Dans la Creuse, le Président Emmanuel Macron échange avec une soixantaine de jeunes.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 9 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux défis de la jeunesse en Creuse aujourd'hui ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Comment la crise sanitaire a-t-elle affecté les jeunes en Creuse ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Quelles solutions proposez-vous pour améliorer la santé mentale des jeunes ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Comment comptez-vous résoudre les problèmes de connexion Internet en Creuse ?
- 48:00OuverteRéponse directe
Quelles mesures pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes en milieu rural ?
- 1:06:00OuverteRéponse directe
Comment lutter contre la désertification médicale en Creuse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:00Agathe MontagneFait
« On a perdu cette motivation de travailler, on n'a plus cette motivation. Et pour plus tard, on a un gros trou noir, on ne sait pas où aller. »
- 17:00Alexis BouletFait
« Beaucoup de jeunes ressentent que les monts de Guéret exploitent énormément cette richesse naturelle mais qui, en dehors des monts de Guéret, est très peu exploitée. »
- 21:00Mathis LiégeoisFait
« Nos gymnases, nos piscines et autres sont très mal entretenus et deviennent de plus en plus vieillissants. »
- 25:00SimonFait
« On n'est pas assez nombreux dans ce genre d'associations, dans les milieux ruraux comme le nôtre. »
- 29:00Marie-Sophie RohmerFait
« Je suis intimement convaincue que c'est grâce à ces petits lieux qu'on pourra retrouver tout ce qui touche au lien social, à l'accès à la culture. »
- 35:00jeune anonymeFait
« En Creuse, les structures pour nous accompagner sont très peu nombreuses et celles qui existent sont débordées. Nous n'avons par exemple pas de pédopsychiatres. »
- 41:00jeune anonymeFait
« Beaucoup pendant le confinement ont développé des addictions, que ce soit au niveau jeux vidéo ou tout simplement tout ce qui est drogue. »
- 53:00Arthur GenestFait
« On s'est retrouvés complètement bloqués en période de distanciel et c'est d'autant plus compliqué qu'on est éloignés des grands axes. »
- 57:00AliciaFait
« Les transports sont très limités. Ils sont obligés de louper des jours de cours ou des demi journées de cours parce qu'il n'y a pas assez de transports. »
- 1:03:00Florian GramataFait
« Pour avoir le premier emploi, souvent, les jeunes n'ont pas les moyens d'avoir une voiture ou un permis. »
- 1:07:00Josse LucFait
« L'agriculture aujourd'hui dégoûte souvent les jeunes, parce que c'est beaucoup de contraintes. Il faut être là tous les jours de la semaine. »
- 1:11:00Marion MeunierFait
« On se retrouve dans le cercle vicieux où, pour pouvoir aller travailler, il nous faut le permis. Mais il faut qu'on travaille pour pouvoir se payer le permis. »
- 1:15:00Océane GardageFait
« Pour un jeune vivant en milieu rural et qui doit aller exercer ses études dans une grande ville, il a beaucoup plus de difficultés au niveau du logement, de l'alimentation. »
- 1:36:00Emmanuel MacronChiffre
« On est à 700 000 apprentis cette année parce qu'on a investi. »
- 1:57:00Emmanuel MacronFait
« On a passé une première loi appelée EGalim 1, et que là, il y a quelques semaines, on en a passé une deuxième appelée EGalim 2. »
- 0:15Emmanuel MacronFait
« Je voyais tout à l'heure le lait qui m'était donné, " C'est qui le patron ?! ", ce sont pleins de producteurs de lait qui se sont mis ensemble pour protéger la valeur, ce qui fait qu'ils vendent leur lait beaucoup plus cher que ceux qui le vendent tout seuls. »
- 0:30Emmanuel MacronPromesse
« On a commencé à le préserver dans certaines filières qu'on a su organiser. On va continuer de le faire en essayant partout, soit de créer ces organisations de producteurs, soit de continuer à monter en qualité, aller vers les AOC, les AOP, parce que là, on protège encore mieux la valeur. »
- 2:30Emmanuel MacronFait
« On a un problème aujourd'hui dans nos Grandes écoles qui est un problème de déterminisme social et donc, qui, parfois a des conséquences géographiques, mais social. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, Monsieur le Président, et bienvenue dans ce département. Vous êtes encerclé ce matin par une cinquantaine de jeunes Creusois qu'on espère le plus représentatifs possible de la jeunesse de ce département. Elle représente 18 % de la population en Creuse, c'est un chiffre relativement faible. 22 % en Nouvelle-Aquitaine, près de 24 % dans la totalité du pays.
On est sur une population qui est dense et qui, vous le verrez, concentre l'ensemble des problématiques de jeunesse malgré sa faible part dans la population, et des problématiques qui sont quelquefois exacerbées par la ruralité de ce département. On vous propose deux séquences, ce matin. Une première séquence qui est sur le " vivre en Creuse " aujourd'hui pour un jeune, avec une série de témoignages et un temps d'échanges et de débats, si vous le souhaitez, et une deuxième séquence ô combien importante, qui est celle de l'insertion professionnelle, de la recherche d'emploi et de la poursuite d'études pour ces jeunes qui sont dans ce département.
Là aussi, on aura la possibilité d'avoir un temps de réaction et des échanges qu'on espère fructueux de la part de jeunes qui sont dans l'attente de pouvoir vous poser des questions. Je vous propose de commencer tout de suite la séquence de témoignages pour ne pas perdre de temps. Je passe tout de suite la parole à Roukia, Agathe et Émilien pour cette première série.
À vous, les jeunes de Creuse. Bonjour, Monsieur le Président. Je m'appelle Roukia, j'habite à Guéret et je suis conseillère en insertion à la Mission locale de la Creuse.
Je voulais vous faire part de la manière dont nous avons vécu la crise sanitaire. Je dis " on " parce que je parle aussi au nom des jeunes avec qui je travaille et les jeunes ne se sentaient pas à l'aise vis-à-vis de la crise sanitaire. On propose beaucoup d'activités physiques et des chantiers participatifs et le fait de ne pas pouvoir être présents, pour eux c'était une problématique.
Je passe le micro à mon collègue Émilien. Bonjour, je m'appelle Émilien Godard. J'ai 21 ans, j'habite à Guéret.
Je vais vous faire part de mon ressenti de la crise sanitaire en tant qu'étudiant. J'ai vécu le premier confinement en tant qu'étudiant. Cela a été dur pour pouvoir suivre les cours.
On avait surtout des exercices, pas beaucoup de leçons. Ensuite, j'ai vécu une autre partie de la crise sanitaire en tant que surveillant dans un collège, à Bénévent-l'Abbaye. Vous êtes étudiant en quoi ?
Je suis actuellement en recherche d'emploi. Vous étiez étudiant, pendant la crise, en quelle spécialité ? J'étais au lycée Jean Favard en tant qu'étudiant puis j'ai été surveillant en tant que service civique donc j'ai pu voir l'autre côté en tant que professionnel qui s'occupe des élèves.
Beaucoup d'élèves étaient un peu perdus, beaucoup de déprimés qui ne savaient pas ce qu'ils allaient faire. Justement, je vais passer le micro à une collègue qui est en ce moment étudiante. Vous cherchez un emploi en quoi ?
Je cherche dans la vente, en multimédia, mais je cherche un peu dans quel milieu professionnel m'épanouir aussi. Parce que peut-être qu'on peut utiliser ce moment aussi pour vous y aider. Il y a plein de filières qui sont en tension, je pense que ce serait utile pour vous aider à trouver quelque chose.
Je vous remercie. Bonjour, Agathe Montagne, étudiante à Jean Favard, lycée de Guéret. Moi aussi, je vais vous parler de la crise sanitaire en tant qu'étudiante.
En ce moment, je trouve qu'on a perdu cette motivation de travailler, on n'a plus cette motivation. Et pour plus tard, on a un gros trou noir, on ne sait pas où aller. On n'a pas eu beaucoup d'indications.
Dans quel sens ? Dites-moi un peu. On ne sait pas vraiment où s'orienter pour nos parcourssup.
Vous êtes en quoi, là ? Seconde. D'accord, et vous avez envie de faire quoi après la seconde, vous savez un peu ?
Non, pas du tout. Je me fais disputer parce que je ne prends pas le micro. Vous avez une idée un peu de ce que vous voulez faire par la suite ?
Non, je ne sais pas du tout. C'est un trou noir. Et, déjà, vous savez vers quelle spécialité vous voulez aller ?
Plutôt scientifique. D'accord. Bonjour, je me présente, je m'appelle Alexis Boulet.
Je suis sportif de haut niveau depuis maintenant deux ans au sein du club Creuse Oxygène, dont je fais partie depuis maintenant 12 ans. Être sportif en Creuse, c'est une opportunité grâce à la richesse de la nature que la Creuse propose, dont le Maupuy avec ses nombreux parcours de marche, de VTT et de trail. Tout ça concerne les monts de Guéret et, malheureusement, beaucoup de jeunes ressentent que les monts de Guéret exploitent énormément cette richesse naturelle mais qui, en dehors des monts de Guéret, est très peu exploitée, ce qui est dommage et qui réduit la pratique sportive des jeunes ou des plus vieux aussi.
Merci de m'avoir écouté. Vous avez quel âge ? J'ai 19 ans et je suis étudiant en STAPS.
En faisant ces études de sport, j'aimerais avoir l'opportunité de revenir en Creuse pour pouvoir exercer un métier dans la filière du sport, au sein de la nature. Merci de m'avoir écouté. Bonjour, je m'appelle Mathis Liégeois, j'ai 16 ans et j'étudie au lycée Pierre Bourdan à Guéret, en première STMG.
Je suis là aujourd'hui pour vous parler du sport en Creuse, qui a très peu de structures sportives. Par exemple nos gymnases, nos piscines et autres sont très mal entretenus et deviennent de plus en plus vieillissants. Les structures manquent d'entretien et, par exemple, la piscine de Guéret a dû fermer à cause du manque d'entretien.
