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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 7 décembre 2022 26 min

Indemnité carburant, coupures de courant, nucléaire et "piège" du RN... Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux et à ceux qui nous écoutent. La première ministre Elisabeth Borne a détaillé ce matin le dispositif qui va succéder à la ristourne à la pompe à partir du mois prochain. Ce sera un chèque de 100 euros destiné à 10 millions de français, ceux qui utilisent leur voiture pour aller travailler. Est-ce que c'est la bonne réponse ?

0:22
Olivier Faure

C'est mieux que si c'était pire. Effectivement, c'est une annonce bienvenue. Maintenant, je note aussi qu'elle ne concerne pas tous les français. Elle concerne d'abord ceux qui travaillent, elle ne concerne pas ceux qui sont au chômage et qui cherchent un emploi et qui ont besoin de se déplacer. Elle ne concerne pas les retraités. Et donc, il y a aussi des gens modestes qui auraient mérité cette aide. Et puis 100 euros, ça ne compense pas complètement les pertes que les français subissent chaque semaine quand ils font le plein de leur véhicule.

0:56
Invité

Pour ceux qui cherchent un emploi, Pôle emploi justement va renforcer son dispositif pour aider les demandeurs d'emploi à se déplacer eux aussi. La mesure coûte 1 milliard. Vous l'auriez élargie à qui d'autre ? Parce que ça coûte déjà très cher.

1:10
Olivier Faure

Ça coûte cher.

1:11
Invité

Et ça s'ajoute aux autres dispositifs, le bouclet tarifaire, le chèque énergie ?

1:15
Olivier Faure

Le chèque bois. Oui, ça coûte cher. Mais enfin, ça coûte cher surtout d'abord aux Françaises et aux Français qui subissent une inflation que vous connaissez. On dit qu'elle est de 6,2%. Ça, c'est la moyenne. La réalité, pour ceux qui ont une consommation qui est essentiellement vivrière, existentielle, c'est d'abord quoi ? C'est l'énergie et c'est l'alimentaire. Dans les deux cas, on est à 15% pour l'énergie, on est à 12% pour l'alimentaire. Et donc, ce sont des gens qui sont aujourd'hui étranglés par cette situation d'inflation qui est devenue structurelle. Et donc, bien sûr, ça coûte cher.

Mais enfin, vous croyez que ça ne coûte pas cher aussi quand le même gouvernement rend 8 milliards d'euros aux entreprises avec la fin de la CVE ? Quand il refuse de taxer les super profits, est-ce que vous pensez qu'il n'y avait pas d'autres moyens de trouver des ressources pour venir à la fois en aide aux plus vulnérables et puis pour engager aussi la transition écologique ? Donc, vous voyez bien qu'il y a des choix qui sont opérés par ce gouvernement. Ce ne sont pas les miens. Quand il fait un pas dans le bon sens, je l'approuve parce que finalement, il vaut mieux ça que rien. Mais la réalité, c'est qu'on aurait pu faire très différemment.

Et je regrette que ce soit la politique des tout petits pas dans un gouvernement qui est d'abord un gouvernement qui nous angoisse.

2:21
Présentateur

Olivier Faure, en parlant d'angoisse, arrêtons de jouer avec les peurs. Nous sommes un grand pays. Nous allons tenir cet hiver. C'est ce qu'a dit hier Emmanuel Macron après plusieurs jours de flottement sur la possibilité ou non de coupure volontaire de courant cet hiver. Est-ce qu'il a raison d'appeler tout le monde majorité et opposition au calme ?

2:38
Olivier Faure

Au calme, oui. Oui, il faut être calme, mais il faut aussi que le président s'en prenne à lui-même et à son propre gouvernement. Qui a créé cette situation si ce n'est le gouvernement lui-même ? Et j'ajoute qu'en réalité, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Que vivent les Français en ce moment ? Qu'est-ce qu'ils vivent ? On leur parle de l'hôpital ? Ça ne va pas. On leur parle de la pédiatrie ? Ça ne va pas. On leur parle des transports ? Ça ne va pas. On leur parle de l'inflation ? Ça ne va pas.

On leur parle de tous ces sujets qui, finalement, finissent par donner le sentiment que nous sommes dans un pays où ce gouvernement passe son temps à improviser et que la seule variable d'ajustement, ce sont les Français eux-mêmes.

