Front populaire, élections législatives, François Hollande - 28 juin 2024
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous avez de plus ou de mieux que Léon Blum ?
- 0:34ComplaisanteÉludée
Léon Blum, en 36, n'était pas au niveau de Manuel Bompard, de Clémence Greté ou de vous, Mathilde Pannot.
- 0:42OuverteRéponse partielle
On a l'impression qu'il est un peu hyper laxe, ce nouveau Front populaire.
- 1:15RelanceRéponse directe
Si vous gagnez le 8 ou le 9 juillet, c'est abrogé, la réforme des retraites ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Sur les retraites, la retraite à 60 ans, c'est un objectif ? C'est un engagement ?
- 2:17RelanceRéponse directe
Donc ça se fait dans les 5 ans de la mandature, c'est sûr et certain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04InvitéPromesse
« l'abrogation, l'annulation de la réforme des retraites à 64 ans immédiatement »
- 1:18InvitéPromesse
« Nous avons dit que nous le ferions avant, on va dire, le mois d'août »
- 1:33InvitéPromesse
« une rentrée totalement gratuite, avec une école réellement gratuite, notamment sur les fournitures, sur les déplaçants »
- 1:43InvitéFait
« La retraite à 60 ans, c'est ce qui figurait dans le programme de la NUPES, sur lequel les 151 députés de la NUPES ont tous été élus. »
- 2:14InvitéPromesse
« nous avons fait un serment avec les 151 députés de la NUPES d'aller effectivement vers un objectif de la retraite à 60 ans. »
- 3:00InvitéFait
« le programme que nous avons fait cette fois-ci, qui est un programme des 100 jours, qui est la suite de ce que nous avions fait avec le programme de gouvernement de la NUPES, est aussi un programme de rupture à ce qu'a fait François Hollande dans son calquennat »
- 5:00InvitéFait
« Le danger de l'extrême droite est à nos portes. Et pour beaucoup de gens, c'est une question de vie ou de mort que d'empêcher l'accession du pouvoir de l'extrême droite. »
- 5:17InvitéFait
« Pour les femmes, comme en Pologne, où six femmes sont mortes du fait de la quasi-interdiction de l'avortement. »
- 5:31InvitéFait
« l'extrême droite propose de remigrer comme leurs alliés de l'AFD ou d'enlever leur double nationalité. »
- 6:02InvitéFait
« la gauche est diverse, elle est plurielle. Et moi, je suis fière d'avoir aussi des forces antifascistes dans notre nouveau Front populaire. »
- 6:57InvitéPromesse
« nous voulons enlever le contrat d'engagement républicain. »
- 7:13InvitéPromesse
« si c'était que moi, je l'abrogerais totalement. »
- 8:55PrésentateurChiffre
« vous proposez un SMIC à 1 600 euros net par mois, vous augmentez 10% le point d'indice des fonctionnaires »
- 9:10InvitéPromesse
« nous, on propose une caisse de péréquation, c'est-à-dire que les grandes entreprises alimentent cette caisse de péréquation pour pouvoir aider les très petites et moyennes entreprises. »
Temps de parole
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Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Bonjour et bienvenue dans Les 4V, Mathilde Pallot. Qu'est-ce que vous avez de plus ou de mieux que Léon Blum ?
Je pense que Jean-Luc Mélenchon parlait simplement de l'expérience parlementaire que nous avons avec Manuel Bompard, comme lui eurodéputé puis ensuite député à l'Assemblée nationale. C'est un clin d'œil, parce qu'il a dit... Effectivement, c'était la seule chose que voulait dire Jean-Luc Mélenchon, puisque Léon Blum, lui, n'avait pas à ce moment-là d'expérience parlementaire.
Léon Blum, en 36, n'était pas au niveau de Manuel Bompard, de Clémence Greté ou de vous, Mathilde Pannot. On va parler de ce nouveau Front populaire et de son programme, mais quand même une impression, pour commencer, de Philippe Poutou à François Hollande, on a l'impression qu'il est un peu hyper laxe, ce nouveau Front populaire.
Alors, ce nouveau Front populaire, et nous, nous avons passé beaucoup d'heures et notamment d'heures de négociations dessus, il est basé sur un programme. C'est la chose qui permet d'avoir une cohérence politique et une cohésion politique dans ce que nous construisons. Donc nous avons un programme des 100 jours, avec des mesures immédiates, comme par exemple l'abrogation, l'annulation de la réforme des retraites à 64 ans immédiatement, l'augmentation des salaires, la reconnaissance...
