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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 20 octobre 2025 37 minContradictoireMixteÉducation & recherche

Coup de rabot sur l’apprentissage

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 6 %Attaque 3 %Défensif 1 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 34:08Locuteur non identifiéFait
    « C'était les exonérations de cotisations sociales et de CSG CRDS pour l'apprenti. »
  • 35:11AuditeurPromesse
    « Ce qui m'inquiète, c'est que la formation n'est pas au rendez-vous. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié23 %
  • Locuteur non identifié 218 %
  • Locuteur non identifié 317 %
  • Invité17 %
  • Locuteur non identifié 416 %
  • Invité 25 %
  • Auditeur3 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 18-20, Christelle Rebière.

0:11
Locuteur non identifié

Près d'un million d'apprentis dans notre pays. En sept ans, la filière considérée comme une voie de garage pour des métiers manuels s'est diversifiée et est devenue une voie d'excellence. On y alterne les heures d'enseignement et celles travaillées dans une entreprise et c'est souvent une promesse d'emploi ensuite pour les jeunes. Mais la grande réforme du premier quinquennat Macron est-elle victime de son succès ? Ils étaient trois fois moins nombreux au moment de la loi de 2018. Aujourd'hui, on trouve des apprentis de la cybersécurité à la comptabilité en passant par la soudure et tout un tas de formations qui n'existaient pas avant.

Deux fois plus d'entreprises sont mobilisées, mais les aides qui leur sont offertes se réduisent peu à peu. On en est cette année à 2000 euros par apprenti pour les entreprises de plus de 250 salariés et 5000 euros pour celles de moins de 250 salariés contre 6000 euros dans les deux cas avant. En toute logique, les offres d'emploi en apprentissage ont chuté de 19% entre mars et septembre d'après les chiffres de Job Teaser, alors que les candidatures, elles, ont bondi de 22%. C'est moins marqué dans les grandes entreprises que dans les PME, mais la tendance inquiète au moment où le projet de budget prévoit encore de tailler dans les dépenses. Alors comment voyez-vous l'avenir ?

Que vous soyez étudiant, apprenti vous-même, employeur, formateur, racontez-nous votre parcours et vos questionnements.

1:28
Présentateur

Le téléphone seul. 01 45 24 7000

1:32
Locuteur non identifié

Et bonsoir Elliot. Bonsoir. Nous vous écoutons.

1:36
Invité

Alors voilà, moi je suis actuellement en apprentissage dans le secteur du numérique et j'ai également participé à une compétition qui s'appelle WorldSkills, qui est une compétition dans les métiers et qui a aussi vocation à promouvoir l'apprentissage.

1:49
Locuteur non identifié

C'est une compétition qui a eu lieu ce week-end à Marseille, c'est ça ?

1:52
Invité

C'est ça exactement. Il y avait les finales nationales à Marseille et moi je suis allé jusqu'aux européennes où j'ai terminé à la place de huitième.

2:00
Locuteur non identifié

Bravo !

2:01
Invité

Merci.

2:02
Locuteur non identifié

Vous pouvez être fier. Donc, vous me disiez que vous étiez apprenti dans le secteur de l'informatique, du numérique. Exactement.

2:11
Invité

J'ai re-signé dans la même entreprise cette année, suite à un changement de formation, mais je discute avec beaucoup de collègues qui, eux, ont changé d'entreprise et pour eux ça a été beaucoup plus compliqué. Il y a déjà effectivement une baisse de la demande de la part des entreprises et c'est beaucoup plus compliqué. Les processus de recrutement sont aussi beaucoup plus longs.

2:34
Locuteur non identifié

Mais vous, vous êtes totalement satisfait de ce que vous avez appris dans votre cursus et de ce que vous êtes toujours en train d'apprendre ?

2:40
Invité

Absolument. Absolument. C'est vraiment une façon d'apprendre qui est complètement différente et on voit vraiment la différence en termes de niveau entre des étudiants qui sont en apprentissage et des étudiants qui ne sont pas en apprentissage. Et c'est vraiment...

2:55
Locuteur non identifié

C'est-à-dire qu'ils connaissent déjà le travail, ils ont déjà les bases.

2:58
Invité

C'est ça, voilà. Il y a une façon de travailler qui est vraiment différente. Donc, c'est vraiment enrichissant aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain.

3:06
Locuteur non identifié

Merci pour votre témoignage, Elliot. Restez avec nous. Il y a aussi Thomas qui souhaite s'exprimer. Bonsoir, Thomas.

3:12
Invité

Bonsoir.

3:13
Locuteur non identifié

Bienvenue sur France Inter. Nous vous écoutons, Thomas.

3:16
Invité

Merci. Merci de me prendre pour ce sujet qui m'intéresse particulièrement parce que je suis moi-même un ancien apprenti. Donc, moi, j'ai fait mon apprentissage, démarré en 2018, fini en 2021. Je suis convaincu que l'apprentissage, c'est quelque chose qui est nécessaire, évidemment, pour les métiers manuels, mais aussi pour certains métiers, on va dire, plus administratifs. Parce que je rejoins Elliot en disant qu'on apprend, on développe des savoir-être au bureau et puis des savoir-faire de toute façon. Là, il y a la nouvelle génération un peu d'apprentis qui arrive.