3:13
Présentateur

Tout est de la faute du gouvernement sur la crise énergétique.

3:16
Olivier Faure

Olivier Fong, par exemple, n'avait pas de regrets dans le fait d'avoir fermé Fessenheim. Mais d'abord, je n'ai pas dit ça. Fessenheim a été fermé, en réalité, par Emmanuel Macron.

3:23
Présentateur

Au tout début de son quinquennat sur une décision prise à la fin du quinquennat de François Hollande.

3:26
Olivier Faure

Tout est de la faute du gouvernement. Mais je n'ai pas dit ça. J'ai dit simplement que si vous avez un gouvernement qui donne le sentiment d'improviser en permanence, gouverner, c'est prévoir, disait Manès France. Là, avec ce gouvernement, avec Emmanuel Macron, on a le sentiment que sa nouvelle maxime, c'est gouverner, c'est décevoir. Parce qu'à chaque fois, on est sur des décisions qui interviennent, comme ce matin, d'un seul coup. On ne sait pas très bien comment ça arrive, on ne sait pas pourquoi, rien n'est anticipé. Et le sentiment en permanence d'être confronté à la pénurie. Et on est dans un pays, dans la sixième puissance économique mondiale, où on cherche du doliprane. Ça ne va pas.

Il y a quelque chose qui, à un moment, finit par être extrêmement angoissant pour les Françaises et les Françaises. Et c'est ce qu'ils nous disent chaque semaine.

4:06
Invité

Sur la question de l'électricité, Olivier Faure, est-ce que vous prenez votre responsabilité ? Est-ce que vous êtes responsable de ce qui se passe aujourd'hui ? Un hiver difficile parce qu'on manque d'électricité, parce que François Hollande, parce que la gauche au pouvoir, a décidé de se désinvestir du nucléaire ?

4:19
Olivier Faure

Attendez, ce n'est pas tout à fait comme ça que les choses se sont passées. Mais aujourd'hui, la raison pour laquelle nous sommes en difficulté, c'est parce que l'entretien des centrales n'a pas été réalisé. Vous en avez 20 aujourd'hui qui sont à l'arrêt pour des raisons, soit de corrosion, soit grand carénage, etc.

4:36
Présentateur

Parce qu'on a perdu aussi la faculté technique de réparer les centrales, parce qu'on n'a pas investi pendant des années.

4:41
Olivier Faure

C'est vrai, et donc il y a aujourd'hui une difficulté, mais enfin, ce gouvernement est en place depuis 6 ans. Et même, vous avez certainement parlé des énergies renouvelables, le projet qui est développé aujourd'hui, c'est un projet qui aurait déjà dû être présenté il y a 6 ans. On va en parler du projet en cours d'examen. Oui, mais ça pour dire qu'en fait, la réalité, c'est que ce gouvernement ne peut pas continuer à s'appuyer sur les décisions antérieures. Il est responsable, pleinement responsable de ce qu'il se passe aujourd'hui.

5:03
Présentateur

Si vous étiez au pouvoir, vous, Olivier Faure, vous feriez quoi avec les centrales nucléaires aujourd'hui ? Vous dites, j'attends qu'elles meurent tranquillement de leur belle mort, j'en construis des nouvelles ? Alors, je n'ai jamais dit ça.

5:14
Olivier Faure

C'est une question, il y a un choix entre deux. Oui, oui, d'accord. Je n'ai jamais pensé qu'il fallait, je pense au contraire, que nous avons une énergie nucléaire qui est une énergie de transition, et que tant que nous ne sommes pas arrivés à maturité avec les énergies renouvelables, il faut maintenir le parc nucléaire. Maintenir ou en construire de nouveau ? Il faut le maintenir, et ensuite, en lien avec l'autorité de sécurité nucléaire, voir quelle est notre capacité à faire la jonction entre le renouvelable et le nucléaire.

Et dans ces conditions-là, d'abord, appeler le peuple français à trancher par lui-même, parce que ce sont des décisions qui vont l'impacter pour de très nombreuses décennies.

5:47
Présentateur

C'est-à-dire un référendum sur le nucléaire ?

