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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 16 mars 2023 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Raphaël Schellenberger - Nucléaire : qui est responsable du naufrage? #cdanslair l'invité 15.03.2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14ComplaisanteRéponse directe

    Merci d'avoir accepté cette invitation.

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Vous êtes député Les Républicains du Haut-Rhin, président de la commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique en France.

  • 0:42OuverteRéponse directe

    150 heures d'audition qui vous ont parfois mis en colère.

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Racontez-nous ces conditions dans lesquelles les décisions ont été prises.

  • 1:45RelanceRéponse partielle

    C'est vrai ? Ou à oublier même ?

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Ségolène Royal qui ne se souvient pas d'avoir soutenu l'idée qu'il était possible de fermer tous les réacteurs en 40 ans.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Locuteur non identifiéFait
    « les Français cet hiver ont payé le prix d'un certain nombre de décisions qui ont été prises, je dirais, ces dix dernières années, peut-être parfois un peu plus. »
  • 1:13Locuteur non identifiéFait
    « sur un coin de table, c'est notamment la question de savoir si on réduit à 50% la part du nucléaire dans notre mix électrique, qui était une décision qui n'avait pas été évaluée »
  • 1:36Locuteur non identifiéFait
    « À la limite, c'est la responsabilité du politique. »
  • 1:50PrésentateurFait
    « Ségolène Royal qui ne se souvient pas d'avoir soutenu l'idée qu'il était possible de fermer tous les réacteurs en 40 ans. »
  • 1:56PrésentateurFait
    « Nicolas Hulot qui ne se souvient pas, devant votre commission, d'avoir lu un rapport secret défense qui recommandait de construire 6 réacteurs avant la catastrophe. »
  • 2:13Locuteur non identifiéFait
    « Moi, je pense que c'est des politiques qui fuient face à leur responsabilité. »
  • 3:35Locuteur non identifiéFait
    « C'est la première fois que des chefs d'État viennent s'exprimer devant une commission d'enquête parlementaire. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Je n'avais aucune raison de faire un mea culpa. »
  • 4:26Invité politiqueFait
    « En 2011, il y a eu la catastrophe de Fukushima. À ce moment-là, des pays qui nous sont proches, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et d'autres, sont sortis purement et simplement du nucléaire. »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « Candidat à la présidence de la République, même s'il y avait un accord entre le PS et les Verts, j'ai considéré que la France ne pouvait pas sortir du nucléaire, ne devait pas sortir du nucléaire et qu'elle devait garder une part substantielle dans la production d'électricité du nucléaire. »
  • 5:11Locuteur non identifiéChiffre
    « Dans le programme de François Hollande, il y avait des décisions réduire à 50% la part de l'électricité nucléaire qui conduisaient de facto, si on doit ramener de 75% à 50%, à la fermeture de 24 réacteurs. »
  • 5:34Locuteur non identifiéFait
    « François Hollande a été incapable de fermer Fessenheim. »
  • 6:23PrésentateurFait
    « Est-ce que vous êtes rassurée ou est-ce que c'était flou ? »
  • 7:23PrésentateurChiffre
    « est-ce que vous trouvez crédible l'engagement du chef de l'État de dire on va relancer la filière nucléaire, 6 EPR d'ici à 2050 ? »
  • 9:30Locuteur non identifiéFait
    « Les fissures dont vous parlez, c'est simplement l'application de la politique de sûreté française. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié52 %
  • Présentateur44 %
  • Raphaël Schellenberger5 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Mon invité aujourd'hui est Raphaël Schellenberger. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes député Les Républicains du Haut-Rhin, président de la commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique en France. 150 heures d'audition, vous avez reçu des responsables politiques des anciens premiers ministres. Et là, jeudi, vous allez recevoir et entendre les explications de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. 150 heures d'audition qui vous ont parfois mis en colère.

0:42
Locuteur non identifié

Évidemment, parce qu'on le voit bien, les Français cet hiver ont payé le prix d'un certain nombre de décisions qui ont été prises, je dirais, ces dix dernières années, peut-être parfois un peu plus. Et on sent aujourd'hui qu'ils payent ce prix et cette colère en la porte quand on voit les conditions dans lesquelles certaines décisions ont été prises, les raisons aussi pour lesquelles elles ont été prises.