Les gymnases aussi sont en manque de matériel à cause du budget et de l'investissement. Merci beaucoup. Et qu'est-ce que vous voulez faire après ?
Comment ? Qu'est-ce que vous voulez faire plus tard ? Je vais me lancer dans le commerce.
Je ne sais pas trop dans quel commerce mais pour l'instant je réfléchis. Voilà, merci beaucoup. Bonjour, Monsieur le Président.
Je m'appelle Simon [ INAUDIBLE ], j'ai 19 ans. Je suis à la recherche active d'un emploi. En parallèle, je suis sapeur pompier volontaire depuis 4 ans et membre de plusieurs associations avec des fonctions différentes, comme les Scouts et Guides de France depuis 13 ans.
Je suis également trésorier adjoint des Jeunes sapeurs pompiers de Guéret et responsable logistique de l'UDPS 23. C'est une association agréée de sécurité civile. J'ai été mis en lumière il y a quelques mois grâce à l'opération Prodiges de la République et, du haut de mes 19 ans, c'est un honneur d'avoir toutes ces responsabilités dans ces associations mais, malheureusement, on n'est pas assez nombreux dans ce genre d'associations, dans les milieux ruraux comme le nôtre.
Mais la confiance et le sens de la responsabilité nous poussent à continuer cet engagement. Ensuite, je voulais parler des souhaits que j'aimerais avoir pour les milieux associatifs. Déjà, pour ma part, je souhaiterais continuer cet engagement mais à condition de trouver un emploi dans mon bassin de vie, d'encourager davantage l'engagement associatif dans les milieux ruraux et, ensuite, saluer l'engagement des jeunes dans la vie locale comme en Creuse.
Ensuite, pour les loisirs en Creuse, on a de très beaux environnements mis en avant par des activités extérieures comme le labyrinthe géant, l'accrobranche ou le vélo rail mais, par contre, en activités intérieures c'est compliqué. On se demande souvent ce qu'on peut faire quand il ne fait pas beau. On propose souvent un karting, un laser game, quelque chose comme ça, mais en Creuse on n'a rien de tout ça.
On est obligés de prendre notre voiture donc consommer de l'essence, aller en dehors du département, à plus d'une heure, pour pouvoir faire une activité en intérieur. Merci de m'avoir écouté. Merci beaucoup.
Messieurs, Dames, Monsieur le Président, bonjour. Je m'appelle Marie-Sophie Rohmer, j'ai 23 ans. Moi, j'ai grandi en Haute-Savoie, j'ai fait mes études en Auvergne et ça va bientôt faire un an que je suis venue en Creuse pour m'y installer et travailler.
Depuis décembre, je suis salariée d'une association qui s'appelle Ryoanji et on œuvre dans le champ des musiques contemporaines. Au sein de cette association, on porte un ensemble de musiciens dont certains artistes viennent des pays européens. Cet été, on va fêter la dixième édition d'un festival qu'on organise ici, en Creuse, et on va avoir la chance d'inaugurer un lieu de création à la fin de l'année, dans une petite commune de moins de 500 habitants.
Pour être très honnête, j'avoue être arrivée en Creuse avec quelques a priori quant à l'offre culturelle et j'ai été vraiment très surprise de constater la richesse des associations, des initiatives et des petits lieux qui existent ici. Je suis intimement convaincue que c'est grâce à ces petits lieux qu'on pourra retrouver tout ce qui touche au lien social, à l'accès à la culture, au partage, etc, qu'on a perdu pendant la crise sanitaire. C'est tout ce que j'avais à vous dire, merci.
Donc l'association a des projets devant elle ? Oui. Et de l'ambition aussi.
Oui. Il est où, le lieu que vous allez ouvrir ? Il est sur une commune qui s'appelle Jarnages.
C'est où ? C'est à 20 minutes d'ici, exactement, à 15 km à l'est de Guéret. Et vous êtes cordialement invité, si vous voulez, pour l'inauguration de ce lieu.
Merci beaucoup, bravo. Je vous en prie, merci. Merci à tous pour cette première séquence de témoignages.
Je vous propose, Monsieur le Président, si vous le souhaitez, de réagir et de passer à un temps d'échanges et de questions peut-être, sur ces sujets du " vivre en Creuse " aujourd'hui. Je vais réagir, est-ce qu'il y a des choses que vous voulez compléter sur la crise Covid ou ce qui a été évoqué par certains ? Allez-y !
Bonjour à tous, bonjour Monsieur le Président. Je me présente, je m'appelle [ INAUDIBLE ]. Je suis en classe de terminale au lycée Eugène Jamot, à Aubusson.
Ce n'est un secret pour personne, pendant la crise sanitaire la santé mentale des jeunes est allée de plus en plus mal. Malheureusement, en Creuse, les structures pour nous accompagner sont très peu nombreuses et celles qui existent sont débordées. Nous n'avons par exemple pas de pédopsychiatres, en Creuse.
Les psychologues de l'Éducation nationale ne sont pas formés à accompagner les élèves sur le long terme et je trouve cela dommage puisque nous sommes tous touchés, malheureusement, par l'augmentation des symptômes dépressifs, par l'augmentation du décrochage et de la phobie scolaire et de la désocialisation. Je trouverais pertinent qu'on puisse avoir des interventions de professionnels dans les classes, comme nous en avons pour nous prévenir des dangers de l'alcool ou faire de la sécurité routière, pour nous accompagner pour qu'on puisse apprendre à reconnaître les signes, aussi bien chez nous que chez un ami et pour qu'on puisse savoir vers qui se tourner ensuite pour avoir un accompagnement sur le long terme. Merci de m'avoir écoutée.
Vous avez une question derrière vous, Monsieur le Président. Bonjour, je m'appelle [ INAUDIBLE ]. Je suis élève en terminale au lycée Jean Jaurès.
Moi j'aimerais parler, toujours par rapport à la crise sanitaire. Je pense que ce n'est un secret pour personne non plus que la Creuse c'est un département très vaste et rural. C'est-à-dire que, lors de la crise ou lors du confinement, par exemple, c'était très compliqué pour beaucoup de personnes.
Quand le confinement était terminé, beaucoup pendant le confinement ont développé des addictions, que ce soit au niveau jeux vidéo ou tout simplement tout ce qui est drogue, etc. Je pense que tout le monde en est conscient et je trouve qu'en Creuse on est d'autant plus touchés parce que, quand on est sortis de tout ça, beaucoup d'élèves ont eu un énorme décrochage scolaire, c'est-à-dire que, même dans notre propre lycée, rien qu'à Aubusson, beaucoup d'élèves ont été incapables de se raccrocher aux cours après ça parce que le distanciel était super compliqué. Je trouve que c'était presque un acharnement, quand on travaillait en distanciel.
Beaucoup n'ont pas d'accès à la Wi-Fi. Rien que le réseau, en Creuse c'est compliqué, on n'a pas du réseau partout. Je trouve ça important de parler du fait qu'il y a beaucoup d'isolement en Creuse et que tout le monde n'est pas forcément conscient de ça.
Il y a beaucoup de gens qui aimeraient parler justement, beaucoup de gens qui ont des problèmes et qui ne le disent pas parce qu'ils n'ont pas assez de structures justement pour le dire et qu'ils n'ont personne à qui le dire, et je trouverais ça vraiment important. Je rejoins ce que tu disais, qu'on devrait ouvrir beaucoup plus de structures liées à la psychologie parce que les psychologues qui sont là, en école ou même les conseillères d'orientation, oui ils apportent une aide mais c'est une aide sur une courte durée et ça ne nous aide pas forcément. Tout ce qui est au-delà de la psychologie et qui entre dans la psychiatrie, par exemple, il n'y a aucune aide sur ça et, au final, toutes les personnes qui sont touchées par ça, on ne le sait pas forcément.
Donc j'aimerais connaître votre avis sur le fait de l'isolement en Creuse et du fait qu'on n'ait pas forcément accès à tout ce à quoi d'autres ont accès en dehors de la Creuse. Merci pour tout, c'est tout pour moi. Merci beaucoup, je vais répondre.
Bonjour, Monsieur le Président. Du coup, j'aimerais revenir sur ce qu'a dit la jeune fille, sur la connexion Internet. Par exemple dans ma classe, moi je suis une élève de terminale au lycée Pierre Bourdan, il y avait plusieurs élèves qui ne pouvaient pas accéder aux cours en distanciel parce qu'ils étaient dans des zones blanches.
Je ne trouve pas ça normal en période de pandémie. Moi, j'ai été coupée pendant un mois d'Internet parce que la technologie qui permet d'apporter la 5G en ville n'est pas éligible pour tous, notamment les foyers éloignés comme le mien. On nous a coupé Internet pendant un mois parce que le fournisseur, du coup, ne pouvait plus nous fournir Internet.
Donc, maintenant, les solutions pour nos foyers ce sont des boxes 4G, mais je pense que c'est discriminatoire, surtout dans une période de pandémie où on a besoin de cette connexion Internet pour les cours notamment, ou pour autre chose. Je pense que ce n'est pas normal. Tout se fait par Internet actuellement, et qu'on nous coupe Internet pendant un mois parce qu'ils ont besoin de la 5G en ville, ça creuse un fossé qui est déjà présent entre la Creuse et ces autres territoires.
Voilà. Une dernière question peut-être, pour enchaîner, avec un temps de réaction ensuite. Je m'appelle Arthur Genest, je suis élève en classe de terminale au lycée Pierre Bourdan et je voulais compléter ce que disaient mes deux camarades avant moi.