5:49
Olivier Faure

Absolument, un grand débat sur le nucléaire et un référendum, à partir duquel les Françaises et les Français sont amenés à choisir et à dire ce qu'ils entendent faire. Ça, c'est une façon de dire qu'on ne prend pas position là-dessus, parce que c'est un sujet de fusion à l'intérieur de la gauche. Les communistes veulent la poursuite du nucléaire, vous, vous êtes au milieu. Non, non, ça s'appelle, Marc Favelle, ça s'appelle la démocratie. Et quand vous avez des grands choix, y compris les choix qui ont été opérés autrefois sur le nucléaire, ont été des choix qui étaient des choix arbitraires. Mais, très bien. Donc vous n'avez pas d'opinion, vous, sur la poursuite du nucléaire ?

Je viens de vous dire le contraire. Je pense que l'énergie nucléaire est une énergie de transition, qu'il faut continuer tant que nous ne savons pas. Nous avons besoin, on le sait, de 50% d'énergie supplémentaire pour nos nouveaux usages, notamment parce que les véhicules vont être électrifiés, parce que tout est électrique aujourd'hui. Et donc nous avons besoin de 50% d'électricité supplémentaire dans les prochaines décennies.

6:40
Invité

Si vous dites qu'on ne réinvestit pas, justement, si on suit votre logique, vous dites qu'on ne réinvestit pas, les centrales qu'on a aujourd'hui vont s'éteindre, si j'ose dire, en 2040. 2040, c'est demain. Alors on fait quoi ?

6:52
Olivier Faure

Mais vous savez que même si on prenait la décision ce matin de construire la centrale nucléaire, elle ne serait pas en fonction avant 2035 ou 2040, de toute façon. Donc ce sont des choix qui sont des choix qui sont des choix longs, et ça suppose que ce soit des choix aussi pleinement conscients. Donc il faut un grand débat sur ces questions-là. Vous avez des scénarios, des scénarios différentes qui ont été posés par RTE, des scénarios à 100% renouvelables, d'autres avec un mix énergétique qui est maintenu. Moi, je souhaite que ce débat puisse avoir lieu avec les Françaises et les Français.

Je souhaite qu'on puisse avancer ensemble, parce que ce sont des choix qui sont des choix qui touchent l'ensemble des Français.

7:27
Présentateur

Votre partenaire de l'ANUP, Sandrine Rousseau, propose qu'on éteigne les aéroports en cas de délestage.

7:32
Olivier Faure

Ça fait partie des possibilités, ça fait partie des choix. C'est-à-dire que plutôt que d'impacter les Françaises et les Français, les écoles, et les particuliers, se dire qu'on pourrait à ce moment-là...

7:42
Présentateur

Mais on fait quoi des avions qui sont en l'air à ce moment-là ?

7:44
Olivier Faure

Non mais, attendez, personne ne parle... Enfin, je ne sais pas à quoi elle fait référence quand elle parle des aéroports. Éteint les aéroports en cas de délestage, c'est ce qu'elle a proposé hier. Je n'imagine pas une seule seconde qu'on éteigne les pistes et qu'on arrête la tour de contrôle et qu'on dise que désormais, les avions se baladent pendant deux heures de plus en l'air et qu'on ne sait pas ce qu'on en fait. Mais du coup, on éteint quoi ? Mais je ne suis pas Sandrine Rousseau, je ne sais pas ce qu'elle avait en tête.

Et donc, vous lui poserez la question quand vous la recevrez, mais l'idée d'aller chercher d'abord dans les grandes industries, de chercher là où il y a de la consommation importante plutôt que chez les particuliers, ça a une logique aussi.

8:19
Invité

Les particuliers voyagent aussi.

8:20
Olivier Faure

Oui, bien sûr.

8:21
Présentateur

Allez, on va parler de la loi énergie renouvelable dans un instant. La gauche va-t-elle la voter ? Vous nous direz ce que vous en pensez, Olivier Faure. Le Temps du Fil Info, 8h41 avec Mathilde Romagnon.

8:32
Invité

Une indemnité carburant de 100 euros pour les 10 millions de Français les plus modestes, annonce ce matin de la Première Ministre Elisabeth Borne. Cette mesure coûtera 1 milliard d'euros à l'État et elle concerne près de la moitié des ménages. Recadrage d'Emmanuel Macron sur de possibles coupures d'électricité cet hiver. Le chef de l'État a dénoncé des scénarios absurdes qui font peur aux gens. Hier, Enedis assurait que les malades sous-respirateurs ne seraient pas prioritaires en cas de délestage. Après 3 ans de politique zéro Covid et des manifestations historiques, la Chine allège ses restrictions sanitaires.