Immédiatement, ça veut dire que l'élection a lieu le 7 juillet. Si vous gagnez le 8 ou le 9 juillet, c'est abrogé, la réforme des retraites ?
En tout cas, le plus rapidement possible. Nous avons dit que nous le ferions avant, on va dire, le mois d'août, avec aussi la reconnaissance de l'État de Palestine, comme l'ont fait déjà la majorité des pays dans le monde qui siègent à l'ONU, pour avancer vers la paix, et une rentrée totalement gratuite, avec une école réellement gratuite, notamment sur les fournitures, sur les déplaçants.
On va y aller point par point, parce que sur les retraites, la retraite à 60 ans, c'est un objectif ? C'est un engagement ? C'est une promesse ? C'est quoi ?
La retraite à 60 ans, c'est ce qui figurait dans le programme de la NUPES, sur lequel les 151 députés de la NUPES ont tous été élus. Et lorsqu'il y a eu la bataille sur la réforme des retraites contre la réforme des retraites à 64 ans d'Emmanuel Macron, nous avons fait, à la suite de notre échec, alors que l'immense majorité du peuple est contre cette réforme, et que l'Assemblée nationale, je le rappelle, n'a jamais voté sur cette réforme, qu'on nous a empêché ensuite de l'abroger à l'Assemblée nationale, nous avons fait un serment avec les 151 députés de la NUPES d'aller effectivement vers un objectif de la retraite à 60 ans.
Donc ça se fait dans les 5 ans de la mandature, c'est sûr et certain ?
Le plus rapidement possible. Écoutez, on a fait les 100 premiers jours immédiatement, en ayant appris il y a seulement une semaine qu'il y aurait une dissolution et donc des élections législatives. Mais oui, je souhaite que le plus rapidement possible, on arrive à la retraite à 60 ans pour toutes et tous.
Je vais revenir quand même sur Jean-Luc Mélenchon et François Hollande. Hollande, c'est un pauvre type. La plus éminente médiocrité du PS des années 2000, il est totalement has-been, alors que le train de l'histoire passe, il reste taqué, je ne m'en plains pas. C'est un petit melting pot. Hollande sur Mélenchon. Mélenchon est un problème, c'est même le problème de la gauche. Il dit ça en octobre de 1993. Est-ce qu'ils peuvent gouverner ensemble ces deux-là ?
Écoutez, lorsque nous avons fait la NUPES, le programme qui avait été à ce moment-là créé, était un programme de rupture, y compris vis-à-vis de la mandature de François Hollande. Donc, le programme que nous avons fait cette fois-ci, qui est un programme des 100 jours, qui est la suite de ce que nous avions fait avec le programme de gouvernement de la NUPES, est aussi un programme de rupture à ce qu'a fait François Hollande dans son calquennat, qui avait alors créé une forme…
Donc, il va venir participer à un programme de rupture avec ce qu'il a fait il y a quelques années ? Oui, tout à fait. D'accord. Il pourrait être Premier ministre, lui ? C'est un débat possible pour vous ou pas ? Acceptable ou pas ?
Vous savez, chaque parti est libre des investitures qu'ils ont fait dans le cadre du nouveau Front populaire. Et je voudrais quand même dire que, comme lors de la NUPES, nous sommes face à un accord historique, puisque jamais, même en 1936, il n'y avait eu d'accord au premier tour des élections législatives.
C'est pour ça que vous êtes plus forte que Léon Blum. Mais est-ce qu'il pourrait être Premier ministre, François Hollande ?
Peut-être. Écoutez, je pense qu'il a un bilan derrière, qui a laissé, bon, avec un caquennat, qui a laissé quand même un goût amer à beaucoup d'électeurs et d'électrices. Donc, je ne crois pas, non, que François Hollande soit le candidat Premier ministre qui soit envisagé.
Donc, ça ne sera pas lui. Il y a une hypothèse qui laisse un peu votre alliance, c'est celle de voir Jean-Luc Mélenchon devenir Premier ministre. Il a ses supporters acharnés et il a ses détracteurs acharnés. Est-ce que vous pouvez affirmer qu'en cas de victoire du Nouveau Front Populaire, ce ne sera pas lui le Premier ministre ? Est-ce que vous pouvez dire non, ce ne sera pas lui ? Certainement pas.
Écoutez, vous savez, nous avons dit quelque chose de simple, sur lequel nous sommes d'accord. C'est d'ailleurs Olivier Faure qui l'a dit en premier. Nous avons dit que c'est le plus grand groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, à l'intérieur du Nouveau Front Populaire, qui proposera aux autres forces le nom d'un Premier ministre. Donc, nous verrons...