C'est vrai que les collectivités territoriales ont déployé beaucoup de moyens pour réussir à remédier à ce problème des zones blanches et surtout à la communication et à l'accès en Creuse mais ça reste quand même très marginal. J'habite dans le même village, à 2 kilomètres d'ici, que Louise, et on a eu des coupures d'Internet fréquentes et des fournisseurs de réseaux qui n'ont donné aucun signe de vie ni aucune réponse. On s'est retrouvés complètement bloqués en période de distanciel et c'est d'autant plus compliqué qu'on est éloignés des grands axes et surtout des plus grandes villes comme Guéret, Aubusson ou La Souterraine.
Donc ça nous a isolés encore plus que les autres. On a une dernière question, peut-être, mademoiselle. On avait monsieur aussi, pardon.
Bonjour, je m'appelle Alicia [ INAUDIBLE ]. Je suis élève en BTS au lycée de Felletin. Aujourd'hui, je reviens sur ce que vous disiez, que vous étiez excentrés des grands axes.
Aujourd'hui, en Creuse, on a beaucoup de problèmes de transport. Moi je viens de la Vienne, personnellement, et actuellement j'ai le permis donc pour moi il n'y a pas vraiment de souci. En revanche, tous les élèves qui sont en BTS dans ma classe viennent de très loin et on a beaucoup de problèmes pour qu'ils puissent rentrer chez eux.
Les transports sont très limités. Ils sont obligés de louper des jours de cours ou des demi journées de cours parce qu'il n'y a pas assez de transports. Notamment les bus, il y a deux bus dans la journée qui s'arrêtent au lycée de Felletin pour pouvoir récupérer les élèves des autres villes.
C'est un très gros souci qu'on rencontre, surtout qu'on travaille souvent en groupe et que la plupart de ces élèves sont obligés de louper des cours sur une formation qui dure seulement deux ans. J'espère qu'il y aura une amélioration sur les transports en commun dans la Creuse, qui est quand même une région assez vaste et où il y a peu de transports en commun à ce jour. Merci.
Merci beaucoup. D'abord, merci d'avoir parlé aussi franchement, parce que je sais que ça n'a rien d'évident en soi. Je vais essayer d'apporter des éléments de réaction : une réponse, ce serait un bien grand mot.
Au fond, il y a eu plusieurs séries de sujets qui ont été abordés. Le premier, c'est peut-être la crise Covid et ce que vous avez exprimé les uns et les autres avec beaucoup de force. Cette crise, nos masques le montrent, on n'en est pas totalement sortis, mais on n'est plus dans ce pic qu'on a pu connaître, qui a déstabilisé énormément le pays et qui a encore plus touché les générations qui sont les vôtres.
Vous l'avez dit d'ailleurs à plusieurs reprises avec des mots assez forts, en exprimant la détresse, voire la solitude dans lesquelles ça avait plongé beaucoup d'adolescents, de jeunes, d'enfants aussi, pour les générations qui sont venues après vous. La première chose, parce que j'ai eu cette question sur les perspectives et le brouillard, il y a eu, c'est vrai, plusieurs semaines qui ont été extrêmement dures avec l'isolement complet pour protéger et essayer de se protéger. Et j'ai un message pour vous qui est d'abord un message de remerciement, car, à vos générations, on a demandé beaucoup pour protéger face à un virus qui touchait plutôt d'autres générations.
Mais c'est aussi ça, une nation, c'est de savoir se regrouper tous ensemble pour protéger les plus vulnérables. C'est aussi pour cela que notre société, notre nation, doit, dans le temps de sortie de crise, aux plus jeunes, à qui on a demandé tant d'efforts. Mais je pense qu'il est important de se tenir tous solidaires, et vous avez tenu dans cette période.
Maintenant, ce que vous dites à juste titre, c'est que la crise a révélé, aux moments en particulier des confinements, des choses qui parfois étaient là, mais qui se sont montrées alors complètement exacerbées : le doute sur l'avenir, ce que vous avez très bien dit : le brouillard, la solitude, vous avez eu le courage de mettre un mot dessus, et le besoin d'être accompagné quand on a des difficultés : soit des addictions qui apparaissent, vous l'avez très bien dit, soit le besoin d'avoir quelqu'un pour parler, voire être suivi par des professionnels de santé. Cette crise a fait émerger quelque chose qui était un peu un tabou français, qui d'ailleurs ne concerne pas que les plus jeunes, et que vous avez évoqué, qui est le sujet de la santé mentale. On en parlait très peu.
Moi, je n'aurais pas eu le courage à votre âge de dire ce que vous avez dit là. C'était un impensé, quelque chose qui était complètement tu dans la société. On l'a d'abord découvert, enfin, découvert, on a vu l'importance que cela prenait chez les étudiants.
C'est pour cela que l'on a mis en place le " chèque psy ", vous avez peut-être vu ça pendant la crise, il y a un an et demi, pour accompagner des étudiants qui étaient encore parfois plus seuls parce que loin de leurs familles, pour pouvoir prendre en charge les consultations. Je pense qu'on doit aller beaucoup plus loin. C'est pour cela qu'il y a quelques mois, j'ai présenté ce plan Santé mentale pour pouvoir prendre en compte ce que vous avez dit.
Tout ça est un ensemble, c'est comment on sort de la solitude, comment on accompagne et comment on prévient soit les addictions, soit les problèmes de santé mentale. Et ça touche en effet les adolescents, les jeunes, les jeunes adultes, et tous les adultes potentiellement dans la société. Donc il est très important de s'en parler.
La première chose, c'est que l'on puisse mieux former les enseignants et avoir, dans le cadre de l'enseignement, un temps pour pouvoir le dire et lutter contre ces phénomènes, en tout cas les prévenir dans le temps de l'enseignement pour sensibiliser. Je crois que l'une d'entre vous l'a dit. C'est tout à fait juste, et on est en train de concevoir cela.
Il faut former les enseignants pour ça, parce que ce n'est pas évident, quand on n'a pas été confronté soi- même à une maladie mentale, quand on n'a pas connu des proches, quand on n'a pas été confronté dans sa vie personnelle ou professionnelle, de pouvoir bien l'accompagner, le voir et sensibiliser. La deuxième chose, c'est déjà les psychologues. Ce n'était pas pris en charge jusqu'alors, ça coûtait de l'argent, ce qui fait que très peu de gens y allaient, alors qu'il y a parfois plus de psychologues qu'il n'y a de psychiatres ou de pédopsychiatres.
Donc, sur les psychologues, on a mis en place un système avec un forfait qui est maintenant en train de se déployer pour pouvoir accompagner les familles qui ont besoin de ces prestations et, quand soit le médecin soit un appel du professeur interviennent, avoir dès que c'est nécessaire un forfait pour avoir accès à un psychologue, être accompagné, pouvoir parler et aider le lycéen ou la lycéenne, ou l'étudiant ou l'étudiante qui a ces difficultés. Et enfin, il y a un problème que vous avez évoqué, parce que vous, vous avez parlé de pédopsychiatre, qui est le fait qu'il n'y a pas assez aujourd'hui de praticiens de cette discipline parce qu'ils ont diminué progressivement. Cet après-midi, nous aurons, avec plusieurs élus et des professionnels de santé du territoire, une discussion et un échange sur le sujet plus large de la médecine, en particulier dans le département.
Mais il en est des psychiatres comme de beaucoup d'autres professions, il n'y en a pas assez. Mais il y a déjà beaucoup de choses à faire avant d'arriver à un pédopsychiatre ou un psychiatre, c'est de travailler avec un ensemble que vont être les enseignants, les associations, les psychologues, et de pouvoir mieux prendre en charge. En tout cas, ce sujet que vous avez évoqué, la crise l'a révélé, mais il existait avant.
Maintenant, notre défi, c'est de mieux le prendre en charge pour aider les jeunes qui sont dans ces situations et prévenir la dégradation de leur état. C'est vraiment une politique de prévention. Après, c'est souvent lié, et vous l'avez très bien dit, à de la solitude, parfois à des difficultés familiales, à de l'isolement.
Et là aussi, il faut en parler. Il n'y a pas de politique publique face à la solitude, mais il y a à savoir recréer du lien, peut-être différemment, de voir que les réseaux permanents ou le jeu vidéo, ce n'est pas la meilleure manière d'en sortir. C'est par les associations, par le sport, par la musique et par la culture qu'on arrive à recréer du lien, à retrouver du sens à sa vie.
Donc, la clé, je vais y revenir, est dans ce que plusieurs de vos camarades ont pu dire, qui est aussi comment on remet ce qu'on appelle du lien social, au fond un sens, une pratique qui permet de sortir de ça. Je voulais en tout cas, comme plusieurs y sont revenus et que c'était assez frappant, revenir sur ce sujet de la santé mentale. On est en train d'en refaire une priorité de santé publique, et on va mettre le paquet à la fois à l'école et dans le périscolaire.
On réinvestit surtout sur l'ensemble des disciplines en santé parce qu'on manque aujourd'hui de professionnels. Mais vous avez parfaitement raison, et merci de l'avoir dit aussi clairement. Sur la crise sanitaire, ce n'est pas à moi de vous dire quel est le monde exact dont on sort, puisque plusieurs d'entre vous ont dit " On est dans le brouillard " !
D'abord, à vos âges, il est tout à fait légitime d'avoir plein de doutes, puisque c'est ce que vous avez exprimé. Je pense que c'est d'ailleurs plutôt bon d'avoir des doutes, de se poser des questions sur la vie, sur sa vie, le tout étant que ces doutes ne deviennent pas des angoisses qui vous paralysent. Cette crise nous a montré une chose, à mes yeux deux choses si j'étais très simple.
Premièrement, nous sommes vulnérables. On pensait, avec le progrès, etc, plein de choses, qu'on était devenu invincibles ! Nous sommes vulnérables : un virus qui naît dans des conditions encore incertaines à l'autre bout du monde peut arriver chez nous, bousculer et créer l'impensable en quelques jours.
