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interviewBFM TV (sur YouTube)· 19 septembre 2025 24 min

"J’ai voulu la voir et la déterrer": l'interview en intégralité de la maman de Philippine

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On est ensemble jusqu'à 10h avec vous Blandine Lenoire de Carl. Bonjour. Merci d'avoir accepté de témoigner ce matin.

Je vous accueille parce que vous vouliez parler de votre fille. Votre fille c'est Philippine. Euh Philippine qui aurait 20 ans aujourd'hui, qui aurait 20 ans euh en ce moment, qui est morte à 19 ans, il y a 1 an maintenant.

Elle a été tuée euh dans le bois de Boulogne alors qu'elle sortait de son université. À mes côtés, Maxime Ratter, vous êtes journaliste ligne rouge BFM TV. vous accompagnez aussi cette enquête et suivez cette enquête depuis 1 an et et vous avez aussi euh euh Blandine Lenoir de Carl parler avec Maxime, parler avec votre avocate bien sûr, je signale qu'elle est qu'elle n'est pas loin de vous, mais que vous vous vouliez aussi pouvoir parler dans ce dans ce silence du plateau et pouvoir dire d'abord qui était Philippine.

Alors, Philippine était une enfant puis une jeune fille merveilleuse, rayonnante. Évidemment, je vais lui trouver toutes les qualités. sa qualité première quand j'y pense c'est qu'elle savait aimer.

Elle avait une facilité d'amour envers les autres qui était hors norme. Et elle aimait tellement les gens qu'elle pouvait se permettre de leur dire leur faire des réflexions qu'on aurait jamais osé nous. Une franchise, une une franchise mais avec tellement d'amour que ça passait.

Donc voilà, c'était c'était ma philippine euh voilà avec les gens très voilà très facile. Elle était dévoué quand on voit ce qu'elle a donné au scout. Elle était elle était scoot très engagée.

Engagée dans le scootisme engagée aussi dans le don y compris le don du sang. Le le don même vous m'avez parlé du don de ses cheveux. Elle se laissait pousser les cheveux pour les offrir adorait ses Elle adorait ses cheveux.

C'était que des soins, ceci, des soins, il fallait bien faire attention à la marque. Euh voilà, elle prenait très soin de ses cheveux et puis elle a elle les a coupé un jour et elle avait bien réfléchi hein, parce qu'elle était intelligente, sérieuse mais terriblement humble. Et elle a dit "Ses cheveux, j'ai choisi telle association de femmes qui ont besoin de perruqu avec des vrais cheveux.

Les miens sont parfaits pour donc c'est pour une femme qui en a besoin pour des femmes qui suivaient des des traitements et qui perdait leur leurs cheveux. Voilà, ça c'est Philippine. Le jour où Philippine disparaît.

Euh votre intuition de mère est parce que Philippine est une enfant qui vous parle, qui vous appelle, qui est toujours en contact avec vous, avec son fiancé. Le jour où elle disparaît, vous comprenez très vite que ce n'est pas normal. Oui.

Qu'est-ce que vous faites à ce moment-là ? Alors euh rapidement bah je suis allée au commissariat de chez moi et comme Philippine est est majeur et n'a pas de trou psychologique, ils me disent que c'est pas possible de faire euh de porter enfin pas faire une déposition. Euh je je les supplie, mais je les supplie en disant "C'est pas possible, on devait partir le matin." Non, elle a pas été faire la bringue, on n' aucune nouvelle son fiancée au début.

Il vous croit pas. Ouais, il disent on ils me disent on envoie tellement de mamans comme vous. Euh genre vous vous pensez mais en fait votre votre fille elle a le droit aussi de faire ce qu'elle veut elle a 19 ans.

Enfin sous-entendu mais c'est là quoi. Voilà. H voilà.