Donc, on contrait les petits bâtons. Si c'est la fille qui a le plus d'élus dans le groupe du Nouveau Front Populaire, c'est la fille qui choisira son Premier ministre ?
C'est quelque chose d'assez classique, vous savez, dans des régimes parlementaires. C'est le plus gros groupe de la majorité qui propose un Premier ministre. Justement, nous ne jouons pas à ça pour l'instant. Pour l'instant, nous devons gagner. Oui, par exemple, c'est pour ça que je vous dis ça. C'est que pour l'instant, je n'ai pas envie de diviser en mettant tel ou tel nom. Laissez-nous nous organiser. Nous venons d'apprendre, il y a une semaine qu'il y a eu une élection législative. Le danger de l'extrême droite est à nos portes. Et pour beaucoup de gens, c'est une question de vie ou de mort que d'empêcher l'accession du pouvoir de l'extrême droite.
Pour les femmes qui, comme en Pologne...
C'est pour ça que plus il y aura de clarté, plus on se rapporte en vote, on ne veut pas.
Oui, mais justement, notre clarté, c'est notre programme. Pour les femmes, comme en Pologne, où six femmes sont mortes du fait de la quasi-interdiction de l'avortement. Pour les personnes LGBT ou comme en Italie, pour les familles homoparentales, on a rayé le nom de la mère non biologique de l'acte de naissance des enfants. Ou évidemment, pour l'ensemble de nos concitoyens, que l'extrême droite propose de remigrer comme leurs alliés de l'AFD ou d'enlever leur double nationalité.
On va revenir à votre programme, mais j'ai encore une question, parce que dans chaque camp, il y a des candidats qui interrogent. On ne va pas revenir sur les frondeurs, Garido, Corbière et les autres. Vous êtes déjà largement expliqué sur le sujet. Mais j'aurais votre avis sur le cas de Raphaël Arnaud, militant d'extrême-gauche, antifa revendiqué, porte-parole du mouvement La Jeune Garde, fiché S et considéré comme dangereux par les services de police. Vous l'avez investi à Avignon dans le Vaucluse. Quel est le message que vous envoyez ? C'est une volonté d'assumer la radicalité ?
Alors, je pense qu'effectivement, parce que la gauche est diverse, elle est plurielle. Et moi, je suis fière d'avoir aussi des forces antifascistes dans notre nouveau Front populaire.
L'extrême-gauche assumée.
Il est antifasciste, voilà. Mais il est fiché S. Non, oui, bon, d'accord.
Mais c'est un problème ou pas ?
Non. Enfin, dans ce cas-là, je vous assure que non. Oui. Non, moi, je suis fière que nous ayons des candidats comme Raphaël Arnaud, comme Liesse Loufocq, qui est spécialiste des droits des enfants et qui alerte depuis des années sur l'état de l'aide sociale à l'enfance, alors que, notamment sur l'aide sociale à l'enfance, l'extrême-droite veut faire une préférence nationale, et c'est ce qui est ressorti de la loi de l'immigration. Je suis fière d'avoir Céline Verzeletti, qui est dirigeante syndicale, comme candidate, je suis fière d'avoir Sabrina Libénali comme médecin scientiste.
Donc c'est un choix assumé, c'est pas une boulette, c'est un choix assumé. Bien sûr. C'est un choix assumé.
Vous savez, on investit nos candidats en réfléchissant.
Vous avez cité la loi immigration, vous voulez l'abroger, la loi immigration, et celle sur le séparatisme, qu'est-ce que vous en faites ?
Eh bien, je crois que nous, nous voulons enlever le contrat d'engagement républicain. Nous avions d'ailleurs voté contre, ce n'est pas une surprise, nous avions voté contre la loi séparatisme à l'époque.
Et vous l'abrogez totalement, cette loi, ou vous en gardez une partie ?
Bon, on ira dans les détails avec les différents partis. Alors si c'était que moi, je l'abrogerais totalement. Mais en tout cas, ce qui est marqué dans le programme du nouveau Front populaire, c'est que nous abrogerons le contrat d'engagement républicain qui est extrêmement nuisible aux différentes associations et qui permet de mettre de la pression politique sur les subventions. Je rappelle que par ailleurs, il y a eu le scandale du fonds Marianne qui a été utilisé d'une manière qui ne correspondait pas du tout à l'objectif politique affiché.