Donc, on doit toujours se préparer à ça, avoir cette capacité de résistance. Ce qui veut dire aussi qu'on doit prendre soin à la fois des autres, de la planète et de cet ensemble qui est le vivant dans lequel on est plongé. Et je le dis dans cet établissement où toutes celles et ceux qui y apprennent et y vivent se destinent à ces métiers qui sont des métiers du vivant, puisqu'un lycée agricole, c'est bien cela, c'est un endroit où on va former des femmes et des hommes qui vont vivre avec le vivant, qui seront ces entrepreneurs du vivant qui ont vocation à nourrir les Françaises et les Français.
Mais on doit avoir cette humilité. La deuxième chose, c'est qu'on a redécouvert pendant cette crise qu'on avait besoin les uns des autres. On n'aurait rien pu réussir dès le début si on n'avait pas tous été solidaires à tout moment, en respectant les confinements pour protéger les plus vulnérables, en se donnant des règles et en les respectant collectivement pour pouvoir ensuite vivre avec le virus, et puis en s'adaptant, en se vaccinant, etc.
Cela montre ce qu'est une nation : on est tous solidaires. On ne s'en sort pas tout seul, ce n'est pas vrai, surtout quand on a un virus comme ça. Pour la sortie de crise, je voudrais vous apporter en tout cas des éléments pour vous rassurer, si je puis dire, l'un et l'autre qui avez exprimé des doutes ou des inquiétudes.
On a mis le paquet sur les jeunes. On a fait un plan de relance dont vous avez sans doute entendu parler. Un des éléments clés du plan de relance, ça a été le plan " 1 jeune, 1 solution ".
Il y a 3 millions et demi de jeunes qui ont pu trouver des solutions grâce à cette plateforme. Je vous invite à y aller aussi pour trouver une formation, un emploi ou un service civique, quelque chose qui vous accompagne en lien avec tous les acteurs locaux, et qui vous apporte des solutions. On y a mis beaucoup d'argent, légitimement.
On a mis aussi le paquet sur à la fois l'éducation, l'apprentissage et l'alternance, ce qui fait qu'on a aujourd'hui notre niveau record en apprentissage : on est à 700 000 apprentis cette année parce qu'on a investi. La nation a fait le choix d'investir dans sa jeunesse parce qu'on est convaincus d'une chose, c'est que c'est vous qui bâtirez justement ce monde de sortie de crise Covid, c'est votre génération, en ayant appris ce que je viens de dire parce que vous l'avez vécu dans votre chair. Ensuite, je pense que vous êtes la génération qui a devant elle une décennie où on va réinventer énormément de choses, et je vais y venir en répondant à l'autre partie des sujets, c'est-à-dire que l'on va consolider le monde dans lequel on était, mais qu'on va accélérer des transitions sur des choses qu'on pensait totalement impossibles ou irréalistes.
On va vivre des années d'accélération d'investissements publiques et privés dans des domaines comme la transition écologique, la transformation de notre agriculture, la réindustrialisation du pays grâce au numérique. Toutes ces choses, c'est en train, là, d'accélérer à plein, parce qu'on investit, mais parce qu'en sortie de crise, tout le monde a en quelque sorte ce réveil. On croit en vous, on investit en vous, il va y avoir des tas de choses qui vont s'inventer.
Donc, ayez des doutes pour vous poser les bonnes questions sur ce que vous avez envie de faire, mais n'ayez pas trop d'angoisses, parce que je pense qu'il y a énormément de choses à faire dans la décennie qui vient, vraiment ! J'ai noté qu'il y avait des projets professionnels, on va aussi vous y aider, parce qu'au moment où je vous parle, on a l'un des taux de chômage les plus faibles, y compris dans le département, qui est un peu en dessous de la moyenne nationale, qui sont des taux de chômage qu'on n'avait pas retrouvés depuis 12 à 15 ans. Il y a des offres d'emplois, et il faut aider chacune et chacun à aller vers ces offres d'emploi, soit en ayant la bonne formation pendant un temps, soit simplement en mettant en relation les offreurs d'emploi et les demandeurs d'emploi.
Ensuite, vous avez évoqué plusieurs sujets qui font votre quotidien, et il y en a un autre qui est revenu, sur la connexion, que ce soit l'Internet haut débit, la fibre ou l'Internet mobile. Sur ce sujet qui n'est pas nouveau, vos élus locaux et les membres du Gouvernement le connaissent par cœur, les services de l'État aussi, on a ces dernières années mis tous ensemble le paquet. On a fait un gros plan France Très Haut Débit, qui avait été commencé il y a plusieurs années, et on a continué d'investir en lien avec les collectivités, ce qui fait qu'on a quand même très fortement remonté les connexions.
Et aujourd'hui, on est l'un des pays, on est même le pays d'Europe où le très haut débit au niveau de structures qui est le nôtre est le plus développé. Sur l'Internet mobile, on a conclu en décembre 2017 ce qu'on a appelé le New Deal, qui a permis de déployer beaucoup plus de pylônes. Là aussi, on a beaucoup augmenté.
Il reste encore des points blancs. Et l'année 2022 va être celle où on finit ce travail, puisque qu'on va vraiment continuer de donner le coup d'accélération. Mais qu'il s'agisse de la fibre ou de l'Internet mobile, ces dernières années ont été des années de très forte accélération de notre équipement collectif.
On s'est mis la pression collectivement pour tirer de la fibre et déployer le très haut débit fixe. Et on a mis la pression sur les opérateurs pour qu'ils mettent des pylônes et qu'ils déploient du très haut débit mobile. La difficulté qu'il y a eu pendant cette crise, et si je vous ai bien écoutés d'ailleurs, cela n'est pas pour vous un problème de raccordement, mais un problème d'opérateurs.
Mais est-ce que vous avez eu la 4G ou pas ? Oui, la solution qui a été proposée, ce sont des box 4G, sauf que la connexion reste très modeste, et en attendant, on a quand même été coupés d'Internet pendant un mois. Et malgré le fait qu'on ait parlé, on n'a pas vraiment été entendus.
Ça, c'est parce que, pendant cette crise, il y a eu collectivement, comme on a tout mis d'un seul coup au télétravail ou à distance, une surconsommation. On a en effet des opérateurs qui ont complètement régulé, et qui n'avaient pas les infrastructures ou l'offre suffisante. Le combat qu'on doit continuer de mener, c'est d'abord de faire monter tout le monde au même rythme et de réussir à le déployer, ce que je veux.
Donc, ce que vous avez décrit est tout à fait vrai : il y avait des inégalités entre celles et ceux qui avaient une connexion parfaite à la maison et pour qui tout a été, et celles et ceux qui soit n'avaient pas encore de connexion parfaite, soit avaient des connexions très défaillantes, ce que vous avez connu. C'est tout le travail qu'il nous reste à faire avec les opérateurs et les collectivités territoriales, qui est de parachever un équipement qui soit le même sur tout le territoire, et qui le soit au meilleur niveau. Ce que je vous dis simplement, c'est que ces quelques dernières années, on a fait tous ensemble un effort très important, et que cet effort a déjà beaucoup changé les choses.
Mais je ne dis pas du tout que ce soit réglé. Ce qu'on a appris pendant cette crise, et surtout au premier confinement, c'est qu'on doit surtout en parallèle améliorer la prestation de tous les opérateurs pour qu'ils garantissent à tout le monde, quand on a installé les équipements, d'avoir le meilleur niveau possible, et qu'ils n'ajustent pas, parce qu'il y a des surconsommation des uns, en pénalisant les autres. C'est aussi pour cette raison que, le plus vite possible, on a remis l'école en présentiel.
Nous sommes le pays d'Europe qui a remis le plus vite les cours en présentiel le 11 mai 2020, et qui a essayé, même quand on a dû après à l'automne faire de l'hybride pour les lycéens, de s'en passer le plus vite possible. Donc ça, c'est un sujet qu'on a bien en tête, sur lequel tous ensemble on est en train d'avancer, on a gagné beaucoup de terrain. Il y a encore du boulot, mais pour moi, vraiment, les prochains semestres et les prochaines années sont ceux qui vont nous permettre de finir ce travail.
Il y a un autre sujet, quand on parle de connexion, ce sont les transports, ce que vous avez dit et qui est très juste. Il y en a plusieurs, quand on parle de votre territoire. Il y a le ferroviaire.
Là, on est en train d'investir massivement : on met 2 milliards sur la ligne ferroviaire pour essayer de rattraper un retard historique, car le choix de notre pays a été d'investir sur les TGV et de beaucoup déserter les petites lignes. Donc là, on a déjà restauré 1 500 km de petites lignes. On va en faire 7 000 en plus dans les deux années qui viennent.
Et on réinvestit sur les lignes d'équilibre, dont on a absolument besoin en ferroviaire, dont celles qui irriguent le territoire et le département. Á côté de ça, il y a les services de transport collectif. Là, je ne suis pas le mieux placé.
Je ne sais pas si les élus veulent l'évoquer, mais c'est un sujet très compliqué là aussi, parce que c'est un système d'organisation où le transport collectif, en particulier par cars ou par bus, est quelque chose qui irrigue le territoire et dépend complètement de l'organisation locale, et qui ne relève pas du Gouvernement. Mais il y a un accompagnement, et tout le monde fait ses meilleurs efforts pour le poursuivre. Il y a ensuite la mobilité individuelle, comment on se déplace tout seul avec sa voiture, comme vous.
Je pense qu'on y reviendra tout à l'heure, parce que je ne veux pas être trop long, quand on parlera du travail. Mais c'est un sujet. Mais ce que je veux vous faire passer, c'est que ce qu'on est en train de faire très fortement, c'est de réinvestir sur les axes routiers, autoroutiers et ferroviaires que j'appellerai de proximité, c'est-à-dire ceux qui vous permettent d'atteindre soit la métropole soit l'agglomération la plus proche pour pouvoir travailler, aller au lycée, faire des études ou retrouver la famille.
Ensuite, il y a d'autres sujets qui ont été évoqués : le sport et la culture. Plusieurs d'entre vous ont évoqué le sport. Vous avez évoqué la culture.