1:01
Présentateur

Ces conditions dans lesquelles les décisions ont été prises, c'est-à-dire des décisions qui engageaient l'avenir énergétique de la France, et qui ont parfois été prises, comme l'a dit Arnaud Montebourg notamment, sur un coin de table. Racontez-nous.

1:13
Locuteur non identifié

Alors, sur un coin de table, c'est notamment la question de savoir si on réduit à 50% la part du nucléaire dans notre mix électrique, qui était une décision qui n'avait pas été évaluée, ou en tout cas pour laquelle l'administration française, les fonctionnaires avaient émis des alertes en disant « attention, ça va être difficile, ça n'est pas évident de mettre ce genre de décision en œuvre ». Et puis, le politique a décidé quand même de les prendre. À la limite, c'est la responsabilité du politique. Le problème, c'est que ce qui est un peu agaçant, énervant, c'est que les politiques qui ont pris ces décisions ont une fâcheuse tendance à ne pas assumer.

1:45
Présentateur

C'est vrai ? Ou à oublier même ? Je vais faire un petit résumé, 150 heures d'audition, je le redis. Ségolène Royal qui ne se souvient pas d'avoir soutenu l'idée qu'il était possible de fermer tous les réacteurs en 40 ans. Nicolas Hulot qui ne se souvient pas, devant votre commission, d'avoir lu un rapport secret défense qui recommandait de construire 6 réacteurs avant la catastrophe. Dominique Boinet qui, elle non plus, ne se souvient pas comment fonctionnait Superphénix, qu'elle avait fait fermer. C'est de l'amnésie ? C'est de la mauvaise foi ? C'est quoi ?

2:13
Locuteur non identifié

Moi, je pense que c'est des politiques qui fuient face à leur responsabilité. On prend des décisions toute la journée. Quand on est élu, parfois des bonnes, parfois des moins bonnes, il faut être suffisamment humble pour reconnaître que parfois on se trompe. Et ce qui est énervant, et ce qui est profondément énervant pour nous, je pense pour la plupart des Français aussi, c'est de voir une partie de cette classe politique se défausser devant les responsabilités. Tous les Français, tous les Français ont entendu Ségolène Royal dire qu'il fallait fermer des réacteurs nucléaires. Devant la commission d'enquête, elle nous dit qu'elle ne se rappelle pas avoir prononcé ça.

C'est assez insupportable.

2:45
Présentateur

Et ça laisse quoi, justement, parmi les membres de la commission d'enquête ? C'est une forme d'amertume ? Comment est-ce que vous réagissez dans un cas comme celui-ci ?

2:53
Locuteur non identifié

Les auditions politiques, ce sont les dernières. On a fait beaucoup d'auditions de techniciens. On a fait beaucoup d'auditions de spécialistes des questions énergétiques. On a entendu les industriels, on a aussi entendu beaucoup d'espoir pour reconstruire une filière énergétique française. Et je crois que c'est ça qu'il faut regarder aujourd'hui. L'objectif que nous portons avec le rapporteur, avec la commission, c'est de poser les fondamentaux d'une stratégie énergétique forte pour l'avenir.

3:17
Présentateur

On va en parler de l'avenir, mais quand même, regardons ce qui s'est passé par le passé, justement, dans quelques jours. Jeudi, vous allez entendre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Qu'en espérez-vous ? Deux anciens chefs d'État devant une commission d'enquête parlementaire sur la stratégie énergétique française, en particulier sur la place du nucléaire.

3:35
Locuteur non identifié

C'est la première fois que des chefs d'État viennent s'exprimer devant une commission d'enquête parlementaire. Je m'en réjouis, parce que le débat actuellement démontre à quel point c'est un sujet majeur. La question, c'est à quel point ça a préoccupé les chefs d'État, sous Nicolas Sarkozy, sous François Hollande. Est-ce que c'était un sujet qui était traité à l'Élysée ? Si ce n'est pas le cas, c'est assez inquiétant. Vous l'avez la réponse à la question que vous posez ? On a déjà fait beaucoup d'auditions, on a une idée assez précise. Je crois que c'est un sujet stratégique qui doit être traité au plus haut niveau de l'État. Donc l'impulsion vient d'en haut.