Et voilà. Donc c'est pour ça qu'on s'est retrouvé avec ma sa sœur, une de ses sœurs au commissariat du 16e. Donc vous allez au commissariat du 16e et puis finalement vous décidez de lancer une sorte de battue amicale, familiale, de partir vous-même à la recherche parce que parce que vous vous voyez que son téléphone portable est dans le bois de Boulogne.

Ah non. Ah non, on n' pas réussi. On devait enfin les policiers ont dit qu'ils allaient borner le téléphone à partir de minuit ce qu'ils n'ont pas fait.

Donc on a attendu toute la nuit qui nous donne des nouvelles et donc à partir du matin, on a voilà dit on fait une battue et donc avec des photos, les réseaux sociaux il faut il dit il faut qu'on le fasse nous-même. La nuit il a plus fait le travail vous-même à ce moment-là. Ah oui parce qu'elle vous avez l'impression à ce momentl de ne pas avoir été accompagné.

Pas du tout. La la suite la suite va nourrir davantage d'incompréhension face à ce que vous avez découvert dans les dysfonctionnements majeurs. Euh ce qui nourrit aussi une forme aujourd'hui de colère en plus du désespoir.

Euh le corps de Philippine est retrouvé par ses battus. Voilà par des en plus par les jeunes. Le groupe de jeunes.

Heureusement les leurs parents les accompagnaient et ils les ont mis à l'appris. Eux ils ont retrouvé le téléphone d'abord. Euh là, les policiers ont été au courant donc puis ils ont retrouvé le corps et là les policiers nous ont dépossédé de Philippine.

C'est quoi dépossédé ? Euh, ils nous ont parqué mais parqué comme des des animaux pour pas qu'on s'approche. J'ai voulu la voir, j'ai voulu la déterrer.

Elle est née de moi. C'était normal que je la sorte de la paire. Je voulais l'embrasser.

Je voulais la bercer une dernière fois et pour le protocole, ils ont voilà, ils m'ont dépossédé de ma fille alors que c'était mes amis, ma famille, ses frères et sœurs, son père qui ont fait tout ça et après ils ont pris le relais et et ils nous ont évacué. vous vous gardez aujourd'hui. Je alors je ne peux pas ne pas avoir ce matin une pensée pour la maman d'Élias à qui j'avais donné la parole il y a 6 mois.

Oui, je l'entends et je me et je sais que vous avez écouté cette cet entretien et je me souviens des mots de la maman d'Élias qui disait que dans son chagrin, le fait d'avoir pu s'allonger par terre au côté de son fils avait été quelque chose d'extrêmement important. Ce que vous dites ce matin, c'est que vous n'avez pas pu le faire. Non, je n'ai pas pu.

Et ça reste aujourd'hui pour vous quelque chose de Alors l'intellect, mon intellect peut essayer de le comprendre, les traces d'ADN, salir une scène de crime mais je m'en fiche, c'est ma fille. Voilà. Et puis voilà.

à partir de ce moment-là, l'enquête en effet se met en place et très vite on découvre qui est le l'assassin présumé depuis la en partie avoué, on va y revenir, il s'agit d'un d'un homme récidiviste. Il a été condamné, il avait été condamné à une peine de 7 ans de prison. Maxime, il sortait de prison.

Et là, je vais vous donner un instant pour que vous repreniez vos esprits. Madame Maxime, est-ce que vous pouvez nous nous redire ce que l'on appelle aujourd'hui un dysfonctionnement et encore le mot est faible sur la le moment de la sortie de prison où cet homme aurait dû quitter le territoire. Il était sous OQTF mais pour une série presque de problèmes ou de d'agendas administratifs, ça n'a pas été le cas.

Oui, parce qu'il sort de prison comme vous le dites. Il a une obligation de quitter le territoire français. Donc il doit retourner dans son pays d'origine au Maroc.