Mais pour contrôler les associations avant des subventionnés, le délit de séparatisme qui punit de 5 ans quelqu'un qui s'en prend à un agent de service public, l'inscription du principe de neutralité religieuse,
tout ça, vous validez ou pas ? Non, mais ce n'est pas ça. Vous, vous donnez des principes généraux. Mais la réalité, c'est quoi du contrat d'engagement républicain ? C'est à la fin, par exemple, vous faites une manifestation, une grève avec un blocage quelque part, eh bien, on vous menace de rompre votre contrat d'engagement républicain. C'est, par exemple, le planning familial à qui on a menacé à un moment de rompre le contrat d'engagement républicain. C'est ça la réalité des choses. Donc c'est l'utilisation de la loi qui vous dérange ? Bien sûr, et c'est ce que nous avions pensé dès le départ. Donc nous voulons l'abroger, le supprimer.
Et la loi responsabilité pénale et sécurité intérieure, vous revenez aussi dessus ou pas ? Celle qui permet notamment l'utilisation des drones pour surveiller les manifestations ou surveiller les Jeux ?
Évidemment.
Donc il n'y a pas de drone pendant les Jeux Olympiques ?
Alors ça, en termes de... Je ne sais pas sur les Jeux Olympiques, comment... sur l'utilisation des drones pendant les Jeux Olympiques, mais sur les manifestations...
Dans un moment, si vous êtes au pouvoir dans 15 jours, c'est une question qui va falloir se poser.
Oui, mais sur les manifestations, vous entendez que nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'on utilise des drones sur les manifestations. Sur une grande manifestation internationale, peut-être faut-il l'utilisation des drones, je le mets de côté.
Donc vous ne pouvez pas abroger cette loi tout de suite, du coup, parce que c'est cette loi qui autorise...
Oui, enfin vous savez, on a tellement de choses à abroger et à faire de nouveau, que vous savez, on a du travail largement pour pouvoir l'étaler dans le temps.
Bon. Au point de vue économique, on va rappeler que vous proposez un SMIC à 1 600 euros net par mois, vous augmentez 10% le point d'indice des fonctionnaires, vous demandez aussi des augmentations de salaires, mais comment vous faites pour les faire grimper, les salaires ? Parce que les PME disent, et on l'entendrait avec François Asselin tout à l'heure que c'est l'invité d'Émilie, on ne peut pas faire, on ne sait pas faire.
Si, parce que nous, on propose une caisse de péréquation, c'est-à-dire que les grandes entreprises alimentent cette caisse de péréquation pour pouvoir aider les très petites et moyennes entreprises. Je vais vous dire, qu'est-ce qui fait l'activité économique, justement, des petites et moyennes entreprises ? Ce qui fait leur activité, c'est justement leur carnet de commandes. Et donc, lorsque vous augmentez les salaires, le point d'indice des fonctionnaires, eh bien de nouveau, vous relancez la consommation populaire. Et on le sait, c'est la consommation populaire qui est le vecteur, justement, de l'activité économique.
Attention, si on augmente les salaires petites, je parlais de 99% des PME en France, ils disent, si on augmente les salaires, on renchère le coût du travail, on est obligé d'augmenter nos prix, donc on relance l'inflation et la fin de l'augment de paire.
Non, ce n'est pas vrai. Regardez, même le FMI, ce n'est pas la France insoumise, même le FMI explique que la moitié de l'inflation, au moins plus même que la moitié de l'inflation, est due au profit des grandes entreprises. Donc, ce n'est pas, justement, le coût du travail qui a augmenté les choses. C'est parce qu'il y a des sur-profits qu'il y a une inflation plus forte. Et donc, il faut bloquer les prix, en plus d'augmenter les salaires.
Toute dernière question, en cas de victoire du RN sans majorité absolue, est-ce que vous seriez prête à un gouvernement de coalition pour empêcher le RN de gouverner en France ?
Écoutez, pour l'instant, mon enjeu, c'est de gagner. Et nous pouvons gagner avec le nouveau Front populaire. Le 30 juin et le 7 juillet, nous avons la force de gagner. Eh bien, je ne veux pas envisager le cas de victoire du RN. Voilà. Donc, pour l'instant, nous nous battons et nous allons gagner avec les 15 points de participation supplémentaires. Les gens, allez aux urnes, nous avons la force de tout changer. Merci beaucoup, Mathilde Panneau,
de nous dans les 4V. Bonne journée à vous. C'était les 4V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv. S'il vous a plu.