Et en effet, les retours qu'ils font, c'est que c'est beaucoup plus compliqué de trouver un apprentissage parce que les entreprises cherchent moins. J'ai une alternante qui est arrivée dans l'entreprise où je travaille, qui fait exactement la même filière que moi, ce que j'avais fait à l'époque. Et le nombre d'élèves a drastiquement réduit parce que, justement, ils n'ont pas trouvé d'alternance. Donc, je pense que c'est déjà un premier effet du fait que les aides baissent. Mais le problème qu'il y avait plus avec la génération d'apprentissage où moi, j'y étais, c'est que du coup, certaines entreprises avaient tendance à recruter des alternants pour remplacer un poste à temps complet.

Donc, c'était un peu le pendant. Et je pense qu'il y a vraiment certaines entreprises qui veulent recruter de l'alternant parce qu'ils ont cette volonté de transmettre. Est-ce qu'il n'y aurait pas un entre-deux à trouver en disant « Vous avez envie de recruter un alternant parce que vous avez envie de transmettre. On va vérifier que vous êtes bien dans ce rôle-là et que votre apprenti apprend quelque chose. Et à ce moment-là, on vous déclenche les aides comme ils étaient à l'époque. Et puis, du coup, un peu plus freiner pour les sociétés qui embauchent pour remplacer un poste à temps complet, ce qui n'est pas le but de l'apprentissage.

5:01
Locuteur non identifié

Absolument. On va y venir. En tout cas, vous avez bien... Merci à vous deux, Eliott et Thomas. Vous avez bien posé le débat. Et pour en discuter avec vous ce soir, Bruno Coquet. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes économiste, président de UNO. C'est ça ? On dit bien UNO. Études et conseils, chercheurs associés à l'OFCE. Nous sommes en duplex avec Baptiste Martin. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes président de l'Association des apprentis de France et vous êtes donc chez nos amis d'ici Pays d'Auvergne à Clermont-Ferrand. Et puis, en studio aussi près de moi, Laurent Munereau. Bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes vice-président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité en charge de l'éducation, l'orientation et la formation. Et donc, c'est votre domaine, les apprentis. On a entendu deux témoignages intéressants où, dans les deux cas, ils nous disent, là, en ce moment, il y a un problème pour trouver une entreprise. Laurent Munereau. Oui. Moi, je ne voudrais pas qu'on fasse croire que les entreprises, elles prennent des apprentis uniquement parce qu'il y a une prime derrière. Parce que la prime, finalement, ça ne compense pas tout non plus. Surtout dans les petites entreprises que nous représentons à l'UDEP.

C'est un engagement du chef d'entreprise, généralement, parce que c'est lui qui est directement le maître d'apprentissage, d'accompagner le jeune. Et moi, cette aide à l'embauche d'apprentis, je préfère l'appeler un accompagnement du chef d'entreprise, du maître d'apprentissage pour le jeune. Parce qu'il faut prendre du temps pour un jeune. Quelquefois, dans l'artisanat, par exemple, des apprentis mineurs qu'il faut carrément accompagner, qui découvrent le monde du travail. Et c'est bien le but de l'apprentissage. C'est de mieux s'insérer dans le monde du travail et de pouvoir trouver plus facilement un emploi après. Mais je ne voudrais pas qu'on croit que c'est uniquement les primes.

Je pense qu'il y a aussi, aujourd'hui, une économie un peu à tone, monotone, en berne, qui fait que les entreprises, elles ont moins aussi besoin, elles ont moins les moyens de prendre du personnel, que ce soit un apprenti ou autre chose. Et forcément, l'apprentissage en pâtit. C'est intéressant pour vous, ce n'est pas forcément une question d'apprentissage, c'est une question de conjoncture économique. Qu'est-ce que vous en dites, Bruno Coquet ? Parfaitement d'accord avec ça. La première chose, c'est la conjoncture économique. L'emploi a ralenti depuis quelques trimestres maintenant. Quand l'emploi ralentit, les entreprises, qu'est-ce qu'elles font ?

Avant de licencier des gens, elles bloquent les embauches. Et lorsqu'elles bloquent les embauches, ça touche prioritairement les jeunes. C'est mécanique, dans tous les cycles d'activité, c'est la même chose. Donc, la conjoncture économique est le premier responsable du ralentissement des embauches, et donc, en particulier, des embauches en apprentissage. Donc, ce n'est pas lié du tout aux aides, par exemple, dont les règles n'arrêtent pas de changer pour les entreprises ? Alors, après, on a effectivement une contraction des aides à l'apprentissage. Alors, les aides à l'apprentissage, il y en a beaucoup.

Il y a des aides aux apprentis, il y a des aides aux employeurs, et puis, il y a des aides aux organismes de formation. Pour ce qui concerne les aides aux entreprises qui ralentiraient les embauches, effectivement, elles ont été resserrées. Les règles ont changé en 2024, puis en 2025. Alors, surtout, les règles avaient changé en 2020. Dans le premier plan de relance, là, juste au sortir du premier confinement, on a mis une aide de 8000 euros pour tout le monde. C'était totalement atypique, l'apprentissage. Il faut favoriser les apprentis qui n'ont pas le bac, en gros, et dans les petites entreprises.