Il sort de prison, il va immédiatement dans un centre de rétention administratif, un CR euh qui permet de de détenir en fait de de retenir les personnes qui sont euh sous OQTF et qu'on attend de renvoyer. Parce que pour renvoyer quelqu'un dans son pays d'origine au Maroc, s'il n'a pas ses papiers, souvent les personnes ne les donnent pas, il faut ce qu'on appelle un laisser passer consulaire. Il faut que le Maroc vous donne un laisser passer consulaire, une autorisation de faire revenir quelqu'un qu'il reconnaisse comme étant un de leurs citoyens.

Et donc euh se laisser passer consulaire, les autorités françaises l'ont attendu, l'ont demandé. Il y a des bas sur savoir est-ce qu'ils l'ont demandé correctement ou pas. Les autorités marocaines et le contraire.

Bon, en tout cas, ils ne l'ont pas eu et il y a une limite pour laquelle on peut repousser euh la c'estes 90 jours maximum pour ce genre de cas de rester dans ce centre de rétention administrative. Et au bout de la limite, un juge a dit "Ben, on peut plus le garder parce que on n'a pas laissé passer considérataire." Donc ils l'ont laissé ressortir dans la nature et immédiatement il a disparu des radars et il était recherché par la police.

Est-ce que ça change quelque chose pour vous Landine le noir de Carland ou est-ce qu'au fond c'est même plus la question ce parcours ces dison ? Ah bah c'est il y a ma souffrance mais je ne veux pas que ça recommence. Donc euh oui, c'est un grave dysfonctionnement.

Les certaines personnes ont fait leur métier comme ils le sentaiit et ils l'ont mal fait. Est-ce que vous avez reçu des excuses ? Est-ce que quelqu'un Est-ce que euh est-ce que les juges, les magistrats, est-ce que des gens qui avaient à un moment signé l'acte de libération ?

Non, rien. Personne ne vous a appelé. Personne Personne ne s'est excusé.

Personne à Dillon. Non, monsieur Retario s'est manifesté. Le commandant de la police de Guillancour s'est manifesté mais pas vraiment pour s'excuser.

Et il y a eu aucun blâ. Nous on a nous on a jamais su qu'il y avait eu de blâmes. Aucun blâme sur Nous, on a nous on a pris à perpète mais eux ils peuvent dormir.

Euh c'est cet homme est aujourd'hui en prison. Il a donc été arrêté. il sera jugé.

Les analyses euh psychiatriques qui ont été faites et Maxime, je parle sous votre contrôle puisque vous avez eu accès au compte-rendu de ces analyses montre qu'il était en parfaite possession de ses moyens intellectuels, qu'il n'y avait pas de d'altération de son discernement. Il avoue sans avouer, c'est-à-dire qu'il dit "Oui, semble-t-il, c'est moi." Mais il ne dit pas ce qui s'est passé.

Non. et au à ces premières au premier viol qu'il a commis, il n'a pas en 2019 en 2019 là, il n'a parlé que au moment du procès. Et pour nous euh ça va être une torture.

Déjà, on nous a dit le procès était un moment difficile et si m'a parlé de Philippine, pas forcément bien en plus. et dire la vérité ou ne pas dire la vérité parce que manifestement les immens c'est intolérable. On on risque de ne jamais savoir la vérité avec un homme tel qu'il est décrit.

Ce que vous dites, c'est que effectivement les à la fois les caméras sur place montrent qu'il y a en quel environ 2 heures entre le moment où semble-t-il leurs chemins se sont croisés et le moment où cet homme est sorti du bois. Et vous voudriez savoir ce qui s'est passé. Voilà.

Voilà. Ce qui me fait peur, c'est que pour la police et les juges, on a l'impression qu'ils ont leur présumé coupable sous les verrou qui sera jugé. Donc c'est bien que ça y est qu'ils ont fait le job.

Voilà. Or nous hein, je peux dire nous parce que il y a mon mari, ses frères et sœurs, on veut savoir ce qui on veut connaître son calvaire, on veut le suivre, on veut être avec elle. C'est votre manière de lui tenir la main à ce momentlà.