Les autorités réduisent les tests PCR généralisés et les cas asymptomatiques peuvent passer leur quarantaine chez eux. La garde à vue du youtubeur Norman Tavo a été levée hier soir. L'enquête, elle, se poursuit. Le vidéaste est soupçonné de corruption, de mineurs et de viols. Six femmes ont porté plainte contre lui. France Info

9:30
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:35
Invité

Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. L'Assemblée examine en ce moment le projet de loi sur l'accélération du déploiement des énergies renouvelables. Est-ce que vous soutiendrez le gouvernement sur ce texte ?

9:45
Olivier Faure

Quelle est notre approche ? Elle est assez simple. En fait, je vous l'ai dit tout à l'heure, cette loi intervient tard. Nous sommes très en retard sur les énergies renouvelables. Mais on ne voit pas très bien non plus quelle serait notre logique si nous étions là pour freiner en fait ce qui va être malgré tout une avancée. Donc nous négocions actuellement. Nous avons des conditions que nous avons posées au gouvernement sur des sujets assez simples.

Par exemple, comment est-ce qu'on fait pour ne pas prendre essentiellement pour préparer nos photovoltaïques sur les terres agricoles, sur le foncier agricole, et plutôt sur le bâti, donc sur les bâtiments du tertiaire, au-delà des parkings qui sont déjà prévus par la loi, mieux répartir, éviter en fait de perdre de la surface de consommation, enfin de production agricole, et maintenir une capacité de souveraineté alimentaire, faire en sorte aussi qu'il y ait un partage de la valeur.

C'est-à-dire que quand on a en fait des éoliennes qui sont installées, eh bien il fera en sorte que le territoire qui les accueille, eh bien puisse se faire doter d'un fonds qui permet notamment de permettre d'assumer la réalisation thermique des bâtiments, par exemple, voilà des sujets sur lesquels on souhaite avancer.

10:49
Présentateur

Le territoire ou les riverains, par exemple, des éoliennes qui pourraient avoir un rabais sur la facture. Vous avez dit que ce soit plus général.

10:54
Olivier Faure

J'ai dit le territoire parce que si vous faites les riverains, vous allez avoir à 10 mètres près des gens qui vont être soit touchés, soit d'autres pas. On va au-delà de contentieux et d'injustice incroyable. Donc il faut que ce soit le territoire qui soit effectivement rétribué pour l'accueil de ces éoliennes et faire en sorte que cet argent serve aussi à faire en sorte que nous allions vers plus de sobriété. Sobriété, c'est quoi ?

Ça veut dire non pas faire en sorte que les gens se mettent des pulls et des plaies de toute la journée, mais faire en sorte que leurs habitations, leurs bâtiments, eh bien soient protégés, soient rénovés sur le plan thermique pour éviter d'être des gros consommateurs d'énergie. Mais très clairement, vous n'excliez pas de voter pour ça.

11:33
Présentateur

Ce qui fait baisser la facture des particuliers. Vous n'excliez pas de voter pour ce texte qui serait le premier depuis le début du quinquennat ?

11:40
Olivier Faure

Non, je n'exclus pas de voter ce texte. Ce n'est pas le premier du quinquennat. Nous avons voté, par exemple...

11:45
Présentateur

Il y a eu l'IVG, mais c'était un peu à part.

11:46
Olivier Faure

Oui, l'OTAN. En fait, l'entrée de la Finlande et de la Suède dans l'OTAN, nous avons voté aussi. Quand nous sommes d'accord, nous sommes d'accord.

11:53
Invité

Juste sur le fond, vous êtes pour le droit de veto des maires, pour l'implantation des éoliennes ou pas ? C'est ce que veulent les députés de droite ?

11:58
Olivier Faure

Oui, ben non. Non, non. Enfin, on voit bien que...

12:02
Invité

Est-ce que les habitants pourront donner leur avis ?