Parce que c'est là que l'apprentissage est extrêmement différenciant sur la trajectoire professionnelle, l'assertion dans l'emploi. Ça, c'est le cœur de l'apprentissage ? Oui, historiquement, c'est le cœur. Historiquement ? Oui, mais ce qu'on a fait... Alors, c'est très bien, l'apprentissage, y compris dans le supérieur, c'est une bonne voie. Le problème, c'est, est-ce que la politique publique doit financer tout de la même manière, ce qu'elle a fait dans le plan de relance de 2020 ? On comprenait pourquoi, parce qu'on avait une invisibilité très forte.

Dès 2021, on aurait dû revenir à ce qu'avait écrit la loi de 2018, qui, d'ailleurs, pour les petites entreprises, donnaient des aides plus avantageuses que ce qu'elles sont aujourd'hui. C'est un paradoxe. Mais on a, de manière générale, gardé des aides à la fois sur les apprentis bac et infrabac, et aussi sur les apprentis du supérieur, même si on les a restreints récemment pour les grandes entreprises. Mais ça, ça a fini par avoir un impact.

Dans les créations d'emplois d'apprentis qu'on a eues, la DARES, le ministère du Travail, avait estimé qu'on avait quand même une substitution d'apprentis à des emplois classiques d'à peu près 200 000 emplois, en l'occurrence, qui étaient des apprentis au lieu d'être autre chose. Et puis, comme les aides étaient très importantes, pour beaucoup de profils, 75 % des profils d'apprentis, en fait, en 2020... Et justement, est-ce que le profil a changé ? L'aide, elle couvrait le coût du travail la première année. Donc, il y avait quand même un effet d'aubaine, on appelle ça dans le débat public un effet d'aubaine, mais quelque chose comme ça. Et donc, du coup, tout ça, ça se ralentit.

Et c'est naturel, puisque, quelque part, l'État ne peut pas supporter un coût moyen de 25 000 euros par an et par apprenti. Ce n'est pas possible. Donc, il faut se replier en bon ordre, et donc, du coup, essayer de préserver un petit peu tout le monde, tout en évitant un plan social dans les organismes de formation, ce qui est un risque important dans la conjoncture actuelle. Baptiste Martin, vous qui êtes président de l'Association des apprentis de France, qu'est-ce que vous pensez de l'analyse que vient de nous faire Bruno Coquet ? Alors, il y a plusieurs choses au niveau de ce que vient de dire M.

Coquet, par rapport à la question de la conjoncture économique qui a joué un rôle par rapport, justement, à cette difficulté pour trouver des contrats d'apprentissage à cette rentrée. Là, je le rejoins à 100%, évidemment, parce qu'on ne peut pas imputer uniquement la responsabilité sur les aides au recrutement. Ce n'est pas les seuls éléments qui impactent. La conjoncture joue énormément. La conjoncture aussi, au-delà de l'économique, la conjoncture politique. Cette instabilité aussi au niveau politique, depuis quelques mois, n'a pas aidé les entreprises, je suppose, à avoir suffisamment de visibilité pour pouvoir se projeter et recruter des apprentis.

Mais au final, par rapport à cette difficulté des apprentis, c'est quand même les apprentis, les jeunes, qui sont les plus en difficulté. Donc, c'est toujours assez alarmant de voir ces jeunes qui n'auront pas forcément de solution, parce que malheureusement, sur certaines filières, il n'y a pas de passerelle possible, il n'y a pas d'alternative. Une fois qu'ils n'ont pas de contrat et que les trois mois, ça arrive à leur terme, eh bien, c'est des jeunes qui vont rester sans solution. Oui, vous nous rappelez la règle, en fait, ils ont trois mois, ils commencent une formation et ils ont trois mois pour trouver une entreprise. Et s'ils ne trouvent pas d'entreprise, ça s'arrête là, en fait.

La règle, c'est celle-ci. Après, il y a des établissements de formation qui la respectent et d'autres qui ne la respectent pas, mais ce n'est peut-être pas l'objet, en tout cas, Ah bah si, on peut aussi en parler. On en parlera dans cette émission, on y viendra. Non, non, mais voilà, la règle, c'est ça. C'est ça, effectivement. Et quand il y a une rupture de contrat, là, il y a un maintien dans la formation durant six mois, avec une bascule sous statut de stagiaire de la formation professionnelle. Mais là, on est sur une phase de rentrée, donc on est sur une phase de contractualisation. Et aujourd'hui, effectivement, les contrats ne sont plus forcément au rendez-vous.

Est-ce que vous, vous diriez que c'est la rentrée la plus difficile de ces dernières années, celle-là ? C'est difficile à mesurer aujourd'hui. On n'a pas forcément d'éléments tangibles et on ne peut pas forcément s'avancer uniquement sur un ressenti. Il faudra pouvoir, justement, analyser ces éléments-là. La plus grande des difficultés, en tout cas, au niveau de l'analyse, c'est toujours de se poser la question, puisqu'on parle uniquement en nombre de contrats signés, mais combien de jeunes qui s'engagent par la voie de l'apprentissage chaque année ne vont pas au bout parce qu'ils ne trouvent pas un contrat.

Et ça, ce nombre-là, il n'y a pas de chiffre qui démontre, entre guillemets, le nombre de jeunes qui abandonnent. Donc dire que cette année, ce sera plus difficile par rapport aux autres années précédentes, je ne peux pas vous répondre. Par contre, il y a un élément quand même qui est assez intéressant dans ce que vous disiez en introduction, 22% de candidatures supplémentaires. Il ne faut pas oublier qu'en 2018, avec cette réforme qui a donné un nouvel élan à l'apprentissage, il y a effectivement eu les aides, comme l'a rappelé M. Coquet, qui ont été mises en place assez rapidement derrière.