Et j'en viens à ce pourquoi je voulais avoir cet échange. Parce que, dans les propos que vous avez tenus, vous avez formidablement décrit au fond les opportunités de votre territoire. J'ai pris des notes sur ce que vous disiez, j'ai entendu les difficultés sur les équipements sportifs.
Sur les équipements sportifs, c'est tout à fait vrai. Sur le sport, on a mis en place deux choses ces derniers mois, d'ailleurs en apprenant de la crise : le Pass'Sport pour aider à s'inscrire dans un club sportif, en particulier pour les familles les plus modestes, pour que ce ne soit pas un rempart. On a lancé il y a quelques mois un plan pour aider les collectivités à déployer plus d'infrastructures sportives.
On est en train en ce moment, avec l'Agence nationale du sport et l'ensemble des communes, de développer partout où c'est nécessaire en plus de ce qui est d'ores et déjà fait avec les infrastructures et l'aide à la relance, et d'aider au développement des infrastructures sportives, c'est-à-dire les terrains de basket, les demi-terrains pour le 3x3, les différents mobiliers nécessaires, stades, gymnases, etc, pour réhabiliter ou en créer de nouveaux pour qu'on en ait plusieurs milliers. Et ça touche à la fois les quartiers urbains et le rural et très rural. Là-dessus, on est en train de lancer une série de projets pour les infrastructures.
Après, plusieurs des infrastructures que vous avez évoquées, comme la piscine de Guéret, relèvent plus des collectivités territoriales. Ce sujet-là, ce n'est pas le président de la République qui va le régler, c'est comme les transports scolaires. J'en ai bien pris note, et on va tout faire avec ici Madame la Préfète pour que ce sujet avance et qu'on puisse trouver une issue aux situations ponctuelles que vous avez évoquées.
Mais, vous l'avez très bien dit, vos pratiques sportives, vos pratiques associatives, vos pratiques culturelles, c'est ce qui fait la force aussi de vos territoires. Vous l'avez très bien dit : le sport et la nature, ce sont des atouts formidables qu'on n'exploite pas assez. C'est vrai !
Et là, c'est ou par les pratiques à l'Education nationale, ou par celles des associations qu'on peut faire encore beaucoup plus. Formidables atouts ! Vous, vous avez dit ce qui est un atout de votre département, mais comme dans beaucoup de départements ruraux, je crois dans l'associatif.
Je vais le développer. Vous aussi, on va vous aider à trouver un emploi à côté. Mais j'ai compris que vous étiez sapeur-pompier volontaire, que vous étiez, en plus, engagé dans des associations.
C'est une force extraordinaire de notre territoire. Et face à la solitude que décrivait votre camarade pour tous ses collègues et ce quelle a vu pendant cette crise, les associations, c'est un formidable levier parce que c'est du tissu humain. Et c'est une chance et c'est par l'engagement de vos générations qu'on le fera.
Dans nos associations on trouve beaucoup d'anciens, ce qui est une force, pas assez de jeunes. Moi, je vous engage vraiment à y aller parce que ça donne du sens à la vie : c'est s'occuper des autres, c'est développer une passion et c'est ce qui fait notre existence. Et les projets que vous nous avez décrits sur la culture sont l'illustration que c'est tout à fait possible sur un territoire comme le vôtre, si on s'engage, si on se donne du mal, dans un cadre associatif, de développer de nouvelles infrastructures, de développer une nouvelle offre, de porter ces projets.
Et ce pourquoi je voulais qu'il y ait cet échange entre la jeunesse, dans un territoire aussi comme le vôtre, c'est que l'on doit collectivement avoir cette force de dire : il y a énormément d'atouts qu'on ne met sans doute pas suffisamment en évidence. Je pense qu'il faut aussi qu'on sorte collectivement des discours. Il y a plein de difficultés objectives : c'est plus loin, il y a plus de solitude, c'est moins bien connecté !
C'est tout à fait vrai. Il faut mettre le paquet pour le corriger. C'est ce qu'on est en train de faire sur l'internet mobile, sur le très haut débit, la fibre, etc.
On a des problèmes sur la santé ! C'est vrai. Il existe aussi dans des quartiers très urbains où il manque des médecins, il y a plein d'endroits de la République.
Mais il y a des forces formidables, qui fait que vous êtes la génération qui va reconstruire les ruralités en France, et en particulier cette vie dans nos campagnes. Et je vous le dis avec beaucoup de force : l'avenir de votre génération n'est pas de fuir ces départements, ces territoires, c'est de faire exactement ce que vous avez dit, c'est-à-dire développer de la culture d'une nouvelle manière, le sport, y bâtir la vie associative, réussir à construire, justement, de nouvelles activités économiques. Et quand je parlais de la France de 2030, c'est la rénovation thermique des bâtiments, c'est l'agriculture de demain, c'est des nouvelles filières, le bois et quelques autres, c'est de réussir à réindustrialiser le pays avec, justement, une offre dont on change complètement les termes.
Tout ça se fera dans vos territoires. Et quand je vois des jeunes ou moins jeunes d'autres territoires, eux sur-urbanisés, tous sont en train de vouloir se mettre au télétravail pour fuir la ville et toutes ses contraintes. Donc, il va y avoir aussi des opportunités extraordinaires dans les territoires où il y a de l'espace et la possibilité d'inventer quelque chose d'autre.
Et l'exemple que vous nous avez donné en évoquant l'associatif, le sport et la culture, pour moi, c'est la démonstration de ce que sur plein de champs d'activité, on doit pouvoir faire. Avoir cette capacité d'invention, cette énergie et dire à l'État : aidez-nous, mais nous on a des projets. Vous êtes la génération de la reconquête dans les ruralités et je vous le dis avec beaucoup de force.
Et si ça peut vous aider à sortir un peu du brouillard, faites-moi confiance là-dessus. Vous choisirez ce qui vous plaît. Mais ces opportunités, elles existent et on en a la force.
Je ne veux pas être plus long, je crois avoir répondu et je reviendrai sur le sujet des déplacements, je pense sur la question du travail, mais j'ai répondu, je crois, sur le sport, les équipements sportifs, j'ai dit le plan qu'on avait lancé, les associations. Je crois que vous avez répondu sur l'ensemble des sujets, Monsieur le Président, effectivement. Je vous remercie.
On peut entamer la deuxième séquence, qui est celle de l'insertion professionnelle, de la recherche d'emploi. On a vu qu'on avait effectivement des jeunes en recherche d'emploi ici, et de la poursuite d'études aussi, puisqu'un certain nombre de jeunes du département ont des ambitions et souhaitent effectivement, comme les autres, pouvoir profiter d'un cursus scolaire plus long. Je vous invite tout de suite avec Florian, qui est là, à entamer cette deuxième séquence de témoignages.
Bonjour, Gramata Florian, 20 ans. J'ai fait un bac pro Technicien d'usinage à Guéret et un BTS Maintenance des systèmes à Limoges. Actuellement, je suis en intérim à Sauthon, que vous devez connaître, parce qu'elle a été sélectionnée il y a deux ans à l'Élysée pour représenter le made in France.
Et j'ai fait aussi une préparation militaire marine et supérieure. Concernant les stages, heureusement pour moi, pour le bac mes stages étaient à Guéret, donc je pouvais y aller à vélo, mais par contre pour mon BTS, qui était à l'entreprise Cosylva, à côté de là où vous allez cet après-midi, où c'était à trente kilomètres de Guéret et à une heure de Limoges. Si j'avais pas eu la voiture, je ne sais pas comment j'aurais pu y aller.
Et également pour le premier emploi, comme vous dites, "traverser la route pour trouver du travail". Mais quand vous arrivez, en face de vous un panneau stop, qui vous dit que vous n'avez pas assez de temps de travail, que vous n'avez pas d'expérience professionnelle. Or, pour l'avoir, il faut travailler, mais pour travailler, il faut avoir l'expérience.
Donc on tourne en rond. Et également, comme en ce moment en Creuse, on est dans un département rural où, pour avoir le premier emploi, souvent, les jeunes n'ont pas les moyens d'avoir une voiture ou un permis. Comme c'est difficile d'aller à leur premier emploi sans pouvoir y accéder !
Merci. Bonjour Monsieur le Président. Josse Luc.
Je suis apprenti au CFA [INAUDIBLE], en BTS agricole. Je souhaite reprendre l'exploitation familiale. Moi, je voulais vous parler de l'installation des jeunes en agriculture.
L'agriculture aujourd'hui dégoûte souvent les jeunes, parce que c'est beaucoup de contraintes. Il faut être là tous les jours de la semaine, que ce soit la nuit ou la journée. Quand on travaille avec du vivant, on est obligé d'être là.
Déjà, ça, ça repousse un peu les jeunes. On a des conditions de travail assez difficiles, quand même. La France aujourd'hui est très peu modernisée sur ces exploitations.
C'est pas bon, un trou comme ça. Vous êtes spontané. Oui, et puis aussi, ce qui repousse souvent les jeunes, c'est qu'on voit, surtout sur ces dernières années, comme cette année surtout, que les charges augmentent beaucoup et les prix de vente, eux, n'ont pas augmenté depuis très, très longtemps.
Et moi, ce que je trouve dommage, c'est que l'agriculture, c'est un des seuls métiers qui ne fixe ni ses prix d'achat ni ses prix de vente. Donc on est totalement dépendants des structures autour de nous. Voilà, c'est ce que je voulais vous dire.
Merci de m'avoir écouté. Alors bonjour, je m'appelle Marion Meunier, je fais un BTS aménagement et finition au [INAUDIBLE] embauchée par [INAUDIBLE], et je voulais parler justement de la mobilité, qui est un énorme problème, par une anecdote personnelle, qui m'est arrivée. J'habite à cinq kilomètres du bus le plus proche de chez moi.