Voilà. Et c'est je pense à moyen aussi de faire le deuil là. J'y arrive pas, j'arrive pas. les les personnes m'entourant sont extrêmement bienveillants, sont très généreux, mais j'ai besoin de savoir.

Par exemple, la cagnotte, les gens ont été extrêmement généreux et et ça nous a permis, moi euh donc de louer un git pour qu'on se réunisse dans un endroit autre que la famille. C'est un moment difficile parce qu'il manque à Philippines et euh et moi je peux offrir des fleurs tant que je veux à ma fille des lumières parce que des gens qui ne nous connaissaient pas ont fait ce geste. Et voilà.

Et donc je pense à eux dès que j'offre des fleurs, dès que je j'allume remercier. C'est l'occasion de le faire. Oui, c'est c'était je sais pas eux à quoi ils pensaient.

Puis on a pu faire la tombe la plus belle. On a beaucoup travaillé sur la tend le meilleur. Vous avez dit à mes confrères du Figaro auquel vous vous êtes confié que vous laissiez la lumière allumer dans sa chambre la nuit.

Ouais. En dehors, juste sur le balcon comme une comme une étoile. Vous parlez d'elle d'ailleurs comme une étoile.

Euh vous êtes croyante. Oui. Ça vous aide ça ?

Alors je sais pas que si je n'étais pas croyante, je sais pas ce qui se passerait. Donc ce qui m'aide, c'est que je sais qu'elle est auprès du père. Euh je sais qu'on lui demande beaucoup de travail.

Je sais ce qui est primordial, c'est qu'on la retrouvera. Mais après, ça nous fait poser beaucoup beaucoup de questions sur la foi. Vous êtes assailli de doute.

Voilà. Mais qu'elle soit près du père, c'est une évidence. Et ce qui est très douloureux aussi, c'est qu'elle va être que cet homme va être jugé pour ce qu'il a commis, c'estàdire ôter la vie de ma fille, mais il ne sera pas jugé pour tout ce qu'il a enlevé finalement.

C'està-dire tout l'amour qu'elle nous portait, on ne l'aura plus. Euh ses fiançailles, son mariage, ses enfants, sa réussite professionnelle, ça ça compte pas. Et moi, je suis extrêmement troublée pour ces deux petites filles qui avaient 6 mois et 18 mois qu'elles voyait chaque semaine et qui n'ont plus de marine.

Et ça compte ce matin cela aussi parler de vous parlez d'elle comme d'une étoile, comme du bien. Je voudrais dire les mots à l'inverse qui ont été utilisés par l'instruction et par les conclusions de l'analyse et du médecin psychiatre qui disent que euh l'homme qui est aujourd'hui considéré comme le meurtrier de votre fille euh faisait depuis tout petit, je cite, la promotion du mal et de la cruauté selon ses parents, hein. C'est écrit noir sur blanc dans le dans le dans le compte-rendu de l'interrogatoire. ce qui euh rend autant plus frappant la manière lumineuse dont vous parlez de votre fille.

Euh elle a croisé quelqu'un qui fait la promotion du mal depuis l'enfance. Elle-même a toujours fait la promotion du bien. Vous dites, elle était d'une générosité et d'une lumière avec les deux filloles dont vous parlez, avec ses frères et sœurs, avec son fiancé.

Ouais, ils étaient charmants. Je voudrais qu'on puisse dire un mot aussi de lui parce que vous m'avez dit qu'il était qu'il était important aujourd'hui euh dans à vos côtés pour votre famille. Oui, oui, oui, oui.

Il est vraiment très délicat, très très réservé et je suis persuadée que qu'il a par exemple continué ses études en pensant à Philippines. Il avait pas envie et il y a été, il a réussi son année alors que c'était finalement par rapport à la mort de Philippine, c'était rien. Il aurait pu.