Mais ça a aussi donné un élan au niveau de la jeunesse de leur dire, vous avez la possibilité de pouvoir continuer vos études, de pouvoir faire vos études par la voie de l'apprentissage, pour acquérir des savoir-faire, des savoir-être, comme le rappelait Thomas tout à l'heure. Et effectivement, l'image a changé à ce moment-là. On va y revenir, mais j'aimerais bien qu'on reparte au standard, parce qu'il y a beaucoup d'appels ce soir. C'est un sujet passionnant, l'apprentissage. Bonsoir, Guy.

13:53
Invité

Bonsoir. Oui, je vous appelle, parce que j'ai découvert qu'il y avait plusieurs statuts d'apprentissage. J'ai entendu parler de contrats d'apprentissage, de contrats de professionnalisation, et probablement des variations en fonction que c'est de la formation initiale et de la formation continue. Est-ce que vous pourriez nous éclairer sur cet ensemble de statuts ?

14:11
Locuteur non identifié

Mais nos invités sont là pour ça, figurez-vous. Ça tombe bien.

14:14
Invité

Les effets sur l'apprentissage, puis les effets sur l'employeur, de ces différents types de contrats.

14:20
Locuteur non identifié

Alors, plusieurs statuts d'apprentissage. Laurent Munreau, vous représentez l'UDEP. Ce n'est pas vraiment plusieurs statuts d'apprentissage, c'est plusieurs statuts d'alternance, en fait. Puisqu'il y a l'apprentissage d'un côté, pour des jeunes qui vont de 15 à 29 ans, avec toute l'organisation de l'apprentissage qu'on connaît et qu'on a citée, qui existe depuis longtemps. Puis il y a les contrats de professionnalisation, qui sont une autre forme de contrat, qui est un contrat de salariés employés. Ça, c'est plutôt pour les personnes qui sont en reconversion ? Pas forcément.

Ce sont des gens qui peuvent aussi commencer de la formation initiale, ce qui n'était pas le but au départ de ces contrats de professionnalisation, qui peuvent le faire à l'intérieur d'une entreprise. Mais les constitutions ne sont pas les mêmes pour l'entreprise. Par exemple, il y a des charges sociales. Alors, ça va. On les rejoint un peu aujourd'hui avec les nouvelles mesures, mais il y a toujours eu des charges sociales sur les salaires des alternants en contrat de professionnalisation qui n'étaient pas le cas en apprentissage, par exemple. Et un contrat en alternance, ça peut aussi préparer un diplôme les mêmes qui se font en alternance. C'est juste les conditions.

Ce que vous voulez dire, c'est que le diplôme est le même à l'arrivée ? Oui, souvent, le diplôme est le même. Quand on fasse un bac pro, un BTS, un master, après, c'est des conditions d'âge et autres qui peuvent être différentes. Bruno Coquet, vous qui êtes économiste ? Moi, il a tout dit. Si ce n'est qu'il y a une aide qui est différenciée pour l'un et l'autre. Et que, notamment, depuis l'année dernière, pour ce qui concerne les jeunes, le gouvernement a supprimé l'aide au contrat de professionnalisation. Et donc, cette année, depuis le début de l'année, on observe quand même une substitution entre les deux.

C'était déjà le cas plusieurs fois depuis 2018 parce qu'en fait, il y a eu beaucoup d'écarts qui se sont créés entre l'aide pour l'apprentissage d'un côté et la professionnalisation de l'autre. Et donc, du coup, les entreprises, elles vont d'un côté ou de l'autre selon... Parce que les aides ne sont pas les mêmes ? À un moment donné, elles ont fini par être les mêmes. Mais ça n'a pas duré longtemps. Et aujourd'hui, elles ne sont plus du tout les mêmes. Il n'y en a plus pour le contrat de professionnalisation. Vous y retrouvez, vous, du côté des entreprises, Laurent Munro ? Nous, on est peut-être des spécialistes de la chose. Donc, ce n'est pas à nous qu'il faut poser la question.

Parce qu'on a l'impression que ça change tout le temps, en fait. Non, ça ne change pas tout le temps. Mais sur la professionnalisation, moi, je voudrais dire que les conditions qui changent, c'est aussi ce que va toucher, si je puis dire, que le CFA ou l'école. Parce que, du coup, on n'est pas du tout dans les mêmes conditions de financement que ce soit en apprentissage ou en contrat de professionnalisation. Il y en a un qui va être payé à 9,15 euros de l'heure, en gros. Et puis, il y en a un autre qui, c'est des niveaux de prise en charge qui sont définis par branche. Donc, c'est un peu différent, quand même, sur le financement de l'école. Et c'est ça qui change.

Et beaucoup d'écoles privées qui faisaient des contrats de professionnalisation se sont transformées en CFA avec la loi de 2018 qui leur a permis d'être mieux accompagnées. Allez, on a une note vocale de Florence. On l'écoute.