Un matin, on m'a amenée à mon bus. Le bus n'est pas passé. On était en hiver, j'ai dû rentrer chez moi à pied et faire les cinq kilomètres sous la pluie.
Et on se retrouve dans cette problématique où le permis coûte extrêmement cher. Nos parents n'ont pas forcément les moyens de nous payer le permis, sauf qu'on se retrouve dans le cercle vicieux où, pour pouvoir aller travailler, il nous faut le permis. Mais il faut qu'on travaille pour pouvoir se payer le permis.
Donc, on est dans cette problématique où, vraiment, que les bus, on n'y a pas accès, en ville non plus, parce qu'en ayant un bus qui passe une fois par heure grand maximum. Donc, soit on arrive trop tôt et en plein hiver, c'est pareil, arriver une heure en avance, ce n'est pas très drôle, surtout en cette période de covid, quand on est obligé de rester dehors. Et on n'a pas accès à des bus, on n'a pas accès à des trains.
Plus ça va, plus ils diminuent également. Donc on se retrouve avec cette énorme problématique. Bonjour Monsieur le Président, bonjour a tous, je m'appelle Océane Gardage, je viens de Châteauroux et je suis venue à Guéret pour exercer mes études à l'IUT de Guéret.
Je suis actuellement en BUT Carrières sociales, option Animation sociale et socioculturelle. Il y a plusieurs points à aborder en ce qui concerne le décloisonnement. Pour un jeune vivant en milieu rural et qui doit aller exercer ses études dans une grande ville, il a beaucoup plus de difficultés au niveau du logement, de l'alimentation.
Il a tout à payer, alors qu'un étudiant qui est déjà dans une grande ville, c'est beaucoup plus facile pour lui parce qu'il a un plus large panel de formations qui est disponible sur son territoire, et il n'a pas forcément besoin de quitter le domicile familial, et donc peu de frais à sa charge. Mais d'après les dernières informations, vous auriez dit que pour éviter la précarité étudiante, il faudrait rendre les études payantes, ce qui est totalement contradictoire. De plus, en ce qui concerne la santé, parce qu'on n'en parle pas assez, mais en Creuse, on est confrontés à la désertification médicale.
Par exemple à l'IUT de Guéret, quand on a besoin de voir un médecin, c'est très compliqué d'en trouver un, surtout quand on vient d'une nouvelle ville, un nouveau département ou bien même une autre région. Trouver un médecin traitant est très difficile. Par exemple, de plus, à l'IUT, quand on est absent, sur chaque matière qu'on va louper, on aura un point en moins sur notre moyenne.
Donc comment on peut faire quand, justement, on se dit qu'on est malade, qu'on ne peut pas aller en cours, mais qu'il faut y aller, sinon on aura des points en moins sur notre moyenne ? Mais l'Université de Limoges met à notre disposition tous les jeudis des professionnels de santé, que ce soit infirmières, médecins ou bien même des psychologues, gratuitement, sans qu'on ait à avancer les frais, pour pouvoir justement avoir des justificatifs, pouvoir être écoutés. Mais je ne pense pas que ce soit le cas pour tous les étudiants présents sur notre territoire, ce qui est une vraie injustice par rapport à ceux qui sont à Limoges.
Ils ont accès à des médecins, alors qu'ici, ce n'est pas le cas. Merci pour votre écoute. Bonjour Monsieur le Président de la République, je m'appelle Guillaume [INAUDIBLE].
J'ai 23 ans et j'ai grandi dans une petite commune qui s'appelle Sainte Feyre, pas très loin d'ici. L'année de ma terminale, pendant l'année du baccalauréat, j'ai passé le concours de Sciences Po et donc je suis parti à Paris faire mes études supérieures, il y a trois ou quatre ans, et je pense que je ne l'apprends pas à un enfant de la Picardie, mais parfois, c'est un peu difficile. Les premières semaines, sur les bancs de la rue Saint-Guillaume, on se confronte parfois à un petit peu de condescendance, à un peu de mépris, quand on vient d'un petit lycée rural, mais on garde la tête haute.
On continue, on fonce, on prouve qu'on a sa place comme les autres et qu'on l'a méritée. Et puis, ça renforce aussi notre attachement à notre territoire. Et puis, les semaines passant, on se rend compte qu'on n'est pas très nombreux à venir de territoires ruraux dans les grandes écoles de la République.
Alors, pour lutter contre ce phénomène, je me suis investi dans une association qui s'appelle " De la Creuse aux grandes écoles ", qui a été créée il y a quelques quelques mois par, justement, une dizaine d'étudiantes et étudiants des grandes écoles, et qui sont originaires de la Creuse. Donc concrètement, en fait, on intervient dans des lycées. Il y a beaucoup de proviseurs, là-bas, qui nous ont aidés à intervenir pour présenter aux lycéennes et aux lycéens ces cursus dans leurs lycées, très sélectifs.
On leur présente les cursus, on essaie de les accompagner pour ceux qui voudraient préparer les concours. Mais voilà, on se confronte à beaucoup d'autocensure, de dévalorisation aussi. Beaucoup de lycéennes et de lycéens nous disent : écoute, pour moi, c'est trop loin, c'est trop compliqué, ce n'est pas fait pour moi, c'est trop cher aussi.
Alors voilà, je me demandais comment l'État pouvait nous accompagner pour, comment dire, aider ces étudiants-là à prétendre aux grandes écoles. Comment on peut les accompagner ? Comment on peut mieux diversifier l'accès aux grandes études et aux études sélectives pour les étudiants qui viennent justement de ces territoires ?
Et ensuite, c'est le deuxième revers de la médaille, c'est, pour ceux qui sont partis, comment on peut les convaincre et les encourager à revenir avec des opportunités d'emploi qui sont à la hauteur de leur qualification ? Je vous donnerai un exemple personnel. Moi, je voudrais travailler dans la Haute fonction publique.
Il n'y a pas énormément d'opportunités d'emploi dans la Haute fonction publique dans la Creuse. Il y en a, mais il n'y en a pas beaucoup. Donc voilà, ça peut être parfois compliqué d'avoir des perspectives, quand on est parti faire des hautes études, dans notre département, auquel pourtant on est très, très attachés.
Merci Monsieur le Président. On a terminé, Monsieur le Président, cette deuxième séquence de témoignages. Je vous laisse sur un temps de réaction.
Merci beaucoup. Alors, quelques réactions. La première, je vais peut-être commencer par vous parce que vous avez commencé par les études.
D'abord pour vous remercier pour votre bon sens, parce qu'en effet, quand on veut se battre contre la précarité étudiante, on n'augmente pas les droits d'inscription à l'université. C'est d'ailleurs pour ça que, contrairement à ce que j'ai pu lire partout dans La Presse, je n'ai jamais dit ça. Donc, merci de l'avoir corrigé, en tout cas de me mettre de votre côté, c'est plutôt celui du bon sens.
Donc je n'ai jamais dit ça. Je me suis exprimé devant la Conférence des présidents d'université. Je défie qui que ce soit de retrouver cette phrase qui est sortie partout.
Il paraît qu'on est en campagne et donc il y a apparemment beaucoup de gens qui, dans ces cas-là, sortent des choses et vous font dire le contraire. Nous avons d'ailleurs fait le contraire. Jusqu'à 2018, la Sécurité sociale étudiante avait coûté un peu plus de 1 000 euros par an.
Elle était à la charge des étudiants. Ce n'est plus le cas. Pendant la crise, on a pris en charge, y compris pour les non boursiers, vous le savez bien, les repas, pour qu'il y ait le repas à un euro pour celles et ceux qui étaient modestes et qui pouvaient y avoir droit.
Oui, dites moi. D'ailleurs, par rapport au repas à un euro, c'est pour vous informer qu'ici, en Creuse, on n'y a pas accès. On n'a pas le repas à 1 euro.
On est sorti de la période de pic. Ça dépend pour les boursiers ou les non boursiers ? Pour tout le monde.
À l'heure actuelle, nous n'avons pas le repas à 1 euro, ici, à Guéret en tout cas, donc voilà. Le directeur de l'IUT reprécisait qu'il avait toujours, via le CROUS, le repas à 1 euro. Je suis très, très étonnée.
Normalement, c'est de toute façon dans toutes les académies. Il n'y a pas de territoire exclu du repas à 1 euro. Nous, à Aubusson, on n'a pas les repas à 1 euro, mais on a des paniers qui peuvent être commandés, des paniers avec de la nourriture qui peuvent être commandés sur Aubusson.
Donc tous ceux qui viennent de Felletin et qui n'ont pas de transport ne peuvent pas les récupérer. Je vais venir après au sujet du transport. Mais on a des paniers repas qui sont, d'ailleurs, toujours fournis à l'heure actuelle, on a juste à les commander.
En tout cas, je suis preneur qu'on puisse regarder dans ces cas-là parce que je vous confirme que le repas à 1 euro pour ceux qui sont boursiers, c'est un droit. C'est le CROUS, donc pour Aubusson, par exemple, c'est différent. C'est le CROUS qui offre le repas à 1 euro.
Du coup, après, si on a le repas à 1 euro, on n'est pas du tout informés. C'est vrai que nous, à Guéret, on a accès au panier solidaire qui est sans condition, justement, on peut le remplir. Mais c'est vrai que peut-être qu'il y en a, ça ne leur suffit pas du tout le panier solidaire, mais si on a le repas à 1 euro, on aimerait savoir où, comment et avoir des informations.
Alors, je propose dans ces cas-là, peut être que juste à l'issue, on puisse vous donner toutes les informations et qu'on se mette en situation avec l'ensemble des médias locaux, d'informer tout le monde comme il se doit là-dessus. Non, non, mais parce que c'est important qu'on ait accès aux droits et aux dispositifs qui sont mis en place. Merci.