Donc un certain nombre d'erreurs, peut-être, viennent aussi d'en haut.

4:11
Présentateur

Il faudra en tirer les leçons. Il y en a un qui le fait déjà et qui plaide quasiment non coupable. C'est François Hollande. On l'écoute, il était chez nos confrères de France Info hier.

4:21
Raphaël Schellenberger

Je n'avais aucune raison de faire un mea culpa. J'ai été élu en 2012, ça ne vous a pas échappé. En 2011, il y a eu la catastrophe de Fukushima. À ce moment-là, des pays qui nous sont proches, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et d'autres, sont sortis purement et simplement du nucléaire. Candidat à la présidence de la République, même s'il y avait un accord entre le PS et les Verts, j'ai considéré que la France ne pouvait pas sortir du nucléaire, ne devait pas sortir du nucléaire et qu'elle devait garder une part substantielle dans la production d'électricité du nucléaire.

4:54
Présentateur

Donc, il assume. Il assume l'accord avec les Verts et il assume d'avoir engagé la fermeture de Fessenheim. C'est dans votre circonscription, d'ailleurs, la centrale de Fessenheim. Mais il dit, au fond, on ne s'est pas trompé. On a tiré les leçons de Fukushima et on n'a pas totalement tourné le dos nucléaire.

5:11
Locuteur non identifié

Dans le programme de François Hollande, il y avait des décisions réduire à 50% la part de l'électricité nucléaire qui conduisaient de facto, si on doit ramener de 75% à 50%, à la fermeture de 24 réacteurs. Alors, j'entends que ces réacteurs n'ont pas été fermés. C'est quand même ce signal-là qu'il a donné. Et en donnant ce signal-là, il a obligé la filière à se battre contre cette décision. Non, c'est vrai, François Hollande a été incapable de fermer Fessenheim. Parce que la réalité, ce n'est pas qu'il n'a pas fermé Fessenheim. C'est que la filière nucléaire française, la filière énergétique française, ne s'est pas laissée faire.

Et que face à cette résistance de la filière, il n'a pas réussi à faire fermer Fessenheim.

5:49
Présentateur

Mais ce n'est pas un problème, ça, une filière qui résiste à une décision politique qui vient d'en haut, comme vous disiez tout à l'heure, à savoir du président de la République ?

5:56
Locuteur non identifié

Alors, d'un point de vue politique, peut-être. C'est pour ça que moi, je n'en veux pas aux politiques d'avoir des idées. Mais ce qui me dérange, c'est quand il n'assume pas les conséquences des propositions qu'il porte.

6:06
Présentateur

Est-ce que la première ministre que vous avez reçue aussi, Elisabeth Borne, vous a rassurée sur la stratégie énergétique française, alors même que la règle des 50% de plafond de production d'électricité via le nucléaire va disparaître ? Est-ce que vous êtes rassurée ou est-ce que c'était flou ?

6:23
Locuteur non identifié

Je pense que l'audition d'Elisabeth Borne était, dans les politiques en responsabilité, sûrement la plus floue, la plus dérangeante. On a bien senti, elle a été ministre de l'Environnement. C'est elle qui a fermé Fessenheim formellement. Elle s'en félicitait à l'époque. Elle s'en félicitait. Elle a été la directrice de cabinet de Ségolène Royal. D'ailleurs, elle conteste une scène qui a été rapportée par Arnaud Montebourg, qui nous dit, en tant que directrice de cabinet, elle est venue à une réunion avec une liste de 24 réacteurs à fermer. Et aujourd'hui, elle se trouve devoir porter un nouvel élan pour le nucléaire, un nouveau chantier. On sent bien qu'elle n'est pas à l'aise.

On le sent notamment, dans une absence de sincérité, de se donner les moyens de restructurer ce qui est l'essentiel. C'est une filière industrielle. Si le nucléaire est si important en France, c'est parce que nous disposons de toute la filière, depuis l'extraction de l'uranium dans les mines, jusqu'à la déconstruction du central, nous savons tout faire en France.