17:23
Invité

Bonjour. Moi, j'ai un fils de 24 ans qui a validé un diplôme d'une autre école de commerce et qui s'est reconverti dans la musique, management de la musique, en deuxième année. Il ne trouve aucun apprentissage. Il est sur le coup de ne pas pouvoir valider son diplôme actuel, faute de contrat. Il est de bonne volonté. Il a passé des dizaines et des dizaines d'entretiens

17:50
Locuteur non identifié

et il n'a pas été validé pour aucun contrat. Voilà. Voilà, c'était le témoignage de Florence Baptiste Martin, vous qui représentez l'Association des apprentis de France. Ce genre de témoignage, vous en avez beaucoup ? À l'heure actuelle, effectivement, on a un outil à la NAF qui est notre chatbox qui s'appelle SOS Apprentis. Et depuis la rentrée de septembre, depuis le mois d'août, on reçoit des quantités assez importantes de jeunes qui sont en difficulté, qui expriment les mêmes problématiques de recherche sur toute filière. Je ne peux pas vous dire précisément que c'est le cas sur la musique ou la culture. C'est vraiment toute filière qui semble être concernée.

C'est pour ça que tout à l'heure, je vous disais, c'est compliqué de pouvoir chiffrer et donner vraiment un aperçu de la complexité de cette rentrée. Est-ce que c'est la plus difficile ou pas ? Parce qu'on n'a pas suffisamment de recul. En tout cas, nous, nos sollicitations par rapport à ces difficultés, elles sont deux fois plus importantes que par rapport à l'année dernière. Est-ce qu'il y a des filières qui sont plus touchées que les autres, Bruno Coquet ? On ne sait pas. Le point, c'est qu'à moins d'être dans un organisme de formation, on n'a pas de statistiques au fil de l'eau sur les filières au sens métier du terme ou au sens secteur d'activité du terme.

Ce que l'on sait, c'est que le ralentissement que l'on a observé depuis le début de l'année, il a plus touché les apprentis qui préparent un diplôme de l'enseignement supérieur que les apprentis bac et infrabac qui, eux, se sont plutôt maintenus en termes d'embauche. Ça, on peut dire ça. Et vous avez une explication ou pas là-dessus ?

La réduction des aides, l'absence de visibilité, on a les droits de doigts et tout ça, mais il faut bien avoir conscience que les annonces qui ont été faites au mois d'avril par la ministre, elles mettent les organismes de formation, les employeurs, etc., dans une grande incertitude face au niveau de prise en charge, c'est-à-dire combien seront payés les organismes de formation pour une formation donnée. Et il devait y avoir une étape en septembre qui n'a pas commencé et tout ça est censé atterrir dans une certaine confusion au mois de mai prochain. Et donc, du coup, et tout doit être... Ça paraît très loin.

Ça paraît très loin, mais surtout, c'est très important pour avoir en visibilité la rentrée. Il faut avoir en tête que 75% des entrées d'apprentissage, les trois quarts, se font entre août et octobre, et principalement en septembre, naturellement. Et donc, du coup, la cadence est quelque chose d'extrêmement important et donc, tout le monde est dans l'incertitude, en particulier dans ce secteur, puisque les règles vont changer. C'est annoncé et l'annonce n'est pas très claire sur ce qu'il va arriver. Laurent Munreau ? Oui, je crois qu'il ne faut pas croire que l'apprentissage est lié au monde du travail et à l'offre d'emploi qu'il y a sur le marché du travail.

Et l'incertitude n'est jamais bonne. Et l'incertitude, elle a été là. Je voudrais dire, par rapport à... On n'a pas de chiffres, c'est vrai, mais on en a quelques-uns quand même. Au début du mois de septembre, nous, à ce qui concerne l'OPCOEP, qui est l'OPCO des entreprises de proximité, on notait une baisse de 9% des nombres de contrats enregistrés. Là, aujourd'hui, on n'est plus qu'à à peine 3. Donc, c'est en train de se rattraper. Ça a été l'avis aussi de CMA France, qui sont les CFA de chambre de métier, qui, aujourd'hui, ont bien vu un rattrapage. Donc, c'est vrai que ça concerne des métiers de l'artisanat un peu plus spécifiques, un peu moins ceux des études supérieures.

Mais en même temps, j'ai envie de dire, pardon, les études supérieures, souvent, ce sont des gens qui travaillent dans des grosses entreprises. Et eux, ils ont peut-être moins de réticences à embaucher des apprentis. Est-ce qu'ils ont une assise financière plus large ? Vous voyez ce que je veux dire, Bruno Poquet ? Oui, surtout si c'est avantageux en termes de coût du travail. Mais ça existe depuis très longtemps. Des grandes entreprises qui embauchent des apprentis du supérieur, il y en a depuis très longtemps.

Mais pour compléter ce que dit Laurent Munreau, il y a une petite difficulté, c'est qu'on ne sait pas estimer les étudiants qui ont fait des études supérieures et qui les complètent par un CAP ou un BEP, en boucherie, en boulangerie, ou je ne sais quoi, pour se spécialiser dans leur domaine. Et donc, du coup, on a du mal à apprécier aussi le profil des gens. Alors, immédiatement en particulier, mais c'est vrai aussi pour l'année dernière. Donc, on manque un peu de données quand même. Bonsoir Sébastien. Bonsoir. Soyez le bienvenu sur France Inter, nous vous écoutons.