12:05
Olivier Faure

Bien sûr qu'ils donneront leur avis. Mais comment ? Il ne faut pas mettre... Enfin, je ne crois pas qu'on puisse mettre sur les maires cette pression quand ils sont eux-mêmes sous la pression des habitants. En fait, tout le monde voudrait des éoliennes, mais tout le monde voudrait que ce soit chez le voisin. Donc, à un moment, il faut quand même qu'on puisse avancer. Parce que si on n'avance pas, toutes les questions que l'on se pose, ce n'est pas des lestages qu'on va avoir. En fait, on n'aura plus l'excité tout court. Donc, il faut bien, à un moment, prendre des décisions. Et voilà, il faut prendre... Il faut que les décisions interviennent. Oui, mais c'est que l'État qui décide.

12:35
Invité

Est-ce que les habitants seront consultés ? Est-ce qu'ils pourront donner leur avis ?

12:39
Olivier Faure

Il y a toujours des avis qui sont donnés par les habitants avant chaque implantation.

12:46
Invité

Ils sont consultés.

12:47
Olivier Faure

Oui, ils sont consultés. Et c'est bien de le faire. Déterminant. C'est bien d'avoir un dialogue permanent avec les collectivités locales pour savoir quels sont les lieux où il faut implanter par préférence à d'autres. Évidemment, ce dialogue doit être un dialogue construit, constant, mais donner un droit de veto, c'est en fait se donner la possibilité à chaque maire de dire « Non, ce sera chez le voisin ». Donc, si tout le monde le dit, la réalité, c'est qu'à la fin, on se ruine nulle part.

13:11
Présentateur

Olivier Faure, les syndicats préparent une journée de manifestation et sans doute de grève le mois prochain au mois de janvier contre la réforme des retraites. Est-ce que vous irez dans la rue à leur côté ? Bien sûr.

13:22
Olivier Faure

Oui. Bien sûr. S'il y a demain des mouvements de grève sur les retraites, bien sûr que j'y participerai. Bien sûr. Et j'observe que le monde syndical est absolument unanime. Nous avons reçu l'ensemble des formations syndicales depuis quelques semaines et je dois vous dire qu'elles sont toutes les deux pieds sur les freins en colère parce qu'il n'y a pas de négociation aujourd'hui comme contrairement à ce que le gouvernement essaie de nous faire croire. Il n'y a pas de négociation. Il y a simplement une mise en scène d'une espèce de pseudo-consultation mais rien n'avance et la réalité c'est que entre le point de départ de la discussion et le point d'arrivée, il n'y a pas eu de changement.

14:02
Présentateur

Vous irez contre la réforme des 65 ans mais avec quel projet ? Puisque le projet Nadinalgo c'était le statu quo, on maintient les 62, le projet de la NUP que vous avez signé ensuite au législatif, c'est retour aux 60 ans. Quel est aujourd'hui le projet du Parti Socialiste sur les retraites ? C'est 60 ou c'est 62 ? C'est 60. C'est combien ? 60. Le projet Nadinalgo il est définitivement enterré et vous êtes revenu aux 60 ans avec 40 années de cotisation.

14:27
Olivier Faure

Il y a un débat entre nous aujourd'hui au sein de la nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale sur la façon d'arriver graduellement à cet objectif. Est-ce que demain matin si on est au pouvoir on peut tout mettre en place ? La réponse est non. On doit commencer par quoi ? On doit commencer à ramener l'âge légal à 60 ans pour lequel nous avons toutes et tous manifesté il y a quelques années y compris François Hollande était dans la rue pour demander en fait à ce que la réforme Fillon ne s'applique pas. Donc nous avons la volonté de revenir à l'âge légal à 60 ans. Mais depuis vous avez allongé

14:57
Présentateur

la durée entre temps ?

14:58
Olivier Faure

Non, c'est François Fillon qui l'a allongé qui a allongé la durée de cotisation. La durée de cotisation nous avons touché effectivement à la durée de cotisation. Vous allez défaire si vous revenez au pouvoir ce que vous avez fait en partie ? Non, pas du tout. Nous n'avons jamais été responsables de la loi Fillon. Nous avons augmenté la durée de cotisation 42 ans aujourd'hui.

15:15
Invité

Oui, mais l'allongement de la durée de cotisation nous amène à 43 années de cotisation en 2035. Et donc forcément pour toucher une retraite à taux plein on augmente l'âge.