7:15
Présentateur

Avec aujourd'hui la connaissance qui est la vôtre, après avoir auditionné à la fois des techniciens et des politiques, comme vous nous l'avez dit, est-ce que vous trouvez crédible l'engagement du chef de l'État de dire on va relancer la filière nucléaire, 6 EPR d'ici à 2050 ? Est-ce qu'on est capable, la France est encore capable de prendre ce tournant-là ?

7:32
Locuteur non identifié

On en est capable. Et je crois que c'est une de ces grandes chances qu'a la France, c'est que malgré ces 10 années où les signaux politiques ont attaqué le nucléaire, on a encore une filière électrique et nucléaire qui est forte, qui est présente dans tous les territoires de France, avec des belles industries, souvent des vieilles usines. J'étais au Creusot il n'y a pas longtemps. Voir à quel point c'est formidable, ce savoir-faire d'artisanat quasiment, de construire des centrales nucléaires.

7:59
Présentateur

Ce savoir-faire d'artisanat, mais on le verra dans un instant, puisque nous allons revenir sur le sujet avec les experts de C'est dans l'air. On verra qu'en France, il manque aujourd'hui de soudeurs, justement pour réparer même parfois ces centrales-là. Ce savoir-faire, on l'a un peu perdu aussi. Vous l'avez constaté au moment de ces auditions, une forme de colère de certains responsables qu'on a entendus.

8:18
Locuteur non identifié

C'est des métiers qui ont été peut-être mal présentés, dévoyés. Quand pendant 10 ans on a dit qu'il ne faut pas travailler dans le nucléaire, les gens n'ont pas envie d'aller travailler dans le nucléaire. Donc c'est un peu logique la situation dans laquelle on se trouve, mais moi j'ai espoir, je crois que les Français ont compris la chance que représente le nucléaire.

8:33
Présentateur

C'est un vrai tournant où c'est la mode. Il y a le moment de l'atome, le moment où on tourne le dos à l'atome, le moment où les contraintes écologiques semblent antinomiques à celles de l'atome et puis finalement se retrouvent. On est dans quel moment là ? C'est une bascule ?

8:45
Locuteur non identifié

On est dans un moment où le juge de paix, ce sont les Français, c'est le peuple français à la fin. Et moi ce que je sens, c'est l'attention que les Français ont eue sur les travaux de notre commission d'enquête, qui ont été très suivis pour des travaux généralement un peu confidentiels du Parlement. Et c'est toute l'espérance qu'il y a dans ce renouveau de filière.

9:02
Présentateur

Ils sont puissants les lobbies dans la filière ?

9:04
Locuteur non identifié

Moi je ne crois pas à des lobbies, c'est une filière industrielle française, elle a des intérêts à défendre, on a aussi beaucoup de contrôles et de contrôles publics sur cette filière.

9:14
Présentateur

Un mot sur la sûreté nucléaire. Et est-ce qu'après avoir fait toutes ces auditions, alors même qu'on a appris qu'il y avait des fissures dans certains éléments de certaines centrales, est-ce que vous êtes rassuré sur l'état des centrales françaises et sur la sûreté des centrales françaises ?

9:30
Locuteur non identifié

Les fissures dont vous parlez, c'est simplement l'application de la politique de sûreté française. On cherche en permanence s'il existe des défauts, donc on trouve, tant mieux, et en plus de trouver, on les répare. Et là où EDF a réussi un exploit dans l'année qui vient de s'écouler, c'est que EDF a réussi à réparer des choses dont on ne pensait pas être capable de faire il y a encore un an.

9:51
Présentateur

Donc l'audition de deux chefs d'État jeudi devant cette commission d'enquête parlementaire, naturellement vous y serez. Ça va être un moment de vérité, vous le pensez, vous le voyez, vous l'imaginez comme ça, très vite ?

10:04
Locuteur non identifié

Je l'imagine comme ça, je crois que les Français l'attendent.

10:06
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir été mon invité. Et vous savez quoi ? On poursuit sur ce sujet précisément, puisque c'est un enjeu majeur, vous nous l'avez dit, avec les experts de C'est dans l'air, nucléaire, fissures et règlements de comptes. A tout de suite. C'est dans l'air.