22:19
Invité

Oui, donc je suis Sébastien Godard, je suis pâtissier à Paris et depuis de nombreuses années, on a des apprentis dans notre équipe. J'ai l'impression, en fait, c'est mon impression que je vais partager avec vous, on a de plus en plus de profils qui correspondent de moins en moins à nos réels besoins. Notamment, notre métier qui est un métier clairement manuel. J'ai l'exemple d'un jeune homme que j'ai rencontré la semaine dernière, vendredi dernier, qui cherche une alternance. Il a fait un bac boulanger-pâtissier donc en trois ans. Ensuite, il est en train de vouloir faire une spécialisation, une mention complémentaire en pâtisserie-boutique.

Je me retrouve avec un candidat qui va coûter à l'entreprise dans les 1000 euros à peu près par mois alors qu'il n'a qu'en trois années fait six mois de stage et je suis large. C'est-à-dire qu'il a très peu de pratique. Donc, j'ai l'impression qu'on vend aux enfants et aux élèves, aux jeunes gens de plus en plus aller plus loin, faire plus de mentions, apprendre plus de métiers, plus de choses, rester plus longtemps à l'école. Je pense que ça rassure aussi les parents.

Mais quand ils arrivent sur le marché du travail, en fait, moi, je me retrouve face à des gens qui n'ont pas d'expérience du tout d'entreprise alors qu'ils vont chercher quelque part un salaire qui est déjà un salaire qui coûte à l'entreprise puisqu'il va être absent deux semaines par mois. C'est-à-dire que globalement, si je fais, je tire le trait un peu grossièrement, c'est-à-dire qu'il va coûter 2000 euros à l'entreprise puisqu'il va être absent deux semaines par mois.

23:43
Locuteur non identifié

Laurent Munreau, là, on est en plein dans votre secteur, on est dans l'artisanat, on est dans la pâtisserie et Sébastien nous dit les apprentis, aujourd'hui, ils ont de plus en plus de profils qui ne correspondent pas aux besoins. Oui, parce que dans certains métiers, on était habitués à avoir vraiment des tout jeunes et qu'on prenait avant leur majorité pour faire. Et puis maintenant, comme ça a été dit, on voit de plus en plus de gens qui viennent pour faire des spécialisations, qu'on fait d'autres diplômes avant et qui viennent après un baccalauréat et qui viennent s'insérer dans un métier où on avait l'habitude de prendre des gens, comme je le disais, mineurs.

Et du coup, ça coûte plus cher à l'entreprise. L'adaptabilité est moins grande au métier parce qu'ils ont déjà une idée de ce qu'ils veulent faire et ils ne sont pas moins adaptables, moins souples. Oui, parce qu'ils ont eu déjà des expériences et puis ils arrivent avec un background qui est différent de ce qu'on connaît. Et du coup, c'est un peu plus difficile. C'est un conflit de génération.

Mais moi, je pense quand même que du coup, c'est profitable à nos métiers aussi parce qu'on a des gens qui ont un peu plus de maturité, un peu plus de connaissances générales et qui viennent dans des métiers comme la pâtisserie ou comme tous les métiers de l'artisanat et qui vont certainement avoir la volonté de devenir chef d'entreprise, de faire monter en compétence leur expérience. Sébastien, vous souhaitiez réagir ? Oui,

25:17
Invité

parce qu'en fait, effectivement, ils sont, et on est ravi d'avoir des gens qui ont effectivement plus de maturité, tout ça. Le problème, c'est qu'ils ne trouvent pas d'employeur pour les raisons que j'ai exprimées, des raisons qui sont des raisons financières, des raisons de rentabilité de l'entreprise. Moi, j'ai un parcours atypique parce que j'ai commencé le métier en 88. j'ai passé un bac économique avant. Moi-même, fils de pâtissier, j'ai un parcours, voilà, mes parents, c'était bac, passe son bac d'abord, ce que j'ai fait, et ensuite, j'ai travaillé dans très belles maisons à Paris, j'ai appris le métier, donc à l'époque, ça fonctionnait.

Aujourd'hui, ce genre de profil-là ne trouve pas d'employeur parce qu'il coûte trop cher et il ne correspond pas à un réel besoin. Il y a une inadéquation entre l'offre et les besoins et la demande de la profession, il semble.

25:58
Locuteur non identifié

Mais ça, vous pensez que c'est

26:03
Invité

qu'on les pousse souvent à aller plus loin et je trouve ça très bien d'avoir des jeunes gens qui parlent anglais, parce qu'on est amené à avoir des collaborateurs qui viennent, qui sont étrangers, donc c'est formidable. On est ravis de ça, on est ravis d'avoir des gens plus compétents, plus instruits, plus cultivés. Cependant, ces profils-là, on y regarde à deux fois parce qu'on se dit « Oui, très bien, mais on ne va pas lui demander de parler anglais, on va lui demander de faire des gâteaux. » Il ne sait pas en faire. Et voilà.

26:26
Locuteur non identifié

Oui, merci pour votre témoignage Sébastien Baptiste. Sébastien ? Ça m'inspire beaucoup de choses. Deux éléments. Le premier, déjà, c'est une question aussi de préparation des jeunes à l'entrée en apprentissage. Ce n'est pas une voie de formation classique, ça sort de l'ordinaire, ça demande effectivement à se préparer à l'entrée dans le monde du travail qui est un monde différent du monde scolaire qu'ils ont pu connaître tout au long de leur scolarité, de leur jeunesse. Mais qui l'a fait cette préparation ? En fait, c'était financé il y a quelques temps, ça s'est arrêté il y a un an, ça s'appelait la prépa-apprentissage.