Non, merci à vous. Mais donc, tout ça pour dire que ce qu'on a fait pour lutter contre la précarité étudiante, c'est exactement l'inverse. Donc, je pense que le défi qui est le nôtre aujourd'hui, c'est d'accompagner toutes les étudiantes et tous les étudiants dans leurs études.
Ce que j'évoquais, ce sont plutôt des formations, en particulier les formations professionnelles tout au long de la vie, que les universités vont devoir mettre en place et qui, elles, ont vocation à être payante et vont permettre aux universités d'avoir ainsi des revenus et de fonctionner en se donnant plus de moyens parce que nos universités, elles font la compétition avec des universités dans le monde entier qui ont beaucoup de moyens en ayant des formations, justement, de meilleur niveau, dont certaines sont payantes. Mais l'idée n'est pas que nos étudiants, aujourd'hui, dont on a plutôt réduit le coût, que ce soit l'alimentation ou la Sécurité sociale, on les fasse payer, non. Il faut mieux les accompagner, en particulier logement.
Alors après, juste un autre point, il y a des situations très différentes. C'est sûr que quand on est dans une famille aisée qui habite une métropole à côté d'une université, on est avantagé par rapport à quelqu'un qui est loin de l'université, c'est ça qu'on doit, nous, compenser. C'est pour ça qu'il faut qu'on continue de développer, par exemple, du logement étudiant et tous les mécanismes d'accompagnement.
Mais là aussi, c'est aussi pour ça qu'on a développé des offres en supérieur et dans à peu près toutes les filières, dans des villes moyennes ou des petites villes parce que le coût du logement y est beaucoup moins élevé, ce qui est aussi un atout parce que pour beaucoup de jeunes, dans une grande ville, au bout d'un certain âge, vous ne voulez pas forcément rester chez vos parents non plus, et l'accès au logement est beaucoup plus cher que dans des villes qui ont moins d'habitants, où on peut avoir accès à un logement étudiant ou à un logement de taille réduite pour un coût beaucoup plus modique. La question, c'est comment on accompagne chacun des parcours, ils sont forcément variés. Sur l'agricole, puisque vous l'avez ensuite évoqué et on est dans un formidable établissement qui forme à l'ensemble de ces métiers, peut-être deux ou trois mots par rapport à ce que vous avez dit.
Un, nous, on défend la valorisation du métier. Pourquoi ? Parce que nos agriculteurs sont celles et ceux qui ont nourri le peuple français et vont continuer à nourrir aujourd'hui et demain.
Donc on en a besoin, et comme le disait tout à l'heure le ministre, ce sont des entrepreneuses et des entrepreneurs du vivant dont les pratiques sont en train d'être complètement révolutionnées et dont on doit changer l'image parce que pour beaucoup de nos compatriotes, l'image qu'ils ont de l'agriculture ne correspond pas du tout à la réalité. Et aujourd'hui, il y a un travail d'innovation qui est extraordinaire, d'amélioration des conditions de travail, de modernisation, et ce sont des professions qui ont complètement changé ces dernières années, qui se sont extraordinairement modernisées pour avoir justement moins d'intrants, moins de produits chimiques, mieux prendre en compte justement le bien-être animal et réussir à trouver de nouveaux équilibres, en continuant à nourrir. La question du prix que vous avez soulevée est clé.
C'est la bataille qu'on mène depuis maintenant quelques années parce que, là aussi, on s'est tous habitués, comme citoyens, à dépenser de moins en moins d'argent pour manger. C'est un peu le débat qu'on avait à l'instant. Comment on fait pour que les agriculteurs soient bien payés et avoir le repas à 1 euro ?
Là, c'est une politique sociale, on l'assume, c'est l'État qui paie. Mais les produits chez l'épicier, au supermarché ou ailleurs ne peuvent pas ne rien valoir quand il s'agit de l'alimentation, il faut payer le juste prix. Donc c'est pour ça qu'on a passé une première loi appelée EGalim 1, et que là, il y a quelques semaines, on en a passé une deuxième appelée EGalim 2, c'est de permettre de former le prix différemment pour protéger le producteur.
Et en particulier cette deuxième loi, ce qui est une petite révolution, elle fait que, d'abord, on a incité les producteurs à s'organiser entre eux. Je voyais tout à l'heure le lait qui m'était donné, " C'est qui le patron ?! ", ce sont pleins de producteurs de lait qui se sont mis ensemble pour protéger la valeur, ce qui fait qu'ils vendent leur lait beaucoup plus cher que ceux qui le vendent tout seuls.
Et ensuite, on permet aux producteurs de négocier avec le transformateur, celui qui va le mettre dans la brique de lait, par exemple, en l'espèce, sur un prix et il ne peut plus être négocié par les grandes surfaces. Parce que notre problème, c'est que vous avez 68 millions de consommateurs avec quatre grandes centrales d'achat et, derrière, des dizaines de milliers de transformateurs et encore plus de producteurs. Et donc le jeu n'est pas équilibré, donc avec cette loi EGalim 2, on est en train de le rééquilibrer, mais avec une grande difficulté, c'est que la période qu'on vit est en plus très chahutée par des cours mondiaux qui fait que parfois, le cours des matières premières, pour beaucoup d'exploitants agricoles, augmente.
Donc, voilà cette bataille du prix, ce que je veux vous dire, c'est qu'on ne la lâchera pas. On a commencé à le préserver dans certaines filières qu'on a su organiser. On va continuer de le faire en essayant partout, soit de créer ces organisations de producteurs, soit de continuer à monter en qualité, aller vers les AOC, les AOP, parce que là, on protège encore mieux la valeur.
Et puis, grâce à la loi EGalim 2, les négociations commerciales en cours, de contraindre les distributeurs à respecter le prix pour que les producteurs soient payés justement au juste prix par rapport à leur investissement. Mais c'est absolument essentiel si on veut continuer justement à avancer et à nourrir le pays comme vous l'avez dit. En tout cas, moi, je veux, ici, défendre l'importance de ces métiers et du métier que vous représentez.
Ensuite, Il y a le sujet travail et le sujet mobilité, vous avez un peu évoqué ça, vous aussi. C'est comment on se déplace pour le premier emploi et comment on arrive, et ça rejoint la question que vous posiez tout à l'heure dans le cycle précédent, comment on fait face, justement, à ces difficultés du quotidien pour se déplacer ? Il y a tous les sujets des transports en commun qu'on a évoqué tout à l'heure, qu'on va continuer à améliorer collectivement.
Ce qui est vrai, c'est qu'on a, aujourd'hui, un problème avec l'accès aux premiers véhicules et on a un double problème : le coût du véhicule et le coût du permis. On a commencé à apporter une réponse, moi, je vous dis ça, je suis convaincu de ce que vous dites, la première chose que j'ai faite dans ma vie politique, entre guillemets, ça a été les cars. Je me suis battu à l'époque, d'ailleurs, je me suis bien fait taper dessus, pour ouvrir le marché des cars et permettre que, justement, des compagnies de cars se créent plus facilement, ce qui a permis dans beaucoup d'endroits de la ruralité de créer des compagnies de cars.
On peut mesurer aujourd'hui le résultat de ce qu'on avait fait il y a maintenant 6 ans. Bon, il faut continuer comme ça d'ouvrir les choses. Sur le permis de conduire, on a simplifié le code.
Si vous voulez passer le code aujourd'hui, c'est quand même beaucoup plus simple, il y a différents moyens, y compris en ligne. La Poste est aujourd'hui un bon contributeur avec nos services publics locaux, donc là-dessus, le code, il n'y a plus tellement, honnêtement, de remparts pour passer le code. Le vrai sujet, c'est l'exercice pratique.
Il reste coûteux. Pourquoi ? Parce qu'il faut payer les heures, parce que, j'ai demandé qu'on travaille sur une réforme, il y a une chose que je n'ai toujours pas comprise, c'est deux fois plus difficile dans notre pays d'avoir l'exercice pratique du Code de la route que d'avoir le baccalauréat.
Les chiffres sont là pour le montrer. On a 47 % de réussite, mais près de 90 % de l'autre côté. Donc manifestement, on a quand même quelque chose.
L'organisation n'est pas bonne, mais du coup, quand on le rate une première fois, on doit passer des heures. Bilan des courses, c'est bien souvent autour des 1 000 euros. Pardon ?
Mais quand je dis bien souvent autour de 1 000 euros, si vous le ratez la deuxième fois, on vous rajoute des heures, etc., si en plus, on vous fait attendre parce que il n'y a pas assez d'examinateurs, on doit remettre le sujet à plat. On a commencé à le faire dans la réforme de l'apprentissage puisqu'on a donné une aide de 500 euros aux apprentis.
On a plusieurs dizaines de milliers d'apprentis qui ont été aidés à cet égard et qui ont pu être accompagnés. Ce qu'on doit réussir à faire, c'est, dès le lycée, avant, mettre en place un mécanisme, et donc, je vous ai entendu, j'ai aussi entendu ce que ces dernières semaines, certains de vos collègues vous disaient parce que quand j'étais, je vous rassure, dans le Cher ou dans l'Allier, j'ai eu exactement le même message, donc reçu cinq sur cinq. Ce qu'on a fait va dans le bon sens, mais ça ne va pas assez vite et ce n'est pas assez fort.
Et donc, ce que vous dites et tout à fait juste à cet égard, donc il faut qu'on mette en place un système qui permet, sur l'examen pratique, d'avoir un accompagnement financier et une bien meilleure prise en charge. Et à côté de ça, je pense que pour les étudiants et ça, c'est à regarder avec les missions locales, il faut qu'on regarde comment, sans doute, prendre en charge des flottes de véhicules pour mieux accompagner celles et ceux qui commencent leur vie et ne peuvent pas s'acheter tout de suite une voiture. Après, pour le premier emploi et ça, c'est ce que vous dites, ne date pas d'hier et n'est pas lié à votre territoire, on me demande de l'expérience, or, je n'en ai pas. le serpent se mord la queue.