Mais avec Philippine, elle est courageuse. On serre les dents et on avance. Et elle a fait pareil pour sa cousine chérie, pour moi.

Voilà. Sinon, on serait pas là. Comment vous faites au quotidien quand vous vous levez ?

À quoi ? Comment comment on vit ces journées les ben déjà un truc très bête, je ne me maquille plus. Je je je l'ai remarqué, je ne le signale pas, mais on vous l'aurait on vous l'a évidemment proposé avant que vous ne rentriez sur ce plateau.

Donc vous maquiez Non non, je depuis un an je ne me maquille plus. Si ça coule, c'est il y a rien de pire. Mais c'est une manière aussi de d'être dans une forme de Ah non non non, c'est juste matériel.

Ouais ouais. Non non, c'est cette technique et là c'est la femme qui parle. Oui oui oui oui oui.

Je peux ça serait tellement épouvantable mais je me lève parce que j'ai des élèves. Même en vacances. Vous avez repris le travail à mi-temps me semble-t-il.

Oui, depuis novembre. Mes élèves sont vraiment mignons avec moi. J'ai quelques collègues très proches qui me soutiennent.

Euh voilà, on va en cours. Ça nous fait ça me fait une petite parenthèse d'une heure où je ne pense plus à Philippine, il faut avancer, il faut se concentrer sur autre chose et puis ça revient en salle des profs. Euh je choisis plus les gens que je côtois parce que j'ai pas envie de m'énerver.

Moi, je veux que de la bienveillance. Je je peux pas supporter les critiques. Euh et puis ben je rentre maintenant la maison est vide.

Mon mari rentre après moi et on attend. Et vous et vous êtes et vous êtes ensemble dans cette dans cette douleur. Il y a un point aussi qui a été compliqué pour vous à comprendre c'est la manière dont la loi devait évoluer et finalement ne le fera pas.

Je je vois vous fermer les yeux parce que c'est c'est vous n'avez pas compris, vous avez très mal pris la décision du Conseil constitutionnel cet été. Je précise, vous aviez soutenu la loi d'Olivier Marlex, feu Olivier Marlex qui devait faire passer le délai maximum de rétention donc d'un étranger sous OQTF de 90 à 210 jours. S'il représentait une menace, il était considéré comme menaçante. qui en l'occurrence pour un homme comme celui-là qui avait déjà été condamné pour viol euh et dont toutes les analyses précis qu'il n'avait pas fait acte de repentance en quelque sorte et qu'il représentait toujours un danger.

Euh donc que désormais ces gens-là puissent être gardés plus longtemps le temps justement d'obtenir comme vous l'expliquiez tout à l'heure Maxime le laisser passer. Cette loi a été votée mais elle a été ensuite censurée le 7 août dernier par le Conseil constitutionnel. Comment vous avez réagi ? l'incompréhension totale totale c'est-à-dire qu'il y avait quelque chose de tout près servi sur un plateau qui aurait dû sauver quelques jeunes femmes euh et il va sortir à 50 ans cet homme.

Il sera mis au Maroc en rendu au Maroc il reviendra et il recommencera. Ben moi je je suis vraiment mais pas de gamme mais les violeurs qui ne se rependent pas qui n'ont pas envie. Vous disiez le père a parlé de cruauté et s'il veut pas changer depuis l'enfance le mot encore une fois je je parle sous votre contrôle mais la promotion du mal et il ferait depuis l'enfance d'après ses parents promotion du promotion du mal et de la cruauté.

Et ben qu'est-ce qu'il va faire à 50 ans ? Je je suis interloqué par leur réaction. Avez-vous eu d'autres contacts avec des politiques ?

Vous disiez que Bruno Retaillot vous avait appelé. Est-ce que est-ce que donc Olivier Marlex avait réécrit cette loi précisément ? a travaillé mais en en tenant compte, ça a été euh vraiment il a porté votre combat, on peut le dire, sur le plan politique.

Est-ce que vous espérez que cette cet allongement donc de la rétention pour les personnes pour les individus les plus dangereux repassera à nouveau ? Oui oui oui. Ben j'espère alors après c'est de la politique hein.

Moi j'y connais rien. Moi je suis dans ma bulle que monsieur Retaillot quand il a su ça a annoncé qu'il allait recommencer. Est-ce que Mais bon, est-ce qu'il va rester ?

Est- Est-ce que vous estimez aujourd'hui que la France a une forme de culpabilité à ne pas se doter des outils qui auraient empêché la mort de votre fille et qui empêcherait à nouveau que ce genre de choses arrive ? Franchement oui, plus jamais je ne verrai son regard, ses yeux bleus, plus jamais je l'entendrai. Mais je voudrais que plus jamais ça recommence et on il y a Ouais, on n' pas l'arsenal qu'il faut parce que euh je sais pas pourquoi euh il faut faire du bien à tous.

Enfin, c'est un peu ce que l'impression que j'ai quand on a entendu les débats. Ah mais le CR, vous savez, c'est vraiment un endroit horrible. Mais moi les gens vraiment centres de rétention administrative.

Ouais. Ouais. Les bras m'ont tombé.

Bah bon, faut voilà, comme je disais, ma fille est morte. Moi j'ai élevé mes enfants. Euh on fait un truc mal et ben on assume.

Et c'est pas voilà, c'est pas grave avec l'idée de la responsabilité. Moi ce qui ce que mes enfants faisaient c'était pas grave. Lui fait quelque chose de grave, il doit payer et tous les autres aussi.

Enfin, est-ce que vous croyez au pardon ? Oui, mais je pas pour moi. Je sais que des gens pardonnent.

Je je m'en crois incapable. Mais va non, pas pour moi. Je je sais que votre mari est à quelques maètres.

Je précise les choses pour ceux qui nous regardent que lui ne souhaitait pas s'exprimer mais qu'il est aussi Ah lui oui dit il est bon il pardonnera mais mais je vois aussi la solidarité de de votre famille. Je voudrais qu'on ait un mot aussi pour vos autres enfants. Ils sont cinq.

Euh vous avez même euh des petits enfants, vous parlez beaucoup de de la manière dont Philippine portait euh dans ses bras les enfants des des autres et regard et on entend chez vous aussi ça, c'est-à-dire le fait que vous vous projetiez aussi euh dans le fait que Philippine allait être allait être maman. Ah pour eux deux pour Thbo et elle, c'était une évidence. Thbo m'a même dit, bon on avait dit trois mais avec Philippine, on en aurait eu cinq, hein.

Elle était maternelle. Oui, et mais est très très proche de ses sœurs et il y en a une qui a attendu longtemps les coups de téléphone presque quotidien de sa sœur qui n'arrivait plus. Euh mais bon, moi ma vie est plus qu'à moitié terminée.

Vu mon âge et vu la perte de ma fille, mes enfants, ils ont été extraordinaires avec nous. Ils nous ont mis protégé, coucouné euh était présents et puis bah ils prennent leur envol eux ils ont toute leur vie devant eux. Ils ont les choix, ils ont des choix à faire et ils les font euh raisonnablement et je suis fière d'eux et je les aime et voilà.

Merci, merci beaucoup d'avoir pris le temps ce matin de nous parler de Philippines. Euh merci de votre de la pureté de votre témoignage. Je remercie aussi votre marié et votre avocate qui sont un peu plus loin là-bas derrière les caméras.

Et merci bien sûr à Maxime Maxime Brander qui a accompagné cette enquête tout du long. l'enquête n'est pas terminée. Et vous attendez évidemment non seulement que cet homme dise ces fameuses 2 heures dont vous parlez mais également qu'il soit jugé et donc condamné.