Ça a présenté de très beaux résultats par rapport justement à cette période pré, donc en anticipé de la période, enfin du moment où le jeune rentrerait en contrat dans une entreprise de manière officielle. Donc, il y avait une phase d'accompagnement en amont des jeunes pour justement les préparer à l'entrée dans le monde du travail.

Mais pour des raisons économiques et pour des raisons économiques encore cette année, on vient encore taper sur l'apprentissage, on vient encore supprimer des aides et des outils qui apportent finalement un vrai bénéfice parce que je reviens aussi sur un des éléments, c'est que l'apprentissage, c'est quand même trois parties prenantes, un CFA, une entreprise et un apprenti. Il n'y a pas d'apprentissage s'il n'y a pas d'apprenti. Donc, donnons-leur autant de clés et de moyens de pouvoir réussir leur parcours justement en les préparant au mieux avant en tout cas d'entrer dans les entreprises.

J'ai bien conscience que les entreprises ont aussi une rentabilité, une question budgétaire pour faire fonctionner en tout cas leur entreprise. Mais l'apprenti, ça reste un être humain, ça reste un jeune qui n'a peut-être pas tous les codes de l'entreprise et le principe de l'apprentissage, c'est justement d'être accompagné. L'accompagnement, M. Munro le disait tout à l'heure, c'est le but de l'apprentissage et là-dessus, je le rejoins à 100%, les employeurs ont ce rôle d'accompagner les jeunes.

Donc formons, ou en tout cas incitons peut-être davantage à former les maîtres d'apprentissage pour qu'ils aient conscience qu'un apprenti, ce n'est pas un stagiaire, ce n'est pas un salarié lambda et qu'il faut donner en tout cas les moyens aussi aux employeurs de peut-être se former pour que l'accompagnement en tout cas soit de qualité. Bonsoir Alban.

28:50
Invité

Oui, bonsoir Fabienne, bonsoir à tous. Je suis à Jean-Marie Ricta, le délégué national de la FNADIR qui est la fédération des directeurs de CFA, des directrices. Je suis heureux d'entendre Baptiste réagir à l'instant, notamment sur la prépa et l'apprentissage. Mon intervention, c'était effectivement pour remettre au centre de discussion la notion de coût et puis la notion d'investissement. On aimerait vraiment, là je parle pour les CFA, qu'enfin, une bonne fois pour toutes, l'apprentissage soit étudié suivant le spectre de l'investissement qu'il représente pour l'avenir du pays.

C'est l'avenir économique, c'est l'avenir social aussi et l'avenir des jeunes et des familles qui est remis en cause aujourd'hui sur les dernières décisions qui sont en train potentiellement de passer via le PRF. C'est vraiment important parce que si on est dans ce raisonnement uniquement hyper court-termiste, on passe à côté de l'essentiel et de toute la valeur que porte l'apprentissage en tant qu'outil comme l'ont témoigné les deux jeunes qui ont parlé en entrée d'émission.

C'était vraiment probant et c'est vraiment ce que représente ce que doit être l'apprentissage, cette autre façon d'apprendre qui est vraiment un outil encore une fois hyper puissant en matière d'éducation, de formation et d'insertion professionnelle. mais c'est ce triptyque-là qui porte les choses. Et puis je rejoins ce que disait aussi Baptiste Alastan en parlant de cette nécessité d'intégration totale des trois parties de l'apprentissage et ça qui crée la valeur, c'est-à-dire apprenti, CFA et puis entreprise. Quand les trois parties sont réunies dans ce parcours de formation, c'est là qu'on atteint vraiment ce niveau qualitatif exceptionnel qui a été décrit en toute entrée d'émission.

30:36
Locuteur non identifié

Et j'imagine que vous aussi vous déplorez la disparition de cette prépa apprentissage ?

30:42
Invité

Tout à fait. C'est quelque chose qu'on a porté à différentes entreprises encore même l'an dernier. Alors on ne baisse pas la garde. Encore une fois, on est vraiment sur un sujet qui est crucial. La question se pose résiduièrement avec le gouvernement sur ce sujet. et l'ensemble des acteurs est d'accord pour dire que cette prépa apprentissage est quand même quelque chose de très important pour remettre sur la bonne voie des jeunes qui souvent étaient sans solution comme le décrivait Baptiste tout à l'heure.

31:19
Locuteur non identifié

Laurent Munreau souhaiterait agir. Oui, oui. Moi, je crois qu'il y a un jeune tout à l'heure qui a parlé des WorldSkills qui était vraiment un événement. C'est les Jeux Olympiques des métiers qui sont une belle vitrine des métiers des jeunes. Ça redonne confiance dans les jeunes parce que souvent on nous dit ces jeunes ils n'ont plus envie de bosser. Là, franchement, c'est des compétiteurs qui sont là. Il y a eu des milliers de collégiens, de lycéens qui sont venus visiter qui ont pu voir sur pied ce qu'on faisait dans des métiers. Et je pense que c'est bien la problématique de l'orientation qui est mise en avant aujourd'hui.

ce qui est un peu dit là, c'est-à-dire qu'on n'a pas assez travaillé. Et moi, j'avoue que quand je lis le PLF 2026 ou le projet de loi de finances, je suis un peu déçu et en colère qu'on ne soit pas aussi attentif à la jeunesse aujourd'hui qu'on considère que l'apprentissage c'est juste une ligne budgétaire. Ça coûte cher. On va rayer d'un trait un milliard, on trouve que ça coûte cher. Mais ces jeunes-là, ils seront toujours là et ils ne seront pas en apprentissage. Ils seront peut-être en lycée professionnel parce qu'ils n'auront pas trouvé d'emploi et l'air et ils seront peut-être au RSA parce qu'ils n'auront pas trouvé de boulot. Bruno Coquet, ça coûte cher les aides de l'État.