15:28
Olivier Faure

Alors pas pour tout le monde. C'est bien ça qu'il faut comprendre. Et c'est pour ça que je vous dis qu'il y a une différence entre l'âge légal et la durée de cotisation. Aujourd'hui, la réforme du gouvernement elle vise à quoi ? Elle vise à faire en sorte que nos retraites et les économies, les 8 à 9 milliards d'économies qu'ils prévoient sur les retraites soient payées par qui ? Non pas par vous, par Marc Fauvel, etc. Ou par moi qui avons fait des études plus longues et qui avons eu une entrée dans la vie active plus tardive. Pour nous, la réalité c'est que pour arriver à 43 annuités de cotisation ou 42 annuités aujourd'hui, de toute façon il faudra attendre 65 ans.

Donc nous ne sommes pas impactés par cette réforme. Qu'il est ? Tous ceux qui ont commencé à travailler plus tôt, qui ont fait des études plus courtes, qui ont l'espérance de vie plus courte que la nôtre et qui donc vont en réalité payer cette réforme pour les autres. Et donc nous ce que nous disons c'est qu'il faut maintenir l'âge légal, enfin revenir à l'âge légal à 60 ans et donc que les carrières longues puissent donc partir quand elles ont encore la force de partir. Il y aura un dispositif carrière longue dans la réforme que prépare le gouvernement.

Et ensuite, sur ceux qui ont des métiers pénibles, qui ont des métiers qui sont souvent ces métiers qui conduisent à partir plus tôt, enfin à partir plus tôt de la retraite, en fait à mourir plus tôt pour dire les choses crûment, et bien que cela ait une durée de cotisation qui soit inférieure à cette durée de cotisation qui est celle du droit commun. Parce que c'est comme ça qu'on est juste et la justice, y compris pour ceux qui prétendent défendre la valeur travail, moi je défends la valeur du travail. Et donc ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que, effectivement, le travail c'est aussi le droit au repos pour celles et ceux qui ont participé à créer de la richesse et qui doivent pouvoir partir en bonne santé. Or, vous savez très bien aujourd'hui que le départ à la retraite en bonne santé, c'est forcément avant 65 ans. Et pour les 5% des Français les plus pauvres, un quart d'entre eux sont déjà morts à l'âge de la retraite aujourd'hui. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on considère que ça va bien ? Pour qu'on soit tout à fait clair,

17:17
Invité

Olivier Faure, votre réforme à vous, c'est une retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et pour tous avec 40 annuités de cotisations.

17:23
Olivier Faure

C'est pas ce que je viens de dire.

17:24
Invité

Si, c'est ce que vous proposez avec la NUPES.

17:26
Olivier Faure

C'est 60 ans. Je vous dis que nous sommes en discussion actuellement pour savoir comment graduellement nous arrivons à cet objectif. Il y a un objectif qui est fixé, mais est-ce que demain, on a 70 ou 80 milliards à mettre sur la table pour le faire ? La réponse est non. Donc le programme de la NUPES d'il y a 6 mois n'est plus d'actualité aujourd'hui. Mais le programme de la NUPES qu'il y a 6 mois...

17:45
Présentateur

On est en train de le réécrire.

17:46
Olivier Faure

Mais non, je vous dis qu'il y a des objectifs qui sont partagés et puis il y a aussi une mise en place. Si demain matin, on est au gouvernement, ce qui n'est pas encore prévu, mais enfin, si demain matin, on arrive au gouvernement, on ne dit pas le surlendemain, on est à 60 ans, 40 annuités. Ça, ce n'est pas possible. Tout le monde le sait. Mais en revanche, est-ce que ça reste un objectif pour tout le monde ? La réponse est oui. Est-ce qu'on peut le faire de manière graduelle ? Nous pensons que oui, mais ça suppose que nous puissions avancer par étapes.

Et la première étape, celle que je vous ai indiquée, c'est le retour à l'âge légal à 60 ans, effectivement, pour tout le monde, sauf que tout le monde pour ceux qui ont des métiers pénibles et qui ont l'espérance de vie la plus faible, on puisse réduire ces annuités aussi. Bon, on y voit

18:27
Présentateur

un tout petit peu plus clair, mais un tout petit peu seulement. 8h51, le fil info. Oui, c'est très clair. Et on poursuit, Olivier Faure avec vous dans un instant, Mathilde Romagnon.

18:36
Invité

100 euros d'indemnités carburant pour 10 millions de Français utilisant leur voiture pour aller travailler. La première ministre, Elisabeth Borne, l'annonce ce matin pour protéger le pouvoir d'achat, c'est français, selon ses mots. L'indemnité sera versée en janvier. L'humanité est devenue une arme d'extinction massive, avertit le secrétaire général de l'ONU à la veille de l'ouverture de la COP 15, un sommet crucial pour la biodiversité qui commence aujourd'hui à Montréal. En deux semaines, plus de 190 pays doivent se mettre d'accord pour sauver les espèces menacées d'extinction. Le rôle des autorités publiques n'est pas de gouverner par la peur.

La mise au point d'Emmanuel Macron hier qui tente de tempérer les risques de coupure de courant cet hiver, le chef de l'État dénonce des scénarios absurdes du fournisseur d'énergie Enedis. On connaît désormais les quatre affiches des quarts de finale de la Coupe du Monde de football au Qatar. Hier, le Maroc a créé la surprise en battant l'Espagne et en se qualifiant au tir au but. Qualifié également le Portugal qui a battu la Suisse Sibuza. France Info.

19:41
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:44
Invité

Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste hier à l'Assemblée lors des questions au gouvernement. Les ministres portaient tous le masque dans les rangs mais pas les députés. Est-ce que vous devez donner l'exemple et le remettre aussi ?

19:57
Olivier Faure

On doit le remettre. Bien sûr que ce n'est pas une obligation mais dans les transports publics par exemple c'est recommandé. Je pense que c'est une recommandation qui est juste parce que vous avez aujourd'hui des hôpitaux.

20:08
Invité

Vous parlez de l'Assemblée ?

20:10
Olivier Faure

L'Assemblée aussi. En fait, ça peut être un exemple donné parce que nous sommes massés au même endroit et que nous avons aujourd'hui une forme d'exemplarité à observer. Et donc, on sait que les hôpitaux sont aujourd'hui saturés parce qu'il y a la bronchiolite, parce qu'il y a la grippe, parce qu'il y a le Covid et donc, effectivement, il faut plutôt que d'avoir demain à déplorer une situation dégradée, il vaut mieux la prévenir.

20:34
Présentateur

Si le gouvernement dépose demain une loi pour rendre à nouveau le masque obligatoire dans les transports, vous la voterez ?

20:40
Olivier Faure

Si la situation l'exige, bien sûr. Est-ce qu'elle l'exige

20:43
Présentateur

aujourd'hui ?

20:44
Olivier Faure

Les autorités sanitaires ont l'air de dire que pour l'instant, ça tient, mais si ça ne tient pas et si nous voyons que la saturation des hôpitaux... Moi, j'ai quand même un respect immense pour ces gens qui sont là pour nous soigner, qui sont depuis plus de deux ans dans une situation où on leur demande de faire des heures en permanence, etc. Donc, quand on peut les soulager, il faut les soulager. C'est un geste citoyen minimal par rapport à ceux qui font qu'on a cette vocation, mais surtout qui sont là pour nous. Et donc, est-ce qu'on les laisse tout seuls en disant que ce n'est pas grave, on s'en fout ? Donc, vous voterez la loi si elle est présentée ?

Si à un moment, les conditions l'exigent, oui, je la voterai absolument.

21:21
Invité

Les Insoumis ont proposé la semaine dernière de réintégrer les soignants non vaccinés. Est-ce que vous êtes sur la même ligne qu'eux ?

21:27
Olivier Faure

Il y a aujourd'hui deux pays, la France et la Grèce, qui ne le font pas. Il y a eu une sanction pour... Moi, je considère qu'il était normal ça fait bien longtemps que ces gens sont sanctionnés. Est-ce que c'est une sanction qui est à perpétuité ou c'est une sanction qui trouve son issue ? J'espère que nous allons trouver une solution et notamment, je pense à l'Outre-mer où cette question-là est une question qui est très particulière.

En Outre-mer, c'est aussi des régions de France où le rapport à la science, le rapport aux recommandations de l'État sont plus difficiles qu'ailleurs parce qu'il y a eu dans le passé des situations qui ont créé une forme de méfiance et donc dans ces départements et régions, je pense qu'il y a aujourd'hui nécessité d'avancer et de faire en sorte que les hôpitaux puissent retrouver...

22:24
Présentateur

dans les Outre-mer d'abord ?

22:26
Olivier Faure

Écoutez, c'est le débat qu'il doit y avoir avec le gouvernement. Je crois que le gouvernement lui-même est... Moi, je vous dis que dans nos Outre-mer, il y a aujourd'hui une situation qui est catastrophique et donc qu'il y a certainement la nécessité de réintégrer ces soignants parce que vous avez là une population qui est très largement sous-dotée et donc...

22:49
Invité

On n'arrive pas à vous suivre Olivier Faure, il y a deux minutes vous nous disiez... Ah oui, je vous explique pourquoi on n'arrive pas à vous suivre. Vous disiez, deux secondes, il va falloir remettre le masque, en tout cas, j'encourage les Français à remettre le masque parce qu'il faut soulager les soignants et de l'autre côté, vous avez des soignants qui ne sont pas vaccinés, vous dites, il faut quand même les réintégrer notamment dans les Outre-mer.

23:04
Olivier Faure

Ce que j'entends, c'est qu'il y a un protocole très particulier auquel il serait soumis, que donc il y a une possibilité de réintégrer des gens qui aujourd'hui manquent dans nos hôpitaux Outre-mer.

23:16
Invité

C'est un PCR tous les jours, c'est ce que proposaient les insulines.

23:18
Olivier Faure

Oui.

23:18
Invité

Le port du masque FFP2.

23:20
Olivier Faure

Oui, et donc, est-ce que vous pouvez laisser des hôpitaux complètement à l'abandon et laisser cette situation se dégrader ? Il faut faire des fois... On est obligé de faire des compromis aussi, c'est ce que je me dis. Et donc, vous avez aussi une condamnation qui ne peut pas être à perpétuité pour des gens qui ne l'ont pas respecté. Et je vous dis encore une fois, les seuls pays en Europe où ces États-Unis n'ont pas été réintégrés, c'est la Grèce

23:43
Présentateur

et la France. Ce texte des insoumis n'a pas pu être examiné la semaine dernière faute de temps. Il va être reproposé dans quelques jours, le mois prochain, mais cette fois-ci par le Rassemblement National. Vous voterez ce texte quelle que soit la personne qui a rédigé...

23:58
Olivier Faure

D'abord, je ne vous ai pas dit... Enfin, je m'attends de voir dans le débat. Ensuite, ce que je vous dis, c'est que moi, je crois que le piège tendu par le RN est un piège et que j'espère, je sais que les insoumis se réunissent ce matin et j'espère qu'ils ne rentreront pas dans ce piège à pieds joints. Et donc...

24:17
Invité

Pour être tout à fait précis, Caroline Fiat, qui avait porté le texte lors de la semaine dernière pour les insoumis, va le porter aussi pendant l'étude des examens du Rassemblement National, l'étude des textes du Rassemblement National, est-ce que vous trouvez ça normal que des voix de gauche puissent se joindre aux voix du RN pour y intégrer les soignants ?

24:36
Olivier Faure

Non, c'est pas comme ça que ça s'est passé. En fait, vous avez le RN qui a récupéré un texte qui était déjà en discussion et qui était un texte de la FI et ils l'ont mis dans leur propre ordre du jour réservé, cette fameuse niche parlementaire. et donc, ils ont cherché à piéger en fait la FI en disant...

24:54
Invité

Caroline Fiat dit ok, moi je vais le présenter, je vais profiter du temps.

24:56
Olivier Faure

ils voulaient un co-rapporteur du RN, la commission parce que les voix de gauche s'y sont refusées avec les voix des Républicains et vous noterez qu'au passage que la République En Marche, elle, était prête à accepter un rapporteur du RN et donc, eh bien, ça a été refusé, il n'y a pas de co-rapporteur du RN. Maintenant, est-ce que cette situation-là est tenable ? Et donc, je souhaite que les Français soumises prennent une décision qui permette de ne pas laisser le moins du monde l'idée qu'il puisse y avoir une confusion entre ce qu'est le RN et ce qu'est la gauche aujourd'hui et donc, je souhaite que cette discussion-là n'ait pas lieu dans ces conditions-là.

25:35
Présentateur

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste était ce matin l'invité de France Info. Merci et bonne journée à vous.