J'ai deux éléments de réponse. Le premier, la plateforme " 1 jeune, 1 solution " apporte quand même beaucoup de réponses parce que vous avez beaucoup, beaucoup de secteurs qui demandent aujourd'hui et qui offrent des emplois. Donc normalement, quand on a de la bonne volonté, c'était un peu ça, ce que je disais, avec cette formule que vous avez rappelée, qui était plus adaptée à Paris, où je me trouvais à ce moment-là, qu'ici, mais qui était totalement vraie à Paris, à l'endroit où je me trouvais, c'est de dire : " si on a de la bonne volonté, il y a des offres d'emplois qui existent ".
Donc, premier point, et sur " 1 jeune, 1 solution ", on les a, y compris quand il faut même des petites formations ad hoc très limitées, mais pour qui est prêt à y aller, il y a du travail. La deuxième chose qui me semble très importante, c'est l'apprentissage et l'alternance. Et ici, je veux le redire, je citais des chiffres tout à l'heure.
Le meilleur moyen de casser ce cycle, c'est que l'employeur connaisse les jeunes et que l'écart qu'il y a entre une formation théorique et l'emploi, on l'écrase. Et donc, ça, c'est l'apprentissage et l'alternance. On est passé de 260 000 à 700 000 par an.
Je peux vous dire que le taux d'emploi en sortie d'apprentissage, il défie toutes les statistiques. On est à largement plus de 80 % parce que l'employeur qui vous a eu comme apprenti ou le secteur, vous êtes connu et donc ça évite d'avoir ces problèmes et c'est pour ça qu'on veut développer l'apprentissage dans à peu près toutes les filières et continuer d'avancer. En tout cas, message bien reçu, y compris sur le temps d'attente pour le bus et la possibilité d'avoir ces solutions plus individuelles.
Le dernier point, c'est sur ce que vous évoquiez. On a un problème aujourd'hui dans nos Grandes écoles qui est un problème de déterminisme social et donc, qui, parfois a des conséquences géographiques, mais social. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai souhaité faire une réforme de la haute fonction publique en créant cet Institut national du service public parce que je devais constater qu'il y avait dans l'ENA, que j'ai fait aussi, beaucoup moins d'enfants d'ouvriers ou d'agriculteurs qu'il n'y en avait 40 ans avant, même corrigé de la réduction de la proportion de ces professions dans l'ensemble du monde.
Il y a un déterminisme qui s'est créé. Alors, comment lutter contre celui-ci ? D'abord, en continuant de réformer notre enseignement supérieur pour que les éléments de sélection ne contribuent pas à la reproduction sociale.
Et c'est ce qu'on est en train de faire, c'est-à-dire avoir vraiment un système d'ouverture où vous allez beaucoup plus avoir des oraux, vous regardez une palette de talents et pas simplement des épreuves, par exemple, type culture générale, qui sont très importantes, il se trouve que je l'ai enseignée, mais si vous sélectionnez par la culture générale et l'anglais, très souvent, vous allez reproduire les inégalités. Moi, en effet, j'ai quitté ma ville d'Amiens pour arriver à Paris en terminale, j'étais beaucoup moins fort en culture générale et en anglais que beaucoup de mes camarades. Beaucoup moins fort parce que je n'étais pas une famille où on envoyait deux fois par an en Angleterre, etc.
On peut le rattraper en quelques années, mais il faut laisser le temps de rattraper, et il faut regarder les autres compétences. Et donc, c'est ça qu'on est en train d'améliorer. Ça, c'est le premier levier.
Le deuxième, c'est d'accompagner celles et ceux qui viennent des différents territoires ou milieux sociaux, comme les associations que vous avez évoquées. Le troisième qui est, au moins, aussi important, c'est de retrouver un petit peu le cœur de ce qu'est l'école républicaine, qui sont ce qu'on appelle aujourd'hui ces cordées de la réussite, c'est-à-dire d'aller chercher les jeunes d'où qu'ils viennent et de leur donner les meilleures chances de réussir. Ça, c'est le trésor humain de nos enseignants, et c'est pour ça que ce métier est si important pour la vie de la nation.
Mais on a décidé de leur donner des moyens supplémentaires, donc ce sont nos cordées de la réussite qu'on développe, en particulier, dans le rural, pour pouvoir aller donner des moyens supplémentaires à nos jeunes et, dès le collège, aller les chercher avec plus d'accompagnement, leur permettant d'être accompagnés, y compris dans des internats, et d'avoir des cours supplémentaires. La deuxième chose, ce sont les internats d'excellence qu'on est en train de développer. Il y en a, je crois, trois dans le département et donc on va continuer de les développer parce que c'est un levier formidable pour des jeunes dont la famille est parfois plus loin du collège ou du lycée, d'être pris en charge, d'avoir aussi un accompagnement par d'autres maîtres, d'avoir la possibilité de mener des études plus loin.
Troisième élément, ce sont évidemment les systèmes d'apprentissage et de bourse pour accompagner vers le supérieur. Et donc, ça, là aussi on développe, nous sommes, dans notre pays, dans une situation où un tiers des élèves, des étudiants sont boursiers. Ce qu'on doit faire simplement, c'est réformer le système pour beaucoup mieux aider celles et ceux qui viennent des milieux les plus modestes, parce que, du coup, quand je regarde les niveaux de revenus, c'est trop étalé, si je puis dire, et on va parfois aider, même un peu et de manière peu pertinente des élèves, des étudiants qui n'ont peut être pas tant besoin que ça et on ne va pas suffisamment aider ceux qui en ont beaucoup besoin.
Dernier point par rapport à votre question, c'est comment retrouver des emplois localement ? Ça rejoint ce que je disais tout à l'heure sur un peu la réinvention de la vie de la nation et de notre présence au territoire. Eh bien, en remettant des services d'excellence partout sur le terrain.
C'est ce qu'on est en train de faire et ce qu'on va continuer de faire parce que je suis convaincu que c'est le sens de l'avenir. Qu'est-ce qu'on est en train de faire depuis maintenant trois ans ? Nice le sait, on remet des services publics et surtout des fonctionnaires beaucoup plus sur le terrain.
Des fonctionnaires dans nos trésoreries, des fonctionnaires de police, des fonctionnaires administratifs de toutes catégories, y compris de catégories A et A+, et donc des gens qui ont pu faire Sciences-Po, puis des écoles de la fonction publique. Et ça, on le remet partout sur le terrain parce que ce dont a besoin notre pays, c'est d'avoir une action publique qui est au plus proche des territoires et des gens. C'est-à-dire qu'il faut remettre des équipes qui sont au plus près, qui sont dans les villes moyennes et les petites villes et qui, bien souvent, changent complètement la vie de ces villes.
Et on a, pour ça, un levier formidable qui est le numérique parce qu'on est justement en train de le déployer, Beaucoup, maintenant, quand même de ces petites villes, certains ont parfois pu appeler les villes périphériques, sont quant à elles, équipées. On n'est pas dans le très rural, on a encore un sujet d'équipement, mais quand on a le numérique, il faut penser le sujet à l'envers. Ces vingt dernières années, on a eu un phénomène de métropolisation où le numérique et la modernisation ont fait que toute la ressource humaine est allée vers les grandes capitales régionales et Paris, en disant : " on pourra s'occuper du reste du pays depuis nos bureaux grâce au numérique ".
Ce n'est pas tout à fait vrai parce que nous avons besoin d'humains, on a besoin d'échanges, on a besoin justement de cette vie, de tout ce que l'on évoque depuis tout à l'heure. Le numérique nous offre une manière de faire totalement différente. C'est qu'on peut tout à fait être dans une ville moyenne ou une petite ville et travailler pour le compte de la capitale régionale ou de Paris sur une partie de ses tâches.
Et d'ailleurs, on y vit mieux parce que le coût de la vie est moins cher, le logement est moins cher, etc. C'est ce cycle vertueux qu'on commence à réenclencher et qu'il va nous falloir accélérer dans les années qui viennent. Mais ça, c'est la capacité qu'a l'État d'aménager son territoire, et ce mouvement de déconcentration, on l'a commencé, on va l'intensifier.
Et donc, il ouvrira des perspectives pour justement des jeunes gens comme vous qui ont décidé d'aller vers ces études et de servir l'État, ce dont je vous remercie. Merci beaucoup, Monsieur le Président. Malheureusement, on ne va pas avoir le temps d'avoir d'autres séquences de questionnement, mais vous aurez l'opportunité, puisque vous avez la chance de déjeuner avec le Président tout de suite et on va se rendre assez rapidement, du coup.
Très bien, merci beaucoup ! Donc j'ai compris qu'on allait déjeuner ensemble. D'abord, merci pour votre franchise, en particulier pour celles et ceux qui ont parlé des sujets les plus intimes ou délicats, si je puis dire, parce que c'est important, mais tout ce que vous avez évoqué est très pratique, donc j'en ai bien pris note et je sais ce qu'il me reste à faire aussi sur la partie qui reste.
S'il y avait vraiment un message que je voulais marteler, c'est ce que je disais tout à l'heure : soyez fiers de ce que vous êtes. Soyez fiers d'être dans ce département, d'être en Creuse, d'être nés ici ou d'y conduire vos études et soyez aussi confiants dans votre avenir et ce que votre génération peut faire. Il y a plein de difficultés, vous avez raison, on les évoque, on doit à chaque fois les régler et se battre, mais notre avenir, il est dans vos mains.
Alors ça dépend de vos passions, de ce que vous avez envie de faire et, évidemment, des choix que vous conduirez. Mais je vous le redis parce que ce ne sont pas que des mots, j'en suis convaincu. Votre génération, c'est celle de la reconquête de nos ruralités.
Et quel que soit le secteur que vous choisirez. Allez-y à fond, allez-y à fond ! Mais soyez fiers et conquérants parce que c'est ce dont le pays a besoin.
Je compte sur vous. Allez, on va déjeuner.
Emmanuel Macron