On est à plus de 3 milliards et ils voudraient descendre à 2 milliards. Alors, le coût total de toutes les aides publiques qui passent par différents canaux, que ce soit la prise en charge des frais de formation, les exonérations de cotisations pour l'apprenti, pour l'employeur, les aides à l'embauche, etc. Au total, ça fait à peu près 25 milliards par an cette année. Ah oui, c'est colossal. Oui, et surtout, c'est... Mais il n'y a pas que l'apprentissage là-dedans. Si. Surtout, il faut le ramener à quelque chose qu'on connaît. Donc, l'apprentissage tout niveau confondu, y compris bac et infrabac, c'est donc à peu près 25 000 euros par apprenti et par an.

C'est deux fois plus qu'un étudiant du supérieur en moyenne. Donc, du coup, il y a un sujet de financement public. On ne peut pas dire qu'on va continuer comme ça. Mais est-ce qu'on pourrait faire autrement ? Est-ce qu'il y a des pistes ? Est-ce que vous, par exemple, vous avez des pistes ? Il faut atterrir. Donc, il faut atterrir proprement. Donc, comme tout le monde en a profité de cette promotion en tête de gondole... Qui en a profité ? Les apprentis, les employeurs, le gouvernement, les organismes de formation. Tout le monde. Donc, pourquoi ? Parce que c'était survitaminé en termes de fonds publics. Il faut retirer des choses quelque part.

Le gouvernement a commencé par retirer un peu sur l'aide à l'embauche par rapport au plan de relance qui n'est pas tout à fait satisfaisant. Je l'ai dit tout à l'heure en termes d'équilibre. Mais bon, il a commencé par là. Il a aussi discipliné un peu la prise en charge des frais de formation. Et ça, il va continuer de le faire. Il y avait quelque chose qui était atypique dans l'apprentissage. C'était les exonérations de cotisations sociales et de CSG CRDS pour l'apprenti. C'est le seul statut qui offrait ça. Alors que l'apprenti, il a tous les droits d'un salarié et d'un étudiant. L'apprenti risque d'y perdre. Les mêmes droits.

D'ailleurs, il faut avoir en tête que quand même 20% des apprentis s'inscrivent à l'assurance chômage. Donc, du coup, on a un sujet et il faut forcément diminuer. Donc, il faut se mettre d'accord sur où est-ce qu'on peut atterrir proprement. Comme je disais tout à l'heure, le risque aujourd'hui, c'est d'éviter le plan social dans les organismes de formation. C'est ça le gros risque. J'aimerais bien juste qu'on finisse sur les abus et j'ai envie d'entendre Emmanuel rapidement. Bonsoir Emmanuel.

34:41
Auditeur

Oui, bonsoir. Merci de votre émission. J'ai essayé d'être concise. Oui. Alors, en fait, moi j'ai une double casquette puisque j'ai pris des alternants dans mon entreprise mais j'ai aussi été et je suis encore intervenante dans des écoles qui forment nos jeunes et notamment dans certaines écoles

35:06
Locuteur non identifié

qui forment Oui, est-ce que vous pouvez raccourcir Emmanuel ? Dites-nous ce qui vous inquiète en fait. On parlait d'abus.

35:11
Auditeur

Ce qui m'inquiète c'est que la formation n'est pas au rendez-vous qu'en fait il y a des aides qui sont données à des entreprises en fait publiques qui forment les jeunes mais qui s'arrangent pour systématiquement y voir leur propre intérêt et pas l'intérêt de la formation et que donc en fonction du nombre d'inscrits potentiellement c'est le volume de formation qui est ajusté.

35:39
Locuteur non identifié

J'ai compris. Excusez-moi Emmanuel je vais compléter votre question avec Will qui nous a laissé un message sur WhatsApp et qui dit il y a aussi beaucoup d'organismes bidons qui existent seulement pour absorber la dotation de l'État en passant le montant disponible sur le compte de formation vous confirmez Bruno Coquet il y a aussi des abus dans ce domaine quand même.

Je lis la presse j'écoute le problème c'est qu'il y a trop d'argent quand il y a trop d'argent déjà si vous diminuez l'argent une grande partie de ces gens-là va disparaître l'enjeu est parmi les organismes de formation qui restent il faut faire attention à ce que les restrictions ne touchent pas ceux qui sont les plus sérieux et qui donnent des diplômes qui permettent la meilleure insertion professionnelle c'est ça toute la difficulté donc il faut faire un travail sur la qualité comme on dit de formation etc mais en tout cas avec moins d'argent public il y aura moins de il y aura moins d'abus voilà merci à vous tous merci d'avoir participé à ce débat Bruno Coquet Laurent Munreau et Baptiste Martin qui étaient en duplex de chez nos amis d'ici Pays d'Auvergne merci d'avoir participé à ce débat merci d'avoir regardé