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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 21 min

Émeutes: l'interview de Jordan Bardella en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jordan Bardella

Bonsoir Jordan Bardella, vous êtes président du Rassemblement National, je vais vous interroger en compagnie de Thomas Soulier, chef adjoint de service politique de BFM TV. Ce qui marque M. Bardella tout d'abord, sur ce que l'on vient d'entendre, c'est la jeunesse de la voix de ce jeune homme, qui était ami avec un mineur qui est mort dans ces circonstances. – La mort d'un homme, nous l'avons dit, c'est un drame.

Il est vrai que quand on a 17 ans, a priori, on n'est pas au volant d'une voiture de plusieurs dizaines de milliers d'euros, sans permis, manifestement, avec une quinzaine d'inscriptions, non pas au casier judiciaire, mais ce qui s'en apparente, c'est-à-dire au THJ, le traitement des antécédents judiciaires. Et encore une fois, je ne suis pas juge d'instruction, je ne suis pas magistrat, il y a une enquête qui est en cours, et l'IGPN attribuera ou non les responsabilités. La vidéo est là, choquante, tous ceux qui ont vu la vidéo sont évidemment choqués. – Vous êtes choqués moi-même aussi par les propos rapportés par ce passager. Si tu ne coupes pas le moteur, je te shoot.

– La mort d'un homme est un drame. Maintenant, je n'étais pas sur place, je ne suis pas juge d'instruction, il y a une enquête, et l'enquête déterminera les responsabilités. – Si ces propos sont confirmés, je ne vous parle pas de l'acte, je vous parle des propos. – Non mais si on refait le monde, encore une fois, moi j'ai été très clair, je l'ai dit sur votre antenne mercredi matin, me semble-t-il, si la responsabilité, en l'occurrence du policier, est effective et déterminée par la justice, alors il y aura des sanctions.

Mais moi je rappelle, si vous voulez, je pense que c'est de mon devoir de rappeler le contexte dans lequel ce phénomène qui n'est pas, en fait, c'est quasi quotidiennement le cas dans les banlieues. Il y a eu en 2022, 25 822 refus d'obtempérer. S'il n'y a pas de refus d'obtempérer, les policiers ne mettent pas en joue des conducteurs gratuitement. – Monsieur Barguela. – Excusez-moi, je vous en termine. Quand on est policier…

Quand on est souvent père ou mère de famille, qu'on se lève le matin avec le souci du bien commun, le souci de servir la République et de protéger les Français, on ne se lève pas le matin en mettant l'uniforme, en s'équipant de son arme, en se disant qu'on va commettre un homicide. Donc cette situation, elle est dramatique, elle est dramatique parce qu'il y a un mort et qu'il y a un policier dont la carrière est probablement en très grande partie abîmée. – Vous comparez la carrière de ce policier avec la mort du jeune homme ? – Non, je ne la compare pas, je ne la mets pas au même niveau.

Je dis en l'occurrence que ce policier doit être moralement et psychologiquement plus bas que terre parce qu'il a servi pendant plusieurs années la République, il a été militaire, il a été décoré de la police nationale, il était manifestement expérimenté compte tenu de son parcours. Et encore une fois, quand ce policier se lève le matin comme quand tous les policiers se lèvent le matin, ils ne le font pas avec la volonté de tuer. – C'est ça.

– Et moi je ne souhaite pas que l'erreur individuelle, s'il doit y avoir, si elle doit être démontrée et si elle doit être condamnée par la justice, ne soit le prétexte pour jeter le discrédit sur l'intégralité de l'institution policière comme à mon avis, et c'est la perception qu'ont beaucoup de policiers que j'ai rencontrés depuis hier, l'a fait et le Président de la République et l'un des responsables de l'opposition qui s'appelle M. Mélenchon. – Avant de parler des autres, je me concentre sur les propos que vous tenez. S'il vous plaît M.

Bardella, est-ce que ce que vous faites, la façon de vous présenter les choses ne contribue pas à minimiser le drame qui est intervenu, rappeler les inscriptions ? – J'ai eu l'occasion au THJ de ce jeune homme, rappeler qu'il y a 22 000 refus d'obtempérer. Vous présentez ça dans un tout, est-ce que ça ne revient pas à minimiser ce drame ? – Non, ça revient à le contextualiser. Encore une fois, s'il n'y a pas de refus d'obtempérer… – Et ça l'excuse ? – Je n'ai jamais dit cela, je ne me permettrai jamais de dire cela, parce qu'encore une fois un homme est mort.

Mais s'il n'y a pas de refus d'obtempérer, s'il n'y a pas de volonté de se soustraire à un contrôle de police, il n'y a pas pour les policiers la nécessité d'engager une poursuite, et deuxièmement la nécessité de mettre en joue quelqu'un qui refuse de s'arrêter, qui a 17 ans, qui ne devrait pas être au volant d'une voiture de plusieurs dizaines de milliers d'euros, et qui, pardon de le dire, a quand même 15 inscriptions antécédents judiciaires à son profil judiciaire.

Donc encore une fois, c'est important de contextualiser les choses, et moi je veux juste dire une chose, allez mettre un uniforme, allez mettre un uniforme de la police nationale, et allez vous confronter à la pression, à la violence à laquelle sont soumis tous les jours ces pères et ces mères de famille qui pour moins de 2000 euros portent l'uniforme avec la volonté de servir la République. Encore une fois, si erreur d'un homme il doit y avoir, elle doit être condamnée par la justice, une enquête est en cours de la part de l'IGPN, mais je ne souhaite pas que ce drame soit utilisé pour jeter le discrédit sur tous les policiers.

Parce que quand on fait cela, comme le fait le président de la République, en sortant de son devoir de réserve, en condamnant avant même l'issue de l'enquête ce fonctionnaire de police en violation totale de tous les principes, élémentaires du droit français et notamment de la présomption d'innocence, on jette le discrédit sur l'institution policière.

4:54
Invité

Et je peux vous dire que dans les quartiers, on est très heureux de cette prise de position. Le président n'a pas condamné ce policier ?

4:59
Jordan Bardella

Si, bien sûr, il parle d'un geste inexplicable, inexcusable.

5:06
Invité

C'est la mort qui est inexcusable du jeune homme, pas le geste de policier.

5:09
Jordan Bardella

Oui, écoutez, mettez-vous à la place des policiers qui tous les jours sont caillassés. Parce que vous voyez la réalité, c'est que depuis plusieurs heures dans notre pays, il y a des policiers qui sont venus nous tuer et que l'on utilise ce drame, ce qui s'est passé à Nanterre, pour jeter des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, pour tirer au mortier sur les policiers. Et je vais vous dire, moi je suis allé hier avec, je crois que vous vous en avez, c'était présent sur place, au commissariat John Villiers. Et les policiers me disent, nous sommes face à des gens qui veulent nous tuer.

Et je pense que ce qui devrait indigner aussi, aussi, avec ce qui s'est passé, avec ce drame, Ça indigne tout le monde ? Non, ça n'indigne pas tout le monde. Ça n'indigne pas M. Mélenchon, qui n'a aucun mot pour condamner les casseurs, qui n'a aucun mot pour soutenir les forces de l'ordre, et qui est systématiquement dans la roue des criminels, des émeutiers, et de ceux qui veulent fracturer la République française. Ça ne semble pas indigner le chef de l'État, qui a pendant de très nombreuses années eu des discours très ambigus sur le soutien à la police, et qui jette l'opprobre sur l'intégralité de la profession, et sur des gens qui sont censés maintenir l'autorité de l'État.

Et je vais vous dire, quand on éclaire sur le soutien à l'institution policière, on n'a pas des policiers, je vois M. Boursier, que vous saisissez le communiqué de l'UNSA et d'Allianz, on n'a pas des policiers qui s'indignent et qui s'inquiètent d'être laissés seuls en première ligne. – Vous partagez les mots ou pas M. Bardella ? Est-ce que vous partagez les mots de ce communiqué, les hordes sauvages, des nuisibles ? Nous sommes au combat contre ces nuisibles, est-ce que vous partagez ces mots ? – Hordes sauvages, oui je le partage. – Et nuisibles ?

– Je ne l'aurais pas dit de cette manière, mais quand on est fonctionnaire de police et qu'on est en première ligne, on doit avoir le soutien de l'État. Vous savez, moi j'ai toujours été très clair sur mon soutien à la police, et le Rassemblement National a toujours été très clair. Dans un État de droit, dans une République avec des institutions, le représentant qui a le monopole de la force se légitime, c'est la police, c'est la gendarmerie, et ce sont les serviteurs de l'État.

Donc on ne peut pas être ambigu sur ces sujets, et encore une fois les policiers aujourd'hui se sentent délaissés, ils se sentent seuls en première ligne, et ils ont le sentiment que je crois moi légitime, parce que je les ai rencontrés, de ne pas avoir le soutien. Donc la première des mesures à prendre pour avoir le soutien de l'État, pour rétablir la paix civile dans notre pays, c'est que les représentants politiques, les dirigeants politiques soient très clairs, et disent nous soutenons de manière totale et sans faille les gens qui sont missionnés par la République pour remettre de l'ordre dans le pays.

– Le Président de la République a félicité les forces de l'ordre, les ministres en charge de ces forces de l'ordre, donc M. Darmanin et également M. Dupond-Moretti, pour la réponse réactive et adaptée à ce qui s'est passé cette nuit, et dénonce une instrumentalisation insupportable de la mort d'un adolescent que nous déplorons tous. Vous comprenez cette phrase comment vous ? Est-ce que ce sont les émeutiers qui utiliseraient cela pour commettre des violences, ou est-ce que vous pensez que c'est politique, c'est une condamnation politique ? – Les deux me semble-t-il.

D'abord c'est l'instrumentalisation des émeutiers qui sont des bandes de gens qui se comportent comme des sauvages, qui s'en prennent aux policiers, qui s'en prennent à des commissariats, qui s'en prennent à des élus, qui s'en prennent à des mairies, qui s'en prennent à des écoles, qui s'en prennent au mobilier urbain, à des voitures de gens qui dans ces quartiers, subissent tous les jours cette violence et qui sont, il faut toujours le rappeler, toujours le dire, les premières victimes de ce qui est en train de se passer.

Et puis ça peut être aussi une forme d'autocritique politique, parce que moi j'ai vu, dès les premières heures de ce drame, la présidente de l'Assemblée nationale et donc la majorité d'Emmanuel Macron instrumentaliser ce qui est en train de se passer. Généralement, les procès en instrumentalisation, c'est généralement quand ça les arrange. Et faire une minute de silence pour quelqu'un qui, encore une fois, est mort, mais n'est pas mort pour la France. Quand on fait une minute de silence…

8:45
Invité

Les députés de vos rangs se sont levés à respecter la minute de silence.

8:48
Jordan Bardella

Oui, écoutez, il y avait trois députés à l'Assemblée nationale. Ils l'ont fait, ils l'ont respecté. Cette minute, elle me met extrêmement mal à l'aise.

8:53
Invité

Vous ne serez pas levé, vous, par exemple. Par exemple, vous, député français, vous ne serez pas levé. Avec des si, on refait le monde.

8:57
Jordan Bardella

Non, non, mais je vous donne mon avis. Moi, j'aurais été très mal à l'aise avec cette minute et je serais probablement sorti. Pourquoi ? Parce que les minutes de silence qui sont faites, encore une fois, il ne s'agissait pas de rester assis ou de polémiquer quand un homme a perdu la vie. Mais juste, à l'Assemblée nationale, les minutes de silence et les minutes d'hommage, elles sont faites pour des gens qui sont morts pour la France. Il ne faut pas inverser les rôles dans notre société. Et moi, je veux dire plus largement, vous m'interrogez sur ce qui est en train de se passer partout dans les banlieues.

Quand on s'en prend à des policiers, quand on tire sur des forces de l'ordre, quand on brûle des écoles, on brûle des bibliothèques, on n'est pas une victime de la société, on n'est pas une victime de la pauvreté parce que l'État n'aurait soi-disant pas donné assez à cette jeunesse. Je vais vous dire... Ça veut dire que vous n'entendez pas le message qui était passé, expliqué par beaucoup de personnes depuis trois jours pour dire que cette jeunesse en a assez, que les services de l'État aient déserté leurs quartiers, pour dire qu'il y a des contrôles aux faciès, pour dire qu'ils sont victimes de violences policières ? Mais comment on peut dire cela ? Vous dites vous que ça n'existe pas ?

Écoutez, moi j'ai grandi en Seine-Saint-Denis, dans une cité HLM, élevée par une mère qui m'a élevé au sein. Et quand les parents sont derrière, quand ils vous éduquent correctement, vous ne finissez pas délinquant. Et je vais même vous dire qu'il vaut mieux grandir et avoir 20 ans à Seine-Denis qu'avoir 20 ans dans les campagnes de la Creuse ou dans les campagnes du Cantal, où là-bas il n'y a pas de service public, où là-bas les bureaux de poste ferment les uns après les autres, où là-bas les écoles ferment les uns à la suite des autres. Non, monsieur. On a donné depuis des années 90 milliards d'euros au titre de la politique de la ville dans ces quartiers qui sont arrosés d'argent public.

Arrosés d'argent public. Ils s'en vont, ça va se publier également, délabrement aussi les habitations. Mais écoutez, il y a eu des dizaines de plans de rénovation de ces immeubles. Pourquoi les commerçants partent ? Les commerçants partent parce que soit ils ne se sentent plus en France, soit ils ne se sentent plus en sécurité. Le problème dans ces quartiers, c'est un problème culturel. Ça veut dire, monsieur Bardella, que lorsque le président de la République en appelle à la responsabilité des parents en expliquant que la République n'a pas vocation à se substituer à eux, vous partagez ces propos. Mais évidemment ! Où sont les parents ?

Quand vous avez des gamins, j'entendais dans la loge, en vous attendant, le ministre de l'Intérieur, monsieur Darmanin, dire, je crois que c'est Lucas Le Chiffre, qu'un tiers des interpellés étaient des mineurs. Où sont les parents ? La moyenne est de 17 ans. Les parents, ils cautionnent. Et je vais même vous dire, il y a des gens dans les offices HLM qui m'ont dit, mais en fait, une partie des loyers sont payés en liquide avec l'argent de la drogue. Les parents sont totalement au fait. Qu'est-ce qu'on fait dans la rue quand on a 13, 14, 15 ans au pied des tours ? Moi, à 14, 15 ans, c'est-à-dire ma mère à la cité Gabriel Péry à Saint-Denis, elle ne me laissait pas au pied des tours.

Donc, il faut évidemment responsabiliser les parents, appliquer la loi. Et il y a notamment un article dans le code pénal qui est le 227-17 qui prévoit que lorsqu'on se soustrait à ses obligations légales au point de compromettre la sécurité, la moralité ou l'éducation de son enfant, eh bien, on peut être poursuivi. C'est le vrai problème. C'est que la France se fragmente et que la France se meurt parce que l'État, l'autorité de l'État, la justice de notre pays n'applique plus les lois. Il faut appliquer.

12:05
Invité

Vous ne faites aucune corrélation, aucun lien entre la pauvreté dans ces quartiers-là et la colère des jeunes. En revanche, vous faites un autre lien dans votre allocution en fin d'après-midi. Vous avez lancé un appel au chef de l'État pour lutter, je cite, contre l'islamisme, pour l'expulsion des immigrés et pour un moratoire sur l'immigration. Immigrés illégaux, monsieur. Quel est le rapport avec l'affaire Nael ?

12:29
Jordan Bardella

Vous ne voyez pas le rapport entre les scènes de violence et l'immigration ?

12:32
Invité

Eh bien, dites-nous. Ces jeunes que l'on voit, vous dites, sont jeunes, ils sont français, non ?

12:36
Jordan Bardella

Vous ne voyez pas le rapport entre ces scènes de violence et l'immigration ? Vous ne dites pas le lien entre la pauvreté et les violences. En revanche, le lien avec l'immigration et les violences. Je vais vous expliquer 30 ans d'histoire et 30 ans de politique d'immigration. Mais si vous ne voyez pas de lien entre ce que nous sommes en train de vivre et la politique d'immigration. Manifestement, ils ne se considèrent pas comme tels parce que nous avons tout donné. L'expulsion des immigrés et l'affaire Nael, vraiment, je ne vois pas. Monsieur, nous vivons un déferlement de violence, de la part de gens à qui la France a tout donné. On a tout donné à ces quartiers.

On a tout donné à des familles qui sont arrivées dans notre pays, nombreuses. Vous avez raison, une partie des enfants sont nés en France, à qui la France a tout donné. On a donné l'école gratuite. On a donné le logement. On a donné la possibilité de s'intégrer, de s'assimiler. Et je vais même vous dire ce qui est d'autant plus frustrant, c'est qu'il y a beaucoup de gens issus de ces quartiers. Et c'est aussi mon histoire personnelle de gens qui sont issus de l'immigration, qui ont parfaitement réussi leur intégration, qui se sentent pleinement français, qui ont épousé l'histoire de France et qui ne comprennent pas que certains semblent dispenser de cet effet.

Là, vous pointez du doigt les origines des gens. Non, pas qu'eux. Excusez-moi, pas qu'eux. Il y a une grande partie de la violence dans notre pays, la quasi-totalité de la violence de rue, qui est liée à l'immigration. J'ai vu que les transports en commun... Qu'est-ce qui démontre ça ? Tous les chiffres, Monsieur, du ministère de l'Intérieur, 93% des vols qui sont commis dans les transports en commun d'Ile-de-France sont le fait d'étrangers. Vous savez quelle est ma source ? Le service statistique du ministère de l'Intérieur. Mais ce n'est pas le cas des gens qui... 63% des...

Si, si, il y en a beaucoup qui ont la double nationalité et il y en a beaucoup qui sont de nationalités étrangères, notamment dans les villes, et qui sont, vous le savez ou si vous ne le savez pas, allez discuter avec des policiers et des magistrats, des mineurs, des faux mineurs, qui se font passer pour des mineurs, qui sont des mineurs étrangers, qui se disent majeurs pour pouvoir bénéficier de ce qu'on appelle l'AS2, c'est-à-dire l'aide sociale à l'enfance. À l'instant, Jean-Luc Mélenchon appelle, je cite, à ne pas toucher aux écoles, aux bibliothèques, aux gymnases... Il s'est réveillé. Je recite notre bien commun. D'accord.

Monsieur Mélenchon, ça fait 72 heures qu'il joue avec des allumettes à côté de la station Essence. Ça fait 72 heures qu'il n'a pas un mot pour les policiers. 72 heures qu'il n'a pas un mot pour condamner les agressions. J'ai vu sur votre plateau des députés de la France Insoumise refuser de condamner ces émeutes en expliquant que c'était des révoltes sociales et que justice devait être faite en l'état actuel des choses. Justice, soi-disant, d'après eux, contre l'État français, contre la justice et contre la police française. Donc, la France Insoumise est, à mon avis, aujourd'hui un danger public.

Et moi, je pense, compte tenu de la responsabilité qu'ils ont dans la parole qu'ils expriment, que les mouvements politiques, les associations et plus largement, j'ai vu le collectif Traoré, et plus largement toutes les organisations qui incitent à ces violences, à ces émeutes et à ces rébellions devraient être poursuivies. C'est l'article 434. 310 du code pénal qui prévoit justement des condamnations très lourdes par la justice pour des provocations ou des incitations à la rébellion. Dans responsable politique, il y a le mot responsable. Utilisation de drones à venir en Haute-Seine, en Seine-Saint-Denis, il y a un arrêté spécifique, il faut un arrêté spécifique pour ça.

45 000 policiers et gendarmes déployés sur le territoire ce soir, sont les annonces du ministre de l'Intérieur ce soir. Comment on sort de ça alors ? Si c'était vous là, aux manettes, comment on sort de ça ? D'abord, la mobilisation totale de toutes les forces de sécurité intérieures, de tous les moyens logistiques et opérationnels doivent être déployés sur le terrain pour ramener de l'ordre dans ces quartiers. C'est-à-dire quoi de plus par exemple ? Couvre-feu, état d'urgence si nécessaire. Il y a une graduation à respecter. C'est-à-dire quoi si nécessaire ?

On mobilise les forces de l'ordre, on décrète des couvre-feu là où on doit décréter des couvre-feu pour permettre à la population d'être chez elle. Ça les communes peuvent le faire, elles le font déjà. Vous avez raison, ça commence à être fait, la ville de Clamart l'a fait la nuit dernière. Et l'état d'urgence, on le fait quand ? Par ailleurs, l'état d'urgence. C'est le ministre de l'Intérieur qui, j'imagine, dans une cellule de crise à Beauvau, dispose de l'ensemble des éléments pour le faire. Au tout début d'évidence, le parti d'Éric Zemmour,

16:36
Invité

les Républicains, ont tout de suite dit il faut l'état d'urgence et pas vous.

16:40
Jordan Bardella

Pourquoi ? Parce que nous, on est responsables. Et que nous, on va probablement être en capacité de gouverner dans quelques mois. C'est irresponsable de demander l'état d'urgence ? Non, mais probablement M. Ciotti, qui n'existe pas beaucoup, pour se faire remarquer, essaie de parler plus fort que les gens qui sont peut-être encore en capacité dans quelques mois d'avoir les mains libres. Deuxièmement, il faut responsabiliser les parents, nous en avons parlé, et sanctionner les carences éducatives manifestes où quand on laisse son enfant et qu'on le met en sécurité, on doit pouvoir être poursuivi. Troisièmement, il faut un moratoire immédiat sur l'immigration.

Quatrièmement, il faut maintenant donner instruction. Il faut que le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, donne instruction, il a commencé à le faire, je l'ai dit il y a quelques minutes, avec vous, M. Bourset, sur votre plateau, instruction très ferme au procureur pour que les atteintes à l'intégrité physique, les dégradations de bienfaits, et surtout les atteintes aux forces de l'ordre soient immédiatement sanctionnées avec la plus grande fermeté. Vous dites à l'instant, M. Bardella, s'il vous plaît, nous sommes en situation d'être au pouvoir dans quelques mois.

Donc, je vous repose ma question, si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous mobiliseriez, puisque vous dites toutes les forces intérieures, c'est un moyen de dire un peu tout et n'importe quoi, on ne sait pas bien ce que vous mettez dedans. Avec la gendarmerie qui viendrait, notamment les gendarmes mobiles qui viendraient, mais il faut le faire. Je veux dire, il faut le faire, il faut aller au bout de cela, il faut le faire, et il faut surtout appliquer les lois. Je veux dire, la participation à des attroupements illégaux, le fait de dissimuler son visage dans l'espace public, c'est sanctionnable par la loi, ça doit être sanctionné. Vous auriez mobilisé la BRI, le RAID, l'armée ?

L'armée, non. L'armée dans la rue, ça s'appelle la gendarmerie. Et je pense qu'en l'état actuel, les choses pour maintenir l'ordre, il y a des professionnels qui s'appellent les gendarmes mobiles, l'armée dans la rue, ça s'appelle la gendarmerie, c'est fait pour, ils ont été formés pour, ils doivent être engagés dans les cités sensibles. Il y a des techniques de maintien de l'ordre qui existent pour encercler et créer un cercle autour des quartiers, autour des cités sensibles, de manière à pouvoir contenir les individus sensibles à l'intérieur.

Et puis, il faut des sanctions pénales, la fermeté la plus totale, il faut donner instruction au procureur par l'intermédiaire du ministre de la justice et du parquet, et il faut surtout que l'atteinte à l'intégrité physique retrouve un caractère sacré. Permettez-moi, je n'ai pas pu aller au bout tout à l'heure, je pense que quand vous touchez à un policier, il doit y avoir un intérêt, une mesure privative de liberté, et il doit y avoir une incarcération immédiate. Vous touchez à un policier, prison ferme.

18:58
Invité

Et ce que vous dites là, je vous entends depuis 2-3 minutes, c'est exactement ce que préconise l'exécutif depuis cet après-midi. Finalement, vous avez les mêmes remèdes qu'Emmanuel Macron.

19:07
Jordan Bardella

Je ne sais pas si on a les mêmes remèdes, en tout cas, je pense que nous aurions des résultats différents. Parce que, voyez-vous, quand on a laissé le problème à tel point, la situation à tel point s'envenimer, on porte une responsabilité très lourde. Vous ne pouvez pas, pendant 6 ans, conduire une politique d'immigration folle, avoir des alertes. Je vous rappelle que quand le Premier ministre de l'Intérieur, Monsieur Collomb d'Emmanuel Macron, a quitté le pouvoir, il a dit aujourd'hui, dans certains quartiers, on ne vit plus côte à côte, mais on vit face à face.

Quand on a laissé la situation à tel point se dégrader, le trafic de drogue prendre le pouvoir, les 5000 chefs de gang qui sont aujourd'hui identifiés par les services de renseignement, avoir la main libre dans d'innombrables quartiers, quand on a affaibli l'autorité policière, quand on a fait quand on a refusé pendant des années le rétablissement des peines planchers, la fin des remises automatiques de peine, l'expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers, on porte une responsabilité. Donc effectivement, si maintenant on vient dire il faut mobiliser toutes les forces de l'ordre, évidemment que ça va dans le bon sens, mais le problème, c'est qu'ils ont compris trop tard.

20:10
Invité

Un dernier mot, vous le disiez dans votre allocution, je vous cite, il faut rappeler l'Algérie à son devoir de non-ingérence, qu'elle n'hésite pas à les récupérer, je ne sais pas qui sont les laits, vous allez me dire, à commencer par ceux qui violent les lois de la République, vous dites quoi ? Vous avez la réponse. Vu que l'Algérie tire les ficelles depuis trois jours maintenant ?

20:26
Jordan Bardella

Vous avez vu le communiqué de la diplomatie algérienne, qui semble s'inquiéter aujourd'hui de la sécurité des ressortissants algériens en France, après avoir refusé pendant plusieurs années de récupérer des gens qui étaient récupérables par l'Algérie, c'est-à-dire des gens qui étaient présents de manière illégale sur le territoire de la République française. Donc les délinquants français et les criminels français en prison et les délinquants français et les délinquants et criminels étrangers dans l'avion. Voilà. C'est extrêmement simple. Et l'Algérie a aussi sa part de responsabilité là-dedans et nous ferons là encore respecter la voie de la diplomatie française et la sécurité de l'Algérie.

Merci Jordan Bardet. Merci à vous. Merci beaucoup.

21:02
Locuteur

Merci à vous.

Émeutes: l'interview de Jordan Bardella en intégralité — Jordan Bardella · Pourquijevote