique est très mauvaise. Des records de faillites sur tout le territoire. Donc, il est normal que les gens s'inquiètent. Quelle réponse leur a apporté ? Malheureusement, ces organisations syndicales sont toujours à soutenir à la fin M. Macron. Et ça, je le regrette parce que ce sont des gens qui trompent les travailleurs et que la vraie rupture et la vraie défense du modèle social, c'est évidemment le vote pour Marine Le Pen et Jordan.
Vous êtes, Jean-Philippe Tanguy, le monsieur économie, comme on dit, du RN. Est-ce que ça vous inquiète la dégradation de la note de la France qui est quasi annoncée pour vendredi ?
Oui, ça m'inquiète parce qu'on peut passer dans une note qui fait que, comment vous dire, c'est un peu technique, un certain nombre de fonds, de gens qui ont de sources de financement pourraient ne plus avoir le droit en fait de souscrire de la dette française parce qu'à partir du moment où vous baissez d'un niveau de confiance, par exemple pour les fonds de pension des retraités, vous ne pouvez plus, si vous voulez dire, ces fonds ne peuvent pas investir dans de la dette risquée.
Donc, si la note de la France fait passer la France dans un actif risqué, eh bien, on perdrait beaucoup de sources de financement et là, le taux d'intérêt deviendrait effectivement très important, encore plus important et on passerait les 100 milliards d'intérêts par an à honorer. Donc, la situation, effectivement, est très grave, mais ce n'est pas la censure qui provoque cette situation, ce sont les fondamentaux financiers et économiques de la France, c'est les 3 300 milliards de dettes et je rappelle qu'il n'y a pas un euro de dette liée à une dépense du Rassemblement National.
Jean-Philippe Tanguy, Thomas Legrand et Patrick Cohen ont été filmés à leur insu alors qu'ils étaient dans un café avec deux responsables du Parti Socialiste et qu'ils évoquaient la question de la stratégie électorale du Parti. Thomas Legrand a été suspendu par la radio France Inter. Est-ce que sur la méthode, vous jugez que c'est acceptable ?
La méthode est sans doute critiquable, mais quand ça a touché les autres, ils n'ont pas défendu de principe. C'est pour ça que Marine Le Pen défend toujours, depuis qu'elle est engagée en politique, des principes qui concernent à la fois ses amis et ses adversaires. Si vous défendez seulement des principes pour vos amis et si vous accablez vos adversaires quand ça vous arrange, vous êtes nus le jour où ça vous arrive. Donc, ces gens qui se sont un peu proclamés les papes de la pensée unique mais surtout les papes du journalisme se retrouvent coincés parce que quand, par exemple, M.
Aquili, qui avait été licencié de Radio France parce que soi-disant, il avait pris un verre et il avait peut-être discuté d'un livre qu'aurait pu écrire Jordan Bardella alors qu'il y a des dizaines de livres politiques qui ont été écrits par des journalistes sur d'autres personnalités politiques, lui, il a été lynché et personne ne l'a défendu.
Tout ça, c'est la faute de gens. De fait, Thomas Legrand
a été suspendu. Oui, mais pas M. Cohen. Mais moi, je ne suis pas pour les têtes sur les pics. Moi, ça ne m'intéresse pas.
Vous ne demandez pas la suspension de M. Cohen.
Mais ce n'est pas mon rôle. Moi, mon rôle, chacun prendra ses responsabilités. Ce que je constate, c'est qu'il y a deux poids, deux mesures et on l'a vécu aux dernières élections. C'est que quand vous avez une pensée nationale...
Puisque Thomas Legrand a lui aussi été suspendu.
Dans la couverture qui est faite, personne n'a défendu à l'époque. Mais je ne vais pas le faire parce que le poste avant encore lui tomber dessus, M. Aquili. Mais il y a eu plein dans l'histoire des médias français de journalistes, soi-disant, en tout cas accusés d'être en lien avec la droite ou alors encore plus avec le camp national qui ont été lynchés par tout le monde, y compris par une part de la corporation, mais au sens, pas corporatisme, au sens du métier de journalisme. Et là, comme ça touche des gens de gauche voire d'extrême gauche, il y a plein de gens qui s'agitent et qui les défendent. Il faut revenir à des principes.
Il y a les femmes et les hommes politiques d'un côté, il y a les médias de l'autre. 90% du monde médiatique et du monde politique respectent les règles. Il y en a qui ne les respectent pas et c'est dommage parce que ça met tout le monde dans ces difficultés et les gens qui paient le service public en ont assez de payer pour se faire insulter. Donc moi, j'invite qu'on tire les leçons parce que c'est ce qui compte utile de ce drame. Quelles conséquences ?
Eh bien que s'il y a de l'argent dans le service public, il y a une neutralité parfaite du service public et qu'on arrête d'utiliser l'argent des Français pour faire campagne contre un parti et c'est toujours, il faut bien le dire, contre le Rassemblement National, parfois contre les insoumis quand ça les arrange. Moi, je le dis parce qu'ils ne le diront jamais mais moi, j'essaie d'être proche de la vérité et c'est toujours, il faut bien le dire, en faveur de l'UMPS et du parti du système et de la gamelle.
Merci Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme à l'aube de cette journée qui s'avère particulièrement longue. Il est 8h52 sur RMC BFM TV.
Jean-Philippe